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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Mesdames et messieurs les parlementaires, président de commission en particulier, mesdames et messieurs les représentants des partenaires sociaux, et mesdames et messieurs les représentants des associations d'élus locaux, et mesdames et messieurs. Il est des rendez-vous cruciaux dans l'agenda politique du gouvernement, il est des heures de vérité décisives, et celle-ci en est une. Je le disais dès le discours de politique générale, les circonstances dans lesquelles ce gouvernement a été formé sont exceptionnelles, je veux dire exceptionnellement exigeantes, exceptionnellement difficiles. Et c'est une raison de plus pour ressaisir les énergies et affronter les obstacles. Car, à nos yeux, c'est de cette confrontation, de cette seule confrontation entre le réel, incommode qu'il soit, et notre volonté, notre ambition pour la nation, c'est de cette seule confrontation que pourront naître les orientations d'avenir pour le pays. Je ne m'étendrai pas sur le labyrinthe des difficultés politiques. Le jour de la formation du gouvernement, le 23 décembre, il y a à peine trois mois et demi, nous n'avions pas de majorité. Le gouvernement de Michel Barnier avait été renversé. Nous n'avions pas de budget pour l'action publique. Nous avions encore moins de budget pour l'action sociale. Et 84% des Français jugeaient que le gouvernement ne passerait pas le moins. Nous avions devant nous un parcours d'obstacles sans précédent, chacune des forces politiques présentant ces lignes rouges comme autant de menaces braquées sur toutes avancées. Nous avons dû en cinq semaines surmonter six motions de censure pour parvenir à faire adopter les deux budgets vitaux pour notre action, pour la capacité de la France, pour notre crédibilité comme nation et comme État. Nous avons ensuite fait adopter des textes importants, comme la loi d'orientation agricole, la loi d'urgence pour Mayotte, la loi sur le narcotrafic, en tout 21 textes différents. Mais pendant ces quelques semaines, l'ouragan en marche sur la planète depuis 24 février 2022, de l'agression contre l'Ukraine indépendante et souveraine, De la Russie de Vladimir Poutine, l'une des armées les plus puissantes de la planète, cet ouragan s'est dramatiquement aggravé. La guerre ne s'est pas calmée, les exactions ont continué, la mort a frappé des milliers de civils et de militaires supplémentaires. À ses confins orientaux, l'Europe se sent menacée dans son intégrité. Mais surtout, comme si la guerre ne suffisait pas, un tsunami de déstabilisation est venu chambouler la planète. Ce tsunami est d'abord stratégique. Le monde ébahi a vécu en direct un renversement des alliances que nul ne pouvait imaginer. C'était comme dans une série télévisée, en direct du bureau ovale de la Maison Blanche. Le président des États-Unis a intimé l'ordre à son allié agressé, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, d'avoir à se rendre sans délai aux exigences de son agresseur, c'est-à-dire à renoncer à la liberté et à la souveraineté de son pays sous la menace de se voir privé de toute aide militaire. Abandon et intimidation entre alliés. Les États-Unis étaient jusqu'à ce jour le pays pivot de l'Alliance des Nations Libres. Il était le pays qui accueille sur son sol le siège des Nations Unies, était la première économie du monde, membre essentiel du Conseil de sécurité, garant du droit entre les nations, et que cette nation et cette puissance... un des socles de l'ordre mondial, puisse en un instant passer du côté des agresseurs, alors pour le monde qu'on disait libre, c'est un coup de théâtre, un coup de semence qui ruine notre vision fondamentale du monde. Jusque-là, l'Occident, au sens le plus large du terme, le continent européen et le continent américain, Du Canada à deux grands pans de l'Amérique latine et leurs alliés en Asie, le Japon, la Corée du Sud, tous, aussi différents qu'ils puissent être, étaient réunis autour de l'idée fondatrice des libertés et du droit. Et à leur tête, croyaient-ils, marchaient les États-Unis d'Amérique. C'est cette vision du monde qui s'est trouvée ruinée en un instant, dans l'espace de quelques semaines à peine. Et comme si cela ne suffisait pas, ce tremblement de terre, suivi de tant de dégâts géopolitiques et moraux, s'est doublé d'une réplique de terrible puissance, celle-là dans le domaine de l'économie, des échanges et du commerce. Le président des États-Unis a déclenché un cyclone dont les conséquences ne cesseront pas de si tôt. En donnant le signal de départ d'une guerre commerciale planétaire sans avertissement du jour au lendemain, frappant d'inimaginables droits de douane, d'abord ses concurrents chinois, et très vite ses plus proches alliés, les obligeant à des mesures de rétorsion en elles-mêmes dangereuses, avant que se multiplient les volte-faces imprévisibles, les allers et les retours, ce cyclone, en quelques jours, a jeté à bas le cadre même, les fondations et la charpente de notre vie économique mondiale. Les conséquences de cet épisode seront nécessairement de long terme, car, comme vous le savez, l'économie fonctionne sur deux principes, tous les deux atteints par la décision du président des États-Unis. La confiance dans un certain nombre de règles intangibles connues de tous et l'idée que le progrès économique traverse les frontières pour le mieux-être de tous, consommateurs et producteurs. Si ces deux principes sont respectés, l'avenir est relativement lisible, on peut anticiper, investir, prendre des risques. C'est cela qui s'est effondré et la confiance qui considère que l'avenir est relativement garanti. Cette confiance, une fois jetée à terre par le cyclone, ne se reconstruit pas d'un claquement de doigts. Voilà le paysage désormais. Voilà le paysage tourmenté dans lequel se dresse la montagne de difficultés que notre pays doit affronter et à laquelle se heurtent les responsables politiques, majorité après majorité, alternance après alternance, gouvernement après gouvernement, sans semble-t-il jamais trouver de réponse. Notre conviction, celle qui justifie la réunion de ce matin, est que seule une prise de conscience de nos concitoyens Seule la confrontation, les yeux ouverts, avec la vérité de notre situation peut soutenir une action déterminée. Rien ne serait possible sans leur soutien et leur soutien ne viendra que de leur pleine information. Lénine et Trotsky, que je ne cite pas tous les jours, le disaient déjà avec la même formule. Seule la vérité est révolutionnaire. Et quelqu'un dont je suis plus proche, Pierre Madès France, qui s'adressant aux parlementaires en 1953, leur disait de la même manière ceci « Parler le langage de la vérité, c'est le propre des véritables optimistes. Et je suis optimiste, moi qui pense que ce pays accepte la vérité, qu'il est prêt à prendre la résolution inflexible de guérir, et qu'alors il guérira. » C'est l'objet de cette rencontre. Mesurer la gravité de la situation en écartant comme nos pires ennemis la peur et la tentation du découragement. Ce temps de constat, loin d'être un frein à l'action, est donc dans mon esprit le temps de la mobilisation. Alors si l'on veut prendre la mesure de la situation de notre pays telle que la ressentent les Français eux-mêmes, la première considération est celle du manque de moyens financiers auxquels nous sommes exposés tant pour l'action publique que pour la vie personnelle. Pas assez de moyens pour les services publics, pas assez de ressources pour la vie personnelle ou la vie du foyer. La question qui se pose à nous est celle-ci, y a-t-il une explication certaine et que nous pourrions partager sur la réalité de cette situation ? Et notre réponse est oui. La première explication est simple et pourtant trop souvent ignorée. Nous n'avons pas assez de ressources parce que notre pays ne produit pas assez. Nous manquons de ressources parce que nous ne produisons pas assez pour les créer. Si l'on veut mesurer ce déséquilibre, il est facile, vous l'avez sur vos écrans, il est facile de regarder la différence de production par habitant entre notre pays et ses principaux voisins de même niveau de développement. La ligne bleue, qui est désormais en bas de l'écran, c'est la production française. Et vous avez au-dessus... toutes les autres productions qui sont nos principaux partenaires et nos principaux voisins. En rouge, c'est l'Allemagne. En vert, c'est l'Italie. Et tout en haut de la courbe, il y a les Pays-Bas et les États-Unis. Et vous voyez qu'au travers du temps, la différence s'agrandit, s'accuse. Le produit intérieur par habitant est inférieur en France à celui de l'Allemagne de 10 à 15% selon les années. Produit intérieur par habitant. Il est inférieur à celui des Pays-Bas de presque 25%. Il est inférieur à celui des États-Unis de 30%. Si notre production par habitant était dans la même gamme que celle de nos voisins européens, nous n'aurions pas de déficit budgétaire et nos concitoyens qui gagnent quelques 2 000 euros par mois approcheraient les 2 500 euros et cela changerait notre vie et la leur. Nous ne produisons pas assez et il n'y a aucune raison acceptable pour un tel retard. Il suffit d'examiner les résultats de notre commerce extérieur, qui va s'afficher maintenant sur vos écrans. En rouge, et vous voyez que c'est tous les ans de l'excédent, c'est l'Allemagne. En vert, devenu excédentaire, c'est nos voisins et amis italiens. C'est nos voisins et amis espagnols. Et en bleu, constamment déficitaire depuis au moins un quart de siècle, c'est la France. Nous sommes le seul pays de notre niveau dans l'Union européenne qui accumule un tel déficit commercial. En l'an 2000, la France avait un solde commercial équilibré. Et nous avons aujourd'hui un déficit commercial qui s'élève à 100 milliards par an. Naturellement, sur ces 100 milliards, 40 nous sont imposés parce que c'est notre déficit sur le poste des hydrocarbures, le gaz et le pétrole. Mais bien d'autres postes sont améliorables. Il est impératif de réduire nos dépendances agricoles, industrielles, intellectuelles, soit en produisant davantage ce que nous achetons, soit en modifiant nos modes de consommation. Par exemple, grand domaine d'action, le domaine de la décarbonation de nos usages, l'électrification, qui doit par exemple nous aider à réduire notre dépendance aux hydrocarbures importés. Le commerce extérieur, vous le voyez, offre de la crise de notre appareil productif une photographie cruelle. Et cette situation est d'autant plus paradoxale et d'autant plus insupportable que nous avons toutes les capacités de produire les réussites les plus exigeantes. Nous savons produire des fusées, des satellites, les meilleurs avions du monde, les hélicoptères, des navires, des sous-marins, des centrales nucléaires, des voitures de qualité, des trains remarquables. Nous avons des chercheurs et des entreprises de pointe dans le secteur de l'intelligence artificielle, des logiciels, de l'algorithmique, de la robotique, dans le domaine chimique ou pharmaceutique. Nous sommes leaders dans nombre de productions agricoles que le monde nous envie, les grands vins, les champagnes, les cognacs, les armagnacs, les spiritueux en général. Dans tous ces domaines de la production, nous maîtrisons le haut de la pyramide. Ce qui est le plus difficile, ce qui est inatteignable. Et nous sommes presque totalement absents de la base des produits industriels et agricoles que consomment les Français. La politique de retour de la production et de réindustrialisation, si l'on veut s'y engager avec l'énergie nécessaire, doit devenir une obsession pour notre nation tout entière et un principe d'organisation de notre économie. Et nous avons besoin, je ne sais pas si j'ai besoin de le rappeler, d'une Europe unie et puissante pour garantir que les conditions de production et de commerce seront un jour équitables, pour écarter le dumping systématique qui constitue une menace létale. Car si nous étions seuls dans le monde de ces puissances sans scrupules, nous serions réduits à la dernière impuissance. Nous sommes aussi avec nos productions une puissance exportatrice et l'on voit comme les dernières crispations sont pour nous menaçantes. Parmi les domaines qui commentent la production, il y a le travail. Une nouvelle courbe s'affiche. sur vos écrans. Le travail n'est pas pour nous seulement un facteur de production. Il est aussi et autant facteur d'équilibre et d'épanouissement personnel. Mais du point de vue de la société, l'exclusion du travail est un malheur. Et cette exclusion, si vous regardez bien la courbe et la courbe bleue, cette exclusion, elle se concentre sur les plus jeunes, sur les juniors, et sur les plus âgés du monde du travail, sur les seniors. Les jeunes Français... son travail beaucoup moins, le taux d'emploi des jeunes français est beaucoup plus faible que chez nos voisins européens, et le taux d'emploi des seniors est aussi plus faible que chez nos voisins européens. C'est l'explication brute du taux d'emploi qui est faible chez les travailleurs français. Voilà la première série d'explications. Nous ne produisons pas assez et nous ne travaillons pas assez. La deuxième grande série d'explications de nos difficultés est que nous n'avons pas assez de ressources parce que c'est en bleu la courbe de nos recettes et en vert la courbe des dépenses du pays. Et l'espace entre les deux, assuré, c'est la croissance constante du déficit du pays. Nous sommes le pays du monde qui dépense le plus d'argent public, 57% de notre produit intérieur contre 50% de recettes. Entre les deux, c'est le déficit. Et pourtant, la France est loin d'être au sommet du classement des pays de l'OCDE pour le niveau de vie. Nous ne sommes que 16e. pour le PIB par tête en 2022, pour le taux de chômage, nous sommes en 30e position, pour les inégalités, nous sommes en 12e position. Or, une politique de rééquilibrage des dépenses publiques, politique à nos yeux nécessaire, est possible, comme le montrent les comparaisons internationales. Beaucoup de pays plus développés que nous, du point de vue de l'épanouissement de leurs citoyens, de l'éducation, de la santé, ont fortement réduit leurs dépenses publiques lorsqu'elles ont été menacées de déséquilibre. Le Canada... La Suède, les Pays-Bas, qui ne sont pas réputés pour être des pays où les citoyens sont abandonnés, ont réussi à les maîtriser alors qu'elle ne cessait d'augmenter chez nous. Et ce qui est frappant, ce qui est terrible, c'est que les habitants de ces pays où les efforts de rééquilibrage ont été conduits sont précisément ceux qui se déclarent les plus heureux dans les comparaisons internationales. Alors que 64% des Français dans un sondage récent s'affirment pessimistes pour leur propre avenir et que 84% d'entre eux, même 87% dans certaines enquêtes, s'affirment pessimistes. pour l'avenir du pays et notamment l'avenir économique du pays. Dépenses publiques, efficacité à laquelle nos concitoyens devraient avoir droit. Pour parler simplement, ils n'en ont pas pour leur argent. Alors comment rééquilibrer ? Deux solutions de facilité, à mon avis, doivent être écartées. Elles ne peuvent plus être choisies parce qu'elles sont intenables. La première solution serait de penser que si l'État n'a plus d'argent dans ses caisses, il suffit d'augmenter les prélèvements. C'est un raisonnement qui paraît simple, mais qui est intenable, car la France est déjà le pays qui détient le taux de prélèvement obligatoire d'impôts et de taxes de toute nature le plus élevé dans le monde. En 2024, le taux de prélèvement obligatoire s'établit à près de 43% du produit intérieur. Les prélèvements en Allemagne sont autour de 6 points de moins. Et si nous choisissions de continuer à augmenter ces prélèvements, c'est notre pays qui au bout du compte en souffrirait parce que c'est devenu une loi presque universelle. Plus l'impôt est lourd, plus les contribuables se dérobent et moins les investisseurs s'engagent. La deuxième solution de facilité serait d'emprunter. Et c'est ce que nous faisons depuis des décennies. Nous nous trouvons aujourd'hui au bord d'une situation de surendettement. La comparaison avec notre voisin allemand est à cet égard très frappante. Vous avez la courbe sous les yeux. Elle part des années 2000 et l'endettement de la France et l'endettement de l'Allemagne sont au même niveau et même légèrement supérieur pour l'endettement de l'Allemagne qui a vécu dix ans avant sa réunification. Nous avions à cette époque une dette du même niveau de l'ordre de 60% du produit intérieur. Et puis les trajectoires ont gravement divergé il y a 25 ans. Ce qui veut dire que toutes les majorités, sensibilité politique ou presque, en tout cas ayant exercé le gouvernement, ont leur part dans l'évolution de cette courbe qui est quasiment ininterrompue. Aujourd'hui, la dette de l'Allemagne se trouve toujours à ce niveau de 60% du PIB, même si on peut penser qu'avec la formation du gouvernement et les annonces qui ont été faites, elle va largement augmenter. Mais il se trouve toujours au niveau de 60% du PIB, alors qu'en France, elle a dépassé 110%, 3 300 milliards d'euros exactement. Alors qu'est-ce que c'est 3 300 milliards d'euros ? C'est plus d'une année de la totalité de ce que le pays a produit dans toutes ses activités agricoles, industrielles, intellectuelles, dans la santé, dans le soin. Et c'est une situation d'endettement telle que c'est comme si chaque Français, de celui qui vient de naître à celui qui est très avancé en âge, quel que soit son âge. devait à sa banque près de 50 000 euros, 200 000 euros pour une famille de quatre personnes. C'est ça l'endettement que nous avons laissé s'accumuler au travers du temps. J'ai l'impression de revivre des combats anciens. Or, plus notre dette s'accroît dans un contexte où les taux d'intérêt progressent, plus le remboursement de cette dette pèse dans notre budget annuel. Notre dette pèse de plus en plus lourd dans le budget, ce qui fait que toutes nos marges de manœuvre, notre capacité d'action ne cesse de se réduire. La charge de la dette, c'est-à-dire l'ensemble des dépenses des administrations publiques consacrées au paiement des intérêts de cette dette, est cette année de 62 milliards, c'est-à-dire d'ores et déjà similaire au montant des crédits consacrés à notre défense. qui est de 62 milliards exactement, ou à l'éducation hors pension de retraite, qui est de 63 milliards. Et c'est la balance que vous avez sous les yeux, 63 milliards pour l'éducation, 62 milliards pour la charge de la dette. Or, ce budget, cette charge de la dette, est partie presque inexorablement pour atteindre 100 milliards d'euros en 2029. Dans trois ou quatre ans. Et bien pour nous, cette fatalité du surendettement est inacceptable, non pas parce qu'elle ne serait pas agréable ou tolérable, mais au sens plein du mot. Elle est inacceptable parce que nous ne pourrons pas en supporter durablement la charge. À l'heure où le contexte géopolitique devrait nous obliger à investir dans notre défense ou dans notre recherche, nous ne pouvons pas nous saigner aux quatre veines chaque année pour rembourser nos dettes passées plutôt que de préparer l'avenir. Une telle situation menace gravement notre indépendance. Il suffit de songer que tout abaissement de la notation... de la dette de la France par les agences dont vous connaissez maintenant tous le nom Standard & Poor's, Moody's, Fitch, tout abaissement de la note de la France entraînerait une augmentation des taux d'intérêt et donc une augmentation plus forte encore de la charge de remboursement que cette dette impose au pays. C'est un cercle vicieux. C'est un piège dangereux, potentiellement irréversible, qu'il convient d'identifier et dont nous devons partager la connaissance avec les Français. Ce risque est politiquement insoutenable, mais plus profondément encore à mes yeux, il est moralement inacceptable. Quand on parle de morale en politique, on juge souvent les conséquences présentes des actions menées par les responsables politiques, mais on devrait aussi juger les conséquences futures de leurs actions. Car la responsabilité de toute femme ou de tout homme politique s'étend aux générations à venir. La question devant nous est très simple, voulons-nous leur transmettre un héritage grevé de dette ? Il y a une grande différence dans le statut de l'héritage personnel et le statut de l'héritage d'une nation. Quand vous héritez à titre personnel d'un patrimoine trop endetté, vous avez toujours la possibilité d'y renoncer. C'est la loi qui régit les héritages familiaux. Mais l'héritage national, il n'est pas récusable. Les salariés d'aujourd'hui qui sont en première ligne dans cette charge de la dette, pas plus que nos enfants ou nos petits-enfants, n'auront aucune possibilité de refuser la charge que la nation leur aura laissée. Et il est moralement insoutenable de faire supporter aux générations de travailleurs actuels et futurs nos dépenses de tous les jours. Je dis souvent que si cette réalité était dans la conscience de nos concitoyens, les plus jeunes des Français seraient dans la rue pour manifester contre les responsables qui leur laissent une charge aussi lourde et qui grèvera leur action dans les décennies qui viennent. Et pourtant, il y a une bonne dette. À côté d'une mauvaise, la dette légitime et utile, c'est celle qui permet de financer des investissements porteurs d'avenir, des écoles, des universités, des voies de chemin de fer. Mais ce n'est pas cette dette que nous avons privilégiée. Nous aurions dû investir dans la recherche et dans l'innovation. Nous avons préféré la dette de facilité, qui finance le train de vie quotidien, nos feuilles de maladie d'aujourd'hui, les déficits de fonctionnement et les dépenses courantes. Si nous avons les yeux ouverts, alors nous devons constater qu'en fait, nous n'avons pas le choix et que nous devons agir. Nous devons agir avec résolution. mais aussi dans le respect de ce que nous sommes, de notre modèle social et de notre République décentralisée. Nous devons agir pour garantir la survie de notre modèle social, modèle unique de solidarité qui se décline aussi bien dans le domaine de l'éducation, de la santé ou de l'emploi. Notre modèle social, c'est une part de notre identité française. Chaque Français sait, c'est un modèle unique au monde, qu'il peut compter sur ses concitoyens, sur ses voisins au sens large, pour faire face aux accidents de la vie. Enfants, adolescents, actifs, retraités, chômeurs, à tout âge de la vie, la solidarité nationale s'exerce. Et elle s'exprime dans tous les champs de la vie, dans la sphère familiale aussi bien que dans la sphère professionnelle. C'est notre modèle de société qui est inséparable de notre modèle national depuis le Conseil national de la résistance. Mais nous savons aussi que notre système... doit connaître des évolutions, doit accepter des évolutions et même des révolutions afin d'affronter le plus grave des défis à venir, le défi démographique. L'effondrement de la natalité, le vieillissement de notre population nous obligeront à ajuster et même à réinventer notre système de protection collective qui repose en fait sur... Une nécessité, une pyramide des âges équilibrés, afin de garantir la pérennité et la générosité de notre contrat social. Et nous devons également agir en restant fidèles à notre organisation décentralisée, en préservant l'autonomie des collectivités locales. Ce sont elles qui portent une grande part de l'investissement de notre pays. Beaucoup plus que l'État. 70% de l'investissement en France est porté par les collectivités locales. Le bâtiment, les travaux publics, l'équipement de nos villes, l'implantation d'entreprises, le soutien aux associations. Sans la présence active des collectivités, tous ces secteurs d'activité, tous ces secteurs essentiels de notre tissu social et économique ne pourraient résister. Et elle se révèle, ces collectivités, d'autant plus indispensables aujourd'hui que de très nombreux enjeux sont territoriaux. Je pense à la santé notamment, à la question urgente des déserts médicaux sur lesquels le gouvernement travaille pour apporter, avant la fin avril, des réponses efficaces, immédiates et concrètes. Je pourrais aussi citer, bien sûr, le logement ou les transports. Et tous ces secteurs d'activité sont en réalité les lignes de bataille de la défense du premier terme de notre devise nationale, l'égalité, mais aussi du troisième, la fraternité, car c'est la cohésion nationale qui est en jeu. C'est dans ce cadre, en prenant appui sur la prise de conscience des citoyens de la réalité de la situation du pays, que le gouvernement choisit les quatre orientations de son action, qui seront, pour reprendre l'image de l'Himalaya, quatre voies d'ascension. Premièrement, notre indépendance en matière de sécurité et de défense. Nous ne pouvons pas être pris en défaut du point de vue de notre sécurité, devant le gigantesque effort d'armement de la Russie. le gigantesque effort d'armement de la Chine, le pas de côté des États-Unis, doté de la première armée au monde, mais ne considérant plus que l'Europe soit pour l'avenir leur priorité de défense, l'Union européenne a le devoir impérieux de construire une défense autonome. Cette défense autonome doit être le résultat d'un immense effort partagé. nécessaire de la part des autres pays européens, qui étaient sans doute moins habitués que nous ne le sommes, et d'abord de nos partenaires allemands qui se sont engagés résolument dans cette voie avec la formation de leur nouveau gouvernement, mais aussi d'un effort français renforcé. Le gouvernement affirme donc ses choix pour répondre à l'effort nécessaire. Respectez les engagements pris dans le cadre de la loi de programmation. 50,4 milliards cette année. Prendre notre part de la remise à niveau en tenant compte des efforts que la France a déjà consentis, par exemple pour notre force de dissuasion. Ce qui signifiera sans doute un effort de quelques 3 milliards supplémentaires l'année prochaine. être présent au rendez-vous de la garantie de sécurité de nos alliés ukrainiens si un accord équilibré venait à être signé, ce qui, je vous l'accorde, est loin d'être garanti. Cette question de la sécurité collective est un défi. Notre continent tout entier, à la seule exception de la France, s'en était remis pour sa sécurité aux États-Unis, les yeux fermés. Nous savons aujourd'hui ce qu'il en est et combien les avertissements du général de Gaulle sur le « tout peut arriver » étaient fondés. Il est de notre responsabilité de faire face, comme dans l'histoire. La France, hélas, n'a pas su le faire à temps dans les années 30. Et comme au contraire, elle l'assuma dans les années 60. A chaque génération son rendez-vous d'indépendance et de sécurité pour notre pays, mais cette fois l'échelle est celle de l'Union européenne tout entière. Deuxième choix, le refus du surendettement. La trajectoire budgétaire définie pour 2025 et 2026, un peu théoriquement, doit être maintenue. en gardant l'objectif d'un retour au 3% de déficit en 2029. Contrairement à ce que l'on a beaucoup entendu dire, ce chiffre des 3% n'est pas un chiffre au doigt mouillé. 3% de déficit, c'est le seuil en deçà duquel la dette n'augmente plus. J'avoue qu'on pourrait trouver des centièmes ou des dixièmes de différence entre 3 et 2,6 ou 2,7. Mais 3%, c'est un seuil d'indépendance. Or, nous avons déjà réussi à baisser nos déficits dans des domaines cruciaux. Le tableau que vous avez sous les yeux, c'est la baisse des dépenses sociales dans les années de 2017 à 2019. Et si vous regardez bien, nous étions remontés des profondeurs pour repasser la barre des 3% de déficit et se rapprocher de l'équilibre. Vous avez cela, c'est le bâton le plus court avant la plongée du Covid. Et la succession des crises... Celle que nous évoquons, la crise sociale des Gilets jaunes, la crise sanitaire du Covid, la crise géopolitique liée à la guerre d'Ukraine et la crise de confiance stratégique, industrielle et commerciale dans laquelle nous sommes plongés aujourd'hui, tout cela nous a fait perdre pied et nous devons nous rétablir. Troisième choix, la refondation de l'action publique. Nous ne pouvons pas accepter que la France soit le pays où l'on dépense le plus d'argent public, où l'on prélève le plus d'impôts et de taxes diverses et de cotisations, et que pourtant les Français s'accordent unanimement à constater que l'action publique ne marche pas. Pour beaucoup d'entre eux, la frontière entre action et inaction publique est devenue trouble. Le gouvernement a donc engagé une véritable remise à plat des missions et des budgets de nos administrations. Le 21 février dernier... J'ai réuni tous les ministres, tous les directeurs d'administration centrale, des représentants des préfets, de régions et de départements, et nous avons lancé la première étape de cette refondation de l'action publique, demander à chaque administration une formulation claire des missions dont elle a la charge, afin que puisse être vérifiée la pertinence de ces missions et identifier les doublons et les redondances. L'étape suivante sera celle de l'évaluation, de l'exécution de ces missions, et c'est pourquoi j'ai décidé de transmettre ce document, des missions de l'État définies par l'État, de transmettre ce document pour appréciation aux commissions parlementaires. Enfin, quatrième choix, les trois premiers ne seront pas suivis des faits si nous ne garantissons pas la vitalité économique de notre pays. La bonne santé de notre société passe par des choix politiques qui encouragent et aident l'activité économique pour que la France soit une terre attractive d'investissements, d'emplois, tournés vers l'innovation et la production. Depuis 2017, notre pays a réussi à retrouver un élan. Nous avions perdu en 20 ans 900 000 emplois industriels. 130 000 ont été recréés les dernières années. Notre industrie a su se renouveler et s'emparer des sujets d'avenir en prenant en compte les défis écologiques. Cela passe par l'innovation et nous avons vérifié la semaine dernière que dans le cadre du programme d'investissement France 2030, 15 milliards allaient pouvoir financer les projets innovants. Cela passe par la simplification. Ni l'administration, ni la bureaucratie, ni les normes ne devraient constituer des obstacles à l'initiative économique. Ce travail de levée d'obstacles, nous allons le conduire avec les intéressés eux-mêmes. Entreprises, artisans, familles. Cela passe aussi par la formation au métier d'avenir et l'acquisition et le renforcement des compétences. Je sais très bien que le contexte actuel est difficile pour de nombreuses entreprises, de nombreux sites, de nombreux emplois. Nous vérifions tous les jours que le protectionnisme américain risque de nous faire perdre des débouchés. Il les fait aussi perdre à la Chine, qui dès lors risque de se réorienter avec... puissance, parfois agressivité, vers le marché européen. Sans parler des prix de l'énergie qui sont nettement plus élevés chez nous que sur d'autres continents. La question première... et celle de la reconstitution de notre base productive, du redressement de nos productions, industrie, énergie, agriculture, j'ajoute création intellectuelle, filière par filière, et c'est un défi de plus en plus difficile à relever sans doute, mais de plus en plus nécessaire. J'ai la conviction. que la démocratie sociale doit prendre sa part dans la résolution de ses problèmes. L'exigence de redressement du pays doit se faire avec un sentiment de justice, qui garantisse l'adhésion de tous. C'est toute notre société qui doit participer aux mouvements nécessaires pour regagner notre indépendance et notre souveraineté. 'exercice de vérité que nous faisons ce matin ensemble est essentiel, ou devrais-je dire les preuves de vérité tant les constats dressés ? nous font prendre conscience des déséquilibres que notre pays traîne depuis des décennies. Ces constats et ces déséquilibres, ils sont objectifs. Aucun des éléments que nous avons partagés, aucun des chiffres avancés n'est une opinion ou une interprétation. Ils sont des faits. Tous sont officiels et contrôlables. Ils sont le constat de notre situation même. C'est pourquoi nous abordons ce constat et nous exprimons cette détermination avec, je vous l'assure, humilité. Nous avons une conscience aiguë de la difficulté de la situation, mais il serait lâche et irresponsable de fermer les yeux, de pousser la poussière sous le tapis, de faire semblant. Ce n'est pas notre choix. J'ajoute donc qu'aucun gouvernement, ni le nôtre, ni ceux qui viendront après nous, ne pourra éluder cette question. C'est de la survie de notre pays qu'il s'agit, de son indépendance, de sa liberté, de son équilibre et de sa paix civile. Et c'est pourquoi, c'est à quoi, mesdames et messieurs, nous avons décidé de ne pas manquer. Enfin, une dernière conviction. Tous ces défis, sans exception, nous pouvons les relever. Les capacités de notre nation, elles sont plus puissantes qu'aucune de celles des pays qui nous entourent et qui sont nos partenaires. Il y a des continents d'énergie qui ne demandent qu'à s'exprimer. Il suffit que nous les libérions et que nous nous libérions des pesanteurs et des entraves qui nous emprisonnent. C'est ce mouvement de libération que nous avons entrepris ensemble ce matin. Un mot enfin du calendrier. Ce que nous avons ce matin pris ensemble, c'est... les éléments d'un diagnostic sur la sécurité du pays. Ce diagnostic doit nous permettre dans les semaines et les mois qui viennent de proposer des orientations et des solutions sur lesquelles naturellement nous serons jugés. Vous connaissez le calendrier habituel de la préparation des budgets. Le calendrier habituel, c'est septembre. C'est en septembre que sont révélées les exigences, parfois les obstacles et les difficultés que l'examen du budget à l'Assemblée nationale et au Sénat va permettre de mettre en évidence. Nous avons décidé d'aller plus vite, de prendre les devants, de choisir un calendrier beaucoup plus ambitieux et beaucoup plus exigeant. Ce calendrier va permettre de rassembler toutes les contributions. toutes les suggestions, toutes les consultations pendant quelques semaines autour de l'avenir et des choix que nous allons devoir faire. Notre but, c'est que ces grandes orientations et ces grands choix soient proposés avant les vacances, avant le 14 juillet. que nous ayons pu auparavant réunir tous ceux qui doivent prendre leur part, que les travaux engagés se poursuivent et que nous puissions avoir une vision plus juste et plus nette des... des solutions, des possibilités, des opportunités, comme on dit en mauvais français, qui se présenteront devant nous. C'est un travail tout à fait considérable, mais c'est un travail dont nous considérons qu'il est, pour notre pays, au sens propre, vital. Je vous remercie. La parole est au ministre de l'Économie. Merci, monsieur le Premier ministre. Chacun des ministres qui va s'exprimer va illustrer dans son domaine défis que nous avons traités.
Effectivement, pour faire face aux défis qui ont été précisés par le Premier ministre, il y a plusieurs nécessités. Tenir nos dépenses publiques, et la ministre des Comptes publics y reviendra dans un instant. Et puis aussi rétablir la compétitivité de notre économie. Parce qu'une des raisons de la perte de notre indépendance, c'est que nous avons perdu en compétitivité par rapport à nos concurrents. et par rapport à nos grands concurrents internationaux. Et cette compétitivité, elle est essentielle parce que le Premier ministre l'a bien montré, une des solutions aux difficultés budgétaires qui sont les nôtres, c'est qu'il y ait plus de Françaises et de Français au travail chez les jeunes qui ont du mal à trouver un emploi, chez les seniors. Et puis la lutte contre le chômage, nous avons réussi à baisser le chômage à un niveau historiquement bas. Il faut naturellement continuer. L'élément de compétitivité, c'est important pour l'ensemble de nos entreprises et c'est pour cela que nous ne souhaitons pas, malgré les demandes qui sont faites ici et là, augmenter ni les impôts ni les charges des entreprises. Ce sont nos entreprises qui sont au cœur de la compétitivité et je veux notamment parler de nos entreprises industrielles qui sont au cœur... de la puissance économique d'un pays. Et c'est bien la baisse de notre industrie qui est une des raisons de notre déclassement. On voit sur cette planche que dans notre production, la part de l'industrie est passée de 16 à 12 % quand l'Allemagne, avec sa rigueur, avec ses priorités, s'est maintenue au-dessus de 20 %. Pourquoi l'industrie c'est important ? L'industrie c'est un point essentiel dans la souveraineté et on l'a bien vu dans la bataille commerciale qui s'engage avec les États-Unis, combien c'est important que nous aidions en France et en Europe les filières nécessaires. C'est important pour l'emploi, l'industrie offre des emplois de qualité, permet des carrières. L'industrie c'est aussi essentiel dans le verdissement de notre économie. Le verdissement de notre économie va passer par le rapatriement des filières de production. On a le droit à la créativité. Voilà, c'est une innovation. Par le rapatriement des filières de production afin, précisément, que la décarbonation se fasse. Et au lieu d'importants des produits faits avec de l'énergie carbonée hors d'Europe, on ait des productions décarbonées chez nous. Et puis la compétitivité, c'est aussi essentiel parce que... On est aujourd'hui très frappés par la bataille qui s'ouvre avec les États-Unis sur les droits de douane et puis la compétition avec la Chine. Mais en réalité, qui sont nos premiers clients ? C'est les pays européens. Nous traitons d'abord avec nos partenaires européens et pour cela, les éléments de compétitivité sont essentiels. Pourquoi et comment améliorer cette compétitivité ? Et c'est le transparent suivant. Cela passe par une amélioration de notre productivité. Et on voit là la représentation en matière de productivité des difficultés budgétaires que le Premier ministre présentait tout à l'heure. Et on voit bien qu'après le Covid, nous avons décroché dans le déficit. Nous n'avons pas rétabli nos comptes publics. Et nous avons aussi décroché en compétitivité. Vous voyez les États-Unis en haut. C'est une des raisons des bons résultats économiques américains qui sont en train d'être mis en danger par la politique en cours. Et le décrochage de la France... y compris par rapport à la zone euro. D'où l'importance de l'agenda que nous portons, qui est aussi un agenda de formation. La formation des jeunes est un élément clé de la compétitivité, un agenda d'innovation. Nous devons continuer à innover et les progrès qui sont faits dans le domaine de l'intelligence artificielle montrent bien que dans les domaines les plus avancés de la technique et du progrès, nous pouvons être parmi les mieux placés dans le monde et continuer à investir afin de rétablir notre situation. vis-à-vis de nos partenaires. Pour réussir tout cela, il est essentiel, le Premier ministre l'a dit, de rétablir nos comptes publics. C'est pourquoi je passe la parole à la ministre en charge, Amélie de Montchalin. Je vous remercie.
protéger les Français et faire face ensemble aux crises, aux défis, et nous redonner des marges de manœuvre pour agir et investir, c'est bien, monsieur le Premier ministre, que vous venez de décrire. C'est le sens de notre action. Cela ne date pas d'aujourd'hui. Vous l'avez d'ailleurs dans votre déclaration de politique générale fixée comme un objectif collectif. Et nous avons donc, le transparent va vous le montrer, pris l'objectif collectif d'atteindre un déficit de 5,4% du PIB. en 2025. Ces budgets de 2025, ils ont été adoptés, vous le savez, dans une manière, une méthode assez inédite. Nous sortions de la censure et surtout, si nous n'avions rien fait, le déficit se serait porté à 7% du PIB. Cet effort en 2025, c'est une réduction de dépenses de près de 33 milliards d'euros, dont près de trois quarts sont aujourd'hui portés par l'État, qui fait un effort, vous le voyez, de 24 milliards d'économies cette année, un effort inédit, un effort qui n'a pas de comparaison depuis 25 ans, mais qui nous amène à réfléchir sur la manière de porter également l'effort dans les prochaines années. Tout le monde a pris sa part cette année et nous devrons continuer à bien partager les efforts dans les années qui viennent. Nous venons de tenir avec l'ensemble des ministres qui ont la charge de ces dépenses un comité d'alerte pour que nous ayons de la transparence sur la manière de tenir cet objectif. Nous avons associé les parlementaires, les élus locaux, la sécurité sociale, les partenaires sociaux et nous continuerons évidemment à rendre compte de notre tableau de bord mensuel et des décisions d'ajustement pour que ces objectifs soient tenus. Le deuxième élément que je voulais présenter, c'est la suite du propos du Premier ministre sur ce fameux 3%. 3% c'est notre cible. Contrairement à ce que certains pensent, ce n'est pas le diktat de Bruxelles. Nous ne faisons pas cela pour les autres. Nous le faisons pour nous, pour notre nation, pour notre indépendance, pour notre souveraineté. Et nous le faisons surtout pour réussir à stabiliser puis faire décroître la part de la dette dans notre PIB. Le but, ce ne sont pas les finances publiques. Le but, ce ne sont pas les chiffres. Ce sont nos marges de manœuvre. C'est notre capacité à rester un pays puissant, un pays souverain, un pays qui peut choisir, un pays qui peut regarder ses priorités et se donner les moyens de réussir. Et pour cela, ce que nous avons à faire, d'autres pays l'ont réussi. Le Premier ministre a cité des pays, je peux vous en citer d'autres. L'Espagne, l'Italie, le Portugal y sont arrivés. Et donc nous pouvons le faire. Si nous étions un ménage, nous sommes en train de décrire une situation où il faudrait passer de 100 euros de dépense à 94 euros de dépense en 6 ans. Nous voulons réduire de 6% notre dépense publique en 5 ans. Vu comme ça, je crois que nous avons devant nous des choix certes importants, mais des choix que nous pouvons réussir à faire ensemble, en tant que nation unie. Un choix s'impose à nous aujourd'hui, c'est celui de la défense. Depuis 2017, nous avons fait face en tant que pays à la crise du Covid, à l'inflation, à la crise énergétique, et nous avons su collectivement être au rendez-vous. Aujourd'hui, si nous voulons rester un pays puissant, souverain, libre et indépendant, c'est sur les enjeux de défense, de dissuasion, de protection que nous sommes attendus dès aujourd'hui et encore pour l'année prochaine, évidemment, avec Sébastien Lecornu. Nous mettons les moyens à disposition. Le président de la République avait, dès 2017, enclenché une dynamique de doublement de notre dépense. Vous le voyez par rapport aux autres pays. Nous sommes un pays qui est fort. Nous devons le rester parce que, je le rappelle... Sans souveraineté financière, il n'y a pas de souveraineté stratégique. Et sans souveraineté stratégique, il n'y a pas d'indépendance de la France. Alors j'imagine bien que vous vous posez une question. Comment allons-nous faire ? Je voudrais ici, avant d'en arriver au choix qui seront posés à l'été, dire aux Français que nous pouvons avec quelques principes, je crois, de très grand bon sens, des principes qu'ils d'ailleurs appliquent dans leur vie quotidienne, en faire aussi des principes pour le pays. Le premier principe, c'est donc de suivre la logique qui est qu'a priori, on ne peut pas dépenser plus que ce qu'on reçoit. Nos dépenses de fonctionnement ne doivent pas augmenter plus que notre croissance. C'est la manière d'éviter les coups drabeaux, les coupes sombres. C'est de nous redonner des caps et des principes de bon sens. C'est-à-dire que nous allons regarder dans tous les ministères, dans tous les domaines de l'action publique, comment nos dépenses de fonctionnement n'augmentent pas plus vite que la croissance. Et la croissance, ce sont nos recettes. Le deuxième principe, là aussi je crois que les Français comprennent, ils le voient, nous sommes devenus parfois un État guichet. Un État qui distribue. Il nous semble que recentrer l'État sur sa capacité à planifier et à agir efficacement plutôt que d'être dans les subventions automatiques, l'échec, les mesures qui parfois ont perdu de leur pertinence doivent nous amener à revoir aussi certaines mesures que nous avons prises pendant les crises qui étaient nécessaires mais qui le sont moins aujourd'hui. Le troisième principe, c'est un principe démocratique. Un principe d'unité, un principe, je crois, que les Français attendent d'abord et avant tout. Que l'intérêt général prime sur les intérêts particuliers. Que nous acceptions de baisser les impôts pour tout le monde plutôt que d'avoir des niches fiscales pour quelques-uns. Que nous acceptions qu'il y ait, comme on dit parfois, quelques perdants si l'intérêt général y gagne, si l'industrie y gagne, si les entreprises y gagnent, si l'emploi y gagne. Ce sera une boussole d'action collective. Et puis enfin... Vous l'avez dit, monsieur le Premier ministre, la lucidité nous impose de voir que certaines dépenses ne sont plus justifiées ou que nous ne pouvons plus nous permettre certains gaspillages, certaines désorganisations. Ce que nous ne pouvons plus nous permettre, c'est d'avoir un État enchevêtré, avec des doublons illisibles. Vous avez lancé un chantier sur les opérateurs et les agences. Nous irons au bout pour les fusionner. pour les reministérialiser, les refaire rentrer dans l'État quand tout cela est devenu trop fragmenté, pour parfois en supprimer, mais toujours en respectant l'action publique. Deuxième élément, ce sont les arrêts maladie. C'est un élément sur lequel nous voyons aujourd'hui une très grande dérive. Nous avons dépensé en 2024 17,5 milliards d'euros pour les arrêts maladie. C'est un quart de plus qu'en 2021 pendant le Covid. Là aussi, il faudra agir. Troisième dépense que nous ne pouvons plus accepter. C'est que quand on est un ministère, quand on est un maire, quand on est un acteur public, tout coûte plus cher. Plus cher par ses achats, plus cher de faire des dépenses de communication. Et donc là aussi, nous devons revoir les prix auxquels les acteurs publics payent leurs achats et leurs fonctionnements. Et le dernier élément... C'est-à-dire le
mécanisme des achats.
Tout à fait. Le dernier élément, c'est ce que certains appellent la gratuité qui déresponsabilise. Souvent, parce qu'il n'y a plus d'étiquettes, parce que nous ne connaissons pas le prix des services publics, nous avons oublié qu'il n'y a pas d'argent public. Il n'y a que notre argent. Il n'y a pas d'argent de l'État. Il n'y a que l'argent des Français. Et à ce titre, nous devons redonner de la valeur aux services publics que nous recevons, de la valeur à ce qui n'a plus de prix et pourtant à un très grand coût. Là aussi, c'est un principe. C'est autour de ces principes que nous construirons le budget. Avec cela, nous pouvons réduire la dépense, le faire sans tronçonneuse, sans serpette ou sans sécateur, mais le faire avec démocratie, efficacité et, je crois, confiance des Français. Je vous remercie. Merci.
La parole est à Catherine Vautrin.
le Premier ministre l'a dit tout à l'heure, notre modèle social constitue une fierté partagée par les Français. D'autant plus que ce modèle social, comme vous pouvez le voir à l'écran, est un modèle qui apporte des résultats puisque notre espérance de vie, que ce soit celle des femmes ou celle des hommes, fait partie finalement de celle parmi les plus élevés des pays de l'OCDE. Et ce que l'on voit, c'est que moins de 2% des Français déclarent... avoir renoncé à des soins pour des raisons financières. Le taux de pauvreté des personnes en situation de handicap est réduit de moitié après mobilisation des différents soutiens. Le niveau de vie des familles les plus modestes est protégé. Les prestations d'assurance maladie permettent aux ménages de faire face à l'essentiel de leurs dépenses de santé. Pour autant, notre pays consacre chaque année 670 milliards à la couverture des risques liés. à la santé, à la vieillesse, à la famille ou à l'autonomie. Et si nous ne faisons rien, en 2022, ce déficit de la sécurité sociale sera de 22 milliards d'euros. Et donc, quelque part, vous le comprenez, le modèle social est en péril, non pas... parce qu'il aurait échoué, mais parce que les conditions de sa soutenabilité ne sont plus réunies. Pourquoi ne sont-elles plus réunies ? Parce que, le Premier ministre l'a expliqué tout à l'heure, ce modèle social repose sur une solidarité intergénérationnelle. Les actifs financent, vous le voyez sur le transparent précédent, vous voyez très bien la façon dont on a la répartition entre la maladie... et les retraites. Et c'est important de noter que la maladie est plus importante dans les dépenses, c'est en orange, que le sont les retraites. Et ce qui finalement menace notre contrat social aujourd'hui, c'est que les ressources sont assises principalement sur le travail dans un contexte de ralentissement démographique, de stagnation de la population active et d'augmentation de la population âgée. Et nous allons maintenant... prendre ce slide qui met en avant l'évolution de la population. Et nous voyons très nettement qu'au moment où je vous parle, nous avons 2,5 actifs pour un senior. En 2040, c'est 2 actifs pour un senior. Et en 2070, 1,7 actif pour un senior. En 2010, la France comptait 832 000 naissances. En 2024, seulement 600. 63 000 naissants c'est une baisse de 20% en 15 ans et d'ici 2040 le nombre de personnes âgées en perte d'autonomie va augmenter de plus d'un tiers c'est un million de personnes supplémentaires à accompagner à soigner à protéger et donc dans le même temps la population active va peu augmenter, voire stagner. Et donc nous voyons bien que la base contributive du modèle va s'éroder alors que les besoins vont augmenter fortement. Et c'est là que nous touchons du doigt la nécessité de rééquilibrer l'effort entre les générations. Vous voyez en bleu les prélèvements. des différentes tranches d'âge. Et vous voyez en rouge les dépenses publiques. Et vous voyez bien que les dépenses publiques sont... plus importante en fonction de l'âge et que la contribution est elle aussi plus faible, cette fois-ci en fonction de l'âge, puisque dès lors que l'on est plus âgé, on est retraité et que l'on cotise moins. Et que donc notre système de santé, qui repose sur la solidarité intergénérationnelle, montre bien que le taux d'emploi des seniors, comme d'ailleurs celui des plus jeunes, reste plus faible. Le Premier ministre le disait tout à l'heure. prend le taux d'emploi des seniors, il est de 56% en France, il est de 73% en Allemagne, de 75% aux Pays-Bas. Et donc, très concrètement, cela est suivant. Rien n'est quelque part une fatalité. Nous avons déjà réussi à résorber le déficit de la sécurité sociale. Vous voyez qu'en 2010, on était quasi à 30 milliards, 29,6, et qu'au moment du Covid, on était arrivé à 1,7. Et donc, la perspective d'un rétablissement des comptes est tout à fait possible. Notre modèle social, et je crois que c'est cela qu'il faut que nous partageons, ne peut pas survivre si nous ne travaillons pas sur les grands équilibres. Et c'est là, finalement, la vision qui a été celle du CNR, qui a été une capacité de regarder les différents équilibres. Et ce que nous devons faire maintenant, c'est de faire un effort sans sacrifier l'accès aux soins, sans, évidemment, arrêter notre système hospitalier, mais pour autant, c'est freiner une dépense qui est une dépense qui doit être maîtrisée. par chacun et donc deux grands volets. D'un côté, les soins de ville avec évidemment les honoraires, la consommation avec les prescriptions, mais également les indemnités journalières et d'autre part, l'efficacité et l'accompagnement de l'hôpital. Et ça, c'est réellement l'enjeu que nous avons parce que finalement, la promesse de ce modèle social, elle n'est viable que dès lors que chaque Français devient responsable dans ses usages. Ça s'appelle la prévention, ça s'appelle les diagnostics, ça s'appelle finalement la prise en compte de l'intérêt de ce modèle et derrière, le fait que nous ayons en partage, le fait que le modèle social, c'est un contrat qui appartient à la nation toute entière et que c'est ensemble que dans les prochaines semaines, avec les parlementaires, les partenaires sociaux... toutes les personnes impliquées dans le champ de la protection sociale. Nous devons conduire ce travail collectif pour dessiner ensemble les solutions pour sauver le modèle. L'une d'entre elles, c'est le travail. C'est pour cela que je passe la parole à Astrid Panossian Bouvet.
Merci.
le Premier ministre, et bonjour à tous, se pose la question de ce qui peut renforcer notre puissance économique. Et la réponse est en grande partie travailler tous, travailler davantage et travailler mieux. Le Premier ministre a évoqué tout à l'heure le fait que la France ne travaille pas suffisamment. Laissez-moi préciser un peu et que disent aujourd'hui les chiffres. Si on divise le volume d'heures travaillées par le nombre d'habitants, en moyenne, chaque Français travaille chaque année 950 heures, c'est-à-dire 100 ou 150 heures de moins, 2 à 3 heures par semaine qu'un Allemand ou un Anglais. Et pourquoi cette différence ? Et ça a été dit à plusieurs reprises. Cet écart s'explique d'abord par un taux d'emploi plus faible par rapport à nos voisins, parmi ceux qui sont en âge travaillé. beaucoup moins travail. C'est le cas des jeunes, des seniors et des femmes. C'est le cas des jeunes, effectivement, comme je l'ai dit, puisque nous avons beaucoup de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Les fameux NITS avec 5 points de plus que l'Allemagne. Mais par ailleurs, et ça, il faut le noter, c'est que l'insertion professionnelle des jeunes est plus lente et plus difficile. quel que soit le niveau de qualification à la sortie d'études, comme le montre une récente étude du Conseil d'analyse économique. À l'autre bout de la carrière, c'est le cas des travailleurs expérimentés. Je préfère appeler les seniors les travailleurs expérimentés parce que l'expérience, c'est bien ça, a de la valeur. Contrairement aux idées reçues, le taux d'emploi des 55-59 ans a progressé dans notre pays et il est désormais supérieur à celui des Britanniques et des Américains. Par contre, le taux d'emploi des... 60-64 ans, Davis. Il est beaucoup trop faible, autour de 45% en France contre 60% en Allemagne et plus élevé encore dans les pays du Nord. C'est le cas des femmes aussi. Il faut pouvoir le dire. Parce que la hausse du travail des femmes, grâce à un niveau d'éducation plus élevé, a contribué à augmenter le nombre moyen d'heures par habitant de plus de 10% depuis 20 ans. Mais aujourd'hui, ce moteur de croissance d'activité, il s'essouffle et il stagne depuis une quinzaine d'années. Les femmes sont en particulier 150 000 à sortir très durablement du monde du travail chaque année parce qu'elles ne trouvent pas de garde d'enfants. Donc travailler plus collectivement, ça veut donc dire d'abord travailler plus nombreux. Dit autrement que tous ceux qui sont en âge et en capacité de travailler, travaillent. Les chiffres nous montrent aussi un autre enjeu réel, c'est le temps de travail. C'est le temps de travail moyen non plus de tous les Français, mais de ceux qui travaillent déjà. Les travailleurs français, comme leurs voisins européens, travaillent bien moins que les actifs américains. 350 heures de mois environ. Pourquoi cette différence ? Nous avons un nombre de jours de congés et d'arrêts maladie plus élevés. On a parlé. des arrêts maladie. Parlons-en. La durée des arrêts maladie a fortement augmenté en France. Plus 4% par an en moyenne depuis 2019, contre 2% par an en moyenne de 2010 à 2019. Le vieillissement de la population explique en grande partie cette évolution. Mais pas que. Il y a une augmentation du taux de recours aux arrêts maladie à tous les âges, et en particulier pour les jeunes. Il y a ici un enjeu de responsabilisation des salariés. Mais il faut aussi évoquer ici la santé, les conditions de travail, le rapport au travail, mais aussi les pratiques managériales françaises, plus verticales et moins tournées vers l'écoute, l'autonomie et la reconnaissance, comme a pu le conclure un rapport de l'IGAS qui comparait les pratiques managériales de la France par rapport à ses voisins. Et donc, pour travailler plus, j'insiste là-dessus, il faut travailler mieux. Et donc là, je voudrais, et on peut passer à la slide suivante, partager avec vous une autre donnée intéressante. Que nous disent les chiffres ? Que la France est très performante en ce qui concerne les conditions d'emploi. C'est assez intuitif. Même assoupli un peu en 2017, notre droit du travail est très protecteur. Et c'est connu. Je parle ici des protections juridiques en matière d'embauche et de rupture des CDD ou des CDI. Et nous sommes dans le haut du tableau de l'OCDE, vous le voyez sur ce graphique. Mais quand on regarde aussi les études sur les conditions de travail, je pense notamment à celle de l'Eurofund, qui est une agence européenne, nous restons relativement mal classés. Et ça, ce n'est pas satisfaisant non plus. Et donc nous devons trouver le bon équilibre pour concilier performance économique avec la performance sociale. Et enfin, un autre... constat, et ce sera la slide suivante, sur les compétences. Nous avons aujourd'hui une faiblesse de nos compétences fondamentales chez les adultes, comme le montrent ces analyses de l'OCDE. Nous sommes en dessous de la moyenne des pays de l'OCDE pour lire, pour écrire, pour compter et résoudre des problèmes. Ce constat est bien sûr lié aux enjeux de productivité qu'a mentionné Éric Lombard. Cette faiblesse des compétences est l'une des causes de la faible productivité et de la faible diffusion de l'innovation dans notre économie. Là où nous pouvions compter auparavant sur les compétences et la productivité pour compenser un plus faible taux d'activité, ce n'est plus possible aujourd'hui. Alors que faire ? C'est aussi la conséquence pour une très large partie de l'éducation fondamentale dans l'éducation initiale et donc un sujet d'éducation nationale qui ne fait pas l'objet de cette réunion et qui est une priorité du gouvernement portée par Elisabeth Borne. Mais il faut aussi continuer à adapter l'offre de formation des jeunes et la formation continue pour les moins jeunes aux besoins du marché du travail. Ces constats que je viens de dresser démontrent que nous devons travailler plus, travailler davantage et travailler mieux. Cela demande d'agir sur notre politique de formation initiale et continue, de faire monter en compétence les travailleurs, d'orienter plus résolument et de manière plus assumée les formations vers les besoins du marché du travail et les compétences d'avenir, en adéquation avec elles. Cela demande aussi d'œuvrer en faveur de l'augmentation du taux d'emploi, notamment des jeunes, des femmes qui travaillent et des seniors, et de veiller de mieux concilier performance sociale et performance économique en lien avec les partenaires sociaux. C'est le sens que nous avons commencé à faire, par exemple, en demandant aux partenaires sociaux de travailler à une simplification des mécanismes de transition-reconversion, en transformant aussi la logique de financement de l'apprentissage pour qu'elle soit plus en adéquation avec les besoins de l'économie, ou en accompagnant les plus éloignés du marché du travail, comme les bénéficiaires du RSA, vers le travail. Mais il faut poursuivre. Merci.
Et maintenant, c'est à François Rebsamen qui va parler de cette organisation si importante des collectivités locales.
Merci, M. le Premier ministre. La question qu'il faut se poser à cet instant, c'est quelle peut être la contribution des collectivités territoriales au redressement des finances publiques ? Une contribution qui soit juste et prévisible. D'abord, je voudrais faire un constat. La dégradation du sol des collectivités locales en 2024 est inférieure aux prévisions de l'ordre de 600 millions d'euros. C'est la preuve, il faut toujours le souligner, des efforts qui ont été réalisés par les collectivités territoriales. Mais la progression en matière de dépenses de fonctionnement reste relativement élevée, puisqu'elle s'élève à 3,9%. J'ajouterais que pour que ces dépenses de fonctionnement diminuent, il faudrait encore que l'État lui-même n'impose pas de nouvelles dépenses de fonctionnement aux collectivités locales. Alors l'effort qui est prévu pour 2025, vous le connaissez, dans le cadre de la loi de finances, je remercie les collègues, l'effort qui est prévu dans la loi de finances 2025, il s'élève à 2,2 milliards d'euros, mais je n'oublie pas d'ajouter les 1,4 milliards d'euros que représentent les contributions à la Caisse nationale de retraite des collectivités locales. Alors, c'est pourquoi, pour participer vraiment à la réduction du déficit public, les collectivités territoriales doivent, je le crois, prolonger durablement et efficacement leur effort grâce à une visibilité pluriannuelle qu'elles demandent et que nous souhaitons leur donner, donner aux élus pour leurs recettes. On pourrait le faire de trois manières. D'abord, en maîtrisant les dépenses de fonctionnement, je l'ai évoqué tout à l'heure. les investissements d'avenir. Vous avez rappelé, M. le Premier ministre, que cela représente 70% de l'investissement public dans notre pays. Cela, nous pourrons d'autant mieux le faire que nous arriverons à simplifier les soutiens de l'État. Parce qu'il faut, j'allais dire, apporter plus de clarté dans le maquis de ces soutiens aujourd'hui. Et je n'évoquerai pas plus longuement, mais tout le monde le sait, en réduisant les normes qui pèsent sur les collectivités territoriales. Je vous remercie.
Merci. À François Rebsamen. Peut-être les ministres qui se sont exprimés peuvent se regrouper parce que nous allons maintenant répondre aux questions.
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