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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
à tous, la séance est ouverte. L'ordre du jour appelle les questions au Premier ministre. La première d'entre elles va être posée par Monsieur Etchanis pour le groupe socialiste.
Merci Madame la Présidente. Monsieur le Premier ministre, sur votre botte de paille, vous aviez fait des promesses, des déclarations d'amour à nos agriculteurs. Mais eux, ils demandaient des actes forts. Malheureusement, avec le texte voté hier, vous alignez des mesures cosmétiques insuffisantes, voire même régressives. Pourtant, vous aviez une opportunité unique d'être à la hauteur pour nos agriculteurs et nos agricultrices, mais aussi pour le pouvoir d'achat de millions de Français. Avec ce texte, vous auriez pu répondre aux paysans qui demandent un revenu digne en mettant en œuvre un véritable partage de la valeur, des prix planchers et un encadrement des marges. Avec ce texte, vous auriez pu répondre aux éleveurs qui doivent affronter la MHE, la grippe aviaire ou encore la tuberculose. Pour eux, ce sera toujours un parcours du combattant pour être accompagné. Avec ce texte, vous auriez pu protéger le foncier agricole de la spéculation et de l'accaparement des terres. Pourtant, la question foncière n'est pas abordée dans ce texte, sauf pour ouvrir sa porte à la financialisation. Ce grand texte soi-disant agricole ne dit rien du premier outil de travail des agriculteurs. Avec ce texte, vous auriez pu affirmer votre soutien à nos modèles agro-pastoraux et agro-écologiques, ceux de nos vallées, de nos montagnes et de nos plaines. Car oui, nos agriculteurs sont complémentaires. Oui, nos paysans sont écologistes. Oui, ils subissent en premier lieu le réchauffement climatique. Vous niez pourtant l'interdépendance évidente de l'agriculture et de l'écologie. Vous avez même osé tenter de réduire les objectifs du bio. Avec ce texte, vous auriez pu protéger nos exploitations de l'inflation, mais aussi de la concurrence déloyale, encouragée par des accords de libre-échange comme le CETA. Vous auriez pu aussi mettre fin au labyrinthe administratif... nos agriculteurs de l'accès à leurs droits. Dans le fond, ce texte mou ne satisfait personne. Il ne peut décemment se poser comme une réponse à la crise. Dans ce cercle, monsieur le Premier ministre, infinie de concertations, de promesses non tenues, de dispositions sans effet, que faut-il faire pour obtenir enfin de vous des mesures effectives et des actes ? Monsieur le Premier ministre, la colère gronde encore.
vous remercie, monsieur le député. La parole est à monsieur le Premier ministre.
Merci Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député Echaniz. Lorsque la colère des agriculteurs a grondé en France comme partout en Europe, avec le ministre de l'Agriculture, je me suis engagé. J'ai reçu à de très nombreuses reprises et pendant de longues heures les représentants des agriculteurs pour travailler avec eux. Cela a donné lieu à 65 engagements extrêmement clairs, qui étaient, je crois, attendus. Des engagements qui ont été salués par les principales organisations agricoles, des engagements qu'avec mon gouvernement... Je m'attache à déployer le plus concrètement possible pour nos agriculteurs. Et dans ce contexte, je veux saluer l'adoption par l'Assemblée nationale hier de la loi sur l'orientation agricole. Je rappelle que les principaux syndicats d'agriculteurs avaient appelé à l'adoption de ce texte. Vous avez voté contre ce texte, c'est votre droit, mais donc vous avez voté contre la consécration de l'agriculture comme intérêt général majeur pour notre pays qui était attendu par les agriculteurs. Vous avez voté contre ce texte et donc vous avez voté contre les aides à l'installation et la simplification à l'installation pour nos agriculteurs. Vous avez voté contre ce texte et donc vous avez voté contre la modernisation de la formation de nos agriculteurs. Vous avez voté contre ce texte et donc vous avez voté contre une nouvelle échelle des sanctions quand il y a des atteintes non intentionnelles à l'environnement par nos agriculteurs. Vous avez voté donc contre la simplification pour leur vie quotidienne qu'ils appellent pourtant de leur vœu. contre l'accélération des procédures pour nos agriculteurs, nos éleveurs qui ont des projets pour étendre un bâtiment d'élevage. Il faut parfois attendre deux ou trois ans tellement les recours s'empilent. Nous avons fait en sorte que ces recours puissent être capés dans le temps. C'est attendu par tous les agriculteurs, tous les éleveurs de France. Vous avez voté contre, c'est votre choix. Est-ce que ce texte épuise l'ensemble des sujets pour nos agriculteurs ? Évidemment non, nous avons toujours été extrêmement clairs sur ce sujet. D'abord, il y a la question du revenu que vous avez évoqué avec l'engagement du président de la République de prix plancher. Sur ce sujet-là, je rappelle que deux parlementaires, deux de vos collègues, M. Isard et Mme Babot, travaillent, vont nous remettre leurs propositions et ça donnera lieu à une proposition de loi qui nous permettra d'avancer sur ce sujet. Ensuite, il y a le sujet des phytosanitaires, de la suppression. du Conseil supérieur des stratégiques des phytosanitaires qui donnera lieu à un texte. Et puis il y a des enjeux fiscaux sur lesquels évidemment nous sommes attendus, des enjeux de compétitivité et comme je l'ai toujours dit, ces mesures ont vocation à figurer dans le projet de loi de finances en plus des engagements qui ont d'ores et déjà été pris et qui ont d'ores et déjà été appliqués. Vous le voyez monsieur le député, je crois qu'il y a à la fois deux visions et deux méthodes. Nous considérons que travailler pour nos agriculteurs c'est le faire totalement, le faire vraiment, le faire avec tous les textes. lois qui sont nécessaires toutes les mesures nécessaires vous balayez tout ce travail d'un revers de main à la fin avec vous ce serait les agriculteurs qui seraient perdants
beaucoup monsieur le premier ministre la parole est à monsieur le président maillard pour le groupe renaissance
madame la présidente monsieur le premier ministre hier notre hémicycle a été le lieu d'un trouble intolérable provoqué Par un groupe dont les députés se comportent comme des militants et non comme des élus de la nation. Ils prétendent défendre le peuple palestinien mais ne font qu'instrumentaliser cette cause pour servir leur stratégie du chaos. En choisissant d'opposer deux peuples, en alimentant les haines et les divisions en France. Ce sont ces mêmes députés irresponsables qui ne parlent jamais de nos otages français prisonniers des terroristes du Hamas. Contrairement à eux, notre majorité n'a jamais établi d'inégalité entre les morts ou les peuples. Contrairement à eux, elle n'a jamais hésité à pleurer les assassinés du 7 octobre, parmi lesquels plusieurs victimes françaises, tout en s'indignant, comme l'a fait le président de la République, des frappes meurtrières survenues avant-hier sur Rafa et des nombreux civils tués. Cette voie d'équilibre est la seule qui puisse conduire à l'objectif que nous devons tous partager. la paix et la prospérité pour les peuples israéliens et palestiniens. Aussi, Monsieur le Premier ministre, comment la France oeuvre-t-elle afin de permettre la libération des otages et la fin des combats à Gaza ?
vous remercie Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre.
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le Président Maillard. La situation à Rafa est grave. Et les images qui nous parviennent, je le dis, nous heurtent toutes et tous. Et depuis le début, la France, par la voix du Président de la République, a appelé de manière extrêmement claire à un cessez-le-feu. Depuis le début, la France, par la voix du président de la République, a appelé Israël à renoncer à cette opération Arafat. Il l'a dit très clairement, publiquement, et il l'a dit directement au président Netanyahou. Je le dis ici, cette situation grave, cette situation humanitaire catastrophique, elle appelle, je crois, une grande responsabilité de chacune et de chacun. Et je le dis ici, sur tous ces sujets, le drapeau français et le drapeau européen se suffisent à eux-mêmes. Parce que derrière ces drapeaux, il y a nos valeurs, la liberté des peuples, l'égalité entre les peuples, la fraternité entre les peuples. Il n'y a pas besoin de brandir un autre drapeau que celui de la France et de l'Europe pour défendre la paix, pour défendre la diplomatie, pour défendre le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. C'est pour ces valeurs que le président de la République s'engage et que nous nous engageons. C'est pour ces valeurs que depuis le 7 octobre, nous appelons en permanence, et je déplore que certains n'arrivent toujours pas véritablement à le faire, à la libération des otages et de nos otages encore retenus dans la bande de Gaza. C'est pour cette raison que la France a été un des premiers pays à appeler au cessez-le-feu, que nous nous battons au Conseil de sécurité des Nations Unies pour toutes les résolutions qui appellent au cessez-le-feu. C'est pour cette raison que la France a été le premier pays à larguer de l'aide humanitaire sur la bande de Gaza. Et c'est une grande fierté. C'est une très grande fierté. Je le dis ici, ce qui nous permettra d'avancer, ce qui permettra la désescalade, c'est le travail et la solution diplomatique, pas la politique, spectacle. Je le dis ici, avancer vers la paix, ça se fait avec nous dans des réunions au Quai d'Orsay, pas avec vous dans des DJ7 qu'elle valme à danser autour de DJ7. Quand on prétend être à la hauteur de la gravité de la situation, oui, nous allons continuer à nous mobiliser. Oui, le président de la République est mobilisé, le ministre des Affaires étrangères également, avec l'ensemble de leurs homologues, pour parvenir à une solution politique au bénéfice des Israéliens, au bénéfice des Palestiniens, au bénéfice de la paix, qui est le seul combat qui vaille d'être mené.
Merci beaucoup, monsieur le Premier ministre. La parole est à présent à madame Clémence Guetet pour le groupe La France Entre Mise.
le Premier ministre, un autre 29 mai par référendum en 2005, le peuple français vous a dit non. Depuis, Sarkozy, Hollande et Macron ont piétiné sa volonté et lui ont imposé l'illégitime traité de Lisbonne. L'austérité comme seul cap, la concurrence comme seul principe politique. On pourrait pourtant désobéir pour refuser d'appliquer la casse sociale de Bruxelles. Vous le faites déjà sur certains sujets, mais toujours et uniquement pour de mauvaises raisons. Monsieur le Premier ministre, vous vivez dans une bulle d'opulence et de confort. Vous ne connaîtrez jamais dans votre chair la souffrance des parents d'Orly qui n'ont pas d'instituteurs pour leur enfant de CP depuis six mois, qui doivent quitter leur emploi pour s'en occuper. Vous ne saurez jamais ce qu'est l'angoisse de ne plus avoir d'hôpital à moins d'1h30 en voiture, les tourments de ceux qui renoncent à se soigner. Chacune de vos décisions cause autant d'humiliation et de violence quotidienne. Monsieur le Premier ministre, vous et les vôtres, vous avez fait sécession. Écoles, cliniques et jets, pour vous, tout est privé. Et les Français, eux, sont privés de tout. Vous allez me répondre ? allez me répondre par le niveau de dépense publique, mais personne dans ce pays ne vous demande l'aumône. Juste de cesser l'immense opération de détournement de fonds publics que vous menez avec la complicité de l'extrême droite, au profit des plus riches, qui n'ont que 20% de prélèvement, quand les plus pauvres ont 50%. Parce que oui, les Français cotisent et payent des impôts, vous les privez donc de ce qui leur est dû. Il se mobilise à Redon pour conserver des lits d'hôpitaux, en Seine-Saint-Denis pour éviter des fermetures de classes, à la souterraine pour le retour des trains. Il est temps de rendre au peuple son patrimoine commun. C'est l'objet de la proposition de loi que nous déposons aujourd'hui pour faire entrer dans la Constitution l'accès garanti aux services publics. Parce qu'il n'y a pas de République sans service public, monsieur le Premier ministre. Ils choisiront, les Français choisiront de s'insoumettre le 9 juin avec l'Union Populaire. Merci.
La parole est à Monsieur le Premier Ministre.
Merci Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Madame la députée Clémence Guettet, comme souvent il n'y avait pas de questions dans votre question. Je crois que c'est l'objet de ces questions au Premier ministre que de poser une question et de recevoir une réponse. Le référendum sur la constitution européenne est cette date. Et donc c'est sur ça que je vais vous répondre puisque c'est d'actualité, nous parlons beaucoup d'Europe en ce moment. Je me souviens des débats qui avaient eu lieu à l'époque, je pense qu'on s'en souvient tous. Se rappeler de ce moment, de ce référendum, c'est aussi mesurer le chemin qui a été parcouru depuis. Moi je me souviens qu'à l'époque, je commençais à m'intéresser à la politique, les débats étaient très largement consacrés. au travail détaché, à ce problème dont on parlait beaucoup du plombier polonais. On n'en entend plus parler dans cette campagne. Pourquoi ? Parce qu'avec le président de la République, nous avons réglé le problème. On entendait parler à l'époque d'arriver enfin à un salaire minimum européen. On a réglé ce sujet avec enfin une directive européenne sur un salaire minimum. On entendait parler d'initiatives européennes. sur la transparence salariale pour arriver à l'égalité salariale entre les femmes et les hommes. Enfin, un texte européen a été pris sur ce sujet. La réalité, c'est que ces dernières années, nous avons progressé comme jamais sur l'Europe sociale. Et nous ne l'avons pas fait grâce à vous. Nous l'avons fait malgré vous. Malgré vous, parce que vous ne travaillez pas au Parlement européen et systématiquement, vous vous opposez à toutes les avancées, à toutes les mesures que nous portons. Donc je vous remercie, Madame la députée, de nous donner l'opportunité et la possibilité de mettre en avant ce qui, depuis 2005, a progressé en Europe pour l'Europe sociale, et ce que nous entendons continuer à faire progresser dans les années à venir. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le Premier ministre. La parole est à monsieur Jean-Claude Rau pour le groupe écologiste.
Merci Madame la Présidente. Monsieur le Premier ministre, quelles œillères portez-vous pour ne pas voir une autre colère qui monte ? La colère des parents et des élèves, la colère des enseignants, des personnels de direction, la colère de toutes celles et ceux qui se mobilisent pour l'avenir de nos enfants, des rassemblements partout en France, aux collèges morts, à Vallon-de-Lerde, Cré ou Ponchara. Cela ne m'arrive pas souvent, mais aujourd'hui, Monsieur le Premier ministre, je suis en colère. Une colère profonde parce qu'à chacune de vos annonces incantatoires, ce sont les valeurs que j'ai fait vivre en tant qu'enseignant, celles que défend toute la communauté éducative qui sont ébranlées. L'école que nous voulons pour notre jeunesse, c'est une école garante de l'égalité, une école ouverte et inclusive, une école où la liberté pédagogique reste de mise au service de l'émancipation et de la réussite de tous les élèves. Vous y préférez le fracas des annonces pour une école fracassée. Vous devriez avoir en mémoire le fiasco de la réforme Blanquer et pressentir ce à venir des stages de reconquête du mois de juin au choc des savoirs. Car dans ces deux cas, les chefs d'établissement vont s'arracher les cheveux, soit pour organiser une garderie géante ou pour mettre en place une réforme inapplicable, celle des groupes de niveau dont personne ne veut. Dans l'improvisation, loin du terrain, vous dessinez une école qui fermera des portes, à commencer par celle du lycée, renforcera très tôt le sentiment d'échec et actera le tri social. Quand vous vous en prenez au fondement de l'éducation nationale, les parlementaires écologistes saisissent le Conseil d'Etat. Quand vous le faites contre tout le monde, je veux faire avec chacune et chacun. Si nous voulons une école qui permette de faire société, alors c'est la société qui doit faire l'école. Donc je vous pose la question, monsieur le Premier ministre, êtes-vous prêt à lancer une convention citoyenne pour l'éducation ?
vous remercie, monsieur le Premier ministre.
Merci madame la présidente, mesdames et messieurs les députés, monsieur le député Rau. Moi ce qui m'indigne, ce qui me bouleverse, c'est qu'on est près d'un tiers d'élèves à la sortie du collège qui ne savent pas correctement lire, écrire et compter. Et je le dis, on ne peut pas dans une intervention donner le sentiment que la situation aujourd'hui pour nos élèves est satisfaisante. Et la réalité, c'est que le collège aujourd'hui ne parvient pas à réduire ces inégalités qu'on constate à l'entrée en sixième. La réalité, c'est que quand vous avez dans une même classe des élèves qui ne savent pas lire avec des élèves qui lisent très correctement, vous n'arrivez à faire progresser personne. Et ça, je le dis, ce sont les enseignants eux-mêmes qui me l'ont dit à de très nombreuses reprises. Ce sont eux qui l'ont dit par ailleurs dans une consultation numérique où 250 000 d'entre eux ont répondu. C'est une mesure profondément sociale. Parce que c'est une mesure qui crée des postes supplémentaires qui sont dédiés à des territoires où les élèves ont le plus grand nombre de difficultés et ont les plus grandes difficultés en lecture, en écriture et en calcul. Ce qui va permettre enfin de faire progresser tout le monde. Moi, ce que je souhaite, c'est relancer l'ascenseur scolaire. Faire en sorte que le collège puisse permettre à chacun de progresser, à chacun de s'élever. Faire en sorte que les élèves puissent chacun trouver leur voie parce qu'on met davantage de moyens pour accompagner ceux qui en ont le plus besoin. Ce que nous avons fait dès l'école primaire avec le dédoublement des classes en REP et en REP+. Avec les 2500 postes supplémentaires pour mettre en place ces groupes de niveau, cela veut dire que dans les territoires REP et REP+, ça revient quasiment à un dédoublement pour les cours de français et de mathématiques. Plus d'accompagnement, plus d'enseignants auprès des élèves pour les faire. progresser. Vous me parlez ensuite de la question des stages. Et moi, je le dis ici, un des grands problèmes que nous avons en France, c'est la question de l'orientation. Oui, nous avons un problème s'agissant de l'orientation. Les pays qui réussissent mieux que nous en matière d'orientation, il y a une mesure qui paraît assez simple, qui est appliquée partout, ce sont des stages en milieu professionnel. En Suède, en Allemagne, aux Pays-Bas, c'est 5 voire 6 semaines de stage sur la scolarité d'un élève en voie générale. En France, à ce stade, on a un stage d'une semaine en troisième. Oui, j'assume de dire que c'est bon pour nos élèves, bon pour nos entreprises, bon pour nos administrations de mettre en place un nouveau stage de fin de seconde. Ce stage, il est nouveau. Évidemment, tout le monde est mobilisé pour garantir enfin aux élèves de pouvoir... Trouver un stage, c'est ça la très grande priorité, que ces élèves puissent découvrir des horizons nouveaux, qu'ils puissent s'interroger sur l'orientation, avoir des idées, en écarter certaines. Pourquoi s'opposer à cette mesure, qui me semble être une mesure de bon sens, et surtout dans l'intérêt des jeunes
? Enfin, évidemment,
je me battrai toujours pour un environnement pacifié à l'école, où chacun s'écoute. Et de ce point de vue-là, en vous regardant, je me rends compte que nous sommes bien seuls à défendre cette mesure. exemple pour nos élèves.
Merci beaucoup monsieur le Premier ministre et comme d'habitude ils sont bien nombreux à être présents aujourd'hui dans l'hémicycle avec nous. Sachons leur montrer l'exemple. Madame Aude Luquet pour le groupe démocrate, je vous remercie s'il vous plaît. Madame Luquet, allez-y.
Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, la tenue du troisième référendum de 2021, l'insuffisance de dialogue des acteurs politiques calédoniens démontre toutes les difficultés auxquelles va se heurter la mission de médiation et de travail initiée par le Président de la République. La réussite de cette mission dépendra donc de sa capacité à sortir des sentiers battus et à écouter des voix différentes de celles des acteurs politiques traditionnels. Les Calédoniens, dans toute leur diversité ethnique et culturelle, que ce soit en Brousse ou en ville, prouvent aujourd'hui comme hier qu'ils sont capables de vivre ensemble et de rendre concrète la devise de leur territoire, terre de parole, terre de partage. Face à ce constat, Monsieur le Premier ministre, pourriez-vous préciser la feuille de route de cette mission ? Est-il prévu qu'elle aille au devant de la population et qu'elle rencontre des représentants de la société civile qui démontrent chaque jour qu'un destin commun est possible ? Est-il prévu également qu'elle prenne attache auprès des maires ? A côté de ce dialogue institutionnel, il y a des inquiétudes économiques, en particulier pour les collectivités, afin de réparer les dommages colossaux causés par les événements de ces dernières semaines. dans une économie exsangue depuis plusieurs mois du fait de la crise du nickel et de la concurrence sino-indonésienne. Il convient aussi de rappeler l'évaluation faite par le gouvernement calédonien, qui reste affiné d'un besoin de plus de 25 millions d'euros par mois pour faire face aux demandes de chômage, auxquelles s'ajoute un manque à gagner de 70 millions d'euros de recettes fiscales par mois. Enfin, dans le secteur privé, nombre d'entreprises de petite taille ne seront pas en mesure d'assurer le paiement des salaires de ce mois de mai. Monsieur le Premier ministre, pourriez-vous nous indiquer dans quel délai et sous quelle forme le gouvernement compte-t-il créer le fonds de solidarité annoncé par le président de la République pour répondre à cette situation qui touche nos compatriotes calédoniens ? Je vous remercie.
vous remercie ma chère collègue. La parole est à monsieur le Premier ministre.
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Madame la députée Aude Luquet. La situation en Nouvelle-Calédonie reste tendue. Nous le savons, un rien, une étincelle peut suffire à ce que les violences reprennent plus fort. Face aux émeutes meurtrières de ces dernières semaines, notre première urgence, ça a été et ça reste encore aujourd'hui, c'est encore d'actualité, évidemment de rétablir l'ordre. Grâce à l'engagement exceptionnel de nos forces de l'ordre à qui je veux rendre une nouvelle fois hommage. Le rétablissement de l'ordre, évidemment, grâce aux mesures qui ont été prises dans le cadre de l'état d'urgence, grâce à l'envoi de forces de sécurité supplémentaires. Avec le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, avec la ministre déléguée chargée des Outre-mer, nous restons évidemment extrêmement mobilisés et vigilants. Vous l'avez dit, Madame la députée, il ne faut pas attendre pour envisager la suite et pour avancer. La suite, vous l'avez dit, c'est évidemment de soutenir l'économie en Nouvelle-Calédonie, très durement touchée par les émeutes. Conformément aux orientations du président de la République, la mission des péchés sur place, en lien avec les services de Bercy et les autorités locales, y travaille. Les services de l'État... les banques, les assurances, les collectivités territoriales. Tout le monde est mobilisé, d'abord pour estimer les dégâts, mettre en place des dispositifs ciblés et efficaces, et pour que, in fine, les entreprises qui ont subi des dommages puissent être dédommagées facilement et rapidement. Un fonds de solidarité sera mis en place pour les entreprises. Vous m'interrogez sur son entrée en vigueur. La mission progresse pour nous permettre de nous donner les modalités de ce fonds, mais ce sera dans les toutes prochaines semaines. Il pourrait y avoir des exonérations de cotisations. de l'activité partielle et évidemment du soutien financier avec les collectivités locales pour les secteurs économiques qui ont été touchés et par ailleurs un soutien en collectivité locale évidemment. La suite c'est évidemment la reconstruction, rebâtir dans les meilleurs délais les infrastructures les plus sensibles et prioritaires mais aussi en profiter pour diversifier et corriger les déséquilibres économiques qui existaient encore avant la crise. La suite c'est bien sûr l'avenir politique institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Le président de la République s'est rendu sur place, il a permis l'installation d'une mission composée d'experts aguerris pour instaurer le dialogue et trouver le chemin d'une solution politique globale en Nouvelle-Calédonie. Comme depuis la première heure, je le redis ici, nous voulons donner toutes ces chances au dialogue. C'est pourquoi le président de la République l'a confirmé. Nous avons fait le choix de ne pas réunir le Congrès immédiatement après l'adoption du texte pour donner cette chance à ce dialogue. Je le dis, madame la députée, l'histoire a montré combien, malgré les tensions... Même après les violences, les responsables politiques de Nouvelle-Calédonie pouvaient se parler, s'entendre, se mettre d'accord dans l'intérêt des Calédoniens, cela évidemment en lien avec l'État. J'ai la conviction que nous en sommes capables à nouveau, qu'un dialogue est possible, qu'un accord global est accessible. Sous l'autorité du Président de la République, avec mon gouvernement, nous ferons tout notre possible pour y parvenir.
Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre. La parole est à présent à Pierre Morel Alvissier pour le groupe IOT.
Merci Madame la Présidente. Monsieur le Premier ministre, depuis des mois et des mois, les parlementaires de tous bords vous alertent sur la situation dramatique des EHPAD, tout comme les fédérations, de nombreuses fédérations, la FEAP, le GEPSO, le SINERPA, la fédération hospitalière, mais également des associations directeurs, la DPA et la FNADEPA. Près de 80%, qu'ils soient publics ou privés, d'entre eux sont déficitaires et doivent supporter des augmentations salariales, des augmentations de charges de toute nature, électricité, alimentation, des difficultés de recrutement, notamment des aides-soignantes et des infirmières, le coût de déformation, la pénibilité au travail et l'évolution vers les GIR 1 et 2. Aujourd'hui, les EHPAD accueillent des personnes âgées, dépendantes, voire très très dépendantes. La loi bienveillir n'a nullement réglé les dites difficultés et l'on attend toujours une loi de programmation budgétaire et une loi grand âge. Mais il est encore plus grave, si je puis dire. Une décision judiciaire, tribunal de Vannes, du 16 mai 2024, vient de condamner pour homicide involontaire un EHPAD et son directeur, craignant ainsi un véritable séisme dans tout le monde sanitaire et social. Il apparaît qu'il serait reproché un manque d'instruction précise et un défaut de formation d'une aide soignante. Cette décision ouvre incontestablement la boîte de Pandore vers le fonctionnement et la mise en cause du... C'est pourquoi, avec mon groupe, je tire la sonnette d'alarme sur ce délicat problème. Certes, les ARS contrôlent, mais il faudrait aujourd'hui qu'un accompagnement budgétaire soit affecté à tous les EHPAD.
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député Pierre Morel à Luissier. Vous avez raison de souligner combien la situation des EHPAD doit toutes et tous nous mobiliser. Et je veux redire à quel point j'ai été, comme nos concitoyens, choqué par les images, les témoignages qui ont émergé sur les conditions de vie dans certains EHPAD. Ces témoignages sont graves car ils ont rompu le pacte de confiance qui unit les établissements aux familles. Ils sont graves, car alors même que l'immense majorité des soignants et des personnels se démènent, s'engagent avec passion et sincérité, ils subissent toutes et tous le poids du soupçon, et je veux leur redire, ma confiance, mon soutien et celui de mon gouvernement. Monsieur le député, cet enjeu est d'autant plus important que nous devons nous préparer au vieillissement de la population et aux conséquences de l'allongement de l'espérance de vie. Cet objectif est fondamental et nous devons maintenir le cap en dépit de l'inflation qui touche durement le secteur. Et je vous le dis avec la ministre Fadila Khatabi, avec tout le gouvernement, nous allons continuer à nous battre pour répondre aux difficultés des EHPAD, pour leur donner plus de moyens et pour améliorer l'attractivité des métiers du grand âge. La première étape, c'est leur établissement de la confiance dans ces établissements. Ça passe par un vaste plan de contrôle que nous menons. Ensuite, je le disais, nous préservons leur viabilité financière avec un fonds d'urgence de 100 millions d'euros créés l'an dernier, avec les 4 milliards d'euros de plus prévus dans le Ségur entre 2019 et 2023. Ça c'est pour le court terme, mais je sais évidemment comme vous que les problèmes structurels des EHPAD ne se régleront pas du jour au lendemain. Je pense aux difficultés financières et nous augmentons la dotation aux EHPAD publics de 5% en 2024 pour réduire le déficit et poursuivre les revalorisations salariales. Je pense aux difficultés qu'ont les plus modestes à trouver un EHPAD. Et là aussi, nous avançons. La loi Bienvieillir permet aujourd'hui de définir deux tarifs d'hébergement différenciés selon les revenus. Ces avancées sont positives, mais je veux être très clair, monsieur le député, évidemment le travail continue. Le travail continue, en particulier pour améliorer la gouvernance de la politique du grand âge. Je souhaite que l'expérimentation du financement de la dépendance par l'Etat, en lien avec les départements, puisse être menée et évaluée là où les présidents de départements ont postulé. Je sais que votre département, monsieur le député, celui de la Lauser, fait partie des 23 départements concernés par cette expérimentation, dont nous attendons évidemment beaucoup. Je rappelle par ailleurs que le rapport remis par Eric Wörth nous donnera aussi... les pistes d'évolution sur cette question et j'y serai particulièrement attentif. Monsieur le député, je sais l'importance de cette question. Cette question sera encore plus majeure dans les années qui viennent. Évidemment, je sais pouvoir compter sur l'engagement de toutes et de tous avec le gouvernement pour avancer au bénéfice de nos concitoyens.
vous remercie, monsieur le Premier ministre. La parole est à présent à monsieur Yannick Noderre pour le complet républicain.
Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, les Français n'en peuvent plus, c'est la croix et la bannière pour trouver un médecin dans notre pays. Il faut plus de deux mois pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste. C'est le double par rapport à 2019. Notre seul espoir face à cette situation, je le redis, c'est de former plus de médecins et d'arrêter de persister avec cette sélection extrême. Alors oui, vous formez plus, mais je vous le demande, formez-vous assez ? Évidemment, non, vous plafonnez, vous ajustez un simple curseur au lieu de le supprimer et vous ne compensez même pas les départs en retraite. Résultat, nous formons autant de médecins qu'en 1970, alors que la France compte 15 millions... Et que la profession fait face... ... ... ... ... petites places au concours d'entrée la pousseront à s'expatrier en Roumanie. Aujourd'hui, elle affirme que pour sa carrière, la Suisse c'est mon plan A, la France c'est mon plan B, parce que oui, monsieur le Premier ministre, nombreux pays, l'Allemagne, le Luxembourg, maintenant le Maroc, viennent démarcher nos étudiants en France mais également à l'étranger. Des marines, il y en a 5000 en France qui nous glissent entre les doigts et ce sont autant de médecins qui n'iront pas dans nos territoires et je vous invite à prendre connaissance de l'étude de l'association. des maires ruraux de France, pardon, du vice-président Gilles Noël, qui a donné une étude sur les étudiants en Roumanie à la Banque des Territoires. Alors, monsieur le Premier ministre, je vous le demande, où en êtes-vous dans ma proposition de loi adoptée ici pour rapatrier les talents ? Où en êtes-vous dans la suppression de toute forme de numerus ? Et où en êtes-vous sur la fourniture des moyens pour nos universités ? Il y a urgence, monsieur le Premier ministre, à reprendre le contrôle de la formation de nos étudiants en santé. Il en dépend de la santé des Français. Ça m'a encore été confirmé hier. François-Xavier Bellamy lors d'une visite à Gustave Roussy. Merci beaucoup mon cher collègue.
parole est à monsieur le Premier ministre.
madame la présidente, mesdames et messieurs les députés, monsieur le député Neudert. L'accès aux soins, c'est évidemment l'enjeu majeur aujourd'hui pour tous nos concitoyens. Je le dis où que je me déplace dans le pays, évidemment que c'est l'enjeu dont on me parle en premier. J'ai eu l'occasion d'annoncer une série de mesures récemment pour libérer du temps médical à nos médecins, accélérer le transfert d'actes entre les médecins et les autres professions médicales ou paramédicales. Il faut continuer sur ce levier-là. Mais on le sait, la réponse sur le long terme. c'est évidemment de former davantage de médecins. Je le dis ici et je commencerai d'abord en saluant les étudiants en médecine qui passent en ce moment même les échos, les examens cliniques objectifs structurés, et leur dire évidemment que nous sommes avec eux, que nous les accompagnons par la pensée et que nous serons contents de pouvoir compter sur eux, évidemment sur le terrain dans les années à venir. Il faut le dire ici et je le dis avec une très grande humilité. Nous payons aujourd'hui le choix de gouvernement de tous bords politiques qui se sont succédés depuis des décennies avant l'élection du président de la République. J'ai dit avec humilité de ne pas revoir le numerus clausus. Or, revoir le numerus clausus, le président de la République a fait ce choix dès son élection en 2017. En 2017, on formait 8000 médecins par an. Cette année, on en forme 10 800. En 2025, on en formera 12 000 sur l'année. Et je me suis engagé à ce qu'en 2027, on forme 16 000 étudiants en médecine chaque année. Ça veut dire qu'en deux quinquennats d'Emmanuel Macron, on aura doublé le nombre d'étudiants en médecine qui sont formés dans nos universités. C'est un engagement sans précédent. Évidemment, il nécessite d'être accompagné. Il faut l'accompagner en termes de capacité d'accueil des universités, de terrain de stage. C'est un point sensible. La proposition de loi que vous avez présentée et déposée consacre notamment son article 1er à ce sujet-là. Il faut qu'on arrive à accroître davantage l'attractivité des hospitalaux universitaires. J'ai demandé à mes ministres Catherine Vautrin et Sylvie Retailleau de mettre en œuvre d'ici à l'été les engagements qui ont été pris lors des assises hospitalaux universitaires. lieux d'enseignement et de stage, parce que l'augmentation du nombre d'étudiants est l'occasion de créer de nouveaux lieux de stage et de formation dans les petites et moyennes villes, et notamment dans les cabinets libéraux. Il faut continuer à avancer aussi sur notre capacité à faire revenir nos jeunes Français qui sont partis étudier en médecine. Je sais que c'est un combat que vous menez, qui sont partis étudier en médecine, notamment en Europe de l'Est. Évidemment qu'on souhaite qu'ils reviennent chez nous. plutôt qu'ils aillent en Allemagne ou en Suisse. Il faut qu'on arrive à les attirer chez nous. Je sais que votre proposition de loi qui a été adoptée prévoit des mesures pour pouvoir les faire revenir plus tôt dans les études. Je souhaite qu'on puisse avancer sur votre proposition de loi. Je le dis, elle a été adoptée ici à l'Assemblée nationale. Il faut maintenant qu'elle soit inscrite au Sénat. J'y suis évidemment favorable pour que nous puissions avancer au bénéfice de nos étudiants en médecine, au bénéfice de notre système de santé et donc au bénéfice de tous les Français. Sur ce sujet, je suis très convaincu que nous pouvons dépasser largement les clivages et avancer tous ensemble au service de nos concitoyens.
vous remercie, monsieur le Premier ministre. La parole est à présent à monsieur Xavier Albertini pour le groupe Horizon.
Merci, madame la présidente. Madame la présidente, mes chers collègues, monsieur le Premier ministre, ce n'est plus une rumeur, ce n'est plus confidentiel. La société BioGarant, c'est désormais une certitude, est à vendre. La société Biogarance est le laboratoire français qui fournit 32% des médicaments génériques à nos concitoyens. La société Biogarance est une boîte sur huit délivrée en pharmacie. La société Biogarance est un catalogue de plus de 1000 références. Sa maison mère, les laboratoires Servi, a décidé de se séparer donc de vendre cette activité pour se consacrer sur le secteur des médicaments innovants. Le groupe Servi a naturellement la liberté de choisir ses marchés et de céder l'une de ses filiales. Mais nous, responsables politiques, en ce qui nous concerne, avons la responsabilité de tout faire pour que cette production sensible relative aux médicaments génériques ne passe pas sous la coupe d'un propriétaire non européen. Car à ce jour, et selon nos informations, les repreneurs les plus sérieux ne sont pas européens. Alors où nous nous employons à relocaliser les emplois industriels, à conserver sur le sol national les productions stratégiques, notre responsabilité est d'autant plus grande. BioGarant ne compte que 250 emplois en France, mais ce laboratoire sous-traite la fabrication de sa production à des dizaines de façonniers dont la majorité des usines est installée dans notre pays et représente quasiment 9000 emplois. C'est donc tout un écosystème stratégique qui serait considérablement fragilisé si BioGarant passait sous contrôle étranger. Le maintien de l'emploi et le soutien de nos façonniers français est primordial. Divers leviers d'action existent. Un pourrait être mis en oeuvre à l'occasion du prochain projet de loi sur la finance de la sécurité sociale au travers de la clause de sauvegarde. Cette clause s'applique aux laboratoires pharmaceutiques quand leur vente dépasse l'ONDAM. Jusqu'au budget de la sécurité sociale de 2020, ces clauses ne s'appliquaient qu'aux laboratoires innovants. Elles s'appliquent désormais à tous les médicaments. Cette généralisation pénalise les laboratoires qui font de faibles marges dont font partie les laboratoires produisant des génériques. Monsieur le Premier ministre, le dossier biogarant est symbolique des enjeux de souveraineté sanitaire et industrielle auxquels la France doit faire face. Comment comptez-vous agir pour garder sous pavillon national ou à tout le moins européen ce fleuron, cette production et nos emplois ? Je
remercie. La parole est à monsieur le Premier ministre.
Merci Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député Xavier Albertini. J'ai eu comme vous les échos par voix de presse que le laboratoire Servier serait sur le point de vendre sa filiale BioGarant. BioGarant, je le dis ici, c'est un fleuron français. C'est près d'un tiers des médicaments génériques vendus en France. C'est une boîte de médicaments sur 8 vendue dans notre pays. Et ce sont plus de 8 500 emplois directs et indirects à travers toute la France. Ce sont des milliers de molécules qui sont utiles, nécessaires pour notre santé. Et face à une entreprise aussi stratégique que Biogarant, nous avons été très clairs avec Servier, nous ne souhaitons pas qu'il vende Biogarant. Si toutefois Servier choisissait... Tout de même de vendre biogarant, oui, nous nous laisserons la possibilité d'activer la procédure de contrôle des investissements étrangers en France. Une procédure que nous avons considérablement renforcée depuis 2017. Une procédure qui nous permet de faire respecter notre souveraineté. Alors nous serons d'une vigilance exceptionnelle et tout repreneur non-européen, je le dis ici publiquement et clairement, doit s'attendre à des conditions drastiques s'il veut, ne serait-ce qu'espérer, acquérir Biogarant. Notre boussole... c'est garantir un parfait accès aux médicaments pour les Français et le maintien des sites de production et des emplois en France. Monsieur le député, vous avez raison de le dire, la santé est un secteur éminemment stratégique. Et suivant l'engagement du président de la République, nous avons lancé des investissements massifs grâce à France 2030. Et nous nous sommes dotés d'une stratégie pour produire en France nos médicaments. Pour 25 médicaments stratégiques, la relocalisation a commencé. Évidemment, c'est un travail patient qui prend nécessairement un peu de temps. Mais la relocalisation de nos médicaments les plus stratégiques sur le sol français s'agissant de leur production a commencé et nous allons poursuivre. Et comme souvent, je le dis ici, notre force et notre succès viendront de... l'Europe. L'alliance des médicaments critiques va permettre de faire revenir en Europe les principes actifs de nos médicaments, alors qu'aujourd'hui, 60 à 80% d'entre eux proviennent d'Asie. Une nouvelle fois, je le dis ici, l'Europe doit être le vecteur de notre souveraineté, notamment en termes de santé et de produits de santé. Une nouvelle fois, grâce à l'Europe, nous serons plus forts et nous pourrons peser davantage face à l'Asie. Il y a les enjeux ensuite de financement, vous avez évoqué clause de sauvegarde et générique. dans le prochain PLFSS, mais évidemment, nous sommes très mobilisés et très sensibles sur ces sujets-là.
vous remercie, Monsieur le Premier ministre. La parole est à Monsieur Hervé de Lépinault pour le Rassemblement national.
le Premier ministre, la France est passée maîtresse dans l'art du vaudeville. Cela prêterait à sourire si cette singularité se limitait au théâtre. La gestion du dossier de sauvegarde et de sauvetage de notre géant informatique national Atos laisse entendre que ce style burlesque trouve à s'exprimer dans le monde des affaires. Claquement de portes, revirement intempestif, valse des acteurs et j'en passe. 5 milliards de dettes, démissions à répétition de ces dirigeants, rien ne va plus pour ce groupe pourtant essentiel à notre souveraineté numérique et notre stratégie de défense. L'activité infogérance gère une masse considérable de données sensibles de nos administrations et services publics. Trésors publics, cartes vitales, caisses nationales d'allocations familiales SNCF, pour ne citer que les plus connues. Quand par ailleurs, la division supercalculateur participe à la mise à niveau opérationnelle de notre dissuasion nucléaire. Ce groupe à portée stratégique est au bord de la faillite, sans que le gouvernement et la présidence de la République n'aient manifesté une volonté affichée de le sauver coûte que coûte. Les perspectives de résolution qui se profilent laissent entrevoir l'arrivée de fonds de pension étrangers et une vente à la découpe des divisions du groupe. Cette solution n'est pas admissible quand le régalien et notre souveraineté nationale sont en jeu. Monsieur le Premier ministre, entendez-vous procéder à la recapitalisation rapide d'Atos à concurrence d'un tiers de la dette afin d'éviter sa liquidation à court terme et mettre fin au projet de démantèlement du groupe ? A quand la mobilisation d'un véritable fonds souverain national en capacité de maintenir sous pavillon français ces entreprises de portée stratégique prédatées par des fonds étrangers ? La passivité de l'exécutif sur ce dossier pourrait constituer un nouveau chapitre des affaires d'Etat dans le prolongement d'Alstom et de Technip. Il ne tient qu'à vous qu'il en soit autrement.
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député de l'Épinot. Atos, j'ai déjà eu l'occasion de le dire ici, c'est un fleuron français. Un fleuron français qui traverse des difficultés, un fleuron français qui a évidemment aussi des atouts et qui va surmonter ces difficultés. Et je le dis ici, parmi les atouts d'Atos, il y a notamment le fait qu'Atos bénéficie de contrats publics et de marchés publics dans beaucoup de pays européens. En Allemagne, en Belgique, en Italie, Atos bénéficie de contrats et de marchés publics dans ces pays. Dans votre programme pour les Européennes, vous proposez que chacun des pays européens réserve ses marchés publics aux entreprises de son pays. Donc quand vous vous faites les défenseurs d'Atos, est-ce que vous leur dites que dans votre programme pour les Européennes, vous proposez qu'il n'ait plus accès aux contrats publics et aux marchés publics dans les pays ? Aujourd'hui, ils en bénéficient en Allemagne, en Italie, en Belgique. Avec l'application de votre programme, vous plongeriez Atos dans des plus grandes difficultés encore que celles que l'entreprise connaît aujourd'hui. Pour le reste, vous le savez, depuis le premier jour, nous sommes mobilisés. Nous travaillons avec la plus grande vigilance pour suivre l'avenir du groupe Atos. Depuis le premier jour, nous nous sommes engagés à protéger les actifs stratégiques du groupe. C'est notre engagement depuis le début, nous nous y tenons. Nous avons réalisé un prêt important qui était attendu par Atos. Nous avons décidé de nous engager... pleinement et avons obtenu des droits spécifiques sur la gestion des activités stratégiques du groupe. Je vous le dis, monsieur le député, j'ai déjà eu l'occasion de le dire ici en réponse à une autre question. Les activités stratégiques, notamment celles qui concernent notre souveraineté, notamment celles qui concernent notre défense, resteront sous pavillon français. Elles resteront sous pavillon français et leur développement sera assuré auprès des industriels français de premier plan. Ces activités, ce sont nos supercalculateurs, ce sont les serveurs pour le développement de l'IA et du quantique, ce sont les systèmes de communication critiques. ou de protection cyber. Ce sont aussi les activités de contrôle-commande de nos centrales nucléaires. Comme l'a indiqué Bruno Le Maire, nous souhaitons sécuriser les activités de World Grid par l'acquisition de ces activités par un acteur agréé par EDF. Monsieur le député, plusieurs entreprises ont déjà marqué leur intérêt pour la reprise d'Atos. C'est une bonne nouvelle. C'est la preuve qu'il existe des solutions pour préparer l'avenir de l'entreprise. Chacune des offres... sera examiné. Et je peux vous dire que l'Etat sera très attentif au sérieux des offres, au projet industriel qui les sous-tend, à la capacité de faire vivre l'entreprise sur le long terme. Nous serons particulièrement attentifs à l'impact social des offres. Et bien sûr, nous ne transigerons jamais sur les activités sensibles et stratégiques pour l'Etat qui doit rester sous pavillon français. Mais contrairement à vous, nous ne proposons pas de couper les jambes de nos grands fleurons français en les empêchant de bénéficier de... d'appels d'offres et de marchés publics dans d'autres pays européens.
Augmentation du temps de cotisation sur une durée plus courte pour une indemnisation moins longue. Ce n'est plus une réforme, c'est un coup de poignard dans le dos des Français. Des décennies de lutte pour davantage de droits et pour une meilleure protection des travailleurs, renversés en un simple claquement de doigts. Qu'ont donc fait les personnes privées d'emploi pour mériter votre haine ? Les femmes et les hommes que vous ne cessez d'attaquer ont pourtant pour unique souhait de réintégrer le marché de l'emploi. Mais votre seule réponse est de faire croire qu'ils sont responsables de leur situation. Comment pouvez-vous prétendre aider les personnes privées d'emploi alors que près de la moitié des inscrits n'est déjà pas indemnisé ? Comment pouvez-vous prétendre vouloir accompagner les seniors après avoir imposé un allongement de l'âge de départ à la retraite et vous être attaqués à leur régime spécifique d'indemnisation ? Non, monsieur le Premier ministre, les difficultés de toutes ces personnes n'ont pas disparu. Puisqu'il n'y a que les chiffres qui vous intéressent, je vais vous en donner un qui devrait vous interpeller. 18%, c'est le taux de chômage à la Réunion. Les habitants de nos circonscriptions ultramarines, soumises à un taux de chômage inégalable, craignent chaque jour l'application de vos réformes sur nos territoires. Si jusqu'à maintenant les nouvelles règles ne s'appliquent pas pour les résidents des Outre-mer, nous ne sommes pas à l'abri d'un revirement à tout moment de votre part. Vous avez réussi à faire naître un sentiment de rejet des personnes privées d'emploi, désormais considérées comme responsables de tous les maux de la société. Rien ne vous fait peur. Faire des économies ne peut être qu'une raison légitime pour mettre en jeu la survie de nos concitoyens. Les Français ne sont pas une ligne sur un tableau Excel. Ce sont des femmes et des hommes qui font au mieux pour s'en sortir. Monsieur le Premier ministre, je n'ai qu'une seule question en réalité. Où donc avez-vous enterré votre âme ?
vous remercie. La parole est à monsieur le Premier ministre.
Merci Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Madame la députée. Vous avez indiqué un chiffre, le taux de chômage à La Réunion. Vous avez indiqué 18%. C'est trop et nous devons nous battre pour faire baisser le chômage. Vous auriez pu indiquer un autre chiffre, c'est le taux de chômage à La Réunion en 2017. Il était, je crois, de 6 points plus élevé, de 24%. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire, et c'est ma conviction absolue, que le chômage français, le chômage de masse, n'est pas une fatalité. On le voit au niveau national, le taux de chômage est au plus bas depuis 25 ans, le taux de chômage des jeunes au plus bas depuis 40 ans, le taux d'emploi au plus haut depuis qu'il est mesuré, parce qu'il y a 2,5 millions d'emplois qui ont été créés ces six dernières années, parce qu'il y a des réformes qui ont été menées. Si vous ne faites pas confiance au gouvernement, vous pouvez au moins faire confiance à la Dares, qui vient de remettre une étude en février, qui montre que les réformes qui ont été conduites, et notamment la réforme de l'assurance chômage de 2019, ont amélioré le taux de retour à l'emploi. C'est ça la réalité. Ce taux de chômage historiquement bas, qui fait qu'on était à 9,5% de chômage en 2017, qu'on est à 7,5% de chômage aujourd'hui, ça ne tombe pas du ciel, c'est le fruit de réformes. Et donc oui, j'assume de dire qu'on doit poursuivre ces réformes. Maintenant la question c'est comment est-ce qu'on doit le faire ? D'abord en assumant d'avoir un modèle social toujours tourné vers la reprise d'activité. C'est le sens de la réforme que nous avons annoncée avec Catherine Vautrin, qui fait que là où il fallait avoir travaillé 6 mois sur les 24 derniers mois pour bénéficier de l'assurance chômage, il faudra désormais avoir travaillé 8 mois sur les 20 derniers mois, ce qui nous maintient avec l'un des systèmes les plus généreux en Europe. Mais le deuxième objectif, c'est évidemment... de tout faire pour améliorer le taux d'emploi des seniors, avec la mise en place d'une nouvelle mesure, le bonus d'activité senior, qui va permettre à des seniors qui reprennent un emploi de conserver une part de leur assurance chômage, de leur allocation chômage, pour précisément leur permettre d'améliorer leur rémunération au moment où ils prennent un emploi. Et puis le troisième objectif, c'est évidemment d'impliquer les entreprises. Dans le recrutement de seniors, évidemment, elles ont une responsabilité en la matière. Mais aussi, évidemment, dans la lutte contre les contrats courts, qui quand ils sont subis... pénalisent les salariés en premier lieu. On a mis en place un bonus-malus sur les contrats courts qui là aussi a produit ses effets. Les études le montrent, le bonus-malus dans les sept secteurs économiques où il a été mis en place a produit des effets en termes de réduction du nombre de contrats courts et en amélioration de la qualité d'emploi pour les salariés. Nous souhaitons généraliser progressivement ce bonus-malus en l'étendant à d'autres secteurs. Nous allons y travailler avec Catherine Vautrin, Bruno Le Maire et le gouvernement pour définir le rythme auquel nous allons le faire. Vous le voyez, notre seul objectif, c'est de sortir de la précarité les Français qui y sont plongés. Le meilleur moyen de sortir les Français de la précarité, et je pense qu'au moins là-dessus on peut se rejoindre, c'est de leur permettre de trouver un emploi. Et donc on doit tout faire pour que des emplois soient créés dans notre pays. 2 500 000 emplois ont été créés grâce à notre politique. La France est le premier pays le plus attractif pour les investissements étrangers en Europe depuis 4 ans. Des emplois continuent de se créer. 50 000 créations d'emplois au premier trimestre, là où nos voisins et notamment l'Allemagne sont en récession. Il faut s'en réjouir. Donc une fois qu'on a créé ces emplois et qu'on continue à les créer, avoir un système d'assurance chômage, un modèle social qui accompagne davantage vers l'activité. qui accompagne, qui tend la main, qui forme, qui aide pour arriver à la reprise de l'emploi, ce qui devrait être, je le dis ici, l'objectif que nous partageons tous.
Merci Monsieur le Premier ministre. Madame Lebon.
Monsieur le Premier ministre, vous dites une chose, vous faites exactement l'inverse. Je citerai André Chassaigne pour illustrer ce propos. Vous avez la queue du renard qui vous sort par la bouche et vous dites encore que vous ne l'avez pas croqué.
vous remercie. La séance des questions au Premier ministre est terminée. La séance est suspendue. Elle reprend dans 5 minutes à 15 heures.
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