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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Julien Rancoule, bonjour. Bonjour. Vous êtes député Rassemblement National de la 3ème circonscription de l'Aude. Vous êtes également conseiller municipal de Limo et vous êtes pompier volontaire depuis 17 ans. Ce que je vous disais juste avant, vous êtes un peu le monsieur pompier du Rassemblement National. Vous l'avez vu dans ce reportage, les pompiers sont en grève. Ils ont manifesté hier à Paris. Ce n'est pas si commun. que les pompiers se mettent justement dans cette situation. Généralement, c'est plutôt des gens qu'on voit dans le dévouement, qu'on ne voit pas souvent en colère. Pourquoi est-ce que, selon vous, c'est maintenant qu'il y a eu ce déclencheur ?
Déjà, après une saison feu de forêt qui a été particulièrement intense, on a eu six sapeurs-pompiers qui sont morts au feu quand même cet été, c'est à rappeler. Et avec un projet de loi qui a été annoncé par le gouvernement qui n'est pas du tout à la hauteur des enjeux. Depuis deux ans et demi, les gouvernements successifs nous baladent. Gérald Darmanin, pour calmer et surtout pour temporiser la crise en 2024. avait annoncé un beau veau de la sécurité civile, donc des concertations, une énième concertation justement sur le sujet pour gagner du temps, parce que la problématique et les solutions, on les connaît. Il y a des pistes qui sont connues depuis des années et des années, qui sont réclamées par les syndicats, par la Fédération des sapeurs-pompiers. Donc il a lancé cette concertation qui a duré quasiment deux ans. Les conclusions ont été rendues en septembre 2025, donc il y a plus d'un an maintenant. pour finir par sortir un projet de loi qui n'est pas du tout à la hauteur des enjeux et qui ne correspond pas finalement aux aspirations et aux demandes des sapeurs-pompiers et notamment des conclusions de ce beau vaut de la sécurité civile. Alors justement,
Emmanuel Macron avait promis plus de Canadair, il avait promis plus de moyens pour les pompiers. Après quasiment 10 ans... Deux mandats d'Emmanuel Macron, quel est le bilan finalement pour les pompiers ? Est-ce que objectivement la situation s'est vraiment dégradée ? Ou alors est-ce que c'est, comme vous le dites aussi, une sorte de concordance qui est liée aussi au feu de forêt de cet été, etc. Il
y a une négligence en fait. Les sapeurs-pompiers ont l'impression de ne pas être écoutés, de ne pas être entendus, de ne pas être considérés. Le sujet des questions de sécurité civile aujourd'hui passe en second plan. On en parle notamment l'été, et puis venu le mois d'octobre, souvent les pouvoirs publics oublient cette thématique. Je crois aussi que c'est dû au fait que la sécurité civile est de la prérogative du ministre de l'Intérieur, qui a énormément de portefeuille, et que les sapeurs-pompiers sont un peu la cinquième roue du carrosse du ministère de l'Intérieur. Et tant qu'on n'aura pas un interlocuteur direct, je pense que pour prendre quelques exemples, dans certains pays, au Portugal, en Italie, ils ont un ministère délégué ou un secrétariat d'état, la sécurité civile, la gestion de crise, ce qui permet d'avoir un organe politique qui prend des décisions. Aujourd'hui, malheureusement, les décisions politiques ne sont pas prises depuis des années et des années. Et on a une direction générale de la sécurité civile gérée par un préfet, contrairement à la police et la gendarmerie qui eux une direction générale gérée par justement un professionnel de la branche. Chez nous c'est un préfet. Le préfet ne fait qu'appliquer les consignes politiques qu'on ne lui donne pas, donc la sécurité civile n'avance pas. Je pense que cette exaspération aujourd'hui explose.
Justement, il y a un point, c'est que si j'ai bien compris, parmi les revendications des pompiers, c'est pas forcément une hausse des salaires qu'ils demandent, mais une question d'effectifs. Dans le sens où... Forcément, on le dit, avec le réchauffement climatique, les feux de forêt se multiplient tous les ans. D'une certaine façon, aujourd'hui, on a 45 000 pompiers professionnels, 13 300 qui sont militaires et 200 000 volontaires. Et ce que expliquait un des pompiers, justement, durant le petit reportage qu'on a vu, c'est qu'en réalité, il se retrouve avec énormément de volontaires, ce qui est très positif, mais très peu de professionnels. Comment ça se fait cette situation et comment on y
remédie ? C'est par des considérations financières. Ce sont les départements qui embauchent les sapeurs-pompiers professionnels, qui recrutent les sapeurs-pompiers volontaires. Un sapeur-pompier volontaire coûte beaucoup moins cher à l'heure qu'un sapeur-pompier professionnel. Après, je n'oppose pas les deux statuts parce que les deux statuts sont indispensables. Ils sont interdépendants les uns des autres. Les professionnels gèrent le quotidien et notamment les interventions. flux d'intervention en zone urbaine qui est très important
et
le volontariat vient compléter cet effectif-là notamment en période de crise, sur des événements de crise et aussi il ne faut pas l'oublier sur les zones rurales, la ruralité qui fonctionne essentiellement grâce au volontariat et qui permet d'avoir un maillage fin du territoire et d'avoir, moi ma circonscription est très rurale. 293 communes, couvertes avec des petites casernes, des casernes qui font 150, 200, 500 interventions. Et heureusement qu'on a des volontaires pour assurer ces missions-là.
Pour expliquer juste rapidement à nos éditeurs qui ne seraient pas eux-mêmes pompiers volontaires, c'est quoi le rythme, comment ça fonctionne justement, à quel point vous devez être disponible quelque part ? C
'est assez variable, déjà d'un département à l'autre. C'est aussi peut-être une des problématiques de la sécurité civile, c'est que vous avez une centaine de services départementaux d'incendie et de secours. Et vous avez quasiment autant de systèmes différents, de gestion différente. Il y a très peu d'uniformisation. C'est aussi quelque chose que je déplore. Il faudrait peut-être que la direction générale englobe un peu plus et qu'il y ait une vision un peu plus nationale. Mais le volontariat, c'est assez variable. Dans mon centre, c'est un week-end toutes les 5 semaines, 5 à 6 semaines, et 4 nuits en semaine par mois. D'un centre à l'autre, ça peut être très différent. Il y a des départements qui ne font pas de garde postée, donc en caserne pour les sapeurs-pompiers volontaires, d'autres qui le font. C'est quand même très variable.
Il y a quand même quelque chose, c'est que ce qu'on comprend dans ce que vous dites, c'est qu'il faut quand même mettre... Plus de moyens, donc vous parlez éventuellement par exemple d'un sous-secretariat d'État, d'une administration qui soit plus indépendante peut-être. On parle évidemment de la question des canadaires qu'on peut aussi évoquer. Il y a aussi la question des recrutements. Très honnêtement, Marine Le Pen, par exemple, la présidente de la candidate à l'élection présidentielle, répète tout le temps que la caisse est vide, qu'il va falloir couper, que le déficit est immense. Il n'y a plus d'argent, Julien Rancourt. Comment on fait pour mettre plus de moyens pour les pompiers
? Pour le coup, comme je vous disais, les pompiers professionnels notamment, la crise de l'effectif se situe notamment sur les pompiers professionnels, sont embauchés par les départements. Donc c'est aussi, il y a une part de responsabilité je pense des départements, qu'il faut rappeler, effectivement les caisses de l'état sont vides, les départements parfois je pense font des choix politiques, ils orientent leur budget sur de mauvaises dépenses, qu'ils pourraient rediriger vers le service départemental d'incendie et de secours. soit dit en passant, mais ensuite nous avons proposé, et nous sommes le seul groupe parlementaire de l'Assemblée nationale et du Sénat d'ailleurs, à avoir déposé une proposition de loi pour revoir le mode de financement des SDIS, sans pour autant augmenter les impôts et les taxes, contrairement à ce que proposait la gauche. Il y avait eu une polémique l'an dernier, on nous avait reproché d'avoir voté contre un amendement de la gauche justement pour le financement des SDIS. Cet amendement visait précisément à augmenter les taxes sur les contrats d'assurance pour le rediriger vers les SDIS. Nous, nous avions proposé, au contraire, de rediriger une part de cette taxe déjà existante, qui est dirigée vers la Caisse nationale d'allocation familiale, vers les SDIS. proposition qui a été refusée. Et puis, on prévoit également une réforme plus globale de ce mode de financement, parce que c'est vrai que c'est obsolète, ce mode de calcul a plus de 20 ans, et on prévoyait, on a 7 mesures concrètes pour améliorer le mode de financement des SDIS, encore une fois, sans faire les poches des Français.
Oui, c'est toujours ça qui, évidemment, est difficile à retrouver. Vous avez aussi, justement, toujours sur cette question budgétaire, une proposition qui consiste à simplifier l'achat des équipements de sécurité civile, c'est les termes que vous employez et alors là il s'agirait d'adapter les règles européennes pour finalement faire en sorte que on puisse faire des achats qui soient plus directs. Comment ça fonctionne concrètement ? Je vais prendre un exemple. Alors évidemment, il n'y a pas que les Canadair dans les affaires des pompiers, mais on sait que, par exemple, le Canadair, c'est une entreprise qui est canadienne, comme son nom l'indique, et qui, par ailleurs, a un carnet de commandes qui est forcément compliqué à gérer, qui, à côté de ça, est très sollicité par les Etats-Unis aussi. Donc comment vous faites dans ce cas-là, et qu'est-ce que c'est votre proposition, finalement ?
C'est ça. Alors, effectivement, on est dans une situation... aujourd'hui de quasi monopole de la société de Dehavilland sur le Canadair qui est le seul producteur aujourd'hui en tout cas en commercialisation actuellement d'un avion bombardier d'eau amphibie qui relance tout juste la production donc ils ont coupé pendant 10 ans parce que ça reste un marché de niche donc voilà c'est quand même un marché qui est quand même compliqué entre guillemets malheureusement il va y avoir de la demande dans les prochaines années d'ailleurs là ils sont en surproduction enfin surcommande et donc on a des sociétés aujourd'hui françaises et européennes qui développent des solutions Et malheureusement, les pouvoirs publics ne soutiennent pas ces projets financièrement.
On parle par exemple de l'utilisation de drones pour éteindre les incendies. Est-ce que c'est quelque chose qui est envisageable avec des sociétés françaises ou européennes ? Qu'est-ce qu'on peut faire finalement pour avoir même une souveraineté sur notre gestion des incendies
? Oui, alors sur les drones, pour les attaques en tout cas, ça ne remplacera jamais un avion bombardé d'eau. Évidemment, ce ne sont pas du tout les mêmes capacités, mais c'est un outil quand même intéressant, complémentaire. Et sur l'avion bombardé d'eau, Il y a des sociétés comme Inaéro qui développe un avion bombardier d'eau français, Amphibie, à Istres. Et aujourd'hui, ils attendent des prix-commandes de l'État. Et quand on interroge le gouvernement, le ministre de l'Intérieur sur la question, pourquoi on ne fait pas des prix-commandes sur des avions bombardiers d'eau qui seraient potentiellement livrables dès 2031-2032, contrairement au Canadair qu'on vient de commander, là qu'on aura en 2033, on nous répond qu'il faut respecter effectivement les procédures d'appel d'offres classiques et donc mettre en concurrence, etc. production aujourd'hui, le projet n'est pas encore... totalement abouti. On est obligé, en respectant les règles actuelles, de passer par la société d'Aviland Canadair, qui est aujourd'hui surchargée, comme on vient de l'expliquer.
C'est bête, mais sur un plan industriel, ça valoriserait des emplois en savoir-faire français, etc. Et on pourrait même imaginer qu'on pourrait exporter dans l'avenir ce savoir-faire dans les autres pays européens qui auront aussi
besoin de Canadair. Tout à fait, sur le bassin méditerranéen, il y a des vrais besoins. Et donc, effectivement, on a déposé une proposition de loi pour déroger à ce principe à cette réglementation sur les appels d'offres qui est une réglementation européenne pour justement, on se calque tout simplement sur les marchés de la défense notamment, qui eux ont une procédure simplifiée, plus rapide et qui permet là aussi de faire marcher l'industrie souveraine et donc je propose une dérogation d'étendre cette dérogation au marché de sécurité civile pour pouvoir commander directement, précommander en tout cas des avions bombardés d'eau français qui ont besoin de ces précommande pour continuer sur leurs projets au niveau de l'ingénierie et lancer la production.
On parle également de réutiliser d'anciens Airbus. Est-ce que c'est quelque chose faisable, envisageable,
qui marcherait vraiment ? Ce sont des ATR précisément, c'est l'ATR 172. Effectivement, il y a deux projets en cours, un amphibie et un non amphibie. Ce sont des projets qui sont intéressants, là aussi, qui sont en demande d'investissement de la part de l'État, d'engagement de la part de l'État, en tout cas. Et pour l'instant, ils attendent toujours. Mais ce sont des projets qui peuvent aboutir assez rapidement, pour le coup, plus rapidement que le premier projet que je viens de vous citer, qui pourrait rentrer en production dès l'année prochaine. Effectivement, il y a un projet sur Toulouse, notamment. Et ces projets-là, effectivement, doivent être... soutenus. Là aussi, ils sont encore une fois complémentaires par rapport au projet Inaéro, parce que l'Inaéro, c'est un avion bombardé d'eau amphibie, construit de A à Z, alors que les deux autres projets, ce sont une modification d'avion de ligne classique. Mais tous ces projets-là sont parfaitement complémentaires, ne rentrent pas en concurrence directe, sont parfaitement intéressants et ont une place sur le marché. Encore une fois, malheureusement, ils attendent une impulsion de l'État.
Là, on parle surtout de guérir les incendies justement de réussir à les contrôler une fois qu'ils se sont déclenchés et évidemment il y a une autre question c'est Est-ce qu'on est condamné à avoir une multiplication des incendies tous les ans ? Est-ce qu'il n'y a pas des moyens de prévenir pour les éviter en amont ? Je ne sais pas si c'est le travail des pompiers directement, peut-être des gardes forestiers, peut-être que c'est le travail des agriculteurs. Selon vous, justement, est-ce qu'il n'y a pas une sorte de nouvelle synergie à créer aussi ? Parce que les incendies, ça coûte très cher, il faut le dire aussi. C'est aussi une question économique, ce n'est pas seulement des questions de forêt qui ne se passent, c'est vraiment une question économique. Comment on fait pour éviter que ces incendies nous coûtent de plus en plus cher, que la vie devienne de plus en plus compliquée, comme on
prévient ? Alors ça me fait penser effectivement à la valeur du sauvé on en parle de plus en plus au sein des sapeurs-pompiers notamment et un petit peu dans le monde politique effectivement on regarde les investissements de sécurité civile notamment la commande d'un Canadair par exemple qui effectivement sur le papier est assez coûteux mais quand on voit les économies effectivement que ça fait les non-dépenses effectivement que génèrent que permettent de faire justement ces investissements ne sont pas négligeables et donc effectivement sur le volet feux de forêt, on le constate, les départs de feux sont en augmentation et l'intensité de ces feux sont fulgurants. On voit aujourd'hui des méga-feux, 42 000 hectares encore cet été en Gironde. Ce sont des choses qui n'étaient pas envisageables il y a encore quelques années. Ce sont des pertes économiques énormes, notamment dans ce département-là, avec une activité sylvicole importante. Et puis des habitations impactées, des communes impactées. Effectivement, sur l'entretien de nos massifs, il y a un vrai sujet. Moi, je vois dans le département de l'Aude, donc après le feu, le méga-feu, là aussi des Corbières, 17 000 hectares l'an dernier, je me suis penché sur le plan départemental de prévention du risque incendie de la préfecture de 2018. qui a alerté sur un certain nombre de défaillances dans le département, le manque d'entretien effectivement de nos massifs forestiers, le manque de pistes, le manque d'entretien de ces pistes, le manque de points d'eau, le manque de zones coupe-feu, et tout ça effectivement était déjà inscrit, et on a malheureusement peu d'acteurs aujourd'hui, pour le cas précis de l'autre je parle en tout cas. Le département, jusqu'en 2010, était maître d'ouvrage sur la prévention à incendie. En 2010, ils se sont déchargés sur les communes. Et autant vous dire que les communes, notamment des communes
rurales, ils n'ont
pas les moyens financiers, ils n'ont pas l'ingénierie. Effectivement, je crois sur le volet prévention. On a beaucoup de travail à faire. Une vision globale. On a plusieurs acteurs. Dans certains départements, ils ont des forestiers sapeurs qui gèrent la partie prévention. Dans d'autres, non. sont pour le coup embauchés par les départements. Est-ce qu'il faut généraliser ça ? Peut-être. C'est le cas du Portugal. Là aussi, ils ont des forestiers sapeurs au Portugal à l'année qui travaillent justement sur l'entretien des massifs et après sur la partie curative éventuellement sur l'été. Mais il y a un gros travail à faire effectivement sur le volet prévention. Aujourd'hui, on est très en retard en France sur le sujet.
On parle un petit peu justement de synergie. Il y a un point quand même qui est la cause de la colère de ces pompiers, c'est le fait qu'ils sont un petit peu les premiers et les derniers secours. Dans le sens où, en fait, on les sollicite de plus en plus sur des missions qui ne sont pas le cœur de leur métier. Et finalement, en fait, ils se retrouvent à devoir compléter, bien sûr, les urgences, mais aussi les ambulances en tout genre. Et ça leur arrive aussi de s'occuper, de travailler en collaboration avec les policiers. Finalement, ils sont de plus en plus sollicités. Est-ce que ce n'est pas une question de service public beaucoup plus générale ? C'est-à-dire qu'en fait, j'ai l'impression qu'on ne peut pas prendre le problème des pompiers isolément.
Tout à fait. C'est là aussi pour ça que je crois que ce serait pertinent d'avoir un organe politique justement qui fasse le lien entre les différents ministères parce que précisément, la sécurité civile est un sujet très transversal finalement. Il concerne le ministère de l'Intérieur, mais aussi la santé, aussi le logement, aussi l'environnement. Et malheureusement, on n'a pas d'interlocuteurs aujourd'hui qui permettent de faire le lien. Mais effectivement, ce sujet est très transversal et mériterait d'avoir une vision globale. Aujourd'hui, comme je vous dis, c'est la dernière roue du carrosse du ministère de l'Intérieur, une petite niche qui a du mal à dialoguer avec le ministère de la Santé. Et quand vous parlez effectivement des missions superflues, c'est une réalité. Et c'est une source de démotivation, c'est un coup aussi, là aussi pour l'ESDIS, quand vous vous engagez une ambulance, un VSAV, pour une carence d'ambulance privée, notamment là aussi dans la ruralité, que vous faites partir, justement, potentiellement des travailleurs, des gens... Des employés de mairie ou des ouvriers qui quittent leur emploi pour aller faire une cheville et transporter à l'hôpital qui a une heure de route. Vous perdez votre employé pendant 4 heures ? Et ça explique aussi pourquoi, en partie, certains employeurs, y compris publics, sont de plus en plus réticents à parfois embaucher des pompiers volontaires. Donc voilà, c'est effectivement une vision d'ensemble. Et puis, encore une fois, c'est un coup pour l'ESDIS, toutes ces carences d'ambulances privées, qui ne sont pas négligeables. Et là aussi, c'est un dialogue à avoir avec le ministère de la Santé.
Il y a quand même un côté là-dedans où... Je ne sais pas comment exactement le dire, mais finalement, c'est... Ces pompiers qu'on retrouve un petit peu sur tous les fronts, eux de leur côté, on les retrouve aussi à subir quelque chose qui appartenait presque qu'à la police jusqu'à présent, qui est aussi une forme d'insécurité pour eux-mêmes. On a vu des pompiers caillasser à de nombreuses reprises ces dernières années. J'ai l'impression que c'est un phénomène qui est à peu près apparu sous Macron et que ça n'existait pas auparavant ou très très peu. Comment est-ce que ça se fait que les pompiers eux-mêmes qui sont... Globalement, ils sont quand même particulièrement appréciés, ils sont vus plus ou moins comme des sauveurs. Il y a un débat sur la question du rôle de la police parfois et des violences policières, etc. Mais les pompiers, il n'y a rien à reprocher aux pompiers a priori. Comment ça se fait quand ils le vivent ?
Effectivement, c'est le rejet de l'uniforme. Quand vous portez un uniforme, vous représentez indirectement l'État, vous représentez la France. Par répercussion, les sapeurs-pompiers subissent des violences. Ça peut être aussi des violences individuelles qui sont effectivement exponentielles. Les chiffres sont assez inquiétants là-dessus. On les oublie aussi parfois. Mais vous avez dans de plus en plus de départements, Paris par exemple, sur certains motifs de départ, partent avec des gilets par l'âme en intervention. Et la caméra piéton est quasiment généralisée maintenant justement pour pouvoir filmer les agressions. Ces outils sont bien venus malheureusement, mais c'est aussi révélateur d'une ultra
-violence. Ça veut dire que maintenant ils sont obligés de se protéger quelque part quand ils vont intervenir dans les zones sensibles. Tout
à fait. Ils ont même des équipements pour les émeutes urbaines, avec des casques, pour le coup pas pour les casques incendies, mais des casques de protection. Comme je vous dis, le gilet par l'âme est devenu un outil, une protection classique, notamment pour les pompiers de Paris, mais dans un certain nombre des départements. ça devient malheureusement monnaie courante que de devoir se protéger de ce genre d'agressions qui sont là aussi importantes et d'ailleurs je pense que les chiffres sont sous-estimés parce que généralement malheureusement trop souvent les sapeurs-pompiers ne déposent pas plainte et les SDIS ne se portent pas toujours partie civile pour protéger leurs agents mais les chiffres sont effectivement alarmants
Merci beaucoup Julien Rancoule d'avoir été avec nous ce matin, d'avoir un petit peu pu à la fois parler de votre expérience de pompier volontaire, mais aussi de transposer ça d'une manière politique. Écoutez, c'est un sujet dans tous les cas que nous, on n'abandonnera pas bien sûr sur ces prochaines semaines, sur ces prochains mois. On verra jusqu'où va la mobilisation, s'il y a une réaction du gouvernement. Dans tous les cas, sans doute que si jamais on a besoin de parler de ces sujets, on vous réinvitera. Merci beaucoup. Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin et on vous dit donc à bientôt sur les lignes de droite. Merci beaucoup, à très bientôt.
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