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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Et avec nous, pour ce club Benoît Hamon, bonjour. Merci d'être avec nous, directeur général de Synga Global. Et Geoffroy Didier, bonjour. Merci également d'être avec nous, secrétaire général délégué des Républicains. Vous allez débattre ensemble de la question de l'immigration. Le gouvernement qui annonce une future loi pour 2025, est-elle nécessaire ? Que doit-elle contenir ? Et faut-il être plus ferme dans notre politique migratoire ? Vous nous direz ce que vous en pensez. On parlera également des questions d'intégration. Comment l'améliorer ? Alors, Kothman Nassrou disait hier sur ce plateau que le moteur de l'intégration était cassé. si vous allez nous éclairer sur ce que pourrait contener cette future loi immigration.
Oui, je vous dirais ce que Bruno Retailleau a dans la tête actuellement.
On voit ça dans quelques instants. On parle tout de suite de ces questions. On commence avec notre reportage. Et on commence donc ce débat par notre reportage parmi les mesures voulues par le gouvernement dans la future loi immigration, l'allongement de la durée de rétention dans les CRAS, les centres de rétention administratif. Pour bien comprendre ce que sont ces CRAS, nous avons suivi la sénatrice écologiste Anne Suiris lors de cinq visites de l'un d'entre eux en Seine-Saint-Denis.
Anne Suiris, sénatrice écologiste de Paris, vient exercer son droit de visite.
Bonjour, c'est pour une visite, je suis sénatrice de Paris. Vous
voulez pas, on arrive. La parlementaire peut se rendre dans un lieu de privation de liberté sans prévenir. Parfois, les autorités sur place sont un peu frileuses.
Chez moi, je ne prends que le parlementaire, votre attaché, si vous voulez, et un média. Ce sera trois personnes maximum.
C'est pas ça la loi. Je peux être avec plusieurs médias et m'en attacher.
Après 30 minutes d'attente, l'occasion
pour Anne Suiris de rencontrer des retenus et de connaître leurs conditions de vie. Dans ce bâtiment, on retrouve 20 hommes répartis sur 10 chambres. Le ménage est assuré deux fois par jour par une société extérieure. Mourad, algérien, arrivé il y a deux mois avec une obligation de quitter le territoire, est installé en France depuis 2001 et ses enfants sont scolarisés ici.
Le COTIF, il reste toujours. Donc tu es obligé, ce n'est pas une solution. C'est-à-dire que tu marches, le lendemain, il va traper la police, tu reviens encore. C'est pour ça qu'on demande le juge qu'il va faire une solution. Tiens, faire un procédure, faire un truc comme ça.
Sortir, se faire arrêter, être de nouveau retenu 90 jours, cette boucle semble ordinaire dans les cras. C'est bien ce qui dérange la sénatrice avec la proposition du ministre de l'Intérieur d'allonger la durée de rétention à 210 jours.
Un des retenus qui m'a dit qu'il avait fait 5 ou 6 centres en France de rétention, d'affilée, qu'il les connaissait tous. Quand on voit ça, on voit bien que cette histoire de 210 jours, c'est une fausse mesure de toute façon. D'abord, ça n'est pas une solution de rallonger et de deux, en fait, ça existe déjà.
sont 17 000 étrangers retenus en métropole, la moitié sont maghrébins, bloqués dans ces centres car leur pays d'origine refuse de délivrer le laisser-passer consulaire nécessaire à leur expulsion. Les procédures d'éloignement échouent dans 75% des cas.
on l'a vu dans ce reportage dans un centre de rétention administrative, le gouvernement qui veut donc allonger la durée de rétention dans ces centres de rétention administrative. Est-ce qu'il faut le faire, Benoît Hamon, selon vous
Non, parce que ça n'a aucune espèce d'efficacité. C'est un peu abrupte ma réponse, mais pour faire vite, on était à 90 jours, la durée avait déjà été doublée par le gouvernement de Gabriel Attal, de 45 à 90 jours, on va passer potentiellement à 210 jours. Ce qu'il faut savoir, c'est que dans les centres de rétention… des personnes qui sont sous OQTF, c'est-à-dire sous obligation de quitter le territoire français. Et quand on regarde aujourd'hui la réalisation ou l'exécution de ces OQTF, en fait, elles sont réalisées, l'essentiel, dans les premiers jours de détention dans des centres de rétention administrative. Et plus on étire… plus en réalité on garde les gens entre quatre murs sans pour autant trouver de solution au fait de pouvoir exécuter ces OQTF. Donc il y a là une mesure qui n'est ni efficace en termes de politique publique, qui est parfaitement discutable en termes d'éthique et de respect des droits fondamentaux des personnes, qui est contestée par la plupart, sinon la totalité des associations et qui… selon moi, mais j'attends que le ministre de l'Intérieur me prouve le contraire, répond d'abord à un objectif de communication politique, c'est-à-dire sur le registre un peu martial de « attention, avec moi, il y aura plus de fermeté ». Mais allonger la durée de rétention dans les centres de rétention administrative… n'aura aucune espèce de conséquence sur l'amélioration du taux d'exécution des OQTF à quelques déciles près.
'est une mesure sans efficacité ?
ne crois pas. Je crois que nous avons vocation à faire repartir dans leur pays d'origine ceux qui sont venus clandestinement sur le territoire, ne respectant pas les règles et les lois de la République. Mais je le dis d'autant plus que c'est la seule manière de faire la différence avec les immigrés. qui, eux, viennent en France en respectant les règles et les lois. Moi, je ne suis pas pour l'immigration zéro, contrairement au Rassemblement national. Je suis pour une immigration maîtrisée, c'est-à-dire acceptée, acceptable, tolérable, et donc mesurée. Je suis aussi, par exemple, pour que la France honore... sa tradition d'accueil des réfugiés politiques, c'est-à-dire de ceux qui demandent l'asile et qui se le voient accordé parce qu'ils sont en danger de mort dans leur pays d'origine. Mais je suis aussi, pour que tout cela fonctionne, pour que l'asile fonctionne, pour que l'immigration soit maîtrisée et fonctionne et qu'on puisse accueillir dignement les étrangers qui viennent légalement sur notre territoire, que nous soyons intransigeants à l'égard de ceux qui ne respectent pas nos règles. Et cette intransigeance par quoi passe-t-elle ? par davantage de centres de rétention administrative. par le fait que la durée puisse être prolongée, on a vu ce qui s'est passé avec le meurtrier présumé de Philippines où le meurtrier présumé a été libéré d'un centre de rétention et ce n'est que le lendemain que le laissé-passer consulaire a été accordé. S'il était resté une journée de plus, une semaine de plus, si la durée de rétention était plus grande, eh bien peut-être qu'il y aurait aussi moins de menaces à l'ordre public.
Bon, moi je ne conteste pas ce qui est la position de Geoffroy Didier, le fait qu'évidemment les États, à partir du moment où il existe des frontières, aient une politique à leurs frontières de régulation des entrées sur leur territoire. Ce n'est pas ça qui est en jeu. La question c'est, est-ce que ces politiques sont efficaces ou pas ? Elles ne le sont pas, ça nous le voyons, sinon il n'y aurait pas autant de gens à dire 15% de réalisation des OQTF, c'est ridicule. Il n'y a pas un domaine dans les politiques publiques où on est aussi inefficace que dans ce domaine-là. La réponse, c'est toujours plus d'or, toujours plus de rétention. Or, je le redis, nous observons que quand les gens sont en CRA, ils sont expulsés au début de leur détention, très rarement à la fin, et étendre ne changera pas cette réalité-là. Ce que je veux dire, par exemple, sur les personnes en situation irrégulière, et je veux pointer, Geoffroy Didier dit qu'il est attaché, et je le crois parfaitement, à la question de l'application de la Convention de Genève et donc du droit d'asile en France. Sachez-le, 90% des personnes qui sont sous protection internationale en France, donc qui ont obtenu le statut de réfugiés, ils sont entrés de manière irrégulière. Donc quand on parle des personnes... irrégulière, il s'agit d'innombrables demandeurs d'asile. Donc le fait aujourd'hui, par exemple, d'externaliser, on y reviendra peut-être, en Albanie, en Libye, en Turquie, les demandes d'asile, tout ça est une remise en cause directe des principes de la Convention de Genève. Donc on ne peut pas être pour la Convention de Genève, être attaché au principe selon lequel la France accueille les réfugiés politiques, les femmes et les hommes persécutés, leurs familles, et en même temps dire… Attention, quiconque est irrégulier doit pouvoir être expulsé. Je le répète, 90% des personnes qui ont le statut de réfugiés sont entrées de manière irrégulière en France. Pourquoi ? Alors pour une raison assez simple, c'est que nous avons tari et asséché toute forme. – Non, pas toute forme, c'est exagéré si je dis ça, mais considérablement les voies légales d'immigration, la possibilité de venir demander l'asile ou alors de rejoindre la France pour des raisons économiques, pour le travail, par regroupement familial. J'exagérerais si je disais que ces voies-là sont totalement bouchées, mais elles sont considérablement réduites. Et il y a une réalité qu'on connaît, pardon de parler comme ça, et ça je pense, Geoffroy Didier, tu as responsable politique, je ne le suis plus moi aujourd'hui comme je l'étais auparavant, mais nous avons une réalité qui est devant nous qui s'appelle la transition démographique. Notre société vieillit considérablement, on va très bientôt être sous le seuil de moins de deux actifs pour un inactif qui va poser la question vertigineuse du financement de nos modèles de solidarité. – Je suis frappé de voir combien le débat sur l'immigration échappe à cette rationalité-là quand le patronat français, le patronat italien disent nous ne pourrons pas financer la solidarité, nous ne pourrons pas faire tourner nos économies sans immigration supplémentaire. Et c'est là où, face à cet enjeu démographique, il me semble que les politiques sont des politiques qui refusent le principe de la régularisation par le travail quand les gens travaillent, quand ils ont une place, etc. et disent on ferme, on ferme, on ferme. tout en constatant que ça ne marche pas, parce que là où on ferme, l'immigration augmente ailleurs, dans un autre point, on a fermé en Italie et on a augmenté aux Canaries. Bon, voilà, il me semble qu'il y a quand même quelque chose… Ce serait bien de ramener ce débat à la raison. Et là qu'on a un débat, que la droite et la gauche débattent, que les ONG débattent avec l'État, mais aujourd'hui ça échappe beaucoup à la rationalité.
– Alors justement, c'est intéressant ce que vous dites, parce que moi dans les trois principes que j'ai dictés au départ, et qui guident ma philosophie d'action sur l'immigration, c'est-à-dire une immigration maîtrisée, c'est-à-dire la tradition d'accueil des réfugiés politiques, et une certaine intransigeance à l'égard des irréguliers pour ne pas les confondre avec ceux qui ont respecté les règles, je ne crois pas qu'il y ait de l'idéologie précisément. Et je trouve qu'il y a trop d'irrationalité effectivement dans le débat migratoire. Mais il y a aussi des principes de bon sens qu'il faut qu'on fasse respecter. C'est-à-dire que je crois précisément parce que vous avez dit que… La plupart de ceux qui se sont vus accorder le statut de réfugiés politiques sont venus clandestinement sur le territoire. Je crois que c'est précisément bien qu'il y ait des zones d'attente ou des pays sûrs, pas loin des pays d'où ils viennent, que ce soit dans ces endroits-là et non pas en France, que les demandes d'asile soient traitées. Pourquoi ? Parce que si on attend… que les personnes viennent clandestinement sur notre territoire pour que les demandes d'asile soient traitées, précisément ces demandeurs d'asile, précisément même ceux qui se seront vus accorder le statut de réfugiés politiques, seront confondus avec les clandestins. Et c'est là où il va y avoir de l'irrationalité. En fait, la meilleure manière d'accueillir dignement ceux qui le méritent et ceux qui respectent nos règles… c'est de ne pas les confondre avec les clandestins qui eux méritent d'être conduits dans leur pays d'origine, ça je crois qu'on est à peu près d'accord là-dessus, et donc de faire en sorte qu'ils ne soient pas en France au moment où on traite leur demande d'asile. Et deuxièmement… Sur l'immigration de travail, moi je suis conscient, comme vous, qu'en réalité, dans la plupart des restaurants parisiens, ceux qui font la plonge, ce sont des étrangers qui sont venus, souvent même clandestinement, et qu'en réalité, certains patrons en profitent pour les sous-payer. Donc il faut les valoriser, et parfois, peut-être, au cas par cas, les régulariser lorsqu'ils ont démontré une capacité d'intégration, voire d'assimilation. Mais si on accueille... tout le monde est contraire de la même manière, ceux qui sont en danger de mort ou ceux qui ne sont pas en danger de mort, ceux qui viennent de pays sûrs ou ceux qui ne viennent pas de pays sûrs, ceux qui respectent les règles et ceux qui ne respectent pas, indépendamment de la transition démographique dont je maîtrise aussi les contours, il ne faudra pas s'étonner que les gens votent au Rassemblement National. Et c'est là où on doit avoir un combat commun, malgré nos différences de sensibilité. – Alors,
quelques remarques sur… Vous avez dit beaucoup de choses, je vais d'abord revenir sur cette notion de pays sûr, pays pas sûr. L'Italie a décidé avec Mme Meloni, donc une première ministre issue de l'extrême droite, d'externaliser le traitement de ces demandeurs d'asile issus des pays sûrs en Albanie. D'abord, gouffre financier, 65 millions d'euros pour juste construire le centre, et 160 millions d'euros par an. Choisir cela, c'est un gouffre financier. D'ailleurs, au passage, l'Australie, qui avait été une des premières à le faire, l'a abandonné en raison du coût absolument faramineux, 10 fois plus que représentait le traitement à l'extérieur dans un pays étranger des demandeurs d'asile. Donc il faudra assumer sur le plan budgétaire, alors qu'il n'y a pas d'argent public, de multiplier par 10 les dépenses dans ce domaine-là. Mais ce qui est intéressant dans le cas de Mme Meloni, qui a dit « oui, ça y est, avec l'Albanie, tout est réglé », c'est que la justice italienne… lui a dit, écoutez, les gens que vous envoyez là-bas au titre du fait qu'ils sont de pays sûrs, eh bien, ça remet en cause l'article 3 de la Convention de Genève qui dit que l'asile, c'est individuel. Ce sont des raisons individuelles qui vous amènent à demander l'asile, que vous soyez issu d'un pays dit sûr, en l'occurrence l'Égypte et le Bangladesh, ou pas. Et donc, la justice italienne a dit… – Les personnes que vous avez envoyées en Albanie, elles font le voyage retour, donc il y a un côté d'ailleurs marchandisation, déshumanisation de ces personnes qui est très préoccupante, et donc ça ne marche pas, aujourd'hui ça ne marche pas. La première chose que je voulais dire, c'est que cette externalisation, elle ne fonctionne pas, et elle risque, M. Didier, je vous le dis parce que vous avez pointé ça, et je ne mets pas en doute votre attachement à l'asile, c'est que… Soit on respecte la Convention de Genève, mais on la respecte entièrement, soit pas. Et le principe de la Convention de Genève, c'est qu'on traite individuellement les personnes. On ne fait pas un traitement pour les gens des pays sûrs, différents, du traitement des gens issus de pays pas sûrs. Or, c'est ce qui est en train de se passer. Et il y a un côté en plus assez… Au fond, tragique à voir l'Europe dépenser des milliards, 9 milliards d'euros dans les budgets européens, vous connaissez ça par cœur, Geoffroy Didier, pour aller délocaliser la sale besogne en Libye, en Turquie, en Albanie, au Rwanda. En réalité, soit nous sommes un continent qui est capable de traiter la demande d'asile correctement, d'aborder la question migratoire rationnellement ou pas. Mais aujourd'hui, il me semble qu'il y a une surenchère. xénophobe dans beaucoup d'États et de gouvernements, qui se traduit par de l'inefficacité politique, des coûts considérables pour l'argent public, donc pour le contribuable, et au bout du compte, du désordre.
Justement, puisqu'on parle des politiques européennes, petite pause, puisque Michel Barnier justifie sa nouvelle loi immigration par la nécessité de transposer justement une disposition européenne sur cette question.
Oui, c'est le pacte sur la migration et l'asile adopté au mois de mai. Il s'agit d'une législation approuvée par les 27 après plusieurs années de vifs débats. Elle s'organise autour de plusieurs axes. Plus de solidarité entre les États membres. L'idée, c'est de soulager les pays en première ligne dans l'accueil des migrants. On pense aux pays du Sud, comme l'Espagne ou l'Italie. Les autres États devront soutenir ces pays en acceptant la délocalisation des migrants sur leur sol. Ceux qui refusent devront payer une amende. Autre mesure prévue par le pacte, un filtrage des migrants aux frontières de l'Union européenne. L'objectif est d'accélérer le traitement des demandes d'asile. L'examen des dossiers se fera à proximité des frontières extérieures de l'Union. sur une période maximale de 7 jours. Autre mesure, la création de nouveaux centres de rétention, centres destinés aux personnes qui présentent un risque pour la sécurité. Ils seront installés ces centres à proximité des frontières extérieures ainsi que dans les aéroports. Et puis enfin, le pacte fixe de nouvelles procédures de gestion des situations de crise. Les États pourront par exemple accélérer, assouplir les procédures habituellement prévues en cas d'arrivée massive de réfugiés sur le territoire européen. Pacte Asile et Migration doit entrer en vigueur à partir de 2026, Aurélien.
– C'est un sujet que vous connaissez bien, Geoffrey, vous étiez député européen jusqu'il y a peu, est-ce que c'est efficace, cette politique et ce durcissement de la politique migratoire à l'échelle européenne, ou est-ce que pour reprendre les mots de Benoît Hamon, on est dans une surenchère xénophobe
Alors est-ce que c'est efficace ? Je ne peux pas le savoir encore, puisque comme ça vient d'être rappelé, le Pacte Asile et Migration n'est pas encore en vigueur. Le fait par exemple qu'il y ait des zones d'attente, notamment dans les aéroports, me satisfait, et me satisfait d'ailleurs plus que le fait d'externaliser, comme le fait l'Italie, dans des pays comme s'il y avait des... sous-pays qui peuvent se permettre de stocker des migrants et que les pays européens n'en voudraient pas. – Et les candidats à l 'adhésion à l'Union européenne, d'ailleurs, à l'Albanie. – Oui, mais en quoi ? Enfin, ça veut dire qu'on est un bon élève parce qu'on accepte des gens venus d'ailleurs. Moi, je ne suis pas pour ça. Ça ne me plaît pas, en fait. Et humainement, là-dessus, je vous rejoins, ça ne me plaît pas. Par contre, qu'il y ait des zones d'attente, ce qu'on appelle des hotspots en anglais… qu'il y ait des zones d'attente dans les aéroports où on traite plus rapidement qu'avant les demandes d'ailleurs. Parce qu'il faut évidemment traiter les demandes, notamment d'asile, beaucoup plus rapidement qu'auparavant. Ça, ça ne pose pas de problème. Et d'ailleurs, le pacte Asie et l'immigration émet un progrès. C'est de dire que quelqu'un d'extra-européen qui arrive à la frontière de l'Union européenne ne sera pas considéré juridiquement comme étant sur le sol européen. Et ça, ça nous permet, ça exige de nous qu'on traite leurs demandes plus rapidement. Et ça permet de faire en sorte qu'une fois qu'il est sur le sol européen, si on doit le reconduire, on n'est plus à le faire. Et même pour lui, c'est mieux. En fait, j'essaie de réfléchir à ma philosophie d'action sur l'immigration avec humanité. Humanité pour ceux qui veulent venir et qui sont souvent désespérés, soit parce qu'ils sont en danger de mort dans leur pays, soit pour des raisons économiques, mais aussi d'ailleurs avec humanité, à l'égard des peuples européens eux-mêmes. qui, pour certains d'entre eux, et il faut les entendre, il y a quand même près de 11 millions de Français qui ont voté pour le Rassemblement national, donc il faut les entendre, les écouter, ça ne veut pas dire dire amène à tout ce qu'ils pensent, mais on peut aussi les guider dans notre action. Mais il faut entendre cette exaspération, et il y a parfois, chez certains de nos concitoyens, un seuil d'acceptabilité, notamment sur la question de l'intégration, dont on parlera peut-être, et pas uniquement sur les flux migratoires, qui est atteint, et que nous devons absolument prendre en compte dans nos politiques publiques.
– Juste pour rebondir, pour poursuivre le débat sur… Bon, on va potentiellement être sur la 30e loi en 30 ans. sur l'immigration. Il y a un moment, il faut quand même s'interroger sur cette inflation législative. On ne peut pas appliquer celle qui a été promulguée au début 2024, qu'on en fait une deuxième. Donc quelle est la fonction de ces débats-là, sinon aussi divertir de réalité, et notamment des conséquences du projet de budget. Vous avez vu, il y a le sujet, j'écoutais M. Coquerel avec Geoffroy Didier, on écoutait juste avant les discussions, et c'est vrai que quand on évoque la baisse de la revalorisation des pensions, ça, ça va toucher tous les retraités. C'est un vrai sujet, comme par hasard, on parle d'immigration. en ce moment-là. Bon, je ferme la parenthèse. Qui dit, par exemple, que 15% des créations d'entreprises en France sont le fait d'étrangers ? Personne. Pourtant, on devrait être assez fier et heureux. Et je me tourne vers un représentant de la droite française, qui est attaché à l'initiative, à l'innovation. de voir qu'il y a un tel appétit d'entreprendre. Je le regrette parce que, pour le coup, l'ONG que je représente, qui accompagne des entrepreneurs dans toute l'Europe qui sont des entrepreneurs réfugiés, on voit les incroyables mérites de ces créations d'entreprises qui créent de la valeur, etc. Pourquoi est-ce qu'on crée autant d'entreprises quand on est étranger ? Parce qu'on est victime, et vous l'avez un peu dit dans ce que vous disiez tout à l'heure, du déclassement. En fait, on le trouve aujourd'hui dans des métiers peu qualifiés, beaucoup d'étrangers, quel que soit leur niveau de diplôme. Et la France, c'est assez mal, on va dire… faire bénéficier du potentiel de ces femmes et de ces hommes. Donc il y a un enjeu considérable sur les politiques d'inclusion. Nous ne sommes pas un pays inclusif, on ne fait pas assez, et quand Othman Nasroudi, le moteur de l'intégration est cassé, bon, merci, on attend de lui qui nous dise comment on met davantage de budget sur l'apprentissage de la langue, comment on met davantage de budget sur l'inclusion par l'emploi, est-ce qu'on régularise comme l'Espagne, quand l'Espagne démontre que par la régularité, On permet de générer de l'activité. Au passage, je me permets de dire que Mme Meloni se vante de ses chiffres sur l'immigration irrégulière, mais qu'elle délivre 450 000 permis de travail à des étrangers. Pourquoi ? Parce que l'économie italienne en a besoin. Donc il faut qu'on accepte que le débat, c'est un débat sur la manière dont on veut être inclusif ou pas. Plus on dira qu'on ferme la porte, et qu'en réalité les Français constateront qu'elle n'est pas... pas fermé, pour des raisons qui sont liées à la démographie, à la mondialisation de l'enseignement supérieur, etc., plus on sera dans une forme de contradiction qui sera insupportable. Et puis dernière chose, l'aide médicale d'État, parce que ça risque de revenir. – On va y venir, mais juste
sur l'intégration, parce que vous en parliez, Othmane Nassrou, il dit que lui, il veut conditionner l'obtention d'un titre de séjour à une plus grande maîtrise du français.
Mais ce serait bien qu'ils s'intéressent vraiment à l'inclusion, c'est-à-dire pas aux obstacles à l'inclusion. Vous savez, les Français, on élève le niveau de français nécessaire pour pouvoir avoir un titre. En réalité, c'est par le travail qu'on apprend vite le français. Il y a plein de manières d'apprendre le français. Et là, aujourd'hui, on est en train de créer les conditions de l'exclusion. Honnêtement, on est tous… Alors là, je vais me tourner vers le parlementaire européen. Qu'est-ce qu'on constate, nous, Français, quand on n'est vraiment pas les champions du monde dans les langues étrangères ? Et on demande à ceux qui nous rejoignent d'être nickel en matière de grammaire, de syntaxe, là où, en fait, l'essentiel, c'est qu'ils prennent leur place dans la société, qu'ils puissent travailler, qu'ils puissent créer des entreprises. Et, en fait, Otman Nassrou, de ce que j'en comprends, il est surtout là pour être, je ne sais pas moi, l'adjoint de M. Retailleau, à quel niveau, j'en sais rien. Il n'est certainement pas ministre de l'intégration aujourd'hui. – Je le regrette, en tout cas dans ses paroles. –
Sur la question de l'intégration.
– Non mais vous dites qu'on demande aux étrangers d'être nickel en langue française. Non, on leur demande. Vous avez vu le niveau qui leur est demandé dans la loi d'Armanin ? dont M. Nassrou demande l'accélération de la mise en œuvre avec une expérimentation dès le 1er juillet 2025 à la place d'une mise en œuvre dès 2026, c'est le niveau B1, pardon d'être technique, c'est-à-dire le niveau qu'on demande à un Français en langue étrangère en classe de 3e. Franchement, les enfants, les élèves, les adolescents de troisième ne maîtrisent pas totalement la langue étrangère. Sauf ceux qui ont la chance de partir dans des voyages à l'étranger. Donc on leur demande en fait une relative maîtrise, mais en fait pour les aider. qui leur permet de s'intégrer, qui leur permet de trouver un job, qui leur permet de remplir des formalités administratives, qui leur permet d'avoir une interaction sociale, qui leur permet de comprendre la société française, peut-être de lire le français
et peut-être d'aimer la France. – Non mais vous faites une erreur, parce qu'en l'occurrence, les gens dont vous dites ça, vous dites pour avoir un emploi, ils l'ont l'emploi, ils travaillent déjà. – Alors il y a ceux qui l'ont, et ceux qui voudraient l'avoir, ils ne l'ont pas tous. – La vérité c'est qu'on parle de gens qui travaillent, qui pourraient être régularisés, et qui excluent la régularisation parce qu'ils n'ont pas le niveau français. – Qu'est-ce qu'ils ont comme job ? – Qu'est-ce
qu'ils ont comme job ? Ils ont des jobs qu'ils peuvent… Il n'y a pas de sous-métis, ce n'est pas le sujet. Mais les jobs qu'on a bien voulu leur donner, qu'ils ont pu avoir. Mais peut-être qu'ils voudraient des jobs encore mieux. Peut-être qu'ils voudraient des jobs, justement, d'être cadres. Ils ne sont pas obligés de faire la plonge ou ils ne sont pas obligés de refaire les toits des maisons. Et pour ça, on sait très bien qu'il faut passer des entretiens d'embauche. Et pour les entretiens d'embauche, il faut savoir un minimum parler français. Mais en fait, dans tous les pays du monde. Moi, j'ai vécu aux États-Unis pendant 4 ans. Si j'étais arrivé... sans maîtriser la langue anglaise au moment où j'arrive aux États-Unis, je n'aurais pas pu étudier exactement comme ils étaient. Parce que les cours étaient en anglais, ils n'étaient pas en français. Donc en fait, c'est du bon sens. – Non. – Si, je vous assure que les cours étaient en anglais, je vous confirme. – Non, oui,
mais ça, je vous fais confiance là-dessus. Mais là, on parle de gens qui ont un travail. à qui on va élever le niveau de l'épreuve en français pour avoir un titre de séjour. Pourtant, ils travaillent, ils cotisent à la Sécurité sociale. Certains sont en CDI. Et la vérité, c'est qu'on est en train de fabriquer de l'exclusion en élevant le niveau. Et je dis ça en plus… – On veut les aider à s'élever. – Il y a quelque chose qui m'échappe, quand même, pour la droite française. Il y a deux valeurs, et moi je respecte parfaitement ça, qui sont portées par la droite française. Le travail et la famille. Or, quand il s'agit d'étrangers… On rechigne à régulariser ceux qui travaillent, qui consacrent de la sueur, de la peine à un travail, qui cotisent, et on rechigne à faire du regroupement familial qui est le moyen de stabiliser une personne dans un pays et de lui permettre de s'inclure parfaitement. Parce que, et souvent je l'entends, et je pense qu'il y a quelque chose dans le discours de la droite qui est parfaitement audible là-dessus, c'est que par le travail et par la famille, on prend sa place. Or pourquoi systématiquement refuser aux étrangers le travail et la famille ? La régularisation quand on travaille et le regroupement. familial comme quand c'est un moyen d'inclusion je dis donc au ministre tailleau et à son secrétaire d'état d'engager une politique qui est une politique de régularisation de ceux qui travaillent, de leur permettre le regroupement familial, au nom même des valeurs qu'ils défendent. Et je dis ça sans aucune provocation, c'est pour moi quelque chose d'assez paradoxal, à ce que la famille politique, après on a des débats, mais qui a le plus souvent défendu les deux valeurs du travail et de la famille, refuse aux étrangers pour pouvoir prendre leur place dans la société et vivre avec tous les autres. et la régularisation par le travail le regroupement familial.
– Mais c'est marrant parce que nous, on n'est pas pour l'immigration zéro, c'est l'extrême droite. – Vous reconnaissez qu'il y a une petite contradiction. – C'est l'extrême droite. On est pour le travail, on est pour la famille et pour la transmission, mais on est aussi pour la cohésion de la nation. Et lorsque vous avez une immigration qui n'est plus maîtrisée… Même si certains viennent pour travailler et d'autres pour se regrouper familialement, eh bien il n'y a plus de cohésion. Donc dans une société où il n'y a plus de cohésion, dans une société qui ne fait plus nation, dans une société où les gens finissent par s'accuser les uns les autres parce que l'immigration n'est pas maîtrisée par les politiques publiques, toutes les valeurs de transmission de famille et de travail sont mises à mal. Donc en réalité il y a quelque chose qui est au-dessus de tout. qui est ce que l'on peut créer ensemble et on ne pourra le créer ensemble qu'en maîtrisant les flux migratoires et qu'en ne confondant pas ceux qui respectent les règles et ceux qui ne les respectent pas. Encore une fois, rappelez-vous des principes que j'ai édités au début, j'ai dit que nous n'étions pas pour l'immigration zéro, par contre j'ai dit qu'il fallait être intransigeant à l'égard de ceux qui venaient, clandestinement sur le territoire. précisément pour accueillir plus dignement ceux qui viennent en France en respectant nos règles.
– Un dernier mot, parce qu'il ne nous reste pas beaucoup de temps, sur l'AME, Michel Barnier, qui dit donc qu'il veut une maîtrise des dépenses de cette aide médicale d'État. Qu'est-ce que vous en dites ? –
pense qu'il faut distinguer, peut-être qu'on va y revenir, mais il se dit des choses à l'extrême droite absolument épouvantables sur cette question-là. D'abord, l'AME, c'est l'aide médicale d'État. Elle concerne qui ? Les étrangers, même en situation irrégulière, quand ils ont moins de 850 euros par mois. et qui leur permet de se soigner. Les médecins la défendent tous. pour une raison simple, c'est que si les gens sont malades et qu'ils ne sont pas soignés, ça peut mettre leur vie en danger, déjà. S'ils ne sont pas soignés par l'AME, ils iront aux urgences, et on a déjà des urgences qui sont embolisées en France. Et enfin, ça peut générer des épidémies, de la contagion. C'est intéressant de regarder les exemples des pays où l'AME a été supprimée, en Espagne, 2012, rétablie en 2018, pour toutes les raisons que je viens de vous donner. L'Espagne est un bon exemple. Or, aujourd'hui, en dépit de la science, de l'avis des médecins, On nous reparle de remplacer l'aide médicale d'État par l'aide médicale d'urgence. Et on nous dit, c'est parce que les gens se font poser des anneaux gastriques ou recoller les oreilles. Bon, recoller les oreilles, ça concernait 5 patients sur, je dis, 11 000 euros, dans toute l'AME, 11 000 euros, 5 patients, qui, non pas pour des raisons esthétiques, mais parce qu'il y avait une prescription médicale. Et le fameux anneau gastrique, là, qui permet apparemment de maigrir, ça ne concerne que 0,2% des interventions chirurgicales. Et en l'espèce, je vous le dis juste parce que ça c'est pour... Rassemblement national. Un anneau gastrique, je me suis renseigné, le remboursement c'est 450 euros pour un coût de 3000 euros. Donc le reste de la charge, il est 2500 euros pour une personne qui gagne moins de 850 euros par mois. Mais c'est une blague, ça n'existe pas. Donc arrêtons de penser que les étrangers aujourd'hui se font soigner aux frais de la princesse parce qu'il n'y a pas... Je vous laisse répondre,
Geoffrey le dit, il nous reste 30 secondes.
Mais il est d'accord avec moi là-dessus. – Non mais on est pour une aide médicale d'urgence. Comme je vous disais, j'ai vécu aux États-Unis, on peut crever sur le trottoir et tant que vous ne vous donnez pas votre carte bleue, on ne vous emmène pas à l'hôpital en gros. Ça c'est la force de la France de pouvoir effectivement sauver la vie de tous ceux qui viennent sur le territoire, qu'ils soient légalement ou illégalement sur notre sol. Par contre, il y a des abus. Il y a des dérives, on a tous plein d'anecdotes en tête. Un dentiste qui dit qu'il peut faire jusqu'à 17 couronnes, ça supprimons-le. Alors ça nous permettra de faire des économies et ça permettra aussi de faire comprendre à tous ceux qui sont français et qui disent « mais moi je n'ai pas de mutuel et je n'arrive pas à me faire faire une couronne », qu'en réalité ils sont aussi perçus équitablement dans l'accès aux soins. –
Merci à tous les deux, on aurait pu débattre encore très longtemps, mais on aura l'occasion d'en redébattre. On regarde ce qu'est à la une de la presse régionale. Un député dans la tourmente.
Oui, c'est à la lune de presse au séance ce matin. Andy Kerbrath, le député à la FI de Nantes, a été interpellé jeudi à Paris alors qu'il achetait une drogue de synthèse. La droite et la Macronie du coin réclament sa démission. Les insoumis le soutiennent. L'élu est poursuivi pour usage de stupéfiants et convoqué pour notification d'une ordonnance pénale. Andy Kerbrath a annoncé qu'il allait entamer un protocole de soins.
On parle de l'impact du budget 2025 dans notre quotidien.
C'est à retrouver dans Nice ce matin. Santé, éducation, transport. Qu'est-ce que le débat qui a débuté cette semaine à l'Assemblée nationale ? va changer dans nos vies. Sur la Côte d'Azur, par exemple, de nombreux secteurs vont être touchés par la baisse annoncée de 40 milliards de dépenses publiques, écrit Nice ce matin. Les syndicats d'enseignants disent par exemple se préparer à une carte scolaire saignante alors que 4000 postes de profs vont être supprimés dans l'éducation nationale.
Un élu qui pousse un coup de gueule ce matin.
Le maire François Rebsamen parle d'injustice. Il y a deux semaines, le gouvernement a annoncé que les collectivités locales allaient devoir contribuer au redressement des comptes publics à hauteur de 5 milliards d'euros. Dans les pages du bien public, le maire de Dijon dévoile... les conséquences locales que pourraient avoir ces mesures. Nous ne voulons pas être des martyrs de la dette, déclare l'ancien sénateur qui promet de ne pas augmenter la taxe foncière.
Terminé par du foot, mais pas le PSG, c'est bizarre.
Non, pas le PSG, avec le retour du coach Gasset à Montpellier. C'est à la une de midi libre aujourd'hui. Sept ans après avoir évité la relégation de l'équipe. Jean-Louis Gasset revient à 70 ans. Il succède à Michel Derzakarian. Il a du pas sur la planche. Son équipe est en pleine crise. Elle est dernière de Ligue 1. Mission, éviter la relégation. Parade de MPSG la semaine prochaine. – Brest joue
en Ligue des champions ce soir quand même. – C'est vrai, allez Brest, on soutient Brest. Allez Brest, Benoît Hamon,
merci beaucoup. Merci Benoît Hamon, merci Geoffroy-Dudier, merci ici, merci à tous de nous avoir suivis.
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