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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur le nouveau plateau de l'émission populaire. Nous ouvrons cette émission avec Aurélien Saint-Toul, député LFI et secrétaire de la Commission de la Défense Nationale et des Forces Armées à l'Assemblée, pour un entretien spécial sur l'Ukraine suite aux déclarations d'Emmanuel Macron qui a affirmé ne pas exclure l'envoi de troupes au sol en Ukraine. Nous reviendrons avec toi Aurélien sur cette déclaration irresponsable qui implique une escalade guerrière. L'envoi de troupes françaises en Ukraine ferait de nous des belligérants et une guerre contre la Russie serait une folie, une menace pour la France, l'Europe et le monde. monde qui serait entraînée dans une guerre nucléaire, l'heure est la négociation pour la paix en Ukraine. Suite à cet entretien, nous accueillerons en plateau trois autres intervenants. Juliette, créatrice de contenu pour le compte Insta Macho, Boulot, Dodo, Cassandre, streamer chez Awaprod et Andy Kerbra, député LFINUPS, pour une partie sur la révolution MeToo que nous vivons actuellement, notamment à travers la prise de parole de nombreuses femmes dans le milieu du cinéma. Enfin, Clément Verdet, co-animateur des groupes d'action La France Insoumise et Antoine Salès-Papou, responsable de l'école de formation de l'Institut Labo Ici, nous rejoindrons pour parler des actions de la EFI sur tout le territoire. Les militants se mobilisent et sont en campagne pour l'inscription des citoyens sur les listes électorales. Et l'Institut Labo Ici vient de boucler un week-end intense de stages régionaux de formation militante. L'occasion de parler avec Antoine et nos invités de la bataille culturelle à laquelle nous prenons toute notre part. L'émission populaire, c'est parti. On est ensemble pour une heure. N'hésitez pas à poser vos questions dans le chat pour que l'on puisse les faire remonter. en direct et on commence notre première partie avec une vidéo.
Macron déclenche la polémique en déclarant que l'envoi de militaires français en Ukraine n'est pas exclu face à l'avancée de l'offensive russe. Après avoir confirmé l'envoi d'une nouvelle lettre de 3 milliards d'euros, Emmanuel Macron se place comme le seul chef d'état européen ouvrant la possibilité d'un conflit direct avec la Russie, en plaçant la France dans une situation de co-belligérant. La polémique enfle en Europe. La Slovaquie et la République tchèque se sont insurgés contre cette déclaration d'Emmanuel Macron et ont directement exclu la possibilité d'envoi de troupes en Ukraine face au risque d'escalade de la guerre. L'opposition en France appelle Emmanuel Macron à revenir... sur ses propos. Jean-Luc Mélenchon déclarant notamment que la guerre contre la Russie serait une folie et appelant le Parlement à se saisir de la question.
Pour redonner des éléments de contexte, deux ans se sont écoulés depuis le début de l'offensive russe en Ukraine. Ce lundi 26 février, Emmanuel Macron a convoqué une réunion à l'Elysée en présence de 25 chefs d'État et de gouvernement essentiellement européens. A l'issue de cette conférence, le président français a réaffirmé l'engagement de Paris en faveur de l'Ukraine, expliquant que la défaite de la Russie était indispensable à la sécurité et à la stabilité en Europe. Il a ensuite affirmé qu'il n'y avait pas de consensus aujourd'hui pour envoyer de manière officielle assumer et endosser des troupes au sol. d'ajouter qu'en dynamique, rien ne doit être exclu. On fera tout ce qu'il faut pour que la Russie ne puisse pas gagner cette guerre. Alors pour commencer Aurélien, qu'est-ce que signifie cette phrase en dynamique, rien ne doit être exclu ?
'est effectivement le cœur du problème parce que la formule en dynamique, la réalité c'est que ça signifie dans le cas d'une escalade, alors on prendrait toute notre part à l'escalade. Donc le problème, c'est que la logique de l'escalade, c'est que par définition, on ne sait pas où elle s'arrête. Et que quand on a affaire à deux puissances nucléaires, le cas de l'escalade, si elle ne s'arrête pas, c'est la confrontation nucléaire. Donc quand on interroge les macronistes, les ministres macronistes en particulier, ce soir on avait par exemple le ministre des Armées qui était auditionné à l'Assemblée nationale, quand on les met face à ces mots précisément, ils enrobent le tout, ils nous expliquent vaguement qu'on n'a pas bien compris. Mais en fait, on a bien compris. Donc, personne ne veut dédire le président de la République, mais la réalité, c'est que, pris au mot, ce qu'il a dit est très grave. Donc, peut-être que son expression n'est pas maîtrisée, mais dans ces cas-là, il faut assumer et dire « on m'a mal compris ». Ou alors, il faut absolument qu'on l'arrête, parce que là, on est dans une logique d'escalade. Et on voit bien en plus que c'est... de nature à nous isoler. Là, ce sont les Tchèques, les Allemands, la presse allemande a sorti plein d'articles pour dire encore une fois qu'il a parlé avant de réfléchir, et c'est pas la première fois qu'il parle avant de réfléchir sur ces sujets-là. Donc bien souvent, c'est assez frappant d'ailleurs, quand on regarde Emmanuel Macron, il y a son discours, il y a la partie écrite, et il commence à se sentir poussé des ailes, il sort de son texte, et il va dire une folie.
Il a aussi évoqué une ambiguïté stratégique qu'il assume. Je mets des guillemets parce que je cite Emmanuel Macron. Encore une fois, qu'est-ce que ça veut dire et surtout, qu'est-ce que cette inconséquence implique
Alors effectivement, c'est très inconséquent. L'idée d'ambiguïté stratégique, c'est un concept qui est plutôt utilisé au sujet de la dissuasion nucléaire. L'ambiguïté stratégique, c'est une façon de dire, dans la dissuasion nucléaire, on promet à celui qui pourrait nous agresser le fait qu'en réalité, même s'il nous agresse, il sera anéanti. Et donc, il y a une forme d'ambiguïté dans la mesure où on ne sait pas où est le niveau de la riposte nucléaire. Donc c'est ça l'idée d'ambiguïté stratégique. Donc quand il parle d'ambiguïté stratégique, déjà il nous emmène sur le terrain de ce qu'on appelle un peu pompeusement la grammaire nucléaire. Donc quand il dit on veut créer une ambiguïté stratégique, c'est qu'il place déjà la discussion au niveau du nucléaire. Donc c'est pas nous qui arrivons à dire, il nous promet la guerre nucléaire, c'est pas nous qui inventons, c'est lui. Et alors quand il dit on veut créer de l'ambiguïté stratégique, ça veut dire on veut créer une forme d'incertitude chez les Russes. Mais les Russes, ils n'ont pas besoin de propos comme ça qui sont en... en réalité, lancé un peu à l'aveuglette et à la légère, parce que les services de renseignement russes, ils font leur travail, ils savent quel est l'état des armées françaises, ils savent combien on a d'hommes, c'est public, il n'y a pas besoin d'être un espion. Donc, ils savent que d'une certaine façon, c'est bomber le torse, mais pour rien. Après, ils jouent sur du velours, ils peuvent dire qu'en fait, quand Macron parle, ça n'a pas de portée. Quand le président de la République dit quelque chose, ça devrait avoir une portée. Je pense que c'est encore plus dangereux d'une certaine façon, parce que ça démonétise, ça discrédite, moi je préfère discréditer, ça discrédite la parole de la France. Donc ça, vraiment, ça n'a pas de sens, l'ambiguïté stratégique, c'est une notion un peu précise, et il ne faut pas en parler à tort et à travers.
tu l'as évoqué tout à l'heure, mais dès aujourd'hui, Dès aujourd'hui, il y a de nombreux pays européens qui se sont désolidarisés de cette annonce et qui se sont prononcés contre cette possibilité. Donc l'Allemagne, l'Espagne, le Royaume-Uni, la Suède, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, même l'OTAN ont tour à tour dit que ce n'était pas d'actualité, qu'ils ne sont pas disposés à envoyer des troupes en Ukraine. Je vais citer aussi le chancelier allemand Olaf Scholz qui a déclaré qu'il n'y aura aucune troupe au sol, aucun soldat envoyé ni par les Etats européens ni par les Etats de l'OTAN sur le sol ukrainien. Est-ce que Macron, en une phrase, donc tu l'as dit, a déjà discrédité la France, encore une fois, est-ce qu'il l'a isolée diplomatiquement ?
Alors, manifestement, oui. Il y a quelque chose qui me frappe, c'est que les ministres eux-mêmes qui ont été interpellés cet après-midi, c'est Bastien Lachaud qui, aux questions au gouvernement, a interpellé Gabriel Attal. C'est Stéphane Séjourné qui a répondu globalement en bafouillant. Et quand Gabriel Attal s'est exprimé sur le sujet, et ensuite, cet après-midi encore, Sébastien Lecornu, le ministre des Armées, d'abord, ils n'ont pas dit tout à fait la même chose les uns et les autres. Mais globalement, ce qu'ils ont dit, c'est soit vous n'avez pas compris, ce qui signifie que si en réalité on n'a pas compris, ça veut dire que dans le fond, ils nous donnent raison. Soit ils disent, dans le cas de Le Cornu, c'était intéressant, ils disaient en fait, c'était pas de ça dont ils parlaient. Ils faisaient allusion à une proposition de la Pologne d'envoyer éventuellement des conseillers pour déminer le terrain, etc. En gros, c'est pas très agressif. Mais ce n'est pas du tout ce que répond Olaf Scholz. Olaf Scholz avait des services, l'Allemagne était représentée à la conférence. Donc personne en Europe ou dans le monde ne dit « halte au feu, ce n'est pas ce qui a été dit », ou « il faisait allusion à quelque chose qu'on s'était dit auparavant dans la conférence ». Donc tout ça c'est du flanc. On voit qu'ils sont vraiment dans le rétro-pédalage, ils ne savent pas comment s'en tirer. Et ils essaient de noyer le poisson. Mais de fait, on se retrouve dans une situation où on a un président de la République qui, quand il parle, en fait, les autres chancelleries, ils se demandent qu'est-ce qui va encore nous sortir comme folie parce qu'il va falloir qu'on se repositionne à chaque fois. Donc ça pose un vrai problème.
Alors il y a un mois, Macron était aussi en déplacement en Suède où il a affirmé que la France a la responsabilité de mettre sa capacité de diffusion nucléaire à la disposition de l'Europe. Alors encore une fois, qu'est-ce que ça veut dire et en quoi cette déclaration s'inscrit dans l'escalade guerrière voulue par Macron
Alors encore une fois, moi j'ai interpellé Le Cornu ce soir sur le sujet en disant peut-être qu'il a la langue qui a fourché. C'est un sujet grave, on ne veut pas se lancer dans l'idée qu'on a un président de la République qui dit n'importe quoi sur la dissuasion nucléaire. Mais en l'occurrence, il est à l'étranger, il fait un discours en anglais, peut-être qu'il ne maîtrise pas toutes les subtilités de l'anglais après tout, mais il aurait mieux fait de tenir sa langue. Qu'est-ce qu'il dit ? Il dit une phrase qui est relativement incompréhensible, il dit « il y a une dimension européenne aux intérêts vitaux ». Vous savez, la dissuasion nucléaire dit « si les intérêts vitaux de la France sont touchés, alors on ripostera d'une manière terrible ». qu'en gros, on anéantira celui qui nous a agressé. Cette notion d'intérêt vitaux, elle n'est pas définie précisément pour créer cette ambiguïté stratégique, pour qu'on ne puisse pas savoir si envahir un territoire, ça relève de l'intérêt vital ou pas. Sinon, les autres pourraient se dire, bon, là, je peux mettre 500 000 hommes de troupes, mais pas là, ou des choses comme ça. Donc la notion d'intérêt vital, elle est floue, et c'est la garantie de la crédibilité de la dissuasion. Alors, déjà il y a quelques années, en 2020, Macron avait décidé d'avoir une formule pour préciser un peu davantage ce qu'étaient les intérêts vitaux. Nous on avait dit que ce n'était pas une très bonne idée. Parce que quand vous commencez à dire ce que c'est, en l'occurrence il avait dit qu'il y a une dimension européenne aux intérêts vitaux. Vous allez savoir ce que ça veut dire. Mais on peut se poser des questions. Si on limite au périmètre de l'Europe, on peut se dire, finalement, s'il se passe des trucs hyper graves de l'autre côté de la Méditerranée, on peut dire, de toute façon, ça ne nous regardera jamais. Donc, ce n'est pas une très bonne méthode. Ce n'est pas gravissime, mais ce n'est pas du tout une bonne méthode. Et il aurait mieux fait de rester discret, à mon avis. Mais là, il va encore plus loin. Il va encore plus loin en disant, il répond à un officier suédois, il lui dit « Effectivement, le fait qu'on dispose de l'arme atomique, ça nous donne une certaine responsabilité à l'égard des Européens. » on pourrait dire qu'on est prêt à utiliser l'arme atomique si nos amis européens se font agresser. Mais ça, ça n'est pas possible du tout. Ça n'existe pas du tout. En fait, c'est un sous-entendu sur la notion de parapluie nucléaire. Mais nous, en tant que Français, on n'a jamais cru à l'idée de parapluie nucléaire. Les Américains proposent un parapluie nucléaire au sein de l'OTAN aux membres de l'Union européenne, enfin aux Européens qui sont membres de l'OTAN. Mais nous, on ne s'est jamais dit, ah bah oui, on va pouvoir se mettre à l'abri du parapluie nucléaire américain. C'est une notion à laquelle on ne croit pas depuis De Gaulle, en réalité. Et là, il sous-entend que, contrairement à tout ce qu'on a toujours pensé, nous, en tant que Français, à savoir que l'idée qu'un jour, un État pourrait souverainement décider de rentrer dans un conflit nucléaire au service de quelqu'un d'autre, eh bien, il dit, peut-être qu'après tout, ça pourrait exister. Il le laisse entendre. Et évidemment, c'est une rupture, parce que qui décide ? En fait, l'idée d'intérêts vitaux, c'est qu'au bout du compte... Le seul qui décide de ça, c'est le président. Et dans notre modèle de la Ve République, il peut le faire parce qu'il a la légitimité maximale, parce que c'est le peuple, le suffrage universel direct qui lui donne une légitimité particulière. Vous imaginez que demain, le président de la République va se... gratter la tête en se disant, ah bah, si on rentre dans un pays européen, s'il y a un pays européen qui se fait agresser d'une façon ou d'une autre, on a la responsabilité de réagir, et peut-être au niveau nucléaire. Mais qui croit que c'est possible ? Donc c'est une façon d'affaiblir encore une fois et de discréditer la parole du président de la République au sujet de la dissuasion nucléaire. Et comme le disent régulièrement les experts, la dissuasion nucléaire, elle est crédible, elle est sérieuse, d'abord quand on sait que techniquement ça marche. Bon, ça, de ce côté-là, on sait que pour l'instant ça marche. mais aussi quand on sait que l'autorité politique est ferme sur ses appuis, elle a les idées claires, et que par ailleurs, elle est sûre que le moment venu, elle ne faiblirait pas. Là, en créant ce brouillage, elle nous met en danger.
Et pourquoi il fait ça ?
fait ça, alors probablement parce qu'en ce moment, il essaye de garder une forme de leadership en Europe, parce qu'évidemment, il y a la crainte de voir l'OTAN... Enfin, Trump gagné aux Etats-Unis, on se dit peut-être que dans ces cas-là, les Américains seraient moins investis en Europe. Et donc, voilà, d'une certaine façon, il essaye d'en faire une monnaie d'échange, mais ça ne tient pas. Et en plus, il y a quelque chose d'important à avoir à l'esprit, c'est que ce serait illégal. Si on se mettait à utiliser le même genre de procédé que les Etats-Unis au sein de l'OTAN, les Etats-Unis ont déposé quelques armes nucléaires un peu partout en Europe, je ne rentre pas trop dans le détail, mais... Et si on utilisait ce genre de méthode, si on disait, bon, les Américains sont partis, on fait la même chose, on serait hors des clous, puisqu'il y a un traité qui s'appelle le traité de non-prolifération, qui fait que normalement, on n'a pas droit de faire accéder des États qui n'ont pas eux-mêmes une arme nucléaire à la conservation, ne serait-ce qu'à faire de la maintenance, du stockage d'armes nucléaires. Donc ce serait vraiment illégal en plus.
Est-ce qu'on peut mettre en lien cette escalade guerrière aussi avec le vocabulaire militaire utilisé sciemment par Macron, réarmement civique, réarmement démographique ? Est-ce qu'il s'agit d'un élément de communication militariste ou est-ce que ça rentre dans sa stratégie de s'imposer comme une sorte de chef autoritaire martial qu'aurait la main sur tout ?
Je crois qu'effectivement on est dans ce cadre-là parce qu'on l'a vu la question du réarmement, on en a parlé sur la question du réarmement démographique. On a bien compris qu'il y avait un truc bizarre de se dire que les enfants qui étaient là, ils étaient là pour faire la guerre. quelque chose qui nous fait régresser à peu près 100 ans en arrière. Moi, il me semble que cette rhétorique du réarmement, elle a un double effet. Elle a un effet de dire, d'une certaine façon, la guerre est inéluctable, donc préparer la population, et on voit à quel point c'est malsain, parce qu'évidemment, quand on est dans un contexte de mobilisation, de guerre, il nous a fait le coup avec la guerre contre le Covid. Il y a un côté, personne ne peut plus exprimer de désaccord, donc à partir de là... la démocratie est suspendue, on n'y est pas strictement, mais ça prépare doucement les esprits. Et puis il y a un autre élément, c'est que quand on parle de réarmement, quand on parle de guerre à venir, non seulement c'est inéluctable, mais paradoxalement c'est aussi indéfini, ça n'arrête pas. Donc quoi qu'il arrive, on est toujours déjà dans la guerre. Donc toujours déjà avec des libertés comprimées, etc. Donc je trouve que cette rhétorique-là, elle est très dangereuse. Ils ne l'utilisent pas pour... Ils savent très bien pourquoi ils le font. Ça n'a pas été fait au hasard. C'est une stratégie délibérée et elle a des effets graves. Donc il faut être très vigilant et ne pas hésiter effectivement à se mobiliser, notamment sur la question du SNU. Là, en ce moment, il y a une consultation sur Internet qui a été faite par l'Assemblée nationale. C'est ma camarade et collègue Martine Etienne qui, dans une mission d'information sur le sujet de la défense... en général et de la société, avec un autre collègue député, qui ont proposé un sondage. Oui, un sondage, une forme de consultation, donc n'hésitez pas, si vous voulez, vous pouvez aller sur le site de l'Assemblée nationale, vous allez faire sauter les serveurs peut-être, parce qu'ils ne sont pas hyper robustes, mais vous avez la possibilité d'aller dire, non, le SNU, en fait, on n'en veut pas. Cette façon de mélanger un peu tout, la colonie de vacances, la défense, la mixité sociale, etc., et que tout ça coûte hyper cher et ne produira aucun des effets escomptés, si ce n'est éventuellement l'embrigadement, on n'en veut pas. Donc n'hésitez pas, allez sur le site de l'Assemblée nationale, ça sera... très utile
suite à la demande du groupe parlementaire insoumis un débat et un débat suivi d'un vote sera organisé à l'assemblée enfin le parlement est saisi sur cette question ce que tu peux nous en dire plus
alors en fait le débat 50-1 ça va être un débat avec un vote effectivement sur le sujet global de l'attitude de la france à l'égard de l'ukraine en fait Il se trouve qu'il y a dix jours, il y a eu un accord qui a été signé entre la France et l'Ukraine. En l'occurrence, c'était Macron et Zelensky. Maintenant, il précise, il nous dit que ce n'est pas un traité. Ce n'est pas un traité, c'est de la communication politique. Si c'était un traité, ça voudrait dire que l'Assemblée nationale est obligée de le ratifier. Donc, c'était... plutôt de l'ordre de la communication, pour essayer de mettre en scène le rapprochement, ou en tout cas le soutien. En revanche, je crois qu'il y aura une discussion, un débat sur le sujet, on pourra évoquer nos positions, mais dans les faits, ça ne changera pas grand-chose. En revanche, il y a un point qui me paraît extrêmement important, c'est la question de l'adhésion à l'OTAN et à l'UE. Parce que ce qui est contenu aussi dans cet accord-là, c'est de dire, la perspective de l'adhésion à l'OTAN nous paraît une très bonne chose. Non, ce n'est pas... notre cas. On ne pense pas que l'adhésion à l'OTAN soit de nature en gros à ouvrir des négociations et à peut-être faire déboucher sur la paix. On n'y est pas encore, mais il faut quand même réfléchir à ce genre de choses. Et puis surtout, j'ai envie de dire, sur la question de l'adhésion à l'UE, la perspective est extrêmement lointaine. Personne ne peut dire que ça n'arrivera jamais avant... Mais dans son temps, quoi. Parce qu'on a affaire à un pays qui est déjà la première armée d'Europe, de fait. On a un niveau de rémunération qui déséquilibrerait la totalité de l'Union européenne. Et je ne parle pas de l'agriculture, donc tout le monde comprend qu'évidemment, si on se retrouve avec des produits agricoles ukrainiens sur le marché européen, je ne vous parle pas de la tête de l'agriculture française. Donc ce n'est pas des perspectives sérieuses. Quant aux normes démocratiques, aux standards, etc., bien sûr. Alors, on n'est pas tout à fait au niveau de corruption et de violence de la Russie, mais la guerre n'a pas fait disparaître tous les problèmes qui existaient auparavant, de corruption, etc. Donc, on n'a pas un pays qui est au standard. Et affirmer comme ça, benoîtement, que bon, parce que les Ukraines sont victimes d'une agression, ce qui est vrai, ils ont leur place dans l'Union européenne, c'est aller un peu vite en Bosogne.
On a dans les commentaires, parce que ça y est, on essaye de se rendre webcompatible, donc on a notre écran derrière où on fait défiler les commentaires et on voit beaucoup de réflexions, enfin de réactions sur la sixième. République, est-ce que ce serait une solution, une sortie de crise démocratique ? Oui,
effectivement, la Sixième République, c'est un élément fondamental, parce qu'aujourd'hui, on est dans une situation où tout remonte au président et tout redescend du président. Donc, il est dans une situation où le Parlement, nous, on est réduit à très peu de choses. Là, même l'exécutif, même le ministre, il n'est pas venu voir la Commission de la Défense depuis un an. Il est venu, à certaines occasions, pour parler strictement du budget, mais par contre, faire un point... pas mal de choses qui se passent. Au mois d'août, on a trois soldats qui ont été tués, etc. Donc, on est dans un système institutionnel où, en fait, les représentants du peuple ont très peu de marge de manœuvre. Ils ne sont pas, par exemple, habilités à plein de choses. Le secret défense nous est opposé dans plein de circonstances. Donc, il y a un vrai besoin de donner une respiration démocratique à ce pays. Sur ces sujets qui sont fondamentaux, en fait, tout se décide, mais dans un cabinet avec un président de la République et quelques conseillers.
On a aussi un Jean Dalbrut qui nous demande que dire de la position de Glucksmann.
la position de Glucksmann, elle est globalement alignée. Glucksmann, il a une tradition d'interventionnisme et d'alignement sur les positions américaines. Donc c'était le cas évidemment quand il est parti en géorgie, il a défendu l'idée de l'invasion de l'Irak, etc. Donc il est dans une position assez néoconservatrice, où il considère que c'est la lutte des démocraties contre les dictatures, et donc à la fin c'est la lutte du bien contre le mal. Le problème c'est que quand on a une approche comme celle-là, lutte du bien contre le mal, le mal il faut l'anéantir. Donc c'est forcément une posture très jusqu'au boutiste, et qui finit par dire, bah non... il n'y aura pas de négociations, on ne peut pas... Mais s'il n'y a pas de négociations, c'est quoi la perspective ? Il faut être sérieux et conséquent. Est-ce qu'il faut que les Ukrainiens franchissent carrément la frontière ? Alors, boutent les Russes hors d'Ukraine, pourquoi pas, mais qu'ensuite, quoi ? Ils vont jusqu'à Moscou ? Ils vont s'assurer que Poutine ne reste pas le chef d'État de la Russie, etc. Ces perspectives-là, elles sont très incertaines. Donc, quand on nous oppose en général... des considérations morales sur le fait que Poutine est méchant, mauvais, bien sûr, on a remarqué, les libertés sont suspendues, on soutient les opposants russes, on travaille à les faire venir en France quand il faut les sauver, on l'a fait, c'est très important, mais la solution, on ne peut pas être dans un manichéisme comme l'aigle Luxman, de dire que c'est le mal absolu, donc... Donc on va attendre l'anéantissement de la Russie, ce n'est pas sérieux.
Alors on me dit aussi dans les commentaires qu'il y en a qui demandent où est-ce qu'on peut aller pour ce que tu as proposé sur le SNU, c'est sur les serveurs de l'Assemblée, sur le site de l'Assemblée ?
Oui, c'est sur le site de l'Assemblée nationale, il doit y avoir une partie de consultation. Alors je ne suis pas allé récemment, je ne peux pas exactement vous le donner, mais peut-être que... Après, dans le fil de l'émission, on peut vous envoyer un petit lien ou le mettre sur le chat. On va le mettre sur le chat. On va essayer de faire ça. Mais je pense que c'est intéressant parce qu'ils sont assez déconnectés. Pour le coup, ils pensent vraiment que le SNU, les gens en veulent. Et donc là, la consultation a commencé. Ils se sont rendus compte que non, les gens n'en veulent pas, qu'il y a une vraie mobilisation sur ce sujet. Évidemment, les organisations de jeunesse, elles l'ont vu. Et ils sont un peu en train de paniquer en se disant, c'est les Russes qui nous empêchent de créer le SNU.
Merci beaucoup Aurélien, c'est un truc d'être venu sur le nouveau plateau de l'émission populaire. Je te libère et vont entrer les nouveaux invités. Tu peux y aller, on fait tout en direct. On a l'affiche paix sur notre plateau et on a différents tracts qu'on vous montrera aussi après. Et tout de suite, j'accueille. Alors, qui je vais voir arriver en premier ? Juliette ! Bienvenue, Juliette ! Tu peux t'asseoir ici. Juliette, qui est la créatrice de contenu féministe, entrée-entrée pour le compte Macho Boulododo, qu'on vous recommande. Cassandre, qui était là il y a deux semaines, mais qui vient ici très bien. Et Andy Climbrad, Cassandre, streamer chez Zavoie Prod. Et Andy Climbrad, tu es députée LFI et membre de la commission des lois. Merci à tous les trois de venir sur le plateau de l'émission populaire pour cette partie que l'on a appelée d'Adèle à Judith. Qu'est-ce qu'on attend ? Pour foutre le feu, je m'étais ajouté. Merci à tous les trois d'être là. On va dans cette séquence parler de la révolution MeToo que nous vivons actuellement. Et quoi de mieux pour lancer cette partie que de diffuser un extrait de la vidéo de Judith Godrèche au César. On regarde.
Depuis quelque temps, la parole se délie. L'image de nos pères idéalisées s'écorche. Le pouvoir semble presque tangué. Serait-il possible que nous puissions regarder la vérité en face ? Prendre nos responsabilités ? Être les acteurs, les actrices d'un univers qui se remet en question ? Depuis quelque temps, je parle, je parle, mais je ne vous entends pas. Ou à peine. Où êtes-vous ? Que dites-vous ? Un chuchotement, un demi-mot, ça serait déjà ça, dit le petit chaperon rouge.
c'est encore par la porte du cinéma que la déferlante MeToo ressurgit. Le 6 février, Judith Godrèche a déposé plainte pour viol sur mineurs, accusant les réalisateurs Benoît Jacot et Jacques Doyon de violences sexuelles. Une nouvelle plainte pour agression sexuelle a été déposée contre Gérard Depardieu. On parlera aussi des dizaines de femmes qui accusent le psychanalyste Gérard Miller. Les MeToo stand-up et MeToo garçons ont aussi été lancés, libérant la parole d'innombrables victimes de violences sexuelles, violences étant rendues possibles par le système de domination patriarcale. autour duquel la France a construit ses institutions. On verra aussi pourquoi l'industrie du cinéma est en première ligne, industrie où la figure de l'artiste est sacralisée et où règne la culture de l'impunité française. Pour commencer, Juliette. Est-ce qu'on peut revenir sur la prise de parole de Judith Gaudrech ? Quatre ans après la consécration de Polanski et le départ d'Adèle Haenel de la cérémonie bien seule à l'époque, Judith Gaudrech a, elle, en 2024, pris la parole sur CN, yeux dans les yeux, face aux acteurs et aux actrices de l'industrie du cinéma, pour leur dire de ne pas avoir peur. Quelle évolution en quatre ans a fait en sorte que cela puisse arriver ?
Déjà, là, ce discours était un peu un point culminant. Après des semaines de prise de parole, où elle était dans les médias, d'abord pour faire la promo de sa série Icon of French Cinéma, Au début, sans nommer personne. Puis, petit à petit, il y a eu chez elle un déclic, notamment grâce à ce documentaire réalisé par Gérard Miller, dont on pourra reparler, grand ami de Benoît Jacot, accusé par plus d'une cinquantaine de femmes, je crois, aujourd'hui, de violences sexuelles et de viols. Et du coup, on a vu la parole de Gilles Godrej se libérer déjà sur les plateaux. et c'est hyper intéressant parce que ça a permis de parler en fait de notions de consentement, de notions d'emprise, donc ces sujets-là ont occupé un petit peu les plateaux, les médias, ce qui était assez neuf, assez nouveau et vraiment intéressant. Ça a eu un effet de vague parce que d'autres femmes aussi ont commencé à prendre la parole contre Benoît Jacot, comme Iside Lebesco, comme Julia Roy, qui ont partagé... qui ont dit qu'elles avaient vécu des choses similaires. Il y a eu des plaintes aussi qui ont été déposées par Iside Lebesco. Et même d'autres personnes. Il y a eu l'actrice Sarah Grappin, qui accuse le réalisateur Alain Corneau, qui est aujourd'hui décédé, d'arrêter une relation d'emprise, de viol quand elle était mineure. Et elle dit que c'est, entre autres, grâce aux prises de parole de Judith Godrèche qu'elle a pu un peu faire cette prise de conscience. Donc il y a vraiment cet effet de vague. Judith Godrèche aussi est un peu devenue, peut-être de façon très inattendue, je ne pense pas qu'elle avait prévu ça quand elle préparait sa série, qui est quand même sur son vécu, mais qui est de façon assez poétique. Oui,
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of French cinema, qui est très bien, d'ailleurs, sur Arte. Qui peut se voir sur Arte, effectivement. Je ne pense pas qu'elle avait prévu de devenir la porte-parole des femmes et des enfants victimes de violences sexuelles, mais c'est un peu ce rôle qu'elle est en train d'assumer maintenant. C'est une cause qui, maintenant, devient un petit peu une cause qui l'habite. Elle a créé une adresse mail. où elle recueille la parole, les témoignages et la parole des victimes. Elle dit qu'elle en est à plusieurs milliers de témoignages. Elle en parle, d'ailleurs, dans son discours. Donc, il y a quelque chose qui monte, en fait, de plusieurs semaines autour de ces prises de parole à elle et qui culmine, du coup, dans ce discours où elle est invitée sur le plateau et on lui fait une standing ovation. donc dans le milieu du cinéma, ce qui est un monde de différence par rapport à il y a à peine quatre ans, où ce même milieu sacré Polanski, meilleur réalisateur, donc reconnu coupable quand même de viol et en cavale des Etats-Unis, comme on le sait, et où Adèle Haenel quittait la salle effectivement sans soutien ou très peu, trêchait un peu dans le désert à l'époque, n'était pas du tout soutenu. En plus, après ça, elle s'est pris à un backlash des médiatiques. hyper important. Vraiment, elle a été un peu stigmatisée, diabolisée dans ce milieu-là, et d'ailleurs, elle s'est un peu éloignée du cinéma. Mais en fait, on lui doit énormément. C'est-à-dire que c'est aussi parce qu'elle a eu ce courage-là d'être un peu seule à vraiment essuyer les pots cassés. Il y a aussi d'autres prises de parole, je pense, qui ont permis ça, des Charlotte Arnoux, qui ont accusé Depardieu de viol aussi et qui n'ont pas été très soutenues. du tout par le milieu. Donc c'est un peu toutes ces femmes qui ont vraiment ouvert la voie, qui ont plus mis des coups de pied dans les portes, qui ont fait que des choses ont un petit peu évolué et qu'aujourd'hui, ce milieu décide d'inviter Judith Godrèche et de célébrer sa parole, en tout cas en apparence. Avant
de continuer, est-ce que vous avez un mot à dire là-dessus, justement, après avoir vu la vidéo de Judith Godrèche au César ?
Moi, comme je disais tout à l'heure, j'ai beaucoup tendance à être un peu pessimiste. Et ma grande crainte, c'est... Je pense que le milieu du cinéma français ne pouvait pas se permettre d'avoir un nouvel événement Adèle Haenel avec cette fameuse scène d'Adèle Haenel qui quitte la salle, le scandale qui commence, etc. Un petit peu, où tout ça avait commencé un peu à gronder. Et je me demande si ce n'est pas aussi une façon d'intégrer un petit peu la critique en montrant, regardez, on fait notre autocritique, on l'invite. pour se dédouaner après derrière, de mettre des choses sous le tapis. J'ai vu, par exemple, une interview à la sortie de la cérémonie, je crois, de Melville Poupeau, qui disait très, très vaguement... Alors, on supporte, on soutient les victimes, etc. Tu pourrais avoir des mots un petit peu plus personnels, t'as quand même tourné avec elles, dans un film, justement, de doyants, je crois.
Ça coûte pas grand-chose, oui, de soutenir les victimes. Donc c'est ça, c'est que j
'ai un peu cette crainte du soutien facile, mais sans truc concret derrière,
c'est plus complexe parce que la prise de parole de Judith Godrej, qui amène la prise de parole d'Oriane Wick, amène à ma prise de position, à ma prise de parole de dire ce qui m'est arrivé. Donc il y a forcément un effet plus intime, plus libérateur aussi du discours. de Judith, et donc où je suis dans moindre capacité d'avoir rationalité, d'analyser le monde du cinéma, même si j'ai l'impression quand même que c'est toujours la question du système, et on l'a dit, en effet, la culture hétéropatriarcale, une culture du viol, qui est généralisée dans notre société, et on le voit à la fois dans ce qui s'est passé dans le MeToo depuis le départ, dans le MeToo garçon, dans le MeToo gay, aussi, je pourrais en parler tout à l'heure, mais dans le MeToo politique aussi, où les femmes politiques qui ont osé... prendre la parole, qui ont osé, je pense, à l'affaire Denis Paupin. Pour la petite anecdote, Denis Paupin a liké mon tweet, annonçant... Il faut que je pense à le bloquer. Je n'ai pas tellement envie de quelqu'un qui a été accusé et a condamné pour ça. Un grand allié. Il a mis du rouge à lèvres.
Déconstruction loading. Alors, justement, la bataille de MeToo arrive une nouvelle fois par la porte du cinéma, un milieu où se côtoient pouvoir et précarité, un milieu propice aux violences sexuelles et sexistes et surtout au silence. On avait reçu à l'émission populaire la dernière fois en janvier l'ondonnierie qui produit des vidéos d'analyse politique sur Insta et TikTok que nous vous recommandons fortement et qui avait dit que les violences sexistes et sexuelles étaient avant tout des abus de pouvoir. En quoi justement ce milieu du cinéma en particulier montre bien comment le pouvoir est... donc le silence peut se
déployer ? Déjà, le cinéma, ça a toujours été un boys club, ça a toujours été un monde qui a été fondé par des hommes, où ils ont pris un contrôle quand même sur cet univers-là, où ils ont exclu les cinéastes femmes très tôt dans l'histoire, ils ont invisibilisé leur travail, des Alice Guy et autres. Et du coup, c'est une histoire, finalement, de regard masculin, ce qu'on appelle le male gaze. et donc une histoire de projection de fantasmes masculins à l'écran. C'est-à-dire que c'est des hommes, quand même, si je caricature, pendant des décennies, qui ont écrit leurs histoires de leur point de vue orienté et qui ont projeté leurs fantasmes à l'écran. Et quand on regarde ce que ça donne, ça donne des archétypes féminins, par exemple, ultra-sexualisés, des femmes-objets, de la femme fatale, la bimbo, la lolita. ça donne des histoires d'amour de type... Combien de films on a vus avec des histoires d'amour entre des hommes ? très âgés, vieillissants, artistes, torturés, intellectuels incompris, qui sont des projections des réalisateurs en général. Toute l'oeuvre de Woody Allen. Toute l'oeuvre de Woody Allen, pour ne pas le nommer, et en France, on a aussi notre lot, justement les Benoît Jaco et Jacques Doyon, et bien d'autres. Entre donc ces artistes vieillissants... des très jeunes femmes naïves, innocentes, prépubères. On nous a présenté ça comme étant des grandes histoires d'amour. Combien d'actrices françaises ont commencé leur carrière en étant l'archétype de la Lolita, à l'écran, des Vanessa Paradis, en passant par des Emmanuel Béart. Le cinéma français est vraiment construit là-dessus. Mais pourquoi ? Parce que ce sont des hommes qui sont derrière la caméra, qui écrivent, qui mettent en scène. Et en même temps, on avait une fusion entre la fiction et la réalité. les mêmes hommes qui écribaient ces histoires et qui les fantasmaient, et qui les vivaient, puisqu'on avait des Benoît Jaco qui, systématiquement, choisissaient des très jeunes actrices mineures, Judith Caudrech, Virginie Le Doyen, Iside de Bescot, il y en a d'autres, Julia Roy, et, en parallèle, les attirait dans son lit avec une relation d'emprise, qui a été pas mal commentée grâce à la parole de Judith Caudrech, et qui vivaient ces histoires-là, et qui, ensuite, s'en vantait, d'ailleurs, face caméra, assumait complètement. Donc, il y a vraiment... C'est une histoire de désir masculin à l
'écran et de domination. Et c'est aussi une histoire de pouvoir économique, parce qu'on a souvent le cliché, d'ailleurs c'est souvent raconté dans 10%, et je trouve que de façon assez fine, sur cette date de péremption des actrices. Je ne sais plus qui en parlait, notamment à l'époque, je me demande si ce n'était pas Catherine Deneuve qui en parlait à l'époque, j'avais lu un article il y a très longtemps là-dessus, sur le fait qu'allait passer les 25 ans, 26 ans, en gros, passer l'âge de péremption des petites copines de Leonardo DiCaprio, tu n'as plus les rôles de jeunes premières. Et combien de films... Je ne me rappelais plus du titre du film, mais il y a pas mal de films qui mettent en scène cette rivalité entre la vieille actrice qui commence un peu trop à vieillir et la jeune première qui va lui prendre sa place, etc. Il y en a beaucoup. Je pense que c'est une en particulier. Mais oui, il y en a tellement comme ça. Sunset Boulevard... Une jeune actrice... Après,
il y a...
Ca
fait
partie
de nos représentations. Ca fait partie de l'arrivée à Baby's Day.
Mais du coup, là-dedans, il y a un enjeu purement économique pour ces actrices, tout simplement, parce que ça fait aussi toute une partie de leur carrière où elles ont beaucoup moins de travail, du travail beaucoup moins rémunérateur, et même peuvent beaucoup moins aussi... peser leur poids en tant qu'actrice bankable, entre guillemets, pour aussi devenir productrice, passer de l'autre côté de la caméra, etc. Et donc prendre ce pouvoir que les hommes, eux, prennent à plein, justement. Donc c'est justement toute cette interaction entre à la fois les représentations culturelles et leur réalité économique derrière.
y a une réalité de façon, et on le voit, que ce soit dans tous les impacts de la société, de cette domination hétéronormée aussi. Je me souviens d'une interview ce week-end assez intéressante aussi sur « Quand tu es mère, actrice ». qu'on t'entendra qu'à des rôles de mère. On arrêtera de te donner des rôles, en effet, de jeune première ou tout ce que tu veux. Oui, parce qu'à ce que tu sois grand-mère. Exactement. Oui, c'est le petit poster
qu'on parlait après être détective.
La révolution qu'on a, parce que c'est le titre que j'ai juste en face de moi, c'est une révolution qui ne peut plus l'empêcher, en espérant que ce soit vrai. Je pense que je partage une part du pessimisme de Cassandre sur la capacité coercitive et de rétractation qui est capable, le monde du cinéma, qui est encore une fois vraiment dominé encore. profondément par les agents, par les studios d'agence, qui est un modèle capitalistique très aigu. Et c'est un de nos rôles aussi, je pense, nous, dans la sphère politique. Petit à petit, il va falloir voir ce système de réseau qui a fonctionné. Quand Aurélien Wick parle, il nous explique que son agent, dès ses 15 ans, l'a mis en réalité en service pour d'autres hommes. Il y a un système de prédation sur des jeunes acteurs, femmes et garçons, filles et garçons, qui est réel et qui... On parle d'un événement qui était il y a moins de 10 ans en réalité, ou moins de 20 ans plutôt, excusez-moi. C'est rien en termes temporels. Moi, j'ai un des combats, et je le dis très souvent, c'est de lutter contre la culture du viol, mais j'ai conscience, profondément conscience, que ça ne sera pas demain, que ça va passer par un long travail de réparation de notre société, et que c'est vraiment un des combats. Je le disais dans mon tweet pour parler, on ne guérit pas quand on est victime, mais on peut se réparer, parce que la brisure sera là. Mais on peut être autre chose. Il faut se réparer soi-même, mais nous, personnalités politiques, députés, je parle en tant que député aussi, ma prise de conscience, de la prise de parole que je devais faire, que je ne voulais pas faire ou que je me refusais de faire, de dire oui j'ai été un enfant victime d'un pédophile quand j'étais petit, elle vient du fait que, en sciences publiques, On a utilisé, alors que nous défendions des arguments, en fait on défendait un amendement pour augmenter les moyens de la CNEP, qui est la police, cyberpolice contre la pédocriminalité, on nous a rétorqué qu'on était complice des pédocriminels, parce qu'on ne voulait pas allourder les peines pour les cyberpédocriminels, parce qu'on pense que c'est inutile d'allourder des peines si on n'arrive pas à trouver les coupables, enfin c'est assez bateau quoi. Et directement c'était complice des pédocriminels. Pendant ce temps, on n'a pas de grande arrestation de pédocriminels. On casse notre service public de la police, je parle de la police judiciaire par exemple, qui faisait ce travail. Et de balancer une victime, c'est là que moi j'ai vrillé, j'ai cassé le micro en séance, donc c'était quand même, voilà, merci les services de l'Assemblée nationale. Mais là, ça m'a fait prendre conscience que, oui, à côté de ça, par exemple, Bruno Le Maire a retiré 20 millions à la protection des personnes.
Est-ce que je pourrais rebondir sur ce que tu parlais, du coup, de cette culture du viol et de cette culture du réseau aussi, et de voir un peu les racines rapidement d'où ça vient ? Parce qu'en fait, on est quand même dans un pays où il y a une culture, effectivement, de la pédocriminalité, c'est-à-dire où vraiment il y a eu une complaisance. dans les milieux intellectuels, artistiques, bourgeois, français, depuis cette France post-mai 68, où on était en cette ambiance vraiment libération sexuelle, donc interdit d'interdire, jouissait sans entrave, tous ces slogans. Et en fait, à cette époque-là, déjà, la paix de criminalité s'était vue comme quelque chose, finalement, d'un peu subversif, d'un petit peu sulfureux, et c'était extrêmement, parfois, carrément défendu. On avait des Gabriel Matzneff... cet auteur qui écrivait sur la manière dont il violait des enfants et s'en vantait sur les plateaux qui étaient accueillis chez Bernard Pivot à bras ouverts à plusieurs reprises. On avait des tribunes qui étaient signées pour essayer de décriminaliser les rapports sexuels avec les mineurs, signés par des Sartres ou des Beauvoirs. Donc on avait vraiment, on était vraiment dans, enfin on était, je ne sais pas pourquoi je mets forcément le passé en l'occurrence, mais il y a en France une histoire de complaisance envers cette pédocriminalité, surtout si c'est dans le milieu artistique. avec cette figure aussi de l'artiste, cette sacralisation quand même de l'artiste, du monstre sacré, qui aurait un peu tous les droits, à qui on laisserait passer toutes sortes de choses, que ce soit Polanski, Depardieu, c'est Gérard, il met les mains dans les culottes, mais c'est Gérard, regardez les films, comme dit notre président, il rend fier à la France, on est quand même dans ce pays-là, où le président prend publiquement la défense d'un homme accusé de viol, donc clairement il y a un problème effectivement... systémique et Judith Goderich dans son discours elle met le cinéma face à ça et ça date pas d'hier.
rebondis juste parce que j'ai rencontré au moment des révélations de façon de parler, vu que c'était quelque chose qui était quand même connu, sur Gérard Depardieu, j'ai rencontré une représentante de la CSGT Spectacles dans mon département qui assurait des formations auprès des maquilleuses, auprès des futures maquilleuses dans le monde du cinéma parce que là on a parlé des acteurs, beaucoup de cette... des stars. Mais il y a réalité d'une utilisation aussi du personnel annexe, du technicien, la technicienne, malheureusement, des maquilleuses. Et elle avait en charge, et heureusement que les syndicats sont là, de la formation aussi, de la prévention. Mais une peur réelle et une acceptation. Cette violence que les acteurs vont nous imposer... fait partie du système. C'est toujours la question, quand on est victime, ou potentielle victime, pourquoi donc, cette acceptation. Parce que c'est l'obligation pour gagner sa vie, pour survivre, etc. Moi, c'était l'obligation de me laisser faire, parce que ma vie en dépendait à proprement parler, vu que j'étais un enfant. Et ainsi de suite, ainsi de suite. Il y a la réalité matérielle. qui compte énormément dans ce rapport de prédation.
Mais c'est en ça qu'on voit que la violence sexuelle, c'est justement une affaire de domination, parce que quand on voit des mecs comme Depardieu, on essaie de nous vendre un mythe de l'homme qui a des pulsions, qui ne peut pas se contrôler, ou voilà, c'est une fatalité, voilà, c'est Gérard. Sauf que Depardieu, justement, il peut très bien se contrôler puisqu'il ne va pas s'en prendre à ses collègues stars qui, elles, vont prendre sa défense en disant qu'il ne m'a jamais rien fait.
J'avais mis peur.
mais Gérard. Enfin, vraiment. parce qu'elles ont dit qu'elles ne comprennent même pas. Il ne nous a pas touchés. Évidemment qu'il ne les a pas touchés, parce qu'il n'est pas complètement stupide. Et donc, il ne s'en prend pas à ses collègues qui ont du pouvoir et de l'influence, et il va chercher, tel un prédateur, les proies vulnérables. Et comme tu le dis, sur un plateau, c'est qui ? Alors, soit c'est des très jeunes actrices qui débutent, qui aujourd'hui d'ailleurs portent plainte contre lui, s'expriment contre lui. qui ne sont pas connus, qui ont tout à perdre, qui ont leur carrière à perdre face à un monstre sacré comme lui, soit ce sont des maquilleuses, effectivement, des techniciennes, il y en a de plus en plus qui ont parlé, elles racontent toutes le même modus operandi. Et c'est corroboré maintenant par des comédiennes de renom, comme Anne-Luc Grimbert, Sophie Marceau, Vaina Giacante, qui ont pris la parole pour dire, mais bien sûr, on l'a, on le savait, on l'a... C'est possible.
Elle a dénoncé un peu un plotage, mais surtout elle a parlé du fait de ne pas voir parce qu'on ne s'en rend pas compte, un petit peu cette espèce d'aveuglement généralisé sur... De déni. Ouais, c'est ça, de déni, un peu de non-pensée autour
de ça. On retrouve dans les familles, malheureusement, aussi dans le rapport incestueux, la personne, quelle qu'elle soit, qui refuse de voir alors qu'elle est présente. Non, vas
-y, vas-y. En fait, c'est ça, justement, là où je voulais en venir, c'est qu'il y a toujours une utilisation, ce que je disais tout à l'heure sur l'utilisation un petit peu de ce trope, de la rivalité féminine, etc. Il y a aussi une utilisation dans la prédation, notamment sur les enfants, que ce soit les jeunes actrices ou que ce soit les enfants qui ne sont pas acteurs ou actrices, justement des contradictions de la vie d'enfant, de la vie d'adolescent, notamment la crise d'adolescence, qu'est-ce que c'est, si ce n'est une demande de reconnaissance, d'être à égalité avec ses parents, une demande de reconnaissance auprès de ses parents qu'on devient... qu'on peut commencer à réfléchir, etc. Et les prédateurs ont tendance à exploiter justement cette demande de reconnaissance en disant, tu es mature pour ton âge, je te vois, ne t'inquiète pas, tes parents ont tort, etc. Tu es spéciale. C'est ça, exactement. Et en fait, c'est toujours dans les... à la fois dans les failles de la domination masculine et dans les failles de la domination adulte, que se nient justement cette utilisation à leur profit. Parce que, par exemple, c'est quoi une revendication pour laquelle on se fait régulièrement accuser de soutenir les pédophiles ? C'est une revendication sur simplement l'éducation sexuelle. Donc c'est des choses sur lesquelles c'est précisément donner les armes pour que ces fameuses contradictions de l'âge adolescent n'en soient plus et que les enfants soient... à minima informé, mais aussi dans des situations où il soit émancipé de cette domination adulte vis-à-vis de ça.
Avant de revenir sur le MeToo garçon, je voulais qu'on termine aussi sur le MeToo dans le milieu du cinéma. Comment on peut expliquer que la France a raté le premier coche de MeToo ? Contrairement, par exemple, aux Etats-Unis, est-ce que c'est ce que tu disais tout à l'heure par rapport au male gaze, le boys club post-68 art, avec une espèce de génie masculin et de liberté
? Pour moi, il y a un mélange de plein de choses qui sont assez passionnants, parce que tu as déjà le côté boys club, mais ça, c'est pareil aux Etats-Unis, finalement. de la paix de criminalité, je pense qu'en France, il y a quelque chose, quand même. Il y a quelque chose qui s'est vraiment défendu, bec et ongle, et quand on voit la réaction au premier MeToo, quand ces plusieurs figures de la culture, dont Catherine Deneuve, signent une tribune pour défendre la liberté d'importuner... à contre-courant total de ce qui se passait dans le monde entier, en disant, non, non, non, nous, en France, on défend la liberté d'importuner parce que c'est indispensable à une liberté sexuelle, donc vraiment, là, il y a aussi une volonté d'opposer des Etats-Unis qui seraient aseptisés, rigides, coincés, puritains, voilà, on peut rien faire là-bas, alors que nous, en France, la France, on est paillard, on est bon vivant, voilà, on est épicurien, on fume, enfin, il y a vraiment cette... l'imaginaire-là, on va pas être comme les ricains, à la coincer et donc à défendre cette soi-disant liberté sexuelle qui est en fait une liberté d'agresser et de violer en toute impunité et qui protège et qui a toujours protégé les violeurs. Et puis c'est lié avec un entre-soi bourgeois du milieu, c'est-à-dire que les personnes qui signent cette tribune, les personnes qui ont signé la tribune pour protéger Depardieu et qui, après, beaucoup se sont rétractées. parce que justement, elles ont senti que peut-être que le vent tourne et que ce n'est plus aussi cool d'être de ce côté-là. Mais en tout cas, ces personnes-là, c'est quand même, dans l'ensemble des personnes de ce milieu-là, il y a quand même une volonté de se protéger les uns les autres très fort. Donc c'est un peu ça. Et ce qu'on disait, le monstre sacré, intouchable,
le
génie, le génie toujours masculin, parce qu'on n'entend pas ce genre de discours sur des femmes, à qui il faut pardonner des écarts au nom de l'art. Et ça, ça va de Picasso jusqu'à Polanski.
C'est vrai qu'au final, Weinstein, c'était un producteur, donc c'était un port capitaliste, quelque part. Alors que Depardieu, c'était un grand acteur. Mais moi, justement, là-dessus, j'y vois deux choses. Je pense qu'au moment où la vague MeToo est arrivée en France... Alors déjà, aux États-Unis, la première vague ou le premier remous MeToo n'avait déjà pas pris. C'était le fameux hashtag MeToo qui avait été lancé par une journaliste afro-américaine. Tamara Burke. C'est ça. Et qui n'avait pas pris avant, justement, les accusations de Weinstein. Donc je pense aussi qu'en France... On n'avait pas de porc assez gros à l'époque. On l'avait,
mais on ne le savait pas. On ne l'avait pas
encore. On ne l'avait plus longtemps, mais personne n'a rien dit. Il n'y a pas eu de mouvement de dénonciation sur lui spécifiquement. Il y avait Matzneff, mais bon, qui le connaît hors des salons bourgeois parisiens ? Il y avait quelques figures comme ça. Je pense qu'aussi... D'un autre côté, sur Weinstein, tu avais des grandes actrices qui avaient beaucoup tourné, etc. De l'autre côté, Adèle Haenel, c'était quoi ? C'est une lesbienne qui gueule un peu, qui est un peu gauchiste. Il n'y a pas un assez gros port pour qu'on voit ça comme autrement que l'importation d'un truc puritain états-unien. Et aussi, je pense qu'il y a eu un paradoxe à l'intérieur de MeToo. qui est à la fois que MeToo a été rendu possible médiatiquement par la dénonciation du monstre, mais l'essence de MeToo, c'est aussi la banalité du viol. C'est le fait que le hashtag se diffuse partout de façon virale. Et comment on réconcilie la banalité de ces violeurs qui sont dans nos vies quotidiennes et ce monstre-là qui permet la libération de la parole et donc forcément qui est un autre qu'on ne peut pas réintégrer à la société. Et c'est ce qui a amené aussi à faciliter un petit peu dans tout le backlash réactionnaire qu'il y a eu derrière de « Oh, vous voulez détruire les relations entre les hommes et les femmes, vous voulez détruire l'amour, etc. » parce que c'était... totalement irréconciliable, ce truc-là, mais qu'est-ce qu'on fait des hommes ordinaires
? Justement, en 2021, le hashtag MeTooinceste avait déjà été l'occasion de voir émerger de nombreux témoignages d'hommes aussi victimes de pédocriminels. Beaucoup ont témoigné en disant des choses comme un garçon ne se laisse pas faire, il se débat, des paroles d'hommes longtemps inaudibles. Et justement, c'est ma question, est-ce que c'est à cause de ces stéréotypes, ces injonctions à la virilité que ces paroles sont restées longtemps inaudibles ?
Déjà malheureusement... Il y a eu plusieurs tentatives, que ce soit en effet le MeToo inceste, le MeToo gay aussi, qui a été tenté, qui n'a pas pris dans la communauté. D'ailleurs, c'est ça qui m'a donné le courage, le MeToo garçon, parce qu'il y a la vague générale, la déferlante du MeToo. C'est comme je l'ai dit, Judith, Aurélien, ça me pousse à le faire. Sinon, je pense que je n'aurais pas fait. Même si je voulais le faire, j'avais la volonté, ou le sentiment, ou l'urgence même, en fait, car ouais, ça me travaillait. Je ne sais pas, s'il n'y avait pas eu cette défarlante, qui arrive jusqu'à moi, je serais passé à... à dire. Ensuite, j'ai choisi un fait spécifique. Moi, j'ai choisi une violence pédophile. J'aurais pu être beaucoup plus large, la culture du viol, c'est ce que je disais ce matin sur France Info. C'est le collègue qui me mettait la main au cul parce que j'avais tous les jours pendant trois ans parce qu'il semblait que je lui envoyais des mauvais signaux. Le premier rapport sexuel à 14 ans qui est dans ma découverte sexuelle de mon homosexualité et la personne avec qui je fais ça est majeure. et profite de la satisfaction et donc je me retrouve dans une situation où je ne suis pas consentant et ainsi de suite, ainsi de suite. Et là, ça percute. Là, c'est quand même la bonne nouvelle et c'est là où quand même, là c'est mon désaccord avec Cassandre, c'est que la société se trouve percutée de manière plus large que ça a été le cas avant. C'est pour ça que je l'ai fait. Sinon, la seule et unique question qui me posait pour moi, c'était est-ce que ça va être utile ? dans le combat politique que nous menons, déjà, quand même, et pour moi-même, quand même, ça je le mets vraiment là-bas, mais pour les autres. Et le nombre de témoignages reçus, mais juste en faisant un tweet, de personnes qui me disent, moi je ne demande pas le MeToo Twitter. Le MeToo, c'est aussi en parler à tes parents, en fait. En parler, 20 ans après, j'ai été victime d'un pédophile. À 14 ans, à 16 ans, à 17 ans, mon conjoint m'a violé plusieurs fois et d'ailleurs je ne peux pas déposer plainte. Et ça mène à une question politique. Parce que moi, toute ma raison d'être à la fin, c'est quand même d'apporter la question politique centrale. Comment on répare ces victimes dans un système qui est cassé ? Quand, bon, je ne vais pas parler des voleurs du gouvernement et je ne vais pas parler de Dupont-Moretti qui est vraiment sur ces questions-là totalement à l'ouest, mais on a un service de la justice où les gens ne veulent pas aller en justice. C'est ce que je disais, il n'y a que 3% des plaintes pour pédophilie ou inceste qui aboutissent. On le sait tous, en tant qu'LGBT, on sait qu'on n'a pas envie d'aller porter plainte parce que la police est quand même principalement homophobe. Je vais avoir des problèmes si ça ressort sur les réseaux. Mais la police a un trope homophobe historique. C'est quand même elle qui a organisé notre répression pendant... Les préfectos de Paris ne veulent pas nous donner le nombre de fiches qu'ils ont fait à l'époque. C'est dommage. sait. Et c'est pareil pour les victimes de viol. À quoi ça va servir ? Parce que notre société est complètement fracturée. Là, on va avoir des magistrats. Mais les magistrats vont arriver d'ici 15-20 ans. Là, on est sur la vague MeToo. On n'a pas le système qui a été conçu pour pouvoir réparer les autres. Je pense que c'est un des grands combats aussi politiques. Mon message était vraiment pour les victimes, la prise de parole pour se réparer, parce que c'est un premier acteur réparateur. Mais il y a la justice. Nous, on n'est pas dans cette vision, la France insoumise, je le rappelle, de la justice punitive. Oui, les salopards, il faut les punir, c'est évident. Personne ne dit le contraire chez nous. Mais elle sert aussi aux victimes. à créer la réparation. Oui, tu as été victime, l'État reconnaît ton statut de victime. Il y a du contradictoire. Le problème, c'est qu'avec l'intégration générale de notre service public, les victimes, ça ne sert à rien qu'elles le fassent. Et le nombre de messages atroces reçus, oui, je vais parler à mes parents, oui, je parle à mes parents, j'ai écrit à mes parents, mais jamais je porterai plainte. Jamais je porterai plainte parce que le système est maltraitant. Le système maltraitant, il est maltraitant de la faute. de ce gouvernement et des gouvernements précédents, qui ont détricoté des choses. On a tous les outils, pour la force, on a la civile. On a Pharos, qui est une plateforme pas bien foutue à proprement parler, mais qui peut être utile si on donnait les moyens. On a la CNEP pour la recherche en ligne. On a des tribunaux, des JAF, des juges des affaires familiaux, et on a des flics. En vrai, on a tout ce qu'il faut pour essayer de traiter le
problème. Et on a des écoles,
avec de moins en moins de profs qui ont des classes de 45, et aussi les profs, il y a une époque, quand j'étais plus jeune, Dans des classes à 25, à 20 même parfois, les profs pouvaient déceler des situations. Là, maintenant, les profs sont incapables de le faire avec des classes à 30, au niveau du collège, et ainsi de suite. Et tout le lien politique entre la culture du viol, cette culture de la prédation, qu'on peut retrouver dans le rapport capitalistique aussi, et cette société brisée, ça va être un... un chantier énorme. Et ça, c'est le grand combat qu'on mène. On est aussi
largement freiné par le backlash réactionnaire dans tous les autres aspects sur lesquels. Tu parlais tout à l'heure justement de la difficulté de dénoncer, notamment dans le MeToo garçon. Qu'est-ce qu'il y a derrière tout ça ? C'est aussi le stigmate de l'homosexualité, tout simplement. Si tu as été victime de quelque chose, c'est que tu es... potentiellement susceptibles d'être un sale PD. Donc pardon, désolé pour les termes. Mais donc voilà, il y a aussi tout ça. Il y a aussi tout simplement la façon dont, j'en parlais déjà la dernière fois, mais dont l'extrême droite utilise un petit peu ces sujets-là pour faire de la propagande anti-immigré, en disant non mais oui, les violeurs c'est les arabes, c'est très important, il faut s'en occuper, etc. Donc il y a toutes ces façons-là dont le backlash réactionnaire s'organise autour. Alors il y a un backlash spécifiquement anti-féministe, qui a une liberté d'importuner, etc. Mais il y a aussi des façons beaucoup... plus perverse dans lesquelles il utilise la critique pour la retourner en mode qu'il faut mettre plus de police dans les quartiers chauds du 18e arrondissement. Les
féministes se tuent à le répéter. En fait, l'écrasante majorité des auteurs de viols et violences sexuelles sont des personnes connues de la victime, du cercle familial, conjoint, ex, amis, collègues, et ne sont pas des immigrés qui vous attendent dans une ruelle dans le 93. C'est un fantasme alimenté par l'extrême droite. au milieu conservateur, mais qui n'est corroboré par aucun chiffre, et c'est épuisant d'avoir à le répéter.
Je l'ai vu sous certains de mes commentaires sur Twitter, on n'a jamais lu les commentaires sur Twitter. Les statistiques, on le sait tous, on a les chiffres, 9 agressions sur 10 hommes-femmes sont commises par des hommes. Voilà, violence sexuée, on le sait. Les mascus se sont mis un peu en bande, c'est Léo Halter, un de nos collègues députés, notre groupe qui allait se fight avec eux, c'était un peu à mis en avoir. Oui, non, 60% des agressions faites sur des hommes, c'est des viols faites par des femmes. Ils trouvent une statistique, un chiffre, alors on est allé chercher, il n'y a rien. Mais ils le répètent en boucle, répètent en boucle, le backlash réactionnaire. Parce que les masques, qu'est-ce que c'est à part... Je
voulais juste vous citer le sociologue Sébastien Chauvin, qui est prof associé à l'Université de Lausanne, qui estime que le MeToo garçon, comme le MeToo, mette sur la table la question du rapport de force, qui est à la fois une différence d'âge et de pouvoir social. Ça revient à ce qu'on disait.
Eh ben oui. Justement, tu parlais tout à l'heure des tribunes un peu pro-pédophilie à l'époque. Et à l'époque, déjà, ça surfait sur une vague qui était une vague de critique de justement la domination adulte, de certains penseurs, 68ards, je pense à Michel Foucault, etc., qui pensaient... Alors, certains, on est un petit peu trop loin, donc il fallait faire des relations enfants-adultes. Mais... il y avait un début de réflexion philosophique sur ce qu'est la domination adulte et qui a été aussi trahie et détruite par avance par tout le discours pédophile qui s'était agrippé à ça en disant « Ah génial, on a nos justifications philosophiques à ça ». Donc il y a aussi tout un discours à reconstruire autour de ça.
Je réfléchis à comment ils arrivaient à justifier en disant, à l'époque, avec des discours de si l'enfant est un être autonome, il doit pouvoir consentir, pourquoi pas ? C'est naturel. Il n'y a pas de raison. Ne lancez pas sur Freud. Je voulais juste répondre sur le... cinéma en particulier, donc pas sur la justice, mais en tout cas sur le milieu du cinéma, parce que les gens se lèvent pour applaudir Judith Godrèche, mais ensuite, toi tu disais, effectivement, est-ce que c'est pas un truc performatif et simplement pour arrondir les angles, être en mode c'est bon, on a compris. C'est ça, en fait, il y a le collectif 50-50, qui est cette association qui défend la parité, l'égalité dans le cinéma et dans l'audiovisuel, qui tout de suite a réagi en disant, eux, de toute façon, ils luttent. elles et eux, luttent depuis un moment sur ces questions-là et proposent des choses très concrètes. Déjà, une sensibilisation et une formation qui seraient obligatoires pour toutes les personnes qui travaillent dans ce milieu, à la fois pour ceux qui seraient des potentiels prédateurs, mais aussi simplement pour celles et ceux qui pourraient subir ça, justement, pour eux qui connaissent, ils et elles connaissent leurs droits et tout ça. Vraiment, une grande sensibilisation généralisée est vraiment obligatoire parce qu'aujourd'hui, il y a des choses qui se font, mais pas forcément, mais tout le monde, mais non. on passe à travers, donc là, vraiment quelque chose de systématique. Des référentes et des référents, violences, sexistes et sexuelles sur les plateaux pour aller voir un cas de problème pour la communication, et tu parlais effectivement des coordonnateurs, coordonnatrices d'intimité, quelque chose qui commence à se faire depuis quelques années, c'est très récent, et qui permet justement de gérer ces scènes de sexe en évitant les abus. Judith Godreich en a parlé. notamment pour son discours, comment elle devait faire 45 prises en ayant 14-15 ans, où elle se faisait peloter les seins ou embrasser par des hommes de 40-50 ans, sur un plateau en souris d'adultes, où personne n'y voyait le moindre inconvénient et personne ne prenait en compte son bien-être. Et comment, du coup, c'est important. Et j'ai pu passer une interview d'une personne du collectif 50-50 qui disait, qui rappelait quand même que le cinéma, c'est a priori le seul milieu où on fait travailler les enfants. Donc on a une responsabilité parce qu'on les fait travailler, on les embauche, tout d'un coup on leur donne un travail. Pour les enfants en pleine construction, on leur dit, là, tu travailles, on les met dans une sorte d'univers avec des adultes, avec de l'alcool, des drogues, sur des environnements. C
'est la promesse de l'âge adulte.
Imaginez ce que c'est que vivre ça, avec la célébrité à la clé. Comment on est responsable de les protéger sur les plateaux ? Il faut vraiment prendre des mesures très concrètes, applaudir, dire je le soutiens. Voilà, bientôt ils auront un petit pins, sûrement. En fait c'est ça, c
'est une question de droit du travail au final. De protection sur
le travail.
Alors, on arrive à la fin de notre partie sur cette séquence. Merci beaucoup, Juliette, je te libère. Merci beaucoup, c'était trop cool. Et de toute façon, je te réinvite mardi prochain. Je reviens mardi prochain. Voilà, pour une émission sur... Ou le 8 mars, c'est une émission FMI. Merci beaucoup. Et j'accueille tout de suite Clément Verdet, qui va entrer en plateau. qui est le co-animateur des groupes d'action de la France Insoumise, et Antoine Salès-Papou, qui est responsable de l'école de formation de l'Institut La Boétie. Bienvenue Antoine, bienvenue Clément. Tu peux fermer la porte si tu vois. Merci beaucoup. Vous découvrez notre nouveau plateau. C'est magnifique. Merci beaucoup. Bienvenue Clément. Alors, on a appelé cette partie « Ton oncle raciste vote, inscris-toi ». On est donc à cinq mois des élections européennes et il y a plus de 10 millions de Français qui risquent de ne pas pouvoir voter aux élections parce qu'ils sont mal inscrits ou non inscrits sur les listes électorales. C'est un chiffre alarmant qui a fait l'objet d'un courrier adressé par Manuel Bompard à Darmanin qui a souligné l'urgence d'une campagne nationale d'inscription sur les listes électorales. Or, aucune initiative évidemment n'a été entreprise par le gouvernement qui n'a aucun intérêt à ce que les citoyens se saisissent des armes qui pourraient les faire. Donc la France Insoumise, elle prend toute sa part à la bataille pour le réarmement civique. Clément, je rappelle que tu es le co-animateur avec Alexandra Mortet du pôle des groupes d'action de la France Insoumise. Est-ce que tu peux nous parler de la campagne d'inscription sur les listes électorales lancées par la France Insoumise ?
Alors oui, bien sûr. Je vais d'abord peut-être revenir sur quelques chiffres. Tu les as dit déjà, mais tu as raison de rappeler qu'il y a environ 10 millions de personnes qui sont mal inscrites ou non inscrites sur les listes électorales. Et c'est un chiffre énorme, puisque quand on le regarde, c'est un cinquième de la population en âge de voter qui en réalité ne pourra pas aller le jour du... scrutin, dire ce qu'ils pensent, s'exprimer. Donc ça, pour nous, c'est alarmant et c'est d'autant plus alarmant quand on le met en regard du chiffre de l'abstention, parce que ça s'ajoute à cela. Et également, quand on regarde qui n'est pas inscrit sur les listes électorales et qui est mal inscrit sur les listes électorales, c'est qui ? C'est les plus précaires, les moins diplômés, les jeunes. Donc toutes celles et ceux qui sont les premiers et les premières touchées par les politiques des gouvernements libéraux. leurs alliés d'extrême droite. Donc nous, ça, on ne peut pas du tout s'en satisfaire en tant que mouvement politique. Et c'est pour ça qu'on a lancé cette campagne. Ça fait longtemps en réalité qu'on mène ce combat à la France insoumise. C'est aussi une des raisons, je crois, qui peut expliquer pourquoi on est si fier d'être insoumise et insoumise. C'est qu'on est sur ce terrain de la lutte depuis des années. Et on ne peut pas se résigner parce que pour nous, c'est trop important de se dire que le jour du scrutin, il y a des gens qui se rendent dans le bureau de vote et qui vous laissent exprimer. je ne peux pas parce que j'ai été radié sur les listes électorales, etc. On ne peut pas s'en contenter, on ne peut pas l'accepter en tout cas. Donc, en gros, depuis quelques semaines, dans les mois qui viennent, et en réalité jusqu'au vendredi 3 mai, les Insoumises et Insoumis vont aller à la rencontre de nos concitoyennes et de nos concitoyens pour vérifier d'abord les inscriptions sur les listes électorales. Le cas échéant, quand les gens ne sont pas inscrits sur l'électorat, les inscrire, les aider à l'inscrire, les accompagner dans cette démarche citoyenne. Et c'est important, je pense, de faire cette démarche aussi parce que ça peut faire changer les choses en réalité. C'est ça qu'il faut aussi retenir parce que celles et ceux qui défendent leurs privilèges, qui ne veulent pas partager les richesses, celles et ceux qui ont un discours raciste, qui n'ont que la haine à la bouche, tous ces gens-là, ceux qui détruisent la planète, eux, ils votent. Mais toutes les personnes qui, elles, en ont marre de toutes les politiques qui les affectent, qui en ont marre du racisme ambiant, qui en ont marre de voir l'abandon des pouvoirs publics concernant la question écologique, tous ces gens-là, ils peuvent transformer leur colère. dans l'urne, ils peuvent y aller. Dans ces cas-là, il faut aller les inscrire sur les listes électorales, les aider, pour qu'ils puissent faire en sorte de nous donner de la force. en tant que mouvement parce qu'on les défend tout simplement, c'est nous qui portons le programme qui les défend et on peut y arriver. Alors c'est pour ça, et je vais terminer sur ça, c'est pour ça qu'on a lancé du coup cette campagne, on s'inscrit, on vote insoumis parce qu'on peut y arriver, on pense que c'est tout à fait possible.
Et justement quels sont les outils dont disposent les militants alors pour cette campagne ?
Alors déjà il y en a plusieurs, bon déjà j'invite toutes celles et ceux qui sont intéressés par cette campagne à se rendre sur le site de la France insoumise, il y a une page avec... toutes les ressources, le matériel, tous les argumentaires qui peuvent retrouver ça. Il y a aussi sur le centre d'aide une fiche pratique qui donne des petites billes, qui permet aussi d'aider toutes celles et ceux qui s'intéressent à ça, qui ne sauraient pas vraiment comment aborder quelqu'un, comment lui parler de cette campagne. Il y a une aide sur ça. Et il y a également des outils qu'on avait déjà, mais qui ont été développés. Déjà l'outil d'ajout de contact sur Action Populaire. qui a été modifié par le pôle des outils numériques, qui permet aussi... depuis son smartphone, de vérifier quelqu'un sur les listes électorales et aussi de les inscrire à la France Insoumise, si la personne est intéressée, etc. Et on a lancé aussi un site, on s'inscrit onvoteinsoumis.fr, pardon, je trouve ça qu'il ne fallait pas que je me trompe, onvoteinsoumis.fr, et qui permet à chacune et à chacun de vérifier son statut et aussi de s'inscrire s'il le veut à la France Insoumise. C'est important. Il y a eu plus de 10 000 personnes qui ont vérifié leur inscription sur la liste électorale. Et pour les militants qui ne sauraient pas vraiment par où commencer, quel quartier choisir, où aller, etc., il y a des outils. La France Insoumise a proposé... Les Insoumis ont développé un outil qui s'appelle le TocToc, qui permet de voir un peu où c'est qu'on a les meilleurs résultats, etc. Donc qui permet d'aller voir aussi là où il faut aller inscrire les gens. il faut aller. Alors, toc-toc
pour faire du porte-à-porte, je précise. Et justement, ce week-end, les militants se sont déployés partout sur le territoire pour faire une grande opération de porte-à-porte. Est-ce que tu peux nous en parler ?
Effectivement. Ce week-end, les 24 et 25 février, les Insoumises et l'Insoumi ont été invités à participer à un grand week-end de mobilisation pour inscrire et faire vérifier les gens leur statut d'inscription sur les listes électorales. Et ça a été un véritable succès. Il y a eu plus de 500 actions partout en France et surtout des très bons retours de la part des gens qui étaient intéressés par cette démarche qu'on faisait, qui trouvaient que c'était intéressant que la France Insoumise s'en empare de ce sujet, qui voulaient aussi nous aider, qui ont trouvé que c'était le bon moment de nous rejoindre, etc. Je dis ça, mais ça fait quand même plusieurs semaines que cette campagne a lieu. Je tiens à remercier vraiment toutes les Insoumises et tous les Insoumis de mener à bien cette campagne, de faire des collages, des portes à portes, tout le temps. On a des très belles images. D'ailleurs, moi, j'invite à ce que les gens continuent à les mettre sur les réseaux sociaux avec le hashtag on s'inscrit. Comme ça, la com de la France Insoumise va pouvoir voir toutes ces belles photos, etc. Et je le dis un peu en avant-première, le 23 et le 24 mars, donc dans près d'un mois, il y aura un nouveau week-end de mobilisation. Ça ne veut pas dire qu'on ne fait rien en attendant, on continue. Mais on va essayer de mettre le paquet aussi sur ce week-end. C'est une semaine après la convention de l'Union Populaire qui aura lieu. 16 mars.
avez un mot à dire sur cette campagne ? Vous l'avez vu passer ? Vous avez fait des porte-à-porte ? Non ? Si,
si, si. Ça marche, en fait. Le rôle historique. qu'on les a soumis, c'est à la fois d'être l'acteur politique que nous on représente à l'Assemblée, mais aussi cet acteur de la société. Et à l'élection présidentielle, moi, c'est un des trucs que j'avais, c'était la deuxième que je faisais, j'ai pas fait 2008, même si j'étais un peu jeune, mais c'était le début quand même, mais 2017-2022, j'ai regardé dans ces quartiers pop, on a fait ces tables d'inscription, et cette surprésence. Aussi sur l'accès au droit, il y a les caravanes populaires et ainsi de suite. Ça marche, alors oui, mais ça peut gagner 2-3% de participation parce que les gens sont informés. Et ces 2-3% de participation, bizarrement, quand ça vient du monde populaire, ça va être insoumis. Donc les copains militantes, militants, allez-y, là, on a un, quoi, deux mois, c'est ça, ça en mai, 3 mai, fin des descriptions en mairie, 1er mai, fin des descriptions en ligne. Voilà, parfait. Ecoutez Clément, mais allez-y, parce que notre force politique, c'est cette mobilisation populaire, donc on s'inscrit, on vote insoumis.
Oui, moi aussi j'ai remarqué ce week-end qu'il y avait une énorme mobilisation, parce qu'on le voit nous aussi à l'Institut Labo ici, à travers tous les élèves qui ont fait les cursus renforcés, qui nous envoient les petites photos, les petits machins des actions qu'ils font. Mais ce que je voulais rajouter, en fait, c'est que cette campagne, elle est quand même au cœur de la stratégie insoumise, c'est-à-dire d'aller chercher le quatrième bloc des abstentionnistes pour construire la majorité populaire. Parce qu'on se rend compte, en fait, quand on étudie un peu les données électorales, que le système repose sur une sorte de suffrage censitaire qui ne dit pas son nom. Vous vous souvenez sûrement, autour de cette table, qu'en septembre, on a fait un événement à l'Institut La Boétie avec Thomas Piquetier et Julia Cagé, que Julie avait brillamment animée d'ailleurs. Et ce qu'on avait montré, entre autres, c'est la divergence des courbes de participation entre les riches et les pauvres, en gros. Et on avait aussi montré que ça n'avait pas toujours été le cas, en fait. C'est un phénomène qui, depuis 40 ans, croît. Mais en fait, il y a eu une période en France, la période où on a construit la sécurité sociale, on a construit les grands services publics. pays, où les classes populaires, les milieux populaires, ils votaient autant que les riches, il y avait une égalité en termes de mobilisation électorale, donc je pense que c'est une des tâches principales, nous qui voulons vraiment transformer le monde, et pas simplement gagner une élection pour gagner une élection, mais vraiment transformer le monde, que de ramener cette mobilisation électorale populaire au même niveau que celle des classes qui profitent du système.
Moi, ça ne m'étonne pas qu'il y ait autant de monde qui ait fait cette action-là, parce que moi, je me rappelle quand j'ai commencé à militer, c'est une des premières actions que j'ai faites, c'est le début des caravanes,
et
on a l'impression de servir vraiment à quelque chose. Je ne dis pas qu'on ne sert à rien d'habitude, mais il y a un truc en termes de contact, en termes d'aspect concret politique... C'est important de faire les tractages sur les marchés, etc. Mais il y a un contact humain qu'on a quand on fait ses porte-à-porte, quand on parle concrètement d'inscription sur liste électorale, d'accès aux droits, etc. qui est incomparable. C'est
surtout aussi des gens qui nous invitent dans leur intimité, qui nous parlent de leurs problèmes. Quand on y va en journée, il y a beaucoup de chômeurs, par exemple. Il y en a qui ont des problèmes de santé, des problèmes familiaux. En général, c'est assez sensible aussi.
Moi, je suis d'accord avec ce qu'on dit Cassandre. Ça redonne beaucoup de pouvoir d'agir aussi. c'est hyper important de le présenter aussi comme ça, parce que la France Insoumise, c'est un mouvement qui se veut utile tout de suite et concret dans son militantisme au quotidien. Donc effectivement, c'est central qu'on fasse cette campagne et je pense qu'on va bien la réussir en tout cas. En tout cas, on voteinsoumise.fr.
Voilà, et on va sur le site commander les affiches et le matériel. Et ce week-end, il y a aussi eu les stages régionaux de l'Institut La Boétie. C'est l'occasion de parler aussi de l'Institut La Boétie, dont tu es le responsable de l'école de formation de l'Institut La Boétie, Antoine. Je vais citer pour commencer ce qu'il y a écrit sur le site de l'Institut La Boétie. L'Institut La Boétie, je vais appeler l'ILB, parce que j'en peux plus le dire. L'ILB participe à la bataille idéologique indispensable à la construction d'une majorité populaire, tu l'as dit. Il fonde sa démarche sur un socle idéologique commun, humanisme global, planification écologique et critique du capitalisme. Et c'est dans ce cas que vous proposez un cursus renforcé afin de donner des outils politiques et militants aux insoumis. Est-ce que pour commencer, tu peux nous en dire plus sur ce cursus renforcé avant d'aller sur les stages régionaux ? Quel est le programme ? Surtout, quels profils sont dans les cursus ? Quels profils en font partie ? Si c'est exclusivement des militants, exclusivement des parisiens ou pas
Oui, bien sûr. Quand on a construit l'école de formation de l'Institut Labo ici, on a imaginé plusieurs types de parcours, plusieurs offres de formation. Il y a celle que tu évoques et le cursus renforcé. qui, elle, est une formation qui est la plus ambitieuse, on va dire, la plus prenante aussi, puisqu'il s'agit en fait de dix week-ends sur un an où des militants, des militantes de la France Insoumise... se réunissent à Paris pour assister à des cours construits autour de parcours qui correspondent un peu à ce que tu as cité. Donc il y a un parcours sur l'humanisme global où on va retrouver les enjeux d'émancipation, l'antiracisme, le féminisme, les enjeux républicains aussi. Il y a un parcours sur le matérialisme historique où là on va retrouver plus les enjeux. économiques et sociaux, on va dire, de la société, un parcours sur l'ère du peuple et les enjeux contemporains, et un parcours sur les pratiques militantes insoumises. Donc on a des promotions de 70 militants. On en a trois pour l'instant, dont une qui a terminé son cursus. Comment ils sont sélectionnés ? Parce qu'on est obligé de faire une sélection, on a beaucoup plus de 70 candidatures à chaque fois. On a eu 900 candidatures, par exemple, pour la troisième promotion la dernière fois. On essaie justement de constituer des promotions qui ressemblent le plus possible à ce qu'est le militantisme insoumis et à ce qu'est le peuple français dans sa diversité. Donc ça veut dire des gens qui viennent déjà de toutes les régions de France, d'un maximum de départements, des gens qui habitent en quartier populaire, mais aussi en quartier... rural, mais aussi en centre-ville, des gens qui sont ouvriers employés, des gens qui sont ingénieurs, des gens qui sont chercheurs, des gens qui ont eu accès à des études supérieures, d'autres qui n'ont pas eu accès à des études supérieures, qui sont arrêtés au baccalauréat par exemple. Pour avoir cette diversité dans les cohortes qu'on forme, parce qu'on pense que c'est important pour la stratégie d'enracinement de la France Insoumise, que d'avoir partout des Insoumis qui sont capables de mener au goutte à goutte, de manière massive, bataille idéologique, en plus des contenus qu'on propose, des conférences et tout, qu'on propose avec l'Institut de la Boissie, qu'on peut retrouver sur notre site internet, sur notre chaîne YouTube. Notre but, c'est aussi de massifier cette bataille des idées à travers cette école de formation. Et donc ça, c'est le cursus renforcé. Donc on lance une promotion tous les six mois. Donc la prochaine, on lancera le processus de sélection en juin, juin-juillet, pour un début en septembre.
Et ce week-end du 24-25 février, il y a 100 militants et militantes de l'IFI qui ont réalisé un stage régional de formation à Caen et à Lyon organisé par l'ILB au programme matérialisme historique, planification écologique, études théories de l'air du peuple, mais aussi rencontres et formations militantes. Pourquoi avoir mis en place ces stages régionaux ? Est-ce que c'est pour rendre accessible la formation à des personnes qui ne peuvent pas forcément se rendre à Paris par exemple
Oui, tout à fait. L'idée, c'est le deuxième étage de la fusée. C'est que le cursus renforcé, on est bien conscient que tout le monde ne peut pas le faire. Ça demande beaucoup d'investissement. Donc on a voulu aussi créer ces condensés du cursus renforcé sur trois jours où on propose un programme qui sont des cours essentiels. qu'on propose dans le cursus renforcé, mais qui sont des cours tous issus du cursus renforcé, en fait, avec des intervenants qui sont tous des intervenants des départements de l'Institut La Boétie ou des pôles de la France Insoumise. Clément a fait, par exemple, une formation à Caen ce week-end. Et le but, c'était... À
Lyon.
À Lyon, ce week-end. On était ensemble. Il était à Caen dans sa tête. Non, j'étais content d'être à Lyon, parce qu'à Caen, il pleuvait. Et... Et du coup, voilà, on va en région. Notre but, c'est de faire chaque année toutes les régions hexagonales. Donc, on est allés déjà à Marseille, à Nantes, à Lille, à Strasbourg, à Toulouse. Et ce week-end, on était à Lyon et à Caen, pour les insoumises de la région Aura et de la région Normandie. Et donc, à chaque fois, c'est des groupes de 50, voilà, qui viennent de toute la région, qui se réunissent pendant trois jours. C'est assez intense. Ils ont un cursus. assez dense, où ils font à la fois l'introduction du matérialisme historique, militer en insoumis, ils font une présentation de la France insoumise par des dirigeants de la coordination des espaces, mais aussi l'économie selon Marx, enfin bref, beaucoup de cours très denses, et c'est aussi un moment humain où des militants de toute la région se rencontrent, tissent des liens entre eux, ce qui est précieux aussi pour leur militantisme par la suite.
Les campagnes électorales sont l'occasion pour beaucoup de citoyens de se former politiquement. Après une présidentielle, c'est une formation à l'échelle globale du pays. Mais en tout cas pour les européennes, l'idée avec l'ILB n'est pas d'attendre les campagnes et les échéances électorales, mais de former et de participer à la bataille culturelle en permanence.
c'est ça, c'est qu'en 2022, mais même en 2017, c'était pas à moi de parler ?
Non, non, pardon, j'ai galéré à dire ce que j'avais à dire.
Non, c'était très bien. En 2007 et en 2022, notamment dans la construction du programme L'Avenir en Commun, on a tissé des liens qui étaient des liens très, très denses avec des intellectuels, des universitaires, des hauts fonctionnaires. Voilà, c'est pour ça aussi que notre programme a été reconnu comme un des plus aboutis par nombre d'associations, de syndicats, d'ONG. Et après la séquence électorale de 2022, on s'est dit qu'il fallait... créer un objet qui nous permettait de garder ce lien, de le rendre plus permanent, de faire entrer dans l'action de la bataille culturelle tout un tas d'universitaires, d'intellectuels qui sont des compagnons de route. Et un des moyens de les faire entrer dans cette action-là, c'est de les faire participer à la formation continue des militants insoumises et des militants insoumis, ce qui leur permet à eux aussi, ce qui est quelque chose de très précieux pour ces universitaires, d'avoir ce lien-là avec l'action politique très concrète. Ils apprennent aussi... beaucoup c'est très très important pour développer voilà alors la pensée critique aujourd'hui et développer des armes qui sont vraiment utiles en fait à nous tous pour changer la société
En Italie, en septembre, j'ai rencontré des militants, mais plus un télo de gauche. Là-bas, la gauche en plus fait 1%, mais un télo de gauche, peu bourgeois, intellectuel, et qui ouvrait des yeux comme ça dès que je parlais de caravane populaire, ou de militantisme, ou de porte-à-porte. Donc c'est vrai que la France Insoumise a mis en place aussi un militantisme sur le terrain incroyable, avec des outils qu'il déploie, et une formation intellectuelle très précieuse. Est-ce que vous voulez faire un dernier tour de table et on clôt l'émission ? Où tout est dit, ça fait plaisir aussi un peu de retape
en dernière partie. Si moi j'ai une question, pourquoi vous avez enlevé les golfeurs là ? C'est vrai, pourquoi ils ne sont
pas en plateau ? Trop bizarre.
Les
riches et les racistes,
ils sont où les
golfeurs ? En fait le truc c'est que dans l'idée, il y a différentes affiches qui existent. Il y a les riches votent, les racistes votent, les golfeurs votent. Pourquoi les golfeurs ? Parce que c'était sur la question un peu écolo aussi, l'eau qu'on utilise. Je pense notamment aux camarades des... des dom-toms, des territoires ultramarins, qui, en fait, eux, la question des golfs, c'est une vraie question. On décide de mettre de l'eau quelque part plutôt qu'ailleurs, alors que parfois, il en manque. C'est aussi pour des questions d'espace sur le tract. Il y en a d'autres, il y a une dernière affiche, c'est les matchs au vote. Pour le 8 mars, notamment, et après aussi. Il y a une série de visuels aussi sur
les réseaux sociaux. où on balance des noms. Bolloré Vote et vous.
Pascal Pro.
beaucoup d'être venu sur le plateau de l'émission Populaire. Merci à toute l'équipe aussi pour la création de ce magnifique nouveau plateau. Le but à terme, c'est de faire un plateau un peu plus ovale pour qu'on puisse se mettre autour de la table et on discute avec plein de gens. Merci beaucoup. A mardi prochain, même heure, même lieu. Ciao.
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