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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Avec nous, Olivia Tétroya, bonjour. Merci d'être avec nous, Olivia, journaliste au Figaro, spécialiste des questions agricoles. Et Mickaël Darmon, bonjour, Mickaël. Merci également d'être là, éditorialiste à I24 News. On va parler du salon d'agriculture qui se tient à Paris jusqu'à dimanche dans un climat beaucoup plus apaisé que l'année dernière. Alors Emmanuel Macron a-t-il réussi à calmer cette colère du monde agricole ? Vous nous direz ce que vous en pensez, Yann. Vous nous direz-vous qu'ont obtenu les agriculteurs dans les dernières lois ?
Oui, deux textes adoptés, un encore en discussion. On verra ce qu'ils contiennent.
Dans quelques instants, on verra que les chantiers... sont encore nombreux sur la rémunération des agriculteurs et les inquiétudes sont encore vives sur le Mercosur. Mais avant de vous entendre, on va tout de suite se rendre au Salon de l'agriculture. Et on va donc tout de suite au cœur de ce salon de l'agriculture à Paris-Porte de Versailles. On retrouve Quentin Calmet. Bonjour Quentin. Merci beaucoup d'être avec nous. Bonjour Ariane. Quentin, vous êtes en compagnie d'une figure bien connue du monde agricole. C'est Christiane Lambert.
Bonjour Christiane Lambert. Vous êtes maintenant présidente du syndicat des charcutiers traiteurs. Effectivement, on vous reconnaît parce que vous avez été la présidente de la FNSA, le principal syndicat agricole entre 2017 et 2023. Alors que dire de la filière charcuterie traiteur ? Comment se porte-t-elle en 2025 ?
'est 400 entreprises françaises réparties dans tout le territoire, comme le montre cette belle carte. Et nous avons aujourd'hui 30% de nos entreprises qui sont en difficulté parce qu'elles n'arrivent pas à passer les hausses auprès des distributeurs. Nous maintenons des traditions. Nous avons 32 000 emplois, 9 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Nous exportons. Mais nous avons besoin de répercuter tous les coûts que nous avons subis sur les dernières années.
Oui, c'est ça. Les négociations commerciales qui se déroulent ces jours-ci, elles doivent se terminer normalement après-demain. Ça se passe mal. On entend dans la presse, on lit. dans la presse, que dans certaines filières, ça négocie toujours, il n'y a pas d'accord. Que dire de votre filière ? C'est tendu.
Certaines entreprises ont réussi à avancer pas mal sur les négociations, sont à 90% de signature, d'autres n'ont rien signé du tout. C'est assez invraisemblable que les distributeurs demandent aujourd'hui des baisses de prix, alors que nous avons plus 45% sur l'énergie en 3 ans, nous avons plus 43% sur le prix du port, nous avons aussi 20% de plus sur les emballages, etc. Toutes les charges ont augmenté. Et comme les matières premières agricoles, c'est-à-dire le prix payé aux agriculteurs, ne peut pas être renégocié, ce sont les industriels qui sont compressés. par les acheteurs, les distributeurs avec des centrales de plus en plus puissantes.
C'est ça en fait. Il y a une répartition de l'effort sur le prix entre producteurs, entre aussi le transformateur et également la distribution, la grande distribution. Qu'en est-il de ce bras de fer aujourd'hui ? Est-ce que vous faites suffisamment d'efforts, vous par exemple, les industriels ?
Vous savez, il faut que chacun gagne sa vie. Il faut des producteurs qui aient de la rentabilité du revenu, des entreprises qui en aient aussi et puis les distributeurs qui arrivent à tenir. La réalité, c'est que depuis des années... On a des producteurs qui ont pu avoir des prix rémunérateurs et tant mieux parce qu'on en a besoin pour maintenir la production en France. Par contre, les industriels, eux, subissent des pressions très fortes pour ne pas prendre en compte leurs coûts à eux. Et ça, ce n'est pas normal. Je vais vous donner deux chiffres. La marge sur le rayon charcuterie traiteur en grande distribution, c'est 8,4 %, alors que la moyenne de rayon, c'est 1,4 %. Donc nous sommes la vache allée de la distribution. Et ça fait des années que ça dure, donc c'est très difficile en ce moment.
Hier, Karine Lemarchand, la présentatrice de télévision, était ici au salon avec 5 de ses distributeurs, de ses grands groupes de grande distribution. Normalement, ils ne viennent plus, ces grands groupes, Carrefour, etc. Ça fait des années qu'ils ne viennent pas au sommaire de la culture. Il n'y a que Lidl qui est représenté ici au hall 1. C'était quoi ce qui s'est joué hier ? Une grande campagne de communication ?
Tout ce qui met en avant la nécessité de revenus pour les producteurs, il faut aussi parler du revenu des industriels. Très souvent, on ne parle que de certains secteurs. On a besoin, pour avoir la souveraineté alimentaire, que les producteurs, les industries et les distributeurs arrivent à trouver un terrain d'accord. Ce n'est malheureusement pas le cas depuis des années. C'est une action de plus. Carine le Marchand est célèbre. Je peux vous dire que l'amour est peut-être dans le pré, mais l'amour n'est pas dans les box. Du tout. C'est très tendu avec des pratiques innommables, mais qui se perpétuent. Beaucoup me disent... c'est pire que les autres années. Donc si elle vient amener un peu de douceur ou les ramener à la raison, je pense que ça ne durera pas très longtemps malheureusement. Mais toute initiative est bonne à prendre.
Allez, une dernière question. On avait vu l'année dernière un salon très tendu. Cette année, il est apaisé. On peut le dire même si en coulisses, on l'entend. C'est très âpre entre les différentes échelles, entre les différents échelons de la production. Comment expliquer cette différence en un an ? Il y a la volonté davantage de construction de la part des agriculteurs. Comment comprendre cette différence de ton ? Je
crois que l'année dernière, il y a... avait beaucoup d'expressions de colère et de rivalité syndicale. Évidemment, le syndicat numéro 2 voulait se montrer la pression des élections en chambre d'agriculture. Les élections sont passées. Il y avait encore beaucoup d'agressivité le premier jour dans les allées. Mais le salon, c'est un moment de rencontre entre les agriculteurs, tout le grand secteur agricole et l'opinion publique, les consommateurs, les citoyens, les Français, etc. Beaucoup de visiteurs étrangers. Donc c'est aussi l'occasion de montrer l'importance de l'agriculture française. Premier secteur emploi. de main-d'oeuvre et beaucoup de visiteurs étrangers que j'ai rencontrés sont impressionnés par la qualité de ce salon français
merci christiane lambert pour cette réaction en direct au micro de public sénat oriane merci tout
à l'heure on vous retrouve Enfin, démission évidemment dans les allées du salon. Un mot sur la dernière question que Quentin a posée à Christiane Lambert. C'est un salon incontestablement plus apaisé que l'année dernière. Est-ce qu'Emmanuel Macron a réussi à calmer cette colère du monde agricole ?
Oui, tout à fait. Il faut dire que le gouvernement a mis beaucoup d'énergie avant ce salon pour repasser la loi d'orientation agricole qui était très attendue, un peu au chausse-pied et qui a été votée deux jours avant le début du salon. On a eu le budget aussi qui a fait la part belle à un certain nombre de mesures qui étaient très attendues. par le monde agricole, et donc on a vu, à part quelques agitations assez classiques aux abords de la Porte de Versailles, un début de salon plus apaisé, un certain nombre de mesures qui ont été prises, notamment du côté de la sacralisation de la souveraineté alimentaire et de la compétitivité des produits français, la dépénisation des atteintes à l'environnement, qui symboliquement, pour les agriculteurs, était quelque chose d'important. série de questions qui restent en suspens. On voit que la tension qu'on a vue l'année dernière du côté de l'amour agricole s'est déplacée un petit peu à l'aval avec ce jeu des négociations commerciales qui revient prendre le devant de la scène. L'année dernière, ça avait été évacué puisqu'on avait avancé un petit peu la date limite. Là, on retombe en plein dans les dernières... En mars, oui. L'année dernière, ça avait été avancé à fin janvier. À fin janvier. Et là, ça doit être fini d'ici la fin de la semaine. Donc on sent que la tension se crispe beaucoup sur ce sujet des prix. à nouveau des prix dans les rayons et des prix payeux agriculteurs.
– Oui, et est-ce que, on va évidemment revenir en détail sur tout ça, Olivia, mais Michael, est-ce qu'Emmanuel Macron, il a réussi son pari avec le monde agricole et avec lui, évidemment, les gouvernements successifs, de Gabriel Attal jusqu'à François Bayrou aujourd'hui ?
Pas encore, pas encore, parce qu'il y a effectivement la capacité d'avoir… puis faire en sorte que ce salon, cette rencontre symbolique importante soit apaisée, donne l'impression de l'apaisement. Mais c'est vrai que lorsqu'on parle un peu avec ceux qui pratiquent le salon cette année, d'abord on remarque qu'il y a moins de monde que d'habitude. Alors peut-être est-ce l'agenda des vacances parisiennes qui fait qu'il y a peut-être moins de monde dans les allées, mais en tout cas c'est une impression. Et puis, on l'a entendu d'ailleurs, cette... la colère de fond reste, en tout cas le désarroi de fond reste présent parce que les filières ne sont pas encore totalement restructurées. Il y a encore cette incertitude sur les prix, on l'a entendu. Certes, il y a une remontée des cours concernant la viande, mais le problème du lait, par exemple, reste extrêmement important. Et c'est vrai que ce coup de com' de Karine Lemarchand qui a réussi à réunir des... des industriels, en tout cas des distributeurs qui sont plutôt réfractaires à cette initiative, montrent aussi à quel point… on peut s'embrayer et s'enclencher dans une forme d'impuissance de l'action publique, puisque c'est une réponse, même si elle est partielle, même si elle est liée à une forme de communication également globale, c'est aussi une manière de dire, on vient combler le manque d'une efficacité politique. Pour l'instant, ça n'est pas encore réglé, même s'effectivement, il y a un apaisement, mais pour autant, le malaise reste présent. –
Ça reste encore un sujet, ça Olivia, ces relations entre agriculteurs et distributeurs, malgré Galim, ça n'a pas… Pas donné,
ça n'a pas apporté ses fruits, Egalim ? Egalim a apporté quand même un certain nombre d'améliorations, en tout cas pour les filières qui sont concernées, notamment dans le lait. Mais les sujets des relations entre les agriculteurs et les distributeurs, ça fait 30 ans que ça dure. Et effectivement, il y a une culture de l'affrontement en France de laquelle on a du mal à sortir. Il faut quand même dire que sur un certain nombre de filières, Mickaël l'a rappelé, sur le porc, sur la viande, même sur le lait, les prix vont quand même mieux. Ce qui explique aussi peut-être l'apaisement de... de cette année, mais c'est vrai que le sujet des prix reste régulièrement sur le devant de la scène. On voit que les distributeurs qu'on a vus hier savamment affichés sont entrés dans une guerre des prix très forte à nouveau, puisque même s'il y a moins d'inflation dans les rayons, les Français continuent à se serrer la ceinture, les volumes ne repartent pas, donc il y a un sujet de guerre des prix qui revient. De ce point de vue, l'exécutif a été plutôt assez clair, autant l'année dernière... Il y avait une injonction aux industriels de baisser les prix, notamment sous l'impulsion de Bruno Le Maire, le ministre de l'économie de l'époque. Là, cette année, on est plutôt sur un discours un peu différent de dire qu'il faut que les industriels reconstituent leurs marges pour que la filière alimentaire... On retrouve un petit peu d'air dans les prochaines années, avec potentiellement des améliorations qui sont attendues sur la loi EGalim. Annie Gennevard, la ministre de l'Agriculture, parlait de certaines améliorations. Elle promet une nouvelle loi d'ici l'été. D'ici cet été. Qu'est-ce que ça peut changer ? À voir ce qu'il y a dedans pour l'instant, mais c'est vrai qu'à surajouter systématiquement, je crois qu'on a depuis 7-8 ans presque une dizaine de lois sur les relations entre l'industrie et le commerce. Donc à l'heure où on parle de simplification, je ne suis pas sûre que ce soit forcément ça qui améliore la situation. Je pense qu'il y a un... Un besoin de prise en compte du prix de l'alimentation aujourd'hui, de la part du consommateur notamment. Alors ce n'est pas toujours évident à entendre, notamment pour les franges qui ont le moins de pouvoir d'achat, mais tant qu'on n'aura pas compris que l'alimentation a un prix et qu'il faut aussi y mettre le prix, on aura du mal à sortir de cet affrontement entre les maillons de la filière alimentaire. Michael,
là-dessus ? Oui, c'est vrai qu'en plus il y a maintenant des... des considérations nouvelles qui viennent, qu'on a entendues dans le salon, assez prenantes, c'est-à-dire au fond, la prise en considération également de la transition écologique. d'un rapport plus sain à la constitution de l'aliment, à la pratique de la consommation liée au durable. Et vous avez aussi ce problème du bio qui, maintenant, pose un problème également et d'efficacité et de rentabilité. Donc oui, il y a des problèmes. Ce sont, au fond, complexifiés parce que l'époque aussi est moins… C'est-à-dire qu'il y a aussi maintenant des problèmes très très clairs que les consommateurs veulent aussi voir prise en compte dans la capacité de pouvoir mobiliser l'agriculture qui soit plus décarbonée. plus respectueux de l'environnement, ça pèse aussi sur les agriculteurs.
Et Olivia, vous l'avez dit, si l'atmosphère est plus apaisée, c'est aussi parce que les agriculteurs ont obtenu des choses, à la fois dans le budget et dans la loi d'orientation agricole, adoptées 48 heures avant le début du salon. Yann, qu'ont-ils obtenu dans ces textes ?
Oui, il y a eu de vraies avancées. En tout, trois textes avec des mesures demandées par les agriculteurs. Deux déjà votées, un encore en discussion. Parmi ceux adoptés, il y a le budget d'abord, avec des mesures fiscales spécifiques pour eux, des crédits d'impôt, des exonérations de taxes foncières, des abattements. L'autre texte adopté, c'est le projet de loi d'orientation agricole.
Et qu'est-ce qu'il contient ?
Cinq avancées à retenir. D'abord, l'agriculture élevée au rang d'intérêt général majeur. Ça sonne comme une mesure symbolique, mais ça permet de donner du poids à l'agriculture. Par exemple, quand le juge administratif doit faire la balance entre la protection de l'environnement et la construction d'une retenue d'eau, le but, c'est de donner des arguments pour trancher en faveur de la construction. Deuxième avancée, une révision à des peines en cas d'atteinte à l'environnement. Le texte dépénalise les infractions non intentionnelles de la part des agriculteurs. Fini le passage devant un juge. Maintenant, la sanction, c'est une amende administrative allant jusqu'à 450 euros ou un stage de sensibilisation. Troisième chose à retenir, pas d'interdiction de pesticides s'ils ne sont pas interdits dans l'Union européenne. Autrement dit, éviter la surtransposition pour que nos agriculteurs aient accès aux mêmes solutions que nos voisins. Quatrième, une forme de droit à l'erreur pour les agriculteurs. Désormais, la bonne foi est présumée lors d'un contrôle. Une cinquième dans cette loi d'orientation agricole. Une cinquième chose à retenir, une simplification de la législation sur les haies. C'est un gros irritant pour les professionnels parce qu'elle était trop détaillée.
va revenir dans quelques instants sur le dernier texte, mais d'abord sur ces deux textes, le budget, la loi d'orientation agricole. Est-ce que concrètement, ils ont changé des choses pour les agriculteurs ? Et est-ce que c'est aussi ça qui fait que le salon est le plus apaisé cette année ?
Oui, tout à fait, parce que je pense que le monde agricole a conscience que dans une période… de disette financière, ils ont plutôt été épargnés par les mesures d'austérité qui ont été mises en place pour établir les finances publiques. Donc ça, les syndicats et la FNSE ont en tête en a conscience. – Ce que ça va changer concrètement sur le budget, c'est vrai que ce sont des exonérations fiscales, vous l'avez rappelé, beaucoup d'exonérations fiscales, au total près de 500 millions d'euros, donc ça, ça va se ressentir directement dans les cours de ferme, on parle de l'exonération notamment du GNR, du gazone non routier, donc ça c'est des choses qui vont être applicables tout de suite. Sur les sujets de simplification, alors vous avez parlé de l'AE qui était effectivement le symbole qui avait un peu symbolisé les complexités administratives et législatives. auxquels les agriculteurs se sont confrontés au quotidien. Je pense qu'il y a beaucoup à faire sur ce sujet de la simplification, notamment au niveau européen. Et puis sur le sujet des pesticides, il y a encore aussi un travail à faire au-delà d'éviter de nouvelles surtranspositions, voir comment on peut régler celles qui existent déjà entre la France. et le reste de l'Europe.
– On va revenir sur la piscine, parce qu'il y a un texte qui est encore en discussion au Parlement là-dessus, sur le budget, la loi d'orientation agricole, qui a connu un cheminement compliqué avec la censure, avec la dissolution. Finalement, elle est arrivée au bout de quelques jours, quelques heures même, avant le début du salon. – Oui, ça c
'est aussi à mettre au crédit quand même d'Aline Gennevar, qui apporte maintenant sa propre patte, son propre style, sa manière de diriger ce ministère et de mener les négociations. Je pense qu'effectivement, Effectivement, l'agriculteur et la période avaient besoin d'une approche plus stable, une approche plus sereine, plus rationnelle, de manière à pouvoir poser les problèmes et surtout les régler. Et puis, il y a la prise en compte politique de cette population rurale, ces agriculteurs, qui, à chaque élection, manifestent aussi leur mécontentement en allant voter de façon de plus en plus dure, de façon de plus en plus contestataire. en particulier vis-à-vis, en ce qui concerne le RN, où on a vu une progression très importante dans des zones françaises où jamais le RN n'avait fait de résultats électoraux. Donc il y a la prise en compte de tous ces facteurs et on voit que ça aboutit à un début de solution, en tout cas on sent cet apaisement.
Il y a en revanche des inquiétudes sur la disparition du nombre d'exploitations agricoles. La loi d'orientation agricole, elle affiche un objectif de 500 000 exploitations en 2030. C'est quasiment 100 000 de plus qu'aujourd'hui. Est-ce que l'agriculture,
elle attire encore aujourd'hui, Olivia ? Oui, elle attire encore et heureusement. C'est pour ça que je pense qu'il faut sortir un peu du discours toujours décliniste autour de l'agriculture. Vous dites qu'il y a beaucoup d'exploitations qui ont disparu. Alors certes, elles ont disparu, mais la surface agricole utile... en France, elle s'est maintenue. C'est-à-dire qu'en fait, les exploitations se sont agrandies. Là où on a des difficultés à transmettre ou à reprendre des fermes, c'est souvent le voisin qui reprend. Et donc, les exploitations s'agrandissent, ce qui, en termes de compétitivité, peut être aussi intéressant. Donc ça, il faut dire que voilà, cet objectif de au moins préserver l'existant, c'est déjà une bonne chose. On a vu ce phénomène des néo-ruraux qui sont revenus dans les campagnes, notamment après le Covid, pour se lancer dans l'agriculture. Alors, il y en a certains qui reviennent. Mais il y a quand même des projets qui marchent et on voit aussi dans les lycées agricoles que depuis 2-3 ans, ils attirent de plus en plus dans la loi d'orientation agricole. Il y a un certain nombre de mesures pour favoriser la formation des aspirants paysans. Donc oui, on a une dynamique et un retour à la terre qu'il ne faut pas surreprésenter mais qui est réel aujourd'hui et qui prouve que ce métier qui a du sens continue à attirer des jeunes. si tant est qu'on ait un cap et une vision sur où est-ce qu'on veut emmener l'agriculture en France et en Europe. On a beaucoup parlé de cette loi d'orientation agricole. qui est en réalité un enchevêtrement de beaucoup de mesures pour répondre à l'urgence. Ce qui manque aujourd'hui, et c'est ce qu'attend, je pense, le monde agricole, et c'est pour ça qu'on n'a pas solutionné le sujet de fond, c'est où on veut emmener l'agriculture française, comment on fait pour garder notre souveraineté alimentaire, qu'est-ce que c'est la souveraineté alimentaire, comment on fait pour inverser la tendance sur le fait qu'on apporte de plus en plus et qu'on consomme de moins en moins français, alors que tout le monde n'aspire qu'à consommer local. C'est ça qu'il faut construire aujourd'hui pour que ces jeunes qui reviennent à la terre aient une ligne directrice sur ce qu'on leur demande de produire.
Oui, c'est la question existentielle, c'est comment transmettre l'exploitation. Ça fait des années que les agriculteurs se confrontent à ce problème-là. Il n'est pas qu'on montrait comment des agriculteurs européens... venaient récupérer les fermes françaises qui étaient laissées sans diriger et sans continuation. Aujourd'hui, on assiste aussi à l'élaboration de collectifs d'exploitants qui permettent aussi de pouvoir réserver du temps libre et d'une autre manière aussi de fonctionner, de vivre de la part des agriculteurs, parce qu'on a souvent ce qui a souvent été un effet repoussant. c'est l'idée que jamais un temps libre ne peut être consacré dans cette vie d'exploitant agricole qui est une vie vraiment souvent extrêmement difficile. Donc de ce point de vue-là, c'est aussi une évolution. Maintenant, il y a d'autres problèmes qu'il va falloir régler concernant l'idée de souveraineté, d'abord les droits de douane qui arrivent. peut-être, et puis l'évolution du Mercosur, c'est-à-dire, en fait, les évolutions géopolitiques.
– Avant de parler du Mercosur, un mot sur un autre texte, qui est un texte qui est actuellement encore en discussion au Parlement. Olivia, vous parlez des pesticides, c'est un lien. –
Oui, c'est la proposition de loi du sénateur Duplon. Elle vise à lever d'autres contraintes encore. Et la principale visée dans ce texte, c'est la fin de l'interdiction de l'ensemble des néonicotinoïdes. C'est une famille d'insecticides particulièrement décriée parce que ça tue les abeilles, notamment, et tous les produits de cette vie. Les familles sont interdites en France, mais un considéré comme moins tueur pour les abeilles est autorisé dans l'Union européenne. Ce texte prévoit l'autorisation en France aussi de ce produit par dérogation.
Et avant de vous faire réagir, Olivier et Michael, on va écouter ce qu'en dit le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola, qui était hier notre invité.
y a énormément de travail qui a été réalisé. lorsqu'il y a eu des interdictions pour des questions environnementales, et vous évoquez les nicotinoïdes, ce n'est pas le moindre. Ces efforts ne doivent pas être arrêtés en bon chemin. Vous savez, quand on a déjà réglé 80 à 85% des cas de non-recours au néonique, comme on l'avait fait sur le glyphosate, on est sur le bon chemin. Il faut évidemment lever un certain nombre de contraintes, il faut évidemment accompagner les agriculteurs, mais l'objectif ne doit jamais être perdu, que nous ayons toujours un temps technologique et scientifique d'avance.
Olivia,
une réaction à ce que dit le ministre ? – Oui, mais ce sujet des pesticides, il est complexe, parce que c'est vrai qu'on s'est engagé dans une voie assez ambitieuse dans l'agriculture française, justement pour réduire cette dépendance aux pesticides. On a parlé des néonicotinoïdes, il y a le glyphosate aussi, qui n'a pas été interdit, mais dont les usages ont été sérieusement réduits, et qui pose le… l'agriculture française en situation de concurrence déloyale par rapport à nos voisins, non pas à l'autre bout du monde, ne serait-ce qu'en Europe. Comment on fait justement pour garder cette trajectoire ambitieuse ? On voit qu'on commence à y renoncer un peu ce sujet de « on va réintroduire des produits qui sont controversés ». Ça va être un vrai sujet. Donc la loi Duplon verra jusqu'où on garde cette trajectoire ambitieuse. Attention, parce que sur le sujet des dérogations, il y a certaines dérogations, il me semble, sur les nicotinuètes, justement, qui avaient été prises dans la betterave, qui ont été retoquées au niveau européen, parce que, je ne sais plus pour quelle raison, mais elles ont été retoquées. Donc ces mouvements d'aller-retour sont compliqués. Et on voit qu'on retombe dans cet affrontement permanent entre l'environnement et l'écologie qu'il faudra résoudre autour de cette loi du plomb. – Oui, on est encore dans cet affrontement, Mickaël.
– Oui, et en plus, c'est un affrontement, on va dire… C'est sur ce sujet que s'affrontent les nouveaux et anciens agriculteurs dans les zones rurales. Et en particulier ceux qui sont venus habiter, on l'a vu après le Covid, lié au mouvement de retour à la nature. Je pense à certains départements comme dans la Drôme par exemple, on a recensé beaucoup d'affrontements entre ce qu'on appelle pour faire vite les néo-ruraux et les agriculteurs de souche également pour faire vite. Parce qu'il y a ce rapport à la... à la méthode de travail qui vient créer des nouveaux affrontements sur les territoires. Et ça, effectivement, ce sont des risques qui ont été souvent pointés. On entend la prudence du politique parce que c'est effectivement un sujet explosif.
L'autre gros sujet d'inquiétude qui reste pour les agriculteurs, c'est l'accord avec le Mercosur. On va écouter à ce sujet le ministre chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, qui était hier dans les allées du Salon.
continue de se mobiliser avec nos partenaires pour avoir une minorité de blocage et refuser cet accord en l'état qui ne protège pas nos agriculteurs. À un moment la question elle est simple, on ne peut pas demander à nos agriculteurs de respecter des normes, des standards et après importer des produits d'importateurs qui ne les respectent pas. On ne peut pas les mettre dans une situation de concurrence déloyale. Donc la France elle ne s'oppose pas à tous les accords du libre-échange mais elle dit on doit pouvoir protéger nos intérêts contre la concurrence déloyale et c'est le message qu'on fait porter. Je constate que... On est rejoint par des partenaires polonais, les italiens, d'autres qui partagent les mêmes préoccupations et qui veulent protéger nos agriculteurs. C'est la condition de la souveraineté alimentaire de nos continents.
Olivia, est-ce que la France est en mesure de s'opposer à l'entrée en vigueur de ce Mercosur ?
Alors en tout cas c'est ce qu'assure Emmanuel Macron, c'est vrai qu'on a un peu perdu la main sur ce sujet avec la dissolution, parce qu'on voit que le poids de la France dans les discussions au niveau européen s'est sérieusement érodé à ce moment-là, et que Ursula von der Leyen en a profité justement pour essayer de faire avancer ce texte auquel elle tient beaucoup. Alors il y a effectivement toujours une possibilité de trouver une minorité de blocage, même si on sent que la Pologne est dans des considérations, des discussions parallèles qui pourraient compromettre son opposition. au texte. Très probablement cet accord finira par être voté, c'est assez technique, mais scindé en deux et devrait être signé ainsi. La question c'est de savoir pour les filières qui seront potentiellement affectées par cet accord économiquement, quel sera le niveau des compensations. Ce sujet du Mercosur... Très honnêtement, c'est un totem qui a été beaucoup agité par les syndicats au moment de la campagne pour les chambres d'agriculture. Économiquement, ce n'est pas ça qui est de nature à remettre en cause l'équilibre des filières, ou en tout cas le déséquilibre des filières françaises. En revanche, symboliquement, et c'est vrai que le député l'avait rappelé, c'est... C'est quelque chose qui se surajoute à la frustration du monde agricole, auquel on demande des efforts et qu'on met en concurrence avec des productions moins disantes d'un point de vue environnemental. Et c'est ça qui crispe plutôt que réellement les volumes qui vont arriver.
Et un dernier mot, Michael, parce qu'Emmanuel Macron, il s'est beaucoup investi sur ce dossier du Mercosur en disant beaucoup que la France allait empêcher l'entrée en vigueur. Est-ce que s'il n'y arrive pas, ce sera un échec cuisant pour lui
On a vu aussi Emmanuel Macron qui, aux côtés du président américain, a tenté de changer beaucoup de choses et on a vu qu'il y a le résultat. Donc effectivement, on peut être, de ce point de vue-là, assez pessimiste. Je note que je me rappelle en fait que le combat contre le Mercosur avait commencé après les Gilets jaunes. C'était l'été d'après les Gilets jaunes, il y avait eu un mouvement comme ça de fronde, certes peut-être alimenté par des syndicats, mais qui racontait aussi cette inquiétude liée à une forme de souveraineté. Les volumes ne sont pas très importants, il est vrai, donc on est sur quelque chose de symbolique. Moi, ce qui retient mon attention, c'est l'intention annoncée hier par le président américain de mettre des droits de douane à 25% sur les produits européens. Il va y avoir donc une pression encore sur des produits. On verra dans quelle mesure, cette fois-ci, le politique sera capable de pouvoir contrer cela. On entend déjà des réactions du gouvernement, mais une fois de plus. Ce sont pour l'instant des formules. C'était très symbolique hier de voir effectivement le ministre des Affaires européennes parler de sujets géopolitiques dans les allées du salon parce que plus que jamais, on voit à quel point les grandes évolutions mondiales ont des effets sur notre vie quotidienne.
va faire un dernier détour dans les allées du salon avant de se quitter. Retrouvez Quentin. Quentin, vous êtes cette fois dans le hall des produits régionaux et du côté du Tarn.
Exactement, Ariane, je suis avec Jérôme Tesser. Bonjour Jérôme. Vous êtes chef cuisinier dans les cantines scolaires du Tarn le reste de l'année et vous animez ce stand du Tarn. Qu'est-ce que vous présentez ici dans le hall 3 ?
Alors sur le bistrot Tarn, nous avons les salaisons de la Cône qui ont obtenu 8 médailles sur ce concours. Le concours général agricole, oui, qui se tient aussi pendant le salon. Pendant le salon. Elles ont eu 8 médailles sur les saucissons, les jambons, un peu tous les produits que nous avons dans les salaisons de la Cône. La saucisse de foie aussi qui est très spécifique de chez nous. Des saucissons, des jambons.
On voit que ça s'affaire. Ils sont en train d'organiser tout le stand en même temps qu'on passe ici et qu'on déambule. Deuxième chose,
l'ail. L'ail rose de Lautrec qui est un IGP. Le meilleur ail, il pourra vous dire. C'est vraiment un ail très spécifique. Il est rose quand on le pèle. Et derrière, il y a plein de dérivés avec des crèmes d'ail, de l'ail confit qu'on peut utiliser dans la cuisine. Et
alors justement, vous cuisinez sur ce stand. Qu'est-ce que vous proposez à la dégustation ? Je crois que vous nous avez même préparé comme ça. La marmite qui est déjà en train de commencer à dorer des morceaux de viande.
C'est de l'agneau que nous allons faire snacker avec une petite sauce à côté. C'est à la vente toute la journée, ainsi que des tartines de veau du Chegala. Et aussi la dégustation de l'ail rose avec des petites tartines. Pour l'apéritif, c'est super.
C'est un enjeu important de communication pour le Tarn, d'être ici dans ce hall. Qu'est-ce que ça représente ?
En fait, on promouvoit tous les produits locaux du Tarn. Nous avons beaucoup de produits, de produits excellents, de très bonne qualité. Et nous les montrons partout que nous avons des bons produits. Et que vous pouvez venir dans le Tarn aussi, le tourisme. Et vous venez et vous pouvez goûter tous ces produits que nous avons dans le Tarn.
Et alors vous, le reste de l'année, on le disait, vous êtes cuistot dans les cantines scolaires. Dans les collèges. Oui, dans les collèges. Et là, qu'est-ce que ça fait pendant plusieurs jours d'être à la rencontre du public ? Comment ça se passe ?
du Tarn, on prouve que les collèges, nous faisons aujourd'hui de la cuisine. Et nous n'aurons pas des boîtes. Nous travaillons nos produits. Tous les produits que nous avons dans le département, nous avons créé des recettes comme la Tarniflette avec que des produits locaux. Et nous les mettons ici dans les collèges.
Eh bien, merci. On peut goûter. Qu'est-ce que vous nous... C'est un écrasé d'ail. C'est de l'ail. Ça peut se manger le matin ? Ah oui, vous pouvez. Eh bien, merci. On va goûter tout de suite. Voilà, Ariane.
Merci. Il n'y a plus qu'à déguster. Merci, Quentin. Bon appétit. Vous nous direz comment c'est la light de bon matin. Merci beaucoup, content d'avoir été avec nous. Allez, on regarde ce qu'est Alain de la presse régionale avant de se quitter.
Et Yann, on commence par cette interview à la Une de la Provence, celle de la présidente de la métropole d'Aix-Marseille, Martine Vassal.
Et elle assume un coup de barre à droite. L'élu d'hiver droite, qui est aussi la présidente du département, veut agir pour balérer la route à la France Insoumise, qu'elle juge bien plus dangereuse que le RN. Je la cite, je n'ai pas envie du tout que ce soit le grand bordel dans les institutions que je préside. Dans les transports et les rues aussi, elle veut agir. Elle annonce le lancement d'opérations Place Net pour la sécurité dans les transports. Martine Vassal révèle ne pas aller le soir sur le vieux port à cause... du sentiment d'insécurité. Elle dit « Nous devons prendre le taureau par les cornes. Désormais, ce sera tolérance zéro. »
Un autre entretien salé une de Corse Matin, l'entretien du ministre de l'Intérieur, Bruno Rutailleau.
Il prend la parole dans un contexte troublé par l'assassinat de la jeune Chloé, 19 ans, sans doute ciblée par erreur dans le cadre d'une vendetta entre clans. À retenir de l'interview, il concède ne pas lutter à armes égales contre les criminels. Pour lui, il faut une révolution de l'arsenal législatif, à commencer par la création d'un parquet anticriminalité organisé. Le texte doit être étudié à l'Assemblée. Il y a une vingtaine de clans qui veulent imposer leur loi par la violence, dit-il. Le ministre envisage une réponse ferme. Son collègue de la justice est aussi mobilisé. Il s'exprime aujourd'hui à la tribune de l'Assemblée de Corse, justement sur la lutte contre les dérives mafieuses.
On l'a vu, on est encore dans la semaine du Salon de l'Agriculture et ça fait la une ce matin. Oui, du
Dauphiné notamment, qui note qu'en cette période de vacances, les Parisiens sont en Savoie pour le ski et les vaches, les taurines et les abondancelles, elles sont à... Paris, un échange en quelque sorte. La Savoie qui est l'un des stands les plus appréciés évidemment pour son fromage. Une tonne de cette merveille des alpages et manger tous les jours une tonne. La montagne, elle s'intéresse au salon une fois les portes fermées. Il faut savoir que pour être au plus près des animaux, les élevants ont la possibilité de dormir sur place. Des espaces nuits sont spécialement aménagés à l'abri des regards du public.
À la lune de Varmatin, un clap de fin pour la chaîne C'est Vite.
Oui, Cyril Hanouna en une. L'animateur présente ce soir le dernier numéro de Touche pas à mon poste en direct. sur C8 avec l'arrêt définitif de la chaîne demain. C'est le cas aussi pour NRJ12. La grande question, où l'animateur va-t-il ensuite ? Le groupe Canal avec ses stars ou le groupe M6 avec W9 ? Cyril Hanouna a maintenu le suspense et il a prévu un bus pour rejoindre en fin de soirée avec ses chroniqueurs le siège de sa prochaine chaîne. On a évidemment une pensée pour les collaborateurs de la chaîne qui perdent leur travail. Pour les téléspectateurs, qu'il reste bien sur la 8 puisqu'à partir du 6 juin, c'est Public Sénat qui pose ses valises. Je crois que le matin, c'est gym direct sur C8. Je vous propose, pour ne pas trop déstabiliser les téléspectateurs, qu'on fasse la première matinale en mouvement.
Allez, on fait ça, matinale gym. On finit par du sport. On finit
avec du sport. La voix du Nord heureuse, le télégramme qui pleure, avec l'exploit de Dunkerque face à Brest, hier en quart de finale de la Coupe de France. La compétition qui est souvent un cimetière pour les clubs de Ligue 1. Et ça a été le cas pour Brest, qui menait 2-0 à l'heure du jeu. Mais victoire finale de Dunkerque 3-2.
Voilà, bravo Dunkerquois. Merci Yann, merci Michael. Merci Olivia, la ligne du Figaro, c'est François Bayrou. Je vais y arriver, l'ultimatum de Bayrou à l'Algérie, à la ligne de votre journal. Merci à tous de nous avoir suivis, on se retrouve demain.
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