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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Good morning business, le débrief de la matinale.
Le débrief de la matinale ce matin avec Marc Rocher, Pierre-René Lemay et avec Dominique Carlac. Il faut se réveiller. L'Europe est mortel. Discours d'Emmanuel Macron hier à Dresden. On va l'écouter sur ce qu'il faut faire à son sens pour réveiller l'Europe. On en débriefe juste derrière.
L'Europe est le dernier endroit où nous sommes ouverts au reste du monde sans préférence européenne et sans règles. Allez en Chine. Aller aux Etats-Unis, nous commerçons, nous voulons développer le commerce, mais il y a des préférences nationales. Alors je vous le dis, nous avons besoin d'avoir une stratégie européenne qui bâtisse une préférence européenne en matière de défense, en matière d'espace, qui bâtisse une stratégie d'achat européen. Doublons... Nous doublons notre budget européen, soit par la taille du budget, soit par des stratégies d'emprunt commun, soit par des instruments qui existent déjà deux fois plus d'investissements publics dans notre Europe ensemble.
Dominique Carac, plus d'investissement, protéger le tissu économique, c'est un peu notre sujet préféré à BFM Business, de savoir est-ce qu'il faut que l'Europe continue d'être d'un nom de la farce et de laisser ses portes ouvertes ou s'il faut se protéger. Là c'est très clair, je ne sais pas qu'on est dans un discours protectionniste, mais on change quand même de
vision de l'Europe. D'abord le diagnostic, on a évité quand même la récession en Europe. Néanmoins, on n'arrive pas à avoir de reprise dynamique. Donc c'est là où il faut intervenir. Et ce matin, vous aurez certainement vu dans la presse, un article qui est co-signé par le président du BDI et du BDA, l'équivalent de France Industrie et du MEDEF en Allemagne, qui dit au pacte vert... qui a été un petit peu l'outil principal de l'Europe, il nous faut faire un pacte industriel et économique. Il faut qu'on aille sur les sujets de compétitivité, de défense, d'investissement, pour qu'on soit dans la cour des grands, de la même manière que les deux grandes puissances que sont les Etats-Unis et la Chine. Et là-dessus, il faut aussi, à l'intérieur de ça, des chocs de simplification pour compléter ce fameux POC. On a fait des propositions, notamment un buy European, c'est-à-dire à un moment donné, si on peut avoir des productions 100% européennes, on ne va
pas
s'en priver. Voilà, une préférence à l'achat de solutions européennes, mais aussi un choc de simplification pour les entreprises et notamment les PME. Et tester à chaque fois qu'on met en place une norme, qu'on puisse tester sur un petit groupe d'entreprises PME si ceci ne pèse pas sur leur compétitivité. Ça, ça faisait été
en France. Oui, tout à fait. Mais là, comme on parle d'Europe...
En fait, il faut extrapoler ce modèle au niveau européen parce qu'on a des vrais talents. Il faut qu'on organise également, un, le marché des capitaux et deux, le marché des compétences. Aujourd'hui, Erasmus a très bien marché. Il y a les générations Erasmus. On a
Airbus et Erasmus. Mais ça ne
touche pas toutes les populations d'étudiants, notamment les apprentis. Et si vous voulez une Europe des compétences pour anticiper toutes les transitions numériques, écologiques, il faut de la compétence et il faut que les compétences se développent et restent en Europe. Le
droit de douane, là aussi, ça fait partie du pacte.
Quand vous commencez à dire « by European act » d'une part et des productions 100% européennes d'autre part, il y a quand même une logique de « European first ».
Pierre-René Lemain.
Non, moi je suis complètement d'accord avec ce que dit Dominique. Moi je ne crois pas, le discours c'est la période, l'Europe est mortelle, tout ça de monsieur Scholl c'est... du président Macron.
Il en fait trop ? L'Europe est mortelle,
tout est mortel, nous sommes mortels, la France est telle éternelle. Non, moi ce que je crois c'est qu'on est dans une période où en effet on a besoin de se protéger et surtout d'avancer. On parle beaucoup de se protéger en ce moment, sans doute parce que c'est la période électorale. européenne, avec l'augmentation des droits de boine, les barrières à l'entrée, tout un mécanisme protectionniste, qu'il soit vert ou qu'il soit tout simplement protectionniste. Moi, je crois que l'essentiel aujourd'hui, c'est d'avancer là-dessus. Le président Macron et Scholz ont parfaitement raison. Quand ils parlent d'un projet européen d'investissement de 100 milliards, voilà, ça c'est une perspective. Quand il dit qu'il faut réfléchir, même si l'Allemagne est réticente, à un emprunt commun européen, oui, ça c'est la bonne voie. Est-ce que c'est du fédéralisme ? On s'en fiche. C'est comme ça qu'il faut avancer, c'est-à-dire en considérant l'Europe comme un continent offensif. Mais c'est facile à dire parce que nous on
n'a pas d'argent, donc c'est vrai qu'on pousse les Allemands à faire un emprunt commun européen, c'est sûr qu'on n'a pas les mêmes niveaux.
En tous les cas, on ne peut pas faire un grand emprunt national, il faut faire un grand emprunt européen.
On ne peut être que d'accord avec les propos tenus par le président de la République. C'est évident, c'est du bon sens, c'est quelque chose qu'on peut communiquer en plus aux nations, au peuple. Donc sur le fond, je souscris totalement à ce qui a été dit. La seule réserve que j'ai, c'est que, et il ne le dit pas clairement, Pour aller dans ce sens, il faut à la fois du courage, de la simplification, parce que les choses sont beaucoup trop compliquées pour tout le monde. Et je vais prendre un exemple, parce que c'est celui un petit peu de mon secteur, qui a été d'ailleurs cité par le président, c'est celui de l'Europe spatiale. L'Europe spatiale, elle existe. Les compétences sont là. On a été capable, dans le passé, tout le monde connaît la fabuleuse histoire d'Ariane 5, de développer un lanceur de très grande capacité, de très bonne fiabilité. coup parce que cette Europe elle est en quelque sorte enlisée dans ses propres process de décision de coopération et les hommes sont là, les hommes et les femmes qui savent sont là. On s'est laissé dépasser. Les Américains, par l'entremise de l'initiative privée, ont développé des lanceurs très efficaces, ils en ont développé plusieurs, ils sont compétitifs, ils nous ont dépassés. Donc Ariane 5 ne vole plus, Ariane 6 ne vole pas encore, on va être en retard. Tout ça parce qu'on avait ce qu'il fallait pour réussir, il a manqué le courage et la simplification pour dépasser tout ce qui peut bloquer les choses ou les freiner de façon inadmissible. Donc
c'est pas qu'une question d'argent parce que ce plan a... C'est une question de
volonté et de courage. La manière
dont les subventions, on fait toujours la comparaison avec l'IRA, évidemment, mais la manière dont les subventions sont données, la manière dont on les demande, tout ça c'est important.
C'est une question de fonctionnement, bien souvent. C'est-à-dire que le fonctionnement crée finalement une inimitié des concitoyens, des entreprises vis-à-vis de l'Europe, alors que l'Europe doit apporter un effet levier sur la compétitivité de notre pays. Donc c'est ça qu'il faut réduire. Cette inimitié doit être réduite par la simplification, par la pédagogie.
Pas seulement quand même, parce que derrière tout ça, le problème de l'Europe, c'est de savoir si on avance tous ensemble dans la même direction. Il y a une cohérence. Franchement, entre l'Allemagne et la France, c'est formidable. C'est trois jours de fêtes franco-allemandes. Enfin, on n'est pas en désaccord sur la défense, on est en désaccord sur la Chine. Sur les
Etats-Unis ? On est en désaccord
sur l'emprunt européen. Donc il y a quand même des marges. Et ce n'est pas le conseil des ministres d'aujourd'hui. Moi, j'ai participé à ce genre de conseil des ministres. C'est à la fois sympathique, ouvert. on parle, les uns parlent français, les autres parlent allemand, et parfois l'État français parle anglais. Donc c'est un exercice sympathique. Mais il faut réduire les écarts. Est-ce que les Allemands sont prêts à accepter demain un emprunt européen ? Pas sûr. Est-ce que les Allemands sont prêts à accepter de faire autre chose que leur projet sur l'Europe de la défense ? C'est pas sûr. Donc on a encore des marges de négociation et le moteur franco-allemand, comme on dit, est quand même l'essentiel.
Allez, on passe à la question sociale. En France, ces Jeux Olympiques qui arrivent bientôt dans moins de deux mois et c'est 25 jours avant le lancement de la cérémonie et cette réforme de l'assurance chômage annoncée par décret pour le 1er juillet. On était avec Bernard Thibault, président du comité de suivi de la charge sociale pour les JO il y a quelques minutes. Écoutez-le.
vais pourtant indiquer combien c'était surprenant de la part d'un gouvernement qui aspire, souhaite, proclame la trêve sociale. Et en même temps, quelques jours avant le début des épreuves olympiques, d'annoncer la réforme contestée par tous les syndicats. Il y avait encore débat, contradiction, mais tous les syndicats disent combien cette réforme va être néfaste pour les ayants droit, pour les précaires en particulier. Et moi je partage les protestations des cinq confédérations syndicales qui ont dit leur désaccord. Mais encore une fois, sur ce sujet, le gouvernement a l'intention de passer outre manifestement pour des raisons, j'y insiste, qui sont exclusivement financières.
Cette réforme de l'assurance chômage, Dominique Carlac, est-ce qu'elle est en dehors même de la question du timing, qui est potentiellement risqué, mais on a quand même du mal à mobiliser sur les questions de l'assurance chômage ? Est-ce que c'est une bonne réforme ou une mauvaise réforme ?
En fait, il y a deux choses à prendre en compte. Un, on vient de parler de la compétitivité européenne, la compétitivité française, qui ne sont pas au rendez-vous par rapport à d'autres puissances. Donc, pour retrouver de la compétitivité, il faut retrouver de l'emploi et donc de l'incitation à l'emploi. Donc, tout ce qui peut favoriser le retour à l'emploi est une bonne chose. Donc une réforme qui va favoriser le retour en emploi est une bonne chose. Maintenant, derrière l'emploi, qui est un concept économique macro et massif, il y a des catégories de chômeurs. Il y a les précaires et il y a ceux qui sont moins précaires. Et donc c'est là où il va falloir voir un petit peu ce qui va s'opérer dans les réformes. Quand on part, moi je vais parler au nom des organisations patronales pour le coup, quand on nous ressort le concept du bonus-malus... Ça ne vous plaît
pas ?
Non, ça ne nous plaît pas. Mais on ne sait pas pour qui, pour l'instant. Le bonus-malus n'a jamais créé d'emploi. Il y a eu une enquête de la Dares qui a été faite sur les sept dernières années là-dessus. Ça n'a jamais créé d'emploi. Deux, c'est du malus-malus en réalité parce que les entreprises, qui sont notamment les contrats courts, ne le font pas forcément exprès. Elles le font par rapport à des modèles économiques. Vous prenez la restauration. Dans la restauration, vous avez un phénomène saisonnier. Et donc si vous faites des contrats courts, c'est parce que vous avez du monde dans une saison. Et donc ça crée des distorsions parce qu'il y a dans la restauration des entreprises qui ne sont pas soumises à la saisonnalité et d'autres qui le sont. Donc c'est mauvais. Donc ça, ce côté bonus-malus est une mauvaise idée. Le côté de l'incitation à retrouver de l'emploi facilement quand on peut retrouver de l'emploi, et notamment dans les métiers en tension, et Dieu sait s'il y en a, là c'est quelque chose sur lequel il faut aller. Et on en soutient.
Je ne sais pas, moi le gouvernement dit... de 4 milliards. En face, création d'emplois, attendu 90 000 emplois. Non, cette réforme est une réforme qui touche les plus jeunes, touche les précaires, va toucher les seniors. Moi, c'est une réforme dont je comprends le sens économique et notamment le sens financier. On a besoin de trouver 4 milliards. Au budget public, je comprends tout à fait. Que ce soit une réforme dont l'objectif sera d'inciter à la création d'emplois, j'y crois pas du tout. On a 400
000 emplois non pourvus, on n'a pas besoin de faire de la création d'emplois.
Je suis assez d'accord. Je suis surtout assez d'accord pour dire que 90 000 emplois attendus pour 4 milliards, faites la division, est-ce que c'est une bonne réforme, y compris pour l'emploi ? Je
crois que derrière tout ça se pose à nouveau le problème de la capacité dans notre pays à mener un vrai... dialogue social. On ne sait travailler que par conflit ou menace de conflit. On ne sait pas du côté de l'état employeur voir des entreprises avancer dans une négociation. Donc il est clair que faire cette réforme, quel que soit son intérêt ou pas son intérêt, à chaud au moment des Jeux Olympiques, c'est quand même une erreur de casting et de timing qui est fondamentale. Je pense que ces sujets sur la transformation de la méthode de travail en matière de dialogue social doivent être des sujets de fond, on les aborde avec du temps, de la vision et avec de l'écoute. Oui je ne suis pas d'accord avec les organisations syndicales mais il faut les écouter et puis de leur côté il faut leur apprendre à nous écouter, nous aussi. Oui mais dans l'entreprise privée on discute, on signe des
accords, ça fonctionne. Dans le privé on y arrive, l'État n'y arrive pas mais tout
le monde sait que l'État n'est pas un très bon DRH quand même. C'est même pire que ça. Oui alors ça peut être même pire mais je ne veux pas caractériser... Je crois qu'il y a un vrai sujet sur la table, l'emploi, la façon dont on protège les compétences des gens, dont on les valorise, mais on le fait à froid, on le fait hors de toute potentialité de conflit. C'était mal choisi comme instant, je le dis clairement.
Pour le coup, petit rappel très très court terme, en novembre 2023, nous avons signé avec les syndicats, les organisations patronales des syndicats, un accord sur le chômage qui notamment faisait apparaître une baisse de la cotisation patronale. Si la réforme nous amène à remettre en cause cette baisse de la cotisation patronale, ça veut dire qu'on va renchérir le coût du travail. Donc attention à ne pas casser ce qu'avaient quand même amené les partenaires sociaux ensemble. Il nous reste
trois minutes pour parler des impôts locaux des ménages qui ont baissé d'un peu plus de 18% entre 2017 et 2023. une note du rapporteur général du budget de l'Assemblée nationale. On était trop loin sur les impôts locaux, la taxe d'habitation, est-ce qu'il fallait vraiment la supprimer ? Parce que quand on voit les déficits publics aujourd'hui, peut-être, je ne sais pas, ce n'était pas nécessaire.
Je crois que les Français ne sont pas dupes. Peu de gens demandaient la disparition de cet impôt local qui correspond d'ailleurs à un équilibre entre les prestations que doivent l'Etat, les mairies, l'entretien des routes, tout ça, et puis ce que chaque citoyen doit faire pour contribuer au fonctionnement de ces services. Tout d'un coup est sorti, là aussi, comme du chapeau, la disparition des impôts de taxes d'habitation. Personne n'est dupe. Tout le monde a vu par ailleurs l'augmentation considérable des impôts fonciers. Ils ne sont pas gérés de la même façon et pas au même niveau de l'État. Mais moi, je vais dire quelque chose en tant que citoyen de mon pays, comme tous les autres. Les gens n'y comprennent rien. C'est un langage de technocrate, ça. C'est un langage qui les dépasse. Ils
voient quand même que la taxe d'habitation a disparu. Oui, mais ils voient aussi dans l'impôt
foncier. Je ne suis pas sûr. C'est
un impôt pour les locataires. Pour les locataires, c'est quand même utile.
certains n'ont bénéficié, c'est indiscutable. Mais je pense que le langage politique doit être un langage compréhensible et audible par tous. Il ne l'est pas, il est tôt. technocratique et les trop macrocosme parisien on l'a déjà dit dans le passé sortons de cette voie de cette voie.
C
'est vrai que c'est une réforme que personne ne demandait c'est vrai qu'elle est compensée donc de toutes les manières comme le dit le président de la république lui-même il n'y a pas d'argent magique donc le moins d'un côté ça fait du plus sans doute plus de déficit de l'autre et puis je rappelle qu'il y a un vieux principe d'administration des collectivités locales qui a été introduit par monsieur Chirac dans la Constitution, principe de libre administration, qui suppose que les collectivités puissent avoir la maîtrise de leurs recettes. Aujourd'hui, les collectivités n'ont plus la maîtrise de leurs recettes, et c'est un vrai problème.
Dominique ? Côté entreprises, nous on avait demandé, pour le coup, les Français n'avaient pas demandé la baisse de la taxe locative, mais en revanche, les entreprises avaient demandé la baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, la fameuse CVAE. Donc là, effectivement, il y a eu 8 milliards depuis 2021, en moins par an. Donc là, là-dessus, ça a redonné de la compétitivité aux entreprises. La promesse qui est faite, c'est d'aller jusqu'en 2027 pour qu'il n'y ait plus du tout de CVAE, puisque c'est l'impôt le plus injuste qui existe. Avant même d'avoir fait du chiffre d'affaires, vous avez un impôt.
Merci à tous les trois. Avant de partir, une information sur le groupe Atos. Puisque Bruno Le Maire était sur Europe 1, vous savez qu'on suit le dossier Atos, puisque chaque jour, il y a un nouvel épisode. Bruno Le Maire déclare que les activités de contrôle des centrales nucléaires resteront sous le contrôle de l'État. Elles sont jugées stratégiques. Il évoque une éventuelle reprise. par EDF ou une entreprise proche d'EDF. Bien évidemment, on suit ça de très près comme le dossier Club Med. On vous annonçait ce matin avec les infos de Mathieu Peychberti qu'Henri Giscard d'Estaing était de plus en plus encadré par son actionnaire chinois. Le numéro 2 a démissionné vendredi soir dernier. Il y avait déjà un DAF envoyé par l'actionnaire Fossoun. Merci à tous les trois d'avoir été avec moi. Dans un instant, les experts avec Nicolas Dose sur BFM Business. Je vous dis à demain 6h 9h. Bonne journée.
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