Chargement...
Chargement...
La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
le Premier ministre, allez-vous abandonner les salariés d'ArcelorMittal? Ils sont mobilisés contre la suppression de plus de 600 emplois. Je veux leur apporter tout notre soutien dans ce combat d'intérêt général. Car il ne s'agit pas seulement de sauver des emplois, mais aussi de défendre la possibilité de produire de l'acier en France. Aujourd'hui, Mittal refuse les investissements pour décarboner la production. Il en a pourtant les moyens après avoir versé 12 milliards aux actionnaires ces dernières années. La décarbonation doit être réalisée avant 2030. Il faut quatre ans pour le faire. C'est donc maintenant que ça se joue. Sinon, c'est toute la filière qui disparaîtra en portant plus de 60.000 emplois. L'attentisme est une stratégie délibérée pour fermer tous les sites en France. Arrêtez de nous faire croire que vous pouvez ramener Mittal à la raison alors qu'il a pour unique objectif de vous faire cracher encore plus d'argent public pour remplir les poches des actionnaires. Car pendant que vous gesticulez, le groupe se dépêche de supprimer les emplois indispensables au maintien de l'activité. Monsieur le Premier ministre, si Mittal veut partir, qu'il s'en aille. Les salariés peuvent faire sans lui. Mais votre responsabilité, c'est de sauver la production d'acier en France. Le Royaume-Uni, le Kazakhstan, l'Italie l'ont fait. Qu'attendez-vous ? Après Sarkozy et Gordrange en 2008, après Hollande et Florange en 2012, les salariés d'ArcelorMittal en ont assez des promesses sans lendemain, des mots creux et des trahisons. Ils veulent des actes, nous aussi. Alors, monsieur le Premier ministre, ma question est simple. Allez-vous, oui ou non, nationaliser ArcelorMittal ou serez-vous le fossoyeur de la production d'acier en France
vous remercie. La parole est à madame Véronique Louvagie, ministre en charge du Commerce, de l'Artisanat et des PME.
Monsieur le député Manuel Bompard, je vous prie de bien vouloir excuser mon collègue, ministre de l'Industrie, qui ne peut être là. Je partage avec vous que les annonces d'ArcelorMittal sont une mauvaise nouvelle pour les sites français et Arcelor. Je veux également, comme vous, avoir une pensée pour les ouvriers d'Arcelor qui, effectivement, sont inquiets, qui veulent savoir avant tout, qui veulent aller... Je veux également rappeler que la sidérurgie européenne est frappée de plein fouet par une crise qui est liée à une concurrence internationale et à une surcapacité mondiale. Entre 2018 et 2023, il faut rappeler que la production européenne a baissé de 20%. En 2024, la demande sur le marché européen a de ce fait... C'est donc ce contexte, et on peut le regretter, Carcelor Mutal a établi un plan. Je veux simplement rappeler ici qu'aucun site français n'est menacé de fermeture par l'annonce du groupe. L'Etat attend, et nous l'avons indiqué à plusieurs reprises, Carcelor apporte des réponses sur sa stratégie. à moyen terme en France et sur la confirmation de ses projets. Ces investissements sont nécessaires sur les sites, notamment à Dunkerque. Par ailleurs, on ne peut interdire à Arcelleur d'améliorer sa compétitivité en réduisant des postes, mais on doit exiger, nous devons exiger qu'en contrepartie, Arcelleur dispose d'une vision de long terme pour assurer la pérennité de sa présence en France. très attentif de veiller à ce que le PSE s'accompagne d'un reclassement des salariés dans le bassin d'emploi. Le gouvernement sera ferme, sera attentif à toutes les décisions et à la réalisation des travaux par le groupe et à tout ce que peuvent attendre les salariés.
Merci beaucoup, madame la ministre. Monsieur Bompard.
Madame la ministre, les salariés d'ArcelorMittal n'ont rien à faire de vos mots et de votre compassion. Ils veulent des actes nationalisés. Nationaliser ArcelorMittal pour maintenir la capacité de produire de...
Merci beaucoup. La parole est à présent à madame Sandrine Jossot pour le groupe démocrate.
Merci, madame la présidente. Mesdames et messieurs les ministres, chers collègues, il y a 18 mois de cela, je découvre la soumission chimique à mon insu. Ce terme méconnu par nous tous s'est vulgarisé à l'occasion du procès dit des viols de Mazan. La soumission chimique est une forme extrême de trahison. L'utilisation d'une substance qui vise à vous anéantir, à vous contrôler et à vous faire perdre votre dignité. Face à cette terrible réalité, j'ai choisi de me battre pour que ce crime parfait puisse ne plus l'être. Pour que toutes ces preuves fugaces puissent être détectées grâce à de meilleurs réflexes tant sur le plan médical, judiciaire et humain. Missionnée par le gouvernement Attal avec la sénatrice Véronique Guillotin, puis renommée après la dissolution, nous avons rencontré 275 personnes organisées 50 auditions des déplacements en France et à l'étranger. Le constat est sans appel. Il faut faire de la sensibilisation et de la prévention partout. Accompagner les victimes avec exigence et humanité, optimiser le traitement judiciaire ainsi que former tous les professionnels qu'il faut aider, par exemple en levant le secret médical tout en les protégeant avec une immunité. En facilitant l'accès à la preuve pour les victimes, en dotant mieux les unités médico-judiciaires et aussi en permettant partout un prélèvement immédiat aux heures profondes de la nuit comme le week-end par un mariage territorial avec un protocole national et des infirmières relais lorsqu'il y a une désertification médicale. Rien ne sera comme avant. Je dédie ce rapport à toutes les victimes. Ce rapport qui comporte 50 propositions, dont 15 applicables en 2025. Comment allez-vous vous en emparer? Et quelles vont être vos priorités pour endiguer cette urgence de santé publique? Je vous remercie.
Merci, madame la présidente. Permettez-moi, au nom de l'ensemble du gouvernement, mais je pense au nom de l'ensemble des parlementaires, vous saluer pour le courage personnel qui a été le vôtre et qui est toujours le vôtre, pour l'engagement que vous avez mis pour non seulement alerter les consciences, dénoncer, dire et faire en sorte que plus aucune femme, plus aucun homme dans notre pays ait à subir ce que vous avez eu à subir. Parce que grâce à vous, grâce aussi au travail de madame la sénatrice, le rapport que vous nous avez remis est un rapport sur lequel le gouvernement va évidemment pouvoir s'appuyer. Pourquoi? Parce que vous l'avez dit, les auteurs qui utilisent la soumission chimique pensent que c'est un crime qui peut être un crime parfait. Celui qui empêche la victime de dire, de refuser, de crier. de consentir celui qui annihile, celui qui est supposé ne pas laisser de traces. Mais ces traces, elles existent à partir du moment où nous savons les déceler, à partir du moment où nous savons recueillir les preuves. Alors, nous allons former et former massivement les professionnels de santé, notamment en lien avec le ministre de la Santé, Yannick Noder, qui était à mes côtés hier pour recevoir le rapport. Nous allons alerter, parce que j'appartiens à une génération où on a dit que les soumissions chimiques, c'était peut-être éventuellement la mauvaise rencontre dans une soirée. Parce qu'on n'avait pas envie de voir que la soumission chimique, ça pouvait être à l'intérieur même de nos entourages, de nos familles. Et c'est ce qui a explosé au visage des Français pendant les viols de Mazan. C'est que les prédateurs... malheureusement, ils n'ont pas un visage type, comme les victimes n'ont pas un visage type. Nous allons alerter l'ensemble de la société sur les risques pour qu'il y ait des alliés dans la société et mobiliser une grande campagne nationale, comme vous l'appelez de vos voeux. Nous allons travailler avec courage sur la question des violences intrafamiliales, sur la possibilité de lever la question du secret médical à partir du moment où cela permettrait de protéger les victimes. Le gouvernement est et sera au rendez-vous. Nous n'avons pas le droit de vous décevoir.
En ce mois de commémoration des victimes de l'esclavage, je prends solennellement la parole au nom de mes collègues Max Mathiazin et Olivier Servat pour vous alerter sur un élément troublant de notre arsenal juridique, la non-abrogation formelle du code noir. Le code noir, c'est le recueil des dix royaux publié en 1685 qui régit la mise en esclavage d'êtres humains et le réduit au statut juridique de biens meubles. Ce sont des châtiments abjects comme les coups de cordes, le marquage au fer, la découpe de jarret, d'oreille, la peine de mort. Si l'on peut croire que le décret d'abolition de l'esclavage de 1848 a abrogé le code noir, il n'en est rien. Aucun texte ne l'a formellement aboli. Alors oui, la France a déclaré la traite négrière et l'esclavage crime contre l'humanité. Oui, nous avons une journée nationale des mémoires de la traite de l'esclavage et de leur abolition le 10 mai. Oui, nous avons une journée nationale en hommage aux victimes de l'esclavage colonial le 23 mai. Mais non, la France n'a jamais abrogé le code noir. Applicable ou pas, ce n'est pas le débat. Nous parlons ici de dignité humaine, de symboles que l'on doit à ces femmes et ces hommes mis en captivité, à leurs descendants, au nom de la justice réparatrice. Monsieur le Premier ministre, l'heure est venue pour la République de se laver de cette ignominie qu'est le code noir. Je vous remercie.
vous remercie, monsieur le Président. La parole est à monsieur le Premier ministre.
Merci, madame la présidente. Mesdames et messieurs les députés, monsieur le président Panifous, grâce à vous, grâce à votre question, je découvre cette réalité juridique que j'ignorais absolument et j'imagine tous ceux qui sont autour de nous, que le code noir n'a pas été aboli en 1848, comme nous le croyons. Après avoir été aboli pendant la Révolution française, puis rétabli par Napoléon, et nous étions tous, en tout cas moi, persuadés, en souvenir de nos livres d'histoire, que le code noir, qui en effet impose aux femmes et aux hommes réduits en esclavage, ce qui est désormais défini par la République française, seul pays du monde, à l'avoir défini comme un crime contre l'humanité. Nous croyons tous qu'il avait été aboli. Je vous remercie d'avoir éclairé la représentation nationale et le gouvernement sur ce sujet. Si le code noir n'a pas été aboli en 1848, il faut qu'il le soit. Il faut que nous ayons la volonté, la capacité... le choix de réhabilitation historique, de réconcilier la République avec elle-même. Je prends l'engagement au nom du gouvernement qu'un texte actant l'abolition du code noir sera présenté au Parlement et je l'espère voter à l'unanimité. En tout cas, c'est la volonté du gouvernement.
La parole est à présent à madame Pascale Borde pour le Rassemblement national.
Ma question s'adresse à monsieur le ministre de l'Intérieur. Il a ainsi fait le choix de risquer sa vie afin de préserver celle des autres. Cet acte courageux nous oblige. J'espère du plus profond de mon être qu'il sortira vainqueur du combat qu'il mène à cet instant pour sa vie. Cet épisode dramatique nous ramène à la réalité de ce qu'est notre société. Il est fini le temps où un garde des Sceaux, un ministre de l'Intérieur aveugle, évoquait un simple sentiment d'insécurité. Aujourd'hui, plus aucun territoire n'échappe à la gangrène de l'ultra-violence criminelle. Un exemple récent dans ma circonscription du Gard à Bagnoles-sur-Seize, ville gangrénée par le trafic de stupéfiants depuis plusieurs années. Un nouveau palier a été franchi il y a quelques jours, car des professeurs de PS qui chronométraient des lycéens sur le stade qui jouent un point de deal ont été pris à partie ainsi que leurs élèves par des dealers armés qui les ont menacés de mort tout simplement parce qu'ils faisaient du bruit et que cela gênait leur commerce illicite. Le lundi suivant, les épreuves sportives du bac devaient avoir lieu sur ce stade, mais faute pour l'Etat de pouvoir assurer la sécurité des élèves et des enseignants, les épreuves ont été annulées. Pour l'heure, les enfants ne peuvent plus faire de sport. Les riverains et les commerçants vivent un enfer quotidien. Quant au dealer, ils continuent tranquillement leur trafic aux abords de ce stade à la vue de tous. En guise de réponse de l'Etat, rien d'autre qu'un silence assourdissant qui renvoie le message disant que c'est aux citoyens de s'adapter aux criminels. Monsieur le ministre, l'heure n'est plus au discours sur le terrain. La population des oubliés demande des actes forts. Car si en théorie, force doit rester à la loi, nos concitoyens voient bien qu'en pratique... La force des malfaisants fait la loi. Quelles mesures d'effet immédiat comptez-vous mettre en place pour que nos concitoyens ne soient plus livrés à eux-mêmes face aux narcotrafiquants?
La parole est à monsieur Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur.
Madame la présidente de l'Assemblée nationale, j'aurai l'occasion de revenir avec plusieurs réponses à plusieurs questions. sur le sapeur-pompier volontaire qui combat toujours contre la mort, bien sûr, et qui nous a beaucoup tous touchés. Vous me questionnez sur le narcotrafic, c'est un combat national, qu'on ne gagnera pas en quelques heures, qu'on ne gagnera pas en quelques jours, parce qu'aujourd'hui, c'est un tsunami de poudre blanche qui ravage non seulement nos villes, mais aussi nos campagnes. J'ai été informé... du trouble profond qu'a connu cette commune tout près de ce point d'île et des menaces sur les lycéens. Immédiatement, les policiers se sont mobilisés. Ils se sont mobilisés aussi avec les policiers municipaux. Nous avons eu le renfort de la CRS. Il y a eu trois interpellations dont... un écrou et nous ne laisserons pas les choses en l'Etat. Il faut aussi qu'avec l'autorité judiciaire, nous puissions démanteler ce réseau et il le sera. D'ailleurs, sur cette commune, nous avons demandé au maire de densifier le réseau de vidéosurveillance. C'est fondamental. En un an, nous avons triplé le nombre d'écrous et la tendance pour 2025 se continue. 45 écrous en 2024 et il y en aura sans doute encore plus. Je veux aussi vous répondre, puisque vous me questionnez plus largement, sur votre département du Gard à Nîmes, vous avez commencé des nouvelles opérations ville-sécurité renforcées où nous mêlons la dimension judiciaire, sécuritaire et administrative. Il y a eu 598 interpellations. Il y a eu plus d'une centaine de commerces qui ont été contrôlés. fermées, des armes blanches qui ont été confisquées. Et enfin, demain, aux côtés du président de la République, nous inaugurerons l'état-major permanent contre la criminalité organisée, qui va donner forme au texte qu'ici, très majoritairement, vous avez voté contre la criminalité organisée. Ce combat, il sera long, il sera difficile. Croyez-moi, nous le gagnerons.
Merci, monsieur le ministre. La parole est à présent à monsieur François Ruffin pour le groupe écologiste et social.
Vous savez de quoi est composé ce micro? D'acier. Votre montre, d'acier. Nos sièges sous le velours, d'acier. De l'agroalimentaire à l'aéronautique, toutes nos entreprises tournent avec de l'acier. Pas d'industrie et encore moins d'industrie de défense sans acier. Un acier qui a d'ailleurs fondé l'Union Européenne. Or, la question est aujourd'hui posée, conservera-t-on de l'acier sur le sol français, de la sidérurgie dans notre pays? En 10 ans, ArcelorMittal a diminué sa production d'acier en Europe d'un quart, tandis que la firme a augmenté sa production d'un tiers en Inde et au Brésil. ArcelorMittal a enterré la décarbonation de ces hauts fourneaux de Dunkerque et de Fosses-sur-Mer, alors que pour l'avenir, ces projets sont vitaux. Mais même l'entretien, le simple entretien, les investissements courants ne sont plus effectués. Tous les ouvriers de Florange, de Bastin, de Montaterre parlent de cul fissuré, de blindage abîmé, de poutres cassées et non réparées. C'est une mauvaise nouvelle, vous dites. Vous avez pour les ouvriers une pensée, vous allez les accompagner. Mais c'est quoi qu'on a là? C'est un gouvernement ou c'est une entreprise de pompes funèbres? Les ouvriers ici, Gaëtan, Sylvain, Ludo, ils ne vous demandent pas des regrets et des larmes, mais du combat et de l'action. Vous nous dites, l'Etat attend. Ils se sont déplacés aujourd'hui à Paris, ils en reviendront avec une garantie, c'est celle de votre inaction. Voilà pourquoi, monsieur le ministre, nous réclamons la nationalisation. Nous la réclamons non comme une solution miracle, mais comme une nécessité. Nous réclamons la nationalisation et nous réclamons des protections face à la Chine en surcapacité sur l'acier et sur mille autres produits. Vous avez vous fait un autre choix. Vous faites le choix du laisser-faire. Vous faites le choix très clair de laisser tomber l'acier français.
La parole est à madame Véronique Louvagi, ministre en charge des petites et moyennes entreprises, de l'artisanat et du commerce, dans le
désordre. Pour autant, il existe une situation difficile de l'acier mondial en général, et européen en particulier, et vous ne pouvez le nier. Mais sur l'acier, comme sur beaucoup d'autres domaines, la défense de notre industrie passe par une action massive européenne. C'est la raison pour laquelle, dès le 27 février dernier, ont été réunis industriels partenaires européens et commissions à Paris. Cette réunion s'est traduite dès le 19 mars par l'annonce d'une européenne pour l'acier. C'est effectivement par une dimension européenne que nous apporterons une réponse. Vous évoquez la réponse au travers de la nationalisation. Mais juste vous dire déjà, car c'est l'or n'est pas à vendre, et qu'au demeurant, l'objectif du gouvernement est de maintenir à bord des actionnaires privés et leur permettre de en ayant un certain nombre d'exigences et de fermeté à leur égard. Il ne s'agit pas ici de nationaliser toutes les filières et donc nationaliser des pertes des filières qui connaissent des turbulences que notre problème sera résolu. La nationalisation n'est pas une réponse en soi aux difficultés de la sidérurgie européenne. La réponse est elle-même dans la protection de nos intérêts au niveau pour laquelle nous devons agir au niveau européen. Et vous redire encore que nous serons aux côtés des salariés et que nous veillerons à ce qu'effectivement, toutes les opérations de reclassement et toutes les opérations qui sont à la charge de l'entreprise soient effectivement conduites.
Ma question s'adresse au ministre de l'Intérieur. Monsieur le ministre, le 8 mai, nous commémorions les Deux jours après, des néo-nazis défilaient en plein Paris. Slogans racistes, visages dissimulés, cagoulés, tatouages nazis avec croix gammées, tambours à flammes rouges rappelant ceux des genèses hitlériennes. Beaucoup de nos compatriotes abasourdis ont éprouvé un sentiment de colère, de dégoût même, face à ce spectacle indigne. Parmi ces manifestants, Marc Decacré Valménier, ancien du GUD. Raphaël Emma, ex-assistant parlementaire RN, ou encore Axel Lousteau, proche de Marine Le Pen. Les pouvoirs publics ont tenté d'interdire ce rassemblement en vain. Monsieur le ministre, cette manifestation n'aurait jamais dû avoir lieu. Le préfet de police aurait dû faire appel de la décision de justice. La police aurait dû intervenir pour ne pas laisser défiler des hommes aux visages masqués. En campagne pour la présidence de votre parti, vous expliquez que vous réserviez vos coups à vos adversaires, la gauche. Pas un mot sur ces manifestations à Paris, pas une réaction de votre part ni du gouvernement. Vous qui êtes toujours prompt à dénoncer les excès de violences de l'extrême-gauche, vous qui faites de l'insécurité votre fonds de commerce électoral, allez-vous enfin prendre la mesure de la menace que représente la montée de l'extrême-droite dans ce pays, monsieur le ministre? Allez-vous, comme le proposent les socialistes avec Arthur Delaporte, interdire tous les symboles de haine dont il est clairement établi qu'il renvoie à une idéologie fasciste? La seule présence de ces symboles dans nos villes devrait constituer un trouble à l'ordre public. Il y a quelques semaines, des manifestants chantaient Paris est nazi. Non, mes chers collègues, Paris est antifasciste, la France est antifasciste, notre République est antifasciste et il serait temps que le gouvernement le soit aussi. Merci beaucoup.
Madame la
présidente, mesdames, messieurs les députés, oui, bien entendu que tous nous étions le 8 mai pour célébrer la paix, la liberté. J'étais dans la petite commune de naissance de Jean Delattre de Tassigny, en Vendée, qui a signé pour la France l'acte de capitulation de l'Allemagne nazie le 8 mai 1945. Je n'ai pas l'indignation sélective. Nous allons dissoudre, puisque nous avons enclenché la procédure, par exemple, un groupe d'ultra droite, Lyon Populaire, avec d'autres groupes d'ultra gauche, comme la Jeune Garde. Pas de géométrie variable. Bien sûr, le week-end dernier, avec le préfet de police de Paris, nous étions convenus qu'il prenne trois arrêtés d'interdiction. de trois défilés, un défilé d'ultra-droite, un contre-défilé d'ultra-gauche et enfin un village antifasciste au Panthéon. Le juge administratif a annulé la contre-manifestation. qui visait le défilé d'ultra-gauche. Ce n'est pas ni le ministre de l'Intérieur ni le préfet de police, c'est la justice administrative. Je le répète, vous qui êtes si attachés, bien entendu, comme nous tous, à la règle de droit. Nous avons mobilisé beaucoup de forces de l'ordre pour faire en sorte que ces manifestations soient encadrées. Elles l'ont été. De nombreuses interpellations, là aussi, l'ont été. Et d'ailleurs, nous avons signalé par l'article 40 du Code de procédure pénale un certain nombre d'individus, notamment les individus cherchés du maintien de l'ordre, du défilé d'ultra-droite qui ont défilé, visage masqué, cagoulé. C'est un délit. Par ailleurs, depuis, nous avons visionné... Les vidéos et nous avons fait un autre article 40 pour des gestes et des symboles qui à notre avis tombent sous le coup de la loi de la République.
Merci beaucoup Monsieur le Ministre, votre temps est écoulé. La parole est à monsieur le président Pierre-Alexandre Angla du groupe EPR.
Merci, madame la présidente. Monsieur le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, ce week-end à Kiev se réunissait le camp de la paix. Le déplacement du président Macron aux côtés du conselier d'Allemagne, des premiers ministres du Royaume-Uni et de Pologne signés... le retour des Européens au coeur des efforts diplomatiques pour l'Ukraine et délivrer un message clair. Aucune paix durable ne peut se bâtir en Ukraine sans l'Europe. Lors de ce déplacement, les Européens unis ont notamment porté une proposition de cessez-le-feu complet et inconditionnel de 30 jours, soutenue par la coalition des volontaires, par l'Ukraine et par nos partenaires américains. Il appartient désormais à la Russie d'y adhérer sans condition ni manoeuvre dilatoire et de s'engager sur le chemin de la paix lors de la rencontre prévue à Israël. L'offensive massive et coordonnée du camp de la guerre contre ces efforts de paix. D'abord, la sphère complotiste animée depuis la Russie, cherchant à décrédibiliser l'action du président de la République en faisant passer un simple mouchoir pour un sachet de drogue posé sur la table. Ensuite, les relais politiques du Kremlin en Europe, dont certains siègent dans cet hémicycle, et notamment la présidente du groupe Rassemblement National, Madame Le Pen, accusant directement le président de la République. accusant directement le président de la République de préparer la guerre, alors même qu'il portait une proposition de cesser le feu en Ukraine. Ces accusations sont mensongères, elles sont graves et elles alimentent le climat conflictuel et agissent donc contre les intérêts de la France et contre les intérêts des Français. Et nous voulons dire ici, monsieur le ministre, notre soutien à nos militaires, à nos services de sécurité et à nos diplomates qui agissent quotidiennement pour parvenir à la paix afin de garantir la sécurité de nos compatriotes et qui sont directement mis en cause par ces accusations venant de ceux qui se disent patriotes mais qui se sont... à nouveau démontrer qu'ils ne sont que soumissions à une puissance étrangère. Pouvez-vous nous indiquer quelles sanctions supplémentaires seront prises avec nos partenaires européens ?
La parole est à monsieur Jean-Noël Barraud, ministre des Affaires étrangères et européennes.
Monsieur le président, vous l'avez dit, le camp de la paix s'est réuni ce week-end à Kiev. La France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Pologne et l'Ukraine pour marquer leur opposition à la poutinisation du monde, leur refus de la prééminence de la force sur le droit. leur refus de laisser Vladimir Poutine imposer au monde sa logique coloniale, sa logique impérialiste et guerrière. Ils ont à cette occasion lancé un appel à un cessez-le-feu de 30 jours inconditionnel permettant l'ouverture de négociations menant à la paix. Ils ont brandi la menace de sanctions dévastatrices sur la Russie si elle ne consentait pas à son tour à cesser le feu des sanctions coordonnées entre les Etats-Unis et l'Europe. Ils ont également poursuivi les travaux sur le soutien militaire à l'Ukraine et sur les capacités militaires dont ce pays aura besoin une fois la paix conclue. comme vous l'avez dit très justement, la peine n'est jamais définitivement acquise. Elle ne peut être suffisamment fort pour dissuader toutes les menaces. De ce point de vue, monsieur le député, je vous rejoins. La complaisance de certains responsables politiques français vis-à-vis de la logique guerrière de Vladimir Poutine est irresponsable et coupable. Elle méconnaît que ce qui se joue aujourd'hui en Ukraine, c'est la possibilité même de la paix sur le continent européen dans 5 ans, dans 10 ans, dans 20 ans. Elle méconnaît que la France, vous l'avez décrit, est ciblée et pilonnée par des opérations... de désinformation et des cyberattaques russes relayées par des sphères d'extrême droite en Europe comme aux Etats-Unis. Cette complaisance de certains responsables politiques français les disqualifie, si vous voulez mon avis, pour l'exercice des fonctions auxquelles ils aspirent.
Monsieur le ministre, la chasse aux sorcières et les appels aux meurtres vont-ils durer encore longtemps en toute impunité? Depuis des mois, un discours populiste gangrène notre pays. Il fait passer les personnes qui travaillent dans le secteur de l'environnement pour les responsables de tous les maux. La crise agricole serait leur seule et unique faute. Le but de la manoeuvre? Masquer l'inaction en visant les travailleuses et les travailleurs engagés dans la transition environnementale, qu'il est pourtant aujourd'hui vital de mener. Une stratégie vue et revue du bouc émissaire, approuvée par le gouvernement, bien sûr, avec un Premier ministre qui considère que le monde agricole est humilié par les agents de l'OFB, ou encore des inspectrices et des inspecteurs de l'environnement que monsieur Wauquiez a jetés en pâture pour des manoeuvres bassement électoralistes dans un courrier malsain au possible. La conséquence, un sentiment d'impunité totale. En Loire-Atlantique, l'ancien président de la Chambre d'Agriculture et de la FDFCA 44 s'en est violemment pris à une technicienne qui a inventorié des zones humides. Les personnes comme toi mériteraient d'être égorgées. Ce sont ces mots. Sans mesurer la gravité des faits, il s'en prend à l'écologie et au bureau d'études qu'il assimile dans un formidable amalgame à des structures militantes. Toujours dans le même département, une technicienne d'un syndicat de bassin-versant s'est elle aussi fait menacer explicitement alors qu'elle était en charge de l'entretien d'un cours d'eau. Je cite encore. Les fonctionnaires, il faudrait les buter. Désormais, il devient dangereux pour ces salariés et agents publics de faire leur travail sans craindre pour leur vie. Monsieur le ministre, pour faire cesser ces violences, pour que disparaisse le sentiment d'impunité, condamnez-vous ces actes. Veillerez-vous à ce que cette fraction violente du monde agricole respecte enfin les lois et les personnes?
Merci, madame la présidente. Tout d'abord, je voudrais Il n'existe pas de sentiment d'impunité chez les uns ou chez les autres et que vous n'avez pas le droit de présenter les agriculteurs sous le jour que vous venez de dépeindre des violents et des irresponsables. Vous n'avez pas le droit de globaliser un jugement sur une profession si souvent et si injustement mise en cause. Cela est temps. Il n'est pas admissible que de tels propos soient tenus par quiconque, et je les condamne avec la plus grande fermeté, les agents de l'Etat. Qu'ils soient des fonctionnaires d'Etat ou des agents de l'Office de la biodiversité, doivent pouvoir exercer leur métier dans des conditions normales, de respect. Je condamne les propos que vous rapportez pour autant qu'ils aient été tenus. Cela étant, madame la députée... Il faut aussi considérer que le monde agricole est aujourd'hui sous la pression extrême de jugements parfois très dégradants de la part d'organisations qui sont extrémistes, idéologisées, qui ne reconnaissent pas le travail des agriculteurs. Et j'en veux pour preuve les déclarations irresponsables qui ont été tenues, par exemple, à l'égard d'une filière absolument exemplaire comme celle du comté. J'ajoute, Madame la députée, que l'attitude à l'égard d'une proposition de loi... la proposition de loi visant à lever les entraves qui empêchent l'exercice du métier d'agriculteur par l'obstruction parlementaire et de nature à alimenter
cette violence que vous voulez et
que je veux combattre. Votre temps est écoulé. Merci de vous conformer aux deux minutes. Madame la députée.
Je trouve ça formidable votre capacité à défendre une minorité violente dans le monde. d'agricoles avant même de condamner les propos tenus envers des fonctionnaires de la République.
parole est à madame Anne-Cécile Violon pour le groupe Horizon.
Samedi matin, très tôt, un sapeur-pompier volontaire du Chablais était grièvement blessé lors d'un radio rural. Dimanche, deux sapeurs-pompiers d'Anemas étaient agressés. Bon nombre d'entre nous sont concernés par ces faits qui ne se limitent pas au milieu urbain. Au nom de la représentation nationale, je tiens à adresser nos pensées et notre soutien à Nicolo, sa famille, ses proches et ses collègues sapeurs-pompiers du Centre des Viants et à l'hommage à l'ensemble de nos sapeurs-pompiers. Ces faits graves inhumains sont malheureusement récurrents dans notre pays. Qu'ils soient professionnels ou volontaires, les sapeurs-pompiers incarnent un engagement exemplaire au service de nos concitoyens. Quotidiennement, ils font preuve d'un dénouvant remarquable, dans des conditions parfois extrêmement difficiles, trop souvent au mépris de leur sécurité et parfois de leur vie. Les sapeurs-pompiers incarnent les plus hautes valeurs de notre République, le courage, la solidarité et le service du bien commun. Pourtant, ce dévouement est aujourd'hui trop souvent récompensé par l'ingratitude, voire par des actes de violence. Ce n'est tout simplement pas acceptable. Alors que la nation se doit de reconnaître et de protéger celles et ceux qui la servent avec courage, les réponses pénales apparaissent inefficaces pour endiguer ces comportements. Une réponse ferme, rapide et dissuasive est indispensable pour restaurer l'autorité et la confiance. Je tiens à associer notre collègue, dont notre Assemblée a voté sa proposition de loi visant à faire exécuter les peines d'emprisonnement le mois dernier et qui attend une inscription au Sénat. Je soutiens aussi Naïma Mouchou qui porte une proposition de loi visant à durcir les sanctions à l'encontre des auteurs avec des peines planchées. Deux mesures annoncées par nos ministres ce week-end. Qu'attendons-nous? Passons des intentions aux actes. Ma question est double. Quelles mesures concrètes le gouvernement entend-il prendre pour améliorer la politique publique de soutien et de valorisation de l'engagement de nos sapeurs-pompiers? Envisagez-vous de renforcer le cadre législatif et judiciaire?
Merci beaucoup, madame la députée. La parole est à monsieur Bruno Retailleau.
la présidente, mesdames, messieurs les députés, madame la députée, je sais que vous êtes très attaché au territoire, à votre territoire. Vous y êtes né et vous connaissez bien les pompiers professionnels ou volontaires de ce centre de secours. Je voudrais, comme vous venez de l'avoir fait, et au nom du Premier ministre, au nom du gouvernement, assurer évidemment le chef Nicolo de toute notre sollicitude. Je sais qu'il se bat aujourd'hui. Il a été il y a quelques heures opéré. Il est toujours dans le coma. Nos pensées vont bien entendu à sa famille, à son épouse, à son fils de 7 ans, à ses parents. et aux sapeurs-pompiers professionnels et volontaires du centre de secours et du SDIS, notamment de Haute-Savoie, qui sont de plus en plus attaqués. L'an dernier, près de 1500 agressions ont concerné les sapeurs-pompiers de France. Ce crime, c'est ainsi que l'a désigné d'ailleurs le procureur, ce meurtre est abject. Tous les meurtres sont abjects, mais celui-ci plus que les autres. D'abord parce que... Ses compagnons, ses camarades qui étaient là sur les faits en ont témoigné. L'individu a foncé délibérément sur lui, à toute vitesse, à toute vitesse. Il ne lui a laissé aucune chance. Ensuite, abjecte parce qu'il est revenu, il a fait demi-tour. Il a baissé sa vitre, il a craché sur la victime, il a craché sur son camarade. Et abjecte enfin, parce que vous avez d'un côté un voyou qui avait 15 faits d'antécédents judiciaires, et de l'autre vous avez un sapeur-pompier volontaire qui s'est engagé de toutes ses fibres pour sauver des vies, au risque de la sienne. Alors oui, pour conclure, bien sûr qu'il faudra... Je voudrais revoir complètement un certain nombre de modalités judiciaires, notamment vis-à-vis des jeunes majeurs, vis-à-vis aussi des mineurs, parce que les peines, la différence entre les peines encourues, les peines prononcées, les pertes exécutées sont trop faibles. J'aurai l'occasion de dire les
mesures... Merci. La parole est à présent à monsieur le président Stéphane Delautrette pour le groupe socialiste.
Monsieur le Premier ministre, je veux vous parler de l'engagement de nos 500.000 concitoyens élus municipaux, départementaux et régionaux. Loin d'être des professionnels de la politique, ils continuent le plus souvent à exercer leur métier, tâchent de passer du temps avec leurs proches, tout en consacrant une bonne partie de leur journée à leur mandat. 32 heures par semaine en moyenne pour les maires. La passion qui les anime ne doit pourtant pas masquer les difficultés qu'ils rencontrent et qui constituent autant de freins à l'engagement de tous nos concitoyens. Je veux parler de l'impossibilité de prendre un congé parental sans renoncer à ses fonctions, de la difficulté d'obtenir une autorisation d'absence pour ceux qui poursuivent des études, de la faible reconnaissance professionnelle des compétences acquises au cours du mandat. tout comme des obstacles au bon déroulement de carrière ou au retour à l'emploi. Est-il étonnant alors, lorsqu'on les interroge, qu'ils soient aussi hésitants à être candidats? Monsieur le Premier ministre, la démocratie locale est un trésor national auquel nos compatriotes sont particulièrement attachés. Mais si nous ne soutenons pas les Françaises et les Français qui s'investissent, alors nous courons un grave danger. Celui d'une démocratie qui ne soit plus à l'image de celles et ceux qu'elle représente. Les élections municipales se tiendront dans moins d'un an. Il est plus qu'urgent de permettre à tous nos concitoyens, quel que soit leur parcours, dans leur diversité, d'être candidats à des fonctions locales. Ma question est simple. Inscrirez-vous avant l'été la proposition de loi sur le statut de l'élu local à l'ordre du jour des travaux de notre Assemblée? Votez à l'unanimité au Sénat, soutenu par l'ensemble des associations d'élus. Elle fait consensus sur nos bancs, comme en témoigne le récent rapport de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation de notre Assemblée. Je vous remercie.
Merci beaucoup. La parole est à monsieur Patrick Mignola, ministre en charge des relations avec le Parlement.
la présidente, mesdames et messieurs les députés, monsieur le président de l'Autrette, je veux profiter d'abord de votre question pour remercier la représentation nationale d'avoir accepté à l'intérieur d'un agenda parlementaire très chargé depuis le début de cette année d'avoir légiféré en faveur de nos élus locaux, de nos collectivités locales. Ce fut le cas sur la parité dans les communes de moins de 1000 habitants, ce fut le cas sur l'eau et l'assainissement, sur les conseils municipaux incomplets dans les communes nouvelles, sur le mode de scrutin... Paris-Lyon-Marseille reste une PPL sur le vote des détenus qui a été inscrite ce matin, madame la présidente, en conférence des présidents. Et enfin, évidemment, sur le texte très attendu du statut de l'élu. Le gouvernement, sous l'autorité du Premier ministre, travaille sur les textes qui pourraient, au cas d'une session extraordinaire... sur la tenue de laquelle le Premier ministre devra arbitrer d'ici quelques jours, quelques semaines au plus tard, pour que chacun puisse s'organiser en conséquence. Et parmi les textes que nous pourrions inscrire à cette session extraordinaire, en tout en haut de la liste, il y a le statut de l'élu. Parce qu'au fond, on ne s'engage pas dans la vie locale pour rechercher un statut, mais qu'un statut nouveau permet la protection de l'engagement, et nous leur devons.
Merci beaucoup monsieur le ministre. La parole est à présent madame Tiffany Joncourt pour le Rassemblement National. Merci
madame la présidente. Ma question s'adresse au ministre de l'Intérieur. Il y a quelques jours à peine, Emmanuel Macron a accueilli à l'Elysée Ahmed Al-Chara. Derrière le vernis diplomatique, il faut rappeler qui est cet homme. Un djihadiste connu pour avoir rallié Al-Qaïda avant de soutenir l'Etat islamique, responsable de plus de 270 morts sur le territoire français depuis 2012. Recevoir un islamiste à l'Elysée, c'est faire fi des morts tombées sur notre sol. Mais pendant qu'à Paris, on déroule le tapis rouge à un djihadiste, à mes yeux, sur ma circonscription dans la métropole de Lyon, un autre islamiste notoire s'apprête à prendre la parole ce week-end. Vincent Souleymane, connu pour ses discours haineux envers les femmes, les juifs, les homosexuels, et plus largement envers la France, figurera parmi les intervenants. C'est après avoir découvert l'annonce de cette conférence que j'ai alerté les autorités compétentes. La préfecture a été saisie, la mairie informée et l'information a été rendue publique. Pour rappel, en 2023, la préfecture du Rhône avait déjà interdit sa venue à Lyon. Et pourtant, en 2025, rien ne semble empêcher ce même individu de revenir à la tribune. A l'Elysée, on reçoit un djihadiste. A mes yeux, on tolère un islamiste. Quelle est votre ligne? Depuis des semaines, votre gouvernement s'est engagé à publier un rapport sur l'entrisme des frères musulmans en France. Du côté du Rassemblement national, Marine Le Pen avait déposé une proposition de loi pour lutter efficacement contre l'idéologie islamiste. Vous n'en avez rien fait. Tant que l'on tolérera ces conférences, ces discours, ces complicités locales ou nationales, l'islamisme gagnera du terrain. Alors comptez-vous interdire la venue de Vincent Souleymane à mes yeux? Allez-vous assumer vos responsabilités et faire de la lutte contre l'islamisme une de votre priorité? Car du côté de la préfecture du Rhône, on en est loin.
madame la présidente mais dames et messieurs les députés madame la députée bien sûr que nous connaissons parfaitement cet individu et à juste titre vous avez souligné ses propos antisémites ses comportements contre les femmes et contre les personnes lgbt il ya deux ans il y a deux ans nous l'avons interdit d'une conférence à lyon A l'époque, il revenait au maire de prendre cette interdiction et à l'époque, c'était la préfète qui s'était substituée pour obtenir cette interdiction. Dans quelques jours, le même individu, frère au salafiste, souhaite faire une conférence. Une conférence à mes yeux. La préfète de la région a écrit au maire pour lui demander de prendre un arrêté d'interdiction. Nous pensons que le maire va prendre cet arrêté. Si jamais il ne le faisait pas, la préfète, je lui ai donné une instruction très claire, se substituerait au maire. Comme jadis, elle s'était substituée au maire de Lyon pour que cet arrêté d'interdiction de prononcer cette conférence soit prise. Par ailleurs, vous accusez la préfecture. Cette préfète a aussi su nos instructions, il y a quelques semaines, vous le savez parfaitement, rompu les deux contrats d'association. avec l'école Ankidi, qui est un établissement qui va du CP, collège et lycée. Le juge administratif lui a donné raison. Dans quelques jours, nous aurons un conseil de défense présidé par le président de la République sur la menace islamiste. J'en ai fait une priorité. Il y a une vraie menace islamiste en France qui dépasse le djihadisme. sous la forme notamment du frérisme, d'un entrisme qui pénètre à bruit très bas nos associations sportives, culturelles, et nous entendons combattre ces mouvements qui sont des menaces contre la République.
Merci beaucoup, monsieur le ministre. La parole est à présent à monsieur Eric Michaud pour le groupe UDR.
Merci, merci madame la présidente. Ma question s'adresse à monsieur le premier ministre. Samedi matin, le sergent-chef Nicolas Scardi, sapeur-pompier volontaire de 38 ans et père d'un enfant de 7 ans, a été violemment agressé et humilié devant sa caserne. Je souhaite rendre hommage à ce soldat du feu, à ses camarades qui sont venus lui porter secours et à tous nos sapeurs-pompiers. En 2024, il y a eu 1400 agressions contre nos pompiers, 4 agressions par jour. Nos pompiers dénoncent un nom sauvagement. Ils sont brutalisés, humiliés, méprisés. A travers le sergent Ascardi, c'est toute la France qui est touchée. Les pompiers, fiers de leur dévouement, courage et dévouement, sont des sentinelles de la République. Ils sont la France debout. La France des valeurs et du travail. La France qui se lève tôt et qui s'engage. Face à eux se trouve la France de l'impunité et du laxisme. Les architectes de la haine et du déclin. Le présumé coupable est multirécidiviste. Il est bien connu des services de police. Il fait même l'objet de suspensions de permis. C'était inévitable. Le laxisme judiciaire tue. Les Français sont choqués, usés. Écoeurés, ils sont fatigués. Les victimes d'érodéos urbains s'accumulent. Ce sont bien souvent des enfants. Je tiens à soutenir les familles comme nos mères en première ligne isolées et démunies. Monsieur le Premier ministre, il faut résolument changer de méthode, instaurer des peines planchées, créer une peine exemplaire pour ceux qui s'attaquent aux pompiers. Celui qui touche un uniforme doit dormir en prison. Monsieur le Premier ministre, quand allez-vous agir?
La parole est à monsieur Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur.
Il y a d'un côté une France courageuse, une France qui s'engage, et de l'autre, une petite minorité, une France ensauvagée. Les sapeurs-pompiers représentent cette France courageuse, cette France qui s'engage. On ne dira jamais assez que les sapeurs-pompiers représentent beaucoup plus que le service public de la sécurité civile. Les sapeurs-pompiers volontaires comme professionnels représentent aussi un service immense qu'ils rendent à notre nation. Ils témoignent par leur engagement. de la force du don de soi par rapport à la tentation du chacun pour soi, de la force de l'engagement par rapport à la facilité. Il témoigne aussi qu'une société ne peut pas tenir debout si les uns et les autres réclament toujours plus de droits et si personne n'assume des devoirs. Ils sont cette France debout. Ils sont cette France du courage et on doit les protéger. Et évidemment, on ne peut que constater que cet individu était multirécidiviste, qu'il conduisait du reste sans permis de conduire qui lui avait été retiré il y a moins d'un mois. Les réponses, elles sont multiples. Bien entendu, une révolution pénale, et notamment vis-à-vis des mineurs, des mineurs délinquants, parce qu'aujourd'hui, on refuse les sanctions, les courtes peines de prison. Et au contraire, on les enferme dans des longs parcours de délinquance, où lorsque la sanction tombe, c'est déjà trop tard et il y a une casse. Il faut inverser les choses et faire comme les Pays-Bas. Votre Assemblée a déjà examiné une PPL. C'est grâce à cette révolution pénale, notamment grâce à la restauration d'autorité, qu'on pourra rétablir l'ordre public en France.
Merci pour votre réponse. Nous attendons donc votre soutien et celui du gouvernement lors de la PPL qui va venir sur les peines planchées que l'UDR présentera dans les quelques jours. Merci, monsieur le
ministre. La parole est à madame Véronique
Bess. Merci, madame la présidente. Ma question s'adresse à madame la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles. Madame la ministre, il y a quelques jours... J'ai rencontré Robert. Robert a 79 ans, une poignée de main ferme, le regard droit, et cette manière bien à lui de vous parler de ses nombreux projets. Avec des mots simples, il m'a dit ce que beaucoup de personnes de son âge ressentent. L'âge de la retraite n'est pas celui de l'effacement, mais celui de la transmission. Madame la ministre, il est temps d'écouter tous les roberts. Il est temps pour notre société de faire de la place à cette génération. Il est temps que notre société reconnaisse le rôle de nos aînés qui apportent avec enthousiasme, expérience, lien et envie partagée. Il est temps de changer de regard sur notre société. Nos aînés ne sont pas des fardeaux, mais un formidable réservoir de vitalité, d'énergie et d'engagement. Notre devoir, c'est de bâtir une société où la vieillesse est une promesse, celle de continuer à participer à l'esprit de corps de notre nation. Des solutions existent. Il faut que les services de l'Etat accompagnent la transition entre la vie active professionnelle et une vie active au service du bien commun, favorisent leur engagement associatif et citoyen, et valorisent la solidarité locale qui permet de maintenir nos aînés au coeur de la cité et non en périphérie de la vie. A l'heure où nous débattons sur les questions de fin de vie, et vous savez à quel point je suis opposée à cette loi, je ne me résoudrai jamais à ce que l'unique préoccupation de notre société vis-à-vis de Robert soit sa mort avec deux options, les soins palliatifs ou l'euthanasie. Ce serait une démission morale. En tant que présidente du groupe d'études longévité et adaptation de la société au vieillissement, vous savez que ce sujet me tient à coeur. Pouvez-vous nous dire si une grande politique nationale qui permettrait à nos aînés de rester pleinement vivants au coeur et au service de la cité est à l'ordre du jour? Et si oui, il me semble important que les parlementaires y soient associés.
Merci, madame la présidente. Madame la députée, merci pour votre question. Permettez-moi d'abord de revenir sur la question de la fin de vie, puisque dans votre question, vous faites l'amalgame entre cette question et l'âge des personnes qui sont concernées par cette aide à mourir envisagée par la proposition de loi qui est à l'étude dans l'hémicycle. Il n'y a aucun rapport direct, puisque cette aide à mourir concerne des personnes qui sont atteintes d'une maladie incurable qui provoque... des souverances très graves et dont effectivement le pronostic de vie est très court compte tenu de cette maladie et n'a rien à voir avec évidemment un projet de société pour nos personnes âgées. Je reviens sur votre proposition de travailler sur cette question, la place des personnes âgées dans notre société. Je vous rejoins. Cette place doit être pleine et entière. Il nous faut lutter contre l'âgisme. Il nous faut reconnaître la citoyenneté, la place bénévole aussi qu'exercent nos concitoyens âgés. C'est d'ailleurs l'objet d'échanges que j'ai avec le conseil de l'âge que j'ai vu encore aujourd'hui, qui travaille à des propositions en ce sens, qui nous seront partagées. Ensuite, il y a évidemment de nombreuses questions qui se posent, et c'est difficile de les synthétiser en moins de deux minutes, mais évidemment, avec le mur démographique qui s'annonce devant nous, le nombre très important, la proportion très importante de personnes très âgées à venir dans notre société, de très nombreuses questions se posent, et le gouvernement, avec les départements, avec les parlementaires, dont vous faites bien évidemment partie, avec les acteurs de travail, de terrain, travaille à déployer les réponses pour répondre à ses besoins actuels et à ses futurs besoins qui sont en progression. Il est difficile d'aller très vite des questions autour de la prévention de la perte d'autonomie, de l'information, de l'orientation, de l'attractivité des métiers, de l'adaptation des logements, de l'accès à la santé. Tous ces sujets sont en train d'être travaillés, font l'objet de politiques pour lesquelles je vous propose et je me tiens à votre disposition, madame la députée, pour répondre à la question.
La parole est à monsieur Thomas Porte pour le groupe La France Insémise.
Le 16 février dernier, un commando d'extrême droite menait une attraction locale d'immigrés aux cris de Paris et nazis. Pas un mot du ministre Retailleau. Samedi, plus de 1000 militants d'extrême droite ont défilé à Paris. Visage cagoulé, tatouage nazi et tambour du Troisième Reich. Pas un mot du ministre Retailleau. Une manifestation encadrée par la police et déposée par une ancienne collaboratrice d'un député du Rassemblement national. Une manifestation dans laquelle se trouvaient Marc de Cacré, l'homme de main de Vincent Bolloré, et Axel Lousteau, l'ancien trésorier du micro-parti de Marine Le Pen. Une preuve supplémentaire qui prouve que le Rassemblement national n'a jamais coupé avec les groupes nazis. Une manifestation qui s'est terminée par des saluts nazis, comme l'a révélé le journal Libération. Toujours aucune condamnation du ministre de l'Intérieur. Il faut croire que M. Retailleau a plus peur des voiles que des saluts nazis dans l'espace public. Le ministre de l'Intérieur vient de dire que ce n'était pas de sa responsabilité. Pourtant, le tribunal administratif indique avoir autorisé cette manifestation car la préfecture ne donnait pas d'indication précise sur les militants ultra-nationalistes radicaux qui seraient susceptibles de se joindre à la manifestation. Qui peut croire que la préfecture de police de Paris ne savait pas qui était présent à la manifestation? Ça fait des décennies que le GUD organise, prépare cette manifestation et toute la galaxie néo-nazie de France et d'Europe est présente dans les rues à Paris. En Macronie, on interdit les marches antifascistes, on tente de dissoudre la jeune garde, mais on laisse les nazis défiler tranquillement sous le regard de la police. La France ne sera jamais celle que fantasme votre ministre de l'Intérieur. Nous avons besoin de plus de jeunes gardes et de moins de Bruno Retailleau. Nous nous disons à bas les nazis et vive les antifascistes. Et vous, monsieur le Premier ministre, que dites-vous? Êtes-vous du côté des millions de Français qui ont été scandalisés par cette manifestation? Ou allez-vous continuer à soutenir un ministre de l'Intérieur, porte-parole de l'extrême-droite, qui protège aujourd'hui les groupuscules néo-naziens en France?
vous remercie. La parole est à monsieur Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur.
C'était très intéressant, votre question. Moi, contrairement à vous, je n'ai pas d'indignation sélective. Moi, contrairement à vous, quand je dois dissoudre des mouvements, des groupements de faits, je tape aussi bien sur l'ultra-droite que sur l'ultra-gauche. Je ne vous ai jamais entendus. Lorsqu'il y avait des exactions des mouvements d'ultra-gauche, et notamment celui de la jeune garde que vous connaissez bien, jamais je ne vous ai entendu. J'ai demandé au préfet de police la semaine dernière d'annuler, de prendre un arrêté d'interdiction de toutes ces manifestations, qu'elles soient d'ultra-droite ou d'ultra-gauche. J'ai déjà indiqué que le tribunal administratif avait cassé les arrêtés, notamment un arrêté du préfet de police de Paris. Nous ne pouvions pas. puisque la décision a été rendue. Vendredi soir, nous n'avions pas matériellement la possibilité de faire appel au Conseil d'Etat. Alors à chaque fois, vous voyez, à chaque fois qu'il y aura de la violence, moi je ne suis fasciné par aucune violence. Je combats la violence parce que la violence, ça n'est pas la République, ça n'est pas la nation. Et à chaque fois, ces ultra-violents, vos amis de gauche auront affaire à moi et les ultra-droites auront aussi affaire à nous. Vous avez encore une fois une indignation que vous choisissez. en fonction, en réalité, de vos options profondes, de vos options politiciennes. Ce n'est pas mon cas. Ma mission, c'est de protéger les Français. Ma mission, c'est de protéger la République française.
Merci, monsieur le ministre. Monsieur le député.
le ministre de l'Intérieur, nous, nous combattons les néo-nazis. Vous vous les défendez, y compris dans cet hémicycle.
vous remercie. La parole est à présent à monsieur Jean-Marie Fievet pour le groupe EPR.
Merci, madame la présidente. Ma question s'adresse à monsieur le ministre de l'Etat, ministre de l'Intérieur. Ce samedi 10 mai, à Evian-les-Bains, le sergent-chef Nicolas Scardi, sapeur-pompier volontaire de 38 ans, a été violemment percuté par un automobiliste engagé dans un rodeo urbain. Ce père de famille, proché sur plusieurs mètres, est dans un état critique. Il souffre aujourd'hui d'un traumatisme crânien et d'un enfoncement thoracique et il lutte encore pour sa santé. A lui, à sa famille, à ses camarades du SDIS de Haute-Savoie, je veux adresser au nom de la représentation nationale tous nos voeux de courage et de prompt établissement. J'adresse également à tous les pompiers de France mes remerciements pour leur courage et leur dévouement. Ce drame, aussi insupportable qu'inacceptable, illustre une réalité à laquelle nos territoires sont tristement confrontés. La multiplication des rodéos motorisés, organisée par des individus parfois multirécidivistes et même mineurs, qui n'ont plus aucun respect, ni pour la loi, ni pour la vie humaine. Samedi encore, l'auteur présumé âgé de 19 ans et connu pour divers antécédents, conduisait sans permis, sous l'emprise de l'alcool et de stupéfiants. Monsieur le ministre, combien faudra-t-il encore de blessés graves, de vies brisées ou de familles endeuillées pour que l'on prenne enfin la pleine mesure de cette menace ? En tant qu'officier de savoir-pompier, mais aussi en tant que citoyen inquiet, je vous demande, monsieur le ministre, quelles mesures fermes, visibles et immédiates le gouvernement entend-il prendre pour éradiquer ces rodéos urbains ? protéger nos forces de secours et garantir que les auteurs de tels actes soient condamnés à la hauteur de la gravité de leurs crimes. Je vous remercie.
Monsieur le député, je connais votre attachement au corps des sapeurs-pompiers et je sais que vous êtes officier dans le corps des sapeurs-pompiers professionnels. J'ai déjà répondu à plusieurs questions. J'ai déjà indiqué que pour la famille, pour le chef Nicolo, nous pensions à lui et nous espérons qu'il pourra se rétablir, même si... Au moment où je vous parle, son état est toujours extrêmement grave. Nous avons été tous absolument révoltés. J'ai parlé tout à l'heure de meurtre qui est un meurtre abject parce qu'il oppose d'un côté un voyou multirécidivite, je l'ai indiqué, à un sapeur-pompier volontaire qui en fait donnait son temps. qui s'engageait, qui se dévouait pour le secours, pour tendre une main secourable à celles et à ceux qui en avaient besoin. Il est probable que si ce voyou, un jour, est attrapé un accident, il est très probable. pour pouvoir lui sauver sa vie. Vous m'interrogez, j'ai déjà répondu sur un certain nombre de points. Il faut la fermeté pénale, bien sûr, notamment sur la justice des mineurs. Votre assemblée a commencé à y travailler avec une PPL. Je pense qu'il faudra rétablir, comme le font les Pays-Bas, avec un certain nombre de résultats, des courtes peines de prison. Je pense par ailleurs qu'en matière de J'ai pris dans quelques jours, je le prendrai, une instruction. C'est depuis des mois que nous y travaillons pour faire en sorte que sur l'ensemble de la France, nous ayons la même doctrine. Jusque-là, il y avait deux doctrines. Une doctrine sur le ressort de la préfecture de police de Paris où les poursuites étaient possibles. dans des conditions respectueuses de l'environnement, quand il y a, par exemple, trop de personnes. Et sur l'autre partie de la France, c'est-à-dire sur la quasi-totalité de la France, les poursuites étaient interdites. Cette instruction sera claire. Nous allons appliquer la doctrine de la préfecture de police de Paris pour que nos gendarmes et nos policiers puissent poursuivre partout sur le territoire français.
Merci beaucoup, monsieur le ministre. La parole est à présent à monsieur Joseph Rivière pour le Rassemblement national.
question s'adresse à monsieur François Bayrou, Premier ministre. Monsieur le Premier ministre, le 22 avril 2025, le président Macron, lors d'une petite escapade post-cyclonique, a annoncé l'élargissement d'une zone franche à l'ensemble du territoire de la Syrest. Cet élargissement d'un dispositif qui ne bénéficiera qu'à une minorité d'industrie et exclura de facto la majorité de nos entreprises de l'île, les TPE, concernent la micro-région la moins peuplée de l'île, 127 000 habitants, et la moins dotée en infrastructures. Pendant ce temps, le reste de la réunion demeure ignoré de l'Etat. 17% de taux de chômage sur l'ensemble du département, 62 000 chômeurs. Uniquement sur ma ville du Tampon, dans ma circonscription, 12 000 chômeurs. Entre 2023 et 2024, 61% de hausse de défaillance d'entreprise. Notre agriculture locale est assassinée par les produits d'importation. 90% de ce que nous mangeons vient de l'extérieur. Monsieur le Premier ministre, c'est toute la réunion qui doit être en zone franche. Notre balance commerciale est déficitée à 7,1 milliards d'euros d'importations contre seulement 405 millions d'exportations. Dans le bassin sud, nous avons déjà une zone aéroportuaire de Pierrefonds qui a besoin d'un nouveau souffle. Toutes nos entreprises, sans distinction, doivent pouvoir bénéficier d'une zone franchue. Dans le programme du Rassemblement national dès 2017, Marine Le Pen proposait une défiscalisation pour les Outre-mer, estimant que le coût fiscal supputé par Bercy serait bien moindre que le coût social du chômage. Sept ans plus tard, au crépustule de votre régime, nous y sommes jusqu'au coup dans ce drame social du chômage et je dirais de la misère. Monsieur le Premier ministre. Quand est-ce que l'Etat fera le choix audacieux de mettre tous les Outre-mer en zone franche, renouant avec les grandes heures de la défiscalisation? Je vous
remercie.
Le président de la République s'est rendu avec un certain nombre de membres du gouvernement à la Réunion. Ce n'était pas une escapade, c'était tout simplement pour témoigner soutien et solidarité à ce territoire frappé par le cyclo de garance. Vous le savez bien et depuis d'ailleurs un certain nombre d'annonces ont été faites pour soutenir la reconstruction, pour soutenir les filières agricoles et notamment la canne, pour mobiliser les fonds européens. Et aussi, c'est vrai, pour créer une zone franche dans un secteur qui, vous l'avez dit, vous-même était en retard, connaît des difficultés, avait été frappé tout particulièrement par le cyclone. Et les maires et les élus de ce territoire s'en sont réjouis. D'une manière générale, il faut bien sûr utiliser les dispositifs de défiscalisation. Ils représentent à travers 29 dispositifs aujourd'hui 5,5 milliards d'euros en 2025. Sont-ils toujours efficaces ? Est-ce qu'on ne pourrait pas mettre tout cela à plat ? Voir comment on peut réorganiser et cibler ces dispositifs. Et puis moi je crois que pour sortir d'une économie de comptoir, pour sortir des difficultés que connaît ce territoire comme d'autres, on n'a pas besoin de paradis fiscaux. On a besoin d'outils, on a besoin de soutenir l'activité économique, notamment le BTP, on a besoin de projets, d'infrastructures à La Réunion, et c'est à cela que nous travaillons, à travers un pacte d'avenir que j'ai proposé à l'ensemble des collectivités territoriales. Voilà, me semble-t-il, la voie, malgré toutes les difficultés, vous avez justement raison de les rappeler, auxquelles font face les réunionnais, mais voilà la voie qui me semble être la bonne, celle d'une véritable économie basée sur l'innovation et le travail dans ce beau territoire qu'est La Réunion.
Merci beaucoup, monsieur le ministre. La parole est à madame Virginie Dubille-Muller. Ma
question s'adressait aux gardes des Sceaux, mais en son absence, je l'adresserai aux ministres de l'Intérieur. Ces derniers jours, mon département a tristement fait la une en raison de deux faits d'une extrême gravité. Des sapeurs-pompiers ont été lâchement agressés. Dans la nuit de vendredi à samedi, des plusieurs sapeurs-pompiers sont alors sortis pour faire cesser cette provocation. Il y a encore quelques années, le simple respect de l'uniforme suffisait. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Dans une société où les repères vacillent, vous avez qualifié ces voyous à juste titre de barbares. Le présumé suspect multirécidiviste a percuté violemment et grièvement blessé un pompier avant de revenir cracher sur ceux qui tentaient de lui porter secours. Une limite a été franchie vers Comment faire société avec de tels individus? Je précise que ce dernier était sous l'empire d'alcool, que son permis de conduire avait été suspendu, que des bouteilles de protoxyde d'azote ont été également retrouvées dans leur véhicule. Preuve supplémentaire de la nécessité d'agir face à ce fléau qui pose un véritable problème de santé publique. Une enquête judiciaire a été ouverte pour homicide volontaire. Je pense au sergent-chef Nicolas Scardi, 38 ans, pompier volontaire, toujours hospitalisé, à sa femme, son fils et ses collègues. J'ai également une pensée pour les pompiers du centre secours principal d'Anemas, qui sont intervenus dans la commune de Saint-Cerc ce dimanche soir. Ils venaient porter secours à un couple suite à un accident de la route. L'homme alcoolisé a donné un coup au visage à un des sapeurs-pompiers et a violemment bousculé son collègue. Le Parlement a déjà voté une aggravation des peines pour ces agressions. Une nouvelle loi n'est peut-être pas nécessaire, mais il est urgent d'agir pour que les juges appliquent fermement celles qui existent. Enfin, je m'insurge contre les propos tenus sur les bancs de l'extrême-gauche, toujours pronds à excuser l'inexcusable. Comment un député, président de la commission des finances, a pu intervenir à la télévision, dire que c'était la faute de Tom Cruise? et de mission impossible si des jeunes pratiquent des rodéos urbains. Merci beaucoup, madame la députée. Arrêtons avec cette culture
de l'équipe. Merci, madame la députée. Vous avez largement dépassé votre temps. La parole est à monsieur Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur.
la présidente, Madame la députée Virginie Dubé-Muller, bien sûr que les faits que vous avez relatés sont absolument inacceptables, inadmissibles. J'ai indiqué que pour la seule année 2024, près de 4 500 sapeurs-pompiers volontaires professionnels avaient été agressés. Il y a plusieurs réponses. Il y aura une réponse de long terme que je n'ai pas encore évoquée. Dans une société qui a déconstruit tous les cadres d'autorité, de hiérarchie, de respect de l'autre, il faudra trouver les moyens d'enrayer cette fabrique de barbares, parce que sans autorité, sans hiérarchie... On n'y pourra rien. Ça concerne la famille, ça concerne l'école, ça concerne collectivement l'ensemble de la société. J'ai dit un mot aussi sur une réponse de moyen terme sur la révolution pénale. J'y crois beaucoup, bien entendu, et j'ai relaté les dispositions que nous allons prendre pour que les gendarmes, les policiers puissent, sur l'ensemble du territoire français, poursuivre ceux qui font des rodéos. Je voudrais simplement, moi aussi, condamner les propos que vous venez de signaler il y a quelques instants. bien qu'il y a finalement une sorte de fascination, en tout cas une forme de complicité entre une extrême gauche et cette violence que nous nous dénonçons et que nous traquons partout à tous les instants. Je voudrais terminer pour dire l'immense respect que j'ai pour l'ensemble des sapeurs-pompiers de France. Je voudrais que vous puissiez leur faire un immense hommage parce qu'ils le méritent. Et j'espère bien que nous pourrons honorer d'ici peu... L'article 26 de la loi sur les retraites, notamment pour les sapeurs-pompiers volontaires, qui permettra de les gratifier en fonction de leur fidélité, avec des trimestres, justement, de pensions, de retraites supplémentaires. Eh bien oui, mesdames, messieurs, les députés, ils le méritent, parce que ce sont des femmes et des hommes absolument extraordinaires qui sont des exemples.
Merci beaucoup, monsieur le ministre. La parole est à monsieur Jean-Paul Lecoq.
ministre des Affaires étrangères, à Gaza, les jours se suivent et le cauchemar s'intensifie pour la population civile, les humanitaires et les otages toujours retenus. Les souffrances sciemment infligées au peuple palestinien, les bombardements des hôpitaux, des écoles, la famine utilisée comme arme de guerre, sont désormais dénoncées par de plus en plus de voix. Des rues de Jérusalem aux marches du festival de Cannes pour faire cesser le génocide en cours. Refusons les propagandes qui colonisent nos arrêts sans arrêt nos imaginaires et nous font perdre le sens de nos humanités, disent-ils. Les condamnations de la France et des dirigeants européens ne peuvent suffire à faire face à la catastrophe humanitaire, à la gravité des crimes commis par l'Etat israélien. Un Etat poursuivi pour génocide et dont le Premier ministre est sous mode d'arrêt pour crimes contre l'humanité. Un gouvernement qui n'hésite pas à menacer la France d'annexer les colonies de Cisjordanie si elle devait reconnaître l'Etat palestinien. Et puis quoi encore ? Va-t-il nous dire ensuite que reconnaître l'Etat de Palestine est un acte antisémite ? Assez d'intimidation, assez de menaces, assez de morts. Cette reconnaissance accompagnée de la décolonisation est un des chemins diplomatiques indispensables pour aboutir à une solution à deux Etats. Mais l'urgence est aussi aujourd'hui à l'action. Seules des sanctions politiques et économiques fortes peuvent mettre fin à la souffrance de dizaines de milliers d'innocents. Il est temps que la France déploie au plus haut niveau la même énergie diplomatique pour faire cesser le génocide en cours du peuple palestinien que celle déployée pour tenter d'obtenir la paix en Ukraine. Monsieur le ministre, la France va-t-elle enfin prendre des mesures concrètes, fermes et immédiates pour empêcher la destruction totale de Gaza et de sa population ?
Jean-Paul Lecoq, le cauchemar s'aggrave à Gaza. Gaza est affamé, est assoiffé. C'est une situation inhumaine et doit cesser. Certes, le Hamas doit libérer ses otages. Il doit être exclu de toute forme de gouvernance pour l'avenir à Gaza. Mais en aucune manière, la force brutale que promet le gouvernement de monsieur Netanyahou aujourd'hui n'a permis la libération des otages, n'a permis le désarmement du Hamas jusqu'à présent. Et la force brutale doit justement céder la place à la diplomatie et à la négociation pour le cesser le feu, pour l'entrée sans entrave de l'aide humanitaire dont les civils à Gaza ont tant besoin pour la libération de tous les otages détenus dans les tunnels du Hamas. Nous nous sommes fermement opposés à toute forme de colonisation en Cisjordanie comme à Gaza en prenant des sanctions au niveau national comme au niveau européen. Plus récemment, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, les Pays-Bas ont souhaité interroger la Commission européenne sur le respect par le gouvernement israélien de l'article 2 de l'accord J'ai dit que cette demande était légitime et j'ai invité la Commission européenne à l'instruire. S'agissant de la reconnaissance par la France de l'Etat de Palestine, je vous rejoins. Personne ne dictera sa position à la France. La France le fera... Parce que la France croit à une solution politique durable pour la région, dans l'intérêt de la sécurité d'Israël comme dans l'intérêt de la sécurité des Palestiniens. Notre objectif est de réunir le plus grand nombre possible de pays qui pourraient reconnaître l'Etat de Palestine et d'autres qui pourraient normaliser leurs relations avec Israël pour que cette décision qui appartient à la France rende possible l'existence même d'un Etat de Palestine.
Merci beaucoup Monsieur le Ministre. La séance des questions au gouvernement est terminée. La séance est suspendue.
Transcription automatique — vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.