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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
corps à
corps corps à corps
C'est donc quatre ans de prison, dont deux fermes aménagées sous forme de brasses électroniques. 100 000 euros d'amende et surtout cette peine d'inéligibilité de cinq ans à exécution immédiate. C'est à ça que Marine Le Pen a été condamnée hier dans le cadre de ce procès des assistants parlementaires. Marine Le Pen qui était dimanche encore donnée en tête des intentions de vote pour 2027. dans un sondage IFOP pour le JDD, elle était entre 33 et 37%, ne pourra pas se présenter aux prochaines élections présidentielles. Et ce, malgré l'appel qui a été annoncé dans la soirée même par son avocat, je vous propose d'écouter un extrait de Marine Le Pen qui réagissait. Je vais y arriver sur TF1 hier à 20h.
Et moi, je ne suis pas prête à me soumettre à un déni de démocratie aussi facilement. Il ne faut pas s'habituer à ça. Vous savez, je pense que le général de Gaulle, qui est quand même le père de la Constitution, disait que la Cour suprême, c'est le peuple. La Cour suprême, c'est le peuple. Et aucun
juge
ne peut décider d'interférer dans une élection aussi importante que l'élection présidentielle, de surcroît en violant l'état de droit, c'est-à-dire en rendant exécutoire une décision qui normalement devrait être suspendue par un appel.
on va en parler dans quelques instants avec Guylain Benessa et Régis de Castelnau, mais avant il me faut beaucoup beaucoup de pouces car nous sommes extrêmement nombreux ce matin, mais nous n'avons que très peu de pouces et vous savez que nous dépendons uniquement de votre aide pour ces algorithmes qui ne nous aiment pas particulièrement. Allez tout de suite, Guylain Benessa, bonjour.
Clémence, bonjour.
Et merci d'être avec nous aujourd'hui. Vous êtes, je le rappelle, avocat, docteur en droit, enseignant à l'université de Strasbourg, auteur de « Le référendum impossible, comment faire taire le peuple » ou encore « On marche sur la tête, la France, l'Union européenne et les mensonges » co-écrit avec Guillaume Bigot et toujours aux éditions L'Artilleur. Nous sommes également avec Régis de Castelnau. Bonjour Régis.
Bonjour Clémence.
Merci d'être avec nous aujourd'hui à la place de jeudi, mais on vous reprend encore jeudi si vous le voulez bien. C'est le magne. C'est ça exactement. Avocat à la Cour, auteur du bloc Vue du droit et auteur de Une justice politique aux éditions L'Artilleur. On va commencer peut-être par Guylain Bénessa si vous le voulez bien pour interpréter cette décision en effet qui a l'air d'être une justice et de donner un air de justice politique en tout cas Guylain Bénessa.
Clémence, on peut directement laisser tomber l'air de justice politique. Non mais, en fait, je vais caricaturer, on rentrera dans le détail, il n'y a rien qui va dans la décision d'hier. Il n'y a rien qui va a priori, et en fait, il y a tout qui va lorsqu'on y réfléchit. Pourquoi ? Parce que j'entendais une petite musique monter depuis quelques jours, selon laquelle les gens s'imaginaient, nombreux commentateurs, peut-être ORN, mais pas qu'ORN, s'imaginaient que le juge allait prendre une autre position, d'autant plus que le Conseil constitutionnel était intervenu sur un sujet, on va dire, parallèle vendredi dernier, jeudi vendredi dernier. Il y aurait une fumée blanche d'une autre teneur qui tombe hier, parce que, vous vous rendez compte, ils ne peuvent quand même pas couper la présidentielle. Une candidate telle que Marine Le Pen, vous le disiez à l'instant, Clément, se nantit de, je crois, 37% dans les sondages cette semaine. En réalité, ce qui s'est passé hier, et c'est la réaction qui m'est venue, je vous avoue, c'est que c'était tristement logique, puisque... que ce soit pour des raisons politiques, mais pour aussi des rapports de classe, pour une certaine idéologie qui gouverne l'état de droit depuis longtemps, muet en gouvernement des juges. Pour tout un tas de raisons, il y a là la perspective de couper de la présidence Marine Le Pen et quelque part de rendre effectifs les menaces qui planent sur la démocratie européenne et française depuis longtemps. Vous savez, le problème, c'est la remarque fondamentale, je pense, il faut que les gens comprennent absolument ce qui se produit. c'est qu'on a l'impression, à écouter les spécialistes, que vous savez que la justice serait aveugle, qu'elle rendrait une décision, que le juge serait hors la société, que le juge serait une sorte d'arbitre neutre et impartial. Je ne dis pas des balivernes, c'est des principes de justice, mais tous ces principes… empêche de voir que derrière les jugements qui sont rendus, il y a des hommes comme vous et moi, il y a des greffiers, je veux dire, qui travaillent à cela, il y a des rédacteurs qui sont pris dans le moule actuel de la société, des conflits, des tensions qui aujourd'hui animent la démocratie française. Et ces tensions, planes depuis longtemps, ont permis successivement d'éliminer François Fillon de la course à la présidentielle en 2017, en tout cas de le saborder. En 2022, de mettre en place une présidentielle qui était en réalité un folklore de présidentielle, eu égard à la situation en Ukraine et à la guerre qui avait démarré. Et désormais, la candidate non petite 37% qui était la favorite se voit couper avant même l'élection. À la limite, j'ai envie de dire, c'est tristement cohérent puisque c'est l'aboutissement et c'est la poursuite d'un processus à la mode, j'ai envie de dire, en Europe depuis quelques temps. Le cas roumain récemment aurait dû aussi nous alerter. Tout ça converge vers un État de droit est devenu un gouvernement des juges et qui, heureusement, quelque part depuis hier, ne se cache même plus. Au moins, ils sont clairement sortis du bois. On a là une décision un peu de principe, j'ai envie de dire. Qui veut quoi ? Comment ça marche ? Et ce qu'il faut désormais faire pour tenter de remettre le bateau en marche un minimum.
Oui, ça, c'est vrai qu'il y a ce côté révélateur, dont je pense qu'on aura le temps d'y revenir, qui peut être la partie intéressante à retenir de cette affaire. Régis De Castelnau, pardonnez-moi, mais nous avons Bruno Golnich qui est arrivé. Je sais qu'il a un temps limité, donc si vous voulez bien, on va le prendre d'abord à l'antenne. Bruno Golnich, bonjour. va
récupérer.
Est-ce que vous m 'entendez ? Oui, tout à fait, on vous entend très bien. Je rappelle qu'on est ancien député. Est-ce que vous me
voyez ? On vous voit,
on vous entend parfaitement. Je vous présente à l'antenne, ancien député de l'Assemblée nationale, Parlement et au Parlement européen, doyant de faculté honoraire, membre du Conseil national du Rassemblement national, ancien vice-président du Front national, et condamné à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis, un sous-bracelet électronique, 50 000 euros d'amende et cinq ans d'inigélibilité avec exécution provisoire. Comment vous réagissez Bruno Golnisch à ces condamnations ?
Je suis parfaitement indigné. Voilà, voulez-vous que je vous dise ? C'est un jugement qui copie pratiquement les réquisitions du parquet et qui, à mon avis, enfreint toutes les règles de droit. le principe fondamental de la séparation des pouvoirs, parce qu'à mon avis les juges n'ont rien à faire dans l'activité des assistants parlementaires, dans la mesure où, comme l'ont écrit les plus notables spécialistes de droit constitutionnel de notre pays, s'ils se mêlent de l'activité des assistants parlementaires, ils se mêlent nécessairement de l'activité des députés, et ça c'est contraire à la séparation des pouvoirs. Qu'aurait-on dit s'il y a l'occasion d'une affaire judiciaire un peu scandaleuse ? En tant que député, j'étais allé voir les magistrats qui avaient pris cette décision. Et je leur ai dit, écoutez, expliquez-moi, rendez-moi compte des relations avec vos assesseurs, avec votre greffier, etc. Pourquoi est-ce qu'on a oublié de mettre le tampon et libérer ainsi un dangereux criminel ? On m'aurait dit, monsieur le député, mêlez-vous de vos affaires. Voilà, vous n'avez pas à enquêter dans l'exercice de votre fonction naturelle sur ce que font les juges. Eh bien, ça vaut dans les deux sens, ça. Et puis, il n'y a pas que ce principe-là. On a violé le principe de la prescription. On est remonté jusqu'à 15 ans, pratiquement, pour faire la somme. Parce que le préjudice invoqué, c'est la somme. des charges sociales et des salaires versés à nos courageux assistants qui ont travaillé, qui ont très bien travaillé, qui ont travaillé bien sûr avec notre formation politique, ce que nous n'avions jamais caché. Et on fait la somme de tout ça, on dit voilà ce qu'ils ont volé. On ne cherche même pas à savoir si quand même ces assistants, à temps soit peu, ont travaillé avec le député. Je dirais que ça viole aussi le principe fondamental de la légalité des peines et des délits, parce qu'il n'y a aucun texte de nature véritablement législative qui nous soit opposable. Je dirais au contraire, tenez, j'ai apporté là un document qui est édité par... l'administration du Parlement européen sur les droits financiers et sociaux des députés. Voilà ce qu'on dit des assistants locaux. Il y a deux catégories d'assistants. Il y a les accrédités qui doivent résider à Bruxelles et à Strasbourg et il y a les locaux. Moi, je suis poursuivi en raison de l'activité de trois assistants locaux. Voilà ce que dit page 84, question numéro 24, où travaille... Que sont les assistants locaux employés ? Les assistants locaux employés, si après les employés locaux travaillent dans l'état membre d'élection, ils ne peuvent être affectés dans les locaux du Parlement ou ils ne peuvent travailler que lors de courtes visites. Autrement dit, nous avons là une catégorie d'assistants qui, selon la réglementation du Parlement européen, ne doivent pas mettre les pieds à Strasbourg et à Bruxelles.
par conséquent,
ils ne peuvent pas participer aux travaux des commissions. Ils ne peuvent pas assister aux réunions par lesquelles le groupe politique décide de ce qu'il va faire sur tel ou tel dossier. Ils ne peuvent pas assister au vote. Et en conséquence, ils ne peuvent pas participer au travail législatif et dans ces conditions. Que voulez-vous leur faire faire d'autre que de participer à l'activité politique de leurs députés ? Et la politique, c'est un sport collectif, comme j'ai eu l'occasion de le dire au tribunal, sans que ça les émeuve beaucoup d'ailleurs. Et à partir du moment où nous sommes plusieurs à travailler avec le même assistant ou à travailler ensemble, on dit « Ah, c'est affreux, c'est le parti ».
alors on ne va peut-être pas refaire le procès, mais ce qui est sûr, c'est que moi, je voulais vous poser une dernière question, Bruno Golnich. Est-ce que malgré tout, vous vous y attendiez ? Et aussi, si vous voulez bien réagir au fait qu'il y ait peut-être deux poids, deux mesures. On revient sur l'affaire des assistants parlementaires du Modem. Visiblement, ceux-là n'ont pas beaucoup retenu l'attention aux côtés de ceux du RN.
Il y a le Modem, il y a LFI qui est fait l'objet d'une procédure depuis sept ans. Et moi, je dois dire que je n'ai pas été indigné par la fameuse phrase « La République, c'est moi » de M. Mélenchon, adressée à un membre du parquet qui perquisitionnait hors sa présence en excipant d'une loi antiterroriste qui perquisitionnait les locaux de son parti politique. Mais je remarque que pour LFI, ça traîne, ça traîne, ça traîne. Pour le Modem, les sanctions ont été plus légères. Et surtout, M. Bayrou a été innocenté. Mais à mon avis, ses collègues ne devaient pas être condamnés. Ils devaient être relaxés. Mais à partir du moment où ils sont condamnés, c'est vrai qu'il est étrange. que M. Bérou, qui était le patron du groupe et du parti, qui était lui-même député européen, parce qu'il n'y a pas de preuve qu'il ait su ce qui se passait. C'est une plaisanterie. Et donc, il a toujours cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Mais encore une fois, votre précédent intervenant... C'était Maître de Castelnau, je crois ? Régis de Castelnau n'est pas encore
intervenu, mais ça ne va pas tarder. Ah pas encore,
pardon. C'était Guylain Bénessa. Votre précédent intervenant a parfaitement décrit la situation. C'est un gouvernement des juges. Il y a eu une hubrisse qui s'est emparée du pouvoir judiciaire. Il y a évidemment toute la politisation du syndicat de la magistrature qui recueille, je vous le rappelle, quand même un tiers des suffrages aux élections professionnelles, mais indépendamment de ça, il y a, je crois, une volonté de puissance. C'est assez exaltant pour des magistrats encore jeunes, pas forcément au sommet de leur carrière, etc., pour parler vulgairement de se faire les politiques. Voilà, on a la condamnation. Votre précédent intervenant a dit très justement que il y a là volonté de puissance, en quelque sorte, qui s'exerce, et que notamment les juges ont fait l'élection. en inculpant dans des délais extraordinairement rapides François Fillon, ce qu'il a mis dans une position impossible, alors que sans cette affaire assez mineure, il aurait été certainement élu. Et maintenant, ils prétendent... faire l'élection présidentielle, enfin empêcher les Français de voter pour une candidate qui est favorite dans tous les sondages. C'est à rapprocher, d'ailleurs, il y a une cohérence dans tout ça, parce que l'initiative vient de la majorité de l'Union européenne, enfin de nos adversaires, je dirais même, avec ce comportement de nos ennemis, et c'est à rapprocher de ce qui se passe en Roumanie, qui est un scandale absolu qui n'a pas retenu l'attention.
Alors, il l'a retenu sur Toxin. Je vous remercie, Bruno Goldnich, merci beaucoup d'être intervenu chez nous. Et justement, on va parler de ce qui se passe, de ce qui s'est passé en Roumanie, de ce gouvernement des juges. Vraiment, on va essayer de prendre un paysage plus large, un peu de recul sur ce qui se passe et comprendre réellement les enjeux. Régis de Castelnau, je me tourne vers vous. J'imagine que vous êtes d'accord sur cette définition de justice politique, puisque c'est le titre de votre livre et de Gouvernement des juges.
Ça fait quelques années que je rame sur cette question. Bon, écoutez, je vais partir de la Roumanie. Je vais partir de la Roumanie, on dit, Bruno Golny, je viens de dire, c'est comme ce qui s'est passé en Roumanie. Non, non, non, non, non, il y a une grosse différence avec la Roumanie. En Roumanie, il y a un président, enfin un candidat qui est sorti tout d'un coup d'un processus électoral qu'on n'attendait pas. Ce candidat gênait l'Union européenne, gênait la France, gênait aussi les États-Unis parce qu'il y a une base militaire en construction en Roumanie. Alors on est venu voir les juges suprêmes roumains en leur disant « Non, non, non, vous ne pouvez pas, il faut interrompre le processus ». Alors ils se sont autosaisis, ce qui est une monstruosité juridique, et ils ont annulé le processus et empêché cette personne d'être élue. En France, ce n'est pas nécessaire de leur demander. Ils le font spontanément. L'appareil judiciaire est devenu un pouvoir politique dans ce pays. Et ce qui s'est passé hier, c'est le dernier clou dans le cercueil de la démocratie représentative française, où l'appareil judiciaire vient de nous dire « c'est nous qui commandons ». C'est nous qui décidons qui peut être président de la République et qui ne peut pas l'être. Il l'avait déjà fait, bien évidemment, avec François Fillon, et puis, si vous voulez, cet appareil judiciaire qui soutient Emmanuel Macron, il ne faut pas se raconter l'histoire. Sur des bases politiques, il y a une sociologie politique très spécifique concernant la magistrature, et celle-ci a pris son autonomie et elle est devenue un pouvoir politique. Alors, elle a fait élire Macron, elle le protège, parce que Bruno Golnisch parle... parle de Bérou qui n'a pas été condamné, ben voyons, ben voyons, donc elle protège Emmanuel Macron et le gang qui l'entoure, elle massacre ses opposants, soit par voie judiciaire ceux qui peuvent le mettre en difficulté, soit... Les mouvements sociaux, on se rappelle de ce qui est arrivé au gilet jaune. C'est-à-dire qu'il y a une aversion pour les couches populaires. Cet appareil judiciaire, aujourd'hui, constitué en pouvoir, vient d'envoyer un message très clair à la nation hier. Très clair, nous sommes les patrons et c'est nous qui décidons qui peut être candidat ou pas. Pour ça, Roffert l'a dit, ils ont bénéficié d'une lâcheté, un signe du monde politique, parce que cette histoire d'exécution provisoire d'une peine, ce que je trouve contraire. au principe de la présomption d'innocence, qui a été d'ailleurs validée par le Conseil constitutionnel, pas plus tard que la semaine dernière, une nouvelle fois, ce sont les élus qui l'ont voté. C'est-à-dire que la classe politique passe son temps à faire adopter des mesures, à adopter des mesures qui ensuite retombent dessus et se mettent à ce moment-là à pleurer. Bon, donc c'est classique, ça fait très longtemps que ça dure, pour essayer de montrer qu'eux au moins lavent plus blanc, mais que nécessairement ça va tomber sur... le voisin. Ben non. Et d'ailleurs, je crois que Jean-Luc Mélenchon l'a compris déjà depuis un moment, parce que lui, il a été victime de cette instrumentalisation de la justice à des fins politiques, avec les fameuses 17 perquisitions, et puis là, comme par hasard, Libération nous sort, il y a un rapport du Parlement européen qui, etc., il est le prochain sur la liste, c'est à l'évidence. Donc, le problème fondamental, il est qu'on a, et qu'il a raison, Non, le pouvoir des juges, mais le problème, c'est que moi, quand j'entends sur Europe 1 un avocat qui dit « mais pas tous les magistrats » ou même Collard qui vient dire « si ». Si c'est un bloc, le laxisme, l'acharnement sur Nicolas Sarkozy, le refus de s'occuper du fond Marianne, de McKinsey, de Colère, ça procède de la même démarche. Ce sont les faces de la même pièce. Donc aujourd'hui, on est confronté, et je pense que c'est un événement très très important qui vient de se produire. Au plan international, tout le monde est sidéré. C'est-à-dire que la justice, en violent, En plus, je vais parler deux secondes du fond de l'affaire, en violent la décision du Conseil constitutionnel de la semaine dernière, qui a dit, pour valider la démission d'office d'un élu maorais condamné par lui aussi à l'inéligibilité exécutoire, à dire « oui, mais ». La décision du juge doit être spécialement motivée. On ne met pas les mandats en cours, ce ne sera pas le cas en ce qui concerne le mandat de député de Marine Le Pen, parce que le Conseil constitutionnel refuse sur ce point de prononcer les démissions d'office, mais le Conseil constitutionnel a ajouté qu'il faut faire attention à ne pas mettre en cause la liberté de l'électeur. Or, qu'est-ce qui vient de se passer ? Qu'est-ce qui vient de se passer ? Une juridiction composée d'une présidente qui est devenue magistrate par référence parce qu'Eva Jolie, qui était une imposture judiciaire... que tout le monde connaissait, qui se ridiculisait d'ailleurs parce qu'elle a voulu être candidate à l'élection présidentielle, était son idole, ce qui est quand même très révélateur. Non, je crois qu'on est dans une situation très grave. Je ne sais pas si l'événement d'hier, qui est une forme de... Je veux dire, c'est la dernière pierre du coup d'État, va provoquer des réactions. Enfin, les politiques, la classe politique va prendre... qu'il est temps de mettre fin à cette dérive et à cette situation institutionnelle. Aujourd'hui, ce sont les magistrats qui ont un pouvoir politique leur permettant de fausser complètement le processus électoral et de s'attribuer à eux la compétence de savoir qui va gouverner. Le choix d'Emmanuel Macron, de ce point de vue-là, parce que c'est un choix qu'ils ont fait, il ne faut pas se raconter d'histoire. Le fait de liquider François Fillon, comme ils l'ont fait, et c'est là où je pense qu'en ce qui concerne le fond de cette affaire, il y a une remarque à faire, c'est-à-dire que rien ne va dans cette procédure qui a frappé le Rassemblement national hier, rien ne va. Je prends juste un exemple, mais le détournement de fonds publics, l'article 432.15 du Code pénal, ne prévoit pas qu'on puisse poursuivre les parlementaires sur ce point. Comme par hasard, la Cour de cassation a mis en place une jurisprudence que plus personne ne discute aujourd'hui, qui permet de poursuivre en violation de la séparation des pouvoirs, de poursuivre les parlementaires et de leur demander des comptes sur la façon dont ils organisent leur travail politique, ce qui est absolument monstrueux. Parce qu'il ne faut pas se tromper, quand je citais la présidente de la juridiction d'hier, elle est soutenue par l'ensemble du corps. Lorsqu'il y a eu l'affaire Fillon... Il ne faut pas oublier ça et j'en termine. Lorsqu'il y a eu l'affaire Fillon et que tout le monde a bien vu ce qui se passait, le caractère fulgurant de la procédure, il y a eu un communiqué commun du premier président de la Cour de cassation et du procureur général auprès de la Cour de cassation qui ont dit tout ça c'est formidable, arrêtez ! Et d'ailleurs j'ai noté hier que le conseil supérieur de la magistrature a pondu un communiqué menaçant. menaçant, en disant, voilà, arrêtez de critiquer cette décision, sinon ce seront des poursuites pénales, parce que cette critique est de nature à déconsidérer la décision. Non, la situation, elle est grave au plan des principes. au plan du fonctionnement démocratique, d'une démocratie comme devrait l'être notre malheureuse République, si on ne réagit pas maintenant, je pense que là il y aura un précédent et que la messe est dite.
On va aller sur les conséquences, évidemment, de cette décision. Et comme l'a dit tout à l'heure Guylain Benessin, j'aimerais lui redonner la parole là-dessus. Finalement, les choses sont claires désormais. Mais qu'est-ce que ça va provoquer dans l'opinion populaire, dans la confiance dans le vote, etc. Mais avant, nous avons Jérôme Sainte-Marie qui nous rejoint, sondeur, politologue, président de l'Institut Pauling Vox, mais également... chargé de superviser l'école des cadres du Rassemblement national, Campus Errera, également d'ailleurs candidat, ancien candidat pour les législatives avec l'étiquette du Rassemblement national. Jérôme Satemarie, bonjour. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Nous sommes très heureux de vous entendre ce matin dans ce contexte très particulier. Comment vous réagissez à cette décision de justice
D'abord, je salue M. Belmich. à qui je rappelle que ça inclut, pour la première fois j'avais fait une émission de télévision, c'était à Télé Lyon Métropole, 1995 je crois.
Les journalistes de Lyon Métropole ont fait carrière.
Absolument, c'était ce jeune homme qui était devenu un animateur, c'est le fameux. Du coup j'ai oublié votre question. Comment vous réagissez
tout simplement ?
Je préfère rappeler les bons souvenirs avec M. Golnich plutôt que de vous donner ma réaction, tout simplement parce que j'ai été hier, et je le suis toujours, à la fois bouleversé par cette annonce, ce jugement qui me paraît littéralement inconcevable, même si j'avais été prévenu par les travaux, notamment de Guylain Bénessa et de Regine Castelnau sur le fonctionnement actuel. de la justice et ses liens avec la politique. Donc parfois je t'ai effondré sans être totalement surpris. Et désormais, si vous voulez, après je suis très déterminé à essayer de faire tout ce que l'on peut faire pour mener le combat politique. Si vous voulez, je considère que là on est face à un délit de démocratie, à une véritable agression politique. Ça a peut-être été évoqué par vous, vous avez vu les considérants sur l'Union européenne. Par exemple, à un moment donné, vous avez un passage inconcevable dans le jugement où on explique que le parti est cynique ou dans son approche de l'Union européenne, etc. La motivation politique du jugement ne fait aucun doute, c'est même quasiment proclamé. Et donc, je pense que la seule riposte possible est une riposte politique. Alors il est un peu tard, mais je pense qu'on va essayer de le faire. Mais comment vous
faites une réponse politique si à chaque fois que vous avez des candidats, ils sont éliminés par les juges
à chaque fois, il faut pas les gérer. Mais je pense que... Comment dirais-je ? Je pense qu'il faut une mise en cause en réalité politique de la magistrature et du fonctionnement de la justice en France. C'est quelque chose qui doit être fait parce que de toute façon, on va subir indéfiniment ce genre d'agression. Donc ça aurait pu être fait à mon avis plus tôt, mais là, il faut, comment dirais-je, face à une agression politique, il faut avoir une riposte qui soit à la hauteur de la nature de l'agression que nous subissons. Donc je pense que oui, il faudra... Je ne sais pas quelle forme exactement ça peut prendre, on y réfléchit, parce qu'évidemment, il ne faut pas non plus rentrer dans tous les pièges qui nous sont tendus. Mais je pense qu'effectivement, là, la question de la possibilité de faire de la politique en France est clairement posée.
Pardon, je vais donner la parole à Guillaume Bédessa, parce qu'en plus, sur ses considérances sur l'Union européenne et la motivation politique du jugement, je l'attendais là-dessus, Guillaume Bédessa, si vous voulez bien réagir, et ensuite, on continue le tour.
Alors, justement, ce que dit Jérôme Sainte-Marie est très juste. En fait, on en discute tous les quatre depuis tout à l'heure. L'erreur, enfin l'erreur, je ne dis pas que c'est une erreur, mais c'est parcellaire. L'erreur est de considérer que la magistrature serait une armée de juges rouges chargées d'éliminer le RN. Je ne dis pas par là que les magistrats adorent le RN. Très honnêtement, les bras m'en tomberaient si je la prenais. Mais la question est beaucoup plus insidieuse et Jérôme Sainte-Marie a raison. Elle se love dans cette... Question principielle, c'est que ce qui s'est passé hier n'est pas le résultat, pour moi, d'une politisation de la justice. On a appris effectivement que Bénédicte de Pertuis, manifestement la présidente de juridiction, était une aficionado d'Eva Jolie qui lui a donné envie de rentrer dans la magistrature. C'est-à-dire que c'était son sort de mentor, de guide qu'elle a découvert à la télé. Mais le fond du débat n'est pas qu'Eva Jolie était de gauche ou pas de gauche. Le fond du débat n'est pas là. Le fond du débat, je m'explique, je fais juste une synthèse. Le fond du débat, c'est qu'Eva Jolie était une personne qui souhaitait, quand elle était candidate à la présidence de la République, annuler le 14 juillet. Elle souhaitait qu'il n'y ait plus de 14 juillet, parce que le 14 juillet devait devenir un défilé, non pas de militaires, mais une sorte de grande parade. Philippe Muray dirait aujourd'hui, vous savez, une love parade, ou on trouverait une gay pride, ou quelque chose comme ça, qui remplacerait une sorte de 14 juillet. Pourquoi je dis cela par-delà la petite blague ? Parce que ça veut dire que... la haine à l'égard du politique, la haine à l'égard du régalien, la haine à l'égard de ce qui fait théoriquement État et démocratie, de l'autorité générale, on va dire, de ce qui s'appelle la politique, et la ligne de démarcation, et la marotte, le fil rouge de la magistrature depuis longtemps, sous couvert d'une notion à la mode qui est l'État de droit. Ça veut dire qu'à chaque fois qu'on va couper la tête aujourd'hui à Marine Le Pen, demain à Jean-Luc Mélenchon peut-être, après-demain à un remplaçant putatif, à chaque fois on nous dira... circuler, il n'y a rien à voir, l'État de droit fait le travail. Et au fond, l'État de droit qui fait le travail n'a, un, plus rien à voir, on en a déjà parlé, Clémence, avec vous, n'a strictement rien à voir avec ce que signifiait vraiment l'État de droit. Je passe quand même depuis cinq ans mon temps à éclair là-dessus, je sais de quoi je parle sur cette question, parce qu'en fait, l'État de droit a été remplacé par, hier, le gouvernement des juges, et aujourd'hui, le bon vouloir des juges. Parce que ce n'est même plus vraiment gouvernement. Je ne pense pas, vous savez, je pense que c'est une tête claire. Je pense qu'évidemment, les téléphones ont chauffé durant le week-end, voire la semaine dernière, pour savoir comment rendre cette décision. C'est une évidence. Mais par-delà les téléphones qui chauffent, je pense qu'il y a un impératif qui a été... somatisé par tous ces juges, c'est que la politique fait mal, nous faisons mieux. C'est que les politiques mentent, nous allons les traduire en justice. C'est que la politique ne peut rien faire parce que de toute façon, le contrôleur de la politique, le censeur qui s'appelle le magistrat, vaut mieux que des espèces de distrillon qui se débattent sur la scène de la représentation nationale pour faire quelque chose. Et ce remplacement-là, c'est le vrai remplacement que nous vivons. c'est le remplacement du politique par son contrôleur. Le juge n'est plus une autorité, c'est un contrôleur en chef. Il l'a tellement somatisé qu'il s'appelle aujourd'hui Brigitte, non, j'ai oublié, Bénédicte de Pertuis, ou Richard Ferrand, ou Aurélie Bretonneau, qui est la secrétaire générale du Conseil constitutionnel, choisie par Richard Ferrand, qui est une femme qui, à mon avis, n'aime pas beaucoup le Front National ou le Rassemblement National. Je pense qu'il y a là une constellation de points, et alors Jérôme Sainte-Marie a raison, soit... il y a une position de principe contre l'arsenal fait pour abattre le politique, soit à chaque fois, et je le dis depuis des mois Clément, c'est avec vous, vous allez au RN ou ailleurs, vous allez vous heurter contre des portes qui vont successivement se fermer et le mur petit à petit va vous rejeter globalement. Parce qu'on ne pourra pas jouer longtemps ce petit jeu à trouver une espèce d'issue de secours qui de toute façon n'existe. On va faire semblant de faire subsister des issues de secours pour mieux les fermer les unes après les autres. Soit on conteste le global, c'est-à-dire cette espèce d'idéologie de l'état de droit qui est devenue une tyrannie des juges, soit petit à petit la démocratie va définitivement s'arrêter, même en termes de rituel. Ce ne sera même plus un rituel, ce sera une mascarade en réalité qui petit à petit va se poursuivre dans cette situation, dans cette configuration.
mais finalement, ce que vous dites, c'est que le RN aujourd'hui ne peut plus jouer le jeu de continuer à tenter les prochaines élections, de faire entendre leurs messages, etc. Alors que si je m'ai compris, Jérôme Saint-Marie disait qu'il va falloir qu'on réussisse, nous, à percer, à se faire entendre. Et là, vous dites, en tout cas, on ne peut pas continuer avec les mêmes règles du jeu. C'est ce que vous dites.
Vous savez, Marine Le Pen a quand même un avantage fondamental, même dans cette période, je parle sous le contrôle de Jérôme Sainte-Marie, je ne veux pas faire la stratégie du RN à sa place, mais Marine Le Pen a un vrai avantage, elle est fondamentalement suivie par la classe populaire française. fondamentalement. Je ne suis pas un spécialiste en la matière, mais j'ai lu le dernier mot de Jérôme Fourquet sur la question, vous savez, et Jérôme Fourquet, il est même assez prenant, je veux dire, lorsqu'il parle de cette autorité naturelle de Marine Le Pen. Donc je pense que cette autorité-là permettre de trouver une issue, c'est-à-dire que les gens comprennent, que ce soit caricatural ou pas, parce que même ma position est un peu caricaturale, mais de façon caricaturale, les gens comprennent à mon avis qu'hier... Le peuple a voulu, les élites disent non, que la classe populaire a un candidat à 37% dans les sondages et que trois juges inconnus disent « ah non mais ça ne va pas se passer comme ça ». D'autant plus que la répétition depuis 2017, avec la Roumanie en fond, la question de l'Union européenne et la confiscation du pouvoir, il y a quelque chose comme les planètes s'alignent et les planètes s'alignent pour faire taire ceux qui prétendent, bon gré mal gré, le faire au nom du peuple.
Oui. Alors, je ne sais pas si Jérôme et Sainte-Marie vous souhaitez réagir.
très rapidement. Alors d'une part, je m'exprime à titre personnel ici, mais les choses sont malheureusement un peu plus compliquées que ce que dit Benessa, parce que j'ai été frappé par, vous savez, moi je suis quand même sondeur de profession, et les deux sondages qui sont parus hier sont à prendre en considération. Un sondage GELAB, un sondage ODOXA, montrant qu'une majorité de la population approuve plutôt ce qui s'est passé. C'est-à-dire que... On est face à une institution… La justice qui malheureusement a le nom d'une vertu et qui donc bénéficie d'un préjugé, comment dirais-je, d'immunité dans l'opinion. Par ailleurs, on sait très bien, je passe au contrôle de Régide Castelnau qui a beaucoup écrit là-dessus, on sait très bien qu'à chaque fois, pour reprendre son expression, qu'un politique passe au tourniquet, eh bien, tous les autres, toutes les autres familles spirituelles, si j'ose dire, se réjouissent en disant « c'est pas nous, c'est Fillon ». Ce n'est pas nous, c'est Mélenchon. Ce n'est pas nous, c'est Le Pen. Et donc, on a comme ça à chaque fois une majorité de gens et de politiques qui se disent « Ah ben quand même, il a bien cherché, tout simplement parce qu'ils ont un concurrent direct qui est en train d'être éliminé, non pas par les urnes, mais par les magistrats. » Et c'est ce qu'on constate dans les sondages qui ont été publiés rapidement hier. On voit bien qu'il y a une forme de gens qui se disent « Ben… » Tous ceux qui ne sont pas RN, ils se disent, comme ça, on n'a plus de problème pour arriver au second tour ou pour l'emporter. Donc, on est confronté sans cesse à cette pesanteur partisane qui fait que le combat est difficile à mener et que par ailleurs, on a toujours, toujours, toujours la présomption de s'en reprendre au fameux état de droit, d'avoir des positions liberticides alors même qu'en... en affrontant ce que devient la relation magistrature et politique, on défend la liberté. Donc c'est pour ça que je suis à la fois, je crois qu'on n'a pas le choix que de mener ce combat politique, mais je ne prétends pas qu'il soit facile à faire.
Je n'ai pas dit cela à Jérôme Saint-Marie, je ne vais pas dire que ce serait facile, au contraire. Mais vous savez, je pense aussi que, juste deux remarques, et je laisse mon confrère Régis en train de la parole, juste deux remarques premièrement. Dans le sondage aussi de fin novembre 2024, quelque chose comme ça, 65% des Français ont une vision négative de la justice, globalement, qu'ils estiment pas à la hauteur, laxiste, etc. Il y a une défiance. Et deuxièmement, je pense aussi, vous savez, que... Alors le « on » est très discutable, il faudrait affiner, mais je pense aussi qu'il y aura un respect immense d'une certaine catégorie de population. Je veux dire, il y aura aussi des sondages là-dessus, du courage qu'il faudra pour affronter la bête. Je pense quand même que là-dessus, il y a aussi un péril qui est respectable et qui peut aussi être apprécié par ceux qui suivent le RN et aussi ceux qui voient qu'à un moment, il faut bien que quelqu'un défonce avec le bélier, sinon il ne restera rien. Et je pense que si ce travail est fait, ça peut aussi susciter à terme, c'est dur, c'est délicat, c'est compliqué, et c'est clair que c'est le contraire de la dédiabolisation, là c'est évident, mais qu'en même temps, si vous ne le faites pas, à mon avis, si on ne le fait pas, on risque de toute façon d'aller au casse-pipe.
ça, ce sont les deux voies qui sont désormais au Rassemblement National. Est-ce qu'on continue, entre guillemets, de jouer le jeu, de se soumettre à ce jeu, entre guillemets, d'état de droit et démocratique avec les élections qu'on connaît et le gouvernement des juges ? Ou est-ce qu'on se révolte et on attaque la bête, comme vous l'avez dit, il a béné ça ? Mais je me retourne vers Régis de Castellon, je suis sûr que vous avez beaucoup de choses à dire depuis tout à l'heure, Régis. Oui,
bien sûr, mais alors, je vais commencer par cette idée du... du gouvernement des juges. Aujourd'hui, on voit bien que l'État de droit est l'outil pour les dominants, est l'outil pour brider la souveraineté, la souveraineté du peuple, c'est la démocratie sans des mots. Plus ça va, plus tout ce qui relève de l'élaboration démocratique, tout ce qui relève de l'expression démocratique du peuple est bridé et on essaye de s'en débarrasser. Alors ça va très très loin avec la décision d'hier, je dirais c'est presque une acmé quelque part, mais je crois que c'est… La particularité, c'est que la justice, mais la justice en France, elle a plusieurs supports. Il y a le juge administratif, le juge constitutionnel et le juge judiciaire. Le juge judiciaire, c'est un cas un peu particulier. Oui, j'ai bien entendu ce que disait Jérôme concernant les sondages. Ça ne me surprend pas. Guylain, il y a une... défiance vis-à-vis de la justice, mais elle est beaucoup plus importante vis-à-vis des politiques. Elle est beaucoup plus importante vis-à-vis des politiques, donc je vais dire, de ce point de vue-là, la justice dévoyée. moi je pèse mes mots, complètement dévoyé. Elle joue sur le velours parce que quand elle vient dire, et c'était la réponse que je voyais lire partout, « Ah mais comment ? » Sophia Aram disant « Ah ben vous voulez avoir le droit de détourner de l'argent, etc. » Alors là, ça oblige à rentrer dans la complexité des éléments, mais c'est difficile, le débat est difficile. Et puis surtout, à cette occasion, On constate que l'instrumentalisation politique de la justice, faire de la justice par juge interposé, c'est un sport national. Parce que quand Jérôme dit « oui, mais les politiques sont contents, ça tombe sur le voisin », non, non ! C'est plus que ça, ils sont contents parce qu'ils vont pouvoir s'en débarrasser. Ils font de la justice, de la politique par juge interposé. Et ils bénéficient pour ça d'un appareil judiciaire, et là je pense à la justice judiciaire, ils bénéficient d'un appareil judiciaire qui leur est de ce point de vue. Dévoué, dévoué parce qu'il a sa sociologie, il a ses modes de recrutement, il a sa culture, il a ses modes de fonctionnement. Il ne faut pas oublier comment on devient magistrat dans ce pays. Essentiellement, on est étudiant, au bout de cinq ans, les étudiants les moins aventureux, aventuriers, passent un concours qui n'est pas très compliqué, on les met dans une boîte. à Bordeaux, une espèce de bocal dans lequel ils vivent, cette endogamie qui se reproduise entre eux, et puis ensuite, à 26 ans, 27 ans, on leur donne un permis de juger. Donc bon, ils sont comme leur contemporain, qui devient journaliste, qui rentre dans d'autres métiers. C'est une couche sociologique particulière. Et donc, celle-ci, elle partage un certain nombre. d'éléments politiques, idéologiques, culturels, économiques aussi, il ne faut pas oublier ça. Et donc, elle va se déterminer dans ses prises de décisions sur la base de deux éléments très importants. Le premier, elle constate qu'elle a le pouvoir, c'est elle qui tient le manche. Je pense que l'expérience des Gilets jaunes, où il y a eu un massacre judiciaire, il ne faut pas l'oublier, où il y a eu plus de 300 peines de prison ferme pour primo délinquant, où M. Edouard Philippe est venu à l'Assemblée nationale en disant « vous avez vu, il y a eu des milliers d'arrestations », ça a été féroce. Ah ils sont de gauche, ben tiens, c'était les couches populaires, ils les ont massacrées, ils ont une véritable aversion. pour ces couches populaires. Et moi, j'invite à lire les décisions de justice quand elles sont rendues. C'est très intéressant. C'est très intéressant. Ce sont des cours de morale. Des cours de morale, c'est-à-dire que ce corps particulier, dans la mission qu'on lui laisse entreprendre, qui est celle effectivement d'être l'outil du gouvernement des juges, il a... sa propre vision des choses et il a envie d'imposer sa morale, alors j'utilise le terme moral, sa morale à la société. Faut lire, bon j'ai eu une expérience récente avec le jugement de condamnation du regretté Patrick Buisson, c'était impressionnant. Sur le plan juridique, ça ne tenait pas debout la fameuse affaire des sondages de l'Élysée, mais il fallait voir comment c'était rédigé. Je rappelle la fameuse affaire de cette militante du RN qui avait été condamnée pour... racisme contre Taubira. Elle avait été condamnée à neuf mois de prison ferme en Guyane, ce qui était absurde. Mais le jugement, c'était un tract. C'était un tract qui violait toutes les règles. du droit pénal français, la décision a été annulée en appel. Les magistrats qui l'ont rendu, en aucun cas n'ont été inquiétés, n'ont subi la moindre procédure. On ne leur a jamais demandé des comptes. On n'a jamais de
compte aux magistrats.
Quelquefois, si jamais ils mettent sur les réseaux leur fille de 13 ans pour des relations sexuelles, là, s'ils passent et ils sont
condamnés
avec indulgence. Là, c'est de la mauvaise foi, ce que je suis en train de faire. Pour revenir
sur cette décision et les motivations politiques du jugement, peut-être aller un peu dans le détail et expliquer à nos éditeurs. C'est considérant du tribunal correctionnel de Paris et à quel point ils sont politiques ? Si vous pouvez nous expliquer ça, Régis.
C'est-à-dire que c'est le cours de morale. Ils ont fait ci, ils ont fait ça, ça veut dire qu'ils sont cyniques, ça veut dire qu'ils sont méchants, et puis alors cette tarte à la crème, ils ont, par leur atteinte à la probité, violé l'engagement qu'ils prenaient vis-à-vis du peuple, ces gens qui ne sont jamais élus par personne, qui disposent de pouvoirs colossaux du fait de leur place dans les institutions, ils donnent des cours sur la façon qu'il y aurait d'exercer un mandat politique. Donc oui, la presse doit répercuter un certain nombre d'éléments, parce que le jugement, il n'est pas disponible. Il n'est pas disponible. Non, il n'est pas disponible. Toutes les juridictions, quand elles rendent une autre administrative, conseil constitutionnel, lorsqu'elles rendent une décision, hop, le texte est accessible. Parce que la justice, elle est publique. Ah non, chez le judiciaire, ils ont eu quatre mois pour le rédiger, mais il n'est pas disponible. Il n'est pas disponible, je ne sais pas quand est-ce qu'on l'aura. Ça, c'est quand même...
Pardon, on peut s'arrêter là-dessus deux secondes. Ça, ça arrive ou ça n'arrive jamais ? ne soit pas disponible
toujours ! Pour des affaires de ce type, évidemment ! Évidemment, mais bien sûr. Donc il faut attendre, il faut… Pardon, Guilla, allez-y.
Non, non, mais Régis a complètement raison. Moi, hier, je rafraîchissais mes pages au fur et à mesure pour trouver la décision introuvable. Donc on passe la journée à commenter une décision de cette nature, de cette ampleur qu'on n'arrive pas à trouver. Je sais, totalement invraisemblable qu'il n'y ait pas au moins sur cette affaire une espèce de respect de la démocratie et de laisser au jour la perspective. de consulter la décision. Mais alors là, je rebondis sur ce que disait Régis à l'instant, sur les motivations et la rédaction du jugement. Il y a deux points qui m'ont paru, alors là je pèse mes mots Clémence, lunaire. Lunaire, c'est-à-dire c'est lunaire, je ne peux rien dire de plus. Le terme est beaucoup trop faible, il faudrait qu'on en trouve un autre ce matin, peut-être plus adéquat. Premièrement, on nous dit que l'exécution provisoire a été retenue, eu égard qu'elle est exécutoire d'office, eu égard... Au risque de récidive. Au risque de récidive. Ça veut dire que Marine Le Pen, parce qu'elle a refusé de reconnaître l'infraction, et Marine Le Pen et tous les autres, peu importe, parce qu'ils ont refusé de reconnaître l'infraction, il y a donc risque de récidive, qu'ils recommencent demain. Ça veut dire qu'à ce titre-là, parce qu'elle a nié l'existence de l'infraction ou essayé de l'adminorer, il y aurait risque de récidive, donc exécution provisoire. C'est délirant. Je vous avoue, n'importe quel client, que ce soit au pénal, au civil ou en administratif, tous mes clients me disent « c'est pas moi, c'est l'autre ». C'est le jeu même de la justice. C
l'exercice des droits de la défense. Je suis libre de mon argumentaire.
Mais exactement, Régis, c'est ce que j'allais dire, c'est d'une part. Alors, vous avez tout à fait raison, c'est d'une part comme ça que ça fonctionne pour des questions de principe et aussi des questions pratiques. Les deux se rejoignent. Et d'autre part, à côté de la récidive, alors là, les bras m'en tombent, c'est que si, d'aventure, c'est ce que j'ai compris de ce qui sort du jugement que nous n'avons pas. Si, d'aventure. une candidate comme Marine Le Pen pouvait se présenter aux élections alors que cette affaire a eu lieu, il y aurait risque de troubles à l'ordre public. Ça veut dire que ça pourrait avoir un rôle, ça pourrait engager un trouble à l'occasion de l'organisation des élections présidentielles de 2027. Alors là, je veux dire, c'est pas trop mal. Ça veut dire qu'il faut réfléchir deux secondes. Le juge judiciaire hier s'est inventé, juge administratif, il fait de la prévention administrative. Pour l'organisation d'élections présidentielles pendant deux ans, donc avec deux ans d'avance, il se dit que ça va être compliqué d'organiser les élections dans ces conditions eu égard à cette affaire. Deux ans avant. C'est totalement invraisemblable de réfléchir de cette façon-là. Et c'est les deux motivations qui, semble-t-il, justifient que la peine soit d'exécution provisoire s'agissant de l'inégalibilité de Marine Le Pen. Franchement, l'émence. Je ne sais pas quoi dire, si ce n'est qu'on prend les Français pour des cons, et qu'après, nous aurons des discussions pendant 15 ans à se demander si oui ou non, on a le droit de remettre en cause la manière dont l'état de droit fonctionne. Sincèrement, c'est invraisemblable.
On va terminer là-dessus, parce qu'on arrive à la fin de cette émission, mais en fait, on ouvre des portes et on aura encore beaucoup à commenter, donc je vous invite à ce qu'on se retrouve une deuxième fois. Mais comme vous dites, je vais reprendre l'expression, elle n'est pas de moi, on prend les Français pour des cons. Je voudrais qu'on s'arrête en effet deux secondes là-dessus. J'imagine que tous nos auditeurs sont un peu plus avertis que d'autres et donc se rendent compte de ce qui se passe. En effet, on a fait le lien avec ce qui s'est passé en Roumanie. Aujourd'hui, on a des élections qui ne peuvent pas se dérouler comme elles devaient se dérouler puisque certains ont décidé que certaines personnes n'avaient pas le droit de se présenter. C'est tellement énorme. Je me demande pourquoi il n'y a pas encore une révolte ou un vent de révolte en tout cas en France, en Roumanie et ailleurs. Est-ce que ça va provoquer ou est-ce que nous sommes un peuple de moutons désormais totalement aveuglés et qui est incapable de se rendre compte ? Je vais vous demander à chacun un dernier mot de conclusion. Guilherme Benessa, on va commencer par vous.
savez, on en parle régulièrement, c'est mon motif de tragédie, c'est que je dis tout cela et j'essaye de mener la bataille comme d'autres sur le sens des mots, c'est à mon maigre niveau ce que j'essaye de faire. Je pense qu'il y a de l'endormissement généralisé. Alors l'endormissement, il est plus ou moins violent selon les tempéraments, je crois au tempérament des peuples personnellement, il est plus ou moins profond pour des raisons historiques, etc. Je ne sais pas si en France, il y a eu le réveil par le pays des Gilets jaunes, de temps en temps, sans. poindre une espèce d'étincelle, il y a quelque chose qui démarre, mais je suis d'accord avec vous qu'on est dans l'inconnu, moi je suis quand même convaincu sincèrement, là c'est pas pour finir sur notre désespoir ou de désespoir, mais je suis convaincu. que cette décision-là va avoir des répercussions extrêmement lourdes sur le regard que les Français portent sur la politique, le judiciaire, le lien entre les deux et la démocratie. Là, je pense sincèrement que là, je ne veux pas donner de leçons, je ne veux pas faire de morale justement, mais l'État de droit déconne. Je pense même, vous savez, que l'État de droit hier, quelque part, s'est un petit peu suicidé. On ne va pas se suicider un petit peu, j'admets que la formule est un peu hardie, mais en tout cas, c'est quelque chose comme une balle dans le pied. qu'à force de bonne conscience et de moraline, ils se sont tirés hier une balle dans le pied. Je ne sais pas s'il y aura une balle demain dans l'autre pied, on va voir, mais je pense que là, quand même, il y a une première balle dans le pied, une première balle sévère. Jérôme Sainte-Marie.
moi, je vais céder peut-être davantage à mon pessimisme naturel, mais vous savez, quand on atteint un certain degré d'indignation, ça ne provoque pas toujours de la colère en réalité. Ça peut provoquer au contraire une logique de sortie du jeu, une logique de résignation, l'écœurement à un certain degré. D'ailleurs c'est logique, quand vous protestez contre le système, à un moment donné vous dites que finalement la seule façon de faire c'est de sortir du système individuellement. Moi j'ai très peur que se développe une forme de survivalisme politique dans ce pays, notamment dans les catégories populaires, disons au fond.
fond,
on ne peut rien faire. C'est un peu ce que l'on a pu constater après les Gilets jaunes, en disant « le système est trop fort, il a l'impunité pour nous éborgner, pour nous arrêter ». Je crois que Gilles Castelmo a écrit quelques petites choses là-dessus. Et là, on est à 37% à les sondages, parce que c'est la candidate des catégories populaires qu'on essaye d'empêcher. Eh bien, tant pis. Eh bien, tant pis. On a encore une décision populaire mobilisée, contrairement à d'autres pays comme les États-Unis. Elle peut très bien se démobiliser. C'est pour ça, d'ailleurs, qu'on essaye de trouver des formes de mobilisation. C'est pour ça qu'il y a des appels à manifester, très clairement, qui sont en train d'être lancés ce matin pour le week-end prochain. Mais c'est vraiment compliqué, d'autant plus que... Je partage également une analyse de classe de la vie politique avec Régis de Castelnau. C'est pour ça d'ailleurs que ces catégories-là sont aussi, comment dirais-je, regardées de manière un peu goguenarde une nouvelle fois par les autres classes sociales ce matin.
Les mots de la fin pour Régis de Castelnau.
Moi, je vais être encore plus pessimiste que Jérôme Sainte-Marie, pour une fois. Sur cette question de la justice politique, effectivement, ça fait quelques années que je rame. ayant constaté cette dérive, ayant constaté cette installation de la justice judiciaire que j'ai pratiquée à titre professionnel pendant 50 ans, dans cette place effectivement de domination politique. Oui, je crains la résignation, d'abord sur le plan de la réaction politique permettant de réassainir, de restaurer la démocratie. pour le scrutin de 2027, je ne vois pas trop quelles solutions. Il y en aurait une, c'est-à-dire que la Cour d'appel se réunirait rapidement, en tout cas avant le mois de septembre 2026, parce que c'est là où la campagne électorale pour 2027 va commencer, techniquement on s'entend, et prennent une décision qui revienne, non seulement sur l'exécution provisoire, mais également sur le principe même. de l'inéligibilité. Donc, parce que ça serait cette peine complémentaire, parce que ce serait là aussi, je veux dire, de faire peser sur le processus électoral lui-même quelque chose d'assez lourd. Alors, je ne vois pas comment ce serait possible d'arriver à obtenir des magistrats de la Cour d'appel de Paris qu'ils se comportent en démocrate. Je n'y crois pas. Je n'y crois pas. Alors, Il y a une autre solution qui a été mise en avant hier par Dimitri Medvedev, l'ancien président russe. qui dit très souvent n'importe quoi qui est un provocateur et qui dit, écoutez, voilà, Marine Le Pen, c'est vraiment une situation difficile. Peut-être que la seule solution, ce sera de faire comme en 1815, que le 31 mars 1815, les Cossacks arrivent à Paris. Bon, c'est effectivement une provocation. La situation en Europe aujourd'hui, dans tous ses aspects, y compris le bellicisme, y compris la façon dont l'Union européenne fonctionne, la tentative au travers de cette instrumentalisation d'un soi-disant risque de guerre pour essayer de mettre en place un système fédéral, l'impunité totale de la patronne de l'UE actuelle qui est Ursula von der Leyen, dont chacun sait qu'elle est corrompue jusqu'à l'os, il ne se passe rien. Donc la Roumanie… où ils ont réussi leur coup et que l'élection présidentielle se déroulera sans le candidat. avait fait quelques 20 et quelques pourcents seulement, mais tout ça est également verrouillé. Rappelez-vous qu'il y a eu le discours de J.D. Evans à Munich, qui a dit, le problème, ce n'est pas la Chine et la Russie, le problème, c'est vous. On ne reconnaît plus nos valeurs,
ce qui s'est passé en Roumanie.
Et ce qui s'est produit hier, si son discours avait dû appris, il l'aurait probablement cité, parce que les réactions aux États-Unis sont un peu sidérées. Non, je crois que malheureusement, le processus de décomposition de l'ensemble de ce système, en France mais aussi en Europe, est en cours et que je ne vois pas comment on va échapper à cette décomposition. Espérons qu'elle prenne des formes qui ne soient pas tragiques.
Merci beaucoup Régis de Castelnau, merci beaucoup Guylain Benessa, merci encore Jérôme Sainte-Marie et merci à Bruno Golnich qui est intervenu tout à l'heure. Vous avez aimé cette émission, vous voulez que l'on continue d'exister et de creuser ces sujets. Sachez que nous n'avons ni subvention, ni milliardaire, ni oligarque derrière nous, que nous ne dépendons que de vous. Donc faites un don à toxin-media.fr, toxin-media.fr et encore mieux faites un don régulier pour que nous continuions d'exister. Merci.
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