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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Philippe Foliot, merci beaucoup de nous accompagner pendant cette première demi-heure. Vous êtes Elie Dutard, membre du groupe Union centriste, président de l'Alliance centriste et vice-président de la commission d'enquête sénatoriale sur Total Energy. On va évidemment revenir dans quelques instants sur l'audition de François Hollande, c'était hier, mais d'abord on l'a vu dans le journal, Emmanuel Macron qui poursuit sa visite d'État en Allemagne et il a lancé un nouveau message hier sur la défense européenne, la Russie sera là demain, après demain, l'Europe doit penser sa défense pour elle-même. Il a raison d'alerter sur le danger que fait peser la Russie, sur l'Ukraine certes, mais sur l'Europe. C
'est une réalité. Aujourd'hui, il y a la guerre sur le continent européen. Et la guerre, ce ne sont pas que des mots, ce ne sont pas que des éléments statistiques. Ce sont des réalités que j'ai pu apercevoir et m'en rendre compte en allant l'an passé par deux fois sur la ligne de front en Ukraine, avec les réalités humaines qu'il y a derrière. Le peuple ukrainien souffre. Le peuple ukrainien est dans une situation aujourd'hui difficile parce que nous avons livré des armes trop peu, trop tard, trop lentement. Et donc la situation sur le terrain est compliquée. Et donc, il est clair qu'il faut que l'Europe prenne en charge sa défense mieux qu'elle ne l'a fait jusqu'à présent. Nous avons touché les dividendes de la paix suite à l'effondrement du bloc soviétique. Et nous pensions aller dans un monde qui était un monde, finalement, sans guerre, sans conflit et sans difficulté. Malheureusement, la situation, nous le voyons, est totalement différente. Donc, devons poursuivre nos efforts. Avec deux éléments importants. Le premier, c'est bien entendu le pilier européen de l'Alliance Atlantique, qui est notre assurance mutuelle par rapport à des agresseurs comme la Russie. Et ensuite, le second, c'est effectivement le pilier européen. Concernant l'Alliance Atlantique, nous avons fait voter délégation française hier. lors de la session annuelle de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, un amendement pour préciser le caractère irréversible de l'engagement de l'ensemble des alliés vis-à-vis de l'Ukraine. C'est un élément important. – Donc de l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN ? – Il y a cette guerre, et puis ensuite il y aura l'après-confi. Et au niveau de l'après-confi, il est important de donner des garanties aux Ukrainiens en matière de sécurité, ce que nous n'avons pas fait entre 2014 et 2022, et qui fait qu'aujourd'hui nous sommes dans la situation. – Donc ça c'est pour l'OTAN,
est-ce que vous êtes également favorable à l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne ? –
Bien entendu, je crois que l'Ukraine paie le prix du sang et des larmes pour rejoindre la grande famille des démocraties européennes. – Bien sûr, ça ne va pas se faire du jour au lendemain. – Et surtout, ça
suscite des inquiétudes, notamment chez les agriculteurs, vous qui venez d'Occitanie, là où est parti le mouvement agricole. Vous les entendez, ces inquiétudes ? – Je les
entends, d'autant plus, nous les entendons en Occitanie, qu'à l'époque, quand l'Espagne et le Portugal sont rentrés dans l'Union européenne, il y avait exactement les mêmes inquiétudes. Mais aujourd'hui, plus personne ne dit qu'il faut que l'Espagne et le Portugal quittent l'Union européenne, et que donc, dans ce cadre-là, l'adhésion… de l'Ukraine à l'Union européenne ne se fera pas du jour au lendemain. Il y aura des mécanismes de transition. – Et il n'y
aura pas de dérégulation du marché agricole ?
– Bien entendu que non, puisqu'il y aura des mécanismes de transition pour faire de telle sorte que les Ukrainiens aient le temps de se préparer à l'entrée dans l'Union européenne et que l'Union européenne aient le temps, elle aussi, de se préparer à recevoir l'Ukraine.
Emmanuel Macron qui a également dit hier en Allemagne, ce vent mauvais souffle en Europe, alors réveillons-nous. Il parlait de l'Ukraine, il parlait également de l'extrême droite et de la montée de l'extrême droite dans l'Europe. Est-ce que ce message est entendable de sa part alors qu'ici en France le RN est au plus haut dans les sondages ?
Il est clair qu'il y a quand même des éléments d'interrogation par rapport à cela. Et que si aujourd'hui, vous savez, dans le nombre de départements de notre pays, C'est le cas du mien. Il y a des secteurs où il n'y a pas de problème d'immigration, il n'y a pas de problème de délinquance, il n'y a pas de problème de chômage. Et pour autant, il risque d'avoir un vote pour le Rassemblement national très fort, très haut. Il faut se poser un certain nombre de questions par rapport aux angoisses qui sont celles de nos concitoyens. Au regard du fait qu'ils se sentent, pour certains d'entre eux, complètement abandonnés des politiques publiques. – Est-ce que c'est
uniquement la faute d'Emmanuel Macron ? Ou est-ce qu'il y a une responsabilité générale ? – Une
responsabilité certainement collective. Mais il y a aussi le fait que celui qui est en charge des affaires du pays depuis maintenant 2017 a aussi sa part de responsabilité.
On parle de l'actualité du Sénat, puisque le Sénat mène actuellement une commission d'enquête sur le respect par totale énergie de ses obligations climatiques et les orientations de la politique étrangère de la France. Hier, c'est l'ancien président de la République, justement, François Hollande, qui était auditionné. On va voir les temps forts de cette audition avec Alex Poussa. Bonjour
Yann, bonjour Philippe Folio. Bonjour.
Et Alex, François Hollande, l'ancien président de la République, a notamment été interrogé hier sur les activités de Total en Russie.
Oui, puisque depuis le début de la guerre en Ukraine, les sanctions européennes contre la Russie ne s'appliquent pas à l'importation de gaz naturel liquéfié. Résultat, en 2022 et en 2023, Total Energy a importé 14 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié de la Russie vers l'Union européenne. Une situation qui n'est pas acceptable pour François Hollande.
qu'il en coûte, c'est le cas de le dire, il serait sans doute nécessaire de suspendre ce type de livraison parce que c'est un atout considérable pour la Russie et une source de financement importante et un contournement en réalité des sanctions.
alors pourquoi en 2014, quand Vladimir Poutine a annexé la Crimée, François Hollande qui était président de la République, n'a-t-il pas œuvré pour limiter les importations de gaz russe ? Dans cette audition, il a avoué qu'à ce moment-là, en 2014, les Européens étaient alignés sur la position américaine qui voulait des sanctions assez faibles vis-à-vis de la Russie et également sur la position de l'Allemagne qui à l'époque croyait encore dans l'importation de gaz russe.
Autre élément important de son audition, les enjeux de sécurité autour des activités de Total dans certains pays. Oui,
l'ancien président de la République a expliqué qu'en 2014, il avait demandé à Total de retirer ses activités du Yémen, où la guerre éclatait, afin de sécuriser le personnel français sur place. Et puis hier, il a aussi été interrogé sur la volonté de Total de se maintenir au Mozambique, malgré la menace djihadiste. Total, on le rappelle, a investi 20 milliards d'euros dans un méga projet gazier. On va écouter François Hollande sur cette question.
Est-ce que c'est judicieux d'investir dans des pays qui sont insécures ? Le Mozambique, très franchement, c'est pour ça que ça a été retardé. Aujourd'hui, il y a une guérilla qui est telle. Le rôle de l'État, c'est de dire qu'on ne peut pas exposer des travailleurs, qu'ils soient français ou étrangers, enfin des travailleurs français, à un risque sécuritaire.
Et puis dans cette audition, on peut également retenir un échange entre François Hollande et Yannick Jadot, le rapporteur de cette commission d'enquête sénatoriale sur Total. Un échange sur les moyens de l'État pour faire pression sur le groupe pétrolier afin qu'il améliore sa stratégie climatique. Et alors que l'entreprise pétrolière pourrait partir s'installer à la bourse de New York et quitter la bourse de Paris. Écoutez cet échange.
Entre la nationalisation et le fait de laisser les actionnaires seuls, il peut aussi y avoir, au fond, l'État français qui retourne au capital pour participer à des dynamiques actionnariales, y compris potentiellement avec une action spécifique qui consiste à dire, de toute façon, on est aussi garant, par exemple, que le siège de Total Energy reste en France. Je pense que l'intérêt total...
paradoxalement, est de rester en France. Parce que pour beaucoup de pays, c'est quand même encore la France. Et c'est un avantage pour Total. Parce que c'est lié à un pays qui a un certain nombre de règles et de considérations.
Philippe Foliot, alors on retient de cette audition de François Hollande ses propos sur l'importation de gaz russe. Est-ce que la France et l'Union européenne doivent cesser cette importation de gaz naturel liquéfié en provenance de Russie pour être cohérents politiquement avec notre stratégie d'aide à l'Ukraine ? –
Effectivement, je crois que la question doit être posée parce que nous sommes dans une situation où il y a une certaine hypocrisie aussi à certains égards, parce qu'il y a des besoins. Et que pour faire face à ces besoins, il y a un certain nombre d'acteurs. Et à partir de là, on a fixé un certain nombre de sanctions. Ces sanctions, elles doivent être appliquées. Alors il est clair que le groupe Total, en l'occurrence, il ne fait qu'appliquer les règles. Et s'il y a de nouvelles sanctions, il devra appliquer ces sanctions. Après, maintenant, je crois que c'est un enjeu important que nous devons avoir. Il y a eu des échanges et des discussions dans le cadre européen, et notamment au travers de ce qu'on appelle la taxonomie, pour dire nous aurons deux énergies, entre guillemets, écologiques de transition, que sont le nucléaire et le gaz. Et par rapport au gaz, il y a un marché. Dans ce marché, il y a une offre et une demande. La demande, malheureusement, est très importante. Donc à partir de là, l'offre, elle vient s'adapter à cette demande. Donc après, soyons clairs, c'est que nous voyons très bien que parfois, il y a des jeux pour lesquels il y a des producteurs et la Russie en fait partie, important. Et nous avons l'énergie qui transite par un certain nombre d'autres pays et qui nous revient, mais en fait, c'est du gaz. qui vient indirectement de Russie. Après, la question qu'il faudrait se poser, c'est peut-être des ressources propres. Moi, j'ai souvent posé une question. La France a des ressources gazières. Très importantes. Parce qu'on a parlé du Mozambique. Le canal du Mozambique, c'est en fait la mer du Nord ou le golfe Persique du XXIe siècle. Il y a trois pays dans le canal du Mozambique. Il y a le Mozambique, il y a Madagascar et il y a la France, avec l'île de Jean Denova. Et moi, j'avais posé la question pourquoi on a arrêté les permis d'exploration de gaz que nous avions accordés sous l'île française de Joan de Nova, qui nous auraient permis d'avoir une autosuffisance énergétique, gazière tout au moins, dans le cadre de cette logique de transition. Malheureusement, pour des raisons un peu politiques et idologiques, on n'est pas allé jusqu'au bout de ces permis d'exploration. Je parle bien d'exploration. Je trouve que c'est certainement quelque chose de dommage. Et que dans ce cadre-là, quand on parle des questions énergétiques, il faut avoir toujours une vision de long terme. Mais malheureusement, on est souvent sur des préoccupations très... court-termiste et
avec toutes les conséquences que cela entraîne. – Alors les relations entre le gouvernement français et Total sont actuellement un petit peu tendues. Le PDG Total menace de transférer l'entreprise à la bourse de New York. Que peut faire le gouvernement pour l'en empêcher ? Est-ce qu'il faut par exemple, je ne sais pas, rentrer davantage dans le capital de Total ou alors couper le réseau diplomatique français vis-à-vis de Total pour faire pression ? –
Écoutez, moi je pense qu'il faut être très clair par rapport à tous ces éléments d'enjeu. Total c'est 1,5% de la production d'hydrocarbures et de gaz dans le monde. Donc le fait de, si vous me permettez l'expression, de sacrifier Total ne réglera pas les enjeux climatiques. Par contre je suis tout à fait d'accord avec l'analyse de François Hollande. C'est-à-dire que pour Total quitter la France, ce serait certainement une erreur. et une faute. Et que par rapport à cela, bien entendu, il va falloir essayer de faire de telle sorte que nous puissions resserrer un certain nombre de liens. L'entrée dans le capital de Total, oui, c'est une piste et peut-être que nous le regarderons. Peut-être aussi des échanges croisés d'actions entre Total et EDF, les deux grands énergéticiens français, c'est peut-être aussi une piste à étudier. Mais je crois que par rapport à tout cela, il est important et essentiel de se fixer un cadre qui ne soit pas un cadre. qui empêche Total de continuer à développer un certain nombre d'actions qui sont les siennes, notamment dans les énergies renouvelables. Parce que ce qu'il ressort de notre commission d'enquête, c'est que Total est peut-être et certainement des groupes énergétriciens qui sont sur les énergies fossiles aujourd'hui le plus vertueux par rapport à ses concurrents.
– Un dernier mot Alex.
– Oui, un dernier mot. Est-ce que vous pensez, vous parliez des projets de développement d'énergie renouvelable de la part de Total, mais… a aussi prévu d'augmenter sa production d'énergie fossile de 3% par an dans les 5 prochaines années. Une stratégie qui est jugée, je cite, climaticide par des centaines de scientifiques qui ont fait une tribune dans Le Monde il y a quelques jours. Est-ce que vous êtes d'accord avec ce constat ? C'est la mauvaise stratégie pour le climat.
Simplement, il faut que nous soyons un petit peu objectifs par rapport à cela. L'augmentation de la demande en matière d'hydrocarbures, elle vient d'où ? Elle vient des pays en voie de développement. Or certes, et tu restes là où se développent le plus les énergies renouvelables et notamment le solaire aujourd'hui dans le monde, c'est en Inde. Mais c'est aussi en Inde… où la demande en matière d'énergie fossile est la plus importante. On ne peut pas, d'un côté, nous qui avons pollué depuis des décennies et des siècles, qui avons une certaine responsabilité dans l'augmentation des gaz à effet de serre, dire aux populations des pays en voie de développement, finalement vous, vous allez arrêter votre développement. Donc nous sommes en phase de transition. Et cette phase de transition, elle est difficile, elle est compliquée. Donc nous devons accentuer les efforts. en ce qui nous concerne pour la décarbonation de notre économie, ce qui revient par rapport aux enjeux du nucléaire qui est un élément essentiel pour notre pays, et en parallèle, essayer d'aider et d'accompagner les énergies renouvelables ici, mais aussi dans les pays
du Sud.
Merci Alex, à tout à l'heure.
– À tout à l'heure, on parlera du nouveau baromètre d'Oxa sur les intentions de vote aux élections européennes. –
Ce sera si vous découvrirez les résultats dans une demi-heure. On va voir l'actualité dans votre région. On va retrouver Eric Berger. Bonjour Eric, merci beaucoup d'être avec nous. On est ravis de vous revoir, Eric, rédacteur en chef adjoint de la Dépêche du Midi. À lire aujourd'hui dans votre journal un dossier sur les déserts médicaux et les difficultés que rencontrent les patients pour obtenir des rendez-vous chez certains spécialistes notamment.
Auriane. Oui, en effet, c'est le dossier qui nous a intéressés aujourd'hui, auquel on consacre deux pages. C'est un sujet qui revient assez fréquemment parce que c'est vraiment une préoccupation importante des habitants d'Occitanie. On a tout simplement lancé un appel à témoignages pour savoir si nos lecteurs étaient confrontés à cette problématique. Et on a reçu, ce n'est pas une surprise, beaucoup de témoignages d'habitants de la région. tous les territoires d'ailleurs, et on ne peut pas dire que ce soit un territoire plus qu'un autre, qui ont des difficultés pour avoir un rendez-vous chez un spécialiste. A peu près toutes les spécialités sont touchées. Un des témoignages les plus emblématiques, c'est un lecteur qui habite à une centaine de kilomètres de Toulouse et qui est obligé de faire 250 kilomètres aller-retour pour voir un dentiste. Mais on a aussi des témoignages de lecteurs du Tarn, un département cher à votre... qui sont obligés d'aller sur Toulouse pour voir certains spécialistes. Une étude publiée le mois dernier par la Fondation Jean Jaurès illustre bien ce propos. Le délai moyen d'attente pour avoir un rendez-vous dans certaines spécialités est assez long. L'une des principales les plus touchées, c'est la cardiologie, avec 42 jours d'attente en moyenne. Mais c'est aussi le cas des dermatologues, de l'ophtalmologie. Et encore une fois, c'est toute la région qui est concernée. Alors dans ce dossier, on a essayé aussi de s'intéresser aux solutions possibles et on a interrogé le vice-président de la région en charge de la santé qui s'est engagé, la région s'est engagée à recruter et à salarier des médecins généralistes avec l'objectif d'en recruter près de 200 d'ici trois ans. Mais l'élu en question nous explique que la situation ne va pas s'améliorer de si tôt parce qu'il y a beaucoup de médecins. qui partent à la retraite et qui ne sont pas remplacés. Donc à court terme, il ne faut pas s'attendre à une grande amélioration. Alors une question pour votre invité, Philippe Foliot, que je salue. Quelles sont, vous, vos propositions pour essayer de répondre à cette problématique qui concerne vraiment tous les territoires de la région
Écoutez, tout d'abord, bonjour. Pour moi, c'est rester en cohérence avec ce que j'ai toujours défendu. En 2003, j'avais déposé une proposition de loi, étant député à l'époque, sur l'installation des médecins pour aller vers un système de régulation. En gros, que disait cette proposition de loi ? C'est-à-dire pour les professionnels de santé, et plus particulièrement les médecins généralistes, c'était appliquer le mode d'installation qu'il y a pour les pharmaciens. Les pharmacies dans notre pays, il y en a partout. Il y en a dans les grandes villes, il y en a dans les métropoles, il y en a dans les villes moyennes, il y en a dans les petites villes, il y en a dans les quartiers sensibles, il y en a dans le secteur rural. Parce qu'on ne peut pas s'installer pharmacien où on veut. On va s'installer pharmacien en fonction d'un nombre d'habitants et d'un système de répartition qui fait que quand vous êtes en milieu urbain, il faut 3500 habitants pour ouvrir une pharmacie. Quand vous êtes en milieu rural, c'est 2500. Et que donc, dans ce cadre-là, on a une équitable répartition des pharmacies au niveau national. Eh bien moi, je proposais qu'on ait exactement le même système pour les médecins. Parce que les problématiques de démographie médicale sont liées à plusieurs facteurs. Il y a un facteur qui est celui lié à la féminisation de la profession. avec un certain nombre de jeunes femmes médecins qui, au bout d'un certain nombre d'années ou travaillent à temps partiel ou décident de ne plus exercer. Il y a un problème lié au fait qu'il y a certains médecins qui préfèrent les activités de médecins salariés plutôt que dans la médecine libérale. Ensuite, il y a aussi et surtout le problème de l'inégale répartition des médecins. C'est-à-dire qu'il y a un certain nombre de secteurs, on pense aux Pays basques, on pense à la Côte d'Azur, mais aussi auprès des grandes villes hospitalo-universitaires. Dans certains quartiers ou dans certaines communes en périphérie de Toulouse et de Montpellier, il y a trop de médecins. Parce qu'il y en a même certains qui n'arrivent pas à vivre, et ils n'arrivent pas à obtenir, je veux dire, presque l'équivalent d'un SMIC. Et puis de notre côté, à quelques dizaines de kilomètres, je prends dans mon département du Tarn, une ville comme Grouillet, qui est quelque peu sinistrée en la matière, eh bien il y a un manque criant de médecins. Et que donc, dans ce cadre-là, il est important et essentiel, par le biais d'un système de régulation, de faire de telle sorte que quand... vous êtes dans un secteur où il y a déjà suffisamment de praticiens installés, vous ne puissiez pas ouvrir un cabinet comme vous le souhaitez. –
Philippe Foliot, Éric Berger a une autre question pour vous, évidemment sur un gros dossier dans votre département, c'est la question de la 69.
en effet, sujet d'actualité brûlante, puisque les opposants ne désarment pas face au chantier de l'autoroute Toulouse-Castres. Et il y a un nouvel appel à une grosse mobilisation, baptisé l'acte 3 contre l'autoroute A69, qui est prévu les week-ends du 8 et 9 juin. Est-ce que vous craignez vous-même de nouveaux débordements, puisqu'il y a eu des incidents lors des précédentes manifestations ? Est-ce que vous comprenez aussi que les opposants continuent leur combat contre cette autoroute ? On peut
mener un combat d'arrêt-regarde, mais l'autoroute Castre-Toulouse, ça devient une réalité puisque le chantier est à moitié terminé. Donc, en fonction de ces éléments, aujourd'hui, je pense que les opposants, il ferait mieux de travailler avec les élus, les collectivités pour les mesures d'accompagnement. – Je crois que ça serait certainement plus sage, ça serait plus sérieux, ça serait plus raisonnable. On ne peut pas accepter dans un pays que quand une réalisation comme celle-ci, qui a subi tous les recours juridiques, qui a eu, et vous le savez, et la Dépêche 2010, en effet, l'écho des débats publics, il y a eu toute une concertation très large avec une… La très large majorité de la population sud-tarnaise est qui est favorable à ce projet. Et avec des individus qui, souvent radicalisés, viennent d'un peu partout en France pour mener un combat qui est un combat non pas contre l'autoroute, mais qui est aussi un combat contre la société. Et que par rapport à cela, ça devient totalement insupportable pour les acteurs de Sud-Utarn. Il y a trois ZAD. dans cette autoroute. Et quoi qu'en dise le ministre de l'Intérieur, qui souvent perrore pour dire qu'il n'y a pas de ZAD en France, mais si, il y en a trois. dans le sud du Tarn. Eh bien, par rapport à cela, moi, j'en appelle à la responsabilité parce qu'il y a… – C'est-à-dire, vous demandez
au ministre de l'Intérieur d'intervenir sur ces âmes ?
– D'une part, et puis je demande surtout aux opposants, ils ont le droit de manifester, mais qu'ils le fassent dans le calme, qu'on ne le fasse pas par le biais d'occupations illégales de terrain, qu'on ne le fasse pas par des actions violentes, comme ça a été le cas, avec des gendarmes… blessés, comme nous en avons connu, avec des exactions contre des entreprises. Ce sont des petites PME de notre département qui sont victimes d'harcèlement avec des engins de chantier brûlés et autres actions qui sont totalement inacceptables et intolérables dans une démocratie.
– Merci Eric Berger, merci beaucoup d'avoir été avec nous. La une de la Dépêche du Midi, donc c'est sur les difficultés d'accès aux soins. Faire 250 km pour voir le dentiste, c'est à la une de votre journal. Un mot très rapidement, Philippe Folio, parce qu'il nous reste peu de temps. Vous avez un temps envisagé d'être candidat aux européennes avant finalement de renoncer. Vous vouliez remettre les territoires et la ruralité au cœur de ces élections européennes. Pourquoi vous avez renoncé finalement ?
Écoutez, essentiellement pour des raisons financières, parce que ça coûte très cher. Et que dans ce cadre-là, malheureusement, nous n'avons pas pu obtenir des banques les crédits que nous souhaitions. Ce qui pose la question du financement de la vie politique dans notre pays et de ce qu'on appelait la banque de la démocratie un temps donné.
Vous allez soutenir un candidat du coup
Écoutez, pour le moment, on regarde comment les choses se passent et puis après nous prendrons nos responsabilités le moment venu. – Mais vous allez l
'annoncer ? – Par
contre, ce qui me paraît très important. c'est de souligner finalement que l'Europe manque d'incarnation. Et que dans ce cadre-là, nous allons avoir 81 députés européens qui vont être élus. Et puis ensuite, pendant 5 ans, plus personne ne va les voir. Et ce que nous proposons avec Jean-Christophe Romantin, maire de Neuilly, avec lequel nous avions envisagé de faire cette liste, finalement l'alliance du rural et du métropolitain, c'est, et je vais déposer une proposition de loi dans ce sens, c'est d'avoir un nouveau mode d'élection des députés européens. – Par séconscription. – Voilà. Et avoir une incarnation, c'est-à-dire en gros, c'est un député européen par département pour les départements les plus peuplés. un député européen sur deux départements, mais c'est un élément très important, une évolution très significative que nous proposons. C'est-à-dire que les élus représenteront de la population, mais ils représenteront un territoire. Par exemple, le territoire de Jean-Christophe Fromantin, les Hauts-de-Seine, 2,5 millions d'habitants aura un député européen. Le Tarn et l'Aveyron, qui représentent moins de 700 000 habitants, auront aussi un député européen pour un territoire beaucoup plus vaste. –
Et vous allez la déposer quand, très rapidement ?
– D'ici une dizaine de jours. –
Merci. Merci beaucoup Philippe Folliot. Merci d'avoir été notre invité. On va reparler des européennes dans le club puisqu'on découvrira les résultats de notre baromètre mensuel au DOXA pour Public Sénat et la presse régionale. D'abord, on va accueillir notre prochaine invitée. Alexis Corbière nous rejoint.
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