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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
La colère de l'Algérie vis-à-vis de la France. Alger décide ces dernières heures de rappeler son ambassadeur en France après qu'Emmanuel Macron a reconnu le plan d'autonomie marocain comme, je cite, « la seule base pour aboutir à une solution politique juste et durable ». Emmanuel Macron qui reconnaît également la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Le président français qui l'a fait dans une lettre au roi du Maroc, Mohamed VI, le ministère des Affaires étrangères algérien, dénonce mardi un pas, je cite là encore, qu'aucun autre gouvernement français avant lui n'avait cru devoir franchir. Bonjour Xavier Driancourt, merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes diplomate, ancien ambassadeur en France en Algérie. Vous avez publié l'énigme algérienne chronique d'une ambassade à Alger aux éditions de l'Observatoire et Evian face à l'étranger aux éditions du CNRS. Quel impact cela peut-il avoir sur la relation bilatérale entre la France et l'Algérie ? Il y a déjà eu des conséquences, notamment avec le retrait de l'ambassadeur français à... algériens en France, et puis aussi concernant la visite qui était prévue du président algérien en France en septembre.
Oui, l'Algérie a pris des décisions avec effet immédiat, comme ils disent, c'est-à-dire l'Algérie a rappelé son ambassadeur à Paris. Alors il faut noter que c'est la troisième fois que l'ambassadeur d'Algérie en France est rappelé. Pour consultation, comme on dit dans le jargon diplomatique, il est rappelé à Alger pendant un certain temps, pendant une durée qui va peut-être être longue. Et puis en même temps, il est probable que la visite prévue en septembre-octobre du président algérien sera reportée, puisque je ne vois pas très bien comment elle peut se produire dans ce contexte.
Xavier Driancourt, pourquoi est-ce qu'Emmanuel Macron prend une décision aussi importante maintenant alors que le gouvernement ne gère que les affaires courantes ? Est-ce qu'il y avait, selon vous, une urgence particulière
mais il faut prendre en compte deux éléments. Premièrement, depuis le mois de février, il y avait déjà eu un certain nombre de signaux envoyés à Rabat, et notamment la visite de Stéphane Séjourné au mois de février, qui avait déjà dit lui-même que la question du Sahara était une question existentielle pour le Maroc, donc il avait bien insisté sur ses thèmes. Ensuite, il y a eu... L'autorisation fait donner à plusieurs entreprises françaises d'investir au Sahara occidental, donc de développer des projets industriels. Donc il y avait déjà eu des signes, et cette décision-là, elle a un peu la conséquence de toute cette évolution. Et puis deuxièmement, il n'y avait effectivement pas d'urgence particulière, mais peut-être que dans un mois... le président de la République se retrouvera avec un gouvernement de cohabitation ou un gouvernement qu'il n'aura pas entièrement choisi. Donc il valait mieux le faire maintenant.
Xavier Driancourt, vous restez avec nous, Eric Degouté, vous vouliez réagir.
– Oui, bonjour M. Driancourt. La question, est-ce qu'il n'y a pas aussi dans cette précipitation, entre guillemets, d'Emmanuel Macron, des enjeux économiques, notamment des contrats, des contrats de ligne TGV, des contrats aussi de distribution d'eau pour Veolia, est-ce qu'il n'y a pas aussi une urgence de précipiter pour que ces contrats se concrétisent ?
Quelle est votre question ?
Je me disais si dans la décision d'Emmanuel Macron, il n'y avait pas des arrière-pensées économiques, notamment la signature de contrats, notamment le contrat de marché de l'eau avec Veolia ou des contrats de TGV, etc.
Oui, je pense qu'ils entrent dans la balance, effectivement, mais ils ne sont pas déterminants. Ce qui est déterminant, c'est le changement de pied de notre position, le changement complet de notre position diplomatique vis-à-vis du Sahara marocain, comme on dit maintenant, le Sahara occidental. Il y a certainement des perspectives de contrat. Les entreprises françaises ont dû aussi plaider fortement en ce sens. Parce qu'il va y avoir notamment la Coupe du monde de football en 2030 qui va se dérouler au Maroc et il va y avoir énormément de travaux d'infrastructures pour lesquels les entreprises françaises seront présentes. Alors qu'il faut reconnaître que du côté algérien, il n'y a pas beaucoup de perspectives économiques.
évoquiez tout à l'heure Stéphane ces journées. Écoutons-le justement. Hier, le ministre démissionnaire des Affaires étrangères, il était à l'ambassade du Maroc et il a réagi.
y a maintenant quelques mois, le président de la République m'a investi personnellement d'une mission particulière. Approfondir, renouveler ce lien unique et exceptionnel qui unit nos deux pays. Et à l'occasion des voeux qu'il a transmis à Sa Majesté, en ce jour particulier pour les Marocains, le président de la République a dit le présent et l'avenir. Le Sahara s'inscrit dans le cadre de la souveraineté marocaine. Ce
sont les mots du président de la République et c'est la conviction de la France. Vive l'amitié franco-marocaine et vive ce jour si particulier pour le Maroc.
monsieur l'ambassadeur, quand on entend les déclarations de Stéphane Chejourné, on se dit que l'affaire Pegasus, vous savez, pour les téléspectateurs, ce système qui permettait d'écouter les responsables politiques, notamment Emmanuel Macron, tout est oublié, c'est du domaine du passé, on a effacé l'ardoise de l'affaire Pegasus.
On a l'impression qu'effectivement toute cette période est oubliée, et il ne faut pas oublier non plus que Stéphane Séjourné était au Parlement européen celui qui critiquait le plus le Maroc, et notamment le non-respect des droits de l'homme par le gouvernement marocain. Donc effectivement on a complètement oublié, et Stéphane Séjourné le premier. a complètement oublié cette période récente passée. Et il est devenu, on le voit à ses propos hier à l'ambassade du Maroc, il est devenu un londateur de la relation et de l'amitié franco-marocaine.
– Vis-à-vis de Riancourt, Paris a fait beaucoup de gestes dits mémoriels vis-à-vis d'Alger. Du côté algérien, ça n'a pas beaucoup bougé, tous les gestes n'étaient pas forcément payés de retour. Est-ce que c'est la conséquence aussi des frustrations d'Emmanuel Macron ? Est-ce qu'il en attendait plus, le président français, de son homologue algérien ?
Oui, certainement, très certainement, parce qu'il faut reconnaître, et moi-même j'en étais le témoin et l'acteur à Alger durant les presque huit années que j'ai passé en Algérie, il faut reconnaître que du côté français, nous avons fait beaucoup de gestes. vis-à-vis de l'Algérie, notamment dans le domaine mémoriel, mais pas seulement, il y a eu beaucoup de gestes vis-à-vis de l'Algérie, comme aucun président de la République n'en avait fait auparavant. Donc je pense que du côté du président de la République française, il doit y avoir effectivement, comme vous le soulignez, une certaine lassitude, une certaine frustration, un certain désenchantement, en se disant, dans le fond, à quoi ça sert tout cela ? À quoi est-ce que ça a servi de faire tous ces gestes vis-à-vis de l'Algérie si on n'est jamais payé de retour ? Donc je pense qu'il doit y avoir également, en plus des arguments économiques, en plus des arguments diplomatiques, il doit y avoir cette idée dans le changement de pied de la position française.
Xavier Driancourt, vous restez avec nous. Philomène Remy, la France n'est pas le premier pays à reconnaître ce plan d'autonomie marocain.
Non, exactement. Les premiers, ça a été les Américains, il y a 4 ans, sous l'air de Donald Trump. Il y a 2 ans, c'était l'Espagne. Sauf que pour l'Espagne, ça n'a pas juste été un rappel d'ambassadeur, ça s'est accompagné de sanctions économiques.
Justement, Xavier Driancourt, quand on voit, compte tenu du précédent espagnol et de la quasi-rupture des relations diplomatiques entre l'Algérie et l'Espagne, de la part d'Alger semble inévitable. Jusqu'où Alger peut-il aller ? Et l'autre question qui va aussi avec, c'est finalement qui a le plus à perdre, Alger ou Paris ?
La position, la comparaison entre la France et l'Espagne n'est pas tout à fait la même, parce que les relations franco-algériennes sont beaucoup plus importantes, évidemment, que les relations algéro-espagnoles, mais il est vrai que l'Algérie va certainement prendre des sanctions. Elle a rappelé son ambassadeur, elle va annuler la visite du président Tebboune, elle va sans doute... reporter ou annuler des décisions économiques et en tout cas ne pas faciliter la vie des entreprises françaises en Algérie. Mais cela étant sur le plan économique, l'Algérie avait déjà depuis plusieurs années fait le choix. de la Chine, de la Turquie, et les entreprises françaises étaient passées au deuxième rang par rapport aux entreprises chinoises ou turques. Il ne faut pas oublier non plus qu'Alger avait déjà décidé d'interdire l'enseignement du français en Algérie, donc ils avaient déjà pris un certain nombre de mesures. Alors jusqu'où peuvent-ils aller ? Je ne pense pas qu'ils aillent jusqu'à rompre les relations diplomatiques, ce qui serait un signal extrêmement fort. Mais il ne faut pas oublier non plus que du côté français, nous avons un certain nombre de leviers également vis-à-vis de l'Algérie. Donc s'il y avait une escalade, nous pourrions utiliser ces différents moyens.
une question quand même sur le... On a l'impression que cette affaire, elle se fait en dehors des peuples. À aucun moment, les populations concernées sur ce terrain-là n'ont été consultées. C'est quelque chose qui n'a jamais été envisagé ou, à contrario, est-ce qu'au bout d'un moment, il peut y avoir une réaction des populations qui n'ont pas été concernées par ce débat-là
Les populations saraouies, vous parlez.
Oui, les populations saraouies, au Sahara occidental.
Oui, mais dans le plan d'autonomie de 2007 et dans la décision de 1991 entre le Maroc et le Polisario, il y avait l'idée de consultation par référendum des populations. Mais il faut savoir que les populations sahraouies, elles sont aujourd'hui largement en Algérie, dans des camps de réfugiés à Tindouf. Il va y avoir un problème à nouveau entre l'Algérie et le Maroc parce que la plupart des populations sahraouies ont été regroupées dans des camps de réfugiés du côté algérien et le plan d'autonomie marocain est la lettre du roi au président Macron. C'est plus bien que le plan d'autonomie va se faire en concertation avec les populations du Sahara.
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