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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Bonjour à tous les deux, bienvenue dans Santé Futur. Bonjour. Professeur Cohen, je commence avec vous. La cardiologie a nettement progressé dans les traitements, l'imagerie et même les interventions. Comment expliquer que malgré ces progrès, la mortalité reste aussi élevée
a affaire à un problème de santé publique avec des maladies graves qui altèrent à la fois la qualité de vie et le pronostic. Un bouleversement lié aux approches médicamenteuses avec des progrès... incommensurables, et puis le dispositif, les dilatations des artères, les steintes dans les artères, et tout ce qui est procédure interventionnelle permettant de corriger un vice valvulaire ou autre. Mais malgré cela, ce sont des maladies du sujet âgé, polypathologiques. Il faut vraiment que vous imaginez que le paysage du patient cardiovasculaire, c'est la comorbidité, comme l'on dit, c'est-à-dire la présence d'une... maladie rénale chronique, d'une maladie métabolique, d'une maladie neurologique. Et donc tout cela fait que ces patients ont un taux de complications qui est élevé, qui reste élevé malgré les traitements. Et puis il y a, vous l'avez très bien dit dans votre introduction, la part silencieuse de beaucoup de ces maladies. qui peuvent tuer de façon silencieuse l'hypertension artérielle, parfois le diabète. L'hypertension peut-être est le meilleur exemple que l'on peut donner. Vous voyez, presque 17 millions de personnes qui ont une hypertension artérielle, la moitié ne le savent pas. Et parmi celles et ceux qui le savent, la moitié ne sont pas traitées de façon optimale. Et donc tout cela finit par aboutir par un retentissement sur à la fois l'anatomie et la fonction du cœur. Et cela aboutit donc à une sur-morbid mortalité. cela n'est pas inéluctable.
Yannick Noderre, qu'est-ce qui nous empêche encore de mieux prévenir ces maladies ?
Je crois que vous l'avez très bien dit dans vos propos introductifs, c'est-à-dire qu'on est dans la journée mondiale du cœur, et cette journée mondiale du cœur, qui a été créée en 2000 par l'OMS, elle met... Un sujet en avant, c'est que ces pathologies cardiovasculaires dont vous avez rappelé l'impact, 140 000 décès par an, dans 80% des cas, elles seraient évitables si on maîtrise les facteurs de risque, le tabagisme, l'hypertension artérielle, comme vient de le rappeler le professeur Ariel Cohen, le cholestérol et le diabète. Donc l'objectif pour moi, c'est cette prise de conscience collective qui doit être au niveau des politiques, des professionnels de santé, des usagers, des patients, des citoyens. C'était l'objectif. de cette loi, cette loi Coeur, qui a été votée à l'unanimité au mois de juillet au Parlement, donc c'est assez rare pour le souligner, et qui est une déclinaison du plan européen, que nous avions travaillé à l'échelon européen avec mes collègues ministres de la Santé, et cette loi, elle est assez simple, c'est-à-dire que face à ce problème de santé publique, Première cause, deuxième cause de mortalité en France, mais première cause de mortalité chez les femmes. Est-ce que l'on dépiste suffisamment ? Est-ce qu'on fait suffisamment de prévention ? Naturellement, la réponse est non. Donc cette loi a pour but de... d'organiser dans le paysage ce dépistage des pathologies cardiovasculaires, avec tout d'abord une sensibilisation des pouvoirs publics, des soignants et des professionnels de santé. Deuxièmement, c'est de permettre à tout professionnel de santé, et je trouve que l'exemple de l'hypertension artérielle est un excellent exemple, c'est de permettre aux pharmaciens, aux kinésithérapeutes de prendre l'attention. On a plus de 6 millions de Français qui ne savent pas qu'ils ont une hypertension artérielle. Le troisième point, c'est de pouvoir aller vers... c'est de pouvoir faire ce dépistage sur le lieu de travail, puisque globalement de 18 à 65 ans, on passe une grande partie de sa journée au travail. Donc c'est de se dire, il faut qu'on puisse dépister sur les lieux de travail. La loi permet que soit proposée à chaque salarié, quelle que soit la taille de l'entreprise, obligatoirement proposée. Un dépistage, c'est un dépistage qui peut être organisé par la médecine du travail, par les professionnels de santé du territoire, par des associations agrées, ce qui permettra en regard... d'éviter que les pathologies arrivent, de diminuer les arrêts maladie et de permettre une meilleure productivité à l'entreprise. Et puis le dernier point, c'est une sensibilisation globale au niveau des enfants, c'est-à-dire c'est la prévention dans les milieux scolaires. L
'année suivante, le sixième anniversaire,
notamment pour l'hypercholestérolémie. Dans ces sujets-là, il y en a un qui est important, qui est une maladie qui est l'hypercholestérolémie familiale. On a 30 000 enfants en France qui... sont porteurs de cette pathologie. Donc ils ont un taux de cholestérol extrêmement élevé et ils font des pathologies que normalement on voit arriver vers les populations plus âgées. Ils font des infarctus, des AVC. Donc l'idée c'est de pouvoir dépister à l'âge de 6 ans ces enfants pour pouvoir leur mettre un traitement et leur éviter vers l'âge de 15-20 ans de faire un AVC et un infarctus. Mais c'est surtout une mesure au niveau des écoles, des collèges, des lycées sur la sédentarité, l'obésité. On a 20% de nos enfants. qui sont obèses, c'est de les sensibiliser à la pratique sportive, à la bonne alimentation, à l'absence de sédentarité, le temps des écrans.
Professeur, la prévention cardiovasculaire doit commencer dès l'enfance ?
Ah oui, absolument. Je pense que le député Yannick Noder a mis le point là où il fallait. Six ans, ça correspond d'ailleurs au début de l'autorisation de traiter ces enfants par des médicaments très efficaces, qui vont permettre de réduire de façon drastique le risque cardiovasculaire, oui. Je crois qu'il faut vraiment... penser à la prévention, mais avec Yannick Noderre, nous avons beaucoup réfléchi à tenter de faire en sorte de ne pas stigmatiser. Prévenir et détecter, c'est bien, mais surtout, il ne faut pas culpabiliser. Alors, juste un chiffre pour que vous l'ayez en tête. Quand on regarde la définition de ce qu'on peut appeler la bonne santé cardiovasculaire, on en a beaucoup parlé avec Yannick Noderre. 7 à 11% de la population française, hommes et femmes, seulement est en bonne santé. Qu'est-ce que c'est qu'une bonne santé ? C'est justement ce qui a été décrit, c'est-à-dire ne pas avoir de facteur de risque cardiovasculaire et être informé. Et donc ça veut dire que 90% de notre population française n'est pas en bonne santé cardiovasculaire. Et donc prévenir, c'est informer, c'est mobiliser en essayant de faire en sorte de ne pas culpabiliser. être en surpoids, c'est une maladie. Ce n'est pas juste un problème esthétique. Avoir une tendance au diabète ou du cholestérol, c'est une maladie qui se traite avec à la fois une approche hygiéno-diététique et des traitements médicamenteux efficaces. Nous sommes un peu terrorisés, nous les soignants, Yannick comme nous, par parfois des campagnes de désinformation sur le fait qu'il ne serait pas bon de faire cela ou il ne serait pas bon de prendre un médicament en prévention primaire, c'est-à-dire avant un événement cardiovasculaire.
Mais
c'est fondamental, c'est vraiment un point sur lequel il faut que nous arrivions à continuer encore et encore à mobiliser et à sensibiliser, et surtout pas à culpabiliser.
Dans l'imaginaire collectif, l'infarctus reste encore souvent. associé à un homme d'âge mûr. Est-ce que le risque cardiovasculaire féminin reste sous-estimé ?
Là encore, vous touchez du doigt un problème majeur dont vous parlez avec Yannick Noder il y a quelques minutes. Il faut vous souvenir qu'à peu près 10% des infarctus de myocarde touchent des personnes âgées de moins de 50 ans. Et en particulier, celles et ceux qui ont ces facteurs de risque-là, dont l'hypercholestéromie familiale. Et puis après, il y a un sujet sur lequel on pourrait vraiment passer plusieurs jours, qui est le cœur de femme et la pathologie cardiovasculaire chez la femme.
La première cause de mortalité chez les femmes, on a tendance à penser que c'est le cancer, mais la première cause de mortalité chez les femmes, c'est les pathologies cardiovasculaires. Donc là, il y a tous les problèmes.
Il y a d'abord le problème de la méconnaissance des soignants, qui ne se mobilisent pas suffisamment pour sensibiliser les femmes. à un risque cardiovasculaire accru à tous les âges, aussi bien pour les ménopauses précoces, mais aussi pour la contraception, mais également pour les grossesses compliquées, par exemple grossesses compliquées d'hypertension artérielle ou de diabète. Ce sont des femmes qui sont exposées à ce risque d'événement. Donc d'abord il y a un problème de méconnaissance, et puis après il y a un problème aussi de méconnaissance par nos patientes, qui ont tendance à minimiser les symptômes, à ne pas les décrire comme si... Cela faisait partie d'une vie d'une femme normale d'avoir une douleur à la poitrine, justement, qui devrait alerter sur l'infarctus, ou d'avoir des symptômes qui évoquent une pathologie neurovasculaire aiguë, comme un AVC. Et enfin, il y a un dernier problème qui est beaucoup plus inquiétant, c'est que lorsque la femme a présenté l'événement cardiovasculaire, infarctus ou accident vasculaire cérébral, elle n'est pas prise en charge de la même façon qu'un homme. avec une sous-utilisation des thérapeutiques médicamenteuses et interventionnelles. Alors, ne croyez pas que nous soyons particulièrement bêtes dans le monde des soignants, mais cela vient d'un certain nombre, malheureusement, d'habitude qu'il faut absolument corriger. Et enfin, un dernier point, vous l'avez dit dans votre introduction, l'innovation et l'approche thérapeutique, il faut y veiller. Les femmes sont sous-représentées dans les essais thérapeutiques. Et donc, en fait, on ne sait pas bien appliquer les bonnes règles aux bonnes personnes. Et donc, je pense que le député Inglodère l'a rappelé encore ce matin. C'est une mobilisation générale, vraiment. Et on l'a mobilisé grâce à lui aussi. Donc, si je comprends bien, le
problème, ce n'est pas le dépistage chez les femmes, c'est la prise en charge ensuite. Alors, c
'est les deux. C'est le dépistage. Rappelez quand même que chaque jour, c'est 200 femmes qui décèdent de pathologies cardiovasculaires, quand il y en a à peu près 25 qui décèdent de cancer du sein. et une ou deux d'accidents de la route. Que prévoit
votre loi ?
La loi prévoit un focus particulier chez les femmes, où il sera naturellement proposé, sensibilisé, que les pathologies cardiovasculaires, ce n'est pas réservé aux hommes, pour les raisons que a été dites par Ariel Cohen, notamment aux âges clés de la vie, c'est-à-dire que pendant la prise de strobe progestative, de pilule, pendant la grossesse, quand on a un poids du bébé qui est particulièrement élevé, Il faut rechercher un diabète, un diabète gestationnel, une hypertension pendant la grossesse. Ce sont des facteurs qui laissent présager que la femme, plus tard, aura ce type de pathologie. Et puis, c'est culturel. Moi, je consulte encore. Je vois souvent des épouses qui prennent des rendez-vous pour leur mari. Et je leur dis, et vous, vous avez fait votre bilan ? Ben non, elles n'ont pas prévu. C'est ancré. C'est ancré que, finalement, la femme est souvent un peu résumée à des problématiques. liées avec la gynécologie et que non, la première cause de mortalité chez les femmes en France, c'est les pathologies cardiovasculaires. Donc il y a une campagne qui a été lancée par la société française. de cardiologie notamment et la Fédération française, c'est tu as vu ton gynéco, tu as vu ton cardio, parce que je crois que les deux éléments sont liés. Donc on doit aussi informer la communauté soignante de cet intérêt à promouvoir le dépistage. La loi que j'ai fait voter et qui va rentrer en application, je l'ai bien vue sur les lieux professionnels, puisque je suis déjà allé tester son efficacité et la façon de se faire. On était sur une plateforme chimique, et bien spontanément... les dépistages avaient l'impression de s'adresser plutôt aux ouvriers de la chimie. Quand on est passé dans la partie administrative, j'ai dit aux agents administratifs qui étaient plutôt féminins, en disant, est-ce que vous êtes allé au dépistage ? Elles ne se sentaient pas vraiment concernées. Elles y sont allées et j'ai vu des réactions assez étonnantes. Je me rappelle de cette secrétaire de 38 ans qui, finalement, s'est retrouvée avec des facteurs de risque et finalement à haut risque de pathologie cardiovasculaire. Jamais elle n'aurait pensé qu'une campagne de dépistage, entre guillemets, mais pour éviter un AVC, un infarctus, s'adresser pour elle.
Yannick Noder, il y a un autre enjeu que vous voulez mettre beaucoup plus fortement sur la table, on va l'évoquer rapidement, c'est l'évaluation médico-économique de la prévention. Est-ce qu'on sous-évalue aujourd'hui le coût réel de ces maladies pour la société ?
Je pense qu'on ne le fait pas correctement. On regarde les soins consommés, en France on n'a aucune vision pluriannuelle à long terme. On fait chaque année le vote du budget sur une année, et on sait très bien, et ça va commencer les débats budgétaires au Parlement d'ici quelques jours. jours mais on n'a aucune vision pluriannuelle et on sait très bien que chaque euro dépensé dans la prévention et bien on aura un retour sur investissement dans plusieurs années et je crois que ce qu'on ne fait pas actuellement c'est de bien calculer vraiment les coûts c'est à dire que naturellement si on a bien dépisté un patient dans 80% des cas on peut lui éviter l'infarctus ou l'AVC l'AVC qui est la première cause de handicap acquis donc on voit bien que le patient n'est pas malade le soignant est content et on a évité de consommer des soins mais il y a un deuxième Deuxième volet, c'est que si ce patient malheureusement a fait cette pathologie, il aura un arrêt de travail, il aura des indemnités journalières qui auront un coût pour notre système de santé. Et puis le troisième point, c'est qu'au vu d'une entreprise, c'est pour ça qu'il y a une adhésion aussi du milieu professionnel des entrepreneurs et notamment du patronat, c'est que... On a plutôt intérêt à avoir des patients salariés, des salariés patients en bonne santé, puisque ça permet d'augmenter la productivité aussi du pays. Et je crois que nous avons des dépenses de santé qui augmentent spontanément de 4%. Donc on voit bien qu'il va falloir être le plus efficient possible. Mais face à l'emergence des maladies chroniques, on n'a pas parlé par exemple de la pathologie rénale, mais c'est près de 6 millions de patients en France. Et c'est une des premières causes aussi, des dix premières causes de mortalité. vieillissement de la population, l'augmentation des maladies chroniques, avec par exemple la prévalence du diabète qui atteint 10% dans certaines régions, notamment l'outre-mer, il va falloir aussi qu'on ait davantage de richesses pour faire face à ces problèmes de santé. Donc économie sur le soin non dispensé, économie sur les indemnités journalières, augmentation globale de la productivité du pays pour faire face au vieillissement de la population et à l'émergence des maladies chroniques.
Restez avec nous messieurs, on passe tout de suite à la chronique de Camille et vous allez pouvoir réagir.
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