Chargement...
Chargement...
La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Le temps de l'info se poursuit avec cette image d'Éric Dupond-Moretti au ministère de la Justice. Vous le voyez, il attend Didier Migaud. On l'a vu filer de Matignon, il était au petit déjeuner autour de Michel Barnier ce matin. Et donc Éric Dupond-Moretti, le garde des Sceaux jusqu'à maintenant, attend pour passation Didier Migaud. Nous sommes en direct avec Mathilde Guénégant qui est sur place. Bonjour Mathilde et merci beaucoup d'être avec nous. Comment va se passer cette passation ?
bien on attend d'une minute à l'autre Didier Migaud qui a quitté Matignon. Alors pour ceux qui ne connaissent pas parfaitement la géographie de Paris, ce n'est pas très loin du ministère de la Justice. Donc son arrivée est imminente. Eric Dupond-Moretti qui est sorti il y a quelques instants sur le perron et qui après 4 ans en tant que garde des Sceaux va donc laisser sa place à Didier Migaud. Il est le seul membre du gouvernement Barnier issu des rangs de la gauche, cet ancien député PS. Normalement il y aura une photo avec les deux hommes et ensuite ils se retireront dans le bureau pour échanger sur... les sujets, les dossiers qui sont restés en pause depuis la dissolution et qui vont être dans les priorités du nouveau garde des Sceaux. Ils reviendront ensuite sur le perron devant nous pour la première prise de parole de ce nouveau garde des Sceaux. Ce qui est intéressant, c'est que Didier Migaud s'était retiré de la vie politique publique depuis 2010 lors de sa nomination à la Cour des Comptes. Jusqu'à samedi, il était président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Ce qui veut dire qu'il était obligé à un devoir de réserve, donc on ne connaît pas ses positions. sur ce qu'il pense du bilan d'Eric Dupond-Moretti en tant que gardisteau, sur ce qu'il souhaite faire dans les priorités. Est-ce qu'il va réformer la justice des mineurs ? Est-ce qu'il veut lutter contre la criminalité organisée ? Et comment ? Quelle sera aussi la question cruciale qui va se poser dans tous les ministères aujourd'hui ? C'est de savoir quel sera le budget dont disposera ce nouveau ministre. Donc il y a beaucoup d'interrogations. Et ce qui est intéressant, c'est qu'il a beau être issu des rangs de la gauche, mais selon nos toutes dernières informations, avec son ancienne famille socialiste, les contacts n'ont pas été repris pour le moment. Au moment, on me glissait du côté de l'Assemblée nationale il y a quelques minutes, que lui, clairement, il ne vient avec aucun élu, contrairement à son binôme du côté de la place Beauvau, Bruno Retailleau, DLR. On nous a clairement fait savoir qu'il a été socialiste il y a une éternité. Comment va-t-il naviguer dans ce gouvernement et à l'Assemblée nationale ? Eh bien, c'est la question à laquelle il faudra répondre dans les prochaines heures.
On continue d'en parler avec vous, Mathilde Guénégand, et merci également à Clément Mouffetard qui est avec vous. Nous en parlons avec Yael Gauze, avec Claire Fournier, avec Damien. Floreau, aussi chef adjoint du service politique, qui nous a rejoint. Sur cette double image que vous avez vue à l'instant, on voyait le perron de Matignon parce que le petit déjeuner n'est pas tout à fait terminé autour de Michel Barnier. En revanche, on suit les sorties, on attend. On a vu Didier Migo qui a filé tout à l'heure parce que, comme vous le voyez, il est très attendu par Éric Dupond-Moretti. Le temps commence à sembler un tout petit peu long pour le garde des Sceaux qui ne l'est plus pour très longtemps. Elles sont importantes ces images-là. Elles sont très très importantes parce que ce garde des Sceaux, c'est... 4 ans quand même, Éric Dupond-Moretti. C'est un pilier de ces dernières années de la Macronie et le voilà qui est en train d'attendre pour sa sortie.
Oui, c'est vrai que c'est un symbole. Éric Dupond-Moretti, on est allé le chercher parce que c'est cette personnalité capable de porter le fer dans l'hémicycle. On se souvient de passes d'armes très fortes avec notamment le Rassemblement national et c'était pour cette raison, notamment pour son expertise. bien sûr sur ces questions de justice, mais notamment aussi pour son opposition vis-à-vis du Rassemblement national, qu'il a été choisi alors qu'il accueille effectivement Didier Migaud à l'instant.
On y est sur cette image, elle est très importante. Cette passation, elle commence maintenant. Éric Dupond-Moretti, sur votre droite, 4 ans à ce ministère, sur votre gauche, Didier Migaud. Numéro 2, Yael Goh, c'est important, de ce tout nouveau gouvernement.
Oui, alors ça, c'est vraiment la position protocolaire qu'on n'attendait pas, puisque c'est le seul symbole d'hiver gauche, entre guillemets, de... de ce gouvernement Barnier, donc mis en numéro 2, ça veut dire aussi que la justice est un dossier essentiel selon Michel Barnier, puisque c'est juste derrière lui, dans l'ordre protocolaire, que ces questions-là, que la chancellerie apparaît dans l'organigramme. Didier Migaud, ce qui va être difficile pour lui, c'est que c'est un orthodoxe budgétaire, c'est quelqu'un qui connaît par cœur les finances publiques. D'ailleurs, certains se demandent pourquoi, et on ne l'a pas mis à Bercy, puisque c'est vraiment son domaine de compétence depuis toujours, à la commission des finances sous Nicolas Sarkozy. puis à la cour des comptes. Et puis il y a cette expérience évidemment qu'il rapproche des questions de justice et de la haute autorité pour la transparence de la vie publique. Et d'ailleurs, là c'est convivial, mais Éric Dupond-Moretti et Didier Migaud, c'était un peu deux clans à un moment donné. Vous savez qu'Éric Dupond-Moretti a eu quelques soupçons de conflits d'intérêts qui ont été levés depuis, mais Didier Migaud devait se prononcer dessus en tant que président de la haute autorité pour la transparence. de la vie publique. Autant vous dire qu'Éric Dupond-Moretti avait la dent très dure vis-à-vis de ces institutions-là qu'il ne respecte pas spécialement.
Il y a un autre point qu'il faut qu'on signale assez rapidement quand on présente Didier Migaud, parce que plus que la sortie d'Éric Dupond-Moretti, on a envie de faire connaissance avec ce tout nouveau garde des Sceaux, c'est que c'est le seul homme de gauche. de ce gouvernement. Il est numéro 2, c'est le seul homme de gauche. Alors attention, il n'est pas nouveau Front populaire encore une fois, il était au Parti Socialiste jusqu'en 2010. Oui,
tendance Laurent Fabius. Donc ce n'était pas vraiment la gauche de la gauche, même si Laurent Fabius a eu, en fonction des années et de ses priorités, des positionnements parfois assez inattendus au sein de cette famille socialiste. Un peu
Dominique Strauss-Kahn aussi.
Alors il a effectivement aussi été dans cette famille social-démocrate, mais c'est vrai que c'est un ancien député. ancien député socialiste, de l'ISER, c'est peut-être aussi ce qui leur approche un petit peu de Michel Barnier, et plutôt connu pour être un homme de chiffres et moins un homme de mots, à la différence d'Éric Dupond-Moretti peut-être. On verra un petit peu dans les prises de parole.
Sur l'homme de gauche, pardon, pas une obsession, mais quand même c'est important, c'est un signal très fort de le nommer numéro 2 de ce gouvernement, et de, on en a un, c'est quoi ? On en a un et on va essayer de le mettre en valeur, mais pardon !
C'est-à-dire que c'est tout le symbole. Il fallait équilibrer à la fois en nommant Didier Migaud numéro 2 du gouvernement, équilibrer, rééquilibrer compte tenu de l'arrivée de Bruno Retailleau, Place Beauvau, la droite républicaine conservatrice, la droite dure et ferme sur ces questions de sécurité. Donc on nomme à la justice une personnalité venue du Parti Socialiste. dans le rang protocolaire devant Bruno Retailleau, et ça va être un attelage très intéressant. Et en plus, effectivement, il vient de la gauche, donc c'est intéressant pour Michel Barre. Je
lisais des mots un peu durs, j'ai ouvert le off-post ce matin, et il titrait l'intrus. Alexandre Aguillé, merci de nous avoir rejoints, vous êtes journaliste au service police-justice de TF1-LCI. Est-ce qu'il est perçu dans les échos que vous avez pu avoir, peut-être, c'est une question, attention, c'est une interro-surprise, mais des échos sur... Une surprise, c'est plutôt un homme du budget, c'est l'homme de la transparence, c'est l'homme de la Cour du Compte. On est un peu surpris quand même de le voir arriver à la justice.
Oui, effectivement. Alors après, les syndicats maintenant attendront que, de la part de Zinigo, une attention particulière. L'arrivée d'Éric Dupond-Moretti, on se le souvient tous, avait été vue comme une provocation à l'époque par les magistrats. Cet avocat qui est arrivé... Il
y a des
ministres qui sortent du petit déjeuner. toujours de matière. Qui dénonçait des barbouzeries parmi les magistrats, un entre-soi. Les magistrats qui voyaient son arrivée comme une déclaration de guerre. On se rappelle que ce ministre a été poursuivi pendant son exercice. Laurent Saint
-Martin, pardon. C'est un double exercice. Je fais aussi les présentations avec ce gouvernement qu'on apprend à connaître avec des images. Sébastien Lecornu qui sort, pardonnez-moi, toujours de ce petit déjeuner. On
avait vu Nicolas d'Aragon et Haute-Mann Nassrou quitter. Je m
'arrête un instant Alexandra Guillet sur ces quelques images parce que quand même on fait connaissance, c'est pas rien. Vous voyez Jean-Noël Barraud qui est au fond, qui prend le quai d'Orsay, le ministère des Affaires étrangères et qui ne devrait pas tarder d'ailleurs à décoller pour New York puisqu'il doit y retrouver Emmanuel Macron. Benjamin Haddad qui s'occupe précisément des questions européennes.
Rattaché au premier ministre Benjamin Haddad. C'est intéressant de dire que l'Europe doit rester quand même dans le giron de Matignon vu les négociations. Premier rang
Salima Saha, ancienne proche de Nicolas Sarkozy qui avait notamment participé à sa campagne pour sa réélection. Agnès Pannier-Runacher qui change de portefeuille aux côtés d'Annie Gennevard qui prend la direction du ministère de l'Agriculture. Elle aura quelques mètres à faire à pied en quittant Matignon. Oui c'est vraiment
rapide.
C'est vraiment très rapide. Pour
la passation en ce qui la concerne.
Et François de Rovray tout à gauche aux côtés d'Olga Giverna. François Derevray, le portefeuille des transports aux côtés d'Olga Givernais qui sera en charge de l'énergie pour un sujet notamment aussi de déport. Rachid
Adati, exactement, qui ne bouge pas. Donc on voit des sorties, pardon pour l'expression, mais groupées, un thématique. On sort entre ministres concernés. On rappelle les mots qui ont été visiblement passés par Michel Barnier. Moins de communication, plus d'action et pas d'esbrouf. Il a déjà posé sa patte.
C'est dur pour les prédécesseurs. Ça veut dire qu'avant il y avait de la parole. et pas assez d'action. C'est ça le sous-entendu quand même. Donc moins de mots, moins de paroles, plus d'actes. C'était le message hier de Michel Barnier pour son premier 20h effectivement. C'est le message aussi qu'il passe à ses ministres ce matin qui viennent de petit déjeuner pour la première fois à ses côtés dans ce gouvernement Barnier 1. Gouvernement républicain, progressiste, européen, voilà ce que confie à TF1-LCI Michel Barnier. Voilà, c'est là-dessus qu'il va être jugé effectivement. thème par thème, dossier par dossier. Le défilé continue. Guillaume Casbarian. Valérie Clétard, sur la droite, si je ne me trompe pas, qui est ministre du Logement
désormais. Guillaume Casbarian qui poursuit sa tâche au gouvernement. Patrick Etzel, l'enseignement supérieur. Et on a vu passer François-Noël Buffet au premier plan, en charge des Outre-mer. Avec beaucoup de dossiers très chauds pour lui. C'est un sénateur qui a présidé la commission. lois et donc il va devoir se mettre à la tâche immédiatement
notre nouveau ministre de l'économie le
benjamin du gouvernement 33 ans seulement effectivement
antoine armand pour
vraiment le présenter oui claire oui antoine armand 33 ans c'est le plus jeune ministre de l'économie de la 5e république on avait à l'esprit les précédents valéris giscard d'estaing et emmanuel macron aussi qui est arrivé à 37 ans à bercy il est inconnu du grand public pourtant il a été pas mal sur
les plateaux de chaîne info parce qu'il sait Le croiser le fer en débat, il est plutôt pour... Oui,
mais pour le grand public, d'ailleurs, comme la plupart des membres de ce gouvernement, ils ne sont pas très connus. Il va falloir qu'ils se fassent connaître. Je dis juste qu'on
le connaît peu, mais il est déjà un fin politique. C'est
un fin politique. Expert en souveraineté énergétique, puisqu'il a écrit un livre là-dessus. Et ce qui est intéressant dans la nouvelle dynamique à Bercy, c'est que le budget et les comptes publics sont rattachés à Matinat. Il y en a un certain nombre de ministères et ça, ça veut dire évidemment que c'est une question cruciale pour le prochain gouvernement et que Matignon suivra de très très près ce dossier.
Oui, c'est ce qui aurait été la motivation du refus de Laurent Wauquiez, le fait de ne pas avoir un Bercy avec la main sur les comptes publics. Le budget, il estimait que le périmètre de ce portefeuille était trop limité pour lui. Il voulait l'intérieur, mais a refusé Bercy de cette façon.
Damien Fleurot, il y a un tout petit instant, il y a le gosse qui disait que le pas d'Esbrouf, s'il vous plaît, est déjà asséné par Michel Barnier dès le premier conseil des ministres. Non. Petit déjeuner autour de Michel Barnier, parce que le Conseil des ministres, c'est cet après-midi autour d'Emmanuel Macron. Est-ce que vous trouvez en effet que c'est déjà un peu rude
c'est vrai que c'est une... Alors, on l'avait senti dans ses premières prises de parole que Michel Barnier ne souhaite pas trop en faire, en tous les cas, sur ce sujet de la communication, même si, malgré tout, il n'hésite pas à répondre à des questions quand des micros se tendent. Et on l'a vu lors de ses premiers déplacements. Et il sera à nouveau sur le terrain cette semaine. On nous annonce... dans l'entourage du Premier ministre de déplacement au moins. Donc il aura la volonté de se montrer, de préciser. par petites touches peut-être, les contours de ce qui sera l'acte fondateur de son discours de politique générale. On va le voir ensuite sur la forme, comment est-ce que...
Est-ce que ce sera un Premier ministre ultra présent, très interventionniste selon vous
Volontariste certainement, et avec l'idée, le souci de dire la vérité. Alors ça c'est très compliqué la notion de vérité en politique, c'est à double tranchant, parce que parfois pour faire passer des choses, faire passer des messages... passer des réformes, il faut aussi manœuvrer. Lui, il est sur la vérité. Je ne mentirai jamais aux Français. Et ça commence par l'état des comptes publics. Vous avez entendu depuis trois jours, il est sur l'idée que la situation est grave financièrement. C'est une manière de préparer les esprits, évidemment, à des hausses d'impôts dont on ne sait pas encore qui exactement elles vont cibler prochainement. Mais l'idée de vérité. Il veut être le Premier ministre de la vérité dite aux Français. Pas de lesbrouf, donc vérité sur les chiffres de l'immigration, vérité sur les comptes publics, vérité sur l'état du pays, sur le temps de travail, surtout. Donc ça, c'est ce qui va le guider, parce qu'à 73 ans, il peut revendiquer cette figure de grand sage, qui d'ailleurs ne prend pas sa retraite, et qui continue à œuvrer au service de l'intérêt général. C'est vraiment ça, la marque qu'il est en train de se construire, c'est ça. Avec une nouveauté hier soir, la fraternité. Il y a beaucoup insisté sur le mot de fraternité, en citant Arthur Teboul, le chanteur qui interprétait de Feuchert-Tertone, et poète également. Fraternité.
Mais est-ce qu'il va être difficile à tenir ? ou pas ce gouvernement ? Je le disais en introduction de l'émission, peut-être depuis le début de la Ve République, jamais des forces qui se sont affrontées avec autant de violence politiquement lors des législatives sont obligées de se retrouver autour d'une table à prendre, croissant et petit déjeuner ensemble. Ce gouvernement, est-ce qu'au-delà des pressions extérieures, intrinsèquement, comporte sa difficulté, son propre obstacle ?
C'est difficile de le dire parce qu'il y a quand même énormément de personnalités qu'on connaît peu ou pas encore. Il y a un attelage qui permet d'avoir notamment des ministres qui ont une expérience de terrain, d'élus locaux. Ce parler vrai que souhaite Michel Barnier sera repris par ses membres du gouvernement. On va voir ensuite, ça va être le tourbillon de la vie politique qu'elle va battre à l'Assemblée. Ça va être là le cœur et l'essentiel de la vie politique pour ces membres du gouvernement qui seront soumis à la pression, au feu nourri des oppositions, les questions d'actualité au gouvernement, mais également l'examen du budget. Alors
bonjour à vous Pierre-Olivier Surent, merci beaucoup d'être avec nous, vous êtes avocat ancien bâtonnier de Paris, vous nous avez rejoint parce que regardez nous y sommes au ministère de la justice, les portes viennent de se rouvrir, le perron est prêt, les micros également, on attend les prises de parole de Eric Dupond-Moretti qui a été donc garde des sceaux pendant quatre années et Didier Migaud qui vient donc d'être nommé pendant quelques instants et c'est la tradition, les deux hommes qui se sont salués se sont retrouvés en tête à tête pour la passation. Est-ce que vous connaissez bien ? On entend des mots un petit peu durs sur Didier Migaud, qui est plutôt expert des comptes et du budget, et qui est nommé ministre de la justice. Est-ce que vous faites partie de ceux qui disent, attendez, c'est un intrus dans ce ministère ?
Pas du tout, vous savez, j'attends avec confiance. Je connais bien Éric Dupond-Moretti, je connais le contentieux, qui est intervenu, qui était d'une violence absolue. entre Migaud et Dupond-Moretti, puisque c'est après la lettre de Migaud que Dupond-Moretti a vu, comment dirais-je, son étoile s'assombrir au ministère. Rappelons les dates. Il est rentré à la chancellerie au printemps, à fin du printemps 2020. Et la fameuse lettre de Migaud, elle date de l'automne 2020. en posant la question d'éventuels conflits d'intérêts. Et ça s'est transformé, on le sait ensuite, en un procès devant la Cour de justice de la République aux prises illégales d'intérêts. Affaire dramatique. Éric Dupond-Moretti avait... participer à la poursuite judiciaire de magistrats, qui finalement ont été mis hors de cause, et lui-même a été poursuivi parce qu'il les avait poursuivis, et sur l'initiative première de Migaud. Donc c'est pas rien. Et lui-même a été ensuite, évidemment on le sait, mis hors de cause. Mais ce dialogue... est un duel. Et il va être assez intéressant d'examiner, d'écouter ensemble et peut-être de commenter leur prise de parole tout à l'heure. C'est un véritable match de boxe qui doit... Ah, évidemment, avec les formes, mais j'aimerais être une petite souris et voir ce qu'ils se disent dans le bureau du ministre.
Et en effet, c'est pour ça qu'on prête tant d'attention à cette passation. C'est le ministère de Justice, c'est majeur. Je rappelle que Didier Migo, c'est le numéro 2 du gouvernement désormais. Mais on sait effectivement qu'entre les deux hommes, il y a une histoire. Les deux hommes sont en train d'apparaître. Je ne vois pas très bien d'ici, mais je crois qu'effectivement, ils s'approchent pour prendre la parole. De tradition.
Numéro 2, c'est très important parce que c'est la considération que l'exécutif donne aujourd'hui au ministre de la Justice, donc à la Justice.
Je vous propose d'écouter ces mots d'Éric Dupond-Moretti.
Monsieur le garde des Sceaux, ministre de la Justice, bienvenue à l'hôtel de Bourg-Vallée. J'ai travaillé ici plus de quatre ans, alors que les Cassandres prédisaient quatre semaines, et je laisse entre ces murs, comment le dire, beaucoup de moi. Mes doutes, mes réflexions, mes convictions, et vous l'imaginez, c'est avec beaucoup d'émotion que je quitte mes fonctions. et les gens qui m'entourent, et que bien sûr je vous transmets les sceaux de la République. Le moment n'est pas venu pour moi de présenter mon bilan, mais permettez-moi cependant d'exprimer quelques fiertés et quelques regrets. Les fiertés d'abord. Mon ambition n'a jamais été politique. Je ne suis pas venu ici pour faire carrière. J'avais une vie avant, j'aurais une vie après. Je n'ai jamais cherché à être un marqueur de gauche ou un marqueur de droite. Et pour moi, tout cela, à vrai dire, n'a pas beaucoup de sens. Mon objectif a été d'améliorer la justice de mon pays. Et je ne suis pas peu fier d'avoir donné aux 90 000 personnes qui travaillent au service de la justice, des moyens inédits pour accomplir leur mission. Le budget du ministère était de 7,6 milliards d'euros en 2020. Il avoisine les 10 milliards d'euros en 2024. En 4 ans, nous avons embauché plus 680 magistrats, plus 560 greffiers, plus 3000 contractuels, 300 personnels de la protection judiciaire de la jeunesse. Et 4 000 personnels pénitentiaires. Tout cela s'est fait grâce à l'indéfectible soutien des premiers ministres que j'ai eu l'honneur de servir, Jean Castex, Elisabeth Borne et Gabriel Attal. La justice est désormais sur la bonne voie et je suis optimiste pour son avenir. Mais pour cela... Il est indispensable, monsieur le garde des Sceaux, que la loi de programmation pour la justice que j'ai portée et qui a été très largement votée par le Parlement en octobre dernier, soit respectée. Je le dis sans embâche, une trahison de cette loi serait un signal dévastateur adressé à tous ceux qui servent notre justice. Cette loi prévoit, vous le savez, une embauche de 1 500 magistrats supplémentaires, 1 800 greffiers, plus de 1 100 contractuels et la poursuite du plan de construction pénitentiaire. Ces moyens, nous les devons aux magistrats, aux greffiers, aux contractuels, aux personnels administratifs, aux surveillants pénitentiaires, aux éducateurs qui, chaque jour, dédient leur vie professionnelle et souvent personnelle. au service public de la justice. C'est évidemment à eux que je pense à cet instant et j'ai bon espoir, monsieur le garde des Sceaux, que votre rang protocolaire vous permettra de défendre efficacement cette loi. Fierté encore d'avoir porté plus d'une soixantaine de textes au Parlement et je veux remercier les parlementaires présents aujourd'hui. Je veux citer Pelle-Melle et bien sûr de façon non exhaustive. La création des pôles spécialisés en matière de violence intrafamiliale, en matière environnementale, la création du pôle haine en ligne, du pôle cold case, le raccourcissement des délais d'enquête préliminaire, la confiscation des avoirs criminels, la criminalisation des relations sexuelles avec des mineurs de moins de 15 ans, le code de justice pénal des mineurs, la possibilité de changer de nom de famille, la suppression des remises automatiques de peine. pour les conditionner à l'effort et la mise en place d'un statut du détenu travailleur, car un prisonnier qui travaille, vous le savez, c'est un prisonnier qui se réinsère et qui ne récidive pas. Et bien sûr, la constitutionnalisation de la liberté d'interrompre volontairement sa grossesse. Liberté enfin d'avoir mis en place de nouveaux outils pour la justice. et en particulier pour la justice amiable, nouvelles procédures que nous sommes allés chercher à l'étranger et qui permettent à nos concitoyens de se réapproprier leurs procès et d'obtenir un jugement beaucoup plus rapidement. Les premiers résultats sont d'ores et déjà très encourageants. Je veux, monsieur le garde des Sceaux, vous faire à cet instant une confidence. Je me souhaitais, comme le chantait Serge Reggiani, une mémoire allergique au regret. Mais vous le savez, les choses ne sont pas ainsi faites. Je regrette de ne pas avoir eu le temps de porter devant le Parlement un grand texte sur la lutte contre le narcotrafic qui gangrène nos sociétés. Pour reprendre une formule d'ores et déjà consacrée, vous trouverez le texte sur votre bureau. Je regrette d'avoir été trop souvent seul à défendre la justice de notre pays qui fait l'objet d'accusations injustes, souvent de la part de commentateurs, voire, et c'est pire, de responsables politiques qui ne la connaissent pas et qui ne connaissent pas davantage les règles qui la régissent, la présomption d'innocence, la charge de la preuve, la personnalisation de la peine. l'autorité de la chose jugée, l'indépendance bien sûr, bref des règles que notre société civilisée a mis des millénaires à élaborer. Ne pas respecter la justice, c'est ne pas respecter l'état de droit qui nous protège tous. Je regrette qu'un nombre toujours plus conséquent de nos compatriotes restent persuadés que la justice est laxiste. Pourtant, nos prisons n'ont jamais été aussi pleines et tous les chiffres démontrent que la justice n'a jamais été aussi sévère. Ceux qui opposent police et justice se trompent lourdement et qu'il me soit permis de remercier Gérald Darmanin car le couple police-justice a durant ces quatre dernières années parfaitement fonctionné. Depuis 2020, ma politique pénale a toujours été claire, elle se résume en trois mots, une réponse pénale ferme, une réponse pénale rapide, une réponse pénale systématique. En témoignent d'ailleurs les très nombreux circulaires que j'ai prises, ma philosophie est elle aussi très claire, fermeté sans démagogie, humanisme sans angélisme. Je veux m'adresser à nos compatriotes. Ne cédez pas à la facilité des discours démagogiques qui veulent vous faire croire que la justice est responsable de tous les maux et qu'il faudrait être soit du côté des victimes, soit du côté de l'état de droit. Mais dans cette époque où toutes les paroles se valent, la nuance a disparu. Gabriel Attal et Michel Barnier ont évoqué leur mère. Je voudrais évoquer la mienne. qui m'a appris petit un proverbe italien, éloge de la nuance. Il faut du vent dans les églises, mais pas au point d'éteindre les bougies. Je veux ici et maintenant avoir une pensée pour les familles des deux agents pénitentiaires. Lâchement exécuté. Et pour leurs collègues blessés dans l'exercice de leur fonction lors de l'attaque du PH d'Incarville. Et pour toute la grande famille pénitentiaire que j'ai toujours soutenue. J'ai été fier d'être votre ministre. Je crois vous avoir donné la juste place qui doit être la vôtre en revalorisant votre profession. Je formule là encore le souhait que la trajectoire que j'ai dessinée ne s'inverse pas. Mais comment ne pas avoir une pensée pour les justiciables et en premier lieu pour les victimes, qui considèrent souvent que l'artisan de leur malheur n'a pas été suffisamment condamné ? Comment pourrait-il en être autrement ? Tout le monde devrait se rappeler que la justice, c'est d'abord la confiscation de la vengeance au profit d'une institution étatique qui respecte des règles de droit. Ce que nous pouvons faire, ce que nous devons faire, c'est améliorer l'accueil des victimes, être le plus humain possible, raccourcir les délais de jugement. Beaucoup de choses ont été faites, beaucoup de choses restent à faire. Je pense aussi... aux citoyens injustement mis en cause, qui vivent des moments difficiles et des heures sombres. La vie médiatique et la rumeur publique font rapidement des coupables, alors que la justice doit prendre le temps nécessaire à la manifestation de la vérité. Je sais d'expérience, et chacun me comprendra, la souffrance que représente dans l'attente La mise en cause de l'honneur et de la probité, cela aussi, il faut l'avoir à l'esprit. Enfin, je veux remercier ceux qui m'ont entouré durant ces quatre années. Je pense d'abord aux travailleurs de l'ombre, ces femmes et ces hommes dont on ne parle jamais, premier levé, dernier couché, sans qui le ministère ne pourrait pas fonctionner. Je remercie aussi bien sûr la secrétaire générale, les directeurs, sous-directeurs, les membres d'administration centrale. Je pense bien sûr aux membres de mon cabinet. Ils n'ont pas compté leurs heures. Ils ont fait beaucoup de sacrifices pour travailler au service de la justice de ce pays. Je pense aussi à ma famille, à ma mère. à ma compagne qui a accepté que nous mettions notre vie personnelle, entre parenthèses, à mes enfants. Ces quatre années au ministère de la Justice me marqueront bien évidemment à jamais. Et je veux sincèrement remercier le président de la République de la confiance qu'il m'a faite emmenant à ce poste. Je souhaite lui rendre un hommage appuyé. Aucun président avant lui n'avait accordé à la justice une attention comme celle qu'il lui a accordée. Grâce à lui, nous avons commencé le rattrapage de plus de 30 ans d'abandon politique, humain, budgétaire. Monsieur le garde des Sceaux, le 7 juillet 2020, je disais devant ma prédécesseur que la parole était à présent aux actes. appartiennent désormais à l'histoire de notre ministère, que je quitte le cœur serré et conscient de l'immense honneur qui m'a été fait de pouvoir servir la République. Je veux sincèrement, monsieur le garde des Sceaux, ministre de la Justice, vous souhaiter tous mes voeux de plein succès.
On vient d'entendre ce discours d'arrivée pour Moretti qui va passer les sceaux à Didier Nigo. Sur l'autre image, Bruno Retailleau est arrivé au ministère de l'Intérieur à Beauvau. Gérald Darmanin va pouvoir lui remettre la casquette de premier flic de France. Et les prises de parole là également vont commencer. Et nous allons écouter Gérald Darmanin.
La compagne, Marie Guévenou, Dominique Faure et Sabrina Agresti-Roubache, nous sommes très heureux de vous accueillir dans votre maison, qui est la maison de tous les Français. Cher Bruno, je veux vous dire la chance exceptionnelle que vous avez à voir de pouvoir occuper le ministère le plus social qui soit, celui de la protection de chacune et de chacun d'entre nous. Vous rentrez dans une magnifique maison avec des fonctionnaires extrêmement engagés. Et vous êtes évidemment, à partir d'aujourd'hui, le protecteur de l'ensemble des Français. Permettez-moi, Monsieur le Ministre, d'adresser un remerciement extrêmement chaleureux, en plein de respect, et si j'ose dire, d'amitié pour le Président de la République, qui pendant plus de sept ans, m 'a fait confiance au gouvernement de la République, au ministère des Comptes publics d'abord, et puis au ministère de l'Intérieur et des Outre-mer. Pour le double petit-fils immigré que je suis, pour le fils d'ouvrier de femme de ménage que je suis, il n'y a pas plus grand honneur que de servir son pays à des postes aussi prestigieux. La nomination du président de la République... En remerciant Edouard Philippe qui m'a donné la chance, en remerciant Jean Castex qui m'a proposé pour être ministre de l'Intérieur, en remerciant Elisabeth Borne et Gabriel Attal, c'est un message que je veux aussi porter pour dire que rien n'est impossible dans la République. Et que sans réseau, sans beaucoup d'argent, sans famille, qui est connectée, sans contact parisien. On peut servir son pays, car seul compte le mérite, le travail et l'amour de la France. La République est belle, et aujourd'hui je pars avec le sentiment d'avoir servi le mieux que je pouvais mon pays. Monsieur le ministre, je vous souhaite très sincèrement, à vous et à votre équipe, les voeux de réussite dans vos fonctions, à vous et au gouvernement Michel Barnier. La réussite de Michel Barnier et de son gouvernement sera la réussite de la France. Et à ma modeste place, je la soutiendrai. Et je veux vous dire que les Françaises et les Français, vous le savez, attendent beaucoup de nous, collectivement. Je veux remercier mon équipe, les ministres qui sont aujourd'hui auprès de moi et ceux qui, hier, étaient à leur place. J'ai cité Dominique Fort, Sabrina Gressy-Hourbach et Marie Guévenou. Je veux avoir évidemment une pensée pour M. Vigier, M. Carinco, Mme Baques, Mme Cailleux, Marnem Schiappa et Christophe Béchut que j'aperçois et qui me fait le plaisir d'être ici. Je veux leur dire que je sais la difficulté d'être ministre et d'être ministre délégué particulièrement, de remplacer le ministre. et surtout d'avoir à le supporter. Je veux dire à mes équipes, à mon cabinet, à mes deux directeurs de cabinet successifs, Pierre de Bousquet et Alexandre Brugère, et à tout mon cabinet, à quel point je leur suis extrêmement redevable. Je veux dire aux policiers, aux gendarmes, aux sapeurs-pompiers, aux agents du corps préfectoral. à tous ceux qui travaillent au ministère de l'Intérieur, à Paris, comme partout sur nos territoires et même à l'étranger, à quel point j'ai voulu les défendre, à quel point je les aime, comme les aiment les Français. Je pense avoir été toujours au-devant. Bien sûr, nous avons fait des erreurs, mais nous avons fait de notre mieux. Je veux dire à quel point... J'aime chacune et chacun d'entre eux parce qu'ils servent la République en héros discret. Je n'oublierai jamais les visages des blessés, je n'oublierai jamais les visages des veuves, des parents, des enfants qui perdent derrière un cercueil tricolore l'amour de leur vie. Il y a beaucoup d'émotions lorsqu'on est ministre de l'Intérieur, monsieur le ministre. Beaucoup de choses se bousculent. Et je veux retenir, au nom de l'image de toutes les autres, la fille de Christophe qui a vu le cercueil de son papa dans une cour d'un commissariat partir et qui demandait pourquoi on lui remettait une médaille. A tous les enfants des flics, des gendarmes, des sapeurs-pompiers de France, je vais vous dire que vous pouvez être fiers et que votre père et votre mère sont des héros. Je pars avec beaucoup d'émotion. Je remercie chacune et chacun d'entre vous. Je pars en vous aimant et j'emporte cet amour. Je pars en ayant souffert avec vous. Et j'espère très sincèrement que vous continuerez partout où vous êtes à servir l'État, car c'est la seule chose qui compte. Monsieur le ministre, mesdames et messieurs les ministres, mesdames, messieurs, j'ai une pensée particulière bien sûr pour les directeurs généraux et les préfets qui m'accompagnent, et pour chacun des fonctionnaires de ce ministère. Il y a des choses bien sûr à améliorer, et nous n'avons pas tout fait bien. Il est évident que la sécurité des Français doit être encore renforcée et les policiers et gendarmes davantage protégés. Mais nous n'avons pas toujours fait bien à un certain nombre de valeurs républicaines que nous n'avons pas toujours su imposer, et j'en prends ma part. Je m'appelle Gérald Moussa, gendarmanin. Mon père, à la maternité de Valenciennes. Je voulais écrire Moussa Darmanin, du nom de mon grand-père, tirailleur algérien qui avait servi la France. Après tant d'années de fonction élective, je remercie mes électeurs de Tourcoing, que je vais retrouver à l'Assemblée nationale avec beaucoup de fierté. Il est assez évident, si nous sommes honnêtes, que si je m'étais appelé Moussa Darmanin, je n'aurais pas été élu maire et député, et sans doute n'aurais-je pas été ministre de l'intérieur du premier coup, comme ma jeunesse. m'a porté à ces responsabilités fortes. Ça n'aurait retiré rien de mon éducation, rien de mon mérite, rien de mon amour de la France, mais il faut regarder les choses en face. Alors de la fermeté, je sais que vous en avez, monsieur le ministre, et je suis très heureux que vous me succédiez ici parce que nous laissons les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers à la main d'un homme qui aime le ministère de l'Intérieur. Et merci du soutien que vous avez toujours apporté. dans les actions que j'ai pu porter notamment pour leur donner davantage de moyens. Mais nous avons encore tant de choses à faire ici pour réparer la République. Juste l'ordre n'a aucun sens. L'ordre juste républicain, c'est la façon à chacune et à chacun que nous avons d'en remercier la République et de pouvoir continuer à vivre ensemble. Merci pour tout ce que vous avez apporté. Je remporte avec vous plein de sourires. Plein de larmes. Et j'emporte avec vous ma famille qui a grandi, vous savez, et qui sera indissolublement liée à la place Beauvau. Vous êtes formidables. Quand je vous croise, vous me dites mes respects. Aujourd'hui, c'est moi qui dis mes respects à tous les agents du ministère à l'intérieur. Vive la République et vive la France.
Ces mots forts de Gérald Darmanin, une déclaration d'amour aux forces de l'ordre, mais un discours aussi politique quand il rappelle, et il ne l'avait pas fait depuis un moment, que son nom, c'est Gérald Moussa-Jean Darmanin. Et ce message fort passé à Bruno Retailleau, et on va le redire beaucoup sur ses plateaux, qui est présenté comme un nouveau ministre de l'Intérieur de droite très conservatrice avec des propositions, des positions très fermes, ce message devant lui de dire que juste l'ordre n'a aucun sens. C'est un message politique, bien sûr important, laissé par Gérald Darmanin. La fermeté, oui, dit-il, mais tant de choses reste à faire pour réparer la République. Maintenant, écoutons Bruno Retailleau.
le ministre, cher Gérald, mesdames, messieurs les ministres, mesdames, messieurs, en cet instant, à la fois solennel et bien sûr émouvant, Je mesure l'honneur qui m'est fait de pouvoir servir la République à la tête de ce grand ministère républicain. Et vous me permettrez évidemment de remercier ceux qui en sont à l'origine, le Premier ministre Michel Barnier et le président de la République. de ceux qui m'accompagnent, Nicolas D'Aragon et puis Othman Nassrou. Je voudrais ici, au milieu de vos troupes, vous dire un merci, vous remercier pour l'engagement qui a été le vôtre pendant quatre longues années. Je dis quatre longues années parce que je sais qu'ici les heures à Beauvau comptent peut-être double, voire même peut-être triple. Pendant ces quatre années, vous avez eu bien des crises à surmonter et bien des défis à relever. Le dernier, qui était aussi un succès, a été la sécurisation des Jeux Olympiques. Et à chaque fois, vous l'avez fait avec l'énergie qu'on vous connaît, mais aussi l'attachement qu'on vous reconnaît. Je veux parler de l'attachement à ces hommes et à ces femmes. qui servent la République au quotidien et parfois même jusqu'au péril de leur vie. Face aux violences, face aux violences des uns, mais aussi face aux outrances des autres, vous n'avez jamais fait mieux. Vous avez toujours vaillamment défendu l'honneur de nos forces de l'ordre. Cette ligne, elle sera la mienne. Je n'en délirerai pas. Et précisément, je veux en cet instant m'adresser à tous les personnels de ce grand ministère de l'Intérieur. Bien sûr, aux policiers, aux gendarmes, aux sapeurs-pompiers, aux personnels de la sécurité civile, aux personnels de l'administration territoriale de l'État. au corps préfectoral, que je connais bien pour l'avoir pratiqué dans mes fonctions d'élu, dont je d'ailleurs toujours considérais que c'était un vrai métier. Je vais leur dire deux choses. La première, c'est qu'ils doivent être fiers. Ils doivent être fiers, vous l'avez dit il y a quelques instants, parce que les Français les estiment. Les Français vous respectent. Les Français vous aiment. Ne doutez pas. Et si parfois le découragement vous guette, rassurez-vous en vous disant que les Français, une très grande majorité, vous soutiennent. Et puis, je veux aussi vous dire que, pour vous, je ne lâcherai rien, je ne céderai jamais rien. Je ne laisserai passer et je ne tolérerai... Aucune offense, aucune atteinte, bien sûr physique, c'est une telle évidence. Mais pas plus pour les atteintes verbales. Et je le dis ici et j'espère qu'avec ce micro et grâce à ce micro mes propos iront d'écho en écho jusqu'aux oreilles qui sont concernées par ce que je vais vous dire. Oui, honte. Honte à ceux qui disent qu'ils, dans leur discours, la haine de la vie de nos forces de l'ordre. C'est indigne. C'est indigne. Et je ne laisserai jamais faire. Parce qu'ils sont le bouclier de la République. L'ultime recours, bien souvent, ils sont, là encore, et je veux le répéter, une protection. Ce sont des serviteurs. Je serai le premier d'entre eux. Dans l'étymologie du beau ministre, il y a serviteur. Un ministre, c'est un serviteur. Et je m'inscris, là encore, dans cette conception de cette haute fonction ministérielle. Et puis, au moment où je prends ces fonctions, je veux dire dans quel état d'esprit je le fais. Je le fais dans cet esprit de vérité qui anime ce nouveau gouvernement et singulièrement qui anime le chef du gouvernement, Michel Barnier. Vérité que l'on doit aux Français, vérité que l'on doit à chaque Français. Vérité sur la réalité des violences, ça n'est pas un vague sentiment d'insécurité. Ce sont des chiffres, des statistiques inquiétantes, mais il y a pire, il y a plus. Parce que derrière la froideur de ces chiffres, de ces statistiques, il y a des corps brisés, il y a des existences mutilées, il y a des vies volées. Tant de victimes, oui, tant de victimes dont les noms se perdent, dans une chronique banale. d'une barbarie devenue presque quotidienne. Eh bien, à ces victimes anonymes, pour la plupart, la République doit la faire noter. C'est ce que disait un jour notre grand prédécesseur, Georges Clemenceau, le vendéen Georges Clemenceau, que Christophe Béchut connaît bien, puisqu'il est voisin de la Vendée. Georges Clemenceau qui avait coutume de dire Le pouvoir doit la fermeté contre ceux qui troublent l'ordre public. Parce que sinon, il est le complice de leur désordre. Alors oui, tous ensemble, nous devons avoir le courage de la fermeté. Le courage d'une juste fermeté. Pour le colligien tabassé, pour la jeune fille violée, pour la veuve du gendarme endeuillée. Pour nos compatriotes qui, à raison de leurs origines, de leur couleur de peau, de leurs croyances, sont menacées, je parle et je pense tout particulièrement à nos compatriotes juifs. Nous ne devons rien, absolument rien laisser passer. Et puis, cet esprit de vérité, qui sera le nôtre, qui sera le mien, C'est aussi une exigence démocratique. Parce que si nous sommes ici ce matin, c'est parce qu'il y a eu, il y a un peu plus de deux mois, des élections législatives. Et que nous sommes en démocratie. Dans une démocratie, la première chose, c'est d'écouter ce que nous dit le peuple souverain. Que nous a dit le peuple souverain. Et notamment au premier tour de ces élections législatives. Il nous a envoyé un message que nous devons entendre, et comme l'a dit le Premier ministre, sans aucun sectarisme. Chaque électeur vaut le même poids, démocratique. Ce message, il est clair. Les Français veulent plus d'ordre, d'ordre dans la rue, d'ordre aux frontières. Et cette demande... Elle ne nous vient pas des Français de droite ou de gauche, elle nous vient de l'immense majorité des Français. Et elle nous vient d'abord, oui bien sûr, cette dimension sociale, j'y reviens cher Gérald, elle nous vient d'abord des Français les plus modestes, de celles et ceux qui n'ont pas les moyens de se protéger des conséquences terribles de tous ces désormes. Parce qu'ils n'ont pas assez d'argent pour mettre leurs enfants dans les bonnes écoles, parce qu'ils n'ont pas assez de moyens. pour mettre leurs familles dans les beaux quartiers. C'est pour eux que l'on se bat. Alors bien sûr, on me dit, mais pas de majorité à l'Assemblée nationale. Bien sûr, une Assemblée nationale archipélisée. Quelle politique pouvons-nous faire ? Eh bien, la politique que nous ferons, c'est la politique du peuple souverain. C'est la politique de la majorité, comme disait le général de Gaulle, la politique de la majorité nationale. C'est ce qui nous donne une légitimité pour agir, quelles que soient les circonstances politiques. La politique de la majorité nationale, avec trois priorités, vous les retiendrez facilement. La première, rétablir l'ordre. La deuxième, rétablir l'ordre. La troisième, rétablir l'ordre. Parce que je crois à l'ordre. L'ordre comme condition de la liberté. Quand il n'y a pas d'ordre, c'est la liberté d'abord qui est menacée. Je crois à l'ordre comme la condition de l'égalité. La loi du plus fort s'exerce contre le plus faible. Je crois à l'ordre comme la condition de la fraternité. Comme une possibilité. de la concorde civile. Alors bien sûr, pour conclure, pour terminer, tout ne va pas se faire d'un coup de baguette magique. Jamais je ne raconterai l'histoire aux Français parce que la ponte à remonter est rude et ce sera dur. Ça ne peut pas se faire d'un claquement de voix. Ça ne peut pas se faire non plus à coup de menton. Il faudra de la persévérance, du professionnalisme. de la constance aussi. Mais il faudra, évidemment, bien sûr, du dialogue, une force de conviction pour convaincre. Il faudra du respect, du respect de chacun, pour que, animés par l'intérêt supérieur de l'administration, nous puissions nous rassembler sur un seul objectif, dont tu as parlé, Gérald, il y a quelques instants. Cet objectif, c'est protéger les Français. Parce que c'est le premier de leurs droits et c'est par conséquent le premier de nos devoirs. Vive la République française et vive la France.
Alors voilà pour cette prise de parole de Bruno Retailleau, tout nouveau ministre de l'Intérieur à Beauvau. L'ordre, l'ordre au cœur de ce discours. Nous sommes à Beauvau, vous me direz, c'est pas une surprise, mais rarement certainement ce mot n'a été à ce point martelé par un ministre. Honte à ceux qui distillent la haine de la vie de nos forces de l'ordre, je ne laisserai jamais faire. Pas de sentiment d'insécurité en France, dit le nouveau ministre de l'Intérieur, il y a des chiffres. Il veut... plus d'ordre dans la rue, de l'ordre aux frontières. Et il dit que ça vient des Français, que cette demande, elle vient des Français. Il en appelle une politique du peuple souverain, une politique, dit-il, de majorité nationale, citant notamment le général de Gaulle, avec trois priorités, rétablir l'ordre, rétablir l'ordre, rétablir l'ordre. Maître Pierre-Olivier Chure, merci d'être toujours avec nous. On s'attendait à beaucoup de fermeté de la part de Bruno Retailleau. Il est dans sa ligne.
est dans sa ligne, c'est une ligne politique, c'est presque un discours de meeting politique, presque de politique générale. Il n'aura pas parlé du budget de la France, mais de tout le reste. Je constate surtout, moi, le contraste entre ce qui s'est passé entre les ministres Dupond-Moretti et puis Darmanin et son successeur, où l'un... à la justice, a été dans l'émotion, mais n'a pas parlé d'amour de la justice. En revanche... Darmanin et son successeur ont tous les deux parlé de cette maison de Beauvau, qui est la maison de la France, et d'amour des Français pour la police. Et c'est quelque chose qui est très frappant, car pour moi, dans ce qu'on appelle la chaîne pénale, effectivement, aujourd'hui, on a une police qui est aimée, une police qui est efficace, en revanche, on a une justice qui est mal aimée. et qui apparaît aux yeux de beaucoup inefficace. Et c'est ça qui a attiré mon attention.
Yael Gauze.
Dans la passation d'Armanin-Retailleau, très courtoise, très feutrée, très polie, le même engagement au service de l'État, il y a quand même un petit message qu'a fait passer Gérald Darmanin quand il a dit, vous l'avez souigné Amélie, si je m'étais appelé Gérald Moussa Darmanin, je n'aurais jamais été élu maire de Tourcoing. il le dit à Bruno Retailleau. dont on sait qu'il a, là il ne l'a pas verbalisé encore, mais qu'il va s'atteler à nouveau à un reformatage de la loi immigration, un retour de la loi immigration, durcir les conditions d'accès au territoire français. Quel est le sous-entendu de Gérald Darmanin ? Il passe le flambeau, attention, il lui dit, Retailleau, vous incarnez une ligne de droite dure, droite DLR, vous avez dit par le passé qu'il y avait des Français de papier. et d'autres pas de papier, qu'il y avait la notion de grand remplacement qui pouvait s'utiliser dans le langage courant, le grand remplacement, cette théorie complotiste que Bonnet-Retailleau n'a jamais lui-même contestée dans son usage. Donc derrière, Gérald Lamanin, il dit attention, vous avez la responsabilité maintenant aussi de la cohésion nationale et d'un pays qui accepte les Français d'où qu'ils viennent. Là, on n'a eu que le Retailleau de l'ordre, de l'ordre, de l'ordre. La question très vite qui va se poser pour lui, c'est quel est le Retailleau de quelle immigration ?
Et de l'humanité, puisqu'effectivement, il dit en somme dans son discours, je vais revenir sur ce point Gérald Darmanin que vous avez évoqué, mais il ne le fait pas. Effectivement, il faut se rappeler les mots de Gérald Darmanin avant la prise de parole de Bruno Retailleau qui dit ceci. Fermeté, oui, mais tant de choses à faire pour réparer la publique, juste l'ordre n'a aucun sens. Ce à quoi Bruno Retailleau a répondu, de l'ordre, de l'ordre, de l'ordre.
Oui, alors c'est vrai que... Pour se mettre un peu en défense de Bruno Retailleau, c'est un ministère atrophié. Il n'a plus les territoires, il n'a plus l'outre-mer. Donc finalement, dans sa feuille de route... Son seul critère, c'est ce sujet de la sécurité et de l'immigration. Et c'est pour cette raison qu'il insiste de cette façon, dans cette première prise de parole.
Mais pardon, parce qu'il élargit son champ tout seul. Il parle de la démocratie française. Alors certes.
Et là, il met en avant, vous avez raison Amélie, en parlant notamment des émotions, de son amour, des peurs. Il peut y avoir un petit relan de populisme alors que Gérald Darmanin quitte la place. On écoute. Acclamé, oui. Applaudis.
Voilà, le départ de Gérald Darmanin de Beauvau. Ce départ après vraiment, effectivement, c'est cette année au gouvernement pour Gérald Darmanin.
Quatre à l'intérieur. Quatre à l'intérieur, c'est important. Véritablement la lessiveuse, on dit l'enfer de Matignon, et on dit la lessiveuse pour ce ministère de l'Intérieur qui est une plaque tournante où tous les problèmes remontent d'une façon ou d'une autre. Et voilà, c'est certain que c'est éprouvant. On a vu tout à l'heure dans la cour, aux côtés de Bruno Retailleau, Franck Robine, qui sera a priori le futur directeur de cabine. de bruno retaillot c'est un très proche aussi de françois fillon et donc le voilà le ministre qui va prendre possession maintenant pleinement de son bureau avec ses deux ministres délégués hautman nassrou et bruno et nicolas d'aragon on
va revenir sur la ligne retaillot on va l'appeler comme ça je me tourne vers alexandra guillet qui est donc spécialiste police justice pour tf1 lci est ce que vous avez des échos dans les services sur l'arrivée de ce nouveau ministre. Comment est-il perçu ? Est-ce que son discours de fermeté le porte d'ores et déjà ?
Alors, ce qui est sûr, c'est que pour les différents échanges qu'on a pu avoir avec différents syndicats de policiers, ce qui est attendu, c'est finalement une forme de continuité. Effectivement, il y avait une relation particulière qui s'était nouée au fur et à mesure de ces années avec Gérald Darmanin. Et ce qu'ils attendaient, c'est un respect des engagements qui ont pu être pris. par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et la continuité est d'être aux côtés et au soutien des policiers qui, on le sait, sont très régulièrement menacés ou pris à partie. Et ce soutien était vraiment un élément très important. Et dans ce discours de passation, Bruno Retailleau s'est adressé directement à ces forces de l'ordre, en leur disant qu'ils devaient être fiers d'eux, parce que les Français les estimaient, parce que les Français les estimaient, qu'il ne fallait pas qu'ils aient de doute. et qu'il en serait le premier serviteur. Donc ce sont des éléments effectivement qui visent à rassurer en tout cas sa volonté de... poursuivre un engagement comme celui de Gérard.
Encore une fois, ces mots ont à ceux qui distillent la haine de la vie de nos forces de l'ordre. Je ne laisserai jamais faire. Ça, ça résonne très très fort. Maître, également, il a dit pas de sentiment d'insécurité. C'est un débat qui revient comme un boomerang dans le paysage politique français qui est extrêmement inflammable. Ça y est, il a marqué son espace. Il n'y a pas de sentiment d'insécurité, je ne le laisserai pas passer. Ça,
c'est une pique directe et personnelle à Dupond-Moretti qui... au début de son ministère, avait indiqué maladroitement, je pense, l'insécurité c'est surtout un sentiment.
Et
ce n'est pas les chiffres. Et donc le ministre de l'Intérieur aujourd'hui lui répond.
Éric Dupond-Moretti a dit que le couple police-justice avait très bien fonctionné pendant les 4 dernières années. Estimez-vous que les conditions sont réunies pour que le couple police-justice fonctionne bien pour les 5 prochaines, 4 prochaines, même si c'est en termes de semaines ?
Ce que je vous disais tout à l'heure, c'est que ce qu'on appelle la chaîne police, la chaîne pénale, c'est-à-dire d'abord la police, ensuite la justice et enfin la prison, laisse penser que le maillon police fonctionne très bien. est aimé, est aimé de la France, des Françaises, et c'est revenu plusieurs fois ce mot amour, et c'est aujourd'hui l'élément, le maillon justice et surtout pénitentiaire qui ne fonctionne pas. Donc je pense que la balle, elle est surtout en réalité d'un point de vue technique, et bien côté ministère de la justice que ça va se jouer.
On prend la direction de Beauvau, puisque notre reporter Léonard Attal, notre équipe, est en direct avec le secrétaire général Alliance Police Générale. C'est à vous Léonard.
Oui, oui. Bonjour, monsieur Fabien Vandémeric. Vous êtes secrétaire général d'Alliance Police Nationale. Vous avez écouté avec beaucoup d'attention les deux discours. Qu'avez-vous pensé de celui de Bruno Rotaillot, le nouveau ministre de l'Intérieur ? Il s'est adressé aux policiers. Il a dit pour vous, je ne lâcherai rien, je ne
cèderai rien. Écoutez, on n'est pas surpris par son discours. C'est un discours de fermeté. C'est ce qu'on attendait en tout cas en tant que représentant du personnel. On demande maintes et maintes fois un choc d'autorité. On va voir maintenant, comme on dit si bien, à l'audace des mots, la justesse des actes. On verra encore. Faut-il que ce soit suivi des faits ? C'est pas le tout de le dire. Le discours a été, entre guillemets, précurseur. Après, on verra si la justice suit, si le choc d'autorité est vraiment présent. Et c'est pas le tout de le dire, faut le faire. Et là, ça sera peut-être beaucoup plus compliqué.
On a eu le sentiment d'un discours très politique, sans note, presque un discours de meeting politique. Est-ce que ça vous intéresse, en tant que policier, d'entendre des promesses politiques lors d'un discours comme celui-ci ? Est-ce que c'était ce que vous attendiez ? Les promesses politiques
nous intéressent que si elles sont suivies des faits. Alors, on verra. dans les jours et les mois qui viennent. Nous, ce qui nous inquiète peut-être, c'est cette fameuse complémentarité poli-justice qu'on demande depuis des lustres, où on voit qu'il y a un ministre de l'Intérieur diamétralement opposé à son garde des Sceaux. Donc on verra bien, mais le choc d'autorité, il ne peut pas être juste du côté du ministère de l'Intérieur, ça doit être du plus haut sommet de l'État. Et dans ces cas-là, le garde des Sceaux doit avoir une part pleine et entière dans le dispositif.
Vous évoquez Didier Migaud qui, lui, vient de la gauche et qui est le nouveau garde des Sceaux. Trois priorités, a dit Bruno Retailleau. Rétablir l'ordre, rétablir l'ordre, rétablir l'ordre. Est-ce qu'il y a une mesure qui permettrait de rétablir l'ordre, selon vous, qui doit être la priorité du nouveau ministre de l'Intérieur ?
La priorité, c'est le choc d'autorité, c'est l'instauration des peines minimales. Il le voulait, M. Rotaillot, ces fameuses applications de peines minimales. Mais il faudra voir avec M. Migaud, qui a voté contre à l'époque de l'ère Sarkozy. Donc c'est là où tout est le problème. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est du tout en même temps. On verra, M. Rotaillot, évidemment. Il faut remontrer les fondamentaux. plus personne n'a une notion de rien. On est proche généralement du chaos et de l'insurrection, comme on voit à chaque fois à travers vos images. Donc évidemment, rétablir l'ordre, c'est un fait. Maintenant, il faut que ça soit suivi des faits. Et ce n'est pas le tout de dire un discours politique que je cautionne à 300% aujourd'hui. Maintenant, nous verrons sur le terrain, parce que la réalité du terrain est souvent tout autre.
Un mot peut-être pour Gérald Darmanin, qui a quitté après 4 ans la place Beauvau et qui s'est en allé sous les applaudissements. Est-ce que vous avez un mot d'au revoir, si je peux dire, pour l'ancien ministre de l'Intérieur ?
Au revoir, comme on dit si bien, il est susceptible de revenir à jour. En tout cas, c'est tout ce que je lui souhaite. Il a un mandat pour nous, pour les policiers, très très bon, avec une loi d'orientation et de programmation comme on n'a jamais eu. Maintenant, il y a des engagements de l'État, il faut que ça perdure. Mais à travers M. Darmanin, il y avait aussi ce côté humain, on l'a vu à travers son discours aujourd'hui. Il aimait les policiers, il les a toujours aimés, il les a toujours soutenus, il les a toujours défendus. Et aujourd'hui, il est ému et les policiers savaient qu'ils avaient un très bon ministre de l'intérieur.
Et sur ce point, il y a une forme de continuité. entre Gérald Darmanin et Bruno Le Maire dans le discours. En tout cas, merci beaucoup d'avoir été avec nous sur LCI en direct. Merci
à vous Léonard Attal, merci à Thibault Bruck qui était également avec vous. C'est vrai que c'est un point très important, en en parlant en tout début d'émission, mais on va le refaire maintenant. C'est qu'on a au ministère de l'Intérieur Bruno Rotaillot qui est présenté, et d'ailleurs lui-même affiché, assume plus que jamais l'ordre et la fermeté, présenté comme le représentant d'une droite très conservatrice, voire dure pour certains. à la justice, c'est Didier Nigo, l'homme de gauche du gouvernement, numéro 2 de ce gouvernement. Est-ce que vous y voyez un problème d'ores et déjà de ligne quand le syndicaliste qui était là, secrétaire général, dit par exemple, l'instauration des peines minimales. On le veut, on veut le choc d'autorité. Il a voté contre à son époque.
Alors, d'abord, je pense qu'il n'y a pas de problème en ce que la première difficulté pour le ministre de la Justice va être d'assurer la continuité d'un budget en progression. On est passé de 7 milliards à 10 milliards sous Dupond-Moretti. Il faut saluer ce qu'il a fait, Dupond-Moretti, même s'il l'a fait en exécution de ce qu'avaient prévu les États généraux de la Justice, présidés par le Conseil d'État, sauvés. En tout cas, là, il va falloir qu'il défende son budget. Dans la première lettre de recadrage qui a été adressée à la chancellerie, il y aurait pour l'année qui vient un trou de 400 à 500 millions à ne pas dépenser de la loi d'orientation. Il faut que le nouveau garde des Sceaux défende le budget de la justice qui est en progression. C'est juste, c'est nécessaire et c'est absolument essentiel d'une part pour rémunérer. et permettre l'engagement de nouveaux fonctionnaires, magistrats et autres, et d'autre part, pour s'atteler à nouveau au problème endémique de la prison. Alors ça, c'est le premier sujet, et de ce point de vue-là, nous sommes confiants. Le deuxième sujet, là où vous m'amenez, c'est cet antagonisme politique, etc. Moi, ce que je vous disais tout à l'heure, c'est que le ministère qui s'achève a fait triompher finalement Gérald Darmanin. qui était un ministre respecté, qui était un ministre qui a bien fonctionné, vous le voyez, les syndicats de policiers et autres sont derrière lui, alors que côté justice, ça a moins bien fonctionné. Et ça risque de fonctionner encore moins bien si nous disons que l'actuel ministre était contre les peines planchées, etc. Le sujet du ministre de la Justice, il est très compliqué, parce qu'il doit assurer la continuité de ce qu'on appelle la chaîne pénale, et pour autant, il doit infléchir, si vous voulez, les décisions de la police. pour les rendre justes et les rendre des décisions judiciaires et pas seulement policières. C'est pour ça que c'est très compliqué pour le ministre de la Justice. Je pense que pour l'instant, on n'a pas bien fonctionné. On espère que ça va mieux fonctionner et pourquoi pas avec le nouveau ministre.
Alors nous sommes en direct avec le représentant du syndicat de commissaire de police. Bonjour et merci beaucoup d'être avec nous sur LCI. Vous avez suivi cette passation de pouvoir. Qu'avez-vous pensé de ces premiers mots de Bruno Retailleau dont la fermeté était connue ? Que jamais revendiquer, une fois arrivé maintenant à Beauvau, l'ordre, l'ordre, l'ordre, rétablir l'ordre, les trois priorités.
Écoutez, nous sommes évidemment très satisfaits. L'autorité en soi, évidemment, c'est pas simplement... C'est le moyen pour pouvoir vivre mieux, vivre de façon beaucoup plus libre. Et jusqu'à présent, on peut constater que la délinquance est tellement présente, que ce soit la criminalité organisée, la petite et moyenne délinquance, que rétablir l'ordre, c'est une nécessité. De la même façon, ce qu'a dit le ministre, c'est-à-dire défendre tous ceux qui sont dépositaires de l'autorité publique, les policiers et les gendarmes, qui sont eux-mêmes attaqués alors que ce sont les... les derniers remparts de la société. C'est absolument indispensable. Je pense qu'on ne peut plus laisser les violences contre les dépositaires de l'autorité continuer. C'est un signe très problématique de cette dégradation sécuritaire, mais ce n'est pas que les policiers ou les gendarmes, c'est aussi les pompiers, c'est aussi les enseignants, tous ceux qui sont investis dans une mission de service public. Là-dessus, ce message d'autorité est indispensable. On a besoin d'autorité dans les classes pour enseigner, on a besoin d'autorité dans les quartiers. pour être libre donc évidemment on est très favorable à ce discours maintenant il va falloir voir Quelles mesures concrètes vont être mises en place pour incarner et assurer cette autorité ?
Merci beaucoup Frédéric Lozé. Je vous interromps un peu rapidement parce que l'image n'est pas excellente, je ne vous le cache pas. Mais je vous remercie beaucoup d'avoir été avec nous. Je voudrais pour voter les spectateurs, je remercie également Maître Pierre-Olivier. Merci beaucoup d'avoir été avec nous pour revenir sur ce moment très important, sur le fond, sur la forme très politique. Merci d'avoir été avec nous pour votre regard. Regardez ce qui se passe sur LCI, ce sont vraiment les passations de pouvoir que vous vivez en direct avec nous. Depuis ce matin, nous étions au ministère de la Justice, nous étions Place Beauvau, nous allons partir au ministère de l'Éducation. Passation de pouvoir également, qui va commencer dans un tout petit instant. Moment important là aussi, Annemar Florent.
Oui, effectivement, alors ces passations donnent les premières intentions, ce qu'on disait de ce que pourrait être ce gouvernement Barnier. Michel Barnier qui a ses ministres, lors de ce petit déjeuner de rentrée, Il y a quelques messages qui nous reviennent. Le gouvernement sera républicain, progressiste et européen. Et puis Michel Barnier, qui a l'expérience des vieux sages, veut que ses membres, ses ministres, ministres délégués soient irréprochables. Donc c'est pour la communication, pas des sbroufs, on l'a déjà dit. Et puis quant à cet attelage que certains vont juger trop baroque. On a parlé de Didier Migaud, l'ancien socialiste Bruno Reteil. qui incarne une droite ferme sur les sujets régaliens, Michel Barnier a livré qu'il avait, lui, siégé dans un gouvernement avec Charles Pasquaud d'un côté, Simone Veil de l'autre. C'est pour vous dire que finalement, ce grand écart n'est pas si nouveau dans la vie politique et que ça va bien se passer, en tous les cas, c'est l'intention de Michel Barnier.
Sur ces images que vous voyez, on attend la prise de parole du côté de l'éducation nationale, c'est la passation de pouvoir entre Nicole Bell ou BNJNT qu'on attend dans un instant. la main du côté du ministère de l'agriculture, en temps de crise parce que rien n'est réglé, donc pas simple. Et puis vous avez Jean-Noël Barraud. Très important ce qui se passe du côté du ministère des Affaires étrangères. Jean-Noël Barraud qui est en train de s'exprimer et qui prend ce poste. Alors il vient du modem. On est en temps de guerre aux portes de l'Europe, c'est Paris 1. Il va jouer un rôle clé ? Ça
va être très important. D'ailleurs Jean-Noël Barraud va s'envoler immédiatement après pour New York, l'Assemblée Générale des Nations Unies, puisqu'il va lui-même se frotter à cet exercice. Il a la connaissance des dossiers européens puisqu'il était aux affaires européennes. avant d'avoir le quai d'Orsay. Est-ce qu'on écoute la passation ? Jean-Noël Barraud, Modem, sachant que le Modem a hésité pendant 24 heures, vous vous souvenez de cette journée épique de vendredi où il y a eu ce doute sur est-ce que le Modem rentre dans cette coalition gouvernementale ? Et finalement oui. Donc Jean-Noël Barraud y est rentré. C'est le plus gros poste que le modem obtient sur les trois ministères que le parti de François Bayrou a obtenu.
Très stratégique dans la période en plus qu'on connaît. On va réécouter quelques mots de Jean-Noël Barraud lors de ce discours de passation.
moment de prendre mes fonctions, je suis saisi par un sentiment d'humilité. doublée d'une admiration pour la diplomatie française, tout ce qu'elle a apporté à la France, à l'Europe et au monde. C'est grâce à la diplomatie française que partout dans le monde, aujourd'hui, la France est entendue. La voix de la France, la voix de la justice, la voix de l'humanisme, la voix de l'équilibre, la voix de l'espérance. Partout dans le monde, les opprimés attendent la voix de la France et les oppresseurs la redoutent.
Bonjour Guillaume Audin. Merci beaucoup. Oui, oui, bonjour. Merci de nous avoir rejoints. Vous êtes spécialiste des questions internationales. Elle est importante cette passation, ce poste de Jean-Noël Barraud à ce poste-là. Est-ce qu'il aura l'espace d'ailleurs ? Parce qu'Emmanuel Macron, est-ce qu'il va en faire un domaine réservé, comme on dit, de ses affaires étrangères ?
C'est une excellente question. D'abord, on peut se pencher sur le rang protocolaire. Il est sixième dans le rang protocolaire sur 39 ministres qui indique tout de même qu'il jouera un rôle pivot au sein de ce gouvernement. Il est quand même relativement haut. Il a 41 ans, Jean-Noël Barraud. Il a terminé son allocution en disant « bon, je vais… » J'ai un avion à prendre et ça ferait mauvais effet d'être en retard à la tribune de l'Assemblée générale des Nations Unies. Alors,
pardonnez-moi, nous retournons au ministère de l'Intérieur pour écouter M. Nunez.
Je suis haut fonctionnaire, je n'ai pas ce genre de commentaire à faire. La seule chose que je peux vous dire, c'est qu'on est tout à fait déterminé à rétablir l'ordre et à protéger les Français. C'est la mission qui est la mienne maintenant depuis de nombreuses années. Je vais continuer à le faire sous l'autorité du nouveau ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau. Un mot
de revoir pour
Gérald Darmanin. J'ai beaucoup d'amitié et de respect, comme vous le savez, pour le ministre. J'étais aussi très fier de servir sous son autorité pendant deux ans comme préfet de police. Merci beaucoup.
Toujours préfet de police de Paris. En effet, c'est important de s'interroger sur la capacité de travail entre les deux hommes.
Oui, parce qu'effectivement, le ministre de l'Intérieur peut vouloir changer quelques têtes. Et celle du préfet de police de Paris, c'est un poste éminemment important, stratégique, très politique, je dirais. Laurent Nunez a très bien travaillé avec Gérald Darmanin. C'est un homme venu des rangs de la gauche, qui a travaillé aux côtés de François Hollande. On a vu d'ailleurs toute la prudence dans la réponse interrogée par Léonard Attal, toute la prudence dans la réponse de Laurent Nunez sur son avenir. Il est à la disposition du ministre et le ministre choisira ou pas de poursuivre la tâche avec lui. Il a un bilan a priori plutôt pour lui, Laurent Nunez. On sort d'une séquence des Jeux Olympiques. qui se sont bien passés sur un plan sécuritaire, sur un plan sportif aussi, mais sur un plan sécuritaire pour ce qui nous concerne aujourd'hui. Donc il peut repartir peut-être sans doute le pas léger.
En tout cas, c'est évident, en se gardant bien de faire de la politique aujourd'hui, ça c'est sûr, ce n'est pas le moment. On retourne sur nos affaires étrangères, Guimauda. Ce poste clé important, sixième dans le rang protocolaire, et ma question c'était de savoir dans quelle mesure il aura de l'espace, ou pas Jean-Noël Barrault, parce qu'Emmanuel Macron, il a décidé qu'il présidait, et qu'il avait maintenant un Premier ministre qui gouvernait, mais présidé, il a envie de garder un certain champ. Emmanuel
Macron a l'intention de continuer à exister sur la scène internationale, donc il va avoir le premier rôle là, puisque la semaine haut niveau à l'Assemblée générale... nations unies s'ouvre dès demain qu'il est attendu qui prononcera un discours c'est attendu et notamment sur une forme de ce que pourrait être l'ordre international dont a parlé jean noël barreau ordre international fondé sur le droit et qui est contesté par un ordre international fondé sur la force, celui de Poutine, par exemple, sans le nommer. Alors, ça a été intéressant parce que sa prise de parole, il a commencé d'abord par remercier le président de la République de l'avoir nommé et de la confiance que lui a accordé le ministre Barnier. Il y a cette question de domaine réservé, mais qui n'a rien de constitutionnel en réalité, et de domaine partagé dont a parlé M. Barnier, le Premier ministre, et auquel il a encore fait référence hier aux 20h de France 2, en disant qu'il avait l'intention d'apporter sa contribution. sans polémique, rappelant qu'il s'était largement penché sur la question de défense du point de vue européen et qu'il avait été lui-même ministre des Affaires étrangères. Et d'ailleurs, Jean-Noël Barraud a été assez amusant puisqu'il a dit à Stéphane Séjournet à qui il a rendu un hommage très appuyé. Vous savez, dans le passé, il y a 20 ans, il y a un homme qui était ministre des Affaires étrangères et puis qui est devenu commissaire européen, c'est un certain Michel Barnier. Donc ça a suscité quelques sourires dans la salle. Plus prosaïquement, il va être tiraillé, en gros, entre le président de la République et le Premier ministre. Il a identifié quatre pôles, la paix, le climat, la démocratie et la politique. Nous
écoutons, Nicole Belloubet, on repasse du côté du ministère de l'Education nationale pour la passation de pouvoir de ce côté national.
Madame la ministre, chère Anne Jenté, monsieur le ministre délégué, cher Alexandre Portier, chers collègues qui êtes ici réunis et chers amis pour certains d'entre vous. Alors que certains ministres ont exercé leur fonction durant sept années et ont organisé de grandes réunions, pour le dire, je n'ai pour ma part eu l'honneur d'être à la tête de ce ministère de l'Éducation nationale que durant sept mois. C'est suffisant pour commencer à apaiser un monde éducatif pris dans un incessant tourbillon de réformes. Sept mois, c'est essentiel pour réaffirmer sans cesse la confiance dans les équipes éducatives. Sept mois, c'est un socle pour asseoir une envie d'agir ensemble. Et je voudrais ici remercier l'ensemble de mon cabinet, dire ce que furent leur travail, leur fidélité, leur inlassable énergie. Ce ne serait pas assez. Alors simplement, à eux tous, merci du fond du cœur. dont quatre à peine furent véritablement effectifs, ce n'est pas assez pour faire évoluer notre système éducatif qui en a vraiment besoin, mais qui, plus que des oucazes ou des slogans, mérite impulsion et inflexion concertée. Voilà pourquoi je vous souhaite, chère Anne Jeuneté, cher Alexandre Portier, une durée sept fois plus longue, car l'éducation nationale, les élèves, leurs parents, nos enseignants, méritent, on le sait, de la stabilité et du temps long. Vous avez de l'énergie, je le sens, de la détermination. Et cela est essentiel tant notre école constitue un enjeu cardinal pour la République et un défi majeur pour forger la cohésion sociale. Or, il faut être lucide. Certains de nos concitoyens n'ont plus assez confiance dans la capacité de l'école de la République à hisser leurs enfants au plus haut de leurs possibilités. Des débats se font jour sur les tendances de certaines familles à déserter l'école publique pour choisir des écoles dont l'entre-soi apparaîtrait plus protecteur. Des interrogations naissent quant aux principes directeurs qui doivent guider l'école entre institutionnalisation et révolution libérale. Il nous appartient donc, collectivement, de démontrer que notre école a la capacité de répondre aux attentes du plus grand nombre, de corriger, plus encore qu'elle ne le fait aujourd'hui, les inégalités d 'être la forge de la République. Bref, de ne laisser personne au bord du chemin. Il est vrai que l'école a profondément changé en 50 ans. On l'oublie trop. Nous sommes passés de 20% d'une génération conduite au niveau du baccalauréat dans les années 1970 à 80% aujourd'hui. L'école accueille désormais tous les jeunes et c'est heureux et c'est indispensable pour construire la cohésion républicaine. Pour ce faire, notre école a su s'adapter, mais avec plus ou moins de réussite. Elle doit donc poursuivre ce travail, s'organiser différemment, modifier ses conditions d'accueil pour accompagner la diversité de ses élèves par des enseignements adaptés et différencier en fonction des besoins de chacun. Et tout cela dans un environnement sûr, serein, protégé des polémiques qui polluent la vie publique et médiatique. Une école en somme où l'on respecte les maîtres et où les élèves se respectent mutuellement. Une école où l'on refuse toute forme de harcèlement et toute atteinte aux valeurs républicaines. A ces conditions-là, nous saurons redonner confiance. Pour cela, il convient nécessairement de disposer de quelques moyens. J'ai parlé de sanctuarisation du budget. C'est une exigence que je maintiens, malgré la baisse incontestable du nombre d'élèves. Cette sanctuarisation, elle est nécessaire pour permettre une évolution progressive de notre système, pour procéder au rééquilibrage nécessaire et pour effectuer d'éventuels redéploiements. L'école est toujours un investissement pour l'avenir et lui appliquer uniformément des règles de droit budgétaire, ce n'est pas, je le crois, rendre service à la République. Vous aurez selon moi, Madame la Ministre, Monsieur le Ministre délégué, à traiter en priorité trois grandes thématiques auxquelles il faudrait évidemment ajouter mille et un autres sujets. Tout d'abord l'attractivité de la profession d'enseignant. Bien que cet enjeu ne soit pas propre à notre pays, mais commun à la plupart des États européens, il est essentiel et urgent de s'en emparer. Cela suppose de s'interroger sur le recrutement des professeurs. Nous avons élaboré un projet de réforme prévoyant le recrutement de nos jeunes enseignants à Bac plus 3, suivi d'un master professionnalisant et rémunéré. Le décret est rédigé, il ne demande qu'à être repris, et vous aurez évidemment ce choix à faire. Devra s'y ajouter une nécessaire réflexion sur les modalités d'entrée dans la carrière enseignante, y compris à différentes étapes d'une vie professionnelle. s'y adjoindra enfin la question récurrente de la formation continue des enseignants. Il est impensable de ne pas donner un caractère obligatoire à cette formation continue dans des conditions adaptées pour que tout... nos professeurs soient en mesure de prendre en compte les évolutions des connaissances et les nouvelles pratiques nécessaires à l'exercice de leur métier. La deuxième priorité consiste selon moi à répondre à la diversité des besoins de nos élèves. C'est une condition de leur réussite. Ma conviction est que la République doit donner à chaque enfant de 15 ans un socle commun de connaissances et de compétences sans aucun tri social. Je sais que cette conviction n'est pas partagée par tous, mais c'est pour moi une exigence éthique et républicaine. Elle n'exclut en aucun cas. des réponses adaptées pour chacun de nos élèves. Les prédécesseurs, nos prédécesseurs, ont conduit des efforts soutenus pour améliorer la scolarité au niveau du primaire, de l'enseignement primaire, et je pense au dédoublement des classes et à la refonte des programmes qui doivent encore être publiés. Efforts soutenus également au niveau du lycée général et enfin au lycée professionnel, dont la réforme indispensable, suivie par un comité ad hoc, sera au cœur de vos fonctions, cher Alexandre Portier. Désormais, c'est le collège qu'il faut absolument soutenir, à la fois en termes d'exigence pour tous nos élèves et de pratiques différenciées de nos enseignements. L'école inclusive devra faire aussi l'objet d'un investissement prolongé et de politiques interministérielles soutenues. Cette belle et grande politique de l'école pour tous, voulue par le président de la République, mérite en effet tous nos efforts et toute notre attention. La troisième priorité consisterait, selon moi, ... ... ... ... Et avec Gilles Averrous, ministre de la Jeunesse et de la Vie Associative, vous ne pourrez qu'être attentif à cette question du temps de l'enfant. On ne peut pas continuer à penser le temps scolaire comme on le faisait au milieu du XXe siècle. La société a changé, les enfants ont changé, et c'est évidemment l'enfant dans sa globalité qu'il faut aujourd'hui considérer pour faciliter la vie des familles, pour assurer la cohérence entre temps scolaire et hors temps scolaire, et pour prendre en compte la complémentarité des apprentissages.
Voilà pour cette prise de parole qui se poursuit de Nicole Belloubet. Passation de pouvoir, elle se multiplie ce matin. Là on est du côté de l'éducation nationale, c'est Anne Jeunet qui va ensuite prendre la place à ce pupitre pour son premier discours en tant que ministre de l'éducation. Sachez que dans un tout petit instant, nous serons rejoints sur ce plateau par Jean-Michel Blanquer qui aura passé 5 années dans ce ministère ô combien compliqué et auquel le président a décidé d'accorder pas mal d'attention. On va y revenir dans un tout petit instant. prennent l'image globale de ce qui est en train de se passer, la mise en place de la gouvernement. Tiens d'ailleurs, ça fait longtemps que je ne vous ai pas posé la question. Ils sont là pour rester deux, trois semaines ou ils peuvent espérer rester un peu plus longtemps
? Puisque Michel Barnier dit qu'il faut dire la vérité aux Français, il faut aussi dire la vérité politique. D'ailleurs, ils ne s'en cachent pas sur le côté « combien de temps je peux rester », ça va dépendre du Parlement, ça va dépendre de l'Assemblée. Mais on ne peut pas oublier l'anomalie « démocratique » de départ qui est celle d'un affrontement très dur. aux législatives 30 juin et 7 juillet entre les troupes d'Emmanuel Macron, Renaissance, Modem, Horizon, et les Républicains de Laurent Wauquiez. Donc il y a quand même une gymnastique intellectuelle compliquée à faire en cette rentrée, en cette fin septembre, de se dire, quelqu'un qui serait parti marcher trois mois à la montagne entre juin et maintenant, il ne comprend rien à la situation politique du pays. Mais rien ! Pourquoi ? Les Républicains peuvent gouverner avec Bruno Retailleau à l'intérieur, en toute confiance avec Emmanuel Macron. Comment
ils sont arrivés là ? Mais est-ce qu'ils peuvent rester maintenant, entre pression intérieure et pression des oppositions ?
On sait comment ça peut tenir ou pas. Ça va dépendre de l'attitude des députés, des 126 députés et des 15 ou 16 d'Éric Ciotti, 142 en tout avec Éric Ciotti, de l'extrême droite, du RN et du parti UDR d'Éric Ciotti. Ils appuient sur la gâchette à quel moment ils sont prêts ou pas à faire tomber, à censurer le gouvernement Barnier. Mais c'est une très lourde responsabilité dans le camp de Marine Le Pen désormais de savoir à quel moment elle considère que le fruit est mûr pour tomber. Voilà, mais on est vraiment à la merci, Michel Barnier est à la merci du RN.
Alors c'est toujours intéressant de vivre les choses de l'intérieur dans ces moments-là, c'est ce qu'on a réussi à faire grâce aux équipes du service politique de TF1-LCI, d'être embarqué avec Benjamin Haddad qui est maintenant en charge des questions européennes. Regardez.
Premier ministre l'a dit, pas de petites phrases, pas de communication à l'emporte-pièce, pas d'esbrouf, c'est le terme qu'il a utilisé. Plus d'action et moins de communication, encore une fois. Je crois que c'est ce qu'il a dit dès le début, sa première interview. Et c'est ce qui a fait aussi la marque de fabrique de tout son parcours politique, qui est aussi un parcours d'ailleurs très européen. Donc pour moi, c'est vraiment aussi une chance et une opportunité de pouvoir travailler à ses côtés. Je suis ministre rattaché, bien sûr, au ministre des Affaires de Saint-Jean, mais aussi auprès du Premier ministre. Et vous savez, il a été commissaire européen, il a été négociateur du Brexit, il a été conseiller défense du président de la Commission européenne. Donc je crois qu'il aura un regard tout particulier sur ces questions européennes. Pour moi aussi, ce sera une chance de pouvoir évoluer et apprendre à ses côtés sur ces sujets.
Elles sont intéressantes, elles sont passionnantes ces séquences embarquées comme ça. Ce n'est pas forcément facile à obtenir d'ailleurs, donc c'est du boulot. On remercie d'ailleurs Nicolas Laurent et Caroline Blancard qui ont pu être aux côtés du nouveau ministre en charge des questions européennes. C'est important, c'est vrai que ça fait un moment qu'on ne l'a pas évoqué, mais il a passé des messages Michel Barnier. Je n'étais pas dans la tendresse ce matin, il a mis sa patte. Plus d'action, pas de communication et pas d'esbrouffe.
Voilà, en demandant des ministres à l'heure. Je ne sais pas si c'est un message envoyé à l'Elysée. On connaît le traditionnel, le légendaire retard du chef de l'État sur ses rendez-vous, quels qu'ils soient. Et puis il a mis sa patte en donnant rendez-vous. à Matignon, d'abord et avant tout, avec cette image, cette table qui ressemble à la table d'un conseil des ministres au complet, alors qu'on sait que c'est vrai que les conseils des ministres jusqu'ici se font. uniquement avec les ministres de plein exercice et plus avec les secrétaires d'État, comme on le disait. On verra si cette règle se poursuit. Donc c'est intéressant de la part de Michel Barnier de vouloir donner ce tempo, de distiller ses messages, parce qu'il le sait, à partir de 15h, c'est d'abord et avant tout le président qui s'exprimera. On sera vigilant d'ailleurs sur les premiers mots d'Emmanuel Macron avec son équipe. Très
vigilant. Alors on va quand même rappeler qu'hier, Michel Barnier, il a dit qu'il n'y avait pas de cohabitation. Et puis que maintenant, il n'y aurait pas de polémique. Et puis il y avait un président qui présidait et lui qui gouvernait. Alors je vois déjà, il y a Elgos qui lève les mains et qui souffle. Mais pourquoi ? Ça n'existe pas.
Parce qu'il souffle chaud et le froid un jour sur deux. Il disait la semaine dernière, il y a dix jours devant les troupes, les républicains qui étaient réunis au bord du lac d'Annecy, qu'il n'y avait pas de domaine réservé, il n'y avait que de domaine partagé. Pardon, mais ça, si ce n'est pas déjà un esprit de cohabitant, je ne sais pas ce que c'est. C'est quelqu'un qui veut challenger tous les domaines, y compris les domaines qu'on pensait, les domaines présidentiels. Au nom de l'article 20 de la Constitution, le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Et là, hier soir, apaisement, il n'y aura jamais d'anicroche entre nous, jamais de polémique stérile entre moi et le chef de l'État. Nous ne sommes pas en cohabitation. De facto, sur le socle parlementaire sur lequel il s'appuie, les 213 députés du Bloc central et des LR, effectivement... Ce n'est pas une cohabitation puisque les deux grandes formations politiques qui composent ce socle travaillent ensemble. Mais Michel Barnier, il a aussi sa conception de ce qu'il faut faire pour le pays, sa conception de la fiscalité. Vous avez vu quand même ce qu'il fait par rapport aux impôts ? C'est presque un coup d'État par rapport à Bercy, au dogme de Bruno Le Maire, au dogme d'Emmanuel Macron. On est quand même déjà dans un sacré frottement quand Michel Barnier réinstaure l'idée que les impôts vont augmenter, pour certains. Mais c'est déjà un changement de dogme.
Transcription automatique — vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.