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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Bonjour monsieur le député. Député RN des Vosges et vous êtes vice-président du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. On vous pose la question directement d'entrée de jeu. Est-ce que Jordan Bardella est victime d'une barbouserie ? Comme il l'a dit hier sur une chaîne concurrente, c'était CNews. Ou bien est-ce que, oui, il peut y avoir des règlements de comptes, des gens qui en interne auraient intérêt à faire fuiter des conversations comme celles qui sont rapportées par Mediapart ?
Je pense que tout le monde, quand ils ont vu l'article de Mediapart hier, a vu à quel point la manipulation et la ficelle étaient grosses. En réalité, tout le monde sait pertinemment que Jordan Bardella, à aucun moment... de son existence, a pu prononcer de tels propos qui sont absolument délirants. Et il n'y a pas un seul Français d'ailleurs qui tombe finalement dans ce piège qui est assez, pour le coup, caricatural. Vous savez, nous on a le sentiment au Rassemblement National, et on a même un peu la fâcheuse habitude aujourd'hui, que plus on se rapproche du pouvoir... plus on se rapproche de la possibilité de victoire, et plus nos adversaires feront absolument tout, y compris les coups les plus malhonnêtes et les plus crasses, pour essayer de nous y empêcher. Pas de chance, au Rassemblement National, on a le cuir dur, on a la peau très dure, on a malheureusement l'habitude de ces calomnies, de ces mensonges, de ces manipulations, et donc finalement, ça ne fait que renforcer notre détermination, et c'est peut-être cela d'ailleurs qui nous permettra de l'emporter en avril et mai prochain. Elle a été déposée ou pas la plainte en diffamation ? Oui, en tout cas, dès qu'on a eu vent de ces calomnies, Bardella a aussitôt mobilisé son avocat pour déposer plainte, comme nous le ferons parce que nous connaissons la méthode de Mediapart. Nous savons pertinemment que Mediapart continuera une espèce de petit feuilleton parce que ça a toujours été la méthode de Mediapart. Et nous le disons aujourd'hui, chacune des pseudo-révélations qui sont évidemment mensongères et calomnieuses de la part de Mediapart fera l'objet d'une poursuite judiciaire. Ce qu'on entend bien justement utiliser la justice de notre pays, non seulement d'abord pour établir et défendre l'honneur de Jordan Bardella, mais aussi et surtout pour protéger le bon... déroulement de la campagne présidentielle, de la campagne électorale qui arrive, qui doit être protégée de toute ingérence et de toute interférence ou manipulation comme on sait en l'état aujourd'hui depuis hier. Bon,
il y a quelque chose qui m'a troublé ce matin. C'est que depuis hier soir, monsieur Bardella, son avocat, les représentants du RN disent ça n'existe pas. Il n'a jamais dit, jamais écrit, jamais pensé ce qui est rapporté par Mediapart. Et ce matin... Jean-Philippe Tanguy, qui était l'invité d'Amélie Carouer sur notre chaîne, il avait un interview politique, 8h25, il dit savoir d'où pourraient venir les tentatives pour salir Jordan Bardella. Donc il l'a dit ou il ne l'a pas dit. En tous les cas, Jean-Philippe Tanguy, lui, il considère que ça viendrait de la galaxie Alain Soral. Il parle de racailles antisémites qui auraient été purgées du Rassemblement National et même de Debout la France, où lui était responsable à une époque. Donc ça c'est peut-être un élément de contradiction ou pas ? Je
vais bien écouter le camarade de Jean-Philippe Tanguy ce matin à votre antenne. Ce que dit Jean-Philippe Tanguy c'est que nous savons pertinemment que nous avons énormément d'adversaires. Il y en a en effet peut-être des anciens purgés du RN, il y a également des adversaires à l'extrême gauche. Je vous rappelle quand même que le journal qui se fait aujourd'hui, la courroie de transmission de cette manipulation grossière, est quand même un journal d'extrême gauche qui depuis 2012 refuse de recevoir l'intégralité des candidats du RN à chaque élection nationale. que ce journal a même appelé systématiquement à voter pour la candidature de l'extrême-gauche en la personne de Jean-Luc Mélenchon. Donc nous savons que nous avons des adversaires partout et très nombreux. Mais nous leur disons de la manière la plus sereine et la plus calme, cela ne nous atteindra pas. Il n'atteindra pas ni la détermination de Marine Le Pen, ni la détermination et la nécessité de Jean-Dame Bardella dans cette campagne pour aller jusqu'à la victoire. Bon, Loïc
Signor, plusieurs questions à vous poser, mais la première, si vous me le permettez, aux pros de la com. Situation de crise, malgré tout, comme de crise pour Jordan Bardella. Est-ce qu'il a la bonne méthode
Non. Non, c'est très dangereux même. C'est très dangereux ce que fait Jordan Bardella hier en disant qu'il s'agit de faux, de propos qu'il n'a jamais tenus ni même pensés. Attention, Mediapart, on connaît la méthode de ce journal du feuilleton. Et lorsque la première réaction est celle qui consiste à dire que ça n'a jamais existé, voire que c'est un faux, avec cette plainte. réelle ou sous-pesée en diffamation, c'est jouer avec le feu pour Jordan Bardella. Par ailleurs, il y a un autre élément de communication sur lequel je trouve qu'il y a à redire, c'est la réaction de Marine Le Pen. Jordan Bardella est, semble-t-il, prévenue de l'enquête samedi. Elle est hier en déplacement. La moindre des choses, c'est de prévenir la candidate à l'élection présidentielle de son camp. Parce que, je ne la crois pas... Actrice, hier. Vous savez quoi
? Écoutons-la.
Écoutez
-la. Pour qu'on comprenne ce que vous voulez dire exactement. C'est vrai qu'elle a l'air de découvrir, c'est ça que vous dites. Oui, oui, totalement. Elle a l'air de découvrir l'affaire. Allez, on écoute Marine Le Pen qui vient répondre à cette enquête de Mediapart et qui vient en soutien, bien sûr, du président du RN, Jordan Bardella.
n'ai aucune confiance dans Mediapart. Je pense qu'il y a des manières de se faire ou de manipuler les gens. Ce que vous me dites, je n'y crois pas. Je n'y crois pas du tout. Je ne peux pas être plus clair que ça. Je n'y crois pas du tout. Je n'ai même pas besoin d'en parler que Jean-Anne Bardella. Non, mais ce n'est pas que ce n'est pas un sujet, c'est que c'est une dinguerie.
Alors Loïc Signor, reprenez votre raisonnement. On voit, notamment dans la première réaction qui est la sienne, la surprise. Clairement, elle semble découvrir cette enquête si vraie. Évidemment, Jordan Bardella a été prévenu de l'existence de cette enquête de Mediapart dès samedi. La moindre des choses eût été de prévenir la candidate du Rassemblement national pour, d'un point de vue de la communication, organiser la réponse. Et puis, encore une fois, le feuilleton, si dès aujourd'hui ou demain, des écrits sont produits sans révéler des screenshots, des impressions d'écran, des choses qui seront versées à cette enquête... Que peut dire Jordan Bardella ? À part se mettre en retrait, voire subir ce qu'a subi le père de Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen, dans son temps, c'est-à-dire une mise à l'écart, une sanction du Rassemblement National. Marine
Le Pen a exclu son propre père du parti qu'il avait fondé sur précisément la question de l'antisémitisme et même d'ailleurs du négationnisme. Mais c'est
sur ce sujet-là. Et ça ira très vite. Si des écrits sont produits et révélés par Mediapart, Jordan Bardella ne peut plus faire de la politique de manière active comme il le fait depuis...
disons. Gaétan Dussosé, vous êtes venu ce matin sur notre plateau, merci à vous de répondre à l'invitation. Il y a les éléments de langage, bien sûr, la ligne de défense, mais là je m'adresse aux députés. Peut-être tout à l'heure rejoindrez-vous la réunion de groupe vers 11h où Jordan Bardella viendra pour parler. Je suis sûr que parmi vos collègues, il y en a pas mal qui ont besoin de lui demander directement. Est-ce que oui ou non ? Tu as pu un jour tenir ses propos. Pour vous, c'est inimaginable qu'il puisse y avoir eu... Je vous
arrête tout de suite. Il n'y a pas une seule personne au sein du Rassemblement national qui pense que Jordan Bardella ait pu tenir ses propos. Et ça ne se restreint pas d'ailleurs uniquement aux membres ou aux parlementaires du Rassemblement national. Je pense que c'est une opinion qui est très largement partagée par une très large majorité de Français qui voient très bien aujourd'hui qui est la courroie de transmission de l'antisémitisme et qui implique un climat d'antisémitisme dans notre pays. Il y a un moment donné, juste pour revenir, évidemment, à LFI avec Jean-Luc. Mélenchon et tous ceux qui viennent à son soutien. Moi, j'aimerais juste revenir sur ce qui vient d'être dit, parce que je vois, on dit « oui, alors Marine Le Pen a l'air surprise ou je ne sais quoi, etc. » Non, Marine Le Pen le dit clairement hier devant vos confrères, elle dit « au moment où on se parle, moi je suis dans un salon, à la rencontre des professionnels de l'immobilier, pour faire valoir un projet très ambitieux sur le logement, je n'ai pas... » le document PDF de Mediapart, avec l'intégralité finalement des propos qui sont rapportés dedans. Donc évidemment, il n'y a pas une question de se dire est-ce qu'elle est prévenue ou est-ce qu'elle n'est pas prévenue. Cette histoire de travail et cette relation de travail entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, regarde, désolé de vous le dire, Marine Le Pen et Jordan Bardella, mais évidemment pas nos adversaires politiques. Et puis permettez-moi de dire quand même que M. Le Xenior, avec tout le respect et toute la sérénité qui pète la mienne, Vous entendre faire des analyses de communication politique, des commentaires sur des manipulations politiques provenant d'un ancien porte-parole de Gabriel Attal et d'Emmanuel Macron, qui a eu notamment comme fait de gloire d'avoir été le premier responsable politique à avoir fait des deepfakes, des manipulations d'images et de vidéos à l'encontre de Marine Le Pen pendant une campagne européenne. Désolé, mais s'il y a bien quelqu'un qui ne devait pas ce matin venir sur ce plateau commenter cette situation, c'est bien vous. Vous
savez bien, Noël, le sujet. Est-ce que vous avez fait cette deepfake pendant la campagne européenne de 2020 ? Vous avez un petit peu d'ailleurs, même dans votre
camp, ils étaient très gênés. Vous
m'avez posé une question, ou en tout cas interpellé, je vais vous répondre. Moi je ne fais plus de politique aujourd'hui, j'analyse la communication du Rassemblement National sur cette séquence, comme j'analyse la communication de l'ensemble des partis dans cette campagne présidentielle, quand une chaîne comme LCI m'invite pour le faire. Moi ce que je dis simplement, c'est que Jordan Bardella prend de très gros risques. Aujourd'hui, si les écrits sont révélés, je ne le sais pas, je n'ai pas accès à l'enquête de Mediapart, je ne suis pas une taupe de Mediapart. J'aimerais savoir... si ces écrits sont révélés, que fait le Rassemblement national ? Si ces screenshots dont on parle sont révélés, que fera le Rassemblement national ?
Nous savons pertinemment ce que pense Jordan Bardella, ce que dit Jordan Bardella, donc nous les poursuivrons en justice pour défendre notre honneur et encore une fois protéger la campagne électorale de ce genre de manipulation. Vous savez, encore une fois, je vous le disais au début de cette émission, moi ça va faire maintenant à l'automne 15 ans. que je me suis engagé et que j'ai rejoint Marine Le Pen dans la vie politique. Depuis 15 ans, on a l'habitude, en tant que militant du Rassemblement national, et d'ailleurs je ne souhaite ça à aucun autre adversaire politique, on a malheureusement l'habitude de ce type de procédés. Des manipulations, des mensonges, des calomnies, où on nous accuse, on nous attaque systématiquement de propos qu'on n'a jamais tenus, de pensées qui n'ont jamais effleuré à aucun moment donné notre esprit. Donc, à un moment donné, tout cela, comme je le disais, nous, ça nous renforce, ça nous permet de garder un certain calme des vieilles troupes. et finalement d'avoir une certaine résistance et détermination à ce genre finalement d'actions qui sont encore une fois mensongères et diffamatoires. Donc nous le disons, nous sommes sereins dans cette bataille et nous irons jusqu'au bout face à Mediapart pour pouvoir encore une fois protéger la campagne présidentielle.
Bon, restons... Alors oui, d'accord. Vous vous dites qu'est-ce qui lui arrive à Ducan ? On me donne 50 consignes différentes dans l'oreillette. Moi je vous raconte les coulisses, ça peut arriver. Alors on va aller voir Emma Barrier. Emma Barrier qui est devant le siège du Rassemblement National. Emma, est-ce qu'on sait ce que va faire Jordan Bardella dans les prochaines heures ? Je crois qu'il va à l'Assemblée Nationale, Emma.
Exactement, c'était une réunion qui était prévue depuis quelques jours déjà. Une réunion qui aura lieu à 11h à l'Assemblée nationale et donc en présence de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. Une réunion qui se fera autour des parlementaires, à la fois les députés mais aussi les sénateurs. Un nouvellement élu qui vient, on le rappelle, de constituer un premier groupe RN au Sédat suite aux élections sénatoriales de ce dimanche. Et donc cette réunion, à la base, c'était l'occasion de rencontrer ces nouveaux élus, certainement de les féliciter, bref, de se réjouir de ce qui est une bonne nouvelle. pour le parti, mais suite à cette polémique qui enfle autour du leader du parti, Jordan Bardella, cette réunion, ce sera peut-être aussi l'occasion de profiter que tous les élus du parti soient là, rassemblés, pour faire un point sur cette affaire, expliquer la situation, bref, resserrer les rangs et faire bloc. Voilà donc pour le programme du patron du parti. Et nous, comme on vous le disait un peu plus tôt dans la matinée, on est là devant le siège du Rassemblement National depuis tout ce matin, et à ce stade, toujours aucun mouvement à signaler.
Merci beaucoup Emma Barrier. Olivier Boucher, nos reporters devant le siège du RN ce matin dans le 16e arrondissement de Paris. Les lycées, le mouvement lycéen va-t-il faire tâche d'huile ? En tous les cas, 10 lycées au moins sont bloqués à Paris ce matin. Il y en a aussi ailleurs dans notre pays, à Lille, dans le Nord par exemple, où on a constaté des violences. Nous serons partout avec nos équipes, avec nos envoyés spéciaux, nous vous racontons. Vous regardez LCI. Bonjour, rebonjour, bienvenue à vous si vous nous rejoignez. Le mouvement lycéen est-il en train de faire tâche d'huile hier ? 164 interpellations, 12 blessés parmi les forces de l'ordre, 12 aussi une douzaine de blessés parmi les lycéens. Des situations de violence, de destruction de mobilier urbain, comme par exemple à Lille, ce matin, dans le Nord, où nous rejoignons notre reportage, Zach Agili. Zach, la situation tout à l'heure s'était un peu calmée, mais ensuite c'est reparti. On a vu sur les images que vous nous envoyez des jeunes en train de détruire des... Les feux tricolores, par exemple, où en sommes-nous, Zach
? Exactement, la situation s'est apaisée, mais pour... Combien de temps ici à Lille ? Vous le voyez ici, on a plus l'impression d'assister à des émeutes urbaines qu'à une manifestation avec des revendications. Vous le voyez, des panneaux publicitaires vandalisés, un feu tricolore a été totalement détruit, une caméra de vidéosurveillance également. Ici, la situation est très tendue, des lycéens ont tenté de rentrer dans leur établissement arrêté à temps par les forces de l'ordre. Plusieurs fenêtres également de ce lycée ont été détériorées. Et ici, la mobilisation continue pour le deuxième jour consécutif. Au moins, cinq lycées sont bloqués et plusieurs campus de la fac le sont également.
Merci beaucoup, Zach. Zach Agili avec Charles Iserman, nos envoyés spéciaux à Lille devant le lycée Baggio. Merci à vous pour vos reportages, pour vos comptes rendus. Quelle est la situation au plan national ? On va voir ça avec Laura Pouget dans quelques secondes. Bonjour, rebonjour Laura. J'accueille sur ce plateau Rafix Maty. Bonjour Rafix. Bonjour David. Les téléspectateurs d'Elsi vous connaissent bien. Vous travaillez dans le domaine de l'intelligence artificielle, les hautes technologies. Vous nous dites dans un instant, vous savez quoi, n'attendons pas. Quand vous voyez les images de l'île, quand vous voyez les destructions devant les lycées, on pourrait parler du lycée Paul-Éluard aussi en Seine-Saint-Denis. Hier, on voyait les poubelles brûlées devant, les grilles à moitié arrachées.
Quelle est votre réaction, Rafik ? Écoutez, j'entends certaines personnes dire qu'il y a traditionnellement, dans chaque génération, une certaine forme de rite d'initiation chez les lycéens qui consiste à faire un peu la pagaille une fois, histoire de se faire plaisir. Là, c'est différent. Je voudrais dire à ces lycéens et à tous les étudiants qu'ils sont en train de rentrer, nous sommes en train collectivement d'entrer dans un monde où ils risquent, du fait notamment de l'intelligence artificielle, de se faire pour une partie d'entre eux l'abîmé. plus que jamais se poser la question de sauver leur lycée. de sauver leur éducation, de sauver leur fac, pour qu'ils puissent embrasser pleinement la révolution qui vient. Et ils ont des motifs d'être en colère. Ils ont évidemment des motifs d'être en colère. Oui, c'est ce que je voulais
vous dire. Ils disent, voilà, on a des professeurs trop souvent absents et non remplacés, l'état de nos salles de classe est
déplorable. Ils ont évidemment des raisons d'être en colère, de la même façon que nos professeurs ont des raisons d'être en colère. Et moi, je veux défendre nos lycéens, ceux qui bossent, je veux défendre nos professeurs, qui font leur boulot dans des conditions... qui sont dramatiques, 35 élèves par classe, bien souvent sans climatisation, avec une bureaucratie tentaculaire. La direction doit demander l'autorisation au rectorat, qui doit demander l'autorisation au ministère, qui doit écrire des circulaires, etc. C'est un métier qui est extrêmement difficile. Et moi, je tire mon chapeau à tous les profs, et je tire mon chapeau à tous les élèves qui réussissent à avancer et à progresser dans cet environnement-là. Mais quand on rentre dans le détail, vous savez, moi, j'essaye de... de ne pas sortir des slogans, je ne suis pas un politique, donc j'essaye de travailler mes sujets. Quand vous regardez le budget du ministère de l'Éducation nationale, c'est un budget qui en valeur augmente, mais quand vous regardez le budget de l'Éducation nationale et que vous enlevez la part qui est consacrée aux retraites, vous avez des travaux qui ont été faits par notamment Jean-Pascal Beauffray, Sylvain Catherine et tant d'autres, qui démontrent qu'aujourd'hui 30% 30% du budget de l'éducation nationale est alloué aux retraites. Et là où la situation est ubuesque, vous pourriez me dire, oui, mais ce sont les retraites des agents de l'éducation nationale. Non, mais c'est même beaucoup plus compliqué que ça. Par exemple, la France aujourd'hui n'a plus de PTT. Mais on a encore 500 000 agents PTT qui sont à la retraite. Eh bien, une partie du budget de l'éducation nationale, de ces fameux 30%, sert à payer les agents de PTT qui sont à la retraite. Donc on a, en gros, une comptabilité... absolument opaque d'ailleurs le ministre amiel a dit qu'il allait lever le voile sur cette opacité parce qu'il a lui-même évidemment reconnu ministre du budget le ministre du budget qui fait que aujourd'hui nous sommes en train de sacrifier l'avenir collectivement c'est un choix politique que nous avons fait nous avons voté pour les gens qui font ça depuis 40 ans nous sommes en train de sacrifier l'avenir pour protéger un modèle social qui lui-même par ailleurs ne tient plus et donc aujourd'hui le budget de l'éducation nationale C'est-à-dire que si vous le retraitez de cette question des retraites, le budget de l'éducation nationale en valeur baisse. Et c'est ce qui fait que nos profs sont les plus mal payés d'Europe. Et c'est ce qui fait que nous ne les respectons pas. C'est ce qui fait qu'aujourd'hui, nos élèves n'ont pas l'enseignement qu'ils méritent, alors que nous rentrons dans une période, dans une ère qui est l'ère de l'intelligence. Et on devrait tout faire, tout faire pour investir sur l'éducation, qui est le plus grand projet d'avenir qui soit. Allez,
on va ouvrir le débat avec Valérie Nataf, avec Claire Fournier et puis nos invités. Loïc Signor, Gaëtan Dussaucet, député des Vosges, Rassemblement National. Mais d'abord, un point sur les faits avec vous, Laura Pouget. Combien de lycées bloqués ? Que sait-on de la situation ce matin ?
Alors, ce qu'on sait ce matin, c'est qu'il y a des lycées bloqués à Marseille, à Lille, à Grenoble notamment, mais nous n'avons pas encore à 7h de chiffres nationaux. L'Académie de Paris a communiqué. Selon elle, il y a moins de 10 lycées concernés par les blocages ce matin dans la capitale, mais pas de blocage total constaté à 7h. Hier, dans l'agglomération parisienne, c'est un peu plus large que Paris, 28 ici ont été bloqués. L'académie de Créteil a été particulièrement concernée. Le mouvement s'est aussi étendu hier à Marseille, Lille, Grenoble, Lyon, Nice, Sedan par exemple. En tout, dans toute la France, 180 établissements ont été touchés par les blocages sur environ 2400 lycées. 164 interpellations ont eu lieu. Pour aujourd'hui, l'union syndicale lycéenne appelle à bloquer tous les lycées, sachant que c'est aussi une journée de mobilisation nationale pour la fonction publique, un jour de grève. Parmi les motifs de colère de cette union syndicale lycéenne, le manque de professeurs, le délabrement des locaux ou encore les emplois du temps surchargés.
Merci beaucoup Laura. On ouvre la conversation, on a beaucoup entendu la France insoumise depuis hier. Jean-Luc Mélenchon appelle ses militants. adultes à se rendre sur les piquets de grève devant les lycées pour s'interposer, je cite le leader de la France insoumise, si les forces de l'ordre venaient à intervenir pour débloquer. On a moins entendu le Rassemblement national. Gaëtan Dussaucet, vous, votre sentiment, votre... Que dites-vous, à la fois aux lycéens ? Et puis aussi votre réaction à cette intervention, Jean-Luc Mélenchon.
Il y a plusieurs choses à leur dire. D'abord, la première, c'est que les revendications qui sont celles de la majorité des lycéens qui sont mobilisés dans ces blocages de lycées sont des revendications que l'on entend et que l'on comprend. On a parlé en effet de toutes les décisions budgétaires qui ont été prises à l'encontre du ministère de l'Éducation nationale, mais aussi de l'Enseignement supérieur. Encore l'année dernière, dans le budget qui a été approuvé ou du moins non censuré des LR jusqu'au Parti Socialiste, ils ont approuvé la suppression de 4000 postes d'enseignants. Tout ça, ça a des conséquences très concrètes. non seulement dans les grandes métropoles, mais surtout dans la ruralité. Dans mon département des Vosges, c'est plus de 40 classes qui, du jour au lendemain, à la 7 rentrée 2026, se sont retrouvées sans professeur du fait de la suppression de ces 4000 postes d'enseignants. Une fois qu'on a dit ça, en vrai, il faut regarder exactement qui est mobilisé. L'extrême majorité, moi-même, je me souviens de mes années lycée, vous aviez parlé en effet de cette tradition, de ce rituel un petit peu d'engagement. Moi, je me souviens, mes premières mobilisations ont été peut-être 2008-2009. contre la réforme de Xavier Darkos à l'époque, du gouvernement Nicolas Sarkozy, et qui voulait, pareil, supprimer des postes, etc. Mais néanmoins... parmi cette majorité, se trouve une minorité qui vient pour casser. Et parfois, ce n'est même pas d'ailleurs des étudiants ou des lycéens qui font partie de ce lycée. Ils viennent d'ailleurs et profitent finalement de ces scènes de liesse pour s'amuser, mettre le bazar, tout casser, être violent à l'égard des forces de l'ordre. Moi, je dis aux lycéens, vous devez vous démarquer justement de ces casseurs. Et vous devez aussi ne pas vous laisser avoir par les partis politiques qui veulent profiter de cela, comme la France Insoumise. À l'époque, quand on manifestait dans mes lycées, on n'était pas... pas les faire valoir ou les petits soldats d'un parti politique comme celui de Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui. On y allait parce qu'il y avait des revendications, on y allait main dans la main avec les enseignants et nous faisions bloc à l'époque contre les casseurs qui venaient eux parfois des cités ou de quartiers sensibles dans des objectifs qui étaient complètement différents. Alors on dit aux lycéens, ou je leur dis moi aux lycéens aujourd'hui, vous avez la possibilité de faire valoir ces revendications, de vous distinguer justement. de ceux qui veulent le chaos, ou bien dans la rue, ou bien dans la vie politique de manière générale, faites-le, il n'en tient qu'à vous.
Loïc Signor. Déjà, sur l'aspect budgétaire, je rejoins... totalement ce qu'a dit Rafix Maty, parce qu'on a beau augmenter ce budget, alors schématiquement, de 50 à 65 milliards d'euros par an depuis 2017, donc c'est une belle augmentation en 10 ans, le vrai budget c'est 90 milliards. Et dans les 90 milliards, il y a effectivement ce problème des retraites. Et c'est l'éléphant dans la pièce, dans tous les sujets que nous abordons, les retraites. Donc je veux bien, monsieur Dussosset, que vous vous en preniez aux parlementaires qui n'ont pas censuré ce budget, mais tant que vous défendrez la retraite à 62 ans, il n'y aura pas, ou à 60 ans, d'argent dans les caisses. pour les lycées, pour les fonctionnaires de police, pour les pompiers, pour les fonctionnaires de l'hôpital public. Ça ne marchera pas. Vous avez beau défendre cette mesure totalement anachronique au regard des comptes publics, il n'y en aura pas dans les caisses pour tout ce que vous défendez par ailleurs. Et de la même manière, c'est ce que fait aussi Jean-Luc Mélenchon. Mais en plus, il a ce cynisme, le leader de la France insoumise, d'aller... instrumentaliser cette jeunesse qui n'est plus celle que nous avons connue dans les lycées. Elle ne lit pas la presse, elle ne regarde pas LCI. Il
y a beaucoup de jeunes qui sont avec nous ce matin. Non, vous n'avez pas
beaucoup de jeunes, David. Vous avez énormément de jeunes sur les réseaux sociaux et parfois les pires réseaux sociaux. Et j'entends par là le réseau social TikTok qui a été investi par ces manipulateurs d'opinion dont font partie, et je l'assume, certains cadres de la France insoumise qui vont instrumentaliser cette jeunesse. et pousser à travers des déclarations de Jean-Luc Mélenchon ou de ses relais, la jeunesse à se mobiliser de manière violente, à s'interposer face aux forces de l'ordre et surtout à ne pas croire ce que disent les autorités publiques et c'est gravissime.
Vous avez tous les trois évoqué l'enjeu budgétaire. Mais le budget de l'éducation nationale, il a augmenté ces dernières années. J'ai le sentiment qu'on arrose le sable. Est-ce que c'est une question de budget ? Plus on augmente le budget de l'éducation nationale, plus les résultats PISA continuent de se casser la figure. Donc, Valérie Nattaf, est-ce qu'il n'y a pas aussi tout simplement une révolution de pensée à avoir ? Est-ce qu'on peut faire peut-être moins de vacances scolaires ? Et que les étudiants travailleront peut-être davantage ? Il y a peut-être un sujet de quantité de travail. Bref, est-ce qu'on peut ouvrir la conversation sur l'éducation sans que ce soit uniquement sous le prisme budget ? Non,
je ne le crois
pas.
Je pense que pour avoir une bonne éducation, il faut avoir des moyens. Quand vous êtes 35 en classe, vous ne pouvez pas. aider, accompagner chaque élève jusqu'au bout. Quand vous avez des locaux insalubres, vous ne pouvez pas travailler dans des bonnes conditions. Quand il n'y a pas de prof devant chaque classe, vous ne pouvez pas progresser. Donc oui, il y a une question de budget. Je ne vais pas rentrer dans le débat sur la part des retraites. Il faut quand même les payer, les gens qui sont à la retraite. Je vous laisse trouver le financement ad hoc. Mais moi, je ne crois pas que la question... ça soit celle des vacances scolaires, ça peut être de la manière d'enseigner, la formation des profs, mais quand vous savez qu'un prof, maintenant, touche moins 900 euros que les autres fonctionnaires de catégorie A, ça vous indique aussi à quel point le prestige, l'attrait de cette fonction s'est effondré.
Ce qui explique d'ailleurs, Valérie, le fait que depuis le début de la rentrée, un établissement sur deux en France fonctionne avec au moins un enseignant manquant. Il y a un gros problème de recrutement du côté des enseignants. Effectivement, la masse salariale ne cesse d'augmenter, notamment parce qu'on emploie beaucoup de contractuels et on n'embauche pas de titulaires. Donc, c'est un peu le sparadrap sur la jambe. C'est quoi l'expression du capitaine ad hoc ? Voilà, exactement. C'est
tous les lieux communs du vocabulaire politique. On a des missions à thème.
Effectivement, on se demande à quoi servent les augmentations de budget. Il y a un problème de retraite, puisque vous avez raison de le souligner. En effet, il y a eu... Plus d'un milliard d'augmentation du budget de l'éducation nationale l'année dernière. Plus de 800 millions d'euros sont allés à ce fonds qui finance les retraites des fonctionnaires. Donc effectivement, il y a un problème. Il faut bien les payer ces retraites, je suis bien d'accord. Mais sauf qu'en attendant, dans les classes, dans la revalorisation des salaires des profs, on ne les voit pas ces augmentations. C'est ça aussi qui suscite
la colère des profs
essentiellement et les lycéens qui font cause commune, on va dire aujourd'hui.
Je voudrais juste répondre à Valérie Nataf. Vous dites à juste titre, ces retraites, il faudra les payer. Mais j'ai envie de vous dire, c'est un autre débat. La question du financement des retraites. Moi, ce que je dis, c'est qu'il y a aujourd'hui une opacité dans les comptes qui fait qu'on a l'illusion d'un budget de l'éducation nationale qui augmente, alors que l'investissement premier d'une nation qui devrait être l'éducation est en train fondamentalement de baisser. Je suis entièrement d'accord avec vous. Même le ministre du budget a annoncé lui
-même qu'il allait investir là-dessus puisqu'il ne comprend pas. opacité je suis assez expérimenté on va pas dire vieille assez expérimenté pour vous dire que depuis que je suis journaliste politique tous les ministres de l'éducation nationale m'ont expliqué qu'ils ne savaient pas combien de gens ils avaient sur ce qu'on appelle en anglais leur payroll ils ne savent pas combien il y a de fonctionnaires qui sont rémunérés par l'éducation nationale. C
'est dingue. On est devant l'un des lycées bloqués à Paris, le lycée Hélène Boucher. Bonjour, Colline Chambol. Où en sommes-nous ? Quelle est la situation là où vous vous trouvez ?
Écoutez, la situation, pour l'instant, c'est assez calme. Pour vous raconter un peu ce qui s'est passé, tout à l'heure, il y a eu une poubelle qui a été allumée par un élève, mais tout de suite, les responsables de la manifestation ont éteint cette poubelle en expliquant qu'aucun débordement n'était autorisé. Pourquoi aucun débordement n'est autorisé ? Parce qu'ils ont énormément de revendications, ces élèves. Parmi les revendications, il y a les emplois du temps qui débordent. Il y a le fait, comme vous le voyez... Je ne sais pas si vous le voyez sur mes images, voilà, il y a un feu de poubelle qui visiblement vient d'être relancé, mais qui va sûrement être éteint à tout moment. Donc je vous disais énormément. Ah, ça chauffe, ça chauffe. Excusez-moi, pardon, je ne sais pas ce qui s'est passé, il y a eu un mouvement de foule. J'essaye de continuer, je vous disais, des revendications, des emplois du temps qui débordent, des professeurs qui sont déjà absents alors qu'on est au tout début de l'année, c'est la rentrée, c'est le mois de septembre. Donc ces lycéens, ils ont bloqué l'entrée de leur lycée avec des poubelles, des vélos. et des pancartes qui m'ont expliqué qu'ils allaient rester ici toute la journée. Et il faut savoir que la police est sur place, ils ont bloqué toute la rue des Pyrénées afin d'éviter le passage des voitures, des bus. Donc vous le voyez, il y a une situation qui se devait assez calme et qui a l'air d'être très mouvementée. Donc on reste sur place et on vous tient au courant le plus vite possible.
Bien sûr, merci Coline pour ce reportage. Coline Chambos, je précise que l'immeuble rouge que vous voyez sur votre écran, c'est une antenne du ministère de l'Intérieur qui est située dans le 12e. arrondissement. Non, parce que comme les enfants ont l'air de se... Rassembler devant, peut-être est-ce lié. Mais écoutez, on va vous parler aussi de l'autre actualité qui fait la une ce matin, c'est cette enquête de Mediapart, selon laquelle Jordan Bardella aurait tenu des propos antisémites, complotistes en 2013, alors qu'il était jeune militant du Front National. Voilà, j'y suis. Voilà, Jordan Bardella dément totalement ce qui est raconté dans cet article de Mediapart. Nous vous racontons tout. On essaye de faire justement le clair sur cette affaire. Vous regardez LCI.
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