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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
On n'est pas toujours d'accord, le débat continue avec Florence Portelli, maire Les Républicains de Tavernier dans le Val-d'Oise et Patrice Bessac, maire communiste de Montreuil en Seine-Saint-Denis. Alors on évoquait l'allocution d'Emmanuel Macron prévue ce soir à 20h et que, je vous le rappelle, vous pourrez suivre en direct sur RTL. Et on vous a entendu tirer des très grandes perspectives à long terme en parlant d'industrie, plein de choses très intéressantes. Mais je me dis, si ce soir le chef de l'État dit ça... Tous les commentateurs dont nous sommes vont dire, bon, c'est bien, mais il n'a rien dit de concret. Est-ce qu'il faut qu'il soit plus dans le dur, dans des annonces, nous préparer à une économie de guerre ? Déjà, il n'est
pas seul. Ça ne dépend pas que de lui. Le problème, c'est qu'il a beaucoup parlé. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, il n'est plus audible. Pas pour les questions qui concernent l'Ukraine, mais à cause de sa faiblesse sur le plan politique.
Sur les questions internationales, c'est quand même le domaine réservé.
Non, mais tout à fait. Mais je pense qu'il y a beaucoup de nos compatriotes qui ne sont plus sensibles à ce qu'il dit. Alors, on peut le déplorer. Moi, je pense que l'affaiblissement de la part... Parole présidentielle, c'est une catastrophe. Mais la réalité, c'est celle-là. Alors moi, je n'attends pas qu'il fasse des cris de matador et qu'il soit tenitruant. Et je n'attends pas du président de la République française qui se comporte comme celui des États-Unis. Mais
est-ce qu'il faut des
annonces
concrètes ? Patrice Bessac.
D'abord, moi j'ai un problème avec Emmanuel Macron, c'est que j'ai le sentiment qu'on a un président zébulon, qui change d'avis comme de chemise, qui fait des déclarations en l'emporte-pièce, qui quand il a bien dormi ou mal dormi, dissout ou pas l'Assemblée Nationale, et donc il y a au fur et à mesure un problème de crédibilité. Ce n'est pas tout petit peu caricatural quand même ? Pas tant que ça, parce que franchement en matière internationale, ce qu'il a fait... C'est-à-dire croire une fois de plus qu'en allant voir le président des Etats-Unis, parce qu'il est Emmanuel Macron, parce qu'il est si beau, si intelligent, il allait changer la donne, ça n'est pas un acte politique, c'est un acte individuel. Sur
l'Europe de la défense, pardon. Alors lui, pour le coup, on ne peut pas lui retirer ça. Ça, ça fait des années et des années qu'il en parle et qu'il l'appelle de ses voeux.
Oui, c'est la position française traditionnelle. Et vous avez raison de souligner que le président de la République a posé cette question. Mais je pose... la question de la crédibilité d'un président qui, de manière consubstantielle, a joué perso à tous les moments. Et qui, du coup, sur la scène européenne, comme sur la scène internationale, comme sur la scène nationale, et d'une certaine, à une parole qui est complètement décrédibilisée. Et donc il ne doit pas prendre la parole
le soir ? Si, si, si, mais vous savez, il y a une phrase, alors, je vais vous faire plaisir, une phrase de Lénine, que je suis sensible, qui disait, il y a des décennies où rien ne se passe, il y a des semaines où des décennies se produisent. Et justement, on est dans ce temps-là. Et dans ce temps-là, on attend des miracles, on attend en fait un De Gaulle. On n'a pas de De Gaulle. De Gaulle, il est mort en 70, c'est fini. On est en plus dans une période où la souveraineté des peuples, et la souveraineté surtout des nations, a été sérieusement raboté. On n'a pas de voix dominante en Europe. Voilà la réalité. Donc aujourd'hui, il ne faut pas attendre de miracle. En revanche, le seul bon côté de cette brutalité trumpienne, de la brutalité du monde qui nous entoure, des prédateurs qui nous entourent, c'est que ça appelle justement un sursaut. À chaque période exceptionnelle, on peut justement attendre un sursaut exceptionnel. Donc moi, je n'attends pas tout de lui ce soir. Surtout pas, je serais même inquiète s'il commençait à dire tout et n'importe quoi. Mais j'attends de lui une constance. une persévérance et une ligne.
Franchement, Thomas Soto, vous avez raison de dire que j'étais un peu caricatural. Et au fond, je pense qu'on est dans un moment qui appelle à une gravité nouvelle des responsables politiques. Il y a une forme d'union nationale ou pas ? Au fond, l'union nationale ne peut être constatée qu'à partir du moment où il y a un travail. qui commence et qui a sa part de sérieux et de conséquences. Et je pense que ça, c'est aussi un appel sur le climat du débat politique à la fois européen et français. On ne peut pas gérer une crise de cette nature avec la violence qui s'est... emparé du débat.
Et un parlement, une assemblée nationale quasiment vide quand le Premier ministre s'exprime sur le sujet récemment. Il y a un moment où il faut vraiment que tout le monde oublie les brefs de comptoir, les anathèmes, la violence verbale et se mette sérieusement au travail. Vous
avez vu à quel point, pardon, l'hémicycle ? Il n'y avait personne ?
Oui, c'est très choquant.
Désolée, c'est choquant.
Le jour du débat sur l'Ukraine,
il n'y a personne ? Ça me choque.
Il n'y a pas vraiment de débat. Non, c'est un débat sans vote. Mais en tous les cas, oui, c'est extrêmement choquant. Et de toute façon, de manière globale, ce qui m'a choquée, même aux dernières élections présidentielles, c'est qu'avant la guerre en Ukraine, même du côté, je suis désolée, des journalistes, on n'interrogeait pas les candidats à la présidentielle sur leur vision diplomatique. sur leur vision en matière de défense et militaire, alors que c'est la première prérogative du président de la République. Donc il faut qu'on s'interroge collectivement, plutôt que de parler de nos petits bobos de français matin, midi et soir. Est-ce qu'il ne faut pas qu'on ait un moment, une posture plus collective et qu'on aille vers des débats qui nous dépassent largement et qui concernent l'humanité toute entière
Sur la nature du débat français, c'est clair qu'une partie des responsables... ont leurs yeux rivés sur Twitter. Et donc sur le fait de publier la bonne vidéo avec M. Machin qui détruit Mme Machin et qui permet de faire quelques centaines de milliers de vues et d'être reconnue. Ce qui pose pour moi le problème non seulement du fait que ce type de débat ne mène à rien, mais aussi le problème de notre indépendance. du système informationnel. Parce que c'est un système dans lequel la colère, l'émotion, les quelques secondes de violence finissent par dominer l'ensemble de la construction du débat politique.
Pardon, mais vous, les politiques, au sens très large, pas vous deux, mais vous en êtes largement responsables, parce que vous alimentez... Et les journalistes, vous en êtes aussi largement responsables. Bien sûr, bien sûr.
En fait,
le problème... On ne peut pas s'exonérer de ça, les politiques. Dès qu'il y a une naissance, il y a un tweet. Dès qu'il y a un décès, il y a un tweet. Si on
ne le fait pas, non ça je suis d'accord avec vous, en revanche si on ne participe pas sur tous les réseaux sociaux qui existent, on laisse la parole aux gens qui sont le plus caricaturaux. Donc c'est toute la question de la présence. Après je vous dirais quand même, il y a eu deux accélérateurs, les réseaux sociaux et puis les chaînes d'info continue. Je ne jette pas du tout l'anathème sur les chaînes d'info continue. Elles sont utiles, mais ça a accéléré le temps court. Il y
a eu des études documentées sur ce qu'on a appelé le premier génocide, Facebook de l'histoire. Ce qui s'est passé en Birmanie. du fait du changement des algorithmes de Facebook, a conduit à une montée immense de la violence à l'encontre des populations Rohingyas. Petit peuple minoritaire de Birmanie. Et on sait l'attribuer. Des études ont montré que c'était directement les changements d'algorithmes de Facebook. Et donc, ce n'est pas tant, Thomas Soto, le problème de la position des responsables médiatiques français ou des responsables politiques français. C'est aussi ce problème. Mais c'est aussi le problème de maîtriser les algorithmes qui nous gouvernent. On fait une loi dans laquelle on impose à Twitter... à Facebook et aux différents réseaux des critères de transparence qui soient favorables à un débat public responsable. Quand dire et avoir des propos de violence et de haine est plus profitable à la visibilité que tenir un débat rationnel, nous ne sommes plus dans l'espace d'un débat démocratique.
Quand on arrive quand même à une représentation nationale, et je suis désolée, notamment portée par la France Insoumise, où vous avez des députés qui disent « mangez vos morts », ça n'aide pas non plus après à donner des excuses. à faire voter des textes en disant, nous, nous sommes des parangons de vertu. Moi, j'aimerais bien déjà que les gens qui nous représentent et les gens qui votent pour eux s'interrogent sincèrement sur quand on est député, quand on est homme d'État, quand on est femme ou homme d'État, quand on est élu de la République. Il y a des choses qu'on n'a pas le droit de dire.
Bon, il y en a un qui refait. Parler de lui ce matin, non pas sur les réseaux sociaux, mais dans le magazine Valeurs Actuelles. Je lis. Zelensky n'est pas le héros irréprochable magnifié par des Européens auxquels il procure le frisson d'un combat pour la liberté par procuration. Il a sa part de responsabilité dans le déclenchement de la guerre et il refuse aujourd'hui d'arrêter une guerre qu'il ne peut pas gagner. Ses mots, ce sont ceux de François Fillon. candidat à la présidentielle de 2017. 'est-ce qui lui prend Florence Portelli de sortir comme ça du
bois ? Vous nous faites une brève comme celle que nous avons dénoncé tout à l'heure, chère Amandine Bégaud. Vous, pourquoi ? Parce que vous citez un petit extrait. Il fait combien de pages l'interview ? Quatre pages. Ah, il dit plein d'autres choses. Il dit plein d'autres choses. Ce qu'il dit sur l'Ukraine, c'est ça. Non,
je
vais vous dire pourquoi je me permets de dire ça. Mais vous avez raison. C'est de manière globale. Je vous réponds très franchement. J'ai trouvé que... La hauteur de vue du style, du fond, sur l'ensemble de l'interview était remarquable. Et que ça manque terriblement aujourd'hui. Et sur ce plan-là... Moi, qui suis fière d'avoir été sa porte-parole parce que je ne crache pas dans un soupe qui admire l'homme et qui admire cet article, je ne suis pas d'accord avec ça. Mais si c'était
quelqu'un de gauche, par exemple, qui aurait dit ça, vous auriez violé. Non, je
ne le dis pas parce que justement, il élève enfin le débat à la hauteur à laquelle il devrait être. Mais je vous le dis sincèrement, je ne suis pas d'accord avec ça. Je trouve ça beaucoup trop nuancé. Et je pense qu'il y a un agresseur et un agressé. Et pour moi, Zelensky est un héros.
Patrice Bessac, ça vous fait plaisir d'entendre parler de François Fillon ?
ça faisait longtemps, donc c'est toujours intéressant. Mais après, il est bon de constater qu'entre les éléments de langage de Donald Trump, ceux de M. Vance, ceux de M. Fillon, on est à peu près dans le même ordre d'idées. Et il reprend les éléments de langage de M. Poutine.
Avec un point qui est peut-être gênant, c'est qu'il a fait beaucoup de business avec des entreprises russes, François Fillon. Est-ce que c'est gênant, ça ?
je considère que quand on a été chef d'état ou premier ministre, ça ne devrait pas être le cas. Mais en même temps, il a été tellement massacré, j'assume ses mots, qu'après il faisait ce qu'il pouvait et je n'ai pas envie de critiquer ça.
je trouve que c'est gênant que des responsables politiques soient sous l'influence de puissances étrangères, quels qu'ils soient. Donc à partir du moment où on travaille pour des entités... Placé directement sous influence étatique étrangère, il faudrait s'abstenir d'intervenir dans le débat public.
Mais sincèrement, j'invite quand même, parce que je vous dis, moi j'étais pas d'accord avec toi alors que je revendique d'avoir été très proche de lui. Mais honnêtement, le ton et le fond, c'est remarquable. Et j'aimerais tellement que dans la classe politique française, on place le débat où on peut de manière très saine ne pas être d'accord, à cette hauteur-là et à ce niveau-là, ça ferait terriblement du bien.
Mais parce que si on reprend le fond de l'interview de François Fillon, le problème de la paix aujourd'hui et du cessez-le-feu, c'est quelle garantie pour l'Ukraine du respect de ses frontières et du respect des conditions d'un cessez-le-feu. Or, ni François Fillon dans son interview, ni le président Trump à aucun moment n'évoquent... clairement, dans ce qu'il appelle le cessez-le-feu, les conditions de respect du peuple. Donc je rappelle que des centaines de milliers de personnes sont... On va continuer à parler de François Fillon
et un peu de la droite avec une actrice engagée, Florence Portelli, et un casque bleu, Patrice Bessac. A tout de suite sur RTL.
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