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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
La France a un nouveau Premier ministre. François Bayrou a été nommé à Matignon au terme d'une matinée complètement folle. On va y revenir, le chef de l'Etat. qui s'est résigné à la dernière minute à le nommer après un bras de fer tendu avec le patron du Modem. Les coulisses de cette nomination qui en disent long sur la difficulté du choix présidentiel, François Bayrou, qui doit maintenant sortir le pays de l'instabilité politique. Quelle sera sa méthode pour gouverner sans être censurée ? Jusqu'où les forces politiques à l'Assemblée nationale sont-elles prêtes à l'aider ? Émission spéciale, ça vous regarde, qui commence tout de suite. en rêvait depuis des années. C'est donc chose faite. À 73 ans, François Bayrou devient Premier ministre. Il succède à Michel Barnier. C'est le 4e locataire de Matignon depuis le début de l'année. ... comment s'est-il imposé et surtout aura-t-il les moyens de gouverner dans cette assemblée si fracturée ? Bonsoir, Mathieu Souquière. Vous êtes notre grand témoin ce soir. Merci d'être là, essayiste. Vous venez de coordonner un ouvrage collectif aux éditions de l'Aube avec la Fondation Jean Jaurès, La France à 20 heures ou L'art d'être ensemble. Bonsoir, Elsa Fresnet. Ravie de vous accueillir. Vous êtes grand reporter aux Echos. Vous avez rencontré François Bayrou il y a quelques jours avant sa nomination pour votre journal Premier ministre. c'est le rôle de sa vie. C'est ce que vous écrivez, vous nous direz pourquoi. Bonsoir, Michael Darmon. Bienvenue, éditorialiste politique à I24 News, avec beaucoup d'infos coulisses ce soir, tout comme Elsa Mondingava. Bonsoir, ma consoeur d'LCP aux manettes des questions au gouvernement tous les mardis. Et bonsoir, Antoine Auberdor. Beaucoup d'infos coulisses également à gauche ce soir. L'espace politique que vous suivez pour votre journal. Voilà pour les présentations. Avant de vous entendre, le récap, les images de la passation de pouvoir. Bruno Donnet, tout de suite. se retourne, si vous voulez bien, Mathieu Sockière et bonsoir Bruno Donnet.
Bonsoir Myriam. Dans votre
récap ce soir, cette folle journée au sommet de l'Etat.
Oui, une folle journée aussi bien sur la forme que sur le fond. Alors, sur la forme d'abord, d'accord, la tant attendue passation de pouvoir entre les jeunes réformateurs Michel Barnier et François Bayrou a finalement bien eu lieu en fin d'après-midi. Mesdames et Messieurs.
Notre pays est dans une situation inédite et grave. Devant une situation d'une telle gravité, ma ligne de conduite sera de ne rien cacher, de ne rien négliger et de ne rien laisser de côté. Seulement
voilà, avant d'en arriver là, nos camarades journalistes politiques ont eu une dure, très dure journée, contraints de patienter pendant des heures et de commenter parfois pas grand chose.
'est vrai que c'est un petit peu ridicule. On en est à analyser les moindres détails de cette mise en scène à Matignon, la taille des micros.
faute à l'opacité totale orchestrée par l'Elysée qui a conduit nos confrères du monde à écrire à 12h23 que François Bayrou ne serait pas nommé Premier ministre avant de publier rigoureusement le contraire 22 minutes plus tard. Pourquoi ? On ne sait pas, mais il se murmure qu'une engueulade monumentale aurait eu lieu entre Emmanuel Macron et le bouillant Bernays.
Gémeaux, ascendant, balance. Ce qui fait comme une complexité. Centriste,
quoi.
Non, non, non, centrale.
sur le fond, maintenant, le choix de François Bayrou, choix politique. Vous diriez pour
ce nouveau Premier ministre ? Vous diriez surtout, Myriam, que c'est le choix du plus petit dénominateur commun. Car sa représentativité politique est assez mince. Sans parti, le Modem n'a que 36 députés. Ça fait 11 de moins que les Républicains dont était membre Michel Barnier. C'est donc une minuscule famille politique qui ne sera soutenue ni par le Rassemblement national, ni par la France insoumise et manifestement pas non plus par les socialistes.
nomant à Matignon l'un de ses proches, Une personnalité issue du bloc central, Emmanuel Macron, prend le risque d'aggraver la crise politique et institutionnelle qui a été ouverte
la dissolution. Bref, pas sûr que cette nomination produise l'ouverture qu'Emmanuel Macron appelle de ses voeux. Et enfin, écoutez bien les tout premiers mots qu'a prononcé François Bayrou cet après-midi, car ils en disent assez long sur ses ambitions.
ne suis pas le premier à faire un long chemin. Le soir où François Mitterrand a été élu président de la République, le 10 mai 1981, son premier mot, quand on lui a apporté les résultats, a été « enfin, les ennuis commencent
». » Voilà, François Bayrou se voit un destin mitterrandien, autant vous dire élisé. Alors Michel Barnier, qui n'avait pourtant aucune ambition de ce genre, a été censuré dès la première occasion. Bayrou estime que les ennuis commencent. On a plutôt un peu peur.
continue. Merci beaucoup, Bruno Donnet. On va revenir sur le parcours, sur le sens politique de ce choix, mais d'abord les coulisses, parce qu'on a quand même passé une matinée assez extraordinaire. Racontez-nous, Michael Darmon, est-ce que c'est le coup de sang de François Bayrou qui lui permet de s'imposer, Premier ministre, à Matignon
Incontestablement, on a eu une leçon de politique aujourd'hui, grandeur nature. et qui prouve, avec François Bayrou, en fait, c'est ce que l'on constate, que ce qu'on appelle le vieux monde a encore de l'avenir, parce qu'effectivement, il rentrait dans le bureau ce matin, il n'était pas Premier ministre, c'était ce que lui annonçait le président de la République à 8h30. Il savait depuis la veille qu'il avait rendez-vous avec le président, il en avait parlé à un proche au téléphone, il lui disait, ça y est, il va te nommer, il était resté un peu dubitatif en disant, on va voir. Quand il rentre dans le bureau, il sait aussi qu'il y a d'autres options. Il connaît, il a tout écouté, il connaît tout, donc il sait très bien que le président de la République est un peu hésitant. Et effectivement, Emmanuel Macron lui fait comprendre qu'il ne pourra pas le nommer, et là commence effectivement un très, très gros rapport de force au cours duquel... Qu'est-ce qu'il
fait changer ? Il y a une forme de menace, de chantage ?
D'abord, il dit que c'est une trahison, et ensuite, c'est ou moi ou la rupture.
La rupture, c'est-à-dire sortir de la
majorité, devenir un ennemi, un adversaire politique résolu, dénoncer son bilan, expliquer tous les travers et être vraiment, cette fois-ci, quelqu'un qui allait totalement le pilonner dans sa fin de règne. Il est coutumé
de la chose, François Bayrou, ça se passe normalement aux législatives, il fait toujours monter les enchères. Il
a toujours été celui qui a eu une forme de courage depuis le début de la présidence Macron, il a toujours dit... ce qu'il pensait dans les médias. On s'en souvient, à l'époque des Gilets jaunes, il avait dit qu'on ne pouvait pas gouverner contre le peuple, à l'époque des retraites, il avait dit qu'il ne fallait pas balayer ce qui se passe dans la rue, ce qui se passe est légitime. Il exerce ce rapport de force, c'est vraiment le rapport de force de sa vie. Et quand il quitte... le palais de l'Elysée, il n'est pas nommé. Il repart au bureau du plan, dans son bureau au commissariat au plan, et là, il continue vraiment à pilonner, et à fin de matinée, un peu avant 13h, Emmanuel Macron change d'avis. et décide, effectivement, de le nommer avec toutes les... Donc,
c'est l'histoire d'un bras de fer absolument inédit, où c'est le Premier ministre qui fait plier le président. Vous aussi, vous avez enquêté toute la journée, jusqu'à 11h30. On va pas s'attarder, mais ça en dit long sur le démarrage dans le rapport de force de ce couple exécutif. Tous les proches du Modem pensaient que c'était fini pour Bayrou.
Ils pensent que c'est fini pour Bayrou. Et puis, autour de midi et quart, on commence à nous dire, un peu stupéfait, c'est bizarre, on en... que Bayrou, finalement, revient, retient la corde. Et c'est vrai qu'on peut s'interroger. Ce que Michael Darman a dit est très vrai, on le sait. La réaction de François Bayrou, si vous voulez, c'est la réaction logique de François Bayrou. Donc, ce qu'on n'arrive toujours pas à expliquer, en tout cas, moi, ce que je ne m'explique pas, c'est qu'Emmanuel Macron n'a pas découvert qu'en disant à François Bayrou, c'est pas toi, c'est un autre, François Bayrou allait dire, je comprends, évidemment, et quittait la pièce. C'est évident qu'il allait dire, tu peux pas compter sur le modem. Et évidemment, ça allait être vécu comme une humiliation pour lui. Moi, ce que je ne m'explique pas, c'est pourquoi Emmanuel Macron, on a le sentiment, là, dans ce qu'on raconte, le découvre et dit... Il a pris ce risque de lui laisser croire qu'il pouvait être le favori. Je ne vais pas le faire et je nomme finalement François Bayrou à Matignon. Qu'est-ce que ça dit
d'Emmanuel Macron ?
Je pense qu'Emmanuel Macron a cru qu'il embominerait François Bayrou parce qu'il l'a fait jusqu'à présent à chaque nomination à Matignon. Il ne faut pas oublier qu'en 2017, quand... François Bayrou rejoint la campagne de Macron, il est certain qu'il va être nommé Premier ministre. Et là, il voit émerger un Édouard Philippe. Bien sûr, François Bayrou ne répugne pas aux rapports de force, mais jusqu'à présent, il ne l'avait jamais fait avec le président lui-même. Il l'avait fait avec les premiers ministres, ses prédécesseurs, il l'avait même fait avec Alexis Collaire, mais avec le président, il finissait toujours par se résoudre, etc. Et ce que ça dit sur Macron... Ce que nous, analyses de la politique, on sait, c'est que vraiment, le président aura vraiment tout fait pour ne pas avoir à nommer François Bayrou.
C
'est-à-dire son allié depuis toujours, qu'il a ménagé, mais le président a toujours voulu, à Matignon, avoir un collaborateur, quelqu'un qui n'a pas d'existence politique propre et qui lui doit tout. Et c'est là où François Bayrou, c'est un allié, pas un affidé. et on le voit déjà à son caractère, ce n'est pas une promenade de santé qui s'annonce pour le président.
Et est-ce que ça affaiblit d'entrer de jeu Emmanuel Macron, lui qui espérait reprendre un peu de hauteur ? On a l'impression d'entrer en cohabitation dure. Absolument,
et ça l'affaiblit incontestablement parce que dès lors que l'on sait que la nomination de Michèle Barnier est le fruit d'un chantage, le signal est envoyé et reçu par toutes les oppositions. Toutes les oppositions, et notamment ceux qui se font ces temps-ci les chantres de la démission d'Emmanuel Macron. ont beau jeu de dire, voyez, si Emmanuel Macron a obtempéré devant les menaces de François Bayrou, qui est quand même menacé, rappelons-le, non seulement pour le Modem de quitter les rangs de la majorité, pour la trentaine de députés, mais aussi d'appeler ouvertement à une présidentielle anticipée, à se rallier au camp des émetteurs qui poussent Emmanuel Macron vers la sortie. Donc si le président de la République a obtempéré à ces intimidations, c'est bien qu'il est dans une position compliquée et que par conséquent, le fait de nommer... quelqu'un comme Sébastien Lecornu, dont il a été beaucoup question, notamment quand il était en déplacement à Riyad, le ministre des Armées avec le président de la République, nommait notamment... Il y a cette phrase qui est rapportée dans l'Express de Sébastien Lecornu qui dit, tu as besoin d'un fusible, or, moi, je conduis le courant, je suis conducteur de courant parce que... associé à ta personne, frappé du saut du macronisme, au fond, qu'est-ce que va essayer de faire François Bayrou ? C'est de nous donner un peu plus que du parfum de cohabitation, de se démacroniser, même s'il est un des piliers historiques de la Macronie, il
va faire valoir
ses réserves au moment des retraites, etc. pour se démacroniser.
On va voir un portrait dans un instant de François Bayrou qui a du caractère, je crois que tous les Français l'ont compris, au moins aujourd'hui. C'est inédit, ce rapport de force, là, le jour d'une nomination, mais hors cohabitation ? Les
rapports de force sont en train... un président de la République et un Premier ministre, ça peut parfois être un peu rugueux. On sait que François Mitterrand et Michel Rocard, pour ne prendre qu'un seul exemple, n'avaient pas des relations ultra-fluides. Là, la séquence est assez dure. Elle est dure pour les deux hommes. On avait compris que François Béroud, personne n'en voulait, en tout cas que LR n'en voulait pas trop et que la gauche n'en voulait pas non plus. On a découvert ce matin que le président de la République lui-même n'en voulait pas. François Béroud, c'est l'homme qui veut être Premier ministre depuis longtemps, mais dont personne ne veut.
Et là, on le sait, à
ceci près qu'évidemment... François Béroud perd moins qu'Emmanuel Macron. On sait qu'Emmanuel Macron a toujours tergiversé dans le choix de ses premiers ministres et qu'il a parfois cédé à des pressions diverses et variées. Catherine Vautrin aurait dû être première ministre mais qu'elle ne l'a pas été. A chaque fois, quand même, Emmanuel Macron a subi des pressions et souvent, il y a cédé. Là, on est au-delà des pressions. Et surtout, on avait compris qu'il s'imaginait avoir repris le pouvoir avec le départ de Michel Barnier et la nomination potentielle de Lecornu ou quelque autre, et en réalité, on découvre qu'il... il n'a plus du tout le pouvoir.
Tout arrive à qui c'est attendre, c'est un peu le dicton du jour. Bayrou, l'allié ambitieux, c'est un portrait de Marco Pommier.
a toujours revendiqué sa liberté de ton. Chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirai. Au risque de surprendre dans une longue carrière politique en Dancy. François Bayrou a tout fait ou presque. Élu local, député, ministre de l'éducation sous trois gouvernements de droite. Lui, le professeur agrégé de lettres. Persuadé de son destin présidentiel, il se lance en 2002 pour incarner une troisième voie entre Chirac et Jospin. Une campagne marquée par une gifle. fois candidat à l'élection suprême, surprise de 2007, le troisième homme obtient 18% des suffrages. Cinq ans plus tard, le patron du modem termine cinquième et divise son propre camp avec une consigne de vote.
Reste le vote pour François Hollande, c'est le choix que je fais.
Pour la première fois, un candidat du centre se prononce pour le candidat de gauche. Une trahison pour la droite. S'ensuit pour le Béarnet, une longue traversée du désert.
Eh bien mon pote, je te dis, jamais tu seras président de la République. Parce que t'es trop minable.
Cohn-Bendit ne croyait pas si bien dire. En 2017, le maire de Pau surprend à nouveau. Il renonce à son ambition élyséenne pour miser sur le bon cheval Emmanuel Macron.
Peut-être même que pour moi. C'est un sacrifice.
sacrifice payant, François Bayrou débarque place Vendôme, éphémère garde des Sceaux pendant 35 petits jours, avant de démissionner, rattrapé par l'affaire des assistants parlementaires des eurodéputés du Modem. Relaxé depuis, il a toujours gardé la confiance du président, nommé haut-commissaire au plan en 2020. Chuter pour mieux remonter, ce soir à 73 ans, François Bayrou est Premier ministre.
Elsa Fresnet, Premier ministre, un centriste qui a une trajectoire particulière, qui a pris des risques. C'est vrai, il est où politiquement, François Bayrou ? François Mitterrand dit du centre, le centre variété molle de la droite. Il est à droite, centre droit, il est à gauche. Où est-ce qu'il est exactement ? François
Bayrou est tout sauf un centriste mou. Ensuite, il a consacré sa vie à détacher le centre de la droite. Il ne faut pas oublier. 3 étapes. 2002, il refuse de rejoindre l'IMP. Au congrès fondateur, il dit que si on pense tous pareil, on ne pense plus rien. 2007, deuxième tour de la présidentielle, il refuse de choisir entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Et 2012, il choisit François Hollande. Donc, effectivement... On ne fait pas un homme de gauche, pour autant. Non. ça n'en fait pas un homme de gauche, on peut dire que c'est un démocrate chrétien typique, c'est-à-dire que sur les sujets de société, il est conservateur, prudentissime, voilà. Sur le social, il a une fibre humaniste, et de ce point de vue, on peut considérer qu'il a quand même une plus grosse fibre sociale qu'Emmanuel Macron. et qu'il est moins libéral et pro-business que lui. Il faut faire payer les plus riches. Il faut de l'égalité. Ca compte, ça, dans l'histoire du pays. Il faut que les plus riches donnent l'exemple.
C'est son truc. Ce qui est intéressant, c'est comment les autres forces le regardent aussi. Il est détesté par la droite. par les sarkozistes. Laurent Wauquiez ne peut pas le supporter.
Il y a effectivement ce souvenir de la trahison de 2007. Lorsqu'il est entre les deux tours, il faut s'en souvenir aussi, il y a une tentative qui a failli réussir de rapprochement entre Ségolène Royal et François Bayrou, et qui échoue parce qu'au sein du PS, il y a des durs qui disent qu'il n'en est pas question. Et François Bayrou dit non. François Bayrou dit non à la fin. En tout cas, il s'était laissé... Il avait quand même entendu et il s'était un peu laissé... laissé approcher. Et puis, il y a eu, évidemment, toute la tradition de difficultés, de tensions qui a existé entre Nicolas Sarkozy et François Bayrou depuis toute cette vie de politique, ce long chemin comme il a parlé aujourd'hui. Et pour terminer un peu sur la matrice politique, la philosophie politique de François Bayrou, on a évoqué les propos sur François Mitterrand quand il arrive à la porte de la voiture, mais 5 mètres avant, quand il est sur le seuil du commissariat au plan, il fait une référence à... Il
a choisi aussi d
'associer l'idée de la réconciliation. à ce personnage qu'il adore, sur lequel il a beaucoup écrit, il s'identifie, évidemment, en disant qu'il faut se souvenir de ce personnage. C'était un roi social, c'était celui qui avait dit qu'il fallait que tout le monde puisse manger à sa faim, donc on verra qui sera son suli et on verra si un ravaillac symbolique existe un jour. Mais de ce point de vue-là, c'est intéressant parce qu'il s'est placé dans une temporalité. immédiat dans un roman national entre Henri IV et François Mitterrand en l'espace de 10 mètres.
Pour essayer de voir ce qu'il attend et comment il va essayer de gouverner dans cette assemblée si morcelée, le PS aujourd'hui. Qu'est-ce qu'il en pense ? Comment la gauche regarde le personnage Bayrou ? Et on parlera du RN juste après.
Je pense que l'esprit de l'édite Nantes va être effectivement très utile à François Bayrou. Parce que moi, les retours que j'ai à gauche aujourd'hui... Alors, côté insoumis, autant vous dire que l'hostilité est affichée. Par exemple, pour ne vous citer qu'un député, une blague que me faisait un député insoumis, mais qui traduit fondamentalement ce que pensent les insoumis de François Bayrou. Il me disait, c'est très bien, c'est le retour de la doctrine sociale de l'Église, mais sans le social. Donc, globalement, c'est à peu près ça qu'il pense de François Bayrou. Et pour ce qui est des socialistes... Les socialistes s'aperçoivent qu'ils sont d'une position de centralité, ou du moins de pivot, parce que si Emmanuel Macron veut se tirer des griffes de Marine Le Pen et qu'il a tiré les leçons du naufrage de Michèle Barnier, il va bien falloir compter sur ses 66 députés socialistes. Or, ces 66 députés socialistes, ils vont demander à être payés. Ils ont mis sur la table une idée, celle d'un accord de non-censure, avec un renoncement éventuel au 49-3. Ce serait long de détailler, mais c'est assez technique. On va y
venir au prix de la non-censure avec Bayrou à Matignon. Pour terminer le tour de table, le RN a en partage l'affaire, en tout cas similaire, même si ce n'est pas les mêmes montants, et si Marine Le Pen était députée européenne, Bayrou ne l'était pas, des assistants parlementaires à Bruxelles. Est-ce que ça en fait... quelqu'un qu'elle regarde avec
bienveillance. Avec, en tout cas, on a le sentiment d'un respect. François Bayrou était favorable à ce que Marine Le Pen ait ses signatures. Il n'y a pas eu de déclaration fracassante de François Bayrou contre le RN qui crisperait les troupes de Marine Le Pen. C'est vrai qu'on voit bien sur la stratégie, l'hémicycle dit exactement ça. Michel Barnier était dans un groupe qui était entre le RN... et ensemble pour la République, le socle commun, le modem, en fait, il est entre les socialistes et le socle commun. Donc voilà, on a un décalage, on va essayer évidemment de regarder à gauche. Là, l'idée, c'était de ne pas avoir la bienveillance du RN, mais en tout cas de ne pas avoir une montée au créneau de cadre d'URN qui pourrait appeler à la censure. Là, pas de censure a priori. On va regarder pour l'instant, c
'est bon. On y vient aux réactions. Qu'est-ce qu'il attend exactement à l'Assemblée, François Bayrou ? En tout cas, pas la censure immédiate a priori. avant même le discours de politique générale. Tour d'horizon des réactions, Stéphanie Despierre.
PS, pas question de dérouler le tapis rouge à François Bayrou. Les socialistes ne participeront pas au gouvernement et posent les conditions d'une non-censure.
le Premier ministre nous dise de quelle manière il entend sortir de la crise politique et institutionnelle grave dans laquelle nous sommes plongés. Qu'il nous dise de quelle manière il entend satisfaire aux urgences sociales, environnementales, économiques et démocratiques. Qu'il nous dise de quelle manière il entend ne pas demeurer dans la main du Rassemblement national. Et demandons à ce que le 49-3 ne soit pas utilisé.
Les communistes sont sur une ligne similaire. Les écologistes aussi, sauf qu'ils réclament en plus le départ du ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau. Du côté des Républicains, justement, pas de blanc-seing. La droite attend de connaître le projet de François Bayrou pour décider s'il participe ou non au nouveau gouvernement. Le Rassemblement national, toujours en position d'arbitre et sur la même position qu'au moment de la nomination de Michel Barnier.
Il n'y aura pas de censure a priori.
Mais Marine Le Pen met en garde le nouveau locataire de Matignon. Tout autre politique qui ne serait
que
le prolongement du
macronisme ne pourrait mener qu'à l'impasse et à l'échec.
surprise, la France insoumise promet déjà de déposer et voter une motion de censure.
Un gouvernement macroniste qui va poursuivre la politique de M. Macron. Et d'autant plus censure aussi pour respecter les droits de l'Assemblée nationale. Au moins la motion de censure va permettre à l'Assemblée nationale de s'exprimer.
Vu les premières réactions, François Bayrou devrait donc survivre à cette première tentative de censure.
'il n'est pas renversé avant même d'avoir ouvert la bouche, comment va-t-il essayer de survivre dans la durée ? La méthode Bayrou, avec qui va-t-il gouverner ? Sur quoi va-t-il négocier ? Avec quelle force ?
On va voir comment il va pouvoir composer son équipe gouvernementale. Son premier défi est de prouver qu'il peut élargir le socle commun. Qui pourra venir éventuellement estampiller à gauche, voir... des socialistes... Olivier Faure a dit qu'ils sont dans l'opposition, donc pas de
ministre socialiste, sinon exclusion.
On va voir comment il va régler cette équation. Concernant la demande de ne pas utiliser le 49-3, il ne sera pas très compliqué à convaincre, parce que, déjà, dès 2006... Il avait pris position dans des tribunes, des articles, des prises de position officielles, en disant, je suis contre le 49-3, c'est un outil de passage en force, nous sommes les seuls en Europe à le faire, et ça n'est pas une bonne méthode de gouvernance. Donc, de ce point de vue-là, il peut aller assez facilement là-dessus. Et puis, il trouvera aussi peut-être, à part les partis, pour revenir quelques instants sur la façon dont il a été nommé, au fond, un défenseur, un avocat un peu inattendu, qui est Alexis Koller. Alexis Collère, il y a trois semaines, est allée passer la journée à Pau. a passé toute la journée à peau avec François Bayrou, et quand il est revenu, quelques jours plus tard, il a invité à l'Elysée, ils ont passé plus de deux heures ensemble enfermés. A
ce moment-là, on
était à peu près certains tous que la chute du gouverneur Barnier était inévitable. Donc, ils ont commencé à préparer l'après-Barnier, et vraisemblablement, toute l'armature à laquelle on a assisté à l'Elysée, avec la mise en place de la possibilité de non-censure, de ne plus utiliser le 49-3, de ne plus dissoudre... ce qui est important également, a commencé à s'élaborer, a été exprimée d'abord par le président de la République et maintenant, c'est effectivement François Bayrou qui va devoir la mettre en scène.
Il y a un des ministres sortants, des missionnaires, qui est reçu en premier à Matignon, et ça n'a échappé à personne, c'est à 21h, c'est Bruno Retailleau, Elsa Fresnet, le ministre des missionnaires de l'Intérieur. Est-ce qu'il veut le garder ? Vous avez eu les confidences de François Bayrou sur ce pack resserré de poids lourd qu'il veut nommer autour de lui au gouvernement ?
On a longuement discuté dimanche dernier. À ce moment-là, il était certain d'être nommé. On a longuement discuté de comment il allait faire. Et la première chose qu'il me dit, il faut savoir que François Bayrou est un optimiste viscéral, c'est de dire que je ne veux pas négocier de coalition avec les partis parce que les partis sont en... jamais. Ce que je veux, c'est avoir des personnalités fortes qui représentent quelque chose à droite. et à gauche.
Je vous cite, des personnalités qui incarnent à travers leurs engagements les grandes sensibilités du pays, des gens assez lourds, il assume, pour qu'on ne puisse pas discuter de leur légitimité. Je ne crois pas qu'on puisse négocier un gouvernement avec des appareils partisans.
Absolument, c'est ça. C'est quand même un peu bizarre, parce que là, vous vous dépendez de... Est-ce que le RN ou le PS fait ça ou fait ça ? Son calcul, effectivement, c'est de ne pas dépendre du RN et d'obtenir la non-censure du PS qui s'est développée. Ensuite, ça fait quand même des semaines qu'il prépare ça, donc il a discuté avec un certain nombre de personnalités. J'ai cru comprendre qu'il voulait garder Bruno Retailleau à l'intérieur. Il y a une bonne raison de garder Bruno Retailleau à l'intérieur, c'est que ça ennuie au plus haut point Laurent Wauquiez.
que pour ça. Il faut quand même savoir qu'il y a au moins un tiers de ces troupes modem qui ont des états d'âme sur une loi immigration. Certains même ont voté contre. La plupart se sont abstenus. On continue quand même avec Retailleau. La
question, après, j'imagine que ça se décidera entre deux, c'est comment Retailleau continue à l'intérieur. Parce qu'évidemment, c'est un chiffon rouge pour la gauche. Les appareils partisans à gauche ne vont pas participer. au gouvernement. Après, la plus grosse tâche va être pour François Bayrou d'essayer de trouver une personnalité de gauche de stature suffisante, il n'en reste pas énormément quand même, qui ne dépendent pas du parti, parce qu'ils pourraient le rejoindre au gouvernement. Un à droite, un à gauche. Il a discuté avec Bernard Cazeneuve, qui semble-t-il lui a dit que pour lui, c'était Matignon ou rien. donc il va falloir qu'ils partent
à la pêche. Antoine Oberdorf, vous, vous suivez le PS comme le lait sur le feu. Ils sont dans l'opposition.
opposition résolue.
Ils ne seront pas ministres, ils ne vont pas forcément voter les textes, mais ils ne vont pas censurer.
Quel est le
prix de la non-censure ?
Le prix va être élevé pour une raison simple. Le dilemme qui se pose au PS, c'est de ne pas apparaître comme les supplétifs du macronisme finissant, pour reprendre une expression d'Olivier Faure. Il ne faut pas que le Parti socialiste, laissant passer un budget, parce que la mission numéro une de Bayrou, ça va être de faire passer le budget, il ne faut pas que les socialistes, en laissant passer par une forme de neutralité malveillante un budget qui enterrinerait des coupes budgétaires, apparaissent. comme n'appartenant plus à l'opposition, et donc soit sous les accusations de traîtrise des Insoumis, mais aussi sous les accusations, probablement en circonscription, d'une partie de leurs électeurs de gauche, qui diront que le compte n'y est pas. Donc, si vous voulez, quand on entre dans le casting gouvernemental, quand j'entends François Bayrou formuler le vœu d'avoir un gouvernement de poids lourd resserré, je me dis, mais au fond... Ce n'est pas ça, l'enjeu. Là, il va falloir négocier un pacte. Il
serait prêt, par exemple, à s'enfermer avec les principaux présidents de groupes parlementaires, pourquoi pas même à l'hôtel de Lassay. Personne ne veut que ce soit ni à Matignon ni à l'Elysée, surtout pas. Il a cette culture-là, François Bayrou, pour décider d'un pacte de non-censure sur quelques réformes ?
Je crois que ni François Bayrou ni nous, journalistes, n'allons échapper à ces dialogues de Lassay parce qu'on a mis le doigt... dans le régime des partis, qu'on le veuille ou non. Chacun faisant valoir ses lignes rouges et ayant le souci de ramener des victoires ou des trophées à la maison pour revendiquer pour demain une alternative. Effectivement, on risque d'avoir droit pendant des jours, peut-être des semaines, c'est inédit en France, à des négociations. OK, Bruno Retailleau reste, il veut une nouvelle loi immigration. Sur la réforme des retraites, qu'est-ce que tu me donnes ? mais ça nous fait dévier de la cible des 60 milliards d'euros d'économie. Vous voyez que très vite, ça va être incompatible. C
'est exactement ce qu'il ne veut pas faire, mais je ne dis pas qu'il y échappera. L'assurance vie de François Bayrou, c'est de jouer très vite l'opinion. l'opinion,
plutôt
que les partis. Et c'est ce que voulait faire Barnier, qu'on n'a pas fait assez vite. Comment
elle peut devenir l'arbitre quand c'est le Parlement qui gouverne
? N'oubliez pas qu'il y a déjà eu une censure. On n'est pas au gouvernement Barnier. Il y a déjà eu une censure. La majorité des électeurs en France sont des plus de 60 ans qui ne veulent pas de bazar. Tous les députés ont entendu ça dans leur circonscription.
Pour imposer la non-censure, Elsa Mondingava, le plus dur, ce sera le... le budget ? C'est l'équation impossible ? Est-ce qu'il pourrait y avoir un 49-3 d'autorisé, juste sur le budget, en échange de ne pas de censure, mais pour tout le reste, pas de 49-3
? Ce qui est très compliqué sur ce texte du budget, c'est que dans un conseil municipal ou à l'Assemblée nationale, c'est un marqueur de on est dans l'opposition, on vote contre le budget. C'est comme ça. Imaginez que les groupes d'opposition soient capables de s'abstenir sur un budget. pour moi, à l'heure qu'il est, c'est inenvisageable. Donc peut-être qu'on pourrait dire... Il faudra aller
vite.
Peut-être qu'il y aura une discussion. La discussion sur le budget sera peut-être décorrélée d'autres textes qu'il pourrait y avoir à l'Assemblée nationale. On ne voit pas comment ce serait un miracle qu'on puisse faire adopter un budget 149.3 à l'Assemblée nationale.
Je vous donne ensuite le mot de la fin de ce débat pour essayer d'avoir votre
bilan et perspective. On vit, comme tout le monde le dit, et Michel Barnier encore ce soir, une situation inédite. Donc peut-être qu'effectivement, on va arriver à cette considération où on va avoir un vote sur le budget sans pour autant être rallié la majorité. Ça, ce sont peut-être les évolutions à faire. Et puis c'est vrai aussi qu'on comprend que François Bayrou joue l'opinion, c'est-à-dire que le terme de réconciliation... qui est vraiment le premier mot de Premier ministre qu'il a prononcé, c'est évidemment entre les partis, mais c'est aussi entre les Français et leurs dirigeants. Il connaît parfaitement toutes les études... La défiance, 80%. ...qui ont été publiées et qui sont très impressionnantes sur le niveau très fort de défiance entre les Français et leurs dirigeants. Et lui, il propose également aux Français ce projet. Nous allons nous réconcilier.
Mathieu Soukir, cette réconciliation à la fois des Français et pourquoi pas de cette Assemblée, elle vous semble possible ? Il y a une petite voie de passage ou c'est inextricable ?
Non, je vous avoue que je suis très pessimiste. D'abord, je note que la promesse de renouvellement du macronisme originelle se traduit par le remplacement aujourd'hui de Michel Barnier par François Bayrou, qui étaient tous les deux ministres d'Edouard Balladur, si je ne m'abuse, et qui sont tous les deux premiers ministres les plus âgés de la Vème République. La promesse de renouvellement, on peut dire qu'elle est... Je ne vois pas ce qui a changé. Le
jeu,
par l'opinion, me paraît hasardeux dès lors que François Bayrou est l'incarnation parfaite du macronisme originel, d'un macronisme chimiquement pur. Alors que Michel Barnier apparaissait comme un Premier ministre de cohabitation, en décalage par rapport à Emmanuel Macron... François Bayrou est l'alignement parfait où le macronisme et l'héritage même. Tous les Français ont
envie de faire ce que François Bayrou a fait aujourd'hui. Je ne vois pas que vis-à-vis de l'opinion... On va
accueillir un sondeur qui peut nous dire si il a son autonomie ou pas, le béarnais vis-à-vis d'Emmanuel Macron. Vous restez avec moi, Mathieu Souquier, comme grand témoin. Merci infiniment. C'était éclairant et très vivant. Merci. A tous les quatre, je vous propose d'accueillir un nouveau plateau d'invités politiques cette fois. Mais d'abord, le regard des Français, comme promis, sur la nomination de François Bayrou à Matignon. Clément Perroux a promené son micro sur un marché parisien. Reportage.
ce marché parisien du vendredi matin, les commerçants commençaient à remballer les étals quand le nom du Premier ministre est enfin tombé. Ce sera donc François Bayrou.
est sage, il est sage.
On verra bien ce qu'il va faire. C'est un peu... On remet pareil. On remet pareil.
'il essaye de faire mieux que ce qui a été fait avant, ce sera déjà une belle progression pour la France aujourd'hui.
On a l'impression que c'est un type solide qui a déjà fait un très beau travail à peau et qui est peut-être capable de prendre les choses en marche.
Non, nous on l'aime pas. Il est mou, il est... Non. On ne l'aime pas.
le boulevard, juste à côté, c'est l'heure des courses de Noël pour les passants. S'ils n'ont pas trouvé tous les cadeaux nécessaires, ils ont au moins un nouveau sujet de conversation pour les fêtes de fin d'année.
'est un homme qui n'a rien fait, qui va proposer du socialisme comme tous les hommes politiques actuels. Il n'y a rien à en attendre, non ?
Macron a été intelligent sur ce point, parce que ça fait que maintenant il a mis le Parti Socialiste de son côté, donc pour une potentielle censure, ça va être très compliqué. Après, moi j'ai à voir ce qu'il propose au niveau du budget, etc. Parce qu'il a les
compétences, il va falloir négocier, et puis ça va être son gros travail pour aujourd'hui. Bon courage à lui.
François Bayrou semble bien identifié par les Français. Son nom ne déclenche ni grande hostilité ni enthousiasme débordant au Premier ministre centriste de faire pencher la balance de son côté.
nous ont rejoint sur ce plateau Dienaba Diop. Bonsoir. Merci d'être là, député socialiste des Yvelines. Bonsoir, Martin Garagnon. Bienvenue, porte-parole de Renaissance, le parti présidentiel. Et bonsoir, Stéphane Zumsteg. Vous êtes le directeur du département Opinion à l'Institut de sondage Ipsos. On va revenir sur ces paroles de Français dans un instant. Mais d'abord, parmi les Français qui ont le sourire ce soir, il y a Jean-Paul Matéi. Bonsoir. Merci d'être... à distance avec nous ce soir, député modem des Pyrénées-Atlantiques, l'un des plus proches de François Bayrou. Vous l'avez accompagné pendant des décennies, vous avez même été son suppléant à l'Assemblée nationale. Quelle est la réaction de l'ami de toujours du maire de Pau ce soir ?
c'est une certaine émotion, parce que c'est vrai qu'avec François Bayrou, on se connaît depuis les années 80. Je n'ai pas été sans suppléant, j'étais effectivement sans suppléant en 2012, mais je vous rappelle qu'on avait été battus sur une triangulaire à la suite d'une prise de position qui avait secoué un peu le monde politique en 2012, puisqu'il avait dit qu'il voterait François Hollande à ce moment-là. Mais c'est vrai que je l'avais toujours accompagné. On a parfois eu des désaccords, mais c'est quelqu'un que j'ai toujours soutenu, qui a toujours gardé sa ligne. Et une ligne très centriste. J'entendais le débat précédent, d'ailleurs. Il a toujours été sur ce positionnement au centre et en essayant de trouver à la fois des bonnes choses dans tous les camps.
Bayrou ne sera pas l'homme du président. C'est ce qu'il faut comprendre dans cette nomination musclée à l'arraché dont on connaît maintenant les coulisses. Il a dû ruer dans les brancards pour s'imposer à Matignon.
Alors, je n'ai pas d'informations. J'insistais comme vous au débat, mais je ne suis pas dans les secrets des discussions de ce matin. Ça n'a jamais été l'homme du président. Ça a été quelqu'un qui l'a accompagné, qui l'a soutenu, qui a été décisif en 2017. Il a toujours gardé une certaine indépendance. Il a été beaucoup en soutien du président, mais on ne peut pas dire que c'était l'homme du président. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas dans ce sens qu'on peut voir ses rapports avec le président de la République.
Et c'est sûr qu'Emmanuel Macron lui doit beaucoup, notamment en 2017. Comment va-t-il s'y prendre, vous qui le connaissez si bien, pour bâtir ce pacte de non-censure ? D'abord, est-ce qu'il va former un gouvernement avant de voir les différents présidents de groupe ou après
pense qu'il le fera après. Il va non seulement les présidents de groupe, mais aussi les responsables de partis politiques. Et puis j'espère qu'il va s'appuyer aussi sur les parlementaires en espérant qu'on arrivera à élargir le bloc central. On n'est pas très loin physiquement. Ma collègue qui est sur le plateau, on n'est pas très loin physiquement dans l'hémicycle. On a beaucoup été à côté au moment du débat budgétaire. Qu'est-ce que vous dites d'ailleurs,
monsieur Mettey, aux socialistes qui s'affirment dans l'opposition ce soir et qui considèrent qu'ils ne doivent pas participer ? au gouvernement qui ne montre pas d'évolution sur le fond, c'est la même politique macroniste
crois que je regrette qu'il n'y ait pas de volonté de participer un peu à cette aventure, cet engagement de réconciliation des Françaises et des Français. Vous savez, avant tout, il faut constituer une équipe, et François Bayrou, je pense, va se nourrir des réflexions des uns des autres, bien qu'il connaît quand même beaucoup la vie politique. Et puis ensuite, on forme une équipe pour essayer de faire avancer, de trouver des consensus.
Merci d'un mot, Jean-Paul Matéi. Si on vous propose le ministère du Logement, si François Bayrou vous appelle, vous y allez cette fois
Non, non, mais on ne m'a jamais proposé de ministère. Je sais que mon nom avait circulé. Et si c'était le cas la prochaine fois Oui, mais je préfère... Vous savez, je suis tellement proche de François Bayrou, je vais me respecter. Il a un bon travail sur la table.
Merci beaucoup, Jean-Paul Mettey. Alors, comment vous accueillez les uns et les autres cette nomination ? Avant de demander aux politiques, moi, je m'intéresse aux Français, parce qu'on les a entendus. On a entendu aussi avant, dans la première partie, que François Bayrou voulait essayer de prendre à témoin les Français pour essayer d'imposer des compromis à l'Assemblée. Qu'est-ce qu'il incarne ? Quels sont les qualificatifs, les mots qui reviennent ?
Avant de vous répondre sur François Bayrou, j'ai envie de dire qu'on disait la même chose il y a deux mois sur Michel Barnier. avec une sorte de copier-coller en termes d'image qu'il véhicule dans l'opinion. expérimenté, je ne dis pas âgé, je dis expérimenté, avec une longue carrière politique, un ancrage territorial, certains, évidemment, ce sont des élus locaux qui ont créé leur carrière, qui ont débuté leur carrière en province, et enfin, l'image de modéré. C'est exactement ce qu'on disait de Michel Barnier. Je ne dis pas que c'est une bonne chose ou pas, et je ne dis surtout pas que François Bayrou est un clone de Michel Barnier, même si, dans l'opinion, tout ça... Donc,
vous pensez qu'il n'y aura pas cette impression d'un élargissement d'un socle, d'un changement de cap ?
Mais non. Mais non, ce serait presque pire, parce que l'avantage de Michel Barnier, c'est qu'il venait des Républicains. Un jour avant sa nomination, il était encore dans l'opposition, dans l'opposition frontale rigoureuse à l'égard du président de la République. François Bayrou, c'est le compagnon de route de toujours, c'est celui qui... Il n'a pas fait, évidemment, le président de la République, mais c'est lui qui, au moment où il retire sa candidature, fait que la victoire d'Emmanuel Macron devient envisageable. C'est ça, le vrai point de bascule. Donc, si l'on revient à tout ce qu'on a dit sur Michel Barnier, c'est la même chose. Les Français ont envoyé un message lors des législatives, mais encore plus lors des européennes, juste avant, moins de 15% pour la liste commune de ce bloc central, et après les législatives, on leur met Michel Barnier. Le reproche risque, au sein de l'opinion, d'être encore plus... vigoureux, cette fois-ci, dans le sens où il n'y a pas d'élargissement, parce qu'il y a la question de la gauche et du Parti socialiste, qui a fait des ouvertures et rétropédalée pour les raisons dont on pourrait discuter, mais cette fois-ci, le Premier ministre est issu de ce bloc central. Il n'est même plus issu de l'ancienne opposition.
C'est pas quelque chose qu'il aurait dû penser avant. Emmanuel Macron, au fond, c'est un peu un Barnier bis, même si Michel Barnier était dans la droite républicaine. C'est vrai qu'on se dit oui, l'élargissement. Où est le changement de cap ? Où est la prise en compte de la censure
savez, François Bayrou, quand vous regardez un peu son parcours, il a l'avantage d'avoir un parcours conséquent dans la vie politique française. C'est un parcours qui est jalonné, finalement, de prises de positions très courageuses. Ça a été rappelé, je crois, dans votre sujet précédent, mais en 2002, il refuse de rejoindre l'UMP dans cette espèce de fusion des droits considérant. On a fait tout le parcours. Oui, mais justement, il faut aussi reprendre ce que ça dit d'un homme aussi, ce parcours-là. Mais politiquement, en termes d'espace politique. François Bayrou, c'est le dépassement avant Emmanuel Macron, finalement. C'est la quintessence. de ce qu'Emmanuel Macron a su incarner victorieusement politiquement. Donc Macron choisit son
double en plus vieux.
Enfin, ça, c'est votre analyse. C'est ma question. C'est une
question.
Moi, je répondais à votre question sur sa capacité d'élargissement. On a vu qu'il n'y avait pas de censure, a priori, de la part du RN, à condition d'être respecté, ce qui, en démocratie, semble tout à fait entendable comme condition, d'être respecté pour ses opinions, même si on peut les combattre politiquement, ça paraît quand même assez clair et de circonstance. La gauche, effectivement, ce sera la vraie question, elle va se situer aussi de ce côté. Que va faire la gauche ? Est-ce qu'on va être dans une posture comme celle qui a été adoptée vis-à-vis du précédent gouvernement, c'est-à-dire une censure a priori, sans chercher de discussion ? Pas de censure, a priori, on a entendu Maurice
Ballot à l'instant.
On connaît maintenant la situation depuis six mois, on l'a testé, on l'a expérimenté, on a vu ce que ça donnait cet été dans les tractations, on a vu ce que ça donnait à l'Assemblée, donc je pense que maintenant chacun est à peu près au clair de ce qu'il peut proposer, de ce qu'il ne peut pas accepter, les conditions sont sur la table, elles sont identifiées et connues, à chacun aussi d'y mettre du sien. Alors pas de censure, a priori, ni côté RN,
ni côté PS, il n'y a que les insoumis qui déposent une motion de censure, avant même, je pense, la déclaration de politique générale. de François Bayrou, Diana Badiop. Dans quel état d'esprit vous êtes ? Est-ce que vous pouvez dire, oui, ce soir, on est prêt à des compromis avec François Bayrou ? Est-ce que ça, vous pouvez le dire ?
je pense qu'il faut prendre les choses dans l'autre sens. Non, mais ça, c'est ma question. Vous pouvez pas faire les questions. Répondez-moi. Je vous dis simplement que nous, on se dit, un, effectivement, on est déçus parce qu'on est dans une nomination qui ne répond absolument pas aux espoirs qu'on aurait pu attendre. Vous l'avez dit et redit. Mais est-ce que vous êtes
prêts à des compromis, ça veut dire des concessions réciproques, oui ou non ?
Nous, on est près des concessions réciproques, mais je dirais que la balle est dans leur camp. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est à François Bayrou de nous donner des garanties qu'il va y avoir un changement de cap. Vous l'avez dit vous-même, aujourd'hui, rien dans la personnalité, dans le parcours de François Bayrou peut nous laisser penser qu'il va y avoir un changement de cap ou un changement de méthode par rapport à Michel Barnier. Nous, nous disons... Son parti est un tout petit peu plus à gauche que le parti Renaissance, on va dire Macron historique. Et d'ailleurs, lorsque... On le voit sur l'immigration, sur les questions... Pendant la discussion du budget, il y a eu de nombreuses fois où nous avons eu... Des points communs avec Jean-Paul Matéi,
notamment, ces amendements. Et d'ailleurs,
avec le président Matéi, et des votes communs. Sauf qu'aujourd'hui, nous, ce que nous disons, de censure a priori. nous attendons les propositions, les concessions...
Est-ce que vous attendez qu'il passe 2-3 semaines avec les différents présidents de groupe pour dessiner les contours de cet accord de non-censure sur la question des retraites, sur l'immigration, sur le budget ? Comment vous voulez travailler dans le compromis, dans cet esprit-là ? Moi,
je pense qu'effectivement, des rencontres... qui n'auraient pas lieu à l'Elysée, des rencontres qui auraient lieu au Parlement, à l'Assemblée nationale seraient les bienvenues, qu'on puisse prendre appui sur les revendications que nous avons données sur les retraites, sur la justice sociale, sur la préservation des services publics. et que, du coup, ils puissent nous dire, voilà, sur tel ou tel point, dans l'intérêt général, nous sommes prêts à bouger, à faire des efforts. Et si, effectivement, ils nous donnent des garanties qu'il va y avoir des avancées pour les Françaises et les Français, alors, oui, nous sommes prêts à ne pas le censurer et à aller au bout de la discussion. Parce que, nous, notre posture, elle est simple, c'est de dire... On préfère prendre des victoires tout de suite dans l'intérêt des Françaises et des Français, parce qu'ils attendent beaucoup trop longtemps, plutôt que de jouer la montre et de jouer 2027. Moi, je crois qu'on ne peut pas passer... Enfin, enjamber la situation... Toutes les avancées que vous
réclamez sur le social, sur les questions de santé, sur les questions fiscales, elles ont un coût. Et c'est... dans un contexte de déficit absolument abyssaux qu'elles sont demandées par la gauche. Écoutez François Bayrou sur la dette, il parle de questions morales.
le monde disait, il est complètement fou, on ne fait pas une campagne sur la dette. Eh bien, je crois que cette question-là, déficit et dette, c'est une question qui pose un problème moral, pas un problème financier seulement. Un problème moral, parce que se débarrasser de ces charges sur ces enfants, dans les pays comme les nôtres, dans les pays de montagne, d'enracinement, c'est très mal vu.
La dette, une question qui n'est pas que financière, qui est aussi morale. Il a ces deux piliers-là dans son parcours. La question de la justice sociale et fiscale et la question de la dette et des déficits. C'est un peu son bâton de maréchal depuis des décennies. Ça tombe bien, c'est les deux questions auxquelles il faut répondre à la fois à la droite, à la fois à la gauche et puis aussi vis-à-vis des marchés et des entreprises.
C'est sans aucun doute son bâton de maréchal. mais c'est en l'occurrence son boulet. Je crains pour ces marges de manoeuvre politiques parce que ces marges de manoeuvre budgétaires sont nulles. Michel Barnier est tombé. La méthode Barnier n'avait pas fait ses preuves et qu'il a eu du mal à élargir un socle commun qui était très réduit, mais l'équation politique de Michel Barnier était impossible parce que son équation budgétaire l'était. Un budget aussi austéritaire pour tenter de combler un déficit aussi important, rappelons-le, peut-être 6 % de déficit. Donc quelques dizaines de milliards à trouver. Autrement dit, des dizaines de milliards introuvables si vous n'avez pas un socle politique solide. Et je ne vois pas en quoi précisément le socle politique de François Béroud est plus solide que le socle de Michel Barnier. Et je ne vois pas en quoi précisément les recettes politiques et budgétaires qu'il va pouvoir trouver seront plus probantes que celles de son prédécesseur.
Donc vous êtes extrêmement sceptique et pessimiste. Martin Garagnon, si on reste sur le budget, puisque c'est la mer des batailles, normalement, on est... Dans l'opposition, on vote contre. A priori, il n'y a aucune raison d'avoir un vote sur ce budget. Il y aura sans doute un 49-3, mais qui sera monnayé, c'est-à-dire avec des contreparties dans le budget. Sur la question fiscale, Michel Barnier était allé assez loin. Il y avait déjà des choses sur les grandes entreprises, sur les grandes fortunes. Est-ce qu'il faut aller plus loin obtenir ce pacte de non-censure
avez... Sur la question de la dette, effectivement... Ce sont les socialistes qui font
pivot pour sortir de l'arbitrage du RN.
Notamment, mais pas que. Mais le groupe socialiste va avoir une responsabilité dans la configuration à venir. La configuration de l'Assemblée, elle, n'a pas bougé. C'est la même composition qu'il y a six mois. Donc elle est identifiée. On connaît, comme je le disais, les lignes rouges, même si j'aime pas ce terme, parce que chacun y va de sa ligne rouge, on a l'impression qu'il y a des prises en otages dans tous les sens et des espèces d'appels au chantage. Mais en tout cas, les besoins, les demandes des uns et des autres sont identifiés. votre discours responsable, de dire qu'il vaut mieux qu'on arrive à négocier des avancées qui rentrent dans notre programme pour lequel on a été élus, plutôt que de tout rejeter en bloc, et de jouer une espèce de qui tout double, parce que ça se fait sur le dos des Français. Deux réponses par rapport à ça. Sur la dette, Bayrou était un des premiers à avoir identifié ce problème-là. Moi, je vais vous dire, en 2007, j'avais ma carte au PS, j'ai voté pour Bayrou au premier tour, parce que c'était le seul à parler de ce problème-là. Je considérais que c'était une question de solidarité intergénérationnelle aussi. de traiter ce problème de la dette. Quant à l'approche et l'attitude, vous attendez des réponses, mais vous en avez déjà dans son parcours, je le disais tout à l'heure. En 2007, Bayrou a écrit « Je tends la main par-dessus ce mur de verre qui coupe la France en deux ». C'est déjà une preuve. Il écrivait ça dans « J'ai une question à vous poser ». Peut-être qu'il a une réponse à nous proposer ce soir. À part que la différence entre 2007 et maintenant, le mur de verre est devenu un mur de béton armé avec des barbelés. La France a de plus en plus de mal à se parler, à se regarder finalement, et c'est toute la différence. qu'il a maintenant en 2024 par rapport à 2007, où il écrivait ces propos-là. Donc la tâche, elle est ardue, on le sait. L'Assemblée, elle est très divisée, on l'a constaté. Il va falloir qu'on trouve des ponts. Donc vous avez une attitude de dialogue. Parce que les Français, ils ne sont pas en dehors du jeu.
Ils regardent leurs représentants. On a parlé de la défiance. On n'est pas très loin du mouvement des Gilets jaunes. Il pourrait se reproduire sur les questions de pouvoir d'achat. Il y a aussi les entreprises qui commencent dans l'incertitude à ne plus vouloir prendre le moins de risques d'investissement. Cet accord de non-censure, dans l'opinion, pour ce que les Français en saisissent, il est plébiscité ?
Oui, ce que veulent les Français, après l'épisode Barnier, je ne parle pas de la dissolution, je parle de la censure de Barnier, ce que souhaitent les Français, c'est de l'apaisement. Il y a différentes enquêtes qui ont pu être l'apaisement au niveau politique dans les relations entre les appareils et à l'Assemblée nationale. Ce qu'ils veulent, c'est très clairement... L'idée de non-censure, de renoncer au 49-3, c'est considéré comme la brutalité des brutalités par les Français en matière de constitution et de vie politique, de vie parlementaire. Ça ne s'est jamais passé, mais ça passe encore moins maintenant qu'il n'y a pas de majorité absolue ou de majorité relative étriquée. Ils ne veulent pas ça à tel point que dans certaines enquêtes, les gens considéraient que c'était une mauvaise idée de ne pas avoir invité le RN ou de ne pas avoir invité la France insoumise. à rencontrer le président de la République, y compris auprès des gens qui sont viscéralement opposés aux orientations politiques de ces deux partis. C'est pour ça que je parle d'apaisement. Après, les différents électorats des différentes forces politiques scrutent avec attention ce que font, ce que disent, ce que déclarent. leur propre parti, leur propre groupe parlementaire. Vous parliez de l'opinion, mais je reviens sur le Parti socialiste. Le Parti socialiste a pris un énorme risque de se trouver confronté à l'incompréhension de son électorat. On peut parler... Au nouveau Front populaire, les appareils sont extrêmement divisés. Il y a des Insoumis, des sociodémocrates, des écologistes, très bien. l'opinion, les Français de gauche, ce n'est pas un bloc hétérogène, un bloc homogène, pas du tout, évidemment, mais quand vous êtes socialiste, la même chose pour les Insoumis, vous vivez dans une nostalgie de l'époque où la gauche gagnait des élections. Ca peut être pour les plus anciens Mitterrand, Lionel Jospin, François Hollande. Quand vous regardez dans un cas d'opinion ce que nous disent les sympathisants du Parti socialiste, c'est qu'ils sont... ils sont prêts à soutenir leur parti à condition d'obtenir des trophées. C'est ça, l'enjeu. Le PS a besoin de trophées. Pour l'instant, il risque d'allumer son image. La présidentielle
pèse pas uniquement dans les états-majors des partis, également pour les Français. Ils veulent cette victoire à l'arrivée. Ils ne veulent pas qu'ils se mêlent trop au pouvoir actuel.
Cette tripartition de la vie politique, elle existe dans le pays. Les opinions sont divisées.
Justement, vous prenez un risque. Est-ce que le parti... est clairement unie sur cette volonté de trouver un chemin de non-censure, ou il y a eu des divisions assez fortes là-dessus ? On le
peut. Je peux vous dire que ça faisait longtemps que ça n'était pas arrivé. la stratégie que nous avons adoptée, elle a été vraiment adoptée de manière unanime avec l'ensemble des sensibilités qui sont présentes au Parti socialiste. Et je rejoins ce que vous dites. Nous sommes dans un exercice qui est quand même... pas aisés. C'est-à-dire que, d'un côté, nous devons faire preuve de responsabilité parce que nous savons très bien que notre électorat, mais aussi les Françaises et les Français, aspirent à de l'apaisement. Ils veulent qu'à un moment donné, aussi, le fait qu'ils se soient déplacés aussi massivement... Qu'est-ce que vous dites à ceux qui nous
regardent qui ont besoin d'un peu de raison d'espérer ? Parce que ce qui se passe, les blocages ici, ont des répercussions dans l'économie, dans le pays réel. Qu'est-ce que vous leur dites ?
Moi, quand je suis allée sur le marché après la censure, les gens m'ont dit... on ne comprend pas très bien ce qui se passe. Je leur ai expliqué, je leur ai dit, vous savez, lorsque nous avons eu ce débat budgétaire, nous avons fait un certain nombre de propositions, ces propositions n'ont pas été retenues, il y a eu de nouveau un 49-3, et donc le seul outil qui nous restait, c'était celui de la censure. Nous, nous n'avons pas censuré de gaieté de coeur, aujourd'hui, ce que nous voulons, c'est éviter une nouvelle censure, mais pour cela, il faudra prendre du temps, il faut discuter, et surtout, je crois que, je le redis... Il faut que François Bayrou, dans les discussions qu'il va mener, prouve qu'il y a un changement de cap et qu'il y a un changement de méthode. S'il n'y a pas de changement de cap, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Cap
et méthode a changé, sinon c'est la censure dans trois mois.
Oui, mais vous savez, dans la vie partisane, dans tous les partis, vous avez toujours une double dynamique qui est à l'oeuvre. Vous avez ceux qui pensent à gagner la prochaine élection et vous avez ceux qui pensent à changer la vie quotidienne des Français. Le problème, c'est que parfois, ces deux dynamiques se percutent. La France insoumise, typiquement, ils sont très clairs, ils ne veulent pas changer la vie des Français au quotidien, ils considèrent qu'ils changeront la vie des Français au quotidien quand ils auront tout le pouvoir à eux seuls. Ce n'est pas l'attitude des partis dits de gauche comme de droite. On est encore
avec ce nouveau Premier ministre. dans un blocage, charge à lui d'essayer de dénouer les choses. Le mot de la fin, est-ce que vous nous voyez dans une simple crise politique ou est-ce qu'elle a déjà des effets institutionnels forts dans cette tripartition, voire une crise de régime, puisqu'on entend de plus en plus l'idée que seule la démission permettrait au président de débloquer la situation
? La réponse est du côté des oppositions. Ce sont les oppositions, et en particulier Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, s'ils décident d'additionner leurs forces, qui ont la réponse à cette question. transformer la crise politique dans laquelle nous sommes incontestablement en une crise de régime. On parlait d'accord de non censure... A l'Assemblée,
ils ne sont pas dans la majorité, si on prend que les Insoumis et Marine Le Pen.
Vous avez raison. Un accord de non censure avec le seul PS ne suffit pas. Il faut la droite. Les
communistes et les écologistes proposent aussi. En tout état de cause,
l'accord de non censure devra se négocier avec... Tout le monde n'est pas uniquement avec le PS. Et comme je le disais tout à l'heure, un accord de non-censure, même un accord de non-censure, aura un coût. Et je ne sais pas dans quelle mesure François Bayrou dispose des ressources nécessaires pour s'offrir ces accords de non-censure.
courage à ceux qui sont aux manettes, à ceux qui s'affirment dans l'opposition parce que vous êtes finalement tous liés. Merci beaucoup d'être venu sur le plateau de LCP et merci à vous, Mathieu Soukir. A bientôt dans le fauteuil du Grand Témoin. C'est la fin de cette émission. Merci à vous de l'avoir suivi. Pour la voir ou la revoir, il y a la chaîne YouTube de LCP et maintenant le podcast de Savourgarde. Très bon week-end, profitez bien.
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