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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Il me kno... pour ce club, comme tous les lundis. Bonjour Yves. Merci d'être là, directeur adjoint de la rédaction
du Figaro. Et on est ravis d'avoir Françoise Degoy ce lundi. Comment ça va, Françoise ? Ça va super bien, et vous ? Éditorialiste politique, on est ravis que vous soyez là. On va parler avec vous du budget qui arrive aujourd'hui au Sénat, qui est d'accord, le Sénat qui est d'accord avec les grandes lignes de Michel Barnier, malgré quelques sujets de crispation, notamment la hausse de la taxe sur l'électricité ou encore les efforts demandés aux collectivités. On va en parler, Michel Barnier, sur lequel plane l'ombre de la censure. A-t-il raison ? de recevoir aujourd'hui Marine Le Pen qui est arrivée à Matignon. On va poser ces questions et vous allez nous dire ce que vous en pensez. Alex, on va parler des retraites. Sujet fait toujours débat au Parlement.
Oui, puisque le gouvernement prévoyait un gel des pensions de retraite pour les six premiers mois de l'année 2025. Et finalement, la majorité de droite du Sénat a voté une hausse des pensions de retraite, mais seulement à hauteur de la moitié de l'inflation, plus 1%.
Et voilà, on en parle et on parlera évidemment du taxe de la France insoumise dans quelques instants. D'abord, on regarde l'actu dans nos régions. Et c'est l'heure de notre reportage en région, dans les pas du Conseil constitutionnel. Pour mieux faire connaître l'institution et son rôle, Laurent Fabius, son président, sillonne la France à la rencontre de lycéens pour tenir des audiences hors les murs. Jonathan Dupriès les a suivis à Rennes.
bord de ce train, des passagers très spéciaux. Dans cette rame, les sages du Conseil constitutionnel. Neuf membres, dont des figures de la vie politique française. Alain Juppé ou l'ancien Premier ministre de François Mitterrand, Laurent Fabius. Ce dernier préside actuellement l'institution de la rue de Montpensier. Lui et ses collègues. se rendent à Rennes au contact du public.
Les gens ne sont pas des spécialistes, donc ils imaginent une assemblée de sages, comme on dit, j'espère qu'on est sages, siégeant au palais royal, etc. Bon, alors, c'est ce qu'on fait d'habitude, mais moi, je pense que c'est très important d'avoir le contact.
Les sages arrivent en Bretagne et sont attendus à quelques kilomètres de là, au lycée Descartes.
Bonjour à tous.
Devant cette classe de terminale, Laurent Fabius s'improvise professeur et détaille les missions du Conseil constitutionnel. L'institution juge de la validité des élections, mais aussi de la conformité des lois.
Si nous estimons que la loi est contraire à la Constitution, nous censurons la loi et elle n'existe plus. Notre travail est de vérifier si la loi est conforme à la loi des lois qui est la Constitution.
Les élèves s'intéressent et s'interrogent. Comment sont nommés les sages ? Que peuvent-ils faire si le président de la République s'arroge les pleins pouvoirs ?
Le
président de la République décréter l'article 16. Alors l'article 16 lui donne en gros les pleins pouvoirs. Mais il doit consulter le conseil constitutionnel.
Malgré l'aprôté de la matière. Bonne chance à tous. Merci. Ces lycéens sortent plutôt revigorés par l'expérience.
C'est un peu compliqué à comprendre, mais là ça va permettre de comprendre.
C'est quand même des gens qui ont beaucoup d'expérience, surtout dans le cas de monsieur Laurent Fabius.
Un enthousiasme que partagent aussi leurs profs de philo.
Même s'il y a un côté peut-être un peu formel ou un côté impressionnant, je pense que les élèves étaient comme très impressionnés de voir un ancien premier ministre dans leur lycée. S
'il fait de la pédagogie à Rennes. Le Conseil constitutionnel vient surtout pour tenir une audience hors les murs, dans l'enceinte de la cour d'appel. Les sages doivent examiner deux questions prioritaires de constitutionnalité. des QPC dans le jargon.
Une QPC, c'est une question prioritaire de constitutionnalité. C'est une question qui peut être posée par tout justiciable à l'occasion d'un procès d'une instance en cours pour déterminer si une disposition en lien avec le litige est conforme ou non à la constitution et aux droits qu'elle garantit.
Cet avocat parisien plaide pour le compte de l'association Stop Homophobie qui vient en aide aux personnes LGBT. Il conteste la constitutionnalité d'une loi trop restrictive qui empêche l'association de se constituer partie civile pour défendre les victimes dans certains cas de figure.
Mais nous vous demandons simplement de faire respecter le principe d'égalité des justiciables devant la loi. L'audience est levée, bon après
-midi à toutes et à tous.
Une heure plus tard, Laurent Fabius salue le déroulement de l'audience.
Les requérants, comme on dit, expliquent pourquoi ils veulent l'annulation des dispositions, leurs avocats. interviennent. Je leur donne 10 minutes, pas plus, pour s'exprimer. Mais vous avez vu qu'en 10 minutes, on peut dire des choses tout à fait précises. Ensuite, il y a toujours le représentant du gouvernement qui défend le point de vue de la loi. Donc c'était tout à fait représentatif de ce qu'est une audience de questions prioritaires des constitutionnalités.
Les sages devront ensuite retourner à Paris pour délibérer à huis clos avant de rendre leurs décisions. Le Conseil constitutionnel en rend une centaine chaque année. certaines peuvent avoir des impacts majeurs sur l'état de notre droit.
on le voit, Laurent Fabius et les sages du Conseil constitutionnel qui se déplacent à travers la France, là on voit l'exemple de Rennes, d'abord à la rencontre de lycéens. C'est important de faire la pédagogie, ça aide à mieux comprendre nos institutions.
– Bah oui, je pense, oui, parce que je ne suis pas sûr que tout le monde sache exactement à quoi correspond le Conseil constitutionnel. D'ailleurs, je serais bien curieux de voir qui, même parmi les grands juristes, arrive à donner une définition. Est-ce que c'est une cour de justice ? Est-ce que c'est une cour d'arbitrage ? Est-ce que c'est une cour politique ? – That is the question. Et vous voyez bien qu'à chaque fois que le Conseil constitutionnel, et on l'a vu à l'occasion de la réforme des retraites, non, non, de la réforme… – D'immigration ? – De la proposition, de la loi sur l'immigration, vous voyez bien qu'à chaque fois, il y a débat sur le Conseil constitutionnel, qu'est-ce que c'est exactement ? Est-ce que c'est une cour qui ressemble à la cour suprême américaine, qui est plutôt engagée ou pas ? c'est intéressant, mais c'est bien qu'ils fassent de la pédagogie.
– Oui, moi je suis très content qu'il fasse de la pédagogie au moment où justement l'institution est remise en question. La réalité, si vous voyez, c'est que tout le discours politique actuel depuis quelques mois à la droite de la droite, c'est, et d'ailleurs Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, c'est l'État de droit. Qu'est-ce que l'État de droit ? Il faut être au-dessus de l'État de droit. Moi je trouve que c'est très intéressant de rappeler qu'en France il y a une constitution, c'est la loi suprême, ça s'appelle. Alors c'est vrai, il va raison. Est-ce que le Conseil constitutionnel fait de la politique ? On a connu, souvenez-vous, Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, qui se faisait un malin plaisir à contrer toutes les lois de Nicolas Sarkozy. Mais la réalité, c'est qu'il y a une limite. Et moi, je pense qu'avant tout, le Conseil constitutionnel, c'est la réaffirmation de l'état de droit. Et je trouve qu'il est très dangereux dans le débat public que cet état de droit, de façon argumentée, un petit peu à la va comme je te pousse, soit remis en question. Donc c'est très bien.
– Effectivement, le Conseil constitutionnel est très critiqué, notamment à la droite de la République. la droite, notamment par la droite sénatoriale après cette loi immigration qui avait été vidée de sa substance. En tout cas, les sages du Conseil constitutionnel avaient retoqué toutes les modifications ajoutées par Bruno Rotaillot et les sénateurs républicains à cette loi immigration. Alors pas forcément sur le fond, mais pour des questions de forme, en estimant que ce n'était pas dans le sujet du projet de loi immigration qui a été porté à la base par Gérald Darmanin, qui a aussi cette question de la forme. C'est la raison pour laquelle Bruno Rotaillot dit maintenant sur le fond, on va revenir. Venir avec nos mesures et on va refaire une nouvelle loi immigration.
Mais c'est heureux parce que quand même la loi suprême, elle garantit des droits pour chacun, des droits égaux pour chacun. On ne peut pas, comment dirais-je, remettre en cause tous les quatre matins l'état de droit parce qu'il y a un fait divers sanglant et essayer de tout changer par la démonstration par l'exemple. On ne peut pas, un pays, une grande démocratie ne peut pas osciller comme ça au gré des émotions, des faits divers, prendre l'opinion à témoin. C'est très dangereux de faire ça. La justice, la constitutionnalité, c'est... la garantie de la démocratie. Donc moi, je trouve ça très, très bien qu'on parle dans ce combat-là.
On va parler du budget, puisque ça y est, c'est aujourd'hui que le Sénat entame l'examen de ce texte en séance, avec un enjeu politique pour le gouvernement Barnier sous la menace d'une censure des députés. Alors il commence les consultations avec les groupes parlementaires. Samia Deschers.
est la première reçue à Matignon. Marine Le Pen a clairement menacé de faire tomber le gouvernement Barnier. S'il dégaine l'arme du 49-3 pour faire passer son budget sans vote à l'Assemblée nationale, le RN est prêt à voter une motion de censure déposée par la gauche. Sauf si le Premier ministre accepte de revoir sa copie.
Nous ce qu'on demande c'est une rupture. politique avec la ligne d'Emmanuel Macron. Cette rupture, Michel Barnier ne l'a pas engagée et ça se voit dans son budget. Les efforts reposent sur les catégories populaires. Pas une seule source d'économie dans le budget que propose Michel Barnier n'est faite sur l'immigration.
Le gouvernement veut croire que son avenir n'est pas suspendu au seul bon vouloir de l'extrême droite. et espère encore fissurer l'unité de la gauche en misant sur un ralliement des socialistes.
Le pays s'est mis dans la tête que le RN avait, pour reprendre notre expression, les clés de l'avenir de ce gouvernement. Pardon, mais c'est faux. qui a dit que l'ensemble du nouveau Front populaire devait systématiquement et pour toujours censurer ce gouvernement. Vous appelez les socialistes à vous
désolidariser.
Moi je crois que... Et à ne pas voter la censure. En tout cas, ce que je connais de ce parti-là, pour en venir, n'a plus rien à faire, je crois, depuis longtemps, avec ce courant idéologique d'extrême-gauche.
Mais avant un vote à l'Assemblée, le budget passera d'abord par le Sénat, qui entame aujourd'hui son examen. Un hémicycle bien plus favorable à Michel Barnier.
que le redressement des comptes ne passerait pas par l'Assemblée nationale. Donc désormais, là-bas, aller dans le camp du Sénat, où, comme le disaient Michel Barnier, Gérard Larcher, il y a du respect de la nuance et de l'écoute. Il y a un travail de responsabilité.
La majorité sénatoriale de droite et du centre est prête à voter le budget à quelques conditions. Michel Barnier devra faire un geste sur les 5 milliards d'euros d'économie demandés aux collectivités locales. Gérard Larcher espère réduire la facture à 2 milliards d'euros.
Et Françoise, on va d'abord parler de l'enjeu politique alors qu'on le vend à Marine Le Pen et à Matignon. Elle rencontre Michel Barnier, elle est arrivée tôt ce matin. Est-ce que c'est le RN qui a les clés de ce budget ou est-ce que, comme le dit Laurent Saint-Martin, ce sont les socialistes qui l'appellent à se désolidariser
du reste de la gauche ? – Oui, écoutez, Laurent Saint-Martin, il est bien mignon qu'il laisse les socialistes où il sent. Normalement, on aurait dû faire ça dans le sens, essayer un Premier ministre de gauche et si ça ne marchait pas, repartir à droite. Donc je laisse au ministre avec tout le respect que j'ai pour lui. que je connais depuis longtemps, ce genre de trucs et de ficelles. Non, les socialistes n'ont pas la clé. Les socialistes, ils ont voté un budget. La gauche, elle a voté un budget qui, évidemment, sera déficelé par le Sénat. Un budget qui est juste, qui va chercher toujours des solutions dans les endroits où il y a le plus d'argent. Vous connaissez par cœur. Après, sur la question de Marine Le Pen, est-ce qu'elle a la clé ? Marine Le Pen, elle est un peu dépassée aussi par les événements. C'est-à-dire que Marine Le Pen… Depuis sa réquisition, elle a besoin d'une crise qui la protège, parce que d'une certaine manière en février, il y a quelque chose qui peut ressembler à la fin d'une carrière politique, même au ralenti. Marine Le Pen, elle-même, ne fait que multiplier depuis quelques jours un changement de pied, le chemin se fait dans ma tête, attendez-vous à savoir que je vais faire un malheur. Ok, sauf qu'à force de répéter ça, l'opinion s'en saisit. Et vous avez aujourd'hui, en cette entrée de semaine, vous avez une majorité de Français qui veulent qu'on en termine. avec le gouvernement Barnier, ce qui n'était absolument pas le cas. Et plus encore, la base et l'électorat de Marine Le Pen est passé d'une situation un peu inerte à 62 ou 65% des électeurs de Marine Le Pen qui disent quel est le gain politique, maintenant il faut arrêter le cinéma, on ne comprend rien à ce que vous êtes en train de faire à l'Assemblée. Vous voulez un budget social, mais vous votez contre le budget des socialistes, vous sauvez à chaque fois les fesses du gouvernement Barnier sur des votes, etc. pendant que les macronistes sont à la buvette ou sont aux abonnés. est absent, personne ne comprend rien à ce que fait Marine Le Pen. Donc Marine Le Pen, elle est en train de générer, si vous voulez, dans son électorat, l'idée qu'elle va renverser. Aujourd'hui, à part obtenir une victoire politique droit dans les yeux avec le Premier ministre, je ne vois pas comment elle ne va pas au bout de la censure, en fait. –
la comprenez, vous, la stratégie de Marine Le Pen ?
je la comprends. Elle fait pression. Vous regardez bien la situation. Qui est-ce qui a intérêt à la motion de censure ? Jean-Luc Mélenchon, il n'a pas les moyens de le faire tout seul. Qui a les moyens de le faire ? Marine Le Pen. Mais elle n'a pas intérêt à le faire. Donc à partir de là, rien ne bougera. Et pour mettre qui ? Puisqu'il y a un problème, il y a une chose qu'il faut bien se mettre dans la tête. Si vous censurez ce gouvernement, vous ne pouvez pas dissoudre l'Assemblée. Donc rien ne change. Rien ne change pour que tout change. Donc il ne se passera rien. Donc M. Barnier s'en va, qu'est-ce qu'il fait le président de la République ? Il démissionne ? Évidemment que non. Donc qu'est-ce que vous allez mettre ? Vous allez mettre M. Cazeneuve ? Non. vous allez reconduire M. Barnier, qui va changer une ou deux têtes, comme on ne sait pas du tout qui sont les ministres, qui sont complètement inconnus au bataillon pour la plupart d'entre eux, mais il ne se passera rien. Tout ça, c'est une comédie, et les Français en sont tout à fait conscients. Donc on est en pleine ébullition, je ne vois pas très bien ce qui peut se passer.
Moi, je pense qu'il peut se passer beaucoup de choses. C'est-à-dire qu'il n'est pas question de remettre Michel Barnier. C'est-à-dire qu'en gros, je te resserre le même plan, mais je te change la salade. Ça, ça n'existe absolument pas. Donc, non, non, moi, je ne suis pas du tout d'accord avec Yves. Là où je suis d'accord… – Est-ce que vous voulez mettre
comme une salade ? – Là,
je suis d'accord avec Yves sur l'idée que Emmanuel Macron ne démissionnera pas. Après, les scénarios, ils sont déjà étudiés, évidemment, sur… – Mais c'est quoi, mettre un Premier ministre de gauche ? – Bien sûr, vous pouvez… – Madame Casté ? – Non, pas du tout, je pense que c'est terminé, Lucie Casté. Moi, je pense qu'il faut réconter… – On va passer le panneau, on en a parlé hier, Lucie Casté. – Elle serait moins légitime maintenant qu'au mois d'août. – Parce que la situation a complètement changé et que maintenant, il faut bien… Bien sûr, un parlementaire chevronné dans la situation, c'est le retour vraiment de la maestria parlementaire. Vous avez trois solutions. François Hollande. Non, oui, bien sûr, vous ne savez pas. Vous avez trois solutions. Je ne suis pas pour cette solution, croyez-le bien, mais en tout cas, elle peut être sur le tapis. Vous avez trois solutions. Michel Barnier tombe, Emmanuel Macron décide de partir encore plus à droite. Et c'est Bruno Retailleau qui arriverait à Matignon. On s'assure le vote du RN, la droite, etc. Vous avez François Bayrou dans les tuyaux, François Bayrou et Jean-Louis Borloo. sur un centre, un bloc central qui essaierait d'aller décrocher un peu de la gauche la social-démocratie. Et puis vous avez le scénario inverse. Il faut bien entendre ce que dit Olivier Faure, ce que dit Boris Vallaud, ce que dit François Hollande. Hier soir, ils ont été assez clairs tout le week-end. On peut aussi, parce que de nouvelles situations, trouver des coalitions avec une partie du bloc central, le modem par exemple, avec lequel les socialistes se sont beaucoup plus entendus en commission des affaires sociales. pendant l'examen du budget, qu'avec Gabriel Attal. Donc moi, je veux bien qu'on dise, qu'on balaye, il n'y a rien qui change. – Donc c'est quoi, un
nouveau socle commun, mais sans la France insoumise, en
fait ? – Bien sûr, un nouveau socle commun sans la France insoumise, je ne dis pas que c'est ça, mais dire, comme mon camarade Yves, qu'il n'y a rien qui va changer, au contraire, je pense que la donne est totalement différente si le gouvernement Barnier tombe. Je ne dis pas du tout que c'est ce qui va arriver, mais je dis que c'est décédé. – Vous allez
mettre encore plus en colère Marine Le Pen, alors. –
Pourquoi ?
– Si vous prenez quelqu'un de gauche, un social-démocrate, ça sera la victoire encore des nains. Là, c'est M. Barnier qui est issu d'un parti qui s'appelle le LR, qui a une quarantaine de députés. Si vous allez chercher un socialiste montain qui est aussi d'un parti qui est minoritaire, ultra-minoritaire à l'Assemblée nationale, ça va encore faire jaser. – Non, si vous faites l'image… – Aucun est légitime à mon avis. – Je ne suis pas
du tout en train de vous dire que c'est ce qui va se passer. Je vous dis juste que tout l'exercice jusqu'à la fin de l'examen du budget qui va consister à balayer d'envers de main en disant de toute façon il n'y a rien qui changera donc on va reconduire Barnier, c'est pas ce que vous dites mais je sais très bien que j'ai déjà entendu ça dans la bouche d'élu LR, tout ça, tout cet argument-là ne tient pas à l'épreuve des faits en fait. Tout peut changer. –
y a un autre sujet qui a été compliqué cette semaine pour le gouvernement, c'est la question des retraites. On a parlé de l'abrogation voulue par la France insoumise, mais d'abord sur les retraites. Alex, le Sénat a modifié ce week-end le dispositif du gouvernement qui prévoyait de geler les pensions de retraite les six premiers mois de 2025.
– Oui, dans le cadre de l'examen du budget de la Sécurité sociale qui a eu lieu au Sénat. Alors on le rappelle traditionnellement, chaque année, toutes les pensions de retraite sont indexées sur l'inflation et elles devaient donc augmenter au 1er janvier 2025 d'environ 2,3%. Et pour économiser 3,6 milliards d'euros, le gouvernement souhaitait décaler cette hausse des pensions de retraite au 1er juillet. Un gel des pensions sur la première moitié de l'année qui était inacceptable pour un grand nombre de parlementaires, à gauche comme à droite.
– Et la majorité de droite du Sénat donc modifie le dispositif.
– Oui, en prévoyant une hausse de toutes les pensions de retraite dès le 1er janvier 2025, mais à hauteur seulement de la moitié de l'inflation, donc une hausse d'environ 0,9%. Et le 1er juillet, les retraités dont la pension se situe… En dessous du SMIC, 1 500 euros bruts mensuels seront revalorisés au niveau complet de l'inflation, 1,8%, et compensés de ce qu'ils ont perdu sur les six premiers mois de l'année 2025. C'est une forme de compromis qui permet d'économiser 500 millions d'euros de moins par rapport à ce qui était prévu par le gouvernement. Et on le rappelle, ce compromis avait été annoncé il y a quelques semaines par Laurent Wauquiez sur le plateau du 20h de TF1. Mais du côté de la gauche, ce dispositif ne passe pas. Écoutez la sénatrice sociale. Monique Lubin.
Présenter cela comme une avancée, je le redis avec tout le respect que je vous dois Madame le rapporteur et que je dois bien sûr à tout le monde ici, mais je réutiliserai le mot que j'ai utilisé, c'est une arnaque. Puisque alors que les pensions auraient dû être revalorisées de 2,3%, déjà si elles avaient été revalorisées au mois de juillet, ça aurait été probablement un peu moins 1,8%. Donc là on va être à la moitié. Et c'est sur cette base-là que seront calculées les futures augmentations de retraite, les futures indexations les années suivantes. Donc c'est une perte sèche et définitive pour tous les retraités.
cette mesure a été votée par la majorité de droite sénatoriale et l'étape d'après, elle devra faire l'objet d'un accord entre sénateurs et députés. Il n'est pas sûr que les députés macronistes soient convaincus par ce dispositif. On précise que plusieurs sénateurs macronistes, durant le débat sur cette mesure dans l'hémicycle de la Haute Assemblée, se sont abstenus ou ont voté contre ce dispositif voqué. sur les retraites.
– Alors, est-ce que c'est une arnaque, comme le dit Monique Levin, ou est-ce que c'est la preuve finalement qu'il y a des compromis possibles dans le socle commun et que Michel Barnier écoute les parlementaires
Oui, il n'est pas, à mon avis, ce n'est pas le seul compromis, il y en aura beaucoup. De toute manière, il va essayer d'être… – Agréable au sénateur pour que son budget fasse le Sénat, il ne va pas faire le contraire, puisque c'est sa place de salut en fait. Le Sénat risque fort d'adopter le budget tel qu'il l'avait à peu près conçu, avec quelques aménagements. Bon, l'histoire des retraites, c'est une démagogie totale, parce que si évidemment on va dans le détail, les petits retraités, il faut évidemment les exonérer de cette non-indexation. fait de le dire dès le début, c'était vraiment la logique qu'il fallait faire, c'est ce qu'avait fait François Hollande d'ailleurs en son temps, mais sinon le dispositif de non-indexation qui, somme toute... ne représente pas une somme très importante pour la plupart des retraités, était tout à fait justifiée. Il faut savoir que depuis 40 ans, la politique fiscale menée, elle est plutôt avantageuse aux retraités, beaucoup plus que pour les jeunes. Donc c'était normal que l'effort soit demandé aussi de ce côté-là. –
Je suis d'accord avec Yves, on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, donc je ne vois pas comment Michel Barnier savonnerait sa propre planche. Je pense d'ailleurs que Gérard Laché à ce titre… obtenir une baisse de la douloureuse pour les collectivités territoriales locales, qui est le cœur quand même du Sénat. Donc je ne vois pas comment il peut résister à ce chantage. Après, là où je suis, je vais faire... Je trouve qu'Yves a raison sur tout ce qu'il a dit. Moi, je suis assez frappé de voir, puisqu'on parle beaucoup d'opinion, de voir que c'est Laurent Wauquiez qui s'est emparé de cette vraie fausse bonne idée, ce petit chou-chou-chou-là sur les retraites, qu'il a lui-même annoncé. Je trouve ça très bizarre, d'ailleurs, d'un seul coup, pourquoi Laurent Wauquiez n'est pas le Premier ministre. peu dingue. Mais surtout, ce que je pense, c'est qu'il n'y a rien qui bouge. C'est comme un paysage plein flamand. Je pense que Laurent Wauquiez doit, à mon avis, se désespérer en tant que personnalité et de voir d'ailleurs le jump qui est en train d'être fait par Bruno Retailleau, qui devient à l'évidence un peu l'homme fort, momentanément en tout cas de la droite. Et Laurent Wauquiez, je pense, pourra annoncer le SMIC à 1800 euros. Je pense qu'il n'y a rien qui fonctionne dans l'opinion sur Laurent Wauquiez. Je pense que ça va être assez désespérant pour lui. Je voulais juste noter ça. – On a noté cette petite note, Françoise. – Ça m'amuse beaucoup.
– De toute façon, on est habillé pour l'hiver.
– Moi, je ne suis pas hypocrite, je le dis, parce que c'est vrai qu'il ne se passe rien pour Laurent Véquier. – Il y a une séquence
qui risque d'être compliquée cette semaine au Parlement pour le gouvernement, c'est la niche de la France insoumise et l'abrogation demandée de la réforme des retraites. On écoute ce qu'en pense le ministre du Budget, Laurent Saint-Martin.
trouve ça honteux. Et au-delà du fond, parce que je ne veux même pas donner du crédit à cette proposition de loi qui est de la pure provoque. mais une pure provoque ignoble. Mais vous vous rendez compte qu'entre 2012 et 2017, avec tout ce qui s'est passé dans notre pays, avec les attentats, avec la gravité de la lutte contre l'islamisme que nous avons eu à mener, nous avons aujourd'hui des propositions de loi qui viennent à provoquer ce sujet-là. C'est inadmissible. Et moi j'attends des socialistes, mais aussi des écologistes et des communistes qui se désolidarisent politiquement, et pas uniquement sur un texte.
– Voilà, c'est un autre texte, c'était la proposition de la France insoumise d'abroger le délit d'apologie du terrorisme sur la réforme des retraites. – Je rappelle que
tous les socialistes se sont désolénarisés ce week-end de Jean-Luc Mélenchon et pas simplement. – Oui, et vous faites bien de le dire, François. – Non, non, parce que je veux bien qu'on fasse comme si ça n'existait pas, mais ça existait, ça existe.
– Sur la réforme des retraites, Laurent Saint-Martin, il dit que si on abroge la réforme des retraites, ça met en péril le régime par répartition ou alors ce sera baisse des
pensions. – Écoutez, de toute façon, on ne va pas recommencer parce que je pense que Yves et moi, pendant toute la réforme des retraites, nous étions sur une autre chaîne. Nous avons passé des soirées entières à nous engueuler sur cette réforme des retraites. On ne va pas refaire le débat, et qu'est-ce qui est bien, qu'est-ce qui n'est pas bien, et je connais par cœur. Je voulais juste dire que symboliquement, la réalité, c'est que… – Objectivement, si symboliquement cette réforme des retraites est abrogée, qu'est-ce que vous voulez ? La politique c'est aussi des symboles, moi je veux bien que tout soit récupéré par le Sénat, en commission mixte par l'État, etc. C'est pas ça le sujet. Si cette réforme des retraites est abrogée, c'est quelque chose de très puissant. qu'obtiendraient les parlementaires dans leur ensemble. 82% des Français opposés à la réforme des retraites, des manifestations monstres, un argument, un contre-projet présenté par un certain nombre de formations et cette réforme qui passe en force. C'est un des points noirs du mandat d'Emmanuel Macron. Personne n'a oublié ça. C'est vraiment des points durs avec les gilets jaunes du mandat d'Emmanuel Macron. Si demain l'Assemblée efface cela, je pense que c'est un échec très puissant pour Michel Barnier et pour le président de la République.
Oui, mais c'est sûr que ça serait un scandale. C'est vraiment scandaleux. D'abord, c'est scandaleux et puis c'est gravissime. Quand vous pensez que le système des retraites en France est un système justement par répartition intergénérationnelle, vous mettez un coup de poignard dans ce système-là, et on va tout droit vers la retraite par capitalisation, dans le système dans lequel les plus modestes seront évidemment les grands perdants. Donc de toute manière, quand on voit la démographie de notre pays, on ne peut être que favorable à l'augmentation de l'âge du départ à l'âge. Sinon, ça ne marchera plus. Et ça, les Français, je ne comprends pas qu'ils n'arrivent pas à le comprendre. – Bon,
vous continuerez à en débattre. – Ah bah c'est son fin ! On regarde ce qu
'elle est de la presse régionale.
Et Alex, c'est aujourd'hui que débutent les réquisitions dans le procès des viols de Mazan.
Oui, la parole est au ministère public dans ce procès hors normes où une cinquantaine d'hommes sont accusés d'avoir violé Gisèle Pellicot, drogué par son mari Dominique Pellicot. Ce dernier, comme beaucoup, parmi les 51 accusés. En cours, une peine de 20 ans de prison dans ce procès. Mais y aura-t-il un après-maison ? Interroge le journal La Provence. Cette affaire est-elle un tournant sociétal ? Demande le journal Le Républicain-Lorrain. En tout cas, Gisèle Pellicot est devenue un symbole des violences faites aux femmes, assure le journal La Marseillaise. Et hasard du calendrier, le moment clé de ce procès, débute le jour de la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Il faut continuer à libérer la parole, rappelle le journal Corse Matin. Lutter par tous les moyens contre ces... violences, titre le journal Le Midi Libre, qui est allé à la rencontre d'une compagnie de gendarmerie spécialisée dans la lutte contre les violences faites aux femmes. C'est dans le département de l'Hérault. Et le résultat de cette compagnie spécialisée, c'est que les délais de traitement de ces affaires de violences faites aux femmes passent de quelques semaines à seulement quelques jours, voire une journée.
Une première en France, une triple grève de reins.
Oui, c'est à la une du journal L'Union. Trois donneurs de reins vivants et trois malades sous dialyses ont été opérés quasi simultanément entre Reims et Bordeaux. D'abord, c'est une prouesse chirurgicale. car 6 équipes ont dû opérer en même temps. Prouesse logistique avec 6 blocs opératoires et 2 aéroports mobilisés, Bordeaux et Vatry, pour le transport des organes. Et au final, toutes les personnes opérées sont en bonne santé. Un petit mot de foot, c'est pour François. Oui, avec la défaite de Rennes à Lille. Rennes qui connaît l'un des pires début de saison de ces 20 dernières années. Et puis également une défaite pour le FC Nantes qui s'enfonce dans le championnat de France.
Ça va pas bien pour la France, Alex.
Merci beaucoup. Merci, Alex. Merci Françoise. Yves Laune du Figaro, censure retraite, semaine à haut risque pour Barnier. Merci à tous de nous avoir suivis toute la journée. Vous suivrez évidemment en direct l'examen du budget qui débute au Sénat. On se retrouve demain à 18h. Thomas Huy pour Sens Public.
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