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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Bonjour, bienvenue dans Inocéros. Aujourd'hui, on va parler de la députée européenne Rima Hassan, à qui France 2 a consacré un épisode entier de complément d'enquête.
Un épisode qu'on a trouvé très intéressant, mais qui n'a pas dissipé nos inquiétudes. Et si Rima Hassan était la femme la plus dangereuse de France ?
Pire, de la Nouvelle France.
Nouvelle France, censée faire plus de place aux femmes, aux jeunes, à celles et ceux issues de l'immigration. Une France à l'image de la plus insoumise des insoumis.
Waouh, la plus insoumise des insoumis, ça fait peur.
Déjà que les insoumis, tout le monde les déteste.
Ah oui, sur BFM, on apprend même que les sympathisants LFI, ils
suscitent l'antipathie. L'antipathie absolue même. Sachez donc que les sympathisants de la France Insoumise sont les plus mal notés par les sympathisants des autres partis. La moitié les rejette totalement, pas plus de 1 sur 10. Antipathie absolue, on y est. Donc on va parler aujourd'hui de l'élue la plus détestée du parti que tout le monde
déteste. Et oui, et on va faire mieux que parler d'elle, on va parler avec elle. Et avec elle, on va revenir sur le traitement médiatique particulier dont elle bénéficie dans les médias français.
Bonjour Rhinoceros, bonjour Blast et merci de me recevoir.
Tweet ! Kéfié et polémique, c'est le titre du complément d'enquête dont on va parler aujourd'hui et dont Tristan Valex va d'emblée vous donner le ton.
Bonsoir, elle est aujourd'hui la politique la plus poursuivie de France. Rima Hassan n'a jamais été condamnée, mais en deux ans, elle a été visée par 22 procédures judiciaires pour apologie du terrorisme, injures ou encore menaces de mort.
Alors il n'y a pas eu grand chose de nouveau autour de Rima Hassan ces derniers temps, à ceci près que son nom avait été cité il y a peu dans un communiqué de presse
des Insoumis. Le 9 septembre, un communiqué officiel indiquait que les élus insoumis allaient boycotter pendant une semaine les plateaux de BFM TV.
Le communiqué nous explique que sur ces plateaux, les insoumis sont traités comme des chroniqueurs, qu'on les fait commenter à chaud des sujets sensationnalistes, et qu'en plus, la chaîne donne de plus en plus d'espaces aux thèses racistes ou climato-sceptiques, et que par conséquent, on ne peut plus y débattre sérieusement.
plusieurs reprises, nos représentants ont été invités pour être déprogrammés en dernière minute, parfois à quelques instants du plateau alors qu'ils étaient déjà sur place. Bien souvent, les thèmes annoncés à l'appui de notre invitation sont changés au dernier moment, parfois directement sur le plateau sans justification, parfois des intervenants sont ajoutés une fois que nous sommes sur le plateau pour transformer une interview politique en débat surprise. Toutes ces méthodes sont intolérables et irrespectueuses.
Oui, puis bon, faut le dire, tout ça a coïncidé avec l'arrivée sur BFM TV de Sonia Mabrouk, venue tout droit de CNews, venue faire du CNews sur la chaîne de Rodolphe Saadet, apparemment. Que ce soit dans le choix des thèmes ou dans le choix des invités, l'émission 100% Mabrouk s'inscrit dans la continuité de ce que la journaliste proposait jusque-là chez Vincent Bolloré.
À Libération, ils se sont amusés à compter et classer les invités qui avaient eu le droit à une interview seule face à Sonia Mabrouk depuis la rentrée. On vous met leur petite infographie. L'extrême droite est surreprésentée, 32% des invités. Le centre et la droite, c'est 36%. Mais dans la droite, il y a le libertarien David Lysnard ou le très réactionnaire Bruno Rotaillot.
ces gens-là préfèrent pactiser avec les islamistes plutôt que de protéger les Français. Donc Rima Hassan est une ennemie de la France ? Ce sont des collabos. Oui, c'est un parti de collabos, voilà, avec les ennemis de la France. Moi, je l'assume. C'est quoi la prochaine étape de dépénaliser l'antisémitisme ? Mais alors c
'est quoi votre prochaine étape ? De les interdire ? Dans un débat démocratique ?
Bien sûr que non.
Sur ces plateaux et avec ces invités, évidemment, c'est l'occasion de pourrir des Insoumis qui ne sont pas là pour se défendre.
Rima Hassan, j'ai fait plusieurs signalements à la justice. D'autres que moi l'ont fait. D'autres que moi. Rien. Rien ne se passe. Rien ne se passe. Le mot de CoLabo va
beaucoup faire réagir.
l'assume.
Oui, sur BFM, on parle souvent de Rima Hassan, mais on l'entend très peu. En tout cas, elle n'est pas beaucoup invitée. Au BFM
TV, j'ai eu deux moments avec eux. Alors, un moment avec Duhamel.
Bonsoir Rima Hassan.
Bonsoir.
Vous dites génocide justement Rima Hassan. Je le disais dans le sommaire, vous êtes régulièrement accusé d'ambiguïté. C'était donc
pendant la campagne des Européennes. Et la deuxième fois qu'il m'avait sollicité, c'était au retour de la flottille. Et annulation de dernière minute. Ce que mon équipe m'avait fait remonter à l'époque, c'est qu'on peut avoir affaire à des programmateurs ou des journalistes qui veulent bien me recevoir ou m'entendre. Et ils ont des annulations parfois de dernière minute ou des interdictions tout simplement de me recevoir. Et on nous l'a plus ou moins fait comprendre, certains journalistes nous l'ont plus ou moins fait comprendre que ce n'était pas eux. Alors je ne sais pas à quel point ils disaient vrai. D
'ailleurs, revenons sur la liste des invités de Sonia Mabrouk. On l'a vu, 32% pour l'extrême droite, 36% pour les partis qui ont gouverné avec Macron, et pour la gauche, c'est donc 15%. Dans ces 15%, il y a deux fois Jérôme Gage quand même. Et il y a un seul insoumis, Éric Coquerel.
Alors qu'au RN, ils ont tous défilé. Tanguy, Chenu, Lavalette, Bardella, Louis Alliot, deux fois.
Oui, et puis il y a eu Sarah Knafo. Elle a été invitée, Sarah Knafo.
Ah bah oui, comment l'oublier, Sarah Knafo.
êtes d'accord pour dire qu'il y a des Français de souche ? Il y a des Français, effectivement, qui sont Français depuis des siècles et qui n'ont pas des origines qui remontent comme peut-être vous de l'autre côté du Méditerrané. Ça ne me l'aurait pas violent de dire qu'il y a des Français de souche. est toutes les deux d'accord pour le dire. En tous les cas, on est tous les deux d'accord qu'il y a des Français qui sont français depuis des siècles et qu'il y a des Français qui ont des origines diverses.
Il y a un peuple historique mérite d'exister, qui mérite qu'on le reconnaisse. Bon, ben voilà ! Tout le monde est d'accord, ça fait plaisir.
En tout cas, c'est suite à ce passage que le SNJ et la CGT d'RMC et BFM a publié un communiqué intitulé « Mabrouk et extrême droite, une inertie qui déshonore la profession ». Dans ce communiqué, on peut lire « Quel renoncement collectif que de laisser dérouler des théories racistes et xénophobes sur nos antennes, sans contradiction ou presque ». C'est ce qu'on vient de voir, oui.
C'était pas le premier communiqué de la part des syndicats de la maison sur ce sujet, et ça n'allait pas être le dernier non plus. Parce que bon, depuis, la situation n'a pas tellement évolué.
Ça vous inspire quoi,
Maxime ?
Foutez
-lui la paix. En fait, foutez-lui la
paix à un moment
donné. Maxime Switek et Apolline de Malherbe ont été invités à réagir à ce conflit au sein de BFMTV et les deux présentateurs stars de la chaîne n'ont pas soutenu leurs camarades syndicalistes. Ils ont au contraire défendu BFMTV, attaqués à la fois par ses propres travailleurs et par les insoumis qui avaient alors déjà annoncé leur boycott.
Mais BFMTV, c'est la très grande liberté. Ce que je trouve extraordinaire, c'est justement que... La même semaine, on a eu LFI qui a fait ce communiqué et on a eu, semble-t-il, Marine Le Pen qui a annulé ou pas confirmé une date et qui a préféré, disait-elle, aller sur la concurrence où elle serait mieux traitée. J'ai envie de vous dire, c'est plutôt bon signe, effectivement, dans ces cas-là, qu'on est un espace de liberté. C'est aussi très mauvais signe, par contre, pour la démocratie.
Selon le canard enchaîné, si Marine Le Pen en veut à BFMTV, c'est pas qu'elle trouve la chaîne trop à gauche, c'est qu'elle trouve que ces derniers temps, ils ont été beaucoup trop sympas. avec Jordan Bardella. En attendant, c'est pas le RN qui boycott BFM parce qu'ils sont maltraités, non, c'est les Insoumis. Et pour justifier ce boycott, ils reviennent sur un épisode au cours duquel on a vu des plateaux de BFM particulièrement survoltés. Cet épisode, c'est celui de Rima Hassan et la drogue.
avons également écrit à la direction de BFM TV suite au traitement absolument inacceptable de la garde à vue de Madame Rima Hassan. Pendant plusieurs heures ont été relayées sur cette antenne, sans aucune prudence, des accusations graves sur la possible détention de drogue de sa part lors d'une garde à vue. Ces informations se sont avérées fausses, mais rien n'a été fait par la chaîne pour corriger cette désinformation manifeste. Aucun correctif d'ampleur, aucune excuse.
C'était pas vrai que pour BFM TV, mais c'était quand même très visible sur cette chaîne. L'info selon laquelle on aurait retrouvé des drogues de synthèse dans le sac de Rima Hassan a quand même beaucoup plu. Oh c'était un festival !
Drogue de synthèse. Drogue de synthèse. Drogue de synthèse. C
vrai que ça commence à faire un peu beaucoup quand même. Ça
fait beaucoup, ce ne sera pas assez pour en venir à bout de Rima Hassan, j'en suis persuadé.
Ce petit montage a été réalisé par Acrimed à l'occasion d'un article qui revenait sur ce qu'il convient bien d'appeler un fiasco médiatique.
Disons-le tout net, nous sommes ici devant un cas d'école du journalisme de préfecture, et même devant un paroxysme du genre. Dépendance aux sources policières, croyance aveugle dans leurs révélations, course à l'audience et aux scoops, sensationnalisme, recoupement des sources inexistants, traitement dénigrant, instrumentalisation politique, tous les ingrédients du fiasco sont réunis. Faut se rappeler quand même ce qui s'est raconté en plateau à ce moment-là, il n'y avait plus de limite à ce qu'on pouvait dire sur Rima Hassan. Tenez, écoutez Robert Ménard.
Mais attendez, mais elle est une folle furieuse. C'est une folle furieuse.
Robert Ménard qui intervient maintenant tous les dimanches sur BFM dans 100% Mabrouk.
Évidemment dans 100% Mabrouk. Vous avez vu la bande de drogués qu'il y a dans ce parti ? Alors pardon, vous allez trouver aussi que c'est un propos que je ne devrais pas tenir. Là, ce sont des faits. Attendez, il y en a combien ? Là, ce sont des faits. Et c'est eux qui vont nous donner une leçon de morale ?
Vous avez entendu Laurence Ferrari dire « bah non, maintenant ce sont des faits ». Bah non, ce n'était pas des faits, c'était des fuites, des fuites mal intentionnées et en plus des fuites de trucs faux. Oui, parce
que Rima Hassan, dans son sac, elle avait juste du CBD. Alors les flics, on ne sait pas trop comment ils se sont démerdés, ils ont voulu tester le produit, mais avant d'avoir les résultats définitifs, ils ont écrit 3MMC. Et c'est ça qui a fuité dans la presse, et maintenant, allez-y les journaux. Faites votre boulot.
Expliquez les drogues aux gens.
allez, Pierre Palmade, le chemsex, et on sent qu'ils ont adoré s'imaginer l'intimité de Rima Hassan, sa vie sexuelle, on sait pas quoi, pendant qu'elle, elle est en garde à vue, elle peut même pas se défendre.
On a appris quelques jours plus tard, grâce aux canards enchaînés, que les fuites venaient sans doute du porte-parole du ministère de la Justice qui se serait entretenu avec plusieurs journalistes pendant la garde à vue et qui leur aurait balancé des infos qui relevaient du secret de l'instruction.
Mais il aura fallu attendre le 17 septembre pour apprendre que le ministre de l'Intérieur lui-même s'était lui aussi autorisé à balancer ce qu'il savait de la faire dans un wagon-bar.
Plusieurs sources nous ont raconté cette scène dans le détail, afin de préserver leur anonymat, nous avons retranscrit précisément leurs propos.
Dans le train, on a demandé à Nunez si c'était vrai que Rima Hassan avait de la drogue dans son sac. Et il nous a dit, il se peut, que ce soit exact.
Et normalement, il n'a pas le droit de balancer des trucs comme ça.
Ah non, puis surtout là, il est en train de torpiller une opposante politique. Alors même qu'elle est encore en garde à vue.
C'est pas cool.
Ensuite, il nous dit que c'est un truc de synthèse et que le deuxième produit, c'est un dérivé de la cocaïne. Et il ajoute qu'il ne s'y connaît pas trop.
nous explique qu'elle est en garde à vue, qu'on a trouvé deux types de drogue. Il nous donne le point de vue de Rima Hassan qui, lors de sa garde à vue, explique qu'elle a acheté ses substances en Belgique et qu'elle pensait que c'était autorisé. Sur le coup, je me dis mais il ne se rend pas compte qu'il est en train de nous donner des informations totalement confidentielles.
Ces extraits-là, ils sont sortis sur les réseaux sociaux la veille de la diffusion du complément d'enquête, histoire de sortir cette info qui est quand même énorme.
Oui, et nous on a vu ça, on s'est dit, bah c'est chouette, tiens, ça va faire un complément d'enquête sur Rima Hassan. Tristan Valex, il va mettre ses plus belles baskets et puis il va sans doute dénoncer le traitement judiciaire et médiatique particulièrement violent qui a infligé à Rima Hassan depuis très longtemps maintenant. Ah bah ouais, nous on était super chaud, alors on s'est capté, on s'est posé comme ça devant la télé. Voilà, petite binouze, petit pétard de CBD pour rester dans le thème.
Complètement l'enquête sur l'étoile montante de la France Insoumise, Rima Hassan, qui partage avec Jean-Luc Mélenchon le goût du clash, de la provoque et du rapport de force.
Et là on s'est dit, waouh, ça va pas être sympa du tout en fait.
Son style, radical. Sa méthode, sans concession. Avec 2 millions d'abonnés de tous réseaux sociaux confondus, Rima Hassan tweet comme elle respire. n'hésitant pas à insulter ses adversaires politiques.
Ah
d'accord, donc ça va être cette ambiance-là en fait. Non mais nous on voulait le truc sur Nunez, on voulait des révélations, pas la voix off à la con avec des musiques flippantes.
Étrangement, je m'attendais presque à pire en fait. Je sais pas, je pense qu'il y a un seuil qui est tellement élevé haut de cette diabolisation que... Je l'ai trouvé dans une moyenne, finalement. Je n'ai pas été très surprise de la caricature, de la voix off, de la tension. On y reviendra peut-être.
Et il faut bien le dire, l'essentiel du docu, c'était ça. Attention, elle est suspecte, elle est ambiguë, controversée, clivante. Et en plus, elle se permet d'être agressive. Rima Hassan a trouvé que la journaliste avec laquelle elle était en contact, Lilia Melconian, avait peut-être un peu chargé la barque.
la chose qui m'a le plus vraiment indignée, c'est la question sur l'antisémitisme. C'est-à-dire qu'elle a passé du temps avec moi, j'ai pris énormément de temps à lui expliquer mon combat, les angles de travail qui sont les miens et le fait qu'elle donne la parole à Jonas Pardo qui... Qui a des positions politiques, il a le droit, qui sont de l'ordre plutôt du chionisme politique.
Nous avons rencontré un chercheur français, Jonas Pardot, issu de la gauche radicale, critique sur la politique du gouvernement israélien. Il anime aussi des formations de lutte contre l'antisémitisme.
fait des conférences avec Jonathan Arfi, qui qualifie Guillaume Maurice d'antisémite, etc. Le fait qu'elle lui donne la parole sans resituer son positionnement politique, en laissant entendre que je serai ou j'alimenterai l'antisémitisme parce qu'il y a des commentaires de quelques tarés sous mes tweets.
Il faut observer les effets des paroles aussi. Je ne sais pas c'est quoi les intentions de Madame Hassan. quand elle commet ce tweet, mais en tout cas, quand on regarde les commentaires, on est dans l'antisémitisme.
Donc, laisser entendre que mon combat participerait d'une quelque manière à alimenter l'antisémitisme, c'est le point rouge qui m'a le plus dérangée parce que ça vient salir tout un combat, tout un investissement politique, personnel, intime.
C'est au bout de trois quarts d'heure de ce régime-là que l'enquête nous apprend enfin quelque chose puisque ça y est, le sujet, ça devient la... L'acharnement judiciaire, dont Rima Hassan, est l'objet.
sommes parvenus à consulter le rapport d'enquête confidentiel des policiers. Première découverte, ce n'est pas le service spécialisé dans ce type d'affaires qui a été saisi, mais un service antiterroriste.
vous souvenez peut-être de l'affaire. Ce qui lui a été reproché, c'était d'avoir publié sur X une citation de Koza Okamoto, qui a été l'auteur d'un attentat terroriste. La citation c'était « Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir.
Et donc on va voir lors du procès si ça peut vraiment être qualifié d'apologie du terrorisme. En tout cas, la question qu'on se pose là, c'est est-ce que ça justifiait les moyens de la police antiterroriste ?
C'est-à-dire que là, pour un tweet, on a traqué son téléphone pendant plusieurs semaines, on a planifié une arrestation à l'aéroport, bref, est-ce que c'est pas aller un peu trop loin ? C'est ce que semble en tout cas penser ce journaliste police-justice interrogé par complément d'enquête.
Et il faut pas se leurrer. L'arrivée de Rima Hassan pour une audition... à l'état-major de la police judiciaire, c'est pas tout à fait le même impact que Rima Hassan interpellée en pleine rue, possiblement menottée et amenée dans un groupe antiterroriste où elle est interrogée. C'est pas du tout le même impact politique. Et évidemment, le parquet ne l'ignore pas.
Donc voilà, il n'était pas sans intérêt ce complément d'enquête puisqu'il interrogeait la responsabilité du ministre de l'Intérieur ou même du parquet dans ce qui semble être une affaire plus… politique, qu'on a bien voulu le croire. Donc il y a un intérêt journalistique, mais est-ce que ça a intéressé les journalistes ? Est-ce qu'à la suite de ces révélations, ils sont venus proposer à la première intéressée de réagir dans les médias ?
J'ai pas... Oui, j'ai pas eu de... J'ai même pas été interrogée pour commenter, en fait, par ces médias. Pourtant,
quand elle était en difficulté au sortir de sa garde à vue, là, il y avait tout le monde ! Un max de micros, un max de caméras, un max de charognards.
Pourquoi
vous répondez pas ?
Vous avez...
Vous
'avez vu, on parle beaucoup de Rima Hassan, mais on lui tend finalement assez peu de micro. C'est une juriste, spécialiste du droit des réfugiés, une voix qui compte dans le champ militant en France et maintenant au Parlement européen. Pourtant, elle n'est que très rarement sollicitée pour parler de son sujet de prédilection, la cause palestinienne.
D'ailleurs, est-ce qu'on lui propose de temps en temps d'intervenir dans des docu, des émissions ou des plateaux qui traitent spécifiquement de ce sujet ?
Non, absolument pas. Alors ça m'arrive plus dans des médias non français, peut-être européens, parce qu'au Parlement européen, on peut être amené à interagir avec des médias espagnols, italiens, grecs.
Pourtant, souvenez-vous, lors de ces premiers passages télé, de l'avis de beaucoup, Rima Hassan avait crevé l'écran. Ses interventions dans C'est ce soir ont été remarquées, parfois saluées, comme le note tout de même complément d'enquête.
Régulièrement invité en plateau à ses côtés, ces deux historiens sont alors témoins de l'éclosion du personnage médiatique.
On n'avait pas beaucoup de figures palestiniennes dans les médias français, disons à grande audience, qui étaient autant capables d'exprimer son sujet, de le maîtriser et surtout de le confronter à des personnes sur cette photo télé avec, je trouve, sang-froid et capacité de pédagogie et d'expliquer.
Avec nous, elle est revenue sur sa dernière apparition à C ce soir. C'était le 13 septembre 2023.
J'avais parlé du droit au retour, j'avais parlé de l'apartheid, et j'avais dit que moi, j'en ai marre qu'on me mente sur la solution à deux États. Elle n'existe plus dans notre tête, pour la génération à laquelle j'appartiens, et qu'il serait temps, en fait, que ce débat existe. C'est-à-dire qu'il faut reconnaître ce régime d'apartheid, il faut reconnaître ce crime d'apartheid. Et depuis ce plateau, j'ai des contacts directs avec des gens qui travaillent dans cette émission, qui me disent qu'on n'a jamais eu autant de pression. Et clairement, ils font comprendre que je ne pourrais plus être invitée.
Donc à l'entendre, elle serait blacklistée. Mais c'est vrai qu'elle n'est pas invitée tant que ça dans les médias. Ok, ces passages télé sont remarqués, mais si vous cherchez, vous verrez que vous n'en trouverez pas
beaucoup. C'est assez impressionnant de voir que les seuls espaces médiatiques que j'ai eus, c'était pendant la campagne.
J'ai eu fait un France Info. Ce soir, vous inaugurez en quelque sorte un petit peu une série d'invitations politiques que nous avons lancées à France Info pour recevoir ceux qui sont inscrits sur ces listes présentées aux européennes. Et on va mener cette interview ensemble avec Gilles Bernstein. Bonsoir Gilles. Bonsoir Bantara, bonsoir Rima Hassan. Non
mais attendez, il y a une différence entre être juriste, se référer au droit international pour dénoncer un génocide qui est en... et ma boussole, ce n'est que le droit international. Attention à l'invisibiliser plutôt. Vous ne pourrez pas m'inviter sur ce plateau sans que je puisse parler du génocide en cours, donc je le redis. J'ai fait un France Info, j'ai fait un France Inter j'ai fait un BFM. On est en direct
On est totalement en direct.
Je dois regarder quelle caméra ?
Non, vous ne regardez pas une caméra, vous pouvez répondre à la question. Je
veux dire et redire qu'il y a un génocide qui est en cours et je mesure mes mots et il serait temps. que tout le monde sorte du déni s'agissant de ce qui est en train de se passer à Gaza. Laissez-moi terminer. Mais depuis que j'ai été élue, j'ai quasiment plus du tout eu d'interview de fond visant soit à commenter l'actualité, soit à évoquer le travail et les combats que je porte ici au Parlement.
C'est presque comme si une sorte de cordon sanitaire avait fini par se mettre en place autour d'elle. On peut parler d'elle, la montrer, la raconter, mais hors de question de lui donner la parole, surtout pas en direct.
Bonsoir, vous comprenez les sifflets contre le président de la République ou vous les condamnez ?
Oui, je vous remercie d'abord de votre invitation. Je me permets juste une petite parenthèse. Je veux simplement dénoncer le fait que vous avez été félicité par Olivier Rafovic, qui est un porte-parole de l'armée israélienne, une armée génocidaire. C'est très problématique que votre chaîne soit félicité.
On va vous féliciter pour ça, on vous remercie. On va vous féliciter pour vos prises de position et des attaques au BFMTV. Désolé, l'interview s'arrête.
Ce qui me pose problème, à la limite, BFM, CNews, etc., ce n'est même pas des chaînes qui m'intéressent parce que j'aime parler du fond et j'aime avoir du temps pour dérouler. Donc ce n'est pas très intéressant pour moi intellectuellement d'y aller. Par contre, savoir que même sur le service public, cet espace n'existe pas pour une députée. Je suis plus invitée et entendue à l'extérieur de la France. qu'en France, y compris par des médias pour des longs entretiens, etc.
Alors, si les grands médias semblent s'évertuer à silencer la parole de Rima Hassan, ça a peut-être à voir avec ce qu'elle est et ce qu'elle représente, c'est-à-dire une femme d'origine palestinienne, engagée chez la France Insoumise, oui bon, tout ça, ça doit jouer, mais enfin, ce qui choque chez elle, vous l'avez compris, c'est ce qu'elle dit. la cause qu'elle porte et les mots qu'elle emploie.
C'est la question que je porte, la question palestinienne, et on l'a vu avec le cas d'Adèle Haenel, qui est une femme qui n'est pas chez les filles.
Et oui, là, comment ne pas évoquer la dernière silenciation en date, celle d'Adèle Haenel, qui utilisait justement sa carte blanche dans la grande librairie pour dénoncer le silence autour du génocide des Palestiniens.
faut parler pour redire ce qu'il y a dans ce silence, afin que tout le monde l'entende. L'État d'Israël commet un génocide en Palestine et la France est complice. N'acceptez pas l'inacceptable. Alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine.
bah oui, bah là c'est tous les mots qu'il faut pas dire. Et bah ça a pas loupé. Le lendemain, le replay de l'émission entière avait disparu du site de France Télé. Pouf !
Donc on voit bien qu'il y a aussi quelque chose sur le sujet en lui-même de la question palestinienne, du génocide, de l'implication de la France, de l'implication de l'Union européenne.
Rima Hassan n'est donc pas la seule à avoir été écartée des médias pour ses positions politiques sur Israël et la Palestine. Mais si à cause de ces mêmes positions politiques, la députée insoumise est bel et bien persécutée par le pouvoir politique avec la complicité du parquet et du ministre de l'Intérieur, là, on peut commencer à parler de scandale.
Un scandale qui aura tout de même été évoqué dans ce complément d'enquête, mais qui aura trouvé bien peu d'écho dans les médias français plus intéressés par les histoires de drogue que les histoires de génocide. Voilà, nous on se quitte là-dessus et on se retrouve dans deux semaines.
Et n'oubliez pas de soutenir les médias indépendants sans lesquels il y a tout un tas de discours que vous ne pourriez tout simplement pas entendre.
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