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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
J'espère que vous avez passé un été reposant pour ceux qui ont pu prendre des vacances. On est très heureux de se retrouver à Blois en cette rentrée. Et on a voulu consacrer cette session plénière à l'écologie populaire face au climato-scepticisme, au climato-relativisme qui monte dans la société et qui est notamment impulsé par l'extrême droite, l'ERN surfe sur ça et ça nous préoccupe. C'est vrai que pendant ces élections législatives, tu l'as dit beaucoup, Marine, on n'a pas assez parlé d'écologie, voire pas du tout. dans certains débats. Mais nous, nous n'arrêterons jamais de parler d'écologie parce qu'il en va de la survie de l'humanité, de notre capacité à continuer de créer des richesses, à survivre, à respirer un air de bonne qualité, à profiter d'une nature préservée, à manger sainement. Donc nous n'arrêterons jamais de parler d'écologie. Et faire l'écologie, c'est nous mettre en sécurité. Et je cite simplement un chiffre. En termes de réchauffement climatique, on est déjà, en moyenne mondiale, à plus 1,6 degré de réchauffement par rapport à la période pré-industrielle, là où les accords de Paris nous demandaient de limiter ce réchauffement à 1,5 degré. Donc vous voyez qu'on est loin de faire assez. Il faut agir plus vite, plus fort. On ne le fait pas. Alors même qu'on sait qu'on doit le faire depuis très longtemps, depuis au moins les années 70, au niveau de la raison, de la façon dont on a d'analysé les risques, on est au point. Depuis, on a fait des livres, on a fait des manifestations, on a fait des actions de désobéissance civile, mais ça ne va pas assez vite. Et je pense qu'une partie de ça, ce qui explique qu'on n'aille pas assez vite, c'est que dans notre raison, on est convaincu qu'il faut faire l'écologie. C'est très haut dans les préoccupations des Français, mais le cœur n'y est pas toujours. Et c'est pour ça que nous voulons construire une écologie populaire. Une écologie populaire, ça n'est pas simplement une écologie que nous devons construire avec les classes populaires et non pas contre elles. C'est aussi une écologie populaire au sens qui plaît. qui est populaire, qui fait envie. Et aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui fâche, mais ça n'aura échappé à personne ici qu'une partie des classes populaires est fâchée avec l'écologie. Parce que le réchauffement climatique, ça fait peur et qu'on répète à longueur de journée aux gens que les feux, les canicules, les inondations, les sécheresses ne vont faire qu'augmenter, que les gens sont confrontés aussi à des phénomènes de retrait gonflement des argiles qui ne sont pas bien couverts par les assurances et qui les obligent soit à quitter leur maison, soit à faire d'immenses travaux qu'ils n'ont pas parfois le pouvoir de payer. Et le réchauffement climatique... Ça fait peur et le cerveau humain est ainsi fait que quand quelque chose fait peur, notre cerveau essaie de trouver un échappatoire pour peut-être penser que finalement ça n'est pas si grave et qu'on n'aura pas à tout changer dans notre vie. Parce qu'en plus, nous, les écologistes, les éco-socialistes, on explique qu'il faudra conduire des changements en profondeur. Il faudra changer notre façon de consommer, de produire. donc les gens, quand ils sont confrontés à ça, ils ont d'abord un mouvement de recul. Parce que ça remet en cause leurs valeurs, leurs modes de vie, leurs façons d'être, leurs cultures. Et le RN surfe là-dessus. L'extrême droite arrive pour dire à ces gens ce que, quelque part, ils ont envie d'entendre. Ils arrivent pour dire que finalement, peut-être, le réchauffement climatique, ça n'est pas si grave. C'était un député du RN qui avait dit sur France Inter, le GIEC, ils ont tendance à exagérer. C'est-à-dire un gars qui n'y connaît à peu près rien. et qui, son petit doigt lui dit, tiens, le GIEC, c'est-à-dire les plus grands scientifiques internationaux, ils ont tendance à exagérer. C'est Donald Trump, une autre figure de l'international réactionnaire d'extrême droite, qui expliquait dans sa campagne présidentielle en 2016, il visitait la Californie. À cette époque-là, en Californie, il y avait des feux, des méga-feux partout. Il s'est posé sur le tarmac et il a expliqué que ça finirait par se refroidir. Donc si vous voulez, ils instillent dans la tête des gens que finalement, ça n'est peut-être pas si grave. Ils vont même jusqu'à remettre en cause la nature humaine du réchauffement climatique. Et une partie de notre cerveau, nous sommes des êtres humains, a envie d'entendre cela et est rassuré d'entendre cela. Donc nous n'avons pas d'autre choix. que de construire une écologie qui plaît, qui donne envie. Et nous avons la possibilité de le faire. Je crois même que nous sommes les seuls à pouvoir le faire parce que nous avons compris qu'il fallait non seulement rendre cette écologie désirable, mais que c'était aussi là l'occasion de remédier aux inégalités, de faire payer plus justement les pollueurs et de redonner de la liberté aux gens, de la liberté de bien vivre, de bien respirer, de bien manger, de se déplacer sans que ça coûte un bras. Et donc on a beaucoup d'invités, de marques pour en discuter cet après-midi. Je vais leur faire faire à chacun un premier tour de table et ensuite je vous passerai la parole pour quelques interventions courtes, paritaires et ensuite on reviendra à la table pour qu'ils puissent réagir parce que le but de cette plénière c'est de créer du débat et d'aborder tous les sujets qui fâchent donc préparer vos questions. Et je ne peux pas... Ah non, certainement pas. Je ne peux pas démarrer cette table ronde sans d'abord donner la parole à une de nos invitées de marque, qui est Marine Tondelier, que je ne présente plus, que vous pouvez applaudir. Secrétaire nationale d'Europe Ecologie Les Verts, avec sa veste verte néanmoins célèbre. Voilà, on adore. Vous pouvez suivre le compte de la veste verte de Marine Tondelier sur les réseaux sociaux, je vous y invite. Et Marine, toi... Avec le courage politique qui est le tien, je trouve que dans ta fonction, tu mets de la sincérité et tu veux surmonter ce défi précisément d'arrêter la confrontation factice qui est montée en épingle par l'extrême droite et par les médias entre les écologistes et les classes populaires. Et je me rappelle d'une confrontation que tu avais eue en Haute-Garonne avec des agriculteurs. qui était proche de l'extrême droite, on peut le dire, et qui t'avait accueilli de façon extrêmement violente. Et toi, tu avais voulu rentrer en dialogue. Et pendant toute la séquence de la crise agricole, vous vous rappelez, au début de cette année, tu avais aussi été courageusement voir les gens avec cette volonté de dépasser la confrontation et de montrer que l'écologie, ça n'était pas contre eux, mais pour eux, que nous la faisons et que tu la fais. Alors, est-ce que tu peux nous raconter, nous faire un retour d'expérience et nous dire comment, selon toi, on peut arriver à dépasser cette confrontation et à enfin faire comprendre aux gens que l'écologie, on l'a fait pour eux et qu'ils doivent arrêter de croire les salades du Rassemblement national qui, en fait, saccage leur avenir.
bien, merci pour votre invitation. Déjà, ça fait très, très longtemps que je n'étais pas venue. Je crois que depuis, je ne suis plus porte parole des jeunes écologistes. Donc, c'est un peu vieux que je n'étais pas vieux aux universités d'été des socialistes ou de rentrer. Vous dites ici. Nous, c'est l'été et vous, c'est la rentrée. C'est plus sérieux, c'est la semaine d'après. Et en tout cas, je suis très contente de vous retrouver aussi parce qu'on a fait quelque chose de beau quand même en juin et juillet et que je voulais vous en remercier parce que pour faire le nouveau Front populaire, il fallait des écologistes, il fallait des communistes, il fallait des insoumis, mais il fallait aussi des socialistes. Et vous avez été là, donc merci pour ça. Vous dire aussi que souvent, alors avant qu'on sache qu'il y aurait une dissolution surprise, les gens pendant les mois d'avant, quand je me déplaçais en France, venaient souvent me voir en me disant comment on va faire avec le RN, parce que tu as une solution. Il y avait un côté collectif un peu ouin ouin le RN, ouin ouin le RN, au secours. Et ce que je leur disais souvent, c'est sur le RN, on peut, ok, il faut déconstruire, il faut faire les contre-argumentaires, il faut tout ce que vous voulez. Mais en fait, la seule chose qu'on a à faire est simple, c'est qu'il faut être meilleur. Et je pense qu'en juin et juillet, nous avons été meilleurs. C'est aussi simple que ça. Ils ont été particulièrement mauvais et nous avons été particulièrement bons et nous avons gagné. Et donc c'est juste pour vous dire que ça n'écarte aucun danger, surtout vu ce qui se passe depuis. Ça veut dire qu'on est capable d'être meilleur quand on est ensemble, quand on est concentré sur le vrai objectif. Et je pense que l'imminence du danger, qui était quand même particulièrement imminent, a fait que nous, on a eu l'instinct de survie à gauche et chez les écolos de dire on va faire ce qu'il faut. On était au rendez-vous. On n'a pas tremblé. On n'a pas tergiversé. On n'a pas été dans le fatalisme. De toute façon, c'est foutu. On a ne seulement fait ce qu'on avait à faire, mais suscité chez des gens qui avaient perdu le chemin des urnes, perdu l'envie de voter l'envie. Et ça, c'est l'envie, l'espoir. Et donc ça, c'est un truc qu'on sait encore faire. Deuxièmement, vous dire que dans le nouveau Front populaire, puisque j'en suis à parler de ça, L'écologie ne se résume pas à la couleur de ma veste et que nous étions extrêmement fiers d'avoir, pour moi, le projet de coalition gouvernementale susceptible de gagner le plus écologiste que la France n'ait jamais connu. Moi, c'était très émouvant pour des écolos qui se battent des fois depuis des décennies contre certains projets de voir le moratoire sur les projets routiers, de voir le moratoire sur les méga-vacines dans un programme pas écolo seulement, mais commun à tout le monde. Alors, on n'aurait pas écrit tout le programme comme ça. Mais on a senti qu'il y avait une vraie volonté de toute la gauche, y compris la gauche qui n'a pas toujours mis cette question-là au centre, au cœur ou en avant, de faire l'effort, tout comme on a tous fait des efforts sur plein de sujets parce qu'on était en moment de convergence. Donc ça, c'est aussi extrêmement positif. Et puis, quand à un moment, on s'est dit que peut-être on allait gouverner là, maintenant ou peut-être la fois d'après, il y a eu une réflexion intéressante parce que... nous on avait dit qui que soit le ministère le ministre de l'écologie qu'il soit écologiste ou du nfp puisque nous avons tous le même programme ça peut pas être le ministère des moratoires et des interdictions dire que quand on lisait vite le programme on aurait pu se dire ouais en fait ça va être la personne relou donc il ya les gens qui vont distribuer le smic à 1500 euros la rentrée scolaire gratuite tout ça puis il y aura après celui qui va faire toutes les interdictions et eu tout l'enjeu quand nous serons nommés, parce que je crois qu'à un moment, ils vont être obligés de nous nommer, à court ou à moyen terme, le travail va être de montrer que l'écologie, c'est en fait plus belle la vie. C'est-à-dire que les enjeux sont compliqués et tu as raison, ce que tu as décrit tout à l'heure, c'est le syndrome de l'autruche. C'est vraiment des neuroscientifiques qui ont décrit que le cerveau humain, confronté à l'imminence de l'effondrement de l'habitabilité de la planète, rien que ça, le cerveau a des tas de... En fait, le cerveau humain n'est pas programmé pour appréhender ce sujet. Donc il y en a qui basculent dans l'éco-anxiété. J'ai vraiment le fauteuil à bascule. C'est-à-dire que je pense que c'est un piège. On m'avait prévenu que des choses surprises pouvaient m'attendre aux universités de rentrer des socialistes. Et je vais devoir trouver qui a scié le pied du coup de ce fauteuil. Et vous pouvez enquêter avec moi. Quelqu'un a un cale pour Marie. C'est un ennemi de l'unité, évidemment, indice. Regardez vos voisins et regardez qui paraît suspect. Donc, il y a eu tout ce cerveau humain qui est bloqué, c'est le syndrome de l'autruche, avec des gens qui soit basculent dans l'éco-anxiété, et quand je dis bascule, je bascule vraiment, soit qui sont dans un truc de déni de réalité, ou de c'est la faute des chinois, vous entendez plein d'arguments absurdes, mais c'est vraiment prouvé par des neuroscientifiques que c'est un bug du cerveau humain. Et donc, il y a ce déni et il y a des préjugés qui sont faciles et surtout, ils sont alimentés par nos meilleurs amis. C'est-à-dire que les écologistes ont souvent été les boucs émissaires de tous les gens qui n'avaient pas grand-chose d'autre à raconter. Et notamment pendant la crise agricole, puisque tu en as parlé, quand Gabriel Attal en... réponse aux questions au gouvernement dit, ah, mais les larmes de crocodile, les écologistes, alors qu'en fait, en gros, c'est de leur faute. Nous, quand on était allés rencontrer avec Cyril Chatelain, que je vois, qui arrivaient dans le public, et puis Guillaume Gontard, notre président de groupe au Sénat, c'était la première semaine de Premier ministre de Gabriel Attal, et on avait fait une petite mise au point assez cash en début de rendez-vous, comme nous savons le faire chez les écolos, pour lui dire, en fait, plus jamais vous nous faites ça. Parce que non seulement c'est faux. Et des trucs faux, on en entend en politique, mais c'est absolument pas à la hauteur d'un Premier ministre. Mais en plus, vous nous mettez une cible dans le dos. C'est-à-dire que quand le Premier ministre, en pleine crise agricole, dit que c'est de la faute de eux... C'est la stratégie du bouc émissaire, on la connaît, ça existe depuis l'Antiquité. En plus, je lui dis, quand on fait un bouc émissaire, c'est qu'en général, on n'a pas de solution. Depuis l'Antiquité, pas de solution, égale, tiens, hop, c'est eux. Et par définition, le bouc émissaire est toujours innocent, d'ailleurs, donc ça me va. Mais on avait dû expliquer qu'à l'époque, et je pense que le message était passé, parce qu'avec Benoît Biteau et plein d'écolos, on est allé faire, avec Marie Pochon aussi, qui bosse beaucoup sur ces sujets, on est allé faire le tour de plein de fermes, mais de tout type de fermes. On a fait tout type d'activités, tout type de syndicats agricoles et des non-syndiqués. Et partout, ils étaient obligés de reconnaître que ceux qui luttaient depuis des décennies contre l'artificialisation des terres agricoles, c'était nous. Que ceux qui luttaient pour mettre du bio et du local dans les cantines, c'était quand même 3,4 milliards de repas par an, c'était nous. Que ceux qui s'étaient battus contre les traités de libre-échange avec José Bové et d'autres au Parlement européen, c'était nous. Et ainsi de suite. Que ceux qui se battaient pour des prix justes et des circuits courts, etc. C'était inhérent à notre travail. Et moi, je viens moi-même d'une famille d'agriculteurs où, certes, mon grand-père, quand je lui ai dit que j'étais devenue écolo, m'a dit qu'est-ce que je t'ai fait ? Donc là, c'est sûr qu'en 2009, ce n'était pas encore hyper bien acquis, mais qui, au fur et à mesure de discussions et puis de maladies dans son entourage, etc., a compris que ce n'était pas contre lui. Mais voilà. Et donc, je pense qu'il y a un gros exercice de pédagogie et que la pédagogie qu'on ne fait pas, nos ennemis la font à notre place et évidemment sur notre dos. Je pense que la réalité, c'est que beaucoup de personnes, enfin, quelques personnes qui ont beaucoup de pouvoirs n'ont pas intérêt à l'écologie. mais qu'une immense majorité des gens, eux, y ont intérêt et que tout est fait pour qu'ils croient l'inverse. Et c'est la question, en fait, j'aime beaucoup cette phrase qui dit, en gros, ils ne sont debout que parce que nous sommes à genoux. Et je pense que le peuple de l'écologie de gauche est en train de se lever en disant non mais en fait, en fait, on en a marre, donc on va quand même retourner voter, dire les choses. Et on voit bien que toutes les résistances se mettent en marche, y compris Macron, qui là a décidé de faire le gauloir effractaire, comme il dit, et de faire totalement de l'obstruction en disant non, je ne veux pas mettre de Premier ministre, ou alors pas vous, ou alors je vais attendre, ou alors on verra, ou alors trêve olympique, puis on ne change pas tout l'été parce que vraiment, je n'ai pas envie. Et donc lui, il n'a pas envie de changer de gouvernement, mais il fait une dissolution, donc c'est un peu bizarre quand même. Il dit cet été, vraiment, c'est irréable. C'est irresponsable de changer de Premier ministre en juillet et août. Du coup, qu'est-ce que je fais une dissolution en juin ? C'est très logique. Et donc on voit quand même qu'il y a quelques sujets. Sur ce qui est de l'écologie populaire, je pense que le vrai enjeu, c'est de mieux donner à voir ce que ça changerait dans la vie des gens. Il y en a des démonstrateurs intéressants qui s'appellent les villes écologistes, puisque la vie de millions de Françaises et de Français dans ce pays est déjà changée. dans des villes écologistes et qu'on se rend bien compte que vivre une canicule dans une ville écolo, même si elle n'est que depuis 2020, ça change déjà la vie. Qu'à Lyon... Il y a des centaines d'îlots de fraîcheur qui ont été créés. Alors ça peut être des arbres plantés en ville, ça peut être des salles de cinéma qui sont ouvertes au grand public pour se rafraîchir ou des écoles, etc. Et donc c'est vraiment, il y a la cartographie de tous les lieux qui ont été créés un peu plus chaque année et ça marche. C'est des kilomètres de pisciclables, c'est des repas bio et locaux dans les cantines, c'est des droits aux vacances pour tous. Et moi, à Colombes, par exemple, qui est une ville vraiment, voilà, dans la périphérie de Paris, on peut se dire, c'est pas du tout écolo, c'est une ville de banlieue, il y a le périph, etc. Leur premier objectif, ça a été la nature en ville. Et la nature en ville, ce n'est pas un truc de contemplatif des arbres qui veulent méditer et faire du yoga. L'OMS montre. que ces 12 mètres carrés d'espace vert par habitant dans une ville, c'est un objectif de santé publique mondiale, qu'on ne peut pas se sentir bien dans sa tête, bien dans sa peau, bien dans sa vie, qu'évidemment, s'il n'y a pas d'espace vert, on a tendance à ne pas privilégier les mobilités actives, qu'on a tendance à du coup pas trop sortir de chez soi, que pour la qualité de l'air, ça a un impact, que voilà, c'est vraiment une question de bien-être global. Et puis évidemment, tous les co-bénéfices sur la biodiversité. Mais vous voyez, le sujet des espaces verts, il est intéressant. parce que tout le monde voit bien qu'on préfère vivre entouré d'espaces verts qu'entouré de béton et que c'est une question à la fin de cadre de vie, de comment on se sent, etc. Et donc il y a plein d'exemples comme ça, quand on regardait le programme du Nouveau Front Populaire, c'était la question de la tarification de l'eau. Tout le monde voit bien qu'il y a un sujet de l'eau et de partage de l'eau. Alors on a beaucoup parlé des méga-bassines, etc. Et je pense pour plein de gens, déjà ils voient les photos des camions de CRS qui brûlent à Sainte-Sauline parce que c'est tout ce que Gérald Darmanin voulait qu'ils retiennent du dossier, mais... La question de l'eau, en fait, c'est très concret. Ça concerne tous les Français. Et si on leur dit tout d'un coup, vos premiers mètres cubes sont gratuits. Et après, vous payez... C'est-à-dire que celui qui a une consommation normale ne paye plus d'eau, celui qui a une consommation très, très raisonnée. Et puis après, ceux qui veulent prendre des bancs tous les jours, avoir des piscines, etc., ils payeront plus cher. C'est logique, en fait. Mais ça montre bien qu'on n'aligne pas tout le monde vers un truc plus compliqué. C'est-à-dire que pour ceux qui font l'effort, c'est plus simple. Et c'est vrai que souvent, les gens s'imaginent la société écolo compliquée, mais la vraie société écolo fait que le comportement écolo vertueux est favorisé, est facilité. Et donc, c'est censé... faciliter la vie, embellir la vie des gens qui en bénéficient, c'est-à-dire, je reviens là-dessus, la grande majorité des Françaises et des Français. Et donc je pense que quand nous serons nommés, c'est ça tout langer. Je pense que c'est plus facile de déminer les préjugés quand vous êtes au pouvoir et en responsabilité que quand vous êtes juste en défense en train de dire non, c'est pas vrai, non, c'est pas vrai. Et je finirai juste par vous parler de René Dumont. qui était notre premier candidat écolo en 1974, et qui avait dit... En fait, son livre s'appelait L'utopie ou la mort. C'est-à-dire que les écologistes, longtemps, se considéraient comme des utopistes, mais en fait, maintenant, on sait aujourd'hui qu'ils étaient des réalistes, voire des avant-gardistes. Et il y a un truc comme ça qu'il faut retenir. C'est-à-dire que l'écologie, c'est pas un truc qui est fait pour être confortable, pour être facile, en disant, mais oui, c'est évident, tapis rouge, tout le monde va comprendre. C'est l'inverse, ça a toujours été l'inverse. Et les militants écolos vous diront toujours que c'est pas pour la facilité qu'ils ont choisi l'écologie. Et donc, du coup, il y a un truc comme ça à... revendiquer. Je pense qu'on a une présomption toujours de non-crédibilité, là où d'autres qui font n'importe quoi, par principe, une présomption de crédibilité. Par exemple, l'ISF climatique, quand nous, on le disait, c'était genre, oui, merci les écolos, vraiment, merci de cette proposition, on regardera. Quand c'est Jean Pisani-Ferry qui le disait, ça avait l'air hyper sérieux. Mais n'oublions pas que Jean Pisani, quand il l'a dit, on le disait depuis quelques années quand même. Les Verts, Greenpeace, d'autres. Il faut quand même avoir ça en tête et ne jamais intérioriser les critiques que les autres font sur nous. Au contraire, il faut avoir une écologie fière, populaire, tu l'as dit, mais fière et très, très déterminée, solide sur ses appuis. C'est ça qu'on sait faire en général quand on milite chez les Verts depuis 40 ans. Bravo. Merci tout le monde. Merci beaucoup,
Marine. sait que tu ne choisis pas la facilité et que justement, tu es une combattante. Puisque tu as parlé de l'eau, l'ordre de parole va être très aléatoire. Ça peut tomber sur un d'entre vous de façon comme ça, soudaine. Je vais enchaîner avec toi Magali. Magali est géographe. Elle est notamment spécialiste du stockage de l'eau pour les agriculteurs. On sait que la question des méga-bassines est un sujet brûlant entre les écolos et certains agriculteurs, pas tous, mais ceux qui entendent pour leur culture privatiser l'eau dans ces espèces de constructions qu'on appelle les méga-bassines. parfois des énormes bassines, il faut se représenter, ça peut faire un kilomètre carré rempli d'eau à l'air libre. Donc moi je voudrais que tu nous éclaires. un peu sur la façon dont on pourrait régler ce problème de l'eau pour les agriculteurs. Est-ce qu'il faut changer de culture carrément ? Parce qu'on sait qu'il y a des cultures qui ne sont pas soutenables sur certains territoires, comme la culture du maïs. Est-ce qu'il faut changer de culture et arrêter de dire aux agriculteurs qu'ils pourraient toujours continuer comme ça sans rien changer ? organisent le partage de l'eau, y compris avec les agriculteurs, parce que je crois que c'est un sujet qui coince et qui donne lieu à des confrontations entre nous et une partie du monde agricole. Alors
merci, bonjour. Moi, c'est ma première, parce que normalement, j'étais dans mon université, donc voilà. Mais la vraie, enfin, voilà, l'autre. Enfin, je veux dire, voilà, bref. Alors, les méga-bassines, c'est intéressant parce que les méga-bassines, finalement, ça nous met au cœur du sujet de la table ronde. C'est en gros ce qu'a fait le RN toute son histoire. C'est-à-dire qu'on a des problèmes, effectivement, avec des perceptions qui sont évidemment de plus en plus violentes quand on est moins éduqué, quand on est dans des zones où on est des zones privées d'accès aux services publics, quand on est dans des zones où on a plus d'inquiétude. Vous savez, on a beaucoup opposé la fin du monde et la fin du mois. Et le RN, qu'est-ce qu'il fait ? Il trouve une solution simple. C'est la faute aux Arabes. Alors après on peut les changer en tout ce que vous voulez. C'est la faute aux écolos. Ces écolos, ils ont beaucoup de trucs. C'est la faute à l'Europe. Parce que l'Europe, c'est... Voilà. C'est la faute toujours à quelqu'un. Et il y a forcément une solution. On va retirer la nationalité. On va... C'est toujours très simple. La Constitution, on s'en fout. Enfin, on s'en fout de tout, c'est pas grave. Mais on fait. Ça s'appelle un mensonge. Ça s'appelle un mensonge, mais ça marche très bien. Ça marche très bien parce que vous avez un système où des gens sont de plus en plus désespérés. Et ça, c'est quelque chose que les scientifiques ont vu depuis des années, parce que contrairement à ce qu'on croit, les scientifiques ne restent pas dans leur labo. Les scientifiques vont dans les champs, ils vont parler avec des gens, c'est même notre boulot. Et on voit monter... Avec nos interlocuteurs, qu'on travaille sur les agriculteurs, mais qu'on travaille à l'hôpital, qu'on travaille dans les écoles, quel que soit l'endroit où on travaille, on voit monter cette angoisse et son inquiétude. Et on la voit d'autant plus fortement chez les agriculteurs que les agriculteurs, ils ont toujours été aux premières loges du changement climatique. Ils n'ont pas attendu que le GIEC, que les Etats, se mettent autour de la table parce que le climat, ils l'ont pu changer au jour le jour. Il faut que vous ayez comme idée dans la tête que, par exemple, les viticulteurs, alors que les dates de vendange sont restées stables pendant plus de 1000 ans, depuis 80, elles ont été avancées d'un mois. Il n'y a pas un agriculteur aujourd'hui quand vous faites une enquête. qui vous dit que le changement climatique n'existe pas. Et c'est ça tout le paradoxe. Il n'y a pas un agriculteur aujourd'hui qui n'intègre pas la variable climatique parce que l'impact climatique sur les animaux, sur les cultures, etc., il est au quotidien et il coûte de plus en plus cher au budget de l'Etat. Et donc cette disparition de l'eau, il la voit au quotidien. Et dans certains territoires, il y a peut-être des élus ici des Pyrénées-Orientales, on voit les cultures crever sur pied depuis des années. Et le problème qu'on a, c'est que face à ça, face à cette angoisse, il y a une solution toute simple. C'est de dire, moi, je vais vous apporter la solution miracle. Et la solution miracle, elle est d'autant plus évidente que nous sommes dans un pays qui est le pays où on a quasiment inventé la figure de l'ingénieur. Il y a un problème, j'ai une solution. Et vous parlez avec des agriculteurs, ils vous disaient, mais dans les années 70, on a eu telle maladie, on a trouvé la solution. Ça a mis 10 ans, mais on a fait. Ah, puis on a l'irrigation. Mais enfin, madame, l'irrigation, on s'est toujours adapté à l'irrigation. Le problème, c'est qu'on ne peut pas négocier avec la Constitution sauf à faire un coup d'État. On ne peut pas non plus négocier avec le climat. Autant dans les partis politiques, ça a l'air compliqué, mais avec le climat, ça ne marche pas. On ne négocie pas. Les lois de la physique, ce n'est pas négociable. Ce qui est en train de se passer aujourd'hui, c'est un changement dont je ne pense personne dans la salle, moi la première, n'a mesuré ce qu'il signifiait. Nous sommes à peine à 1,1 degré de réchauffement depuis l'air industriel. Des événements qui étaient impossibles, je dis bien impossibles, au début du XXe siècle, sont désormais possibles. Vous vous souvenez tous, parce que quand on parle aussi des gens, les gens n'ont pas besoin d'allumer la télé, ils n'ont pas besoin d'aller lire Le Monde ou les tribunes. Ils sentent dans leur chair ce qui se passe. 55 jours cet été de nuit tropicale à Nice. Vous avez tous dans votre entourage... Des bébés, des personnes âgées, des gens qui sont en EHPAD. Vous connaissez l'état de l'hôpital, vous connaissez l'état de l'école. Vous avez vu les personnes âgées aujourd'hui fatiguées, les personnes malades, les personnes SDF. C'est le quotidien des élus, c'est le quotidien des services publics, c'est le quotidien des gestionnaires. Donc les agriculteurs, mais aussi tous les Français, vivent dans leur chair cet été 2022. Vous vous souvenez de l'été 2022 ? L'été 2022, en 2050, c'est un été normal. En 2100, c'est un été froid. La question n'est plus de savoir si demain dans les villes ou dans les campagnes on va avoir 50 degrés, c'est quand est-ce qu'on aura 50 degrés ? 50 degrés ça veut dire un confinement de Covid volontaire parce qu'on ne peut pas travailler à 50 degrés, parce qu'on ne peut pas sortir, on ne peut pas prendre les transports. Et face à ça, on nous dit mais enfin madame, de tout temps les agriculteurs se sont adaptés. Ben oui, les systèmes d'irrigation, de stockage en Méditerranée on connaît. Et puis c'est simple, vous avez de l'eau qui tombe du ciel. Elle est perdue cette eau, il suffit de la récupérer. D'ailleurs vous faites ça dans votre jardin. Et donc la méga-bassine. Et donc la retenue collinaire. Alors attention, d'abord il faut bien comprendre qu'il y a des solutions qui étaient tout à fait pertinentes dans un monde non réchauffé par l'homme et qui ne le sont plus. Puisque c'est plus le même problème. On change d'air. On arrive dans un monde qu'aucun être humain... n'a connu dans l'histoire de l'humanité. Je crois qu'il faut quand même comprendre ça. Un monde réchauffé à plus de 2 degrés, ça devrait arriver d'ici les années 2050, c'est un monde qu'aucun humain n'a connu. Nous avons réussi à réchauffer en 150 dans la planète plus que dans toute l'histoire de l'humanité depuis Lucie. Nous avons plus de CO2 aujourd'hui accumulé dans l'atmosphère que depuis 2 millions d'années. Et donc ça veut dire concrètement que quand nos agriculteurs qui sont désespérés, on leur donne une solution miracle, ils ne peuvent qu'y croire. Et pourquoi ils y croient ? Parce que derrière, on va leur demander des changements dont les risques vont peser exclusivement sur les agriculteurs. Alors que derrière tout, le système est verrouillé pour les empêcher de changer. Et donc je conclurai sur deux points. Le premier par rapport à ce que tu disais sur une écologie populaire. Vous faites de l'écologie, je suis désolée Marine, mais vous y compris, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. Quand vous bossez sur les services publics, vous réduisez la vulnérabilité. Quand vous bossez sur l'égalité territoriale, vous réduisez l'exposition à la vulnérabilité. Quand on bosse sur la sécu, la redistribution, l'école, etc., l'éducation, la formation des agriculteurs, on bosse sur ça. Quand on bosse sur un budget de l'Etat, c'est notre prochain travail avec le PLF qui arrive, on bosse aussi sur des choix politiques qui vont donner aux agriculteurs les moyens de faire ces transformations globales parce qu'il ne s'agit pas d'une bassine. Il s'agit de changer effectivement tout un modèle. Et le deuxième point, c'est qu'on n'est pas capable aujourd'hui de proposer effectivement ce qu'on appelle du côté scientifique les co-bénéfices. Les rendements vont diminuer de manière structurelle à cause du changement climatique. Donc il va falloir trouver des modèles qui nous permettent de produire, de nourrir mieux. avec une meilleure santé des agriculteurs et un meilleur revenu. Et ce qui rend aujourd'hui les scientifiques dingues, et c'est pour ça que vous avez autant de scientifiques qui s'engagent dans les soulèvements de la terre, dans la science-rebellion, etc., c'est qu'imaginez que vous êtes un médecin, vous avez posé le diagnostic, il y a tous les remèdes sur la table. Ils sont tous là, ils existent. Et en plus, on sait que ça va apporter du bien-être, de l'espérance de vie. de la solidarité, une meilleure qualité de relation, des meilleurs paysages, un meilleur logement, etc. Et vous avez en face de vous des gens qui vous disent « Non. Non, fais pas. Non, c'est punitif. » Non, c'est pour les bobos. Alors qu'on sait pertinemment que le changement climatique pèse le plus lourdement sur les catégories les plus en difficulté, que ce soit chez les agriculteurs ou chez les personnes individuelles, que ce sont les personnes les plus fragiles de la société qui sont le plus exposées à ce qu'on appelle les coûts de transition, parce que changer, ça demande des efforts, et que les bénéfices, à la fin, ils vont chez les personnes qui ont fait le moins d'efforts et qui ont les plus pollués. L'écologie aujourd'hui, c'est l'injustice. C'est cette question de la justice qui est au centre et qui devrait être au centre des projets politiques. Et donc les agriculteurs, il n'y a pas une solution miracle. Il y a de multiples leviers d'action qui vont du niveau national par des politiques publiques au niveau local par des déclinaisons. Un individu seul ne peut rien. Il a besoin de structures collectives pour l'accompagner dans le changement.
Merci Magali. Puisque dans la conclusion de ton propos, tu as parlé de la justice, puisque l'écologie est une question de justice, tu le disais Marine, c'est-à-dire que si on ne va pas assez vite dans la bifurcation écologique, ce n'est pas parce qu'on manque de connaissances scientifiques, on les a, ce n'est pas parce qu'on manque de compétences techniques, on sait construire des énergies renouvelables, on sait isoler les logements, ce n'est pas non plus parce qu'on manque d'argent. On voit que l'argent peut pleuvoir, on l'a vu pendant le Covid. Si on n'arrive pas à faire la bifurcation écologique, c'est une question de justice et de démocratie. C'est parce que... cette burcation est empêchée par une minorité d'intérêts très puissants qui s'y opposent au détriment de la grande majorité des êtres humains qui y a intérêt. Et donc, il faut qu'on arrive à proposer, nous, les politiques, de nouveaux modèles, de nouvelles solutions qui replacent la justice au cœur du progrès écologique et la lutte contre les inégalités au cœur du projet de révolution écologique. Et donc, je me tourne vers toi, mon ami Christophe Clergeau, député européen, réélu. On peut l'applaudir. Qui est vice-président de notre groupe socialiste et démocrate au Parlement européen et qui a notamment au sein du bureau de notre groupe la charge justement des questions d'écologie, du pacte vert. Et tu as beaucoup réfléchi sur la question de la sociale écologie et de l'entrecroisement entre la justice sociale d'un côté et la justice environnementale de l'autre. A toi la parole.
Merci, Chloé. Bonjour, bonsoir à toutes et à tous. Les nouveaux députés socialistes français sont en force dans la commission environnement du Parlement européen, puisqu'on est quatre. Chloé, Pierre Jouvet, Thomas Pellerin-Carlin et moi, justement pour mener la bataille, pour faire de l'écologie plus belle la vie. On va essayer d'illustrer cette notion. On va essayer de faire ça bien et travailler avec les écologistes dans cette commission parce qu'il va y avoir des sacrées batailles face à la droite. Juste un mot justement sur l'écologie plus belle la vie. Parce que pour rendre l'écologie et les transformations qui y sont liées désirables, peut être qu'il faut qu'on arrive à rendre concret, perceptible ce que les uns et les autres peuvent gagner ou perdre. Et les scénarios macro. Eh bien, Chloé et toi, Marine, vous l'avez illustré, déclenche des réactions de repli et de distanciation qui sont absolument terribles. Alors que si on était capable de représenter au niveau local, territorial, ce qu'est le scénario de la non-action et le scénario de l'action, chacun pourrait mesurer comment sa vie va changer si on ne bouge pas en termes de température ressentie dans leur logement, de qualité de l'eau, d'alimentation disponible à proximité, etc. Donc je crois qu'il faut qu'on fasse d'abord cet effort de rendre concret pour les gens ce qu'ils peuvent gagner et ce qu'ils peuvent perdre. Ensuite, la question que chacun nous pose finalement, elle est très simple, c'est dans la société écolo que tu veux nous construire, est-ce qu'il y a une place pour moi ? Alors petit exercice quand même de se mettre dans la peau des gens qui vivent les choses. Je suis dans un ménage modeste, je veux rénover mon logement. On m'a dit qu'il ne fallait pas faire que les fenêtres, qu'il fallait faire tout en une seule fois. J'ai monté mon dossier, j'ai droit à un prêt à taux zéro, mais il n'y a aucune banque qui me prête parce que je n'ai aucune garantie que même le prêt à taux zéro, je ne peux pas l'avoir. Donc là, on a la réponse politique. Ce que Boris Vallaud avait proposé justement pour que la caisse dépôt se substitue en termes de garantie aux gens qui n'en ont pas du tout pour que tout le monde puisse rénover son logement et y compris ne pas être ployé sous les remboursements de prêts. J'ai déposé un dossier pour le leasing social pour avoir accès à un véhicule électrique. Le gouvernement a lancé ça. Je n'ai pas de chance, j'étais le 50 000 unième. Et on m'a dit non, tu ne pourras pas. Et donc je vois s'approcher la date parce que moi, j'ai compris qu'en 2035, il n'y aurait plus de voiture thermique, ce qui n'est évidemment pas la réalité. Et je me dis, je ne pourrais plus me déplacer. Et il n'y a aucune perspective d'avenir qui m'est offerte. Donc oui, si on généralise le leasing social avec les choix budgétaires derrière, on a une réponse sur la participation à la mobilité électrique de demain. Et dernier exemple, je ne sais pas vous, moi j'ai reçu ma lettre d'Engie au cours de l'été. Et Engie m'a dit, comme il n'y a plus de tarifs garantis, tu vas avoir Christophe un nouveau tarif, et ton nouveau tarif il est révisable tous les 4 mois en fonction des cours du marché mondial du gaz. Ça ne me rassure pas. Si on pouvait me redonner accès à un tarif stable et garanti de l'énergie, que ce soit l'électricité ou le gaz, je saurais en tant que particulier au moins quelles seraient mes dépenses. Donc vous voyez tout ça, ça suppose quoi ? Ça suppose de la régulation, ça suppose de l'intervention publique, ça suppose une définition des biens communs essentiels, ça suppose d'organiser leur production et leur disponibilité pour les uns et pour les autres. Donc répondre concrètement à cette question, est-ce qu'il y a une place pour moi dans la société écologique de demain, c'est essentiel si on veut faire l'écologie populaire. Et puis mon deuxième point, il est lié à l'adaptation au changement climatique. Est-ce que je vais être protégé face à l'adaptation au changement climatique ? Alors tu as évoqué la filière agricole. Déjà le coût de la transformation, la nature même des filières, des productions, des pratiques est potentiellement considérable pour pouvoir disposer d'une alimentation. Et ce qui va paraître dans les mois qui viennent, c'est un débat effectivement sur la capacité à produire en Europe ce qui est nécessaire pour nourrir les Européens. Mais je reprends l'exemple que donnait Chloé tout à l'heure sur les argiles. Pourquoi ? Je ne sais pas si ça concerne vos territoires. Il y a, suivant la manière de compter, 9 à 10 millions de maisons en France hexagonales qui sont sur des terres argileuses, soumises à des déformations. Et si vous avez acheté une maison 200 000 euros, que vous vous êtes endetté, que vous êtes dans cette situation-là, qu'il faut attaquer les fondations, vous avez un ticket de 100 000 et il n'y a aucune indemnisation, aucune prise en charge assurantielle. Et même le régime Catenat, catastrophe naturelle, il est basé sur la moyenne des années précédentes. Donc ce qui est fascinant, c'est ce sur quoi vous pouviez être indemnisé il y a 5 ans ne l'est plus puisqu'on prend en compte l'augmentation régulière de la température et donc ce qui était anormal il y a 5 ans. devient normal. Qu'est-ce qu'on fait ? Moi, les assureurs, ils me disent, nous, on sera jamais en faillite. Soit on augmentera les tarifs et les gens qui peuvent paieront, soit on se retirera du marché et vous vous débrouillerez. Il y a déjà quelques années, Eloi Laurent, que beaucoup d'entre vous connaissent, a proposé qu'on socialise ces risques. Que ce soit la solidarité nationale à travers des cotisations ou l'impôt qui permettent de couvrir l'exposition aux risques systémiques liés aux changements climatiques ou aux catastrophes naturelles, comme si c'était une nouvelle branche de la sécurité sociale. Et que la collectivisation de ces risques obligerait les puissances publiques nationales, européennes, locales à faire les investissements nécessaires pour ne pas avoir à payer à la fin les dégâts liés aux changements climatiques et aux dérèglements. écologique et bien ça c'est une rupture supplémentaire que l'on peut faire voyez l'analyse lucide des réalités doit amener à des propositions radicales et ensuite à les inscrire dans l'action au niveau européen national et local en coordonnant les échelles en le faisant avec les gens et avec les acteurs locaux voilà je pense des chemins très concrets et avec ces outils et ces exemples là je crois que l'on peut mener la bataille contre le rassemblement national dans tous nos territoires merci
merci christophe Et bravo à toi. Puisque tu parles de l'échelon local, je me tourne désormais vers notre sénatrice de La Réunion, Audrey Bellim, qui montre que non, les sénateurs ne sont pas tous des hommes blancs depuis 50 ans. Et nous sommes très fiers d'elle parce que je crois que quand tu es rentrée au Sénat, tu figurais parmi les six plus jeunes sénateurs du Sénat. Donc on peut l'applaudir quand même. On est fiers de ça. Et moi, je voudrais que tu parles de ce que tu veux, mais je pense que c'est intéressant et que ça intéresse le public de savoir qu'est-ce que c'est l'écologie à la Réunion, quels sont les risques auxquels vous faites face, qu'est-ce qui peut poser problème dans les adaptations à conduire, où sont les résistances, où sont les luttes aussi locales. Voilà, à toi la parole. On a hâte d'entendre tout ça.
Merci, merci Chloé. Alors pour que je réponde à cette question, à toutes ces questions, il faut que je vous raconte la réunion. Parce que la Réunion, ce qu'on en sait, c'est un volcan, le piton de la Fournaise, l'un des plus actifs au monde. C'est des littoraux, des montagnes. C'est 45% de couverture forestière. Et c'est surtout la moitié d'une île, finalement, qui est protégée, car reconnue patrimoine de l'humanité, donc inscrite à l'UNESCO. Et c'est une île dont les Réunionnaises et les Réunionnais sont extrêmement fiers. Et surtout, une île pour laquelle, finalement, on prend réellement conscience qu'il est important de la protéger. Alors la Réunion c'est 2500 km², c'est tout petit, et c'est à plus de 9000 km du continent européen, et donc vous avez là déjà deux premières contraintes physiques, donc l'éloignement et l'insularité. Alors à cela s'ajoutent, et vous le connaissez, je ne vais pas répéter, mais finalement l'ensemble des indicateurs socio-économiques est dans le rouge, et à cela s'ajoutent aussi certains de nos indicateurs environnementaux. Dans le rouge, en 350 ans, l'île a perdu 70% de ses espaces naturels. A l'heure où je vous parle, 962 espèces endémiques sont enregistrées et 41% de cette flore indigène est menacée. Alors ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si une des espèces disparaît de la réunion, elle disparaît de l'humanité. Alors, les réunionnais prennent conscience de cela et il y a une forte mobilisation des réunionnais, notamment des élus et des citoyens. Je vais vous citer deux exemples assez récents et concrets. Vous avez à la Réunion, par exemple, Pétrelle de Barreau. c'est un oiseau une espèce espèce marin qui finalement s'est inscrit d'ailleurs sur liste rouge à l'union internationale de conservation de la nature c'est également protégé par un arrêté ministériel depuis 1989 et et depuis qu'on nous a parlé de cette menace Depuis les années 90, à La Réunion, il y a une forte mobilisation qui s'est faite tout à fait naturellement. Et la mobilisation a été tellement forte avec les citoyens, avec les élus, avec les experts, avec les associations, qu'on a créé un dispositif un petit peu rigolo. Alors, des fois, ça embête certains. On appelle ça les nuits sans lumière parce que cette espèce est particulièrement sensible à la pollution lumineuse. Et voyez-vous, lorsque il y a sa période de production, à La Réunion, on fait les nuits sans lumière. Donc, il fait noir partout, nuit noire. Il n'y a pas de néon, les commerces jouent le jeu, les entreprises, les citoyens également, on évite d'éclairer. Et bien sûr, les collectivités ne mettent pas d'éclairage public. Alors pourquoi le réunionnais se mobilise ? Parce qu'il a compris que si le pétrel de Barrault, il disparaît, il ne disparaît pas que de la Réunion, il disparaît de la planète toute entière. Un autre projet, par exemple, qui a insufflé une mobilisation très rapide et naturelle des réunionnaises et des réunionnais, vous avez deux savannes. Il y en a deux. Il y en a une en Guyane et il y en a une à La Réunion. Figurez-vous qu'il y a un projet, un projet immobilier, un centre commercial, qui souhaite finalement occuper une partie. de notre savane réunionnaise. Et cette savane réunionnaise, elle se compose finalement de plusieurs formations herbacées, végétaux, endémiques, encore une fois. Et c'est aussi un paysage unique. Et parce qu'on veut conserver ce paysage et parce qu'on en est fiers, eh bien, il y a eu une mobilisation, encore une fois, d'experts, de chercheurs, de citoyens, pour finalement s'opposer à ce projet. Et en quelques semaines, quand on sait que la Réunion, c'est... Allez, 880 000 habitants, ils ont récolté plus de 17 000 signatures. Alors quand on vous parle de tout cela, quand on sait tout cela, on dit que c'est une évidence finalement l'écologie populaire à La Réunion. Et c'est une évidence peut-être pour nos décideurs. Pas forcément, parce qu'on ne répète, on ne cesse de répéter que 80 % de la biodiversité française se trouve dans nos Outre-mer. oui pour moi aussi c'est bancal et en plus je fais qu'un mètre cinquante donc c'est pour ça que je gigote depuis tout à l'heure je suis petite c'est pas évident de tenir dans les chaises et donc oui 80% de la biodiversité française se trouve dans les outre-mer mais nous ne concentrons pas 80% des financements à l'heure où nous parlons aujourd'hui on nous a demandé de nous investir avec tous les programmes et toute la promotion qui a été faite nous avons créé une agence régionale de la biodiversité Mais à l'heure où nous parlons, la présidente Erika Baraj se bagarre pour financer les missions. C'est fou qu'on lui a donné. Alors, tout n'est pas rose. Il y a aussi malheureusement du scepticisme. Il y a aussi parfois du rejet. Il y en a lorsque la législation... ne correspond pas au territoire, aux spécificités. Lorsqu'elle nous oublie parfois, j'ouvre des parenthèses, leasing social du véhicule électrique, je ne sais pas si on nous a oubliés ou si on nous a exclus. Je ferme la parenthèse. Mais en tout cas, lorsque vous avez 2500 km², une île où la loi littoral s'applique à 1500 mètres d'altitude et on y ajoute la loi Zannes et on y ajoute la loi montagne, on a là un millefeuille législatif et avec l'Etat qui vous dit oui, oui, faites attention à l'aménagement du territoire, répondez à la crise logement, construisez, construisez, construisez. C'est une incohérence. Il en est de même. Figurez-vous qu'on est dans un climat tropical, vous l'avez bien compris. la plupart du temps, et de manière complètement indifférenciée, ce sont les normes hexagonales qui s'appliquent. Alors oui, il y a de véritables défis, il y a des enjeux, il y a de la volonté, il y a de la part de nos élus l'envie de faire et d'avancer vite parce que protéger l'île de la Réunion, pour le réunionnais, finalement, c'est protéger notre quotidien, tout simplement. Donc il y a des enjeux lorsque, par exemple, en termes d'aménagement du territoire, il nous faut construire des logements et il nous faut penser, et c'est pour ça qu'on est en attente, je regarde l'Europe, des fameuses normes RUP, parce qu'on a besoin de construire des bâtis qui nous ressemblent, des bâtis qui sont adaptés à notre climat, des bâtis qui sont adaptés au phénomène d'érosion que nous connaissons. Et puis il nous faut des circuits courts, et puis il nous faut peut-être des matériaux réunionnais, et puis il nous faut aussi peut-être regarder dans la zone de l'océan Indien s'il n'y a pas moyen de faire venir plus rapidement et moins cher. Donc il y a des enjeux qui sont importants en matière de logement. Vous avez aussi des enjeux. en matière d'autonomie énergétique, je dirais. Parce qu'il est vrai, on est très fiers de cela. Nous sommes depuis juillet 2024 100% d'électricité renouvelable. C'est merveilleux. Nos centrales ont été transformées. Cependant, on importe peut-être plus de fioul ou de charbon. mais on continue à importer de la biomasse. Et donc il nous faudrait peut-être être plus résilients, il nous faudrait peut-être éviter, en tout cas, participer au gaz à effet de serre. Et pour cela, il nous faut entamer de véritables réflexions, ce qui est vraiment chouette. Malgré le désintérêt de l'Etat, et je le dis, c'est que nos élus locaux et puis nos élus nationaux, on a eu la visite de mes collègues sénateurs en avril à La Réunion. Ces derniers ont pris conscience de ces urgences en termes écologiques, en termes environnementaux. Et d'ailleurs, je fais de la pub. Vous avez le petit livret Outre-mer qui était distribué tout le long. Donc il y a cette thématique de l'écologie dedans. Et nous allons, par exemple, nous au Sénat, suite à cette visite, décider d'agir et d'exiger un rééquilibrage des moyens financiers concernant la protection de la biodiversité. Nous avons des élus locaux qui proposent un téléphérique. Les gens étaient hyper sceptiques. Ils ont dit, mais pourquoi ils veulent voyager dans les airs, ces gens-là ? Parce que c'est écolo, parce que c'est plus rapide, parce que c'est moins cher, et puis parce que c'est super génial, on a une super vue. Donc les élus avancent, les élus proposent, les réunionnais sont concernés et ont envie d'y aller. Parce que pour nous, je le répète, protéger la planète, c'est protéger la réunion, mais c'est surtout protéger notre quotidien. Donc oui, à l'écologie populaire, et nous, on est déjà en train de la construire.
Bravo. beaucoup Audrey pour ton témoignage. Je retiens ce que tu as dit notamment sur le mouvement qui emporte tous les réunionnais pour éteindre la lumière et protéger cette espèce menacée. Ça montre que quand les gens comprennent le sens de l'action écologique, ils sont tous ensemble pour se limiter, éteindre les lumières et le faire. Et ça donne du sens aussi à la vie sociale, la vie en communauté. Et quand on nous explique toute la journée que les écologistes, nous, on veut s'en prendre à la liberté aux uns de faire ce qu'ils veulent. En fait, là, tu montres que l'écologie, c'est une limite et que la liberté, elle est dans la limite. Quand on est socialiste, on pense que la liberté, elle est dans la limite. Le code de la route, c'est une limite pour qu'on ait la liberté de rester vivant sur la route. Le fait de ne pas pouvoir se promener nu dans la rue, c'est une limite. On a des limites partout dans notre société. C'est comme ça qu'on vit ensemble et on les accepte partout les limites, sauf pour l'écologie. alors même que la survie de l'humanité en découle. Donc merci pour cet exemple qui, je crois, est très significatif de ce que peut être une écologie populaire. Je vais me tourner désormais vers toi, Nicolas. Nicolas Hazard, qui est entrepreneur social, qui a eu 1000 vies. Tu as 42 ans, mais tu as fait plein plein de choses dans ta vie. Tu as travaillé en Afrique, tu es un spécialiste de l'économie sociale et solidaire. Tu conseilles la Commission européenne sur ce plan, je crois. Mais je voudrais là que tu nous parles d'un livre et d'une expérience que tu as conduite. où tu es allé repérer toutes les innovations en matière écologique qui se créent dans nos campagnes, dans nos villages et dans nos petites villes. Parce que je crois que l'écologie populaire, c'est aussi une écologie où on donne les moyens aux gens d'inventer eux-mêmes les solutions utiles pour leur territoire et qu'on pense que toutes les innovations, c'est dans les villes et c'est la Cille-Cône-Vallée, mais non, c'est aussi dans nos campagnes. Alors tu vas nous dire de quoi il s'agit.
merci beaucoup. Moi, j'entends le débat et c'est un débat qui est passionnant et qu'on peut avoir avec beaucoup de gens. Et moi, je ne suis pas complètement d'accord avec ce qui a été dit. Alors, ce n'est pas pour la gratter, mais c'est parce que je pense qu'il y a beaucoup de gens. qui, sur ce débat-là, sont pour l'écologie. Moi, je pense que la majeure partie des gens, fondamentalement, a une conscience écologique. C'est vrai dans les petits villages pyrénéens, c'est vrai en Nouvelle-Calédonie, sur un territoire que je connais bien aussi. Il y a une vraie appétence, il y a une vraie envie de faire les choses. Mais les gens sont outrés, sidérés et en ont marre du débat autour de l'écologie et de la qualité du débat autour de l'écologie. En fait, d'un côté, on a un populisme, et on en parlait, un écofascisme absolument incroyable, avec vraiment, on nie le réchauffement climatique, on dit que tout ça, peut-être qu'on exagère, etc. C'est ce que tu disais, et que finalement, ça n'existe pas. Et de l'autre côté, on a parfois des invectives et des débats qui n'intéressent personne, type... On est tous conscients, le barbecue, qui est quand même un truc de stigmatisation absolue. On va stigmatiser les uns contre les autres, les bobos contre les beaufs, les vegans contre ceux qui mangent de la viande, ceux qui sont en trottinette contre ceux qui sont en SUV. Mais c'est l'époque qui fait ça. On est dans une époque de clash absolu, où en fait, pour faire le buzz et pour parler des sujets, il faut clasher l'un contre l'autre. Et donc on a beaucoup de gens qui ne se reconnaissent pas dans ce débat-là. et qui se disent, mais moi, je ne suis ni l'un ni l'autre, je ne suis pas dans une forme d'extrême, je ne suis pas dans une forme de radicalité, et pourtant, j'ai envie de faire des choses pour l'écologie, j'ai envie de participer. Mais mon problème, c'est que mon problème numéro un, c'est comment je me loge, comment je me déplace, comment je me nourris, et surtout sur les territoires ruraux, et dans les petites villes et les moyennes villes. Et par rapport à ça... On a du coup un débat comme ça, on allume BFM ou les chaînes info etc. où en fait il y a beaucoup de gens qui ne se reconnaissent pas dans ces débats là. Et c'est inquiétant et c'est dommage parce que encore une fois je pense qu'on est majoritaire, il y a une majorité absolue de personnes sur l'écologie qui ont envie que ça change, que ça bouge mais qui n'ont pas envie qu'on clive les uns contre les autres. Pour autant ça a l'air d'être dramatique etc. Pour autant moi je suis extrêmement optimiste. par rapport à la situation écologique. Je suis extrêmement optimiste parce que justement, on dirait pas comme ça au début, mais en fait, vraiment profondément optimiste. Veste
verte contre veste vert sapin.
Avec, avec. Pourquoi ? Parce qu'en fait, des gens qui changent les choses, des gens qui font des choses sur les territoires, notamment sur les territoires ruraux, énormément, il y en a des milliers. J'ai rencontré des entrepreneurs de partout, pas que des entrepreneurs, des individus, des associations, etc. et des gens qui ont les solutions. En fait, les solutions, et ça a été dit, on les a. Techniquement, on sait le faire. Techniquement, si on veut même baisser la température de la planète, on sait comment on fait. On les a les outils, on a la boîte à outils. Le problème, c'est qu'on ne la met pas en place et qu'on va se débattre de choses qui, finalement, ne sont peut-être pas... fondamentale. Et moi, je l'ai vu, ces entrepreneurs, dans tous les domaines. Aujourd'hui, on voit le domaine de la construction, par exemple. Il y a une entreprise en Vendée qui s'appelle Simon Hoffmann, qui a inventé un ciment qui est fait à froid et qui permet d'économiser 85% quand on construit une maison. Les tours Elitis, à Dijon, en Alsace, etc., qui permettent de créer des bâtiments à énergie positive. Il y a une entreprise qui s'appelle Molino, en Seine-Saint-Denis, qui permet de valoriser les déchets alimentaires. C'est une énorme source de revenus. C'est 16 milliards d'euros qui sont en gros jetés par la fenêtre parce qu'on ne valorise pas les déchets alimentaires. Eux, ils savent le faire et ils savent en faire plein de choses différentes. On a des entreprises, y compris, sujet très touché sur l'aéronautique. L'aéronautique, gros sujet. Moi, qui passe beaucoup de temps à Toulouse aussi, l'aéronautique, c'est quasiment 20%. de l'emploi en Occitanie et particulièrement sur la région toulousaine. Bien évidemment que les gens, quand on leur dit, en fait, on va supprimer l'avion, ou vous n'aurez le droit qu'à un ou deux vols par an ou dans une vie, etc., comme il y a beaucoup de personnes qui aiment faire peur et qui font un business là-dessus, sur faire peur, sur la collapsologie, les gens se disent, merde, moi, je vais perdre mon boulot, comment je vais faire ? C'est quoi la solution demain ? Et donc du coup, ils préfèrent à la limite se radicaliser par rapport à la position en disant « Ah oui, ils nous font chier avec tout ça, etc. » Alors, parce qu'on ne leur parle pas de leurs problèmes. Et moi, j'ai vu des boîtes et qu'on accompagne aussi. Nous, on a accompagné à travers Inco, qui est le groupe que j'ai fondé. On a accompagné financièrement plus de 120 entreprises à impact social et environnemental à travers la France. Moi, j'ai vu des boîtes super qui réfléchissent à l'avion de demain, qui n'est pas l'avion vert. Ce n'est pas du greenwashing, etc. comme ça existe, mais qui essaient de voir comment on peut faire sur l'avion hybride, l'avion électrique, sur les petits moyens courriers, parce qu'on sait que c'est des gens qui ont besoin de se déplacer parfois. là où il n'y a pas de train et il y a des zones qui sont difficiles et notamment sur des territoires insulaires où on a besoin quand même d'avions pour déplacer les populations, les marchandises, etc. Et donc en fait... toutes ces initiatives moi je les trouve très très importantes nous on les accompagne depuis dix ans benoît il connaît bien ça parce que l'économie sociale et solidaire elle est pionnière là dedans elle est pionnière dans l'économie circulaire notamment c'est vraiment ce secteur là qui a développé la circularité de l'économie mais l 'économie circulaire pareil c'est la même chose l'économie circulaire aujourd'hui ça représente 600 millions d'euros à peu près c'est le chiffre d'affaires de l'économie circulaire le marché de la publicité en france c'est 15 milliards Donc en fait, il y a un vrai problème de priorité qu'on met, c'est-à-dire qu'on va investir, nous, dans des boîtes de pub, y compris faire de la pub, etc., pour différents produits, mais de l'autre côté, on n'investit pas et on ne priorise pas. Alors comment on fait ? Ces initiatives-là qui existent, qui sont des initiatives locales, il faut les passer à l'échelle. C'est ça la solution. Ces entrepreneurs, ces associations, tous ces porteurs de projets, ces villages aussi. J'ai un village par exemple en Occitanie qui s'appelle Luxurode, qui est complètement autonome en énergie. C'est un village comme les autres. C'est dans l'Aude. C'est un village de 200 habitants qui a décidé de créer une coopérative entre habitants du village. pour se fournir en énergie renouvelable et donc en mettant des panneaux solaires tout simplement. Et c'est les habitants qui touchent le surplus qui existe. par rapport à eux, ils ont créé une coop par rapport à ça. Village de 200 habitants, vraiment extraordinaire. Un village en Corse qui s'appelle Côte-Zanne, en plein milieu du Macky-Corse, qui pareil, le maire est extraordinaire et a décidé de créer un système hydroélectrique qui fait que tout le village est autonome en énergie. Et en fait, toutes ces initiatives-là, toutes celles qui existent, il faut les démultiplier, il faut les développer. Alors comment on fait ? Moi je suis... persuader qu'en fait, ce dont on a besoin, c'est de l'ambition, une ambition industrielle. Quand on parle de débat d'écologie, débat sur l'écologie, l'écologie populaire, l'écologie des entreprises, on a l'impression qu'il faut juste taxer. On va taxer, taxer, taxer, taxer. C'est une bonne chose. Il faut taxer, bien évidemment. Il y a du greenwashing gigantesque. On baigne dedans. Les entreprises font de la com' à peu de frais pour expliquer qu'elles font des choses alors qu'elles ne font rien. C'est scandaleux. On est dans un immobilisme absolu. Mais il faut aussi inciter... et accompagner les porteurs de projets à changer d'échelle, à grandir et à développer ces projets d'un point de vue national, d'un point de vue européen, et de grandir. Il faut réindustrialiser, il faut relocaliser toutes ces activités économiques, et pour ça, il faut une révolution fiscale. Fiscale, pourquoi ? Pour créer une TVA qui soit vraiment une TVA verte, un ISF carbone, on en a parlé aussi, donc oui, il faut de l'ISF et revenir à un ISF, mais pour quoi faire ? Pour recréer cette nouvelle industrie et pour la développer, il faut... d'outils, l'éco-conditionnalité. Par exemple, aujourd'hui, quand on a de la R&D, quand on est une entreprise, il n'y a que moins de 10% des entreprises qui touchent de la R&D pour une innovation environnementale. C'est-à-dire que 90% des aides publiques sur l'innovation, elles ne sont pas dans le domaine de l'environnement. Donc on va de toute façon dans le mauvais sens. La BPI, j'en parle même pas, parfois, aujourd'hui, elle n'a pas le mandat pour créer... des dynamiques industrielles autour du verre, elle fait un peu des choses, mais ce n'est pas suffisant, il faut aller beaucoup plus loin, il faut conditionner aussi toutes les aides à la BPI, pas qu'investir dans des start-up qui vont être vendues un milliard, les fameuses licornes, etc., et qui derrière vont partir à l'étranger, il faut investir dans des boîtes qui créent de l'emploi, etc. Et en fait, on a les moyens, finalement, il y a l'investissement qui est possible, on a, c'est le rapport Pisaniféry, Il y en a plein d'autres. En gros, c'est techniquement jouable. On a les solutions, on a le potentiel. Et maintenant, il faut avoir une vraie vision et une vraie vista industrielle pour pouvoir recréer tout ça. Et c'est de nos campagnes et c'est de nos territoires ruraux que généralement naissent ces initiatives, qui sont des petites initiatives, mais qui, très franchement, ont un potentiel gigantesque pour passer à l'échelle.
'est passionnant. Merci. Et c'est positif. Ça donne de l'espoir. Il nous reste maintenant deux prises de parole avant que je vous passe la parole et je me tourne vers toi, Philippe, Philippe Doucet, qui est membre du bureau national du Parti socialiste, ancien député, ancien maire d'Argenteuil et qui, par ailleurs, n'a pas sa langue dans sa poche, qui aime parler cash et qui voulait nous parler de sa vision de l'écologie populaire. On t'écoute, Philippe, on peut l'applaudir.
Bonsoir à toutes et à tous. Vous imaginez bien qu'avec une introduction pareille, si je n'étais pas cash, ça poserait, je me ferais tirer les oreilles par Chloé après ce débat. Moi, je vais revenir sur ton propos liminaire sur le RN et les classes populaires, que ce soit dans les métropoles ou dans les territoires ruraux. Ils sont vent debout sur l'écologie. Autrement, les écologistes feraient 80%. Et en plus, tout le monde est conscient ici. Et si on n'était pas après les interventions. des unes des uns et des autres que 1 il y a urgence 2 qu'il y a des solutions 3 qu'il y a des expériences territoriales qui fonctionnent donc ça devrait agir tous ceux qui ont un cerveau et qui le vivent les températures tropicales etc tout le monde l'a vécu tout le monde devrait basculer vers l'écologie naturellement même s'il peut y avoir des pétroliers des groupes de pression et ça qui freinent dans leur défense de leur intérêt propre, dans un court thermisme et tout. Or, on voit bien que dans la société française, même s'il y a des progrès dans l'évolution de la conscience écologiste et environnementale, on sent bien qu'il y a des réticences extrêmement profondes. Je venais parler de la banlieue. L'écologie devrait être populaire à mort en banlieue. Pourquoi ? Argenteuil, vous avez intérêt à avoir de l'isolation thermique. Parce que du coup, le prix de votre chauffage, quand votre logement est isolé ou pas isolé, avant, après, c'est pas la même chose. Être dans une passoire thermique avec des grippins pour vous chauffer, c'est pas la même facture que si vous êtes dans un logement raccordé à un chauffage urbain, avec une isolation par extérieur, comme nous l'avons fait dans le logement social, y compris avec l'aide de la région Île-de-France à l'époque, avec Emacos quand il y avait Jean-Peluchon. Il y a un gain de pouvoir d'achat, un vrai gain de pouvoir d'achat. Deuxième élément, toujours dans le gain de pouvoir d'achat en lien avec l'écologie, les transports en commun, le train, c'est moins cher que d'acheter une voiture, de payer l'assurance, de mettre le gaz à l'aile, de payer le stationnement, etc. Donc évidemment, quand il y a des transports... En commun, généralement en Ile-de-France, ils sont plutôt bien occupés, on va dire. Pourquoi ? Parce que si les gens prennent le transport en commun, c'est pas simplement ce qu'ils aiment être bien serré, surtout quand les trains sont pas là ou sautent, ou quand il n'y a pas assez de métro, c'est parce que derrière, ils ont un gain de pouvoir d'achat. Bon. Donc, du coup, les classes populaires ont intérêt à une écologie populaire et intérêt à ce qui est ce développement des politiques écologiques. Or, on constate que ce n'est pas le cas. Pourquoi ? De mon expérience locale, j'en vois deux raisons. La première, vous êtes à Argenteuil. Ils sont où, les transports en commun ? Ils sont dans le cœur des métropoles. Ils ne sont pas en grande banlieue, parce qu'en grande banlieue, plus on s'éloigne. Vous êtes dans Paris, il y a 200 mètres ou 300 mètres entre deux stations de métro. Quand vous êtes en grande banlieue, il n'y a pas 200 mètres entre deux stations de gare. Et donc vous êtes un jeune argenteuillet, vous êtes inscrit à l'université de Sergi-de-Montoise, la grande université du Val-d'Oise, en transport en commun, une heure et demie, deux buses, un bazar sans nom, en voiture, 20 minutes. Donc un jeune, pour aller étudier, il va commencer par laisser acheter une voiture. Il va falloir qu'il paye l'assurance, il va falloir qu'il paye le permis, il va falloir qu'il paye l'essence, il va falloir qu'il trouve un parking, etc. Et donc, quand en Ile-de-France, on dit il faut une ZFE, les mecs se disent, mais attends, ils viennent me voir, ils me disent, mais attends, nous on a acheté une voiture à 1500 euros parce qu'en gros on a trouvé la Clio, mais nous on fait comment ? Donc on a une zone d'exclusion, la 86. Tu as les moyens d'avoir une voiture aux normes qui vont bien, tu passes la 86, qui est le deuxième périphérique pour les non-franciliens. Tu n'as pas les moyens d'avoir la voiture qui va bien, tu ne rentres pas. C'est ça la réalité. Et donc aujourd'hui, on a remis en place en Ile-de-France, à travers ce système-là, les barrières d'octroi de la royauté. C'est ça la réalité. En tout cas, les gens le vivent comme ça. Et donc aujourd'hui, vous habitez Paris, vous avez des transports en commun, vous n'avez pas besoin de prendre la voiture, il y a des voitures, il y a tout, c'est très bien. Vous êtes francilien plus éloigné, et bien vous avez besoin de votre voiture pour aller étudier, vous avez besoin de votre voiture pour aller travailler. Un des grands pôles d'emploi à l'île de France, c'est l'aéroport de Roissy. On négocie, parce que ce qu'a fait Michael Delafosse à Montpellier, ce qui a été fait à Dunkerque, etc. Vous êtes maire de Montpellier, vous êtes AOT, autorité organisée des transports. Donc vous décidez tout seul, avec votre équipe évidemment, de mettre en place la gratuité des transports. En Ile-de-France, il n'y a pas un maire d'Ile-de-France qui est AOT, c'est-à-dire qui décide de l'organisation des transports puisque c'est Ile-de-France Mobilité liée à la région Ile-de-France qui décide. Donc si nous quand on dit il faudrait la gratuité des transports en Ile-de-France, c'est non. Quand j'ai voulu mettre en place, avec l'accord de la RATP, une ligne de bus, Argenteuil, l'aéroport de Roissy, parce que ça embauche à 6h à Roissy, et qu'il n'y a pas de connexion transport en commun à Roissy 6h, la RATP dit oui, et de France Mobilité dit non. Et donc qu'est-ce que font les gens pour les bosser à Roissy ? Ils prennent une voiture parce qu'autrement ils ne vont pas au travail. C'est ça la réalité. Et donc quand on dit faux des feux, les gens disent mais nous on fait quoi ? Donc on les met sur le bord du chemin. On ne met pas tout le monde dans le train, on n'emmène pas tout le monde dans le bateau. Et donc quand on dit il y a ceux qui sont bien dans les cœurs des métropoles et il y a ceux qui sont sur le bas-côté, les gens n'aiment pas qu'on les mette sur le bas-côté. Ça, c'est la première remarque. La deuxième remarque, elle est sur l'attitude. L'attitude que nous avons par rapport aux classes populaires. Et ça ne vaut pas sur la question écologique. Ils ressentent un espèce de surplomb. C'est le mépris. D'ailleurs, ça a été suffisamment cinglant pour un macroniste bien connu. Le mépris pour la clope et le gazoel. Quand vous n'avez pas le choix, et ça vaut pour les territoires ruraux, mais ça vaut aussi pour les banlieusards, quand vous n'avez pas le choix et qu'on vous dit, vous, vous êtes un mauvais citoyen parce que vous ne prenez pas le transport commun, et les gens disent, mais moi je veux bien. Donc le surplomb en disant, il y a ceux qui sont intelligents, qui ont compris, et puis il y a les autres. Quand vous n'avez pas obligatoirement les moyens d'isoler votre maison, d'isoler votre copropriété, etc. Mais vous vous sentez pointé du doigt. Et dans le monde d'aujourd'hui, où la verticalité n'est plus acceptée, mais le surplomb et le mépris, où ce qui est ressenti comme du mépris, n'est pas accepté non plus, n'est plus accepté. Et donc ça entraîne pas simplement l'inquiétude sur le fait que le monde change, ça il y a l'inquiétude, ça a été évoqué tout à l'heure, mais il y a aussi... Le « nous » et le « eux » ou le « eux » et le « nous ». Et donc là aussi, nous avons la bataille du récit à mener. La bataille comment nous disons tout le monde est concerné par rapport à ça. T'évoquer les agriculteurs, il y a quand même un truc, moi je ne suis pas agriculteur, et même si, comme Marine, j'ai une partie de ma famille qui a été agriculteur, mais quand tu te dis, normalement, les agriculteurs devraient être les premiers à être contre les pesticides, c'est eux qui les reniflent tous les jours, en premier, c 'est eux qui les sniflent tous les jours. Eh ben non. Donc, demain, il y aura plein de maladies professionnelles et ça. Donc, on voit bien que la manière dont on raconte l'histoire, comment on emmène politiquement dans un récit qui associe les gens et où on se met à leur niveau et pas l'inverse. C'est une chose dont il faut faire attention parce que se construit et les autres le font. Le Rassemblement national aux dernières élections, là où il est le plus faible, c'est dans le cœur des métropoles. Là où il est le plus fort, c'est dans tous les territoires. Il joue le nous contre eux. Et nous-mêmes, à l'insu de notre plein gré, on accompagne ce discours parce qu'on n'est pas capable de le déconstruire et de construire en disant nous, nous voulons faire transition écologique ensemble parce que c'est tous ensemble qu'on va crever sous les nuits tropicales. C'est tous ensemble où vos enfants vont avoir du mal à respirer, etc. Et votre qualité environnementale, votre dégradation du code de vie va être là. Et donc nous avons une profonde remise en cause à faire. Je pense sur la manière dont nous parlons, dont nous parlons écologie, dont nous parlons à l'ensemble de ces classes populaires pour leur dire vous aussi vous comptez. Nous, il n'y a pas de mépris. Venez avec nous monter dans le bateau. Merci.
Bravo. Merci Philippe. Last but not least. Je vais maintenant passer la parole à Benoît Hamon que je ne présente pas ici. Et je pense que vous êtes. Toutes et tous heureux de l'accueillir. Benoît, tu es d'ailleurs désormais président de l'association ESS France. Félicitations pour ça. On est très heureux de te voir à cette position. C'est très important. Tu as été un des premiers, j'ai envie de dire, à porter à très haut niveau, au niveau d'une campagne présidentielle, la sociale écologie. Il y a plein de questions que j'aurais envie de te poser. Je ne sais pas vous, mais il y en a une qui me vient là. J'aimerais avoir ton regard sur la situation. Depuis que toi, tu as porté ce sujet dans l'élection présidentielle de 2017, quelle analyse fais-tu de où est-ce qu'on en est maintenant sur le sujet de l'écologie populaire, sur le débat de l'écologie ? Comment on s'en sort ? Quel est ton regard sur ce qu'on n'est pas revenu à faire, pas venu à mal faire ? Et puis peut-être si tu veux nous parler aussi d'économie sociale et solidaire. Mais voilà un peu ton regard sur la situation.
Merci, merci Chloé. Je commencerai en fait en reprenant un petit peu ce qu'on dit, en rebondissant sur ce qu'ont dit Magali et Philippe. Sur le fait, c'est ça qui est intéressant en politique, c'est qu'on a tous les éléments devant nous. Pour savoir que, et vos mots étaient forts quand vous disiez, on n'a pas de comparaison historique pour comprendre le monde dans lequel on rentre. C'est compliqué. Mais on a, par les scientifiques, par de multiples rapports, ou par l'observation que l'on peut faire de la transformation de notre propre environnement, tous les ingrédients qui nous font penser, quel que soit notre niveau de vie, qu'il faut que ça change. Et pour autant, la raison ne suffit pas. A faire ce choix là. D'abord parce que si les électeurs étaient des êtres 100% rationnels. On s'est toujours posé la question dans les partis de gauche, pourquoi les ouvriers votent à droite ? Certains ouvriers. Et en fait, on rend des arbitrages, et des arbitrages qui peuvent être rendus entre des intérêts contradictoires et parfois des arbitrages qui ne sont pas entre des intérêts et d'autres intérêts, mais entre des intérêts et des valeurs. Un récit, une envie, un désir. Et ce qui est très frappant aujourd'hui, ce qu'on pourrait considérer comme une forme d'échec, provisoire de l'écologie politique, qui que ce soit qui l'incarne, c'est qu'en fait le récit qui l'emporte dans le débat politique est un récit où, et c'est là qu'il faut, à mon avis, qu'on fasse la bonne analyse, l'espérance, je dis bien l'espérance, incarnée par Jordan Bardella et Marine Le Pen, la joie qu'ils partagent, je dis bien la joie qu'ils partagent, est plus forte et plus grande que celle qu'on voudrait partager. Il y a une activiste américaine qui disait face à Trump au moment des batailles à venir, il faut proposer une meilleure fête qu'eux. Et ce qui veut donc dire que l'erreur serait de considérer qu'il n'y a pas une espérance et une forme de joie à imaginer demain Bardella et Le Pen l'emporter. Ça nous paraît très loin des joies qu'on partage, mais il y a de la joie. Alors la joie et quelle joie ? C'est une joie qui est terrible parce que c'est pour beaucoup aujourd'hui. une joie de maudire ensemble une joie de bannir ensemble une joie d'exclure ensemble une joie de faire mal ensemble et qui évidemment pour que cette joie trouva à s'épanouir a besoin de bouc émissaire les premiers d'entre on les connaît ce sont pas d'ailleurs tellement les immigrés ou les immigrants puisqu'on l'a vu dans la dernière étude de jaurès etc mais bien les musulmans qui sont le premier public visé par... Et puis toute la série des boucs émissaires qui peuvent arriver après, puisque la liste, elle est éternelle. C'est qu'en fait, pour ajouter des noms, si vous en avez fini avec le premier, vous passerez au suivant, etc. Donc on a, nous, un enjeu crucial à construire... un récit, je ne sais pas, je n'aime pas ces mots-là, ça fait spin doctor, là toujours, mais une histoire avec une espérance et à mettre en jeu aussi des valeurs et pas simplement des solutions, même si évidemment, on va y venir, elles sont importantes. Ça, c'est la première remarque que je voulais faire. La deuxième remarque, c'est que dans cette affaire, une partie des élites, pas toutes, puisque nous représentons ici une partie des élites, en tout cas pour ceux qui sont à cette table, mais une grande partie des élites... aujourd'hui est prise dans cette tenaille que décrivait parfaitement un philosophe que Marine a dû lire abondamment Bruno Latour qui disait aujourd'hui les élites occidentales, alors il disait les au sens général un petit peu mais sont prises entre le désir de la fuite en avant prolonger l'espérance de vie d'un modèle de développement qui a assuré leur richesse, leur domination sur le monde y compris leur domination pour les hommes sur l'autre moitié de l'humanité la fuite en avant et c'est l'attention, le retour en arrière, c'est-à-dire que comme c'était mieux avant, avant le wokisme, avant les écolos, avant MeToo, avant qu'on nous dise vous n'avez pas le droit de voyager comme si, etc., il faudrait revenir en arrière. Et donc on a une forme, me semble-t-il, moi aujourd'hui, presque de panique identitaire d'une partie des élites occidentales, avec au même moment trois incendies dans leur maison. La première maison qui brûle, c'est que... L'heure du monde n'est plus fixée seulement à Washington, Londres et Paris. En clair, la Chine a émergé, la Russie mène des guerres hybrides en Occident, le Sud global demande des comptes sur le colonialisme. C'en est fini le moment où la justice internationale qu'on a créée ne pouvait que juger des gens qu'on désignait quand Israël se fait traduire dans la justice internationale par l'Afrique du Sud. Donc c'est la première maison qui brûle. deuxième maison qui brûle... c'est celle de notre modèle de développement, et ça va m'amener à dire un mot sur le SS, juste en conclusion, c'est que l'habitabilité de la terre étant mise en cause par le fait que nous prélevons des ressources qui ne sont pas renouvelables au-delà des seuils de renouvellement, le système collapse. C'est tout bête à dire, effectivement, nous ne pouvons pas continuer à capitalisme constant. Nous ne pouvons pas continuer à bénéfice constant. Nous ne pouvons pas continuer à plus-value constante. C'est pas possible, ça. Ou à redistribution constante. Ceux qui disent le capitalisme vert finira par régénérer le capitalisme et on pourra prolonger l'espérance de vie du modèle, tout ça est une absurdité. Puis la troisième maison qui brûle d'un mot, puisque ça fait déjà deux maisons qui brûlent et qui provoquent cette panique identitaire, c'est MeToo. C'est que pour les hommes, depuis maintenant quelques années, le fait de ne plus pouvoir... impunément vivre ou laisser leur libido s'épanouir à travers le contrôle du corps des femmes est un bouleversement pour bon nombre de ceux qui souvent sont des hommes occidentaux qui incarnent ces élites et qui aujourd'hui expriment cette panique. Donc vous observerez que les paroles les plus virulentes sont très masculines aujourd'hui pour dire l'écologie c'est pas bien, le féminisme c'est pas bien, etc. Donc on est dans ce moment là. Ce que je trouve très intéressant, c'est d'arriver dans la discussion qu'on a à essayer d'imaginer à la fois des solutions politiques classiques, c'est qu'est-ce qu'on veut interdire, parce qu'il faudra interdire des choses, qu'est-ce qu'on veut réguler, changer par la politique fiscale, par des politiques qui posent des règlements, des interdits, des droits, des préférences. Qu'est-ce qu'on fait ? Et ce qu'a dit Nicolas, ce qui me semble aussi important, c'est comment le politique se met au service de l'innovation sociale et des innovations locales pour les passer à l'échelle. Ce qu'on sait mal faire honnêtement en France et depuis très très longtemps, ce qu'on sait mal faire et qui nous empêche aujourd'hui d'opérer... Ce qui me semble être la transition la plus importante, c'est-à-dire la manière dont on change notre façon de produire et la manière dont on change la nature des entreprises. Pourquoi est-ce que, Chloé, tu parles de l'ESS ? C'est parce que les entreprises de l'ESS, quand bien même elles ne sont pas parfaites, partagent deux propriétés dont on perçoit qu'elles peuvent peut-être nous aider à engager cette transition. Et en tout cas, elle l'a engagée de manière radicale mais douce. Je ne sais pas comment vous dire. En fait, le problème de la radicalité, c'est que souvent, c'est une brutalité quand dans les mots, finalement, on fait violence à tout le monde. Il faut trouver la manière de dire que oui, il va y avoir des changements radicaux, mais de penser aux transitions qu'a bien évoqué Philippe, c'est-à-dire qu'il faut penser la transformation, c'est-à-dire le but c'est ça, mais comment est-ce qu'on y arrive et comment on embarque tout le monde, et on n'est pas bon les Européens, même les Français, pour penser les transformations. Les philosophies orientales sont bien utiles pour ça, pour dire qu'entre le solide et le liquide, effectivement le gelé et le liquide, il y a une transformation, une transition, et qu'il faut penser ces transitions. Pour penser, me semble-t-il, ces transformations, ces transitions, les entreprises de l'ESS ont deux propriétés qui sont intéressantes. C'est qu'elles sont démocratiques, donc elles encastrent plus facilement l'intérêt général. dans les décisions de l'entreprise, et elles sont non lucratives. Ça veut dire qu'elles sont à l'abri des convulsions qui sont celles d'une société ou d'une économie dans laquelle celui qui a le monopole de la décision dans l'entreprise, souvent, le détenteur du capital, dit je veux que cet arbitrage soit rendu de telle manière, même s'il n'est pas bon socialement, même s'il n'est pas bon écologiquement, parce que ce qui prime... C'est le rendement de l'investissement que j'ai fait. Et nous avons, nous, éco-socialistes, écolo-socialistes, NFP, gens de gauche, à traiter de la question du pouvoir dans l'économie et du pouvoir dans l'entreprise. Tant que nous vivons dans une société et une économie dans laquelle l'immense majorité des entreprises, même, il y en a qui font des choses très très bien, mais restent des entreprises dans lesquelles le monopole de la décision stratégique repose sur le détenteur du capital, l'actionnaire. C'est beaucoup plus compliqué d'encastrer l'intérêt général, c'est beaucoup plus compliqué de penser l'investissement patient, long, d'inscrire l'entreprise comme un acteur de la transformation écologique. Donc, passage à l'échelle des innovations sociales me semble crucial, ce qu'a dit Nicolas, et sans doute le changement d'échelle plus globalement de la part de l'économie sociale et solidaire, en tout cas de ces entreprises dans le paysage entrepreneurial et économique français et européen.
Benoît et merci en tant que merci en tant qu'homme de parler de la continuité qui existe entre la masculinité toxique et le climato scepticisme parce que voilà on remarque. Que les nationalistes autoritaires à travers le monde sont beaucoup des hommes et qu'il y a un point commun, c'est un refus de la non-domination. On ne refuse de ne plus dominer les femmes et on refuse de ne plus dominer la nature. Et donc c'est aussi grâce au féminisme qu'on arrivera à lutter contre le réchauffement climatique. Chers amis, voici venu le temps de vous donner la parole. Qui veut la parole ? Je vais essayer de prendre 4 interventions paritaires. Hommes, femmes. Je te vois là-haut. Je viens. Tu peux
te présenter. Bonjour, je m'appelle Christine Jaguenot et je suis néo-adhérente. C'est la première fois que j'assiste à une réunion et je suis absolument ravie d'être là. Et j'habite dans l'Indre, donc territoire rural qui côtoie le Loir-et-Cher. Je voudrais rebondir sur les propos de Benoît, de Nicolas, et m'adresser aux députés européens que vous êtes, parce que je suis aussi cadre d'entreprise. Et il y a quelque chose qui me paraît absolument capital dans la transformation écologique et dans la fin du greenwashing, c'est la comptabilité intégrée. Et c'est un outil dont malheureusement on parle très peu et j'aimerais savoir quelle est votre position et comment vous, là je m'adresse à Chloé et à Christophe en particulier parce que je pense que c'est à l'Europe que ça va se jouer, comment est-ce qu'on peut mettre ça en mesure parce que c'est l'un des outils je pense Benoît, dans lequel vous avez fait référence sur le chemin qui peut aller du solide au liquide. Merci beaucoup.
Merci. J'essaie d'être le plus rapide possible. Victor, JS35, il est vilaine. C'était plus pour une remarque. Alors, je suis rentré dans le tas un peu, ça va être rigolo. C'est sur le sujet de l'écologie, surtout le mot écologie. C'est un mot qui ne me va pas du tout. Alors, pourquoi ? Ecologie, c'est quoi ? Ecologie, c'est la science de l'environnement. Est-ce qu'il y a des scientifiques ici ? Est-ce que vous êtes des scientifiques de l'environnement ? Je ne crois pas. Personne ici dirait, moi, je suis biologiste. Personne ne dirait, moi, je suis physicien. Il y en a certains, en effet, mais pas tout le monde. Et je pense qu'il y a un vrai problème avec ce mot écologie, parce que justement, on n'est pas des scientifiques de l'environnement. Et en fait, je pense qu'on devrait apprendre à déconstruire ce mot, parce qu'en réalité, quand on essaye de casser le mot écologie et d'aller plus loin, et qu'on essaye de poser la question, d'accord, si on n'est plus écologiste, on est quoi ? En fait, c'est hyper compliqué d'y répondre. On est quoi ? On est environnementaliste ? On est quoi ? On est défenseur de la terre ? C'est ça. Mais alors, je trouve que le fait de déconstruire ce mot ouvre énormément de chemin. des grandes réflexions qui en fait nous donnent le cœur de ce que c'est vraiment l'écologie. Et en réalité, je pense aussi quand nous, PS, on se dit social-écologie, en fait on a une boule rouge dans la main, on a une boule verte dans notre main, on essaie de jongler, de faire cette social-écologie. Et moi je trouve que, alors c'est bien parce que ça nous permet de gagner pas mal de combats et d'amener le sujet de l'écologie, de le vulgariser, mais je trouve que ce mot d'écologie mériterait d'être un petit peu déconstruit pour essayer de trouver d'autres mots qui nous permettraient de rentrer un peu plus dans la précision du sujet et d'infuser un peu plus.
Est-ce qu'une femme, maintenant, veut s'exprimer, s'il vous plaît, mesdames ? Vraiment pas ? Ah, génial, j'arrive.
Merci beaucoup. Bonjour, alors moi je suis Mariem du 95 et fière d'être au PS, chaque fois que je vous vois des tables rondes comme ça. Et donc sur aussi l'unité qui a été mise en place avec les écolos et tout ça. Alors, je vais dire un truc, mais c'est pas du tout sexy. Je vais dire que Benoît Hamon est toujours aussi sexy. Alors c'est pas physique, mais c'est pour tout ce qu'il vient de raconter. Non, mais on fait des choix. C'est des choix et des actes aussi, il me semble. Donc là, c'est un choix. Mais Audrey aussi, et puis tout le monde. Mais c'est surtout par rapport à ce qu'il vient de raconter sur ce question de transition et de changement nécessaire. Et qu'effectivement, on a les solutions en main, mais on a du mal à les mettre en place. Surtout peut-être sur ce rapport de force déjà qu'on a sur les acteurs les uns les autres et sur les territoires, etc. Mais quand est-ce qu'on va arriver à se dire, à avoir la réflexion de dire que le changement ça commence par nous-mêmes ? et comment balayer devant notre porte et comment on est aussi sur la proximité et c'est un peu tous les exemples que vous nous avez donné aussi et comment on s'entraide là dessus et il y a un mec qui est super sympa qui s'appelle Pascal Pic je ne sais pas si vous le connaissez qui est il me semble anthropologue et tout et qui parle de ces changements là aussi et qui dit comment ça nous coûte cher de ne pas enclencher, de ne pas faire ces efforts pour justement arriver à faire la transition. Et je voulais juste vous remercier pour tous les travaux que vous faites, même Philippe Doucet sur Argenteuil, en tout cas la géographe aussi, sur toutes ces informations que vous nous donnez, pour nous permettre de nous dire que la bataille n'est pas perdue. Et j'espère qu'on va la gagner. Voilà.
une dernière, alors, si je tiens... Là, le choix est quand même cornélien. C'est terrible. Vous voulez plus ? Allez. Désolé. Tu te présentes
à tous. Sylvain Lassonde, je suis maire adjoint à Sarcelles, en charge de la ville durable. Et, désolé, je suis scientifique, je suis climatologue. Désolé, chers camarades. Merci à tous pour vos interventions et les informations que vous nous avez données, qui sont très intéressantes. Il y a quelques années, on aurait pu faire cette même table ronde. Je pense que la majeure partie du temps aurait été consacrée à comment on fait baisser nos émissions de gaz à effet de serre. Aujourd'hui, une grande partie du temps a été consacrée à comment est-ce qu'on s'adapte. Parce que malheureusement... On a quand même un peu perdu la première bataille. Il ne faut pas baisser les bras parce que sinon, ça sera encore pire. Mais en termes d'adaptation, aujourd'hui, on doit y aller et on n'y va pas assez vite. Aujourd'hui, quand on regarde un peu le régime de 4 notes que tu parlais tout à l'heure, en 10 ans, on a fait quasiment x3 sur le coût. Pour les régimes de réassurance français qui sont mutualisés via le régime 4NAP, x3 au niveau du coût annuel sur les catastrophes naturelles. Il est indispensable que l'on puisse accélérer aussi bien sur le financement que sur la définition d'une stratégie cohérente à toutes les échelles, aussi bien au niveau de l'Etat qu'au niveau des collectivités locales. Et derrière, il faut qu'on puisse le chiffrer, planifier. Et c'est indispensable, parce que si on ne le fait pas, demain, les 50 degrés, ça sera tous les ans, et ça sera à Paris, à Lille. Et comment est-ce qu'on va vivre comme ça ? Comment est-ce qu'on va vivre avec les traits de côté, ces routes ? Comment est-ce qu'on va vivre avec les maisons qui s'effondrent ? On doit travailler très très vite sur ces questions-là. En tout cas, je vous remercie d'en avoir parlé, et maintenant, il faut qu'on puisse tous se mettre au travail pour avancer.
Parce que ça me crève le cœur, je vais quand même... Deux dernières prises de parole courtes, s'il vous plaît. A toi.
Merci beaucoup. Je m'appelle Esther, je suis ravie d'être là. Moi, je me posais une question en tant que jeune militante sur la question de la désobéissance civile. Vu que tout à l'heure, vous parliez par exemple des mégabassines et c'était quand même grâce à des actions qui ont été quand même assez violentes. Donc il y a une question morale qui est assez claire. En tout cas, pour nous, jeunes qui sommes très, je pense, éco-anxu. Du coup, est-ce que c'est une solution ? Est-ce que c'est quelque chose sur lequel vous avez une opinion que vous voudriez partager ?
'avoir donné la parole. Je m'appelle M. Mohamed, j'habite à Sergy, dans le Val-d'Oise. Je suis très, très passionné de la géographie. Ma question, je vais l'adresser spécifiquement à madame la sénatrice. Vous venez de présenter des expériences de la protection de la faune et flore à l'île de La Réunion. Ma question est la suivante. Est-ce que vous partagez cette expérience avec les pays de l'Océan Indien, la COI ? Parce que la Réunion est à 9 200 km de Paris et à 900 km de Madagascar. Et la situation à Madagascar... durant toute l'année, ils pratiquent ce qu'on appelle la culture sur l'huile. Ils brûlent toute l'île. Est-ce qu'il n'y a pas d'influence par rapport à la protection de l'île de la Réunion ? Est-ce que vous partagez toutes ces espérances avec les pays de l'OCI ? Parce que cette année, nous avons comptabilisé plus de 20 à 25 villes inondées à cause de cette situation. Merci.
Merci beaucoup pour vos réactions, vos questions. Et je vais laisser à tous ceux qui le souhaitent l'occasion de pouvoir vous répondre, réagir sur ce que vous avez dit. Mais peut-être que, puisqu'on vient d'entendre une question qui t'est spécialement adressée, Audrey, tu peux répondre.
merci pour la question. Alors évidemment, on partage. On partage avec le COI, on partage avec l'Hexagone, avec l'Europe. puisque beaucoup de nos projets sont financés d'ailleurs par l'Europe aussi, il faut le dire, parce que l'Europe est quand même la puissance qui a tout de suite pris en compte ces deux contraintes dont je parlais tout à l'heure, à savoir l'insularité et l'éloignement. Donc nous partageons, nous en parlons. Par contre, ce qui est difficile, et je vous l'avoue, et je pense que vous le savez, finalement, c'est tout ce travail, toute cette réflexion sur les échanges dans la zone indo-océanique. C'est extrêmement compliqué. Quand on parle de normes RUP, on sous-entend aussi... par exemple, des échanges, des négociations avec les pays de la zone pour les matériaux. Nous, on aimerait savoir comment ils construisent leur bâtisse tropicale, par exemple, parce qu'ils ont des savoir-faire qui nous importent et qui pourraient correspondre à nous, à notre île également. C'est pour ça que derrière l'initiative locale, derrière ce que font nos élus, derrière l'implication très forte des citoyennes et des citoyennes, le désintérêt du gouvernement et finalement son manque d'implication dans ce que nous demandons, à savoir, oui, bien sûr, des financements, mais surtout la capacité de partager, mais de partager vraiment et de récupérer ce qui est bon les uns pour les autres, c'est ce qu'on attend de ce gouvernement depuis trop longtemps. Il y a un véritable désintérêt et un grand oubli. Et donc, oui, je suis ravie de votre question parce qu'il faut qu'il y ait une prise de conscience. La manière dont on veut construire l'écologie populaire, bien sûr, elle doit s'inspirer de ce que nous avons comme ressources, chacun dans nos territoires, forcément. Mais ces savoir-faire-là, c'est une telle richesse. Il faut absolument les partager parce que, collectivement, on ira beaucoup plus loin.
Merci, Audrey. Je m'en presse. De passer la parole à notre invité Marine Tondelier parce qu'elle doit filer au meeting du NFP où je vous invite toutes et tous à vous rendre juste après. Donc c'est à toi Marine.
Mais ne vous inquiétez pas, il ne commencera pas sans vous. C'est juste qu'on devait se caler pour vous faire un très beau meeting. Mais vous savez qu'il sera beau. On doit quand même se caler un peu avant. Et j'avais promis que je l'ai rejoigné un quart d'heure avant. Juste pour vous dire deux choses qui n'ont pas été dites. La première, c'est que je trouve toujours ça bien d'aller sur les... En fait, jamais considérer... que les gens qu'on a à convaincre, en fait, ils sont là, on est là, et ils vont escalader tout seuls, comme ça, jusque là où on est. C'est-à-dire que moi, j'ai toujours revendiqué, mais c'est surtout après 10 ans d'élus d'opposition à Hélène Beaumont, et puis 15 ans de militantisme dans le bassin milieu du Pas-de-Calais, que, moi, ça me fait rire, des fois, dans des réunions politiques de campagne, quelles qu'elles soient, certaines qu'on a faites ensemble, certaines qu'on a faites séparées, on dit, ah, ben, quand même, les habitants de tel territoire, ils ont vraiment rien compris, puis ceux-là, vraiment, on n'arrête pas de leur dire qu'on fait pour eux pourquoi ils votent pour les autres, alors que, quand même, on est mieux sur notre programme. comme si c'était la faute des gens qui n'avaient pas compris. En fait, quand il y a un problème, c'est... Eux, ils ont raison, ils votent. Donc quoi qu'ils votent, ils ont raison, c'est leur vote. Le problème, peut-être que c'est nous, parfois, et qu'il faut qu'on se remette en question, et je le trouve intéressant, plutôt que de leur dire, on est là, ça se mérite de voter écolo, de voter à gauche, il faut avoir tout compris, donc tu escalades, tu ne vas pas bien, et bien comprends qu'avec nous, ça ira mieux, puis tu vas le comprendre tout seul, parce que vraiment, c'est comme ça. Et donc, des fois, il faut aller sur leur... Moi, par exemple, j'aime bien aller sur le sujet de la sécurité. Les gens qui disent vraiment... c'est la sécurité ok on y va donc tu te sens plus menacé par tel ou tel problème de sécurité qui risque quand même statistiquement très peu de t'arriver plus que par le souci de la centrale nucléaire de tel coin qui est construit sur une faille sismique que par le fait que il y a 48000 morts de la pollution de l'air par an que par le fait que tu habites là et que peut-être d'ici 2050 ta maison sera surpilotie et donc je trouve que c'est intéressant si de remettre les choses en perspective c'est à dire que Voilà, il faut aller sur ces sujets-là, tout comme quand les gens parlent de l'immigration, en disant, il y a l'URN qui a tout compris parce qu'ils parlent de l'immigration, et puis les écolos, ils n'ont rien compris, ils n'en parlent jamais. Sauf que nous, quand on se bat pour le climat, on se bat pour des problèmes à côté de ceux qui sont traumatisés par l'immigration, quand on va leur expliquer 2050, je pense qu'ils vont être en PLS, ne leur expliquons pas tout de suite. Et donc en tout cas, je pense qu'il y a un travail très important à faire sur les mots, tu as raison, mais tu vois, moi, je fais un truc où j'ai... J'ai pas envie de faire des débats sémantiques, machin truc, entre nous, par curiosité intellectuelle. En fait, j'ai plus le temps. Moi, je suis en panique totale, urgence sociale, urgence climatique, urgence facho, action. Et du coup, quand je réfléchis aux mots, c'est plutôt par quels mots je convainc. Et voilà, je sais que chez les Verts, on a... Moi, le premier atelier, j'en étais en 2015, ce que j'avais fait, c'était, donc j'étais des Verts, c'était parler plus simple en restant écolo. C'est-à-dire qu'on comparait des tracts terrain et des tracts écolo. Notre slogan, par exemple, en 2014, c'était « Donnons vie à l'Europe, aux européennes ». Je ne savais pas à quelle Europe. « Donnons vie à l'Europe », OK. Les fachos, c'était « Oui à la France, non à l'Europe ». Bon, on avait compris. Il y a des trucs comme ça, très simples, donc aller plus simple. Et chez Les Verts, on a fait aussi un travail sur le sujet des classes populaires et de comment... En fait, on a contacté toutes les personnes issues de classes populaires. qui avaient été ou qui étaient encore chez nous en leur disant comment vous vous sentez. Il y a des gens qui y sont encore, il y a des gens qui sont partis, il faut qu'ils nous disent ce qui les a aidés dans le militantisme, ce qui ne les a pas aidés. Il y a des gens qui militent dans des territoires que j'appelle moi d'adversité, genre énormément, mais il y a des territoires ruraux, il y a des territoires très populaires où les gens disent l'écologie, on n'a pas compris, on a vu à la télé des mecs qui ne ressemblaient pas vraiment, ils parlaient d'une écologie, on ne se voit pas faire comme eux. Et surtout à un moment, chez les Verts, 90% du temps de parole à la télé, c'était des gens qui habitaient dans le triangle d'or Belleville-Bassin. république donc ça ne les empêche pas d'être des très bons écolos mais comment tu veux expliquer à quelqu'un de la ruralité ou des quartiers pop si si nous on vous incarne on parle pour vous on vous ressemble quand tous les gens qui vont à la télé leur ressemble pas du tout et voilà c'est un moment un sujet de diversité de représentativité d'inclusivité et de se mettre à la place des gens ce que parfois ben en tant que politique on a du mal à faire donc c'est un gros travail qui en cours chez nous et l'issue de ce questionnaire on a un séminaire de rentrée du bureau exécutif le 5 septembre pour dépouiller et je pense qu'on va se prendre des claques dans la gueule Je pense qu'il va y avoir des résultats du quotidien en disant, écoutez, moi, ça fait 20 ans que je suis chez vous, vous êtes toujours au Sinon, vous n'avez rien compris, vous ne vous repréhenderez jamais, vous ne nous laissez pas là. Enfin, voilà, ça va être dur. Mais ce qui m'intéresse, ce n'est pas juste la psychothérapie de groupe par ailleurs, c'est le plan d'action qu'on attire derrière. Et je pense que chacun, dans nos mouvements, je sais que vous le faites aussi, vous réfléchissez aux nouveaux mouvements. Voilà, c'est des réflexions qu'on doit se poser tout le temps parce qu'on ne s'engage plus en 2024 comme dans les années 70. On ne prend plus sa carte dans un parti comme on est entré en religion. Il faut proposer d'autres choses. On ne représentera pas bien les gens s'ils ne sont pas représentés dans nos instances, dans notre parti. Et s'ils n'ont pas envie de venir, c'est qu'il faut fonctionner autrement pour qu'ils aient envie. Je reviens au truc de c'est nous le problème. Et donc du coup, c'est nous la solution. Merci
Marine. Merci de nous avoir fait l'honneur de ta présence. Et on te retrouve tout de suite sur la scène. Alors, qui d'autre veut réagir ? Tout le monde, en fait. Essayez de faire court pour que dans 25 minutes, on puisse aller au meeting. On va commencer. Allez-y.
je crois que c'est Esther, ton prénom. Je voulais répondre à Esther parce qu'elle pose une question qui n'est pas si simple que ça à répondre. Pourquoi ? A titre personnel, je pense que les méga bassines, c'est n'importe quoi. Quand je vois dans des endroits où il y a du maïs, on fait produire du maïs en pompant l'eau de la rivière qui est en train de s'assécher à côté, parce qu'il y a 20 ans, on produit du maïs et que du coup, on continue à pomper encore plus d'eau. On se dit qu'on marche sur la tête. Le problème des manifestations suite, par exemple, à Sainte-Soline, etc., c'est que tu es quelque part, je n'en sais rien, chez moi, des gens qui ne connaissent pas. Il y a plein de gens qui sont fixés sur les territoires, qui ne se déplacent pas ou qui vont s'ils ont la chance d'aller dans une maison de famille. Mais beaucoup sont assignés à résidence et donc tout passe par la télé. Les écologistes et ceux qui sont contre les méga-bassines peuvent se manifester en disant c'est n'importe quoi sur l'eau et de ça. Mais de l'autre côté, tu as des images de guérillas rurales, on va dire. Donc des policiers en quad, des manifestants et tout. Et qu'est-ce qui ressort de ça ? De la violence. Et il y a beaucoup de gens en premier réflexe qui disent qu'ils ne supportent pas la violence. Quelle qu'elle soit, d'où qu'elle vienne. Et donc, on voit bien que là, il y a une contradiction entre le militantisme pour dire c'est n'importe quoi et de l'autre côté, des gens qui disent mais c'est quand même une conflictualité avec l'État, avec les forces de l'ordre. extrêmement considérable et qui tourne en boucle parce que dans notre réflexion politique, notre réflexion sur les médias est insuffisante. C'est-à-dire que les chaînes d'info en boucle plus les réseaux sociaux font que c'est eux aussi qui font l'agenda. Et donc, il y a tout cela entre il faut dénoncer les méga-bassines, le militantisme écolo est légitime. Mais de l'autre côté, les citoyens et les citoyens ont peur de la violence qui, en plus, les relayait en boucle. On est dans un hiatus, dans une contradiction qu'on n'a pas résolue. Et je ne suis pas sûr non plus qu'on y ait beaucoup réfléchi.
Merci,
Philippe Magali. Juste pour rebondir sur la question de la désobéissance civile, je rappelle juste que la désobéissance civile, normalement, c'est non violent. Et que ça pose quand même une question, comment est-ce qu'on en arrive à un moment donné à ces scènes de violence où on tape, je suis désolée de le dire, sur des gendarmes ou des policiers qui sont des fonctionnaires, je suis une fonctionnaire, donc en fait on recliffe tout ça, et derrière nous en tant que scientifiques, je vous assure c'est l'enfer parce qu'on doit remonter, moi à chaque fois je commence par dire je suis contre la violence, parce que je suis sûre que dans la salle je lève la main, tout le monde est pour la violence, ça c'est le premier point. Le deuxième point en vous écoutant, je vois un risque. mais qui est le risque qui est partagé, c'est l'action individuelle. Et c'est ce que tu as dit, à un moment, le boulot d'un politique, c'est de redonner le choix. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, on a le choix pour notre avenir, on a encore le choix. Même si les indicateurs, ils sont tous au rouge, nous avons le choix. L'histoire, elle n'est pas écrite. Le problème, c'est que si on laisse peser sur les individus ce choix, sachant qu'il y a de moins en moins d'alternatives, pas qu'à cause du climat, mais à cause aussi de la fin des services publics, à cause aussi de toutes les politiques qui sont menées, vous avez en fait des gens effectivement qui sont, c'est la triple peine. J'ai un dernier point, et là c'est plus je m'adresse à des politiques, c'est que je suis toujours surprise dans un parti politique, j'entends beaucoup le terme de responsabilité. Je pense que les gens qui s'engagent aujourd'hui en politique et au niveau national et au niveau européen, vous avez une responsabilité inédite. Parce que vous tenez dans les mains l'avenir de tous ceux qui n'ont pas le pouvoir. Moi, je veux bien qu'on fasse de l'inclusion, je veux bien qu'on soit représentatif, etc. À un moment... Il y a des gens qui ont des compétences et qui ont le pouvoir et qui appuient sur le bouton. Et qui définissent le sort des esters, de mes gamines qui ont 7 ans, 10 ans, qui ont pas... Les gamins qui vont vivre 2040 de plein fouet, ils votent même pas. Ils sont à l'état de spermatozoïdes. Donc la responsabilité, c'est ça aussi, c'est de construire des politiques, des récits, des pouvoirs qui permettent aux gens, je crois que c'est chez vous que ça s'est inventé, de changer la vie. Moi, je ne comprends pas qu'on arrive en 2024, après ce qui s'est passé, à se poser la question du récit qui va embarquer. Vous l'avez, le récit. Benoît Hamon a parlé des valeurs. Il y a des valeurs à gauche qui sont partagées. Il y a des valeurs à droite qui sont partagées aussi. Ces valeurs-là, ce n'est pas les scientifiques qui vous les donnent. Ces valeurs-là, ce sont des valeurs citoyennes, ce sont des valeurs politiques. Et je trouve que ça serait bien qu'on refasse de la
Merci, Magali. Christophe.
Première chose, oui, on a beaucoup parlé d'adaptation, mais la bataille pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre n'est évidemment pas terminée. Et il y a des batailles qu'on peut gagner. Vous avez peut-être vu que la forêt ne stockait plus que 18 millions de tonnes équivalent CO2 en 2022 contre 28 en 2019. En 3 ans, plus d'un tiers de baisse de la capacité de stockage des forêts. Par contre, l'océan stocke encore 28. Donc battons-nous tous pour protéger... battons-nous tous pour protéger les océans et pour qu'on ne connaisse pas sur les océans ce qui s'est passé sur la forêt pour lequel il faut au moins 20 ans pour le récupérer. Deuxième chose, oui, il faudra arriver à une comptabilité qui intègre l'ensemble des conséquences de l'ensemble des décisions, y compris quand on détruit de la ressource dans l'activité d'une entreprise. Ça se traduit par une perte comptable dans l'entreprise. L'Union européenne a posé la première étape à travers l'obligation de produire et transmettre des données nouvelles. Je passe les détails. Il va falloir maintenant mener la bataille pour que ça soit intégré dans le bilan des entreprises. Troisième point quand même sur le récit. Oui, il faut de la politique. Mais justement, la planification de la transition écologique, ce n'est pas une affaire de technicien. Ça suppose de dire voilà où on veut aller. Effectivement, c'est aux politiques de le dire. On peut y aller. C'est possible. Voilà le chemin, les étapes. Voilà les moyens d'accompagnement. Et voilà les outils qui permettent de booster les solutions, de les passer à l'échelle et de les mettre en oeuvre. Et ça, c'est tout le débat sur... Oui, les nouvelles législations, la fiscalité, taxer les riches, créer les conditions de la mobilisation, de l'investissement et de la justice sociale pour réussir une transition et une planification dont les gens connaissent le point d'arrivée, les étapes, les modalités et les conditions dans lesquelles ils peuvent y participer. Puis dernière chose, je ne sais pas si le camarade a parlé de l'écologie du terme. Moi, j'espère être en train de gagner 6 ans au moins, si ce n'est pas 10, de bataille au sein du Parti socialiste pour tuer le terme de social-écologie. Je ne sais pas ce que c'est, c'est mou, c'est flou, c'est mettre du social dans l'écologie ou un peu d'écologie dans le social, mais le socialisme, il est où là-dedans ? Il est nulle part. Donc les seuls termes qui ont du sens, c'est l'éco-socialisme. En France, il y a une autre histoire. Donc nous, on a choisi le terme du socialisme écologique. C'est oui, on continue la bataille du socialisme pour l'égalité, l'émancipation, la justice sociale. Mais on a compris que c'est pas en produisant des richesses qui détruisent la planète qu'on allait améliorer la vie des gens. Il faut améliorer ensemble la planète et la vie des gens. C'est ça, le socialisme écologique. Et c'est ça qui permet de faire une écologie populaire.
Bravo. Nicolas, puis Benoît. Et on conclut.
Oui, juste très rapidement sur la comptabilité. Moi, je pense que le changement d'échelle dont on parlait, cette nouvelle économie dont on a besoin, c'est vraiment sur des détails. Ça emmerde tout le monde, la question de la fiscalité, de la comptabilité. Ça a l'air complètement abscons. Et en fait, pour moi, la révolution, elle est là dedans. Et en fait, si on arrive à changer ce petit bouton là, en fait, c'est systémique l'approche qu'on peut avoir. Et c'est dur de rendre ça sexy parce que vraiment parler de comptabilité, comment on intègre l'impact social, l'impact environnemental. Nous, ça fait 10 ans qu'on le fait. Ça fait 10 ans à travers Inco, à travers les fonds d'investissement. On gère un conseil pour plus de 500. millions d'euros qu'on investit dans ces entreprises innovantes. Et en fait, c'est très possible de calculer et la richesse financière et la richesse qu'on appelle extra financière et calculer l'externalité qui est créée. Et à partir de là, une fois qu'on a des métriques, des outils de mesure, on en a plus de 1000, nous, c'est possible de le faire. Et demain, c'est ça la grande révolution. En fait, le grand soir, pour moi, c'est un grand soir fiscal. Et c'est comme ça qu'on changera vraiment les choses, qu'on réorientera l'économie et qu'on aura des entreprises qui répondront vraiment. aux défis de demain et qui créeront les emplois pour répondre à ce défi-là. Et comme ça, on arrêtera parler des bassines et on arrêtera parler de l'éolienne à côté, etc. Et ça deviendra une évidence pour tout le monde. Voilà. Merci.
Benoît.
Oui, bon, alors, très bref, pour dire que si la politique, c'était pour les politiques appuyer sur un bouton et ça marche. Ça ne marche pas toujours comme ça. Et là, je pense que la situation de blocage, on va passer aux travaux pratiques, puisqu'on a eu des élections législatives, il y a un parlement qui a quand même une coalition qui arrive. En tête, je ne vais pas faire les figures imposées pour dire le NFP, c'est formidable, je le pense, mais on a quand même une situation bloquée. Et je pense que... On pourrait passer aux travaux pratiques pour justement essayer d'imaginer de quelle manière on transforme en profondeur la société dans ce qui pourrait être une démocratie adulte. Je considère que la Ve République, à bien des égards, relève d'une forme de démocratie mature, tant elle confie de pouvoir au président de la République et tant elle est... peu respectueuse de tous les autres échelons qui sont ceux de la décision et de la transformation dans ce pays, l'échelon local, l'échelon parlementaire et celui d'un partenaire qui a longtemps été ignoré, la société civile et le mouvement social. Alors d'un mot, je pense que ce qui est intéressant à la période, c'est qu'au-delà, et je trouve bien qu'on ait trouvé Lucie Casté comme personnalité issue de la société civile, l'enjeu, il n'est surtout pas de résumer la future relation de la politique à la société civile. au fait d'aller emprunter une personnalité à la société civile pour la mettre dans la sphère politique. Parce que l'enjeu, il est bien de construire des méthodes désormais de coproduction de la transformation, des méthodes qui, pour faire vite, sur l'éducation, doivent nous amener à penser un nouveau contrat entre l'école et la nation avec les acteurs du monde éducatif, sur la question du travail, doivent nous amener à penser les mêmes choses, sur la question de l'écologie ou de la santé. d'essayer d'imaginer de quelle façon nous pouvons construire l'agenda de la transformation à partir de la décision politique, mais à travers aussi la mise en mouvement des acteurs économiques et des acteurs sociaux. Et ça, je trouve que c'est finalement un chantier assez intéressant, parce que d'un mal, on peut faire un bien finalement. La dissolution qu'a voulu Jupiter, elle accouche d'une situation de blocage dont on peut peut-être imaginer que dans le... dialogue ou la coproduction, la coopération, voilà un beau mot, la coopération entre le champ politique pur, celui de la représentation des citoyens à l'Assemblée nationale et la société civile, le mouvement social, on peut imaginer une coproduction qui est une coproduction qui nous permet de sortir peut-être par le haut de la situation de blocage dans laquelle nous sommes. Donc, si le NFP gouverne ce que je souhaite demain. Je pense qu'il doit immédiatement ouvrir un espace démocratique nouveau en disant on va coproduire. Et ce sera plus compliqué pour les parlementaires qui s'opposent au NFP de s'opposer si au préalable, on a été bâtir dans tous ces secteurs dont je vous parle des politiques qui reposent sur les priorités telles qu'elles sont perçues, analysées par les acteurs du mouvement social, c'est-à-dire les citoyens.
Benoît. Et merci. A vous toutes et tous de nous avoir écoutés. On repart reboostés avec de l'espoir et c'est à nous d'incarner la liberté, la joie pour les classes populaires.
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