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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
La matinale de Radio Classique avec David Abiker.
Guillaume Tabard. Bonjour David. Alors que l'Algérie a refusé la liste de 60 ressortissants que la France voulait expulser, Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur, a annoncé la suspension des accords de 2007 relatifs à l'exemption de visa. Cette décision est-elle inéluctable ?
Écoutez, oui, elle l'était, car d'un côté l'Algérie a joué ostensiblement le jeu de la provocation vers la France. Ce n'est pas la première fois, rappelons-le, qu'elle refuse de reprendre des ressortissants faisant l'objet de ces fameuses OQTF, obligations de quitter le territoire français. Et c'était nécessaire aussi car d'un autre côté, le gouvernement français, le ministre intérieur, a tellement qualifié d'inacceptable l'attitude des autorités algériennes et tellement menacé de représailles que se coucher une fois de plus n'aurait pas été uniquement l'humiliation de trop pour notre pays, mais aussi un aveu définitif d'impuissance. ou de démission. Alors, plusieurs réponses ont été envisagées, notamment la remise en cause des accords de 68, très favorable, on le sait, à l'Algérie. Alors, on n'en est pas encore là, car il était convenu que la réponse serait graduée. C'est la formule employée par le gouvernement. Et face au non-respect des accords de 1994, sur la reprise des citoyens dont l'expulsion a été prononcée, Paris a donc décidé, dans un premier temps, de suspendre Un autre accord de 2007 qui permet aux détenteurs d'un passeport diplomatique algérien d'effectuer de courts séjours en France sans visa. Alors peut-on
aussi parler de test personnel pour Bruno Retailleau qui dimanche dans le Parisien ? a mis sa démission dans la balance. Oui,
c'est clair qu'il y a un enjeu de crédibilité personnelle pour Bruno Rotaillot. Sa popularité, place Beauvau, s'est en grande partie construite sur son discours de fermeté sur l'immigration, et notamment face à l'Algérie. Sur ce sujet, lui, l'ami de l'écrivain Boalem Sansal, détenu dans les geôles de M. Tebboune, ne s'est pas contenté d'être au diapason de l'opinion. Il a aussi réussi à mettre le gouvernement en mouvement. Mais, évidemment, la grande difficulté... quand on est ministre donc quand on tient les manettes c'est que les discours même plébiscité ne suffisent pas il faut des actes et il faut des résultats alors pour le traduire en termes électoraux disons qu'un rotaillot qui réussirait priverait le rassemblement national de son meilleur fonds de commerce mais un rotaillot qui ne ferait finalement pas mieux que ses prédécesseurs place beauvaux serait une aubaine pour le parti de marine le pen alors les résultats on le sait ça ne soit s'il n'y a pas d'un claquement de doigts. Mais l'action, ça se décide et donc la suspension de l'accord de 2007 en est une première étape.
Alors cette menace de démission n'est-elle pas aussi un message apporté de politique intérieure ? Ben si, un message d'abord
à l'intention du président de la République et du Premier ministre. Emmanuel Macron a dit qu'il n'était pas favorable à une remise en cause unilatérale de l'accord de 68 et qu'accessoirement la décision lui revenait à lui, ce que d'ailleurs certains juristes... Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Nel Barraud, est aussi sur cette ligne. Usons des mécanismes diplomatiques plutôt que de montrer les muscles. François Bayrou, lui, tout centrist qu'il est, partage davantage la ligne de son ministre de l'Intérieur. Mais pour défendre sa crédibilité, Bruno Rotaillot a besoin de montrer qu'il ne veut pas être ministre à tout prix et que si on ne le suit pas, il partira. Et compte tenu de sa popularité actuelle, c'est Macron et Bayrou qui n'ont pas intérêt. à le perdre. Rutaillot use donc de ce pouvoir de dissuasion, mais il en use aussi dans sa bataille contre Laurent Wauquiez, pour la présidence de LR, pour ne pas lui offrir un angle d'attaque sur le thème « Au gouvernement, il n'obtient rien ». En tout cas, pour l'instant, cette menace ou cette stratégie de Bruno Rutaillot porte ses fruits, car l'Elysée a cru nécessaire de rappeler que le chef de l'État... partageait pleinement la ligne de fermeté de son ministre.
Hubert Védrine, j'en profite, vous êtes dans le studio, vous êtes déjà là, vous êtes l'invité de la matinale. Faut-il arrêter l'escalade avec l'Algérie
pense que la synthèse qui a... décrite Guillaume Tabard est assez juste. Donc il y a des messages de fermeté qui ont été envoyés, après c'est géré de façon, enfin il y a un mélange, ils ont des fermetés de diplomatie. Mais je ne trouve pas choquant qu'à une époque où l'ensemble de l'Europe veut gérer mieux les flux migratoires, donc l'ensemble des accords, l'Algérie soit aussi dans le champ d'analyse, pas uniquement l'Algérie. On ne voit pas comment les échanges échapperaient à une sorte de... L'évolution de l'ensemble des Européens vers une meilleure gestion des flux, des visas, etc. Je le remets dans l'ensemble, je ne résonne pas qu'Algérie. Merci Guillaume, à demain.
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