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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Il nous dit que les entreprises doivent se réindustrialiser. Mais alors, lesquelles ? Quel secteur ? Pourquoi l'indice de production industrielle ? Il a perdu 4%. 4%, c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu de réindustrialisation. Ce n'est pas le fait que les Français doivent plus travailler en termes d'horaire, qu'il faut leur supprimer un jour de congé ou qu'il faut leur enlever une semaine de vacances. La vraie question, c'est qu'il n'y a pas assez de gens qui travaillent en France.
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Salut Lisa.
Alors avec toi aujourd'hui au programme, François Bayrou veut faire des économies et avance qu'on travaille pas assez. Puis le président de la Cour des comptes veut s'attaquer à la fraude sociale. C'est parti. 40 milliards d'euros d'économie, non, ce n'est pas un ancien épisode de l'instant porché, mais bien le cap fixé par François Bayrou la semaine dernière pour le budget. Après avoir évoqué Trump qui joue avec les droits de douane mondiaux, le Premier ministre a répété cette même rengaine. La France ne produit et ne travaille pas assez. Sarkozy en rêvé, la Macronie vous le sert sur un plateau. Seule une prise de conscience de nos concitoyens peut soutenir une action déterminée, a dit François Bayrou. Le patron du Modem ose même citer Trotsky et Lénine. Seule la vérité est révolutionnaire. Pour avancer ces arguments, le Premier ministre a notamment évoqué notre balance commerciale en déficit de 100 milliards d'euros ou le taux d'emploi des jeunes et des seniors plus faibles en France que l'Allemagne par exemple. Évidemment, pas de hausse d'impôt de prévu. Pour personne. On en saura plus avant le 14 juillet, a promis donc François Bayrou. Thomas, une nouvelle fois, comment tu réagis à cette volonté de couper dans la dépense publique ? Est-ce que c'est nécessaire, urgent, comme on l'entend maintenant depuis des années
Non, ce n'est pas nécessaire et ce n'est pas urgent. Je veux dire, je l'ai toujours dit à ce micro, il ne faut pas que le remède soit pire que le mal. Or, là, si vous coupez de 40 milliards sur la dépense publique, il va y avoir un effet récessif majeur. Et qu'est-ce qui nous oblige à faire ça ? En réalité, rien. Rien du tout. Notre dette reste encore soutenable. Elle reste encore soutenable. Les taux d'intérêt sont relativement bas. On pourrait réduire les déficits sur des temps beaucoup plus longs. Pourquoi on s'impose d'ici 2029 d'être à 3% ? Et d'ailleurs encore, pourquoi le 3% est valable ? Puisque nous ne le respectons pas et que tout se passe plutôt bien. Donc moi, je pense qu'il faudrait plutôt parier sur une impulsion de production supplémentaire qui réduirait de fait à terme les déficits plutôt que des coupes comme ça qui vont avoir un effet récessif. Il faut bien avoir en tête que grosso modo, un point de... de dépenses publiques en moins, c'est un point de PIB en moins et c'est un gain beaucoup plus faible en termes de réduction des déficits. Donc là, nous choisissons très clairement de faire ce que nous avons fait dans les années 2010 et qui a été un échec, c'est ce qu'on appelle de l'austérité expansive. Penser qu'on peut limiter la dépense publique et que ça aura un effet positif sur la croissance économique, ce qui n'est pas le cas. Et la dernière chose que j'aimerais dire, c'est que d'où sort ce chiffre de 40 milliards ? Quand on regarde le séquençage médiatique, on a eu les problèmes du budget. Avec la crise politique, il fallait absolument un budget, sinon il n'y avait plus les cartes vitales qui fonctionnaient. On a eu ensuite après ça, après cette séquence où le budget était important, la dette c'était important, les déficits c'était important. On a eu la séquence, il faut mettre 40 milliards sur la défense. Alors là, on n'en parlait plus. Et puis maintenant, on a la séquence. Il faut économiser 40 milliards. Il faut les économiser probablement pour la dépense. Les chiffres sont assez similaires. Et donc, comme il faut économiser 40 milliards, il faut faire des dépenses principalement. On en revient toujours sur les mêmes, les retraités et maintenant l'assurance maladie, la question des médicaments. Donc, on veut en réalité faire payer. Moi, j'ai l'impression des choix qui ont été très mauvais et qui ont. amener à augmenter les déficits, ces choix de baisse d'impôt dont on a beaucoup parlé, et on veut en même temps faire payer une partie des futures dépenses de défense à des Français, finalement, qui n'ont rien demandé, les retraités et une partie des gens qui ont besoin de se soigner.
Oui, parce que dans tout ça, François Bayrou a quand même dit qu'il y aurait une augmentation de la dépense pour la défense, donc des économies, mais pas partout, tu l'as dit. Et puis surtout, il y a cette obsession à ne pas toucher aux impôts, surtout pour les plus fortunés. C
'est assez impressionnant, surtout que les effets escomptés n'ont pas été là. Rappelons-le, entre 2017, l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, et aujourd'hui, on a 70 milliards de baisse d'impôt, donc 40 milliards ciblés sur les entreprises. On nous a dit que ça allait réindustrialiser le pays, que ça allait créer des emplois, etc. Aujourd'hui, quand on fait le constat, entre 2017 et 2024, l'indice de production industrielle, qui est vraiment un indice largement utilisé, il a perdu 4%. 4%, c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu de réindustrialisation. Entre 2017 et 2024, l'indice de production industrielle a fait moins 4%, alors qu'on a fait pratiquement 40 milliards de baisse d'impôt sur les entreprises. Donc ça n'a pas fonctionné. Vous voyez ? Et là, on n'en entend jamais parler. Une grosse partie aujourd'hui du déficit, c'est dû à ces baisses d'impôt. Et on n'en entend jamais parler, ou très peu. ou beaucoup trop peu en tous les cas. Et donc on se dit, maintenant, comment compenser ces 70 milliards ? On doit faire des coupes ailleurs. Donc c'est toujours la même rengaine qu'on nous sort. On baisse les impôts en nous promettant des résultats, mais complètement magnifiques. Les résultats ne sont pas là. On coupe dans la dépense publique, on ne veut pas augmenter les impôts. Donc à un moment, il faut qu'il y ait un débat qui soit mené, parce qu'il y avait quand même des comités qui surveillaient l'efficacité des baisses d'impôts. Il faut maintenant qu'il y ait un débat qui soit mené sur si ces baisses d'impôts n'ont pas été efficaces. On en remet plus ou moins en partie, tout en tenant compte, bien sûr, de l'aspect international, pour ne pas que ce soit trop dur pour une partie des entreprises. Mais il y a quand même des choses qu'il faut remettre en cause à un moment.
Je te contredis un peu, parce qu'il y a eu des résultats pour les dividendes des actionnaires. Là, par contre, ça y est. était très, très bénéfique. De toute façon, on l'a déjà dit plusieurs fois. Mais ça
n'a pas été vendu comme ça au début, c'est ça que je veux dire. Au début, ça a été vendu pour réindustrialiser, pour favoriser l'investissement et donc l'emploi. Avec cette fameuse théorème de Schmitt qui disait la baisse des profits, la baisse des impôts, c'est les investissements de demain et les investissements d'après-demain. Et en réalité, ce n'est pas le cas.
Tu en parles, François Bayrou parle de réindustrialisation, qu'on ne produit pas assez et surtout qu'on ne travaille pas assez. Alors, sur la production, toi, tu as toujours partagé ce constat. Et c'est d'ailleurs du fait de la politique libérale. Donc, on est un peu surpris qu'eux soient surpris. Et sur le « on travaille pas assez », c'est quoi ton analyse, là, sur ces deux arguments
fait, c'est le problème de la France, quand on dit « on travaille pas assez », déjà, c'est un problème qui a souvent été mis... à la une de l'agenda, le travailler plus pour gagner plus de Nicolas Sarkozy, etc. Et la question, en fait, ce n'est pas le fait que les Français doivent plus travailler en termes d'horaire, qu'il faut leur supprimer un jour de congé ou qu'il faut leur enlever une semaine de vacances, parce qu'à la fin, on va arriver à ça, ou qu'il faut qu'ils travaillent deux heures de plus le soir. Ce qui signifie, en fait, c'est complètement idiot, parce que deux heures de plus le soir, c'est probablement les heures de vous être le moins productif. La vraie question, c'est qu'il n'y a pas assez de gens qui travaillent en France. C'est tout. Il n'y a pas assez de gens. Il faut qu'il y ait plus de gens qui travaillent, notamment des gens qui sont en emploi précaire. Parce que c'est ça aussi qu' Macron s'est souvent inventé d'avoir fait baisser son taux de chômage, mais il l'a fait baisser en créant des emplois précaires. C'est-à-dire des emplois où vous bossez un certain nombre d'heures et la plupart de ces gens qui bossent un certain nombre d'heures aimeraient bosser plus dans des bons contrats, pas en étant entrepreneur ou pas en étant avec des contrats précaires. Et c'est là, en fait. qu'il faut attaquer, qu'il faut voir les choses. C'est comme, il y a autre chose, le taux d'emploi des seniors. C'est pas parce que les seniors décident à 58 ans, 55 ans, d'arrêter de travailler. C'est faux, ça. C'est parce que les entreprises estiment qu'ils sont trop chers et qu'ils peuvent employer un jeune qui va être plus productif à un salaire beaucoup plus faible. Et donc, là, c'est des choses qui sont subies par les salariés, plutôt. Donc, on met toujours la faute sur les Français en disant... avec cette idée qu'ils ne veulent pas travailler beaucoup, que les Français ne veulent pas travailler. Alors, il y a eu, après le Covid, comme dans tous les pays, la grande démission, la volonté d'avoir un meilleur équilibre, et c'est une bonne chose entre vie professionnelle et vie personnelle. Mais la réalité, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui ne travaillent pas plus parce que les entreprises préfèrent avoir des gens en contrat précaire, parce que les entreprises préfèrent licencier une partie des seniors. Et là, il y a une vraie question de responsabilité aussi, de choix politiques. qui ont visé à ubériser l'économie, c'est-à-dire je te prends quand j'ai besoin de toi une heure, puis si le lendemain je n'ai pas besoin de toi, je ne te prends pas. Et des choix aussi des entreprises qui veulent se séparer des seniors parce qu'ils coûtent trop cher.
Il y a aussi Bernard Arnault, c'est toujours dans ce « les droits de douane américains, c'est un danger, comment on fait pour l'industrialiser ? » Parce que François Ballou a beaucoup parlé de dépendance, d'indépendance, etc. À chaque fois, on dirait qu'il découvre les théories que les hétérodoxes parlent depuis maintenant 30-40 ans. Par exemple, il y a Bernard Arnault qui veut davantage produire aux États-Unis pour éviter les droits de douane de Trump. Et il remet ça, il dit que c'est la faute de Bruxelles. Qu'est-ce que tu en dis ?
'est toujours très simple de constater. Et de ne pas voir qu'est-ce qui a amené ça. C'est-à-dire qu'on constate que les entreprises françaises partent. Alors on va dire que c'est de la faute de la compétitivité. Donc il faut encore baisser les coûts. Plein de choses ont été mises en place pour la compétitivité des entreprises. Le CICE, les baisses de charges sociales sur les bas salaires, les baisses d'impôts, la loi travail pour flexibiliser le marché du travail. Vraiment, tout a été fait ces dernières années pour les entreprises. Elles ont continué à partir. Comme j'ai dit, l'indice de production industrielle a diminué. Donc elles ont continué à partir. Jamais on ne remet en cause, par exemple, le marché unique qui a permis aux entreprises de se délocaliser dans des pays où le salaire moyen était deux fois moins élevé qu'en France et de profiter de baisses des coûts. Personne ne remet en cause le rôle des paradis fiscaux dans l'Europe qui permettent de siphonner une partie des recettes publiques françaises parce que les entreprises mettent leur siège social. C'est important de rappeler ça. Donc ça, c'est une des causes. Et puis personne ne dit aussi que depuis une trentaine d'années, il n'y a pas eu de politique industrielle. Il nous dit que les entreprises doivent se réindustrialiser. Mais alors lesquelles ? Quel secteur ? Pourquoi ? Pour servir quels besoins ? C'est ça la politique industrielle. Monsieur Béraud a été au commissariat au plan. Quand on lit les rapports, il ne fait que constater, il ne propose rien. Il faut proposer un moment. Si on veut que tel secteur, que l'on joue stratégique, se relocalise en France, il va falloir jouer de subventions, de protections. parfois de droits de douane, parfois de quotas, de choses qui sont par ailleurs plutôt interdites en Europe. Mais bon, il va falloir à un moment qu'on en discute, soit à l'échelle européenne, soit à l'échelle nationale. On ne peut pas que faire le constat que ça ne fonctionne pas. Alors jusqu'à aujourd'hui, c'est ce qu'on fait.
Et évidemment, pour avancer ses arguments sur les économies, etc., François Bayrou a évoqué la dette.
Et c'est une situation d'endettement telle que c'est comme si chaque Français... De celui qui vient de naître à celui qui est très avancé en âge, quel que soit son âge, devait à sa banque près de 50 000 euros, 200 000 euros pour une famille de 4 personnes. C'est ça l'endettement que nous avons laissé s'accumuler au travers du temps. J'ai l'impression de revivre des combats anciens. Or, plus notre dette s'accroît dans un contexte où les taux d'intérêt progressent, plus le remboursement de cette dette pèse dans notre budget annuel.
Thomas, est-ce qu'on doit avoir peur de la dette ? Est-ce qu'il y a un danger ? Et surtout, qu'est-ce que tu réponds à François Huérot qui dit « on est avec une dette ».
Alors ça, c'est parfaitement faux. Oui, tout le monde le sait. La dette, c'est la dette publique, c'est la dette de l'État. Effectivement, indirectement, c'est la nôtre. Mais en face de la dette qui est un passif, vous avez un actif qui est un patrimoine public. On l'a dit un million de fois ici, les patrimoines publics, c'est quoi ? C'est les bâtiments publics, les bâtiments des administrations publiques, les entreprises publiques, ce que détient l'État en valeur financière. Donc tout ça, il faut l'additionner. Et quand vous l'additionnez, en fait... les Français héritent d'un patrimoine. Parce que vous avez cette dette, mais vous avez tous patrimoine public. Je ne parle même pas du patrimoine privé. Je ne parle que de ce qui appartient à l'État. Et donc les gens héritent d'un patrimoine. D'un patrimoine qui appartient certes à l'État, mais ils héritent d'un patrimoine et pas d'une dette. Et c'est d'ailleurs pour ça que notre dette, à long terme, est soutenable. Parce qu'un certain nombre d'études montrent que plus vous avez un patrimoine public élevé... plus votre dette est soutenable sur le long terme et moins vous avez besoin de pratiquer des politiques d'austérité. Ce qui n'est pas le cas d'un certain nombre de pays africains qui, avec des petites dettes, font tout de suite défaut et le FMI doit intervenir parce qu'ils n'ont pas un patrimoine public très élevé, si ce n'est des réserves pétrolières ou des réserves gazières ou des réserves en matière première. Donc c'est très important d'avoir ça en tête. Ça ne veut pas dire qu'on doit vendre la tour Eiffel, comme certains vont le dire sur les réseaux sociaux. Là, je fais une petite parenthèse. De manière générale, il ne faut vraiment pas faire attention à ce qu'on voit dans les réseaux sociaux parce que le but est toujours de transformer un argument pour le ridiculiser. Dans le patrimoine public, il n'y a pas la Tour Eiffel. La Tour Eiffel, c'est d'autres choses inestimables. Il n'y a pas la Joconde. Ça, c'est inestimable, mais malgré tout. Même si c'est inestimable, ça fait partie du patrimoine public aussi, il faut le dire. Mais c'est inestimable. Donc le but n'est pas de revendre le patrimoine public pour rembourser la dette. Ce serait parfaitement idiot. Et c'est ce que font d'ailleurs les différents gouvernements depuis un certain nombre d'années. C'est ce que fait aussi même le gouvernement d'Emmanuel Macron qui voulait revendre ADP un moment pour rembourser une partie de la dette, ce qui était parfaitement idiot. Et rappelons-le, on le rappelle tout le temps ici, mais depuis 2016, il y a eu 2500 bâtiments publics qui ont été vendus. Et depuis à peu près une cinquantaine d'années, vous avez 70 grandes entreprises qui ont été vendus. privatisé totalement ou en partie. Donc depuis un certain nombre d'années, on baisse ce patrimoine public, on le baisse pour notamment rembourser la dette, ce qui est inutile et ce qui nous met en danger parce que le jour où le patrimoine public sera inférieur à cette dette publique, la soutenabilité à long terme sera remise en cause. Donc il faut avoir vraiment un patrimoine public pour assurer cette soutenabilité. Donc il y a deux choses pour résumer, parce que c'est un peu technique. Nous n'héritons pas d'une dette, mais d'un patrimoine. Et ce patrimoine est nécessaire pour la soutenabilité à long terme de notre dette publique.
Justement, François Bayrou parle de 50 000 euros de dette. On est très avec 50 000 euros de dette, mais on estime à 300 000 euros de patrimoine par dette. Donc comme quoi, les différences sont assez grandes. Et même Mathieu Pigasse, qui est un chef d'entreprise, a dit que la dette n'était pas un problème. D'ailleurs,
c'est assez intéressant qu'il dise ça, parce que c'est un ancien banquier. C'est un ancien banquier qui était spécialiste de la restructuration des dettes. Et donc, il sait quand une dette, finalement, doit être restructurée ou pas. C'est aussi un businessman. Et vous voyez, là, quand il dit qu'en fait, oui, il n'y a pas de problème de dette, il sait quand même de quoi il parle. On ne peut pas le qualifier de dire c'est un idéologue, c'est quelqu'un qui est dans la théorie, etc. Là, on est quelqu'un qui est vraiment dans la pratique et qui le dit.
BFM a avancé ce sondage, je le cite « dette ». 84% des Français estiment qu'il y a trop de dépenses publiques. Encore une fois, on parle de dette de dépenses publiques, alors c'est un peu différent. Et le diagnostic convainc, c'est ce qu'avance le président de l'Institut de sondage Elam. Qu'est-ce que tu en penses ?
savez, moi, je fais la différence entre deux choses. Il y a des pensées dominantes et il y a des consensus dans les médias. Par exemple, sur les retraites, il y avait un consensus sur le fait que le régime n'est pas tenable à long terme. Ce qui n'est absolument pas le consensus dans le débat économique, mais c'était le consensus dans les médias. Vous avez des consensus sur la dette qui serait un problème et sur la dépense publique qui serait trop élevée. Ça, c'est des consensus. Tout le monde le dit, tout le monde vous le rabâche, quelle que soit la chaîne, qu'elle soit publique, privée ou qu'elle soit une chaîne comme CNews ou une chaîne comme BFM, qui ont des divergences, on va dire, de fond sur l'avenir politique qu'ils envisagent. Tout le monde va vous le dire. Donc il y a une forme de matraquage, matraquage médiatique. Et ce matraquage médiatique, il pénètre les gens. Il faut dire la vérité, il pénètre les gens, surtout les gens qui ne s'y connaissent pas en économie. Donc après un tel matraquage qui a duré plusieurs années, avec un gouvernement en plus qui appuie vraiment sur ce problème, et c'est le cas de Bayrou depuis le début, effectivement les gens estiment que la dépense publique est trop élevée et même les gens ont peur de la dette. Mais ce qui est paradoxal, c'est que dans les sondages, ils veulent aussi un service public plutôt efficient et ils disent qu'ils sont attachés à leur service public. Donc il y a un paradoxe. Et vous voyez pourquoi je vous dis que je fais la... des choses parce que sur les retraites on a eu la même chose et les français sont restés massivement opposés à la réforme des retraites c'est pour ça que moi je cite souvent le fait que une grosse partie des français ne veulent pas de cette réforme des retraites parce que malgré le matraquage ils sont restés opposés donc sur certains points voyez ça ne fonctionne pas mais sur d'autres points beaucoup plus abstrait dans la vie des gens, parce que la retraite, c'est très concret quand on est un salarié. Là, la dépense publique, c'est beaucoup plus abstrait. Il faut avoir une certaine connaissance. Donc là, ça peut pénétrer. Donc on va rappeler les choses. C'est important de rappeler les choses. Qu'est-ce qu'il y a dans la dépense publique ? Vous avez 40% de la dépense publique qui sont les services publics. Les services publics, tout le monde le constate dans sa vie de tous les jours. On a besoin d'investissements, ils sont à l'os. On a besoin d'investissements dans l'éducation, on a besoin d'investissements dans les hôpitaux, on a besoin d'investissements dans un tas de services publics. Ça, tout le monde s'en rend compte. Et l'autre partie des services publics qui a beaucoup augmenté, ce sont les prestations sociales, les retraites, l'assurance chômage, l'assurance maladie. Il y a eu un certain nombre de réformes qui ont été faites. En 15 ans, trois réformes de retraite sur la retraite, avec comme seul but d'économiser. Sur l'assurance chômage, trois réformes, me semble-t-il, ces dernières années, avec comme but d'économiser. Et là, on nous parle beaucoup de la réforme. de l'assurance maladie avec le fait que les plus riches devraient être en partie seulement remboursés des médicaments alors qu'ils cotisent plus que les autres. Ce qui, derrière, je fais une autre petite parenthèse, est en fait une façon de désengager de plus en plus les riches du service public. Parce qu'au bout d'un moment, quand vous cotisez plus que les autres, mais que vous n'êtes pas remboursés, vous dites ça ne sert à rien, je veux plutôt un système privé. Donc c'est une volonté derrière d'affamer la bête. Et de créer
des divisions entre Français
et d'affamer la bête. Les pauvres ne payent pas, ils profitent. Moi, je paye, je ne profite pas. Donc là, il y a une stratégie d'affamer la bête. Donc ça, c'est la dépense publique. Une fois qu'on voit ça... Où est-ce qu'on peut couper ? Il y a eu un certain nombre de choses qui ont été faites et les Français y étaient plutôt opposés, notamment sur la retraite. Donc il faut vraiment dire une chose très claire. La dépense publique, ce n'est pas un niveau qu'on prélève du PIB. Nous l'avons déjà dit ici. C'est un niveau que nous comparons avec le PIB. Ce n'est pas parce qu'il y a 60% de dépense publique ou un peu moins qu'il y a 40% de dépense privée. C'est faux. La dépense privée, l'espace privé en tous les cas en France, est toujours beaucoup plus élevé que le public. Ça, il faut le dire. La deuxième des choses, c'est que la dépense publique, ce n'est... Qu'une seule question qu'il faut se poser quand on parle du niveau, c'est est-ce que l'on veut que ce soit confié au public ou au privé ? Dans les pays où la dépense publique est faible, les assurances privées sont majeures. Quand vous n'avez pas de carte vitale, vous avez des assurances privées. Donc à la fin, ça sort toujours de votre poche. Le problème est que ce qui est public en France est guidé par un principe d'égalité. Vous pouvez être très faible, très fragile dans votre santé, vous serez remboursé. Quand vous prenez les assurances privées, c'est guidé par la recherche de profit. Ce qui peut être différent. C'est-à-dire que si vous êtes plus fragile, vous pouvez faire payer l'assurance plus chère. Si vous êtes en bonne santé, on va vous faire des questionnaires, on va vous faire payer l'assurance moins chère. C'est le principe des assurances, par exemple, de permis de conduire, quand vous êtes un bon conducteur, un mauvais conducteur. Et donc là, il faut vraiment avoir ça en tête. Est-ce qu'on veut un système privé ou public ? Partout où la dépense publique est faible, l'assurance privée est élevée. Chez nous, on fait partie des pays où nous avons les assurances privées. les plus faibles, parce que nous avons une dépense publique qui est élevée. C'est la seule question qu'il faut poser aux Français. Si on l'a posée comme ça, je suis sûr que les résultats du sondage seraient différents.
François Bayrou a évoqué des doublons dans l'administration. Il s'ongerait à couper dans les effectifs. Est-ce que c'est vraiment une piste prioritaire à suivre ?
Ça fait très longtemps qu'on nous parle de doublons. On nous a ressorti des agences qui ne serviraient à rien, parce que suite à Elon Musk, il fallait parler de la suppression des agences. Écoutez, s'il y a des doublons, pourquoi pas ? Mais après, j'aimerais qu'on passe aux travaux pratiques. parce que vous verrez qu'on n'en trouvera pas énormément. On n'en trouvera pas énormément. Les fonctionnaires dans les collectivités toriales n'ont rien à voir avec les fonctionnaires d'État. C'est deux choses complètement différentes. Les fonctionnaires dans les collectivités toriales, c'est plutôt du travail ouvrier. L'entretien des forêts, etc. La propreté de la voirie, etc. Donc, moi, j'attends de voir. Ça, c'est des mots, en fait, encore pour stigmatiser le fonctionnaire. Pour dire qu'il y en a trop, que ça ne sert à rien, etc. Mais après, quand on va chercher, on ne trouve pas 40 milliards là-dessus. Vous allez peut-être faire quelques économies, peut-être, je ne suis pas sûr. Mais moi, je demande qu'on passe aux travaux pratiques pour voir et je pense que tout le monde va être surpris.
Oui, parce que ça montre en fait que tout le projet est politique et idéologique derrière ces besoins d'économies, en fait.
Le problème, c'est que les Français restent quand même attachés à ça. Même s'ils ont peur de la dette de la dépense publique après ce qu'on leur dit, ils restent attachés au modèle social et au service public français. Et ils se disent que la mondialisation, tout ce qui s'est passé ces dernières années, n'a pas encore réussi à le mettre à terre. Ça fait 20 ans qu'on y va fort, mais il y a une nette accélération avec Emmanuel Macron. Et là, avec Bayrou, ça va encore plus loin. Ça va encore plus loin. Alors même que nous l'avons dit souvent ici, rappelons-le, le service public, c'est le patrimoine du pauvre. C'est le patrimoine du pauvre et que le service public en réalité profite à une majorité de Français. Et je pense que si demain on retire la carte vitale... Les Français sont très attachés à la carte vital, mais si demain on la retire, pour un certain nombre de Français, ce serait assez dramatique.
Toujours dans le même thème et dans la même semaine, pour bien rajouter une couche, il y a Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes, qui était agacé, je cite, « Je suis très agacé que pour la 19e année consécutive, les comptes de l'État ne soient pas en mesure d'être certifiés sans des réserves. » L'ancien socialiste a aussi émis son avis pour le prochain budget. Il avance qu'il faut lutter contre la fraude sociale. La fraude fiscale, pas trop, on regarde.
Je suis désolé. Et pour être honnête, franchement, agacé que pour la 19e année consécutive, les comptes de l'État ne soient pas en mesure d'être certifiés sans des réserves très significatives. Notre rapport, intitulé « Acte de certification », mentionne cinq anomalies significatives. C'est-à-dire des points sur lesquels nous estimons que les comptes sont sous-évalués ou surévalués de plusieurs milliards d'euros. Il mentionne également... 11 insuffisances d'éléments probants ou des incertitudes. Ce sont des points sur lesquels nous sommes incapables de réconcilier les chiffres qui figurent dans les comptes avec ce que nous savons par ailleurs des finances de l'État. Il y a donc en tout plusieurs dizaines de milliards d'euros de différence. Alors deux incertitudes ont disparu par rapport à l'opinion de 2023, mais deux nouvelles sont apparues, ça fait toujours 16 questions. J'aimerais vous faire part, mesdames et messieurs les députés, non pas de ma mauvaise humeur, mais de ma très mauvaise humeur, s'agissant des suites, ou plutôt de l'absence systématique de suites qui sont données à l'actualité de certification que nous publions actuellement, annuellement. Les réserves formulées par la Cour ne sauraient être prises à l'algère ou contestées, elles devraient au contraire faire l'objet. de toute l'attention de l'administration pour les faire disparaître. En quelque sorte, là, nous jouons vraiment le rôle de commissaire au compte de l'État et de la Sécurité sociale. Je ne suis pas quelqu'un qui a eu une longue expérience dans le privé, ce n'est pas mon ADN. Mais j'ai quand même suffisamment fréquenté d'entreprises pour imaginer... Une grosse entreprise, et nous sommes une très très grosse entreprise, dans laquelle le commissaire aux comptes refuserait de certifier les comptes. Ça arrive. On le ferait avec des réserves importantes et où les organes de gouvernance de la boîte diraient « on s'en fiche ». C'est bien ce qui se passe là. Ça n'est pas possible.
Alors cet extrait a beaucoup fait parler, surtout quand on connaît les chiffres. On estime entre 80 et 100 milliards d'euros en 2023 la fraude fiscale, donc celle considérée illégale, ne parlons pas des mécanismes légaux. 5 à 7 milliards la fraude aux cotisations sociales, donc les auteurs sont des patrons ou des médecins par exemple. Et entre 2,9 et 3,3 milliards la fraude aux prestations sociales. C'est un peu étonnant de ne pas savoir ces chiffres pour un président de la Cour des comptes, Thomas ? Oui, moi, je
pense qu'il se dit plutôt que c'est plus facile d'aller sur la fraude sociale, parce que c'est toujours plus simple d'attraper quelqu'un qui a l'assure de la fraude sociale que sur de la fraude fiscale ou de l'évasion fiscale, qu'il y a sur des mécanismes très complexes, bien organisés, en haut lieu, qui sont... parfois certes légales, dans l'optimisation fiscale, mais qui sont souvent, moi je pense, dans des zones grises, c'est-à-dire à la limite entre la légalité et l'illégalité. Et vraiment, il faut voir dans certains cas, moi je pense qu'il doit y avoir de l'abus de règles de droit, c'est-à-dire qu'il y a des règles parfois, mais vous abusez, et il faut vous justifier pourquoi vous faites ça, et c'est plus compliqué. C'est plus compliqué, ça demande effectivement plus de ressources techniques, mais il y a beaucoup plus d'argent à en tirer. Et je veux dire, à un moment, il faut en finir parce que ces grandes entreprises qui ont parfois des taux qui peuvent être... Quand on regarde parfois certains taux d'imposition qui peuvent être progressifs ou des taux d'IS qui sont fixés, pour beaucoup, ce sont des taux théoriques. C'est-à-dire que dans la pratique, on peut échapper à ces taux qui restent théoriques. Et on arrive dans une société où les grands échappent à l'impôt et les petits payent l'impôt. Donc vous avez un problème après de consentement à l'impôt et même de justice fiscale. Donc c'est très important de traiter l'eau. Il y a plus d'argent. Et puis c'est une question de justice fiscale et de consentement à l'impôt pour le reste de la société. Mais c'est beaucoup plus dur que d'aller chercher quelqu'un qui aurait fait de la fraude sociale.
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