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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Si j'osais, mes chers collègues, je dirais que depuis 2022 nous vivons une époque formidable. Une époque où, par la magie du 49-3, le Parlement peut au mieux proposer, sans pour autant peser en quoi que ce soit, sur les équilibres budgétaires présentés par l'exécutif. Au moins pouvait-on espérer qu'en maîtrisant de bout en bout l'exercice budgétaire, le gouvernement tiendrait les finances du pays comme il s'y était engagé auprès des Français et de ses partenaires européens. Aujourd'hui, les faits sont là. En 2023, déficit attendu 4,9%, déficit réel 5,5%, en 2024, croissance estimée 1,4%, revue à 1% et sans doute en réalité plus proche de 0 ,7%. La trajectoire fixée par la loi de programmation qu'il fallait voter, je le rappelle, sans délai en décembre, est déjà totalement caduque trois mois plus tard. Pour ramener le déficit à 4,4% en 2024, l'impasse budgétaire n'est pas de 10 milliards d'euros, mais de 30, ce qui est évidemment inatteignable. Trois textes financiers, trois textes présentés avec une belle assurance, des conséquences pourtant majeures. Retour à la procédure de déficit excessif que nous avions quitté grâce au travail de vos prédécesseurs, M. le ministre. Risques amplifiés de dégradation de la note de la France, je vous rassure, on ne le souhaite ni les uns ni les autres. Révision obligatoire de la loi de programmation. Pour retrouver un peu de crédibilité internationale, une époque formidable, disais-je. Monsieur le ministre, les coups de rabot n'ont aucun sens. Êtes-vous prêt à rouvrir avec le Parlement le budget dans son ensemble, tant en dépenses qu'en recettes ? Monsieur le ministre, il suffit d'y croire. A ce niveau, malgré tout, de correction budgétaire, on dépasse, je le dis, les questions simplement financières. C'est avant tout d'un débat sur les priorités que doit se fixer notre société, dont nous avons besoin de manière générale. Notre groupe vous a d'ailleurs demandé un débat 50-1 sur ce sujet. Nous attendons toujours votre réponse, Monsieur le Président.
Vous avez dit vouloir restreindre sensiblement la politique de transition écologique planifiée par Mme Borne et le secrétariat général à la planification écologique dont le travail sérieux a été reconnu. Cette politique constitue le cadre fondamental de l'action à mener pour toutes les filières françaises. Elle concerne tous les Français dans leur vie quotidienne. Elle est en définitive la carte et la boussole dont la France se dote pour atteindre les objectifs climatiques et environnementaux pris dans le cadre européen et mondial. Pour le financement de cette transition écologique, l'évaluation Pisani-Mafouz des besoins financiers d'investissement, non contestée elle non plus, est de 66 milliards d'euros. à horizon 2030. Monsieur le Premier ministre, ma question est simple. Comment faites-vous face à ces obligations et à leur financement dans un contexte de dégradation accrue des finances publiques, de dynamique économique à tonnes et de difficultés sociales particulièrement préoccupantes ? Une somme d'approximation ou de contre-vérité ne fait pas une vérité. Moi, ce que je voudrais vous dire, c'est que vous devez sanctuariser ces sommes qui sont nécessaires à échéance indiquée 2030. Vous savez que si ces investissements ne sont pas faits maintenant, il coûtera beaucoup plus cher à la nation. de les faire plus tard, avec une efficacité bien moindre, et les Français paieront d'ici là directement et dans la souffrance, comme c'est déjà trop souvent le cas aujourd'hui. En 2017... vous chantiez les louanges d'un monde nouveau. Sept ans après, vous tournez le dos à l'ambition d'une France résiliente et solidaire pour le monde de demain, et pire encore, vous poursuivez méthodiquement le saccage de l'État-providence, alors que rien d'efficace ne sera fait sans justice sociale. Au-delà des insipides éléments de langage dont nous sommes abreuvés, c'est d'un grand récit... mobilisateur et progressiste d'une vision pour la France dans la transition vers le monde de demain que les Français ont besoin. Et le président de la République française est attendu là-dessus aussi.
Monsieur le ministre, j'étais lundi dernier aux côtés des ouvriers de Metex à Amiens et depuis je me pose une question. Quelle est votre vision de la souveraineté industrielle de notre pays ? Monsieur le ministre, vous n'avez pas vraiment répondu à ma question, je vais vous faire un propos du tout instructif. Dans la Somme, nous n'avons pas de pétrole, mais nous avons produit de la lysine. Cette lysine, produite dans l'usine Metex à Amiens, fait notre fierté. D'abord parce que Metex est la seule usine en Europe à produire cet acide aminé qui sert à la nutrition animale et à la composition de certains médicaments comme l'aspégique et l'ibuprofène. Ensuite parce qu'elle est faite à partir de la richesse de nos sols, toujours pas de pétrole mais avec des betteraves sucrières. Metex est le modèle typique d'industrie verte que nous devons soutenir pour l'avenir. Pourtant, cette entreprise est placée en redressement judiciaire depuis le 20 mars dernier, vous le savez, et elle fait face à la flambée du prix du sucre, à la flambée du prix de l'énergie et au dumping de la Chine qui a inondé l'Europe de son stock d'acides aminés, moitié moins cher et cinq fois plus polluant. Il est clair, Monsieur le Ministre ? Que dans une ville comme Amiens, la ville du président, qui porte encore les stigmates de fermeture comme Whirlpool et Goodyear, tout ceci n'est pas anodin. Alors même que vous prenez la réindustrialisation du pays, que la Covid et la récente pénurie de médicaments nous a tous rappelé collectivement de produire nos médicaments en France, les décisions qui permettraient la sauvegarde de l'usine sont toujours attendues par les 300 ouvriers de Metex qui sont plongés dans l'incertitude. Et votre réponse aujourd'hui n'est pas du tout éclairante. Monsieur le ministre, pour les ouvriers de Metex, ce n'est plus le temps des promesses, mais c'est le temps des actes forts et de l'union sacrée. Metex est très clairement un outil résilient et de souveraineté que l'Etat ne peut pas et ne doit pas abandonner.
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