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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Bonjour Pascal Piera, merci d'être avec nous ce matin.
Bonjour
Liselotte, bonjour à tous les auditeurs. Comme vous êtes députée européenne du Rassemblement National, évidemment, on va vous demander votre avis sur cette affaire d'inéligibilité de Marine Le Pen. Est-ce que vous pourriez peut-être nous dire s'il y a déjà eu un antécédent dans l'histoire de la vie politique d'une telle condamnation ? Ça intéresserait les auditeurs, parce que tout le monde s'offusque, alors peut-être qu'il y a eu des précédents. Et au-delà de la peine, surtout, quel est le message qu'envoie la justice française à travers cette décision ?
Alors Lise Lotte, je suis en effet eurodéputée Rassemblement national, mais j'ai aussi été magistrat, comme vous le savez. Donc je pose un regard tout à fait particulier et je dirais informé sur cette décision. Alors vous me posez la question de savoir si cette décision est à un précédent. Moi je considère que cette décision est tout à fait absolument inédite. Pourquoi ? Parce que c'est une décision qui, en l'État, prive 15 millions d'électeurs du choix de leur candidat pour les élections présidentielles. Donc, je rappelle que Marine Le Pen était donnée à 37% d'intention de vote sur un sondage qui est paru dimanche dernier. Par conséquent, le caractère inédit des conséquences de cette décision est tout à fait établi. Et le message qui est envoyé par cette décision est évidemment catastrophique. C'est une décision que je qualifierais de politique parce qu'elle se veut politique. J'ai eu accès aux motivations. Ce sont des motivations qui se veulent politiques puisqu'il est expressément indiqué dans la décision qu'il s'agit... d'empêcher Marine Le Pen, qui aurait été condamnée en première instance, de se présenter aux élections présidentielles, pour ne pas tromper les électeurs. Je ne dis pas que c'est une décision politique, c'est la décision elle-même qui indique qu'elle est bien politique. Pourquoi on parle dans cette affaire ? Parce que les peines sont... outrancière et je dirais humiliante. Humiliante. Prenons le cas de Marine Le Pen, qui est évidemment un casier judiciaire vierge, qui est prévenu dans un litige qui est au départ d'ordre administratif sur le point de savoir comment on utilise, quel est le rôle des assistants parlementaires au Parlement européen. Voilà. Voilà quel est le cadre du débat. Quatre ans de prison, dont deux avec sursis. Si vous voulez, on rêve de voir de telles peines pour les délinquants des rues. Ce sont des peines qui sont absolument humiliantes. Alors ça, c'est le premier volet de la peine. Il y a évidemment les amendes colossales. Et puis, il y a l'inégibilité qui est assortie de l'exécution provisoire, alors que je rentre dans cette subtilité, alors que la loi qui rendait automatique l'exécution provisoire a été écartée par le juge. C'est la loi antérieure qui s'applique. Donc ça veut dire que la juge pouvait en plus ne pas prononcer l'exécution provisoire. Eh bien, non seulement elle la prononce, mais le caractère outrancier de cette paite complémentaire est lié au fait que c'est la peine maximale. qui a été infligée à Marine Le Pen. Dans ces conditions-là, si vous voulez, j'entends qu'on parle de négation de l'état de droit, etc. En tout cas, quoi qu'on en pense, je pense que l'expression de Jordan Bardella est la bonne. C'est une peine d'exécution.
Et puis la question qu'on se pose tous maintenant, en tout cas beaucoup de nos auditeurs, on entend un peu tout et son contraire. Est-ce que finalement Marine Le Pen va pouvoir faire appel de cette décision ? Est-ce qu'il y a un moyen encore juridique, puisque vous êtes magistrate, pour qu'elle puisse supporter candidate à la prochaine présidentielle ? Et puis sinon, quel est le scénario qui va se présenter pour le Rassemblement national pour 2027, Pascal Pira ?
moi, je voudrais dire d'abord à nos auditeurs qui viennent en soutien de Marine Le Pen qu'elle est extraordinairement combative. C'est une femme exceptionnelle. Elle est extraordinairement combative et je peux vous dire qu'elle ne lassera rien passer de cette affaire et qu'elle se défendra. Bien sûr, elle fait appel et bien sûr, elle met déjà toute son énergie. à recenser l'ensemble des arguments, et Dieu sait s'il y en a quand on voit la décision, des arguments juridiques qui vont pouvoir conduire à l'infirmation de ce jugement. Alors, pour répondre à votre question très clairement, il n'y a pas de plan B. Il n'y a pas de plan B parce que notre préoccupation du moment, c'est premièrement… de préparer l'appel, et heureusement dans ce pays il y a un double degré de juridiction, et deuxièmement d'alerter nos concitoyens. Parce que si vous voulez, aujourd'hui ça arrive au Rassemblement National, mais demain ça arrivera aux autres, il ne faut pas se leurrer. Je rappelle qu'on est dans une affaire où il n'y a pas eu du tout de corruption. où il n'y a évidemment pas eu d'enrichissement personnel, et puis il faut bien que ce soit clair, tout le monde a travaillé. Il n'y a pas de salaire fictif dans cette affaire. Il n'y a pas de salaire fictif. Donc les peines qui ont été prononcées sont des peines qui sont totalement démesurées par rapport à la nature des faits poursuivis sur lesquels on peut avoir un... autre regard. Et c'est ce que Marine Le Pen entendra faire valoir, évidemment, à l'occasion du procès d'appel, dont vous savez qu'il se déroulera très vraisemblablement au cours du premier semestre 2026.
On va suivre ça. On a quand même beaucoup de personnalités politiques, mais même de simples Français qui commencent à prendre conscience, à dénoncer une justice qui serait... une justice orientée, vous le disiez, on a la double juridiction dans ce pays, on peut quand même s'interroger, est-ce que les effets seront réellement différents avec cet appel ? La question qui se pose, c'est cette partialité de la justice en France. Vous, vous avez été magistrate, peut-être que vous pourriez nous parler précisément de la magistrature. Est-ce qu'on n'aurait pas tendance aussi à dire que dès qu'une décision ne va pas dans notre sens, c'est simplement parce qu'en face, les gens sont dévendus ? Ce serait peut-être un peu simple de résumer. ça comme ça, Pascal Pira.
Je crois que je suis vraiment terriblement bien passée pour vous répondre. Comme j'avais eu l'occasion de vous l'expliquer lors d'une dernière chronique, évidemment aucun corps, pas même la magistrature, n'est imperméable aux pressions et au contexte politique. Simplement, si vous voulez, quand vous vous rendez chez un chirurgien, vous n'attendez pas de lui qu'il vous fasse une séance de psychologie. Donc quand on va devant le juge, on n'attend pas de lui qu'il fasse de la morale, mais en revanche qu'il applique le droit et qu'il l'applique aussi rigoureusement que possible. Et c'est ça qu'on va venir chercher maintenant devant la cour d'appel, évidemment. Il y a eu une phrase du premier président de la cour de cassation que j'ai trouvée très intéressante. Il indique que la justice, c'est l'ingrédient... essentiel de l'autorité d'un jugé. Excusez-moi, j'ai mon téléphone qui sonne.
Aucun problème.
Donc la question de la prudence est évidemment essentielle pour asseoir l'autorité. Quand on lit les motivations de ce jugement, on s'interroge sur la question de la ligne rouge de la prudence, qui évidemment peut être considérée comme dépassée, et ça ce sera au juge d'appel de le dire. Maintenant, si vous voulez, je ne peux que déplorer ce type de décision, parce que précisément, c'est avec ce type de décision qu'on englobe l'intégralité de l'œuvre de justice, qui, je vous l'assure, heureusement, ne se déroule pas toujours comme ça au quotidien.
On va essayer de se convaincre de ces dernières paroles, Pascal Pira, puisque effectivement, c'est un peu rassurant.
Je voulais signaler qu'il y a un meeting tout à fait pacifique Place Vauban dimanche. Oui, rassemblement. Nous sommes sur Radio
Courtoisie. Pascal Pira ne peut pas dire meeting.
oui, c'est vrai.
Il y a un rassemblement qui est prévu. D'ailleurs, on aura des journalistes sur place. Si vous vous y trouvez, Pascal Pira, ce sera un plaisir de vous y retrouver.
Merci. Merci à vous.
Merci. Au revoir, madame.
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