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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Charles Lalongle. Bonjour à vous, bienvenue sur nos antennes. Député UDR, auteur de ce livre, je jure de dire toute la vérité aux éditions Fayard. On va évoquer ce livre qui raconte les coulisses de la tumultueuse commission d'enquête sur l'audiovisuel public dont vous étiez le rapporteur du 12 novembre 2025 au 27 avril 2026. Ce que vous racontez est absolument... Et je pense que les gens qui liront ce livre vont apprendre beaucoup de choses. Avant cela, si vous le permettez, deux questions d'actualité. Aujourd'hui, c'est une journée de mobilisation pour les fonctionnaires, le pouvoir d'achat, les revalorisations salariales. L'union syndicale lycée appelle aussi à des mouvements dans les lycées. Hier, il y a eu beaucoup de heurts, 164 interpellations. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniez, estime que les dirigeants politiques de la France insoumise sont des irresponsables. Est-ce que vous partagez ce constat de Laurent Nouniez
? Pour la première fois, j'ai l'impression que Laurent Nunez dit le réel. Effectivement, les cadres de la France insoumise, y compris des maires, sont tout bonnement des factieux. Ils sont fiers de l'être, sont des sédicieux. Et on a l'impression que c'est un parti qui se nourrit du chaos, de la violence à tous les étages de la société. Ce qui était encore plus préoccupant.
Jean-Luc Macron demande à ses élus de s'interposer, pas de créer les troubles.
Ils s'interposent tellement qu'on a pu voir, par exemple, le maire de Saint-Denis jeter une poubelle en feu, je crois, hier sur les réseaux sociaux.
Justement, il avait tenté d'éteindre l'incendie. Il avait tenté d'éteindre
l'incendie. Il a été porté par des lycéens juste après. Et il faut quand même aussi imaginer des proviseurs, des professeurs, des surveillants. qui parfois sont les premières victimes de ces débordements, qui n'attendent qu'une chose de la part de leur maire, qui est dépositaire d'une certaine façon de l'autorité publique, qui est aussi dépositaire d'un certain nombre de mandats, notamment de police judiciaire, et de voir ce maire aller haranguer la foule, d'aller au milieu de ces manifestants pour les enjoindre à une forme de radicalité, je trouve que c'est assez terrifiant. C'est une jeunesse qui parfois perd le sens de l'autorité.
On a vu les images.
vu les images sur les réseaux sociaux il jette de l'huile sur le feu parmi aussi une jeunesse qui a besoin de davantage de repères qui a besoin aussi de davantage d'autorité pas forcément non plus de plus d'argent dans l'éducation nationale dans ces quartiers qui en ont déjà beaucoup donc je crois que tout ça le positionnement de la france insoumise est profondément irresponsable il joue une carte électorale il est temps que le ministre de l'intérieur rappelle aussi les fondements de l'autorité.
Il parle, Laurent Nunez, de fermeté. Est-ce que cette fermeté que revendique le ministre de l'Intérieur se concrétise dans les faits lorsque les prévenus, en tout cas les 164 interpellés, se retrouveront ou pas devant la justice ?
tout cas, on verra les conséquences. Je pense qu'il faut que l'État soit absolument implacable. On a derrière des lycéens qui ne demandent qu'une chose, c'est étudier. On a des professeurs qui veulent aussi que leurs enfants puissent s'émanciper. On a des citoyens qui attendent autre chose de la part de leurs élus et de leurs maires. que ce triste spectacle qui était exposé sur les réseaux sociaux et qui est là aussi pour faire des clics, faire des vues. Et je trouve ça passablement désagréable. Donc j'espère que l'État... pour une fois saura faire entendre ce message de fermeté et d'autorité qu'on n'entend plus depuis malheureusement beaucoup d'années.
Il y a une vraie demande, encore une fois, de ce service public de l'éducation nationale, d'avoir plus de moyens. Les moyens sont pourtant alloués, mais vont-ils au bon endroit ? C'est la question aussi qu'on se posera sur l'audiovisuel public. Il y a des moyens considérables, peut-être ne sont-ils pas déployés au bon endroit ?
Je pense que l'argument de la gauche qui nous explique que tout doit passer par le débat des moyens est un sujet qui est totalement inopérant. On voit que l'éducation nationale, on voit qu'une forme de jeunesse manque simplement. de repères, manque d'autorité, manque de figures tutélaires, notamment leurs maires, notamment leurs élus, notamment leurs professeurs, qui parfois sont dépossédés. Et c'est aussi pour ça que le jeu très dangereux auquel s'immisce et joue la France Insoumise en ce moment est passablement, je crois, sape bien des fondements, bien des promesses de la République. Donc il est temps que tout le monde reprenne un peu ses esprits et que les jeunes rentrent dans leur classe pour étudier.
Charles Aloncle, député UDR, on est sur CNews et Europe 1. Autre fait d'actualité, le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, s'est vigoureusement défendu hier sur notre antenne d'avoir écrit des propos antisémites lorsqu'il avait 17 ans, des faux grossiers, dit-il. C'est Mediapart qui fait ses pseudo-révélations, propos antisémites, conspirationnistes qui auraient été écrits dans un cadre privé. Il annonce porter plainte en diffamation. subit des attaques violentes. Est-ce que vous vous attendiez à ce type d'attaque pendant la campagne 2027 ?
Oui, très honnêtement, je m'y attendais. Et ça a l'air d'être aussi grotesque d'ailleurs que délirant. Jordan Bardella s'est parfaitement expliqué. Il dément l'intégralité de ses propos. Il a demandé d'ailleurs à son avocat de porter plainte. Et je pense très sincèrement que l'extrême-gauche et ses officines... dans des grands moments électoraux, entendent à chaque fois confisquer la démocratie. Ce qu'il faut rappeler aussi, c'est que Mediapart a été fondé par une personne, Edouard Plenail, qui en 1972 avait soutenu, défendu des attentats ignobles contre des athlètes israéliens. Donc il faut aussi voir d'où viennent ce type d'accusations. Donc je crois que ces officines-là n'ont strictement aucune leçon à donner à un dirigeant politique qui, jusque-là, s'est montré un grand ami d'Israël. il y a quelques mois, a été reçu par des dirigeants israéliens dans ce pays. Il y a toujours eu des mots absolument impeccables à l'égard de cette communauté. Donc vous voyez, je pense qu'à mesure qu'on se rapprochera de cette échéance importante, à mesure aussi que les sondages... porteront Marine Le Pen à l'Élysée et Jordan Bardella aussi à Matignon. Il faudra s'attendre à ce type de calomnie. Et je trouve d'ailleurs que Jordan a été très digne hier. Et il faudra maintenant que les terrains soient en terrain judiciaire et que toute la lumière soit faite parce que ce type d'accusation est absolument odieux.
Charles Allong, vous avez parlé d'officine, effectivement, officine médiatique pour certaines. Vous en avez fait les frais pendant cette fameuse commission d'enquête dont vous étiez le rapporteur, je l'ai dit, entre 2025 et 2026. Ce que vous révélez dans ce livre, je jure. de dire toute la vérité et proprement hallucinant. Je lis quelques phrases au tout début du livre. J'ai reçu mes premières menaces de mort, vécu mes premières cabales médiatiques d'une médiocrité crasse. J'ai croisé les pompes du journaliste qui souvent m'ont expliqué à voix basse que j'avais raison et qu'il ne fallait rien lâcher. J'ai rencontré des détenteurs de secrets inavouables. On m'a demandé de cesser d'utiliser ma ligne téléphonique classique et de mettre des messages cryptés. C'est une mafia que vous décrivez ? C'est le fonctionnement d'une mafia ?
honnêtement, je ne m'y attendais pas. Peut-être que j'avais un peu de naïveté au démarrage de ces six mois de commission d'enquête. Peut-être que je suis venu avec le regard d'un entrepreneur qui avait peu d'heures de vol politique à son actif. D'ailleurs, ce livre n'est pas un livre politique, c'est simplement le récit de quelqu'un à qui on a confié une mission importante, celle d'évaluer les politiques publiques, celle de faire la transparence sur un montant important, 4 milliards d'euros d'argent public pour financer l'audiovisuel public. Moi, vous savez, en tant qu'entrepreneur, chaque facture, j'ai dû la justifier, chaque dépense, j'ai dû la vérifier. Chaque contrôle, j'ai dû l'accepter et m'y soumettre. Et je n'ai pas imaginé un seul instant qu'en ouvrant une telle mission... en faisant preuve de cette exigence aussi de vérification de où va l'argent, où vont les impôts des Français. Je n'ai pas imaginé un seul instant toutes les oppositions auxquelles j'allais faire face. Vous n'avez pas
dit pouvoir, argent, médias, ça c'est un cocktail explosif ?
Je ne pensais pas que les frais de karaoké sur l'audiovisuel public, je ne pensais pas que les nuits d'hôtel au majestique de Delphine Arnott, je ne pensais pas que le salaire d'Elise Lucey qui fait cash investigation et qui fait de l'argent privé une affaire publique, mais qui refuse de faire de son salaire payé par l'argent public. une affaire publique, je ne pensais pas très honnêtement que j'allais faire face à une telle opposition. C'est ce que je raconte dans ce livre. Beaucoup d'ailleurs de ces oppositions, beaucoup de ces obstacles ont été rendus publics pendant ces six mois, mais il y en a une très grande partie que j'ai gardée pour moi, parce que je savais très bien que j'avais une ligne de crête très délicate, le rapport a été adopté à une seule voix, donc je ne pouvais pas tout dire. Il a failli ne pas être adopté jusqu'à la dernière minute de cette commission. Tous les travaux, toutes les auditions, toutes les commissions... Tous les comptes rendus auraient pu disparaître. Et donc, il y a eu un exercice politique pendant ces six mois. Une fois que le travail a été abouti, une fois que le rapport a été publié, je savais que cet exercice de vérité pouvait être réalisé. Et c'est tout le sens, d'ailleurs, du livre que j'ai sorti.
Vous avez, dans un chapitre qui s'appelle « Des paroles et des actes », dressé un bilan chiffré de ce que la Commission a mis au jour. Environ 1 milliard d'euros d'argent public est versé chaque année à des... producteurs privés. Et vous dites que ce n'est pas le problème du budget, c'est ce qui en est fait de cet argent. Est-ce que les choses ont changé depuis ou pas ?
Et ce que je dénonce aussi, c'est cette hypocrisie de la gauche et des Macron-Yves, ce qui dénonce à longueur de journée un risque de privatisation. Mais ils ne sont pas avec moi. Ce que vous ne demandez pas. Non, ce que je ne demande pas, et j'aimerais simplement un peu de lucidité, quand vous avez un peu moins de 3 milliards d'euros d'argent public et de budget de France Télévision chaque année, que... un milliard d'euros par an est attribué à des sociétés de production privées pour produire des contenus de France Télévisions. Alors que France Télévisions est une entreprise qui dispose de près de 9000 salariés, la privatisation financière est déjà à l'œuvre. Donc vous avez une privatisation économique qui en plus fait les choux gras de quelques super producteurs et actionnaires comme Monsieur Pigasse qui mène une vraie mission politique, culturelle, idéologique avec l'argent des Français pour produire des contenus du service public. Et à côté de ça, vous avez aussi une privatisation qui est idéologique. On l'a vu d'ailleurs récemment avec l'affaire Charles Sapin. Pendant six mois, le seul fait de poser des questions sur le respect du pluralisme m'a valu les pires procès. J'étais macartiste, j'étais procureur, j'étais un agent soi-disant de la privatisation que je n'ai jamais réclamé. Et là, bizarrement, la façon dont la direction et les syndicats de Radio France de respecter le pluralisme, ça a été dévincé. deux minutes de chronique sur 160 heures de programme qui pouvaient prétendument être de droite. Ils
ont prouvé en un week-end ce que vous avez mis six mois à prouver, c'est ça, Charles Aloncle
Je le déplore malheureusement, parce que ces six mois de commission d'enquête ont été faites aussi pour proposer des recommandations, pour sauver ces entreprises qui sont mal en point, qui sont minées par des gabegies, des dérives financières, des conflits d'intérêt, une absence aussi de respect total du pluralisme, ce qui est le moindre respect vis-à-vis de l'ensemble des Français qui financent ce service public. Donc, vous savez, je ne me réjouirai jamais de voir des dirigeants et des syndicalistes miner une entreprise publique comme Radio France. Je crois qu'il y a 70 recommandations dans le rapport. Je crois que les dirigeants peuvent maintenant un peu faire preuve d'un sursaut qui serait quand même salutaire. Et j'espère que dans un an, la privatisation sera un mirage. Mais les signaux aujourd'hui que nous témoigne la direction de Radio France, malheureusement, nous... nous contraint à ce type de débat.
Les Français sont néanmoins attachés à leur audiovisuel public. 69% ont plutôt une bonne image. Après, c'est vrai qu'un sondage Ipsos BVA a saisi, ils sont un peu circonspects sur l'information indépendante et fiable. Ils sont seulement 52% à penser qu'on leur donne sur ces antennes une information indépendante et fiable. Est-ce qu'il y a un moyen de sauver l'audiovisuel public ?
Sur la partie du pluralisme, il y avait une recommandation que je formulais, c'était d'en finir avec des éditorialistes made in service public, d'avoir par exemple un Patrick Cohen qui matin, midi et soir, le matin sur France Inter, le soir sur France 5, réalise des éditos. Je pense qu'au contraire, l'audiovisuel public dans un paysage d'archipélisation, où on voit que les Français de plus en plus consomment des contenus qui les confortent dans leurs convictions, qu'il y a la puissance des algorithmes sur les réseaux sociaux qui les enferment aussi dans une bulle. Au contraire, l'audiovisuel public doit être un espace où on peut entendre et confronter des opinions divergentes. Donc la recommandation de je formulais... C'était fait il y a
30 ou 40 ans ?
Absolument. Et la recommandation de je formulais, c'était simplement d'avoir une... pluralité d'éditorialistes issus de médias de la presse écrite qui, par exemple, lundi matin, on pourrait avoir le Figaro, le lundi soir, les Echos, le mardi matin, Libération, le mardi soir, l'Express. Je ne vais pas tous vous les faire, mais ce serait l'honneur du service public de faire entendre aux Français des opinions et des idées qu'ils n'entendent pas et qu'ils ne lisent pas parce qu'il y a aussi ce phénomène d'archipélisation. Visiblement, la direction de Radio France et les syndicalistes ont pris un chemin bien différent qui, en plus de ça, est en rupture de la loi. Le pluralisme est un objectif. à valeur constitutionnelle. C'est un fondement du consentement à l'impôt. Ils le bafouent allègrement et ils en sont fiers. Cette direction a failli ? Cette direction a failli. Et la ministre de la Culture, on ne l'entend pas. L'ARCOM, on ne les entend pas. C'est ce que je révèle d'ailleurs, c'est ce que je raconte dans beaucoup de pages dans ce livre. Il y a un phénomène d'irresponsabilité institutionnalisée. Je viens du privé. On est soumis en tant qu'entrepreneur à beaucoup de contrôles et on s'est soumis évidemment volontiers. L'audiovisuel public n'a jamais eu de commission d'enquête sur le sujet. La Cour des comptes a attendu 10 ans pour réaliser un rapport. Il n'y a pas de règle de passation de contrat avec des sociétés de production de marché public parce que toutes les émissions sont considérées comme des œuvres culturelles. Vous n'avez aucune comptabilité analytique qui permet d'analyser les coûts de chacun des programmes. Tout ça souffre d'une irresponsabilité totale et derrière, vous avez des gabegis. Derrière, vous avez du copinage, vous avez du favoritisme. Et derrière, vous avez des Français qui doutent de plus en plus de l'utilisation de leur argent et des services publics qu'on leur délivre. Climat de défiance, il est temps de faire preuve de transparence, il est temps aussi de retrouver de l'efficacité dans la dépense publique.
Vous dites aussi, j'ai vu un système se radicaliser, se défendre, attaquer et protéger avec une remarquable énergie ces avantages qu'il savait, qu'il consacrait beaucoup d'énergie à tout cela. C'est quelque chose qui est assez évident que nous vivons aussi ici sur CNews et sur Europe 1.
Et ce que j'ai pu explorer, effectivement, c'est une forme de ce
qu
'on appelle un système. C'est en fait une société de connivence où des personnalités qui n'ont pas forcément grand rapport pour le grand public se liguent du jour au lendemain pour essayer de contre-attaquer. Donc j'ai eu par exemple Showbiz qui a commis une tribune contre moi expliquant dans les premières semaines qu'il fallait à tout prix arrêter cette commission d'enquête. Il y a eu des acteurs, François Berléans, il y a eu des producteurs qui profitent d'argent public, il y a eu des hauts fonctionnaires, il y a eu des politiques comme Madame Taubira, il y a eu Julie Gaillet, les parents de Julie Gaillet. Après, vous avez eu des juristes, des juristes, des éminents juristes qui nous expliquaient que les commissions d'enquête n'étaient peut-être pas constitutionnelles. oubliaient simplement de dire que depuis 2008, les commissions d'enquête étaient inscrites dans la Constitution. Vous avez eu des institutionnels. Madame Brune-Pivet qui m'a rappelé à l'ordre sur l'antenne de France Inter le matin de l'audition de la présidente de Radio France. Vous avez des institutions, des hautes juridictions qui sont censées être indépendantes comme la Cour des comptes qui a refusé de nous transmettre des documents dans le cadre de la commission d'enquête. alors que la loi les y oblige. Vous avez tout un ensemble de personnes, je ne parle même pas du milieu associatif lourdement subventionné lui aussi, qui a commis un certain nombre de procédures contre moi, y compris des plaintes pour essayer d'entraver les travaux. Donc ce que j'ai vécu à ma modeste échelle pendant ces six mois résume d'une certaine façon ce qu'on appelle le système, cette société de connivence. qui à tout prix défendra des intérêts, défendra des amitiés, défendra des marges et une corporation, et ne voudra pas respecter ce fondement essentiel, éclairer les Français sur l'utilisation de leur argent.
Charles Alloncle, on est sur CNews et sur Europe 1, votre livre c'est je jure de dire toute la vérité. Vous avez eu le sentiment de vivre une chasse à l'homme, il y a eu des attaques personnelles contre vous, contre votre famille, des manipulations grossières à votre encontre, c'est ce que vous ressentez ?
Il y a eu, et j'ai probablement beaucoup de naïveté en entrant dans ces travaux, mais il y a eu des menaces de mort qui d'abord étaient formulées sur les réseaux sociaux, ensuite par mail, qui ensuite ont été envoyées par courrier de façon manuscrite. Il y a eu un député, macroniste, en pleine commission d'enquête, qui m'a menacé en expliquant « t'inquiète, toi on va te régler ». C
'est
vraiment dans ce climat. Je pense notamment aussi à l'animateur Nagui qui, sur le plateau quotidien, devant plus de 2 millions de personnes, a inventé des engagements, une profession à mon père, a sali d'ailleurs mon nom de famille de façon totalement mensongère en expliquant qu'il pouvait être raciste et que s'il était à cette commission d'enquête, c'est parce que j'avais un problème avec les Égyptiens et les personnes qui étaient véganes. Il y a eu une sorte de délire et il y a eu une sorte de contre-attaque extrêmement offensive. que j'ai difficilement supporté. Je pense qu'il y a beaucoup de députés qui ont des menaces de mort. Mais quand, par exemple, la porte de votre immeuble est exposée dans un média, quand votre vie privée est fouillée pour le simple tort d'avoir réalisé une mission d'évaluation de politique publique, pour le simple tort d'avoir vérifié où va l'argent de l'audience du public, pour le simple tort d'avoir demandé un salaire à des personnes qui sont payées par les Français... Je vous avoue que ça m'a vraiment étonné sur les connivences et sur l'effet de résistance de personnes pour un tel sujet.
Vous racontez, Charles Alonc, dans votre livre « Je jure de dire toute la vérité » chez Fayard, que certaines personnalités vous ont soutenu, reçu. Vous parlez notamment de l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy. Vous ne révélez pas ce qu'il vous a dit. Mais vous dites « Lorsque je ressortis rue de Méroménil, Paris était griffron, indifférent, peu m'importait désormais. J'avais retrouvé l'élan. Il vous a conforté dans le fait que plus on vous attaque, plus il faut tenir bon ?
Effectivement, il a eu notamment une maxime que je lui reconnais volontiers. Il m'expliquait que les personnes qui vous aiment et les personnes qui vous détestent vous enjoindront à une chose, c'est celle de lever le pied. Et il m'a donné notamment cette maxime, une cible en mouvement est bien moins vulnérable qu'une cible à l'arrêt. Et il m'a notamment enjoint à faire preuve de transparence, à accomplir ma mission, qui est une mission de parlementaire, qui n'est pas simplement de voter à la loi, mais aussi d'évaluer les politiques publiques. Il m'a expliqué et conforté dans mon bon droit. de mener cette mission. J'en suis très reconnaissant. Moi, je viens de l'UMP, je viens d'LR. J'ai été un peu élevé à l'école Sarkozy à l'époque, donc j'ai encore beaucoup d'affection pour lui. Et je crois que ces piliers-là, certaines personnes qui m'ont aidé, qui m'ont soutenu, moi, en tout cas, je m'en souviendrai parce que quand j'ai lu 80 % des articles qui étaient commis à ce moment-là, si je m'en étais tenu à ça, j'aurais abandonné depuis longtemps.
Qu'est-ce qu'il faut faire pour l'audiovisuel public ? Parce qu'encore une fois, on sait que les Français sont attachés. Certains candidats, comme le Rassemblement national, prônent une privatisation totale, reconquêtent également. Est-ce que c'est la solution, la privatisation, ou pas pour vous
En tout cas, le cœur de ma mission n'était pas de me prononcer sur un arbitrage politique, c'était de formuler des recommandations pour sauver ces entreprises qui sont dans un marasme financier complet. France Télévisions, par exemple, a cumulé 80 millions de déficits en quelques années, leur trésorerie est négative, l'entreprise est menacée. de dissolution financière. Donc tout l'objet de ces commissions, c'était au contraire de formuler des propositions pour redresser ces entreprises. Après, quand vous voyez l'affaire Charles Sapin, quand il y a un an, vous voyez l'affaire Patrick Cohen et Thomas Legrand, quand vous voyez cette succession d'entorses au pluralisme qui, en plus de ça, sont assumées aux plus hautes sphères de ces entreprises-là. vous dites avec regret que le signal qui est envoyé, c'est que ces entreprises probablement sont irréformables. Donc moi, j'espère que dans les sept mois qui nous séparent de la présidentielle, la direction de Radio France, la direction de France Télévisions prendront les mesures nécessaires. Il y en
a quelques-unes qui ont été prises. Qu'il
y aura moins de gabegies, qu'il y aura plus de transparence, qu'il y aura moins de conflits d'intérêts, que le pluralisme sera respecté. Et j'espère que dans sept mois, on parlera moins de la privatisation. Mais aujourd'hui, quand on écoute... les syndicats et la direction de Radio France, on se dit que malheureusement, ces entreprises peut-être sont irréformables et que... Cette opportunité de privatisation pour simplement respecter l'impôt et l'argent des Français sera probablement inéluitable si aujourd'hui ces dirigeants ne font rien.
Charles Aloncle, votre livre c'est « Je jure de dire toute la vérité ». Il y a des petits QR codes à la fin de certains chapitres qui renvoient aux auditions que vous avez menées à l'Assemblée nationale. Vous avez en amour le sentiment que toutes les personnalités de la télé qui sont venues, qui ont participé et ont été convoquées par vous, ont été sincères.
c'est pourquoi j'ai choisi « Je jure de dire la vérité », parce que c'est un serment qui est solennel, qui est émis au début de chacune des auditions, où les personnes lèvent la main droite en disant « Je jure de dire la vérité, rien que la vérité, toute la vérité ». Et malheureusement, j'ai constaté que beaucoup avaient trahi ce serment, beaucoup avaient fait obstruction à nos missions, beaucoup avaient menti. Beaucoup, par exemple, je prends le cas d'Élise Lucet, qui est à la tête de l'entreprise, de l'émission Cache Investigation, qui a même... refusait de révéler le montant pour lequel il était payé par les Français. Alors que c'est le principe de sa profession. Je raconte aussi comment Delphine Arnot a menti à plusieurs reprises sur des sujets fondamentaux, comme le montant que les Français attribuent à France Télévisions chaque année. Je raconte comment la Cour des comptes a protégé les dirigeants de l'audiovisuel public en refusant d'envoyer un certain nombre d'informations et de documents. Donc tout ça me fait ressortir avec une fin de naïveté, six mois après cette commission. Et je me dis que la démocratie représentative aujourd'hui est bien abîmée et que probablement qu'en 2027, le premier mandat qu'il faudra en tout cas poursuivre, c'est celui de redonner les clés, redonner un peu de souveraineté à ces Français qui payent beaucoup et à qui on demande aussi beaucoup de travail et de labeur. Charles
Lalong, merci a été notre invité. Je veux surtout dire toute la vérité aux éditions FIRE. Bonne journée à vous.
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