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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
parole est à monsieur Yannick Favenet-Becot pour le groupe Piotre.
Merci madame la présidente. Monsieur le Premier ministre, connaissez -vous la commune de Champéon ? Probablement pas, mais c'est bien dommage car c'est l'une des rares communes de ma circonscription où l'on vient d'inaugurer un cabinet médical. Mais cela n'a été possible que grâce à l'engagement sans compter des élus locaux et à la volonté d'un médecin de s'installer en ruralité. Dans mon département, la Mayenne, classée 3e sur le podium des déserts médicaux, c'était un événement quasi historique. pour les 600 habitants de ce village. C'est pourquoi, comme beaucoup de Français pour qui l'accès aux soins est une préoccupation majeure, j'attendais avec impatience et intérêt vos propositions en matière de santé. Si certaines des mesures que vous préconisez vont dans la bonne direction, je pense à la formation de médecins supplémentaires, à condition de donner les moyens nécessaires aux facultés. En revanche, j'attendais davantage d'audace de votre part que le coup du lapin, votre taxe punitive qui ne réglera en rien la fracture médicale entre nos territoires. Monsieur le Premier ministre, les écarts de densité médicale se creusent et les délais d'attente pour accéder à un médecin augmentent, malgré les efforts considérables des collectivités territoriales pour attirer des médecins. La protection de la santé est une responsabilité régalienne de l'Etat. Pourtant, 9 millions de Français n'ont pas accès à un médecin. Un Français sur deux renonce à se soigner parce qu'il n'a pas de médecin traitant. Un habitant de la Mayenne sur trois vit dans une commune saudotée en médecin généraliste. Alors, Monsieur le Premier ministre, quand prendrez-vous conscience de la grande détresse de nos concitoyens en ayant le courage de prendre les mesures fortes et efficaces ? telle que la régulation de l'installation des médecins, qui n'a jamais été expérimentée dans notre pays et qui fonctionne pourtant ailleurs.
Je vous remercie. La parole est à monsieur le Premier ministre.
Merci Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député Yannick Favnek-Becot. La santé et l'accès aux soins, c'est la préoccupation numéro un des Français. Où qu'on aille, quelle que soit la circonscription, quel que soit le déplacement qu'on fait sur le terrain, évidemment que le premier sujet qui revient, c'est la santé, parce que c'est notre bien le plus précieux. Et puis c'est l'accès aux soins, parce qu'on sait, c'est très difficile dans beaucoup de territoires de pouvoir accéder à un médecin ou à un professionnel de santé. A partir de là, quelle est la réponse ? La réponse de long terme, c'est de former plus de médecins. On a mis fin au début du précédent mandat, et vous le savez, à ce numerus clausus qui avait été décidé depuis des décennies, dans une logique, et aujourd'hui on se dit, mais comment est-ce qu'on a pu penser avec cette logique qu'il fallait former moins de médecins pour que les Français accèdent moins aux soins, pour que ça coûte moins cher à la solidarité nationale. On est sortis de ce système-là. au début du précédent mandat. On formait 8100 médecins chaque année en 2017 quand le président de la République a été élu. Je l'ai annoncé ce week-end. Nous en formerons 12 000 par an en 2025. Et j'ai fixé l'objectif de 16 000 par an en 2027. Ça veut dire qu'en deux quinquennats du président de la République, on aura doublé le nombre de médecins en formation chaque année. C'est ça la réponse de long terme. Parce que la réalité, c'est que, monsieur le député, ça n'est pas qu'un sujet de lieu d'installation. Si je demande ici... Les 577 députés ne sont pas là. Mais si je demande aux députés dans cet hémicycle qui considèrent qu'il a suffisamment de médecins sur sa circonscription de lever la main, qui lève la main ? Personne ne lève la main. Donc le sujet de la liberté d'installation est devenu, malheureusement, et je le déplore par rapport à ce que nous connaissions il y a un certain nombre d'années, est devenu un sujet secondaire. Aujourd'hui, nous connaissons des déserts médicaux et des difficultés d'accès aux soins un peu partout sur le territoire. Donc c'est un sujet de nombre de médecins. Donc il faut en former davantage ce que nous faisons. Et d'ici là, comment faire pour renforcer l'accès aux soins ? D'ici à ce que nous ayons plus de médecins qui puissent s'installer à plus d'endroits sur le territoire, c'est de libérer des créneaux. chez le médecin et du temps médical. Comment est-ce qu'on libère des créneaux ? D'abord en continuant à déléguer un certain nombre de tâches, notamment des tâches administratives. J'ai fixé dans ma déclaration de politique générale un objectif clair, libérer 2,5 millions de consultations chez le médecin en augmentant les postes d'assistants médicaux. Il y avait 6 000 assistants médicaux en France quand j'ai été nommé Premier ministre. On sera à 8 000 cet été comme je m'y suis engagé et à 10 000 à la fin de l'année comme je m'y suis engagé. C'est 2,5 millions de consultations chez le médecin qui sont libérées. Donc plus d'assistants médicaux. Deux, continuer à déléguer des tâches à d'autres professionnels quand c'est possible. J'ai annoncé des nouvelles mesures ce week-end et je veux saluer le travail aussi des parlementaires, Stéphane Iris, Frédéric Valtoux à l'époque où il était parlementaire. Par exemple, nous donnerons en juin la possibilité pour les pharmaciens de prescrire certains médicaments, notamment pour les angines et les cystites. On sait que c'est plusieurs millions de consultations libérées chez le médecin. Nous donnerons la possibilité aux opticiens. de corriger les prescriptions qui sont faites par les ophtalmo pour que les patients n'aient pas à repasser chez l'ophtalmo pour faire une correction de 0,25. Là aussi, c'est des consultations qui sont libérées. Et puis, j'assume totalement, monsieur le député, vous avez fait écho à cette mesure, de dire que libérer du temps chez le médecin, c'est aussi lutter contre ce phénomène dont parlent beaucoup de médecins. Ce sont les rendez-vous médicaux non honorés. Pour beaucoup de médecins, ils disent que c'est 5 rendez-vous par an en moyenne. En tout cas, les études qui ont été faites estiment qu'il y a 27 millions de rendez-vous chez le médecin chaque année qui ne sont pas honorés. D'un côté, vous avez des patients qui ont un rendez-vous chez le médecin, qui parfois en prennent plusieurs chez plusieurs professionnels et qui ne se présentent pas. Et de l'autre, vous avez des patients qui attendent parfois des mois avant de pouvoir avoir un rendez-vous. C'est incompréhensible comme situation. Donc moi, j'assume de mettre en œuvre l'engagement que j'ai pris dans ma déclaration de politique générale. Quand on a rendez-vous chez le médecin et qu'on ne se présente pas sans prévenir à l'avance, on paye. Est-ce que c'est une taxe ? Comme vous le dites, non. Je n'ai jamais employé ce terme de taxe. Je vois fleurir, taxe lapin, etc. Une taxe, c'est quelque chose que l'État prélève, ou la Sécurité sociale. Là, les 5 euros, ils iront au médecin. Parce que c'est un juste dédommagement du médecin qui a un patient qui avait rendez-vous, qui ne se présente pas sans le prévenir. Mais l'essentiel, monsieur le député, c'est qu'il n'ait pas à faire ses prélèvements. Puisque ce dispositif sera incitatif pour que chacun tienne son rendez-vous. Et à ce moment-là, ce sera plusieurs dizaines de millions de rendez-vous potentiellement qui seront libérés. Donc vous le voyez, plus de médecins formés pour... D'ici là, plus de temps médical pour les patients pour qu'ils puissent accéder plus facilement aux soins. Ça passe aussi par le développement des SAS et la Mayenne sera concernée dès cet été. Je suis sûre qu'en déployant ces solutions, nous pouvons arriver à répondre aux préoccupations des Français.
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