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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Bonsoir à toutes et à tous. Un coup de force institutionnel. Jean-Luc Mélenchon menace de lancer une procédure de destitution contre Emmanuel Macron au motif que, six semaines après les législatives, le chef de l'État refuse toujours de nommer à Matignon la candidate issue de la formation arrivée en tête aux élections. Le leader de la France insoumise y voit, je cite, un abus de pouvoir et veut faire tomber le président au nom de l'article 68 de la France. constitution un coup de pression supplémentaire donc pour emmanuel macron qui recevra vendredi tous les chefs de partis et de groupes parlementaires en vue de nommer un nouveau premier ministre à la france alors question la gauche peut-elle imposer sa candidate emmanuel macron est il en mesure de créer la surprise avec un premier ministre consensuel capable de gouverner sans majorité et si oui quel serait son profil c'est le sujet de cette émission de ce c'est dans l'air intitulé Et ce soir, Macron, Matignon et une destitution en forme de questions. Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Christophe Barbier, éditorialiste politique, conseiller de la rédaction de Franc-Tireur. Votre livre « Moi, Jean-Luc aime », c'est aux éditions Grasset. Caroline Michel-Aguire, vous êtes grand reporter au service politique du Nouvel Obs. A retrouver dans le numéro qui sortira mercredi en kiosque, votre papier « L'été studio » de Lucie Casté. Jean Garrigue, vous êtes historien, président de la Commission internationale d'histoire des assemblées. Votre ouvrage « Jours heureux quand les Français rêvaient ensemble », c'est aux éditions Payot. Et enfin, Gail Slimane, vous êtes président et cofondateur de l'Institut de sondage Odoxa. Merci de participer à cette émission en direct. Caroline Michel-Aguire, donc hier, tribune dans la tribune dimanche de Jean-Luc Mélenchon, titré « Démettre le président plutôt que nous soumettre ». Est-ce que Jean-Luc Mélenchon ne rajoute pas comme un coup de pression supplémentaire pour Emmanuel Macron qui n'a toujours pas nommé de Premier ministre ? C
'est sûr que c'est un moyen de détourner la tension médiatique et politique qui est aujourd'hui suspendue. au timing, au calendrier, aux décisions d'Emmanuel Macron et de lui rappeler que, normalement, il est censé, depuis maintenant plusieurs semaines, avoir nommé un Premier ministre. Il faut voir deux choses. D'abord, cet article auquel fait référence Jean-Luc Mélenchon, c'est l'article 68 de la Constitution, qui est un article assez récent, qui date de 2014, je crois, et qui dit que... On peut démettre, demander qu'un président de la République soit démis s'il manque à ses devoirs. Ce qui reste, comment dire, d'une interprétation assez floue. Mais surtout, il faudrait que les deux tiers de l'Assemblée nationale et du Sénat réunis votent pour. Ce qui, en l'état, est assez improbable. Il faudrait que toutes les oppositions se mettent ensemble pour qu'on puisse dépasser les deux tiers. Donc, je pense que Jean-Luc Mélenchon, c'est très... bien que la probabilité que ça arrive et que tous ces gens-là votent avec les insoumis est assez faible néanmoins d'un point de vue médiatique, il s'agit de rappeler qu'on attend, que la France attend depuis plusieurs semaines qu'Emmanuel Macron nomme un Premier ministre, et comme Marine Tondelier l'a très bien exprimé ce matin, s'il voulait faire une trèfle politique, c'est-à-dire ne pas changer le gouvernement pendant les Jeux Olympiques, pourquoi avoir fait une dissolution dans la précipitation juste avant les JO ? Donc on est vraiment dans cet énervement. je pense, de toute la classe politique, mais probablement des Français aussi, à qui on a demandé d'aller voter rapidement, de se précipiter, soit de repousser leurs vacances ou de faire, je ne sais pas, des procurations, et qui depuis attendent. Donc le risque que ça arrive est assez faible.
La destitution ?
La destitution, c'est une manière pour Jean-Luc Mélenchon, qui adore ça, de reprendre la main et de faire en sorte que ce ne soit pas Emmanuel Macron. en majesté, qui nous fait encore attendre toute une semaine, puisqu'il aurait aussi bien pu faire la réunion aujourd'hui, d'ici vendredi, de recevoir les gens et les partis politiques, et on attendra encore la semaine prochaine.
– Jean Garrick, vous êtes d'accord, cette menace de destitution a peu de chances d'aboutir, et si, alors si oui, pourquoi Jean-Luc Mélenchon a-t-il fait cette tribune hier ? Qu'est-ce qu'elle a fait rechercher ?
Alors je suis d'accord, cette destitution est totalement hypothétique et improbable. On l'a bien dit, non seulement il faut que les deux tiers de l'Assemblée et deux tiers du Sénat votent la constitution d'une haute cour, mais que cette haute cour ensuite, aux deux tiers, vote la destitution. Donc c'est quasiment impossible. Ça veut dire qu'il y a une autre explication. Est-ce que c'est une manière de mettre la pression sur Emmanuel Macron d'une certaine manière ? à Jean-Luc Mélenchon, qui connaît bien son histoire politique, que, par exemple, après la victoire du Front populaire, le Front populaire avait attendu plus d'un mois pour désigner un... président du conseil, ça s'appelait à l'époque comme ça. Alors là, on est à six semaines. Alors on est à six semaines. Mais vous voyez, il y a quand même des précédents. Et les précédents, on les trouve aussi dans tous les autres pays étrangers où on a mis quelquefois beaucoup plus de temps pour avoir un gouvernement. Passons là-dessus. Moi, je pense qu'on pourrait avoir une interprétation, je veux dire, presque encore plus cynique de ce qui se passe. C'est-à-dire qu'on voit bien que là, ce projet de destitution brandi par Jean-Luc Mélenchon et LFI, a suscité de la part des partenaires du nouveau Front populaire beaucoup de réticences. C'est le moins qu'on puisse dire. Olivier Faure, Fabien Roussel et même Marine Tondelier s'y sont opposés. Moi, je trouve que c'est quand même une manière de mettre un coup de pied un peu dans la fourmilière du nouveau Front populaire et peut-être même d'essayer de montrer qu'on n'a pas véritablement envie de soutenir la candidature de Lucie Castel. Je suis persuadé, et je ne suis pas le seul, que le calcul, et c'est d'ailleurs cohérent, le calcul de quelqu'un comme Mélenchon ne peut pas être la réussite de Lucie Castel. Parce que la réussite de Lucie Castel, ce n'est pas la réussite de la France insoumise. On voit bien que déjà le projet de Lucie Castel aujourd'hui, il a pris un certain nombre de distances vis-à-vis du programme du nouveau Front populaire. Et on voit que les réactions de la France insoumise n'ont pas été très favorables. Merci d'Assouler et les autres. été très très satisfaites donc moi il me semble que l'objectif de jean luc mélenchon c'est de garder la main sur la gauche d'être le leader de cette gauche que son objectif c'est pas du tout matignon à court terme mais bien l'élection présidentielle de 2027 et donc on pourrait on pourrait interpréter cette ce projet de destitution et l'impact de ce projet de destitution comme une manière de dire à ses partenaires que pour l'instant on n'est pas sur la même longueur d'onde.
Christophe Barbier, votre regard sur cette tribune, qui d'ailleurs, de façon assez ironique, a été quand même un petit peu éclipsée par la mort d'Alain Delon. Certains y ont vu d'ailleurs un espèce de barou d'honneur d'Alain Delon contre la gauche, parce qu'on sait bien qu'il ne cachait pas ses opinions à droite.
Et puis cette impression que la dissolution convoquée en urgence n'a pas amené de bouleversements dans le pays, ça donne aussi l'impression qu'il faut que tout change pour que rien ne change, ce qui était une phrase célèbre du... Du guépard, le film avec Alain Delon. Jean-Luc Mélenchon a quand même réussi quelque chose. Sa rentrée politique. Et en effet, sa rentrée politique sur la gauche. Qu'est-ce qui se passe ? Les Verts, le PS, le PC ne sont pas d'accord avec cette analyse, ne veulent pas de destitution, rejettent. Mais ils
restent. Pourquoi ils l'enchaient d'ailleurs ? Parce qu'ils y voient comme une façon de fragiliser nos institutions, de fragiliser, de mettre le désordre ? Ce sont des
partis de gouvernement
qui
considèrent que la Ve République est améliorable, mais qui n'en nie pas la légitimité. Or, ils ont vis-à-vis de l'exécutif une autre arme, qui est, ils le disent, la censure. Quand on n'est pas content d'un gouvernement, on le censure. D'ailleurs, s'il n'y avait toujours pas de Premier ministre au moment de la rentrée parlementaire, peut-être qu'il y aurait une motion de censure symbolique contre le gouvernement des missionnaires. Mais Jean-Luc Mélenchon, lui... abusent de la lecture de l'article 68 pour faire croire que ne pas nommer un Premier ministre, prendre son temps, voire choisir un Premier ministre ailleurs que dans un des groupes les plus importants de l'Assemblée, c'est une forfaiture. C'est un manquement du chef de l'État à ses devoirs, mais pas du tout. L'article 68, il est fait sur la base d'un ancien article qui concernait la haute trahison. Manquer à ses devoirs quand on est un chef de l'État, c'est pas prendre six semaines pour choisir un Premier ministre de son choix. C'est son droit le plus absolu, le plus constitutionnel. Donc évidemment... Jean-Luc Mélenchon le sait, son analyse juridique est nul et non avenu. Mais il a obtenu le résultat qu'il souhaitait. Le Front populaire dit on n'est pas d'accord, mais le Front populaire reste. Tous les partenaires continuent cet attelage baroque qui a eu une grande efficacité électorale au moment des législatives, mais qui n'a aucune homogénéité idéologique. Et on ne voit pas comment demain pourrait s'entendre dans un même gouvernement. des partis qui ne sont pas d'accord sur la lecture de la Constitution. Alors soit ils ne sont pas d'accord et ils ne peuvent pas prétendre à gouverner ensemble, soit ils vont gouverner ensemble autour de Lucie Casté ou de quelqu'un d'autre, et il faut qu'ils se mettent au clair sur un certain nombre de sujets, dont la lecture du rapport de force institutionnel.
Gaël Slimane, finalement, Jean-Luc Mélenchon, d'une certaine manière a réussi sa rentrée politique avec toujours la même stratégie, on clive, et toujours le même objectif. la présidentielle de 2027. Alors
oui, pour la deuxième partie de la question, c'est-à-dire sur les objectifs, après réussir, ça dépend à l'aune de quoi, si réussir et se remettre au centre du jeu, je suis tout à fait d'accord à ce que vous avez dit tous les trois, de se remettre au centre du jeu, d'empêcher la gauche d'être en situation avec Lucie Castel, d'accéder à Matignon, parce que là, quand même, c'est pour ça que j'ai du mal à répondre, est-ce que c'est réussi ou pas réussi, ça correspond à un objectif de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que c'est une réussite de se dire... que pour une fois, le nouveau Front populaire arrive à proposer un candidat, une candidate, qui puisse être regardée avec une certaine bienveillance, qu'on ne puisse pas balayer d'un revers de main, en se disant, elle est trop extrême, elle est trop ci, elle est trop ça. Personnalité de la société civile, sur une ligne politique qui semble relativement raisonnable, qui a reçu des appels du pied de la Macronie par le passé, et notamment de Bruno Le Maire. Elle a été approchée
par Bruno Le Maire ? Pour
entrer à son cabinet.
Donc, d'une certaine façon, elle était Macron-compatible.
On pourrait le dire, on n'est pas sur une personnalité aussi clivante ou éruptive que les précédentes. Et je rejoins ce que vous avez dit l'un et l'autre, et ce que vous avez dit aussi. La réussite de la gauche à Matignon, ce n'est pas le projet politique, ce n'est pas l'agenda de Jean-Luc Mélenchon. Maintenant, dans nos sondages, là on n'en a pas réalisé sur la séquence qui vient de s'ouvrir, mais dans nos sondages avant tout cela, il y a quelques semaines, on voyait que Jean-Luc Mélenchon était la personnalité qui suscitait le plus de rejets en France, parce que justement les Français ont décodé sa posture comme étant une posture de clivage. Mais là il risque... quand même de fracturer une partie, non seulement du NFP, c'est-à-dire des parties avec lesquelles il s'est allié pour ses législatives, mais même au sein même des insoumis. Parce qu'une bonne partie des électeurs insoumis et même des porte-voix des insoumis voyaient d'un bon oeil cette candidature de Lucie Castel. Et donc comprennent bien que ce que fait Jean-Luc Mélenchon, c'est quelque chose qui ne pourra que nuire à cette candidature. Elle incarnait une forme de... possibilités raisonnables et il est en train de reprendre la main pour d'une certaine manière lui mettre des bâtons. C'est comme ça que je le décode sur le plan de la stricte analyse politique et je ne suis pas certain qu'il en tire profit en termes d'image, en termes de popularité et même en termes de capacité à maintenir son propre camp fédéré.
cette semaine marque donc la fin de la pause politique décrétée par Emmanuel Macron avant les Jeux Olympiques. Le président va recevoir les chefs de partis et de groupes parlementaires ce vendredi en vue de la nomination du Premier ministre. Mais ce week-end, on l'a dit, c'est Jean-Luc Mélenchon qui a lancé un pavé dans la mare en menaçant le chef de l'État d'une procédure de destitution s'il ne nomme pas à Matignon une personnalité issue des rangs de la gauche. Sujet de Magali Lacroze et Christophe Roquet.
président qui s'offre un bain de foule pour ses derniers jours de vacances aborment les mimosas, plus ou moins bien accueillis par les plus jeunes. La fin de l'été approche. Une commémoration, celle de la libération de la Provence. Ce week-end est déjà l'annonce d'une rentrée politique
ne cédons rien à la division. Demeurons ce peuple toujours capable de renverser la fatalité du destin.
La trêve olympique aurait-elle trop duré ? Toutes les forces politiques sont conviées à l'Elysée vendredi en vue de former un nouveau gouvernement. Mais dès hier dans la tribune dimanche, la France insoumise donne le ton menaçant. d'engager une procédure de destitution du chef de l'Etat.
Il a maintenu au gouvernement un gouvernement démissionnaire pendant maintenant un mois et demi. Et comme je vois que le président de la République fait tout pour essayer en quelque sorte d'annuler le résultat des élections législatives, oui, avec mes collègues de la France Insoumise, nous disons... Attention, oui, nous allons à ce rendez-vous. Nous demandons à nommer Lucie Casté comme chef du gouvernement. Mais si le président de la République décide de s'asseoir sur le résultat des élections, ça ne restera pas un punier.
Mais voilà, les alliés du nouveau Front populaire ne sont pas vraiment sur la même ligne. En quelques mots, les socialistes se désolidarisent.
Cette tribune n'est signée que par les dirigeants de LFI. Elle n'engage que leur mouvement.
les verts on préfère commenter l'invitation de vendredi à l'elysée pour y voir un espoir
vais choisir d'y voir voilà un geste favorable parce qu'il nous reçoit déjà Premier dans le rang protocolaire, dans l'ordre protocolaire, c'est que quelque part, il reconnaît notre ordre d'arriver aux élections législatives. Il était temps. Enfin, ça va avancer. C'est ça que je décide de retenir. Et surtout, le fait qu'on aille tous ensemble au sein du nouveau Front populaire, les chefs de partis, les présidents de groupes parlementaires, Lucie Casté, ça va faire 12 personnes reçues par Emmanuel Macron ensemble.
Lucie Casté, cette haute fonctionnaire que la gauche voudrait voir à Matignon, a passé ses vacances en campagne, dans le Nord. Dans le Loiret, avec les ouvriers de Duralex, un été très médiatisé, très entouré. Pour le dire et le répéter, elle est prête.
L'idée c'est de gouverner avec tous ceux qui auront envie de mettre en oeuvre nos propositions. Je l'ai dit, on fera des compromis, on travaillera avec toutes les personnes de bonne volonté qui partagent nos grandes orientations politiques.
D'autres noms circulent pour Matignon parmi eux. Un ancien Premier ministre, ancien socialiste. Ex-ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui cet été encore a dit « Pourquoi pas ?
Je n'ai jamais refusé de mettre de la sagesse là où il n'y a que de la déraison. Et s'il faut le faire de façon collective, je serai toujours prêt à cela.
Deux anciens ministres de Jacques Chirac sont évoqués, Michel Barnier, Jean-Louis Borloo. Mais à droite, celui qui a fait parler de lui tout l'été, c'est Xavier Bertrand. Le Figaro rapporte que cet été, Emmanuel Macron se renseigne.
« Il est comment ? » demande-t-il à ses interlocuteurs. « Il est prêt à relever le défi, » lui répond une proche de Xavier Bertrand. « Il est préparé.
même les anciens de sa famille lui veulent du bien.
a beaucoup de qualité, Xavier Bertrand. Xavier Bertrand est un homme politique avec une très grande compétence et peut servir grandement la France.
attendant la décision du président, quelques jours avant le premier grand rendez-vous politique de la rentrée, vendredi à l'Elysée, Marine Le Pen se dit indigné que Lucie Casté ait elle aussi été invitée.
Alors, Christophe Barbier, question de téléspectateurs. Je rappelle d'ailleurs que vous pouvez poser vos questions en flashant le QR code qui s'affiche en bas à gauche de l'écran. Voilà, il est là, je le pointe, en bas à droite de l'écran. Question de Catherine dans l'Isère, Christophe Barbier. Un Premier ministre technicien ne serait-ce pas la meilleure des solutions ? Ça veut dire quoi d'abord, technicien ?
Technicien, ça veut dire qu'il n'est pas encarté dans un parti politique, qui n'a pas de carrière d'élu, qui n'a pas surtout d'ambition personnelle, notamment pour 2027. Et en effet, ça fait un pédigré qui désamorce beaucoup de choses à l'Assemblée nationale. Parce que parmi les noms qu'on a vu passer, tous ceux qui peuvent être des présidentiables sérieux en 2027, s'ils réussissent à Matignon, dans ce cas de figure très délicat... ils auront contre eux les fusils de tous leurs rivaux et de tous ceux qui seront jaloux ou inquiets. Donc d'envoyer à Matignon des profils aussi lourdement politiques qu'un Xavier Bertrand ou qu'un Bernard Cazeneuve, c'est les envoyer au casse-pipe. Parce qu'à la moindre occasion, sur un texte budgétaire, sur une loi, il y aura une coalition de ceux qui ne seront d'accord sur rien, sauf sur... on se débarrasse de lui ou on se débarrasse d'elle. Et donc, un technicien échappe à cela. Un technicien, c'est quoi ? C'est un haut fonctionnaire qui, venant d'un parcours d'expertise de l'État, en étant passé, je ne sais pas moi, par le Conseil d'État, la Cour des comptes, la Banque de France, la Direction du Trésor, arrive en disant, écoutez, moi, je ne fais pas de politique, je regarde les comptes, je vous dis ce qu'il faut faire. pour que la France ne dégringole pas, pour qu'elle arrive à avoir une économie et des finances publiques qui tiennent debout. Je vous propose, si vous n'en voulez pas, moi je retourne à mon poste. C'est à vous d'être responsable. Pas facile pour un groupe politique, de gauche radicale, d'extrême droite, du centre, de dire à un moment donné, nous ne sommes pas d'accord avec la politique menée, nous voulons que ce gouvernement s'en aille. Il faudra trouver des arguments solides et pas des arguments idéologiques. Donc en effet, un ministre, premier ministre technicien, ça peut être une carte pour Macron. deux autres avantages. D'abord, il n'y aura pas d'inimitié entre le président de la République et lui. On sait qu'Emmanuel Macron est assez ombrageux et que la mésentente qu'il y a pu y avoir avec Édouard Philippe sur la fin ou même avec Gabriel Attal ces dernières semaines, ça a joué. Le président qui est déjà en cohabitation politique n'a sans doute pas envie de se retrouver en cohabitation psychologique avec des séances de chiens de faïence quand il recevra son Premier ministre. Deuxièmement, un Premier ministre technicien dans un pays comme la France, ça peut avoir son moment de popularité. Le docteur qui est au chevet du malade, qui ne fait pas de politique, qui n'a pas d'ambition pour lui-même et qui dit aux Français, écoutez-moi, je travaille pour vous. C'est un peu ce que Giscard d'Estaing avait réussi avec Raymond Barr au tout début, en 1976, quand il avait fait venir le meilleur économiste de France à Matignon. Il ne mettait pas dans l'arène un futur présidentiable, même si en 88, Barr s'est présenté. Il mettait quelqu'un de compétent dans un moment difficile qui
était le choc pétrolier. Alors Caroline Michel-Aguire, on a des noms de techniciens qui circulent et qui pourraient être nommés la semaine prochaine, pourquoi pas, Premier ministre à Matignon et des noms connus.
Juste avant de vous répondre, un rebond. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce que vient de dire Christophe. Justement à cause de la situation de nos finances publiques. Dans l'absolu, oui, vous avez raison. Mais là, comme on sait, on a eu un déficit record qui n'était pas prévu par le précédent gouvernement. Les prévisions pour 2024 sont de 4,9%. Et surtout, la France s'est engagée auprès de la Commission européenne. atteindre 3% de déficit budgétaire en 2027. Or, votre réaction spontanée, c'est de dire, il faut réduire. Non, il y a deux façons possibles, quand on a un trou dans son budget, et tous les Français le savent, c'est de réduire les dépenses ou d'augmenter les recettes. Donc, il y a deux options politiques qui sont... totalement différente. On le sait, la droite et Emmanuel Macron dit il faut réduire les dépenses, ce que vous avez dit, il faut réduire. La gauche, et c'est dans le programme du NFP, dit il faut augmenter les recettes en augmentant l'imposition des plus riches et des grandes entreprises. On voit bien que cette décision-là, elle est éminemment politique, est un... technicien potentiel aura une décision éminemment politique à prendre, qui est de savoir soit l'un soit l'autre, soit un équilibre entre les deux. – Si c'est un vrai technicien, il fera les deux. – Voilà, soit un véritable équilibre entre les deux. Mais on voit bien que cette option-là, le profil du technicien va avoir avec lui cette option politique, qui est un peu plus d'augmentation des impôts, un peu moins de ceci. Pour répondre à votre question… On a plein de profils qui ressemblent à ça, qui peuvent aller de Jean-Claude Trichet, ancien gouverneur de la
Banque de France et de la Banque Centrale Européenne.
Et les gens qui parlent de lui pensent à ce que Mario Draghi, qui était en Italie, qui lui aussi avait dirigé la Banque Centrale Européenne. On a parlé d'Olivier Blanchard aussi, l'économiste du FMI. Mais pourquoi pas Pierre Moscovici, de cette manière, président du Conseil. Conseil de la Cour des Comptes, qui en effet a un parcours politique, mais qui aujourd'hui a cette carte de la Cour des Comptes avec des rapports assez réguliers sur les finances publiques.
L'ancien patron de Michelin également, j'ai vu. Alors il y a aussi des
noms qui circulent de chefs d'entreprise. Alors est-ce qu'un chef d'entreprise est technique ? – Voilà, on voit bien… – Un vrai patron. – En fait, je vais vous dire, ce qu'il y a, c'est que derrière ça, derrière cette espèce de loterie du qui est qui, là, je ne sais plus comment ça s'appelle ce jeu, on essaye de savoir à la fin qui est qui, en fait, Emmanuel Macron a défini, lui, le Premier ministre qu'il veut. Et le Premier ministre qu'il veut, il n'augmentera pas les impôts. C'est la seule et unique raison pour laquelle il dit « ce ne sera pas Lucie Castel ». Parce qu'en vérité, il n'y a pas d'autre raison que celle-là, la décision, l'opinion personnelle d'Emmanuel Macron qui est de dire… On ne doit pas augmenter les impôts. Parce que sinon, la logique, il me semble, ce serait de nommer Lucie Castel, enfin, en tout cas, la candidate du NFP qui, malgré tout, s'il n'a pas la majorité, est arrivée en tête, et
de voir si elle tient ou pas. Pourquoi se refuse-t-il à tenter l'expérience, ensuite à ce qu'elle soit renversée au bout d'une semaine ou deux semaines par le Parlement ?
Parce que, c'est exactement ce que je viens de vous dire, parce que dans son espèce de casting, mais il n'est pas censé faire un casting, un président de la République à ma connaissance, si, il a dit... – Le futur ou la future Premier ministre ne doit pas augmenter les impôts.
– Alors Jean Garrick, votre regard sur comment choisir, comment doit-on choisir le Premier ministre ? Et puis pour revenir sur ce qui a été dit dans le sujet, l'hypothèse Bernard Cazeneuve qui est assez en retrait par rapport à la vie politique, qui a été Premier ministre à la fin du mandat de François Hollande, qui est un socialiste bontain si l'on peut dire, est-ce qu'elle vous paraît probable ?
Pour la première question, je suis obligé de répondre que le président de la République, il fait ce qu'il veut. quand il choisit un Premier ministre. Il
pourrait nommer Didier Deschamps, je le disais ce matin dans la presse.
La réaction de l'opinion serait peut-être plus négative. Mais a priori, les institutions lui donnent le droit de choisir qui le veut. Il y a une interview célèbre de François Mitterrand il y a quelques années qui répondait comme ça à une interview où on le pressait de choisir un Premier ministre. Il disait que c'est à moi de choisir. La discussion n'existait même pas à ses yeux. Ce n'est pas une raison. pour nous priver justement d'un Premier ministre qui corresponde à la donne politique d'aujourd'hui. Et donc l'idée de choisir éventuellement un Premier ministre qui serait issu de la coalition arrivée en tête n'est pas une idée absurde. On peut néanmoins se poser des questions sur la capacité d'un gouvernement dirigé par Madame Castel et dans lequel éventuellement, je le suppose, LFI légitimement réclameraient toute leur part. Donc
des ministres, la France insoumise.
On peut se poser des questions sur la pérennité d'un gouvernement de ce type. Parce que toute la question là-dedans, c'est une question de motion de censure. Je veux dire, quelle architecture gouvernementale, quel Premier ministre sera capable de survivre à une éventuelle motion de censure ?
contre le gouvernement Lucie Castet, immédiatement il tombe.
Exactement.
Or... Et c'est facile de mobiliser la moitié de l'Assemblée nationale ?
Ça me paraît assez facile, dans la mesure où le Rassemblement national, qui en l'occurrence est le maître de la situation, le Rassemblement national s'est engagé à voter une motion de censure contre un gouvernement dirigé par Lucie Castet. C'était une incertitude. Maintenant, semble-t-il, ça ne l'est plus. Et ça, ça veut dire que... On peut donner sa chance au produit et dire, laissons-la expérimenter, essayons de voir cette relance par la consommation qui, dans les dernières années, a toujours été un échec, mais peu importe. Essayons, tentons cette expérience. Mais si c'est pour que cette expérience capote au bout de quelques semaines, là... Il faut prendre en compte les intérêts de la France. Il faut aller un petit peu plus loin que la stricte arithmétique parlementaire. C'est-à
-dire la France renverrait l'image d'un pays instable ou avec un gouvernement ? Un pays
instable et n'oublions pas avec l'échéance, on en reparlera tout à l'heure, du vote de la loi de finances, etc. Il
y a un budget à préparer.
Remettre de l'instabilité dans ce système qui pour l'instant est en pleine capitale, ça me paraît difficile. Pour revenir sur... Je termine juste sur Bernard Cazeneuve pour compléter la... Bernard Cazeneuve, il a pour lui d'avoir une image, c'est-à-dire celle d'un homme d'État. La sagesse plutôt
que la déraison.
La sagesse, une réussite quand il était ministre de l'Intérieur et quand il a été Premier ministre de transition à la fin du quinquennat de François Hollande. Maintenant... Le problème, c'est qu'il est rejeté par la majorité du Parti socialiste. Est-ce qu'il est rejeté par les militants du Parti socialiste ? Est-ce qu'il est rejeté par les électeurs de gauche ? Ça, j'ai plus d'incertitude. Il ne faut pas oublier le poids des images, le poids de son expérience, précisément, de sa capacité à se mettre un peu en surplomb par rapport, précisément, comme le disait Christophe, à ce qui... pollue toute tentative de compromis ou de coalition, c'est-à-dire l'obsession présidentielle de 2027. S'il advenait que Bernard Cazeneuve puisse... se détacher précisément de cet horizon 2027, donner le sentiment qu'il est capable de former un gouvernement qui surplombe justement ces enjeux-là, alors pourquoi pas Bernard Cazeneuve, parce que l'expérience, la compétence, on peut dire qu'il l'a. Mais je le répète, le gros problème, pour l'instant en tout cas, c'est que les réactions ont été médiates, que ce soit d'Olivier Ford, de Marine Tondelier et des autres, ils ne veulent pas de Bernard Cazeneuve.
Gaël Siman, si on considère que la France est à droite, pourquoi ne pas choisir un Premier ministre issu de la droite comme Xavier Bertrand dont on a parlé dans le reportage ? – Alors
il y a plusieurs raisons, d'abord il y a une première raison… Sur le plan, je ne vais pas raisonner sur le plan constitutionnel, mais vous savez, sur la Constitution, il y a la jurisprudence qui compte. Vous disiez, Jean, que le président faisait ce qu'il voulait. Ce n'est pas du tout ce qui s'est passé depuis des décennies. Et que les gens n'ont pas interprété comme ça. Pour les Français, et dans les faits, le Premier ministre, contrairement à ce qu'on dit, en réalité, s'impose au président de la République. Ce n'est pas lui qui choisit. Les textes le disent comme ça. Mais dans les faits, est-ce que ça fait plaisir à François Mitterrand de choisir Jacques Chirac en 1986 ? Est-ce que ça fait plaisir à Jacques Chirac de choisir... Dans des circonstances totalement différentes. Majorité absolue. Le choix était évident. Majorité absolue s'il voulait. Mais il n'empêche que, là pour le coup, il y a un certain nombre de sondages qui montrent que les Français ne veulent pas, ne voulaient pas d'aucun des camps à Matignon et particulièrement pas du NFP. Sondage qu'on avait réelé dans la foulée du nouveau Front populaire. Mais pour autant, les Français dans les enquêtes trouvent que ce serait légitime que le président de la République se tourne vers le parti à défaut de majorité absolue, qui a la plus forte majorité relative. Et ils ont un peu de mémoire. Souvenons-nous des réactions lorsque Jordan Bardella disait, juste avant le second tour, si je n'ai pas la majorité absolue mais seulement une majorité relative, je n'irai pas. Tout le monde disait, mais comment ça se fait ? Ce n'est pas possible, vous devriez y aller. La réalité, c'est que nous sommes dans une impasse. Ça fait deux mois que nous le savons. Nous sommes dans une profonde impasse où, quelque scénario que ce soit, là, je parle du point de vue de l'opinion publique, de la réaction des Français, quelques scénarios qui sortent du chapeau d'Emmanuel Macron. ne conviendra pas à une majorité de Français. Un sondage récent d'un de mes confrères d'ELAP, je crois pour les échos, montrait qu'on avait 40 et quelques pourcents des Français qui disaient qu'ils verraient bien Lucie Castel, qu'ils venaient de découvrir, n'est-ce pas, à Matignon. Parce que c'est une personnalité, alors que la majorité ne voulait pas d'un Premier ministre issu du NFP. Mais simplement, il faut bien sortir de l'ornier, et dans tous les scénarios qui sont envisagés, et je réponds un peu tardivement à votre question Axel, les scénarios proposés... de stars ou de personnalités clés issus de la droite, LR étant le parti parmi les grands partis qui s'est le plus planté aux dernières législatives, le plus faible des grands partis, ce serait quand même paradoxal de se choisir un Premier ministre issu de LR alors qu'LR a une réussite aux élections législatives bien inférieure à celle du nouveau Front populaire. Donc je ne dis pas qu'il y a un scénario souhaité par les Français. Aucun scénario n'est souhaité, aucun scénario n'est souhaitable et pourtant... Les gens en ont assez. Il faut maintenant qu'une solution soit trouvée, donc je ne sais pas laquelle, mais ce qui est certain, c'est que si Emmanuel Macron, alors qu'il aurait de bonnes raisons de choisir Lucie Castel, pour toutes les raisons qu'on a évoquées les uns et les autres précédemment, disait « je passe par-dessus tout ça et je choisis un Premier ministre technique qui en réalité ne ferait qu'être l'architecte, celui qui mettra en œuvre la propre politique décidée par Emmanuel Macron », ça ne pourrait pas convenir à nos concitoyens, ça c'est une certitude.
Christophe Barbier, alors comment on en sort ? Nous, on va sortir du chapeau. Et quelle est l'échéance maximum ? On voit un Emmanuel Macron qui prend son temps, on est à six semaines. Est-ce qu'il y a un moment où il y aura un mur ? Il faudra prendre une décision.
On voit bien que personne n'est en mesure de réunir une majorité autour de lui. Ni une majorité de 289 députés à l'Assemblée, ni une majorité de plus de 50% des Français qui le soutiendraient. Donc il faut trouver quelqu'un ou quelqu'une. qui ne réunissent pas trop vite de majorité contre lui. Et là, on sait que le mur, le moment de vérité, c'est le vote du budget. Parce que le budget va être difficile à faire, en effet. Donc, il sera probablement l'objet de débats très virulents, qui se terminent généralement par un appel au 49-3, qui appelle immédiatement une motion de censure. Des économies ou augmenter les impôts, pour revenir à ce que disait Caroline. Il n'y a pas de bonne nouvelle, il n'y a pas de bonne solution, il n'y a pas de miel à distribuer. Donc forcément, ça a une très bonne chance de se terminer par un 49-3 déclenché par le gouvernement, quel qu'il soit. qui affrontera immédiatement une motion de censure. Il faut que cette motion de censure échoue pour que le budget soit quand même adopté, dote la France de finances publiques à peu près en ordre, et puis d'un gouvernement qui valide son ticket pour l'année 2025 et qui continue son travail. Honnêtement, aujourd'hui, on ne voit pas comment on s'en sort de cette manière-là. Sauf à avoir quelqu'un qui joue à fond la carte de l'intérêt national et qui dit « je sais que ce budget est douloureux, je sais que je fais souffrir des gens, je sais que je m'écontente dans l'hémicycle ». plus de la moitié des députés. Mais si on ne vote pas ce budget, on va vers le chaos, on va vers les sanctions internationales, on va vers une augmentation des taux d'intérêt. Est-ce que c'est ce que vous souhaitez ? Alors travaillons, amendons, corrigeons, mais dans cette épure qui est l'épure nécessaire, douloureuse mais nécessaire, que moi, technicien, je propose à la France. Là, il y a une petite chance que l'opinion dise « Oulala, attendez, arrêtez vos bêtises, votez-le ce budget, parce qu'on n'a pas envie d'aller vers le chaos qui est annoncé. » Il peut y avoir une pression populaire pour que ce budget... le moins mal dix ans possible, finissent par passer sans joie, sans trompette, au forceps, mais au nom de l'intérêt national, ne pas avoir une France qui n'a pas de budget. Ça rejoint donc le calendrier. Pour avoir un budget voté, il faut que le projet de loi de finances soit déposé avant le 1er octobre sur les bureaux des assemblées. Donc il faut, compte tenu du passage en Conseil des ministres, du passage en Conseil d'État, du travail technique, que dans la... première semaine, les 10 premiers jours de septembre, on ait un budget proposé. Donc il y a un gouvernement. Encore 10 jours donc. Or, le Premier ministre qui sera nommé... Il va avoir besoin de temps pour composer son gouvernement. D'abord pour discuter avec le président de la République sur le domaine réservé, pour aller voir les différents partis. Si je prends un tel à l'économie, si je prends un tel à l'éducation, est-ce que ça vous amène à poser sur moi un regard un peu indulgent ? Est-ce que vous nous laissez une chance si je compose mon équipe ainsi ? À mon avis, il faut une bonne semaine pour composer ce gouvernement introuvable. Donc vous voyez, pour être prêt le 10 avec un budget, il faut avoir le gouvernement nommé vers le 4-5, donc il faut avoir le Premier ministre nommé. la semaine prochaine.
Vous avez une petite idée d'un nom qui pourrait sortir du chapeau et qui correspond à tout ce que vous venez de dire, Christophe ?
Cet homme ou cette femme est introuvable. Si on ne va pas vers le technicien... Alors le pur comptable qui ne cherchera pas à être populaire, qui ne cherchera pas à faire plaisir dans l'hémicycle et qui ne cherchera pas à répondre au colibet qui l'essuiera, on peut aller peut-être vers un vieux sage. Quelqu'un qui dit écoutez moi je connais l'État, je l'ai dirigé, j'ai eu des hautes fonctions, j'ai plus d'ambition, c'est fini pour moi la politique, je reviens me mettre au service de mon pays. Il y a quelques noms qui peuvent circuler, il y a Pierre-Bernès France, le général de Gaulle et Raymond Poincaré. Ils ne sont pas vraiment disponibles. Sinon... – On peut se dire qu'un Jean-Pierre Raffarin, Jean-Yves Le Drian, est-ce que Jean-Pierre Raffarin est détesté par la gauche ? Non, il vient du centre et de la droite. Est-ce que Jean-Yves Le Drian est honni par la droite ? Non, il vient de la gauche, il est passé par la Macronie. Est-ce qu'il y a quelque chose à jouer avec quelqu'un qui dirait écoutez, c'est mon dernier travail avant la retraite, on va le faire ensemble, c'est pas facile, c'est agréable pour personne, mais laissez-moi une chance, laissez-nous une chance.
– Jean Garrigue. Pour Axel de Tarlet, qui est un spécialiste de l'économie, je rappellerai ce qui est passé en 1926. On appelle Raymond Poincaré au pouvoir. Raymond Poincaré, c'est la droite, c'est l'homme qui dirige la droite. Raymond Poincaré forme un gouvernement, on est en pleine crise financière et économique, c'est un désastre. Il forme un gouvernement d'Union Nationale dont le numéro 2 est le chef du parti radical, Édouard Riau, c'est-à-dire la gauche de l'époque. Il n'y avait pas les extrêmes, mais il y avait la droite et la gauche au nom de l'intérêt national. Et qu'est-ce qu'ils font ? Ils redressent le franc et le bilan de tout. de ce gouvernement a été un gouvernement extrêmement positif. Je veux dire, on n'est pas dans la même circonstance, mais ça me paraît être un modèle d'intérêt national.
Caroline Michel-Aguire, question de Jean-Pierre dans le Barin. Pensez-vous qu'Emmanuel Macron a déjà fait son choix pour le poste de Premier ministre ?
Les pensez-vous dans la tête d'Emmanuel Macron
? Est-ce qu'il a changé ? Est-ce que vous vous trouvez au vu de sa déclaration à Bamblé Mimosa
? On sait un peu, maintenant je vais essayer de répondre, on sait un peu comment Emmanuel Macron joue le jeu. C'est-à-dire qu'il aime bien lancer des leurs, lancer des noms, faire réagir les uns et les autres, nous. voir un peu comment tout le monde réagit et nous surprendre. Il ne faut pas oublier que lui a sorti des noms à chaque fois de gens qui, pour le coup, n'étaient pas connus. Je voudrais quand même juste rappeler, voilà, de Jean Castex, même
Edouard
Philippe, même Edouard Philippe, n'étaient pas connus, n'avaient pas d'expérience de gestion au niveau national. C'est quand même les profils que lui affectionne. Pourquoi ? Parce qu'évidemment, un, ça ne lui fait pas d'ombre, et deux, ça se... ne se profile pas en successeur, même si, a priori, il ne pourra pas se représenter, c'est évident, on ne le voit pas couver dans son sein, possiblement, son successeur. Mais je dirais... pour aller dans le sens de ce que vous disiez, la crise, en fait, on y est. On ne veut pas, parce qu'on ne veut pas jouer les oiseaux de mauvaise augure, le formulé, mais en vrai, on est en plein dans la crise. On est dans une crise politique, parce qu'on voit bien que les uns et les autres, selon qu'on regarde la valeur absolue des forces politiques à l'Assemblée nationale… où la dynamique de qui a gagné, qui a perdu, on arrive à des réponses complètement différentes. Vous dites la droite, vous on dit à gauche. Et en fait, on est déjà dans une crise politique. La crise financière, on y est. Quasiment, parce qu'en effet les taux d'intérêt, les promesses qu'on a faites à la Commission européenne, on est déjà dans une procédure pour déficit excessif, les agences de notation nous ont dégradés, donc ça veut dire que nous sommes en surveillance. Et pardon de le dire comme ça, mais la crise sociale, elle est pour demain. Parce que les électeurs, si on regarde la dynamique, ont quand même dit, nous les gars, on pense que ce sont aux plus riches de mettre un peu au pot, et on ne peut pas se serrer la ceinture, et on trouve que les services publics vont mal. Dans la dynamique de la gauche, ils ont un petit peu dit ça. Si demain, le premier ministre technicien arrive en disant, je vais vous dire un truc, pour l'hôpital, ça va être moins ça, les profs, désolé. toujours pas, il va falloir couper là, là et là, le pays va exploser. Donc en vrai, la crise, on n'est pas dedans, mais le mur se rapproche.
Les ministres du gouvernement Attal ont tous été contraints de démissionner après la défaite du camp macroniste, tout en restant au poste pour gérer les affaires courantes. La plupart d'entre eux sont restés discrets durant cet été, mais certains doivent maintenant s'atteler au dossier chaud de la rentrée. Ainsi, Bruno Le Maire prépare déjà le budget de l'État qui sera la priorité. de l'assemblée nationale à l'automne gérald darmanin lui s'est rendu dans l'héros aux côtés des sapeurs-pompiers sujet de claire blondiaux et michel bouilly
quelques jours de répit gérald darmanin de retour sur le terrain Le ministre démissionnaire était ce matin dans les roues où deux incendies se sont déclarées hier.
Quand on est ministre de l'Intérieur, c'est jour et nuit que l'on est attentif à la sécurité des Français. Comme les agents de ministres de l'Intérieur, on a peu de repos et peu de congés, mais on le fait pour le bien-être des citoyens. Et donc tant que je ne serai pas remplacé à mon poste, quand le président de la République le souhaitera sur proposition du ou de la prochaine Premier ministre, je ne serai non pas dans la nostalgie, mais dans l'action. Parce que quand on est ministre de l'Intérieur, c'est jusqu'à la dernière minute qu'on est dans l'action.
Un gouvernement démissionnaire, des ministres toujours en charge des affaires courantes, mais déjà sur le départ. Dernière réunion il y a 15 jours, avec ou sans cravate, pour faire un point sur les JO. Des Jeux et une trêve olympique, parenthèse enchantée pour le gouvernement, qui prend la pause sur les réseaux sociaux et se met en scène. Une ministre des Sports qui se jette à l'eau. Un ministre de la Culture qui profite.
Je ne contrôle plus du tout. J'adore.
Et un Premier ministre qui prend la lumière olympique. Supporteur euphorique dans les épreuves. Les JO, c'est bon pour le moral.
Moi, j'aime être au milieu des Français. On a ici 5 000 personnes qui sont venues pour soutenir nos champions. Pour moi, il n'y avait pas de doute. Il fallait que je sois avec eux.
Même pendant les JO, certains n'oublient pas de faire de la politique. Le ministre toujours en charge des finances lance une proposition exonérée d'impôts les primes reçues par les athlètes médaillés.
ne faut pas que ces primes soient fiscalisées. Donc je proposerai qu'elles soient défiscalisées dans le prochain budget 2025. Ce n'est pas à moi d'en décider, je suis chargé des affaires courantes. Mais je préparerai des dispositifs pour que ces primes soient défiscalisées. Elles sont exceptionnelles, elles méritent un traitement exceptionnel. Et puis c'est la prochaine majorité, le prochain gouvernement qui décidera, par un vote souverain, dans le budget 2025, si elles suivent la proposition que je fais.
Le budget 2025, justement. C'est sans doute l'un des dossiers les plus urgents. Il doit être bouclé au mois de septembre. Vacances studieuses à Bercy, comme le confirme le ministre des Comptes publics.
Le 16 juillet, j'ai gelé près de 10 milliards d'euros de crédit supplémentaire. Le nouveau gouvernement pourra soit y renoncer, soit prendre d'autres mesures pour accompagner notre désendettement.
budget préparé en catimini, c'est ce que dénonce la chef de file des écologistes dans cette vidéo publiée sur son compte X au début du mois. Des remontées que l'on a des fonctionnaires qui participent à certaines de ces réunions, c'est extrêmement préoccupant. Par exemple, on nous parle de 2 milliards d'euros en moins pour les hôpitaux en 2025. Et donc, ce que je voulais vous dire, et ce dont il faut que chacun d'entre vous ait conscience, c'est qu'Emmanuel Macron fait son... C'est une impression de lui-même. Il fait son gaulois réfractaire. Et pire que ça, il est dans une entreprise... méthodique de refus démocratique du verdict des urnes. Mais l'attente est sans doute loin d'être terminée. Le nouveau Premier ministre, quel que soit son nom, pourrait bien lui aussi prendre son temps pour choisir son équipe.
question téléspectateurs, je rappelle donc en bas à droite, vous pouvez flasher le QR code. Philippe dans l'Isère, Christophe Barbier, les anciens ministres continuent à prendre des décisions de ministres et votent à l'Assemblée comme députés. Ah oui, est-ce constitutionnel de faire les deux, d'être au gouvernement et à l'Assemblée ? On
en a beaucoup débattu au moment où ils sont allés comme députés voter pour les postes à responsabilité à l'Assemblée nationale, alors qu'ils étaient encore ministres. Il y a eu un débat juridique. On a rappelé le précédent de 1984. 1988, quand il y avait un gouvernement démissionnaire, c'était le gouvernement Rocard 1, dont certains membres avaient été élus députés aux législatives de 1988, ils sont allés voter comme députés, et quelques jours après, ils ont été renommés dans le gouvernement Rocard 2. Donc ils avaient profité aussi de ce flou. Là, ils sont plus nombreux, et ça dure plus longtemps. Donc c'est un véritable problème juridique. Il y a un cumul de casse-tête, de casquette, pardon, et de casse-tête aussi d'ailleurs. Cela dit, dans ce qui a été fait par ces ministres démissionnaires depuis le début juillet, on ne voit rien d'abusif.
Aucun texte majeur, aucune réponse. Est-ce que les Français ne pourraient pas s'en satisfaire finalement d'avoir un gouvernement qui gère les affaires courantes ? C'est reposant, c'est pas climant et la France avance.
Non, si vous vous mettez à vous mettre sous anesthésie en permanence en pensant que ça règle votre maladie, vous mourrez. C'est pas bon. C'est pas bon. Un gouvernement qui gère les affaires courantes, par définition, il gère pas les affaires importantes. Et celle-là, elle ne s'arrange pas. On est dans une période où en effet, ça se dégrade. Donc il faut vite un gouvernement qui s'occupe des affaires. profondes, importantes, graves, avec des remèdes qui seront des remèdes sérieux, importants et sans doute pas agréables. Donc non, ce n'est pas bon. Mais on a traversé une période spéciale. Les Jeux Olympiques et les vacances, il n'y avait rien de majeur à faire à part ce budget qui était à préparer. Que Bruno Le Maire décide de défiscaliser les médailles, que Gérald Darmanin aille sur le site d'un incendie ou que la ministre des Sports accompagne les athlètes, ça n'a aucune conséquence politique majeure à long terme. Donc ils n'ont pas abusé de leur pouvoir démissionnaire. Même les nominations qui sont passées, remplacer un recteur qui part à la retraite ou un préfet démissionnaire, c'était le tout venant. Il n'y a eu aucune inflexion politique qu'on pourrait porter au crédit de ce gouvernement. engage les années futures pour la France. Attention, il y a d'autres nominations qui vont arriver qui seront importantes, il y aura d'autres décisions qui ne peuvent pas être prises par quelqu'un qui n'est plus en charge pour longtemps. C'est pour ça qu'on rentre là dans les 10 jours qui sont les 10 jours de la seringue où il faut absolument que le président prenne
des décisions. Gaël Slimane, autre question de Franck. Et si Gabriel Attal était reconduit à son poste, comment est-il perçu d'ailleurs par les Français au sortir de cette séquence et de ces six mois à Matignon ? Alors
ce serait terrible pour l'opinion publique pour répondre à votre première question et pas si mal pour votre seconde question. Je vais m'expliciter ça. On ne peut pas en reconduire. Emmanuel Macron ne peut pas prolonger Gabriel Attal ou lui proposer de poursuivre. Là encore, ça a été testé dans différents sondages ces dernières semaines. Et on voit que les Français ne comprendraient pas. Je reviens à ce qu'on a déjà dit. Vous ne pouvez pas convoquer des élections législatives, en appeler aux urnes et ne pas tirer les leçons du scrutin, scrutin qui désavoue l'exécutif sortant et le gouvernement sortant. Je pense que si vous interrogez Gabriel Attal à cette place à l'instant, il vous dirait sans doute la même chose que moi lui-même. possible de le proroger, de poursuivre. Là, on est dans une situation, Christophe l'a dit fort justement, un peu particulière, on gère les affaires courantes. Pour répondre donc à votre seconde question, les ministres que l'on a vus gérer les affaires courantes ne sont pas rejetés, les Français ne se disent pas, c'est horrible, ils ont accompagné la France pendant les Jeux Olympiques, ils ont géré les choses pendant les Jeux Olympiques et pendant les vacances d'été que nous venons d'avoir. Ça passe. Mais maintenant, c'est fini. On rentre déjà dans une autre période. Christophe rappelait le calendrier par rapport au vote du budget. Mais par rapport à l'opinion publique et à la rentrée, pour les Français, c'est la même chose. La plaisanterie doit s'arrêter. Il y a la rentrée de septembre. Il faut que des décisions soient prises et qu'un nouveau gouvernement légitime. sorte du chapeau d'Emmanuel Macron ou de qui vous voudrez dans les semaines qui viennent, parce que ça ne pourra pas perdurer. Nous ne sommes pas la Belgique ou les Pays-Bas qui ont pu finalement vivre sans gouvernement, l'un pendant 18 mois, l'autre pendant 15 mois je crois, enfin pendant très longtemps, parce qu'on a besoin d'action. Mais je reboucle simplement avec ce qu'on se disait il y a un instant. Gouvernement technique, oui et non, le message des urnes, si on le comprend à l'aune de faut-il dépenser plus ou dépenser moins, le message des urnes c'est il faut dépenser plus. Parce que que ce soit la gauche avec le NFP ou le Rassemblement national, les électeurs qui ont voté pour ces parties-là, quand Christophe vous disiez, il faudra prendre des mesures difficiles, un technicien qui... comprend ce que ça veut dire, ça ne passerait pas du tout dans l'opinion publique. Les Français ne peuvent pas avoir sanctionné Emmanuel Macron et voté en large part pour des partis qui leur promettaient, alors peut-être demain en race gratis si vous voulez, mais en tout cas qui leur promettaient davantage d'aide et moins d'impôts pour la majorité d'entre eux, mais plus d'impôts pour les plus aisés. On ne peut pas avoir voté pour ça et se retrouver avec un gouvernement qui mènerait une politique Macron bis. Avec le risque d'avoir une
crise sociale ou une crise financière. Avec le risque d'avoir des
super gilets jaunes. Alors voilà, le risque de la crise financière, il est là de toute façon. Et le risque de la crise sociale, il nous pend au nez si les décisions qui sont prises dans les 8 ou 10 jours qui viennent heurtent les Français. À ce moment-là, la position d'Emmanuel Macron, de Jean-Luc Mélenchon qui parle de forfaiture, etc., qui n'est pas audible pour le moment. elle prendra du
sens pour l'opinion publique. – Caroline Michel-Aguire, alors donc, pas question de reconduire Gabriel Attal à Matillon, néanmoins, est-ce qu'on peut imaginer que certains ministres en poste soient reconduits, parce qu'on estime que finalement, ils seraient compatibles avec le nouveau Premier ministre qui sera sorti ? – C'est lui qui décidera. – Alors,
on peut même imaginer que dans son casting qu'on évoquait d'Emmanuel Macron, il y ait en effet cette condition de ne pas augmenter les impôts, mais aussi une condition… qui soit de maintenir certains ministres. Je pense en particulier aux affaires étrangères, Stéphane Séjourné, et à la Défense. Sébastien
Lecornu.
Lecornu. Pourquoi ? D'abord parce que ce sont des proches, et par ailleurs parce que sur ces domaines régaliens, je pourrais aussi citer l'intérieur éventuellement, sur ces domaines régaliens, on sait que le... Pardon, c'est faux ce que je viens de dire, c'est surtout sur la politique extérieure. Je pensais que le président de la République, pas usage, a son mot à dire pour le choix qui est fait des ministres par le gouvernement. Et c'est là où le casting devient... Enfin, je veux dire, les conditions qu'il pose, même si je suis d'accord avec vous que la lecture de l'Assemblée nationale rend difficile de dire ça va être tel Premier ministre, mais les conditions qu'il pose, qui ne seraient pas d'augmentation, du budget, un parfum de cohabitation, mais enfin on aimerait bien quand même que séjourner le corps nu, séjourner qui a continué à faire des voyages. Il était la semaine dernière au Liban, le ministre des Affaires étrangères. Ça rend l'équation complètement impossible parce qu'il y a quand même eu des élections, il y a quand même eu une dynamique, un message. Les Français ont dit quelque chose à Emmanuel Macron. Et il faudrait un espèce de Janus, de Premier ministre à double visage qui ferait comme le Premier ministre dit. mais qui dirait aussi aux Français... Je vais y arriver. Qui dirait, comme le président de la République dit, et qui à la fois dirait aux Français, je vous ai entendu, je vais faire des mesures sociales un peu. Enfin, il y a un moment, soit on a gagné, soit on a perdu. Ça ne peut pas être les deux en même temps.
Et Jean Garrick, qui est sorti auréolé du succès de la sécurité lors des Jeux Olympiques ?
Oui, Gérald Darmanin a réussi au moins sur ce... sur ce terrain-là. Non, moi, je suis assez d'accord. Je pense qu'il faut que le gouvernement qui va surgir, le Premier ministre qui soit nommé, soit un vrai Premier ministre de cohabitation. D'ailleurs, les Français ont voulu, dès 2022, la cohabitation. Ils voulaient avoir un gouvernement qui ne pratique pas la politique d'Emmanuel Macron. Et ça, c'est vrai que c'est aussi un message qu'on peut lire dans les dernières élections. Même si c'est un message, quand même, qu'il faut interpréter avec souplesse. Parce que c'est un message d'augmentation du budget, de politique sociale, etc. Mais c'est aussi un message de sécurité et de lutte contre l'immigration. Ce n'est pas du tout la politique de la France insoumise. Parce que vous avez 10 millions d'électeurs du RN. D'où... La complexité est encore plus grande de l'équation. Ce qui me semble certain, c'est que le gouvernement qui sera en place, justement, se distingue de manière très claire du président de la République. Et que le président de la République, de ce fait, prenne aussi du recul par rapport au lapsus révélateur que vous avez fait. Parce qu'à plusieurs reprises, vous parliez de Macron comme un premier ministre. Et oui, parce que nos présidents de la République, aujourd'hui, sont des super premiers ministres. Donc, moi, je pense qu'il faut... absolument que ce gouvernement ne pratique pas la politique d'Emmanuel Macron. Évidemment, c'est compliqué parce que ça veut dire, soyons clairs, plus de social, mais ça voudrait peut-être dire aussi plus de sécurité, plus de fermeté contre l'immigration. C'est une équation très compliquée. Et pour une équation de ce type, je ne vois qu'une chose, une révolution culturelle. L'intérêt national. Je ne vois pas d'autre solution. En tout cas, ça me paraît être la moins mauvaise.
Alors, malgré la victoire du nouveau Front populaire aux dernières élections législatives, la gauche reste empêtrée dans ses divisions. Et comme souvent, le point d'achoppement tourne autour de LFI et de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon. Anne Macquignon et Diane Cacciarella sont allées à la rencontre des militants et des figures du PS. Pas toujours d'accord quant à l'attitude à adopter face à leur partenaire de gauche. Reportage.
En plein été, l'effervescence des vacances.
se passe toujours bien, bonjour mesdames, ça va ? Les enfants sont heureux, ils s
'amusent bien. Il n'y a finalement que la maire de la commune, Hélène Geoffroy, qui ne parvient pas vraiment à déconnecter du quotidien.
J'essaie de me projeter dans l'avenir de la vie, ça m'a dit c'était projet. Et en fait, c'est pas simple de ce point de vue là, parce qu'on se dit, si on n'a pas de gouvernement, pas de budget,
voter, comment on va faire ? pour poursuivre tous les engagements pris en fait.
Son été perturbé par l'instabilité politique au sommet de l'Etat. Hélène Geoffroy est membre du PS depuis 1997 et à la tête d'un des courants minoritaires du parti. Aujourd'hui, elle s'inquiète de l'attitude de la stratégie de la gauche.
Bonjour, ça va ? Plutôt que de dire, nous ne parlons à personne, nous sommes les seules personnes bien parce que nous sommes de gauche, on enferme le pays dans une impasse. Et parce que nous sommes arrivés devant, nous avons cette responsabilité plus que les autres formations politiques. de dire avec qui nous voulons passer des compromis dans le Parlement et sur quel sujet. Et ça, c'est l'urgence, c'est ce que nous devrions faire maintenant. Moi, j'aurais commencé très naturellement à discuter au Parlement, que les députés du nouveau Front populaire discutent avec les députés d'ensemble ou de la ligne du président de la République, puisque je rappelle quand même que c'est lui qui nomme le Premier ministre. Ça montrerait que nous, nous sommes dans un signe d
'ouverture. Une ouverture vers la majorité. et non vers la France insoumise. Ce n'est pas ce qu'a décidé la direction du PS, même si ces derniers jours un petit signe a été envoyé. Dans une lettre publiée lundi dernier, la tête d'affiche du NFP Lucie Casté défend un futur gouvernement prêt à tendre la main.
Il devra en premier lieu tenir compte du fait que la majorité sur laquelle il s'appuie n'est que relative et qu'il lui sera dès lors nécessaire de convaincre, au-delà des rangs du nouveau Front populaire, pour construire des majorités parlementaires.
Tout faire pour protéger l'accord du nouveau Front populaire. Au sein du PS, la direction rappelle à l'ordre les voix dissidentes.
J'espère que ces socialistes qui expriment aujourd'hui des réserves ou des inquiétudes n'ont pas pour objectif de prêter main forte. à une opération politique d'Emmanuel Macron qui serait une sorte de déni du résultat démocratique des élections législatives. Il y a une quantité de défis considérables devant nous. Il serait dommage que dans ce moment précis, les socialistes se regardent le nombril, s'inventent des débats artificiels inutiles et qui ne sont pas à mon avis à la hauteur de la situation historique.
Mais pour certains, la rupture est déjà actée. Ces militants rêvent aujourd'hui que leur parti prenne de la distance avec la France insoumise.
Pas forcément qu'on se sépare d'eux, mais en tout cas, il faut qu'on impose notre vision par rapport à l'explique. Laurent
Gidel et Pierre militent pour le PS depuis une vingtaine d'années.
Olivier Faure, tout de suite, s'est mis derrière. Il a laissé parler Jean-Luc Mélenchon et après, c'était fini, on ne pouvait pas prendre de dessus.
Mélenchon, à mon avis, a une tendance à avoir monté un programme uniquement à titre personnel. L'EPS, lui, et c'est ça sa force, c'est une force de gouvernement, en même temps que l'EPC, les écologistes, c'est des gens qui veulent travailler pour les habitants de France. Ils ne veulent pas travailler à titre personnel.
Il y a 20 ans, le parti socialiste revendiquait encore 260 000 adhérents, six fois plus qu'aujourd'hui.
Le parti se fissure et se recolle régulièrement. Mais je pense qu'il y a des... La structure du PS qui fait que c'est une longue vie politique pour une centaine d'années doit permettre d'avoir des fondations qui vont lui permettre de résister quand même à ces bombardements. — C'est certains socialistes qui sont partis
avec Macron. À mon avis, comme il disait pire, ils peuvent revenir. On les accepte toujours.
— L'université d'été du Parti socialiste aura lieu à la fin du mois à Blois. L'occasion pour ces militants de demander à Olivier Faure un vote sur la stratégie du parti.
Christophe Barbier, il y a un risque de scission du PS dont l'université d'été approche ? Oui,
il y a un risque de scission du PS qui a été frôlé lors du dernier congrès et qui peut aboutir là lors du prochain congrès. Ce sera à la fin de l'année ou au début de l'année prochaine. Un véritable risque de scission, mais un risque aussi de disparition si le PS ne se libère pas très vite de ce syndrome de Stockholm qui le voit soumis aux insoumis. On a l'impression que depuis 2022, le PS, tout en étant d'accord avec pas grand chose vis-à-vis de la France insoumise, continue à obéir, à suivre parce que leur destin électoral, leur salut électoral... en dépend. D'autant qu'il y a maintenant un autre adversaire, si j'ose dire, sur la route du PS, qui pourrait les dévorer de l'extérieur, c'est Place Publique, Raphaël Glucksmann, qui a tiré des élections européennes un prestige et une force nouveau. Il n'a pas eu l'audace, le courage ou peut-être le temps de capitaliser des législatives. Il aurait pu dire au soir de la dissolution, eh bien qu'il même me suive, je présente 400 candidats et de faire aux législatives ce que Macron avait fait. à la présidentielle, une sorte de hold-up sur la gauche où il n'aurait pas eu la majorité. Mais il aurait définitivement enterré la NUPES, il aurait sans doute enterré le vieux PS, et il serait aujourd'hui, Raphaël Glucksmann, le berger d'un nouveau troupeau, de cette nouvelle gauche qui surgirait avec comme horizon les municipales 2026 et la présidentielle 2027. C'est encore possible ou pas ? Il ne l'a pas fait en juin, peut-il le faire en octobre ? Il annonce une grande initiative pour le mois d'octobre. Ça sera quoi ? Est-ce que ce sera un colloque d'intellectualité ? intellectuel, brillant sur les états généraux de la gauche et comment revenir au pouvoir hypothétiquement ? Ou est-ce que ce sera une véritable opération politique pour dire maintenant, moi Raphaël Guzman, nous place publique, nous passons à l'attaque. Et nous aurons des candidats dans toutes les villes, y compris les villes tenues par les alliances de gauche classiques. Nous allons partir à l'assaut du pouvoir national, comme nous l'avons fait pour les européennes. Il faut en avoir la musculature politique, il faut en avoir aussi l'audace. Au soir de la dissolution, il a manqué des deux, Raphaël Guzman. Est-ce que ça se rattrape ? Jean Garrigue.
Oui, la situation du Parti socialiste, au fond, n'est pas si différente que ça de ce qui s'est passé dans les années 60, avant la reconstruction. Je veux dire par là que vous aviez un Parti socialiste en train de s'effriter, la SFIO, qui n'avait plus de colonne vertébrale, Guy Mollet, etc., et qui était sous la dépendance et même sous la domination du Parti communiste. Aujourd'hui, la France insoumise. Et puis une kyrielle comme ça d'instances, d'organisations, de rénovation du socialisme. On a vu Hélène Geoffroy, on pourrait parler de Michael Delafosse à Montpellier, du maire de Rouen, j'en oublie, de la convention Cazeneuve, etc. Même de François Hollande de son côté. Un peu comme à la fin des années 60. Et ce qui avait permis d'ailleurs de rénover le socialisme, de reconnaître... construire quelque chose. Sauf que la grande force à l'époque de cette reconstruction, c'est d'avoir un homme qui l'incarnait, qui s'appelait François Mitterrand. Et aujourd'hui, c'est un peu ce qui manque.
Justement, Caroline Michel-Aguirre, Julien en Seine-et-Marne. Et pourquoi pas François Hollande en Premier ministre ? Il est toujours prisonnier du syndrome de Stockholm, des griffes de Jean-Luc Mélenchelon ? On n'entend pas beaucoup en tout cas.
François Hollande, nous dit-on est consulté. par Emmanuel Macron sur ses choix. De là à accepter d'être sous les ordres d'Emmanuel Macron.
Qui fut son ministre.
Et qui par ailleurs l'a trahi, même s'il a quand même un cuir épais en termes de politique. François Hollande, il en a vu d'autres. Mais je pense que ce serait un peu compliqué. Je pense que le message politique, et c'est un peu la même chose pour Bernard Cazeneuve, serait quand même... difficile à admettre pour les Français, parce que tout ça, toutes ces crises politiques, toute cette déconstruction, l'explosion du Parti Socialiste avec l'histoire que ça avait derrière elle, l'explosion de la droite républicaine pour arriver. à se retrouver avec François Hollande pour tous les électeurs de gauche, il faut quand même rappeler qu'il n'a même pas été en position de se représenter. Je ne vois pas le sénat milieu où ce serait possible. – Et
puis est-ce que les parlementaires socialistes suivraient Laurent Baumel, qu'on a vu à l'instant, qui était un des frondeurs les plus virulents contre Hollande pendant la présidence Hollande, il n'entraînerait pas avec lui une grande partie du Fonds populaire ? – Et juste
pour
préciser,
il faut bien différencier entre… Les actuels socialistes qui sont des élus locaux, qui sont assis sur leur capital politique locaux et qui ne veulent pas de l'alliance avec les insoumis, et les députés qui savent que leur mandat est dépendant de
l
'alliance avec la France insoumise. Et vous verrez qu'à chaque fois que l'un ou l'autre se prononce, vous avez d'un côté les élus locaux et de l'autre les députés.
Gaël Slimane, ça veut dire qu'on a quand même tout un électorat social-démocrate qui est orphelin d'une incarnation. Par exemple... Anne Hidalgo, voici l'amabilité qu'elle a lancée à l'endroit de Lucie Casté. Elle a dit « Je l'apprécie beaucoup, mais il faut être lucide. Si une gauche peut gouverner, ce sera une gauche sociale-démocrate. » Comme si elle disait qu'au fond, Lucie Casté était sous l'empris, sous la tutelle de Jean-Luc Mélenchon. C'est
tout le sujet depuis deux ans maintenant. Mais en réalité, quand même, on évoquait Raphaël Glucksmann il y a un instant. Il aura permis, en tant que place publique, mais PS aussi avec les européennes, il aura permis au PS de sortir un peu de cette emprise. Il y a deux ans, après les précédentes législatives, vous aviez un parti socialiste croupion des insoumis. Et vous aviez tout le pouvoir au sein de la gauche, de la nupesse. Ce n'était pas le NFP à l'époque, mais au sein de la NUPES, vous aviez la gauche qui était dirigée par Jean-Luc Mélenchon, avec des petits partis autour, dont le Parti Socialiste. Aujourd'hui, la donne a changé. Et même dans l'Assemblée législative actuelle, la force politique que représentent les Insoumis est largement contrebalancée, et même un peu plus, par l'ensemble des autres formations politiques alliées. Donc le PS est un petit peu moins croupion. En revanche, ce qu'on observe dans les enquêtes quand on interroge les sympathisants de gauche, on a fait pas mal d'enquêtes d'ailleurs avec le Nouvel Obs, Le peuple de gauche, comment il se situait, ce qu'il voyait, le peuple de gauche, il est orphelin, comme vous l'avez dit Axel, de cette social-démocratie à laquelle il aspirait. Et donc, on avait testé les différents scénarios possibles juste avant les vacances, et dans les scénarios possibles, il y avait l'idée d'une large coalition à l'exclusion des insoumis. Eh bien, cette solution, la majorité des Français... relative, mais c'était la solution la plus souhaitée par une majorité relative de Français, mais y compris par les sympathisants écologistes et socialistes. C'est-à-dire que Jean-Luc Mélenchon a tant fait et tant fait qu'aujourd'hui, les électeurs de son propre camp... estiment que c'est un boulet ou un handicap. Donc ils aimeraient bien s'en abstraire. Mais les solutions consistant à parachuter un Bernard Cazeneuve ou pourquoi pas un François Hollande si on fait des scénarios de politique fiction à Matignon pour d'une certaine manière mener la politique d'Emmanuel Macron, ça ne pourrait pas passer dans l'opinion. La seule chose qui peut passer avant les noms des individus, le Premier ministre le plus apprécié serait Glucksmann pour info, mais la solution qui pourrait passer dans l'opinion, c'est une solution où... hypothétiques, idéalistes, où le président de la République dirait je m'efface, on va avoir un gouvernement de cohabitation dans lequel je mets au prorata des décisions prises et du gouvernement l'ensemble des formations politiques qui composent l'Assemblée. Charge au Rassemblement National, aux Insoumis de refuser s'ils le souhaitent. Mais c'est ça la seule solution qui permettrait à l'opinion de se dire on ne s'est pas moqué de nous, on ne nous a pas dit d'aller voter pour rien. Cette solution-là, pour l'instant, on en est loin.
Allez, tout de suite, on revient à vos questions. Frédéric dans le Vaucluse, la menace de destitution du chef de l'État est-elle un énième coup de com' de la France insoumise ou une procédure envisageable ?
Non, ce qu'on a essayé de montrer, c'est qu'a priori, elle était quasiment improbable et même impossible. Je veux dire que les deux tiers de chaque assemblée pour voter la réunion d'une haute cour, que cette haute cour aux deux tiers vote la destitution, que ça se passe à la rencontre. Emmanuel
Bompard faisait remarquer que ce matin que les supporters d'Emmanuel Macron représentaient moins du tiers des parlementaires, des députés.
Sauf que les deux tiers sont divisés, les deux tiers sont même aux antipodes l'un de l'autre. donc ça me paraît quand même très compliqué, à moins de porter la responsabilité de ce qui serait une crise majeure. de nos institutions. Donc, pour toutes ces raisons, moi, ça me paraît quand même très hypothétique.
La droite avait tenté le coup fin 2016 contre François Hollande finissant. Ça s'était arrêté dès le bureau de l'Assemblée qui avait dit, circuler, il n'y a rien à voir, ça n'est pas... La droite
avait tenté de destituer François Hollande
? C'était plus une mesure d'intimidation qu'un espoir de destitution. Hollande ne se représentait pas, il terminait. Mais il y avait aussi cette manière de dire, on ne se laisse pas faire et vous voyez, on va vous déclencher l'arme atomique. Mais ça n'était pas allé très loin. La France Insoumise n'a, je crois... Je crois que quatre sièges parmi les 22 du bureau de l'Assemblée, même si le Front populaire est majoritaire avec 12, les autres membres du Front
populaire ne voteront pas, donc c'est morné. Caroline Michel-Aguerre, question d'Alain dans le Var de Marne. Que reproche Emmanuel Macron à Lucie Casté
vouloir augmenter les impôts. C'est un petit peu réducteur. Deux choses. Un, oui, sa politique. Et deux, d'être prête, a priori, à avoir des ministres insoumis dans son gouvernement. Je trouve aussi, si je peux me permettre, que dans beaucoup de commentaires que j'ai entendus tout cet été, il y avait pas mal de condescendance et un peu de misogynie aussi. C'est-à-dire que dans les échanges que j'ai eus dans la Macronie, il y avait toujours... un petit côté, personne ne la connaît, personne ne la soutient, c'est nobody. Oui, elle n'a pas l'équation magique pour ne pas être censurée, mais je trouve quand même étonnant qu'il n'ait pas du tout... passer un coup de fil. C'est-à-dire que là, on sait qu'il passe des coups de fil, pas directement, mais qu'il fait passer des coups de fil à la terre entière. Bon, là, on a une candidate qui est soutenue, qui se prépare. Je trouve que la moindre décourtoisie serait au moins de l'envisager. – Il la reçoit vendredi. – Alors, il la reçoit vendredi, mais c'est parce que les forces du NFP ont dit « on vient avec elle ». Et qu'il l'a tolérée, c'est ce qu'il a dit. Elle n'est pas invitée à les tolérer. – Au contraire, on pourrait s'étonner
qu'il l'invite, puisqu'elle n'est pas parlementaire.
– Mais Christophe Barbier, la connaît-on ? Est-elle une socialiste bontain sauce François Hollande ou une personnalité avec des idées plus clivantes, plus proches de la France insoumise ? Elle vient du PS ? –
Elle vient du PS, mais elle a été quand même marquée par des engagements de gauche plus radicales. Donc il y a deux défauts dans cette candidature. C'est ce prisme idéologique un peu flou où on ne sait pas si elle serait capable de résister à la pression idéologique que mettrait la France insoumise. Elle est première ministre, elle va devant les groupes parlementaires le mardi matin. capable de dire non je ne ferai pas ça, non je ne dirai pas ça, ma politique c'est celle-là. Ça c'est le premier doute. Le deuxième doute mais il est grandement injuste, c'est le fait qu'elle ait dirigé des finances à la ville de Paris et la ville de Paris n'est pas dans un état financier très très très bon. Mais justement elle s'en occupe, ça c'est un mauvais reproche.
Est-ce qu'elle est testée dans les barons ?
J'ai vu un sondage, je l'évoquais tout à l'heure, d'un de mes confrères, juste après qu'ils aient appris, qu'ils aient souvent mis à la connaître, puisqu'ils la découvrent, et on avait 41 ou 42% des Français qui estimaient qu'elle ferait une bonne première mise, donc une majorité disait l'inverse, mais c'est peut-être le chiffre le plus élevé que j'ai vu pour l'un des candidats à Matignon depuis au moins un mois.
Donc c'est pas si mal. Donc réunion vendredi et peut-être de la fumée blanche la semaine prochaine. En tous les cas, on l'espère. Merci d'avoir participé à cette émission. Rediffusion ce soir à 22h45 et on se donne rendez-vous pour un nouveau C'est dans l'air. Demain.
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