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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Geneviève Dariussec, bonsoir. Vous êtes ministre démissionnaire de la Santé, ministre démissionnaire comme on dit. Alors le président Emmanuel Macron a atterri ce matin à Mayotte. Il a été pris à partie par des Mahorais au sujet du manque d'eau. Je propose qu'on regarde ensemble d'ailleurs la une de la Marseillaise qui écrit « Les gens sont en train de mourir de soif. L'eau, c'est le principal problème aujourd'hui à Mayotte.
faut se rendre compte que l'eau, c'est indispensable à la vie humaine. Et à Mayotte, c'est un problème. C'était déjà un problème auparavant, puisqu'il y avait eu des périodes avec des manques d'eau, et nous avions dû aider Mayotte à pouvoir être approvisionnée de façon importante. Et vous imaginez bien que dans des circonstances pareilles, effectivement, c'est un sujet. Alors oui... Il y a des réserves, il y avait des réserves, chaque habitant avait quelques réserves puisqu'il avait été donné consigne de faire des réserves avant le cyclone. Mais néanmoins, aujourd'hui, il manque de l'eau et l'eau arrive. Elle arrive par avion, elle arrive par bateau.
Mais en attendant, ça veut dire quoi ? On ne meurt pas de soif, j'imagine, à Mayotte, mais on boit de l'eau souillée, on fabrique du pain avec de l'eau souillée et on attrape des maladies gastro-entérites, voire... On craint des retours d
'épidémie ? Je pense qu'il y a certains pans de la population qui doivent avoir des difficultés d'accès à une eau correcte et potable. Bien entendu, dans le champ qui est le mien, j'ai demandé à ce que l'on puisse dispenser des comprimés de chlore. On
met des pastilles de chlore dans de l'eau souillée et elle devient
potable. Elle est effectivement plus potable que consommée. telle quelle. Et donc, ça, c'est une première solution. La deuxième solution, bien sûr, c'est d'amener massivement de l'eau à Mayotte, ce qui est en cours. Mais vous savez, les difficultés que l'on a eues ne seraient d'abord que pour atterrir sur la piste de Mayotte, où au départ seulement quelques avions militaires ont pu atterrir. Maintenant, des plus gros porteurs peuvent atterrir. Et nous avons aussi de l'eau qui arrivera en masse en bateau dans les prochaines heures.
Alors Geneviève Dariussec, la Mayotte manque de tout, d'eau, de nourriture, de médicaments, de carburant. Cela crée des pénuries et des tensions en espérant qu'il n'y ait pas trop de troubles. Je vous propose de voir juste ces images d'Eleana Bonas.
Protégés par les forces de l'ordre, les deux seules pompes à essence ouvertes sur l'île de Grande Terre.
Écoutez-moi, on va essayer d'en donner un petit peu à tout le monde. Après, on va fermer la station parce qu'il n'y aura pas assez de carburant pour servir la ville qui est jusqu'au bout du monde là-bas.
matin, après des heures d'attente, première tension et première restriction, 5 litres par scooter et 10 litres par voiture maximum. Devant les quelques distributions d'eau en bouteille, les Mahorais se bousculent. Pour se laver ou pour cuisiner, ils doivent toujours remplir des bidons à même ces tuyaux.
Geneviève Darius, c'est quand il faut se battre pour se nourrir, pour nourrir sa famille, pour boire, est-ce qu'il faut s'inquiéter pour l'ordre civil ? Je cite la députée maorese Estelle Youssofa, les pillages et les raquettes ont commencé.
Bien sûr, bien sûr que c'est une inquiétude. Et bien sûr que les forces de sécurité ont été renforcées aussi dans l'objectif d'éviter ces pillages et d'éviter les exactions. Moi, je comprends qu'une population soit taboue. Ce qu'ils ont vécu est terrible. Vous avez, en une journée, vous voyez un paysage de guerre, je parle de guerre climatique, mais de dévastation. Vous n'avez plus rien et donc vous vous sentez abandonné, vous êtes isolé, vous n'avez pas de téléphone. Donc tout cela est... Il faut comprendre cette population et moi je la comprends. Ce qu'il faut leur expliquer, et je sais que ce n'est pas simple, c'est que les choses se mettent en place progressivement au rythme, pas un rythme lent, à un rythme très accéléré, mais qui compte tenu de l'isolement de Mayotte sur le plan aviation et sur le plan portuaire, ça va être rétabli rapidement. Cela fait que, bien sûr, il faut un certain temps pour organiser les choses. Je vois les pompes à essence. Il y a du carburant à Mayotte. Mayotte a été ravitaillée en carburant, mais il ne peut pas être distribué parce que les pompes à essence ont été détruites. Il n'y en a qu'une ou deux qui fonctionnent sur Mayotte. Donc on a une vraie difficulté dans ce domaine-là, c'est la distribution. Les médicaments, il n'en manque pas, par contre.
Les bidonvilles sont devenues des charniers, dit toujours Estelle Yossofa. Ça pose la question de... Faut-il reconstruire à l'identique ? Et la sous-question, c'est est-ce que Mayotte a été victime du cyclone ou du mal-logement ? Un tiers des logements sont insalubres, sont précaires et donc victimes d'au moindre coup de vent.
Les deux. Il est évident que les logements très précaires qui étaient construits en tôle sur des flancs de colline avec des risques d'éboulement permanents n'étaient pas du tout adaptés à une quelconque solidité, certainement pas un coup de vent. Mais même ceux qui étaient en dur à souffrir, regardez l'hôpital de Mayotte. qui était pourtant en dur, a subi de grandes avaries qui font qu'aujourd'hui, cet hôpital n'est en capacité que de 40%. Donc nous avons vraiment un sujet, oui, peut-être certainement d'urbanisme, certainement de typologie de construction. On peut
empêcher de reconstruire à l'identique parce qu'il y a 350 000 personnes dont un tiers vivait dans ces bidonvilles. À
mon sens, il faut lancer, et c'est ce que veut faire le président de la République, une mission très rapide de reconstruction, avec des règles simplifiées, mais certainement pas en faisant n'importe quoi, en travaillant avec des architectes ou des personnes qualifiées dans le domaine pour mettre en œuvre des constructions. puisse être pérenne et qui puisse garantir la sécurité des personnes. Mais avec un tel cyclone, je ne sais pas si tous les bâtiments n'auraient pas été plus ou moins impactés, mais certainement pas autant que ces habitats précaires.
Vous avez des chiffres sur le bilan et le nombre de disparus ?
Aujourd'hui, les seuls chiffres que nous avons officiels donnés par la préfecture, c'est 31 décédés, sachant qu'il y en a 22 à l'hôpital. que les autres ont été des décédés, des personnes décédées qui ont été comptabilisées dans des villages. Mais non, nous n'avons pas au-delà de chiffres supplémentaires.
Geneviève Dariussec, vous êtes ministre démissionnaire, je le disais, du gouvernement. Vous êtes du Modem, vous êtes une très proche de François Bayrou. J'imagine qu'il vous a déjà passé un coup de fil pour vous rassurer quant à la continuation de votre mission. On voit que vous êtes sur le pied de guerre, là.
il ne m'a passé aucun coup de fil. Je pense qu'il a beaucoup de coups de fil à donner, tout simplement pour savoir si les uns et les autres veulent travailler ensemble. Il me semble que c'est la mission qu'il s'est donnée dans un premier temps, à juste titre. Et il serait bon que chacun puisse donner une position claire sur ce fait-là parce que les Français attendent et je crois que les Français regardent. C'est le signe de quoi d'ailleurs que ce soit
plus long que prévu maintenant. Ce n'est pas avant Noël le gouvernement. François Bayrou a des difficultés à faire venir ces deux flotteurs, comme il disait, des personnalités de gauche et de droite. Je
ne suis pas sûre qu'il ait des difficultés à faire venir les personnes, mais il veut s'assurer qu'une base parlementaire assez stable puisse assurer le fonctionnement après de ce que proposera le gouvernement. Il me semble que c'est ça qui est important.
Vous avez compris que des Français étaient choqués que lundi soir ils choisissent d'aller à Pau plutôt qu'à Mayotte
Non, ça ne me choque pas vraiment. Quand on est maire, on aime sa ville. On est attaché charnellement à sa ville et je crois que c'était son... Premier déplacement à Pau, en définitive, et qu'il aille dire à ses élus, à son équipe municipale, écoutez, voilà, je suis Premier ministre, certes, mais je suis là et je suis toujours avec vous et je serai toujours à l'écoute de Pau et dans le regard de Pau, mais je sais qu'il déléguera forcément parce qu'on ne peut pas effectivement remplir deux missions aussi importantes en même temps.
Mayotte, vous avez prévu d'y aller ? Vous parliez de la maternité et de l'hôpital qui ne fonctionnaient qu'à 40% de la normale aujourd'hui.
Alors aujourd'hui, moi je souhaiterais y aller bien sûr. Je crois qu'il faut aller faire des visites utiles. Les visites utiles, c'est celles qui d'abord n'empêchent pas les secours, n'empêchent pas le système de fonctionner et surtout qui viennent à la fois féliciter, remercier. dire notre gratitude pour tous ceux qui sont dans la crise depuis le départ et aussi voir si l'organisation de ce que vous avez envoyé, de ce que vous avez programmé d'ici Paris est effectivement sur le terrain. C'est ça qui m'intéresse. Vu
les difficultés qu'il y a à Mayotte, vous craignez de ne pas trouver des candidats pour aller exercer ?
Non. Aujourd'hui, j'ai fait appel à la réserve médicale, enfin, sanitaire, et la réserve sanitaire a répondu présent, puisque 100 réservistes sont déjà sur place. Le chiffre augmentera à 130. J'ai vu hier des réservistes, juste avant leur départ en avion, pour relever les équipes de Mayotte. Non, non, il y a une solidarité nationale qui s'est installée, qui est absolument formidable.
Merci Geneviève Dariussec, ministre de la Santé. Vous restez avec nous tout de suite. l'air qui revient sur le procès Pellicot. C'est dans l'air qui est intitulé ce soir Un verdict et des questions.
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