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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
La démocratie est définie comme une forme de gouvernement dans laquelle la souveraineté appartient au peuple. Un peuple qui s'est déplacé en nombre pour élire ses représentants il y a bientôt un an. Bientôt un an que le résultat des urnes est bafoué par le président de la République. En faisant alliance une fois de plus avec l'extrême droite sur l'un des textes les plus rétrogrades pour notre environnement, vous méprisez les électeurs qui ont voté pour vous pour faire barrage au Rassemblement national. Vous consacrez la République des lobbys aux dépens de la République du peuple. Vous n'avez que faire du résultat des urnes, reflet de la volonté du peuple souverain. Pour vous, toutes les manoeuvres sont bonnes à prendre pour se passer du vote de l'Assemblée. D'abord, les 49-3 à répétition. Ensuite, dans le cadre de l'examen de la loi Duplon, une loi pesticide, une loi agrobusiness, vous allez encore plus loin avec un 49-3 déguisé. Pour la première fois depuis 40 ans, le rapporteur dépose une motion de rejet sur son propre texte, ou plutôt celui dicté par les lobbies de l'agrobusiness et par monsieur Rousseau, le patron de la FNSEA. Nos concitoyens et concitoyennes doivent comprendre que cette manœuvre ne sert qu'à contourner le débat et le vote des députés. Le texte issu du Sénat, dont la version dérange même dans vos rangs, chers collègues macronistes, sera alors l'unique texte soumis à la commission mixte paritaire. Sept députés, sept sénateurs, loin d'être choisis au hasard, qui décideront à huis clos de la mouture d'un texte dangereux pour la santé et la biodiversité. Nous sommes privés de notre droite parlementaire de débattre de ce texte, de son impact pour la santé et pour notre planète. Face à un gouvernement qui nous mène droit à la catastrophe, nous déposons cette motion de censure. Vous tentez de vous justifier en dénonçant une prétendue obstruction et en arguant de l'urgence dans laquelle serait la profession agricole. Votre argument de l'obstruction ne tient pas. L'équivalent de 12 amendements par député insoumis, ce n'est en rien supérieur à ceux sur le projet de loi simplification ou sur la fin de vie. Nous avons proposé de retirer des amendements, nous avons proposé un temps législatif programmé en conférence des présidents, vous avez refusé. Je pensais que l'urgence, c'était de protéger la planète. Je pensais que l'urgence, c'était de garantir des prix et un revenu rémunérateur aux paysannes et aux paysans. Là-dessus, rien n'a changé. Aucune urgence. Vous vous moquez du monde. Chers collègues, voulez-vous débattre de ce texte? Nous sommes en droit de nous interroger. En vérité, vous avez peur. Peur que l'Assemblée, sous pression populaire, ne vote pas comme le souhaite le gouvernement au service des puissants. Peur que le débat public expose aux yeux de toutes et tous l'arnaque de ce texte. Peur que les amendements retenus en commission, votés par certains dans vos rangs, puissent être retenus dans la loi. Voyez, chers collègues macronistes, la haute opinion qu'ont vos ministres de votre avis. Loin de lever les contraintes aux métiers d'agriculteur, ce texte lève avant tout les contraintes de l'agrobusiness et de l'agrochimie. En premier lieu, en revenant sur la séparation 20 de conseils des pesticides, vous permettez à l'agrochimie de continuer à faire pression sur les agriculteurs pour épendre toujours plus de produits dangereux et néfastes qui les rendent malades et nous avec. Les victimes et leurs familles en face, je vais, une fois encore, les faire rentrer dans cet hémicycle. C'est notre rôle de députés de faire rentrer la vie des Françaises et des Françaises dans nos débats, au lieu de recopier bêtement les amendements écrits par les lobbyistes de l'agro-business. Alors souvenez-vous de Christian Jouot, agriculteur décédé en avril dernier, après s'être battu contre une leucémie, un lymphome et un cancer de la prostate. Toutes des maladies reconnues liées aux pesticides. Sous couvert de sauver les filières, vous souhaitez réintroduire un néonicotinoïde, l'acétamipride, un produit dangereux pour l'environnement et la santé de nos concitoyens. Mais quelles sont les conséquences de cet acte ? Collègues, souvenez-vous d'Alain Chotard, agriculteur décédé ce 31 mai, après avoir lutté pendant 30 ans contre la maladie de Parkinson, causée elle aussi par les pesticides. Et les ravages des pesticides ne s'arrêtent pas à la frontière des champs. Ouvriers de l'agro-industrie, fleuristes, paysagistes ou voisins, nous sommes toutes et tous concernés. Exposés durant 23 ans aux pesticides dans le cadre de son travail, souvenez-vous de Pascal, jardinier municipal décédé d'un cancer lymphatique. Sacrifier la santé des agriculteurs et des citoyens pour les profits de quelques-uns, voilà ce que vous faites avec ce texte. Même la santé des enfants est menacée. Oui, celle des enfants. Souvenez-vous d'Amy, décédée à 11 ans après 7 ans de souffrance d'une leucémie. La cour d'appel de Rennes a confirmé que la maladie avait été causée par l'intoxication aux pesticides de sa maman fleuriste durant la grossesse. Souvenez-vous de cette loi que vous aurez laissée passer quand vous visiterez dans vos circonscriptions les services d'oncologie pédiatrique. Aujourd'hui encore, les médecins alertent sur l'exposition des enfants au cadmium via notamment les céréales ou les pommes de terre et le risque de cancer du rein ou du foie. Cette loi ne règle rien. Elle acte des impasses économiques dans lesquelles s'est embourbé notre modèle agricole. Regardez, le doublement de la surface des vergers de Noistia en France depuis 2010 a favorisé la prolifération de ravageurs. Une monoculture et une concentration de la production encouragée par Ferrero pour gonfler ses 751 millions de bénéfices. En plus de détruire les écosystèmes en Indonésie pour produire de l'huile de palme, Ferrero contribue à la pollution des eaux et des sols. Lorsque l'utilisation de l'acétamipride aura tué toute la biodiversité, rendant les terres infertiles, que direz-vous aux producteurs et aux productrices ? Vous refusez d'écouter les scientifiques et les agriculteurs qui ont des solutions alternatives. Sur les betteraves, l'ANSES a rendu un rapport en 2018 qui mentionne 18 méthodes alternatives aux pesticides. Par ailleurs, l'agence bio finance une sucrerie 100% bio dans le Nord qui donnerait une véritable alternative aux betteraviers. Après avoir soutenu la suppression de l'agence bio en janvier, le gouvernement ampute drastiquement son budget mettant en péril ce projet. Sa lignée sur le moins dix ans ne nous permettra pas d'être plus compétitifs. Cela ne fera qu'appauvrir les agriculteurs et tous les travailleurs des industries agroalimentaires. Après les normes environnementales, alignerez-vous aussi la rémunération des agriculteurs sur les autres pays ? L'avenir de l'agriculteur français, c'est le salaire des pays de l'Est. Pensez-vous vraiment que rehausser les seuils des élevages ICPE permettra aux éleveurs porcins de concurrencer la Chine et ses 650 000 cochons élevés dans un immeuble de béton de 26 étages ? Quand vous parlez de la concurrence mondiale, faites preuve d'honnêteté. Vous dites que nos concurrents produisent plus, moins cher. Mais dans quelles conditions ? Enviez-vous à ce point les fermes géantes américaines, les champs d'OGM à perte de vue, les salariés agricoles américains, bien souvent immigrés et sous-payés ? Assez de cette course au profit qui ne sert que quelques-uns. Assez de cette concurrence déloyale. Assez de laisser ceux d'en haut dicter la loi. mettons en place des prix rémunérateurs garantis afin de garantir un revenu à la hauteur du travail des agriculteurs et des agricultrices. Mettons en place un protectionnisme solidaire pour protéger les agriculteurs français de la concurrence déloyale des produits à importer, cultivés avec des normes sociales et environnementales moins disantes. L'agro-industrie et la grande distribution poussent les prix agricoles vers le bas tout en augmentant leurs profits et les dividendes de leurs actionnaires. Alors encadrons les marges. Favorisons l'agriculture biologique, la polyculture élevage, qui produisent tout autant, sans abîmer les terres ou la santé humaine. Vous vous positionnez en défenseur de l'agriculture française. Vous ne faites que défendre un système qui conduit à sa disparition. Résultat, nous ne sommes plus en capacité de garantir notre souveraineté alimentaire. Mais à quoi bon en débattre dans cet hémicycle, chers collègues ? Débattre d'une loi qui menace notre santé et l'environnement. Très peu pour vous. La semaine dernière, c'était la loi Duplon et les appels de la ministre à cibler les élus de gauche. Pourquoi ? Pour les menacer ? Lundi, la minorité présidentielle a voté pour le rejet de leur texte sur la 69. Vous avez encore une fois détourné la motion de rejet. Cela rend ce texte illégitime. Retirez-le. Mardi, le gouvernement annonce la suspension de MaPrimeRénov', toujours sans débat budgétaire, au maîtris de centaines de milliers de ménages modestes. Il faut croire qu'à force de fréquenter l'extrême droite, vous finissez par en adopter les traits. Qui d'autre que l'extrême droite dans l'histoire française se permet de nier le résultat des urnes et de museler l'Assemblée nationale ? Chers collègues du centre et de droite, vous pouvez refuser d'être le marche-pied aux méthodes de l'extrême droite, d'être la bouée de sauvetage d'un macronisme aux abois, empêtré dans les affaires Nestlé ou Bétaram. Irrespect du résultat des élections, 49-3, magouille parlementaire, autant d'actes qui affaiblissent la démocratie. Nos concitoyens et concitoyennes s'en souviendront, comme ils se rappellent de la victoire bafouée du non en 2005. C'était il y a 20 ans. Décidément, vous n'avez rien appris. Alors, face à vos méthodes antisociales et antidémocratiques qui alimentent toujours plus les crises économiques, environnementales, sociales et politiques, nous vous censurerons.
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