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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Est-ce que c'est la bonne réponse aux chants homophobes, aux insultes racistes qu'on entend trop souvent dans les matchs de foot ? Bruno Retailleau était hier soir sur RMC et il annonce que des policiers et des gendarmes en civil... en catimini, en quelque sorte, seront présents dans les tribunes pour identifier les responsables. J'ai deux invités ce matin pour répondre. Bonjour Christophe Boucher, vous êtes l'ancien président de l'OM, vous connaissez par cœur l'organisation d'un match de foot. Et dans ce studio ici à Paris, Jean-Baptiste Montarnier, bonjour. Samedi dernier, vous avez tenté de faire cesser ces chants homophobes, vous étiez dans les tribunes de Paris et vous avez été menacé. Je m'adresse d'abord à vous. des policiers en civil infiltrés en quelque sorte ça aurait changé les choses dimanche soir
effectivement ça peut éventuellement changer les choses puisque les personnes coupables de ces champs vont peut-être réfléchir à deux fois mais aujourd'hui il ya déjà un dispositif de sécurité qui est extrêmement lourd dans le lance dans toutes les enceintes de de football, donc est-ce que ça changera les choses ? Moi j'attends de voir, surtout c'est des sanctions derrière, puisque là on arrive à identifier et on veut judiciariser. Moi, j'attends des sanctions lourdes pour qu'enfin ces champs puissent cesser.
On va y revenir dans un instant. Christophe Boucher, Jean-Baptiste de Montarnier, parle à l'instant du dispositif qui existe déjà, qui sont des dispositifs de sécurité très lourds. Au fond, est-ce qu'il n'y a pas déjà des policiers et des gendarmes en civil dans les gradins ?
si, si, on sait que c'est un vrai sujet. Les tribunes, donc il y a déjà effectivement des observateurs, il y a déjà un système, des policiers, des caméras, tout l'arsenal existe. Le vrai sujet, il vient d'être dit par votre invité, c'est le... finalement la chaîne judiciaire ensuite. Finalement, on est toujours dans le même problème. C'est-à-dire que, oui, trouver ceux qui chantent, ceux qui ont d'autres problèmes de sécurité, on va les trouver. On va les trouver. D'ailleurs, si on ne les a pas déjà trouvés... Excusez-moi de la comparaison, c'est un peu comme le deal. Vous faites... Il y a des... On trouve toujours ceux qui dealent. Mais après, quelle est la réponse policière ? Puis quelle est la réponse judiciaire ? C'est le véritable enjeu.
Donc vous estimez, vous, Christophe Boucher, qu'au fond, les réponses d'hier ne sont qu'une toute petite partie de la réponse qu'il va falloir apporter. On sait d'ailleurs, par ailleurs, et c'est le ministre de l'Intérieur qui l'a révélé hier soir au micro d'RMC, que dans le cas de ce match Paris... Strasbourg, 2 meneurs de champ ont été identifiés et qu'ils vont être interpellés. Donc le problème, au fond, c'est qu'avec ou sans gendarmes dans les tribunes, on sait déjà qui c'est.
on sait déjà qui c'est. Alors, moi, ce qui me gêne le plus, finalement, dans les réunions qui se sont tenues hier et dans les déclarations de chacun, c'est que, comme d'habitude, et ça, on ne va pas y arriver comme ça, c'est qu'on entend bien que... Le monde du football et le monde politique se renvoient à la balle. Souvenez-vous des incidents brutaux qui avaient eu lieu lors de l'OM Lyon avec le quart des Lyonnais. Et alors chacun se renvoie à la balle en disant oui mais le bus il est à telle distance du stade c'est pas à moi de m'en occuper. Donc du coup c'est pas
ma zone c'est la vôtre ? Non non bien sûr.
Oui, et on entend les dirigeants du foot qui disent « Oui, mais ne vous inquiétez pas, on va faire le maximum pour que ça change ». Mais en fait, tout ça sont des déclarations. Comment les Anglais ont traité le sujet ? Les Anglais ont eu des sujets beaucoup plus pénibles que les nôtres avec leurs supporters il y a maintenant plusieurs décennies.
Avec une centaine de morts, ça a été des drames abominables.
Oui, exactement. Donc il faut qu'il y ait la réponse pénale adaptée.
Christophe Boucher, il y a aussi une réponse pénale et puis il y a une réponse sportive. Et là-dessus, je voudrais essayer de comprendre. Il y a eu au minimum un cafouillage entre le Bruno Retailleau du matin et le Bruno Retailleau du soir. Le matin, Bruno Retailleau disait « s'il y a des champs homophobes, on arrête les matchs ». Et puis Bruno Retailleau, hier soir sur RMC, qui dit « non, on interrompt les matchs mais on ne les arrête pas ». Et puis entre-temps, il y avait eu une réunion avec les clubs. Est-ce que c'est eux qui ont fait changer d'avis ? le ministre est-ce qu'effectivement entre arrêter interrompre et puis la question aussi de la pénalité éventuelle pour le club dont les supporters chanterait ces fameux
champs oui il ya un problème réglementaire en fait là les choses se croisent entre la loi entre le règlement du football il est difficile de vie et puis la faisabilité quand vous arrêtez un match Quand vous avez un stade de 40 000, il y en a même jusqu'à 65 000 avec Marseille, il faut faire sortir après les supporters. Vous allez décaler un problème de sécurité dans un stade avec un problème de sécurité publique. Et avec même un stade
en surchauffe que vous risquez de surchauffer encore davantage. Mais justement, je voudrais aussi poser la question à Jean-Baptiste Montagnier. Vous étiez venu en parler avec nous la semaine dernière. Vous êtes le président de l'association Bleu et Fierre, qui est une association de supporters LGBT. Vous êtes vous-même dans les stades. Il y a un règlement normalement. Qu'est-ce qui dit ce règlement ?
C'est exactement ce que je répète sur les plateaux. Je joins un peu ce que dit M. Boucher, mais on a quand même l'arsenal. qui existent, et nous en fait, en tant qu'association... En fait, on n'a pas besoin
de changer le règlement. Mais qui dit ce règlement ? S'il y a un champ, quelles sont les sanctions d'habitude ?
Ça a été rappelé hier par les deux ministres, c'est une disposition de la FIFA, et que la LFP doit appliquer, ça veut dire qu'il y a un premier appel à l'ordre, un deuxième, une interruption de match, et ensuite on reprend si le calme est revenu, et si les champs sont stoppés. Avec
éventuellement aussi une pénalité en termes de points ?
Ça peut aller jusqu'au match sur tapis vert. Vous avez déjà vu ça, vous ? Non, on l'a jamais vu. Vous
allez au stade régulièrement. Est-ce que vous avez déjà vraiment constaté une application du règlement ?
Sur l'homophobie, en tous les cas, il n'y a pas cette application-là. Et le ministre Retailleau, hier, disait « Ah, c'est quand même compliqué d'arrêter un match. » Samedi dernier, ça a été 15 minutes de chant. Donc ça veut dire que pour le ministre de l'Intérieur, pour les instances de football, 15 minutes de chant homophobe, c
'est pas grave. Et on ne peut pas arrêter. C'est ça. Et on continue. Christophe Boucher, pourquoi ils n'appliquent pas le règlement, les clubs ? Est-ce que c'est parce qu'ils ont peur de leurs supporters ?
qu'en France, le problème... Enfin, il n'y a pas qu'en France, d'ailleurs, parce que les problèmes de chant, vous avez des problèmes de chant raciste en Espagne, en Italie, etc. Le supporter n'est pas pris en compte complètement en France aussi. Au fond, il y a un sujet qui n'est pas pris en compte, c'est que le supporter, il fait partie du football. Et ça, les instances… Le pouvoir aussi a du mal à le prendre en compte. Les discussions en amont, les possibilités de travailler ensemble sont inabouties. Il y a quelque chose qui ne se fait pas. Ce n'est pas une dimension qu'on prend suffisamment en compte le supporter. Ce n'est pas facile. Je le dis, mais ce n'est pas facile parce que ce sont des groupes constitués certes, mais qui ont des intérêts différents selon les groupes. qui ne sont pas toujours à l'écoute, qui n'ont pas la même réaction lorsque l'on est en match plutôt que quand on est effectivement autour d'une table. Oui, ça, quand on est à froid, autour d'une
table, posément. Oui,
oui, tout ça est une théorie, mais globalement quand même, il va falloir se poser la question sérieusement au niveau des instances du football, comment on traite le supporterisme ? Comment on avec les supporters ?
Merci beaucoup. Merci à vous. On l'entend effectivement Christophe Boucher et c'est particulièrement intéressant d'entendre votre retour d'expérience sur cette difficulté, vous qui êtes évidemment l'ancien président de l'OM. Et merci également à Jean-Baptiste Montarnier, supporter du PSG et président de l'association Bleu et Fier. Et justement, il y a Isabelle qui nous appelle, je voudrais lui donner la parole parce que Isabelle, vous avez peut-être la solution entre vos mains. Vous nous appelez du Val-de-Marne, vous êtes vous-même abonné au PSG, mais vous avez réécrit les paroles. C'est bien ça Isabelle ?
c'est tout à fait ça. Bonjour. En fait, moi je vais depuis les années 80 au Parc des Princes et je suis abonnée. D'ailleurs, je viens d'être nommée supporter historique, donc c'est plutôt sympa. Félicitations. Merci. Voilà, donc moi j'ai toujours emmené mes enfants et maintenant mes petits-enfants au Parc des Princes. Et effectivement, je ne voulais pas que mes petits-enfants et mes enfants disent les fameux gros mots. homophobes, grossiers et même très vulgaires. Donc, par exemple, sur le chant des Marseillais, eh bien, j'ai remplacé le mot homophobe par bébé. Donc, les Marseillais sont des bébés ? C'est ça. Donc, mes petits-enfants chantent les Marseillais sont des bébés, leurs ultras, des enrhumés, plutôt que de dire des grossièretés. Et en fait, il me chante de très bon cœur. Et alors, maintenant, j'ai un petit fils qui a 12 ans, donc il sait les mots qu'il ne faut pas dire. Mais en fait, c'est rentré dans son habituel. Mais vous lui
avez expliqué aussi pourquoi ? C'est-à-dire que celui qui a 12 ans, il peut commencer à comprendre. Il est à la marge. C'est l'aspect très
grossier. Vous ne lui
parlez pas de l'injure que ça représente. Vous lui parlez plutôt sur l'aspect grossier. Et puis quand il grandira, vous pourrez peut-être lui expliquer un peu plus. Grossier et
injure. C'est-à-dire qu'il sait que c'est des gros mots. qu'on ne doit pas dire ces mots-là et du coup, on les a changés. C'est par exemple, il y a beaucoup de termes dans les tribunes qui sont très insultants pour les femmes. On dit machin, est une ça, un, un, un. Et bien nous, on change par être une carotte. Voilà. Non, mais tant que ça
tient, j'ai envie de vous dire, franchement, je trouve ça super. L'idéal, ce serait de pousser un peu plus loin, Isabelle, et que vous arriviez à convaincre tous les supporters de changer effectivement les paroles. Alors, je ne suis pas sûre que bébé et carotte, ça va tout à fait suffire à l'enjouement, effectivement, des adultes. Pour les enfants, ça tient et c'est parfait. Mais en tout cas, c'est une excellente façon de faire. Merci beaucoup, Isabelle, franchement, de votre témoignage. Et puis, je trouve ça super sympa de me dire qu'une supporter historique emmène ses enfants et ses petits-enfants au parc. peut peut-être faire changer les choses de l'intérieur. Merci d'être passé par le 32-16 ce matin.
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