Chargement...
Chargement...
La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Et avec nous pour ce club, Benjamin Morel. Bonjour Benjamin. Merci d'être là. Et Pascal Tournier. Bonjour Pascal. Merci d'être avec nous, rédactrice en chef adjointe de l'hebdomadaire La Vie. On va évidemment parler avec vous de la crise agricole, les blocages se poursuivent et Gabriel Attal promet de nouvelles annonces. Dans les prochains jours, va-t-il réussir à éteindre la colère ? Vous nous le direz, Audrey. Gabriel Attal, hier, il a réservé aux sénateurs ses annonces sur la
décentralisation. Oui, et il leur a parlé avec des mots qui leur font plaisir. Il a aussi salué le travail de certains sénateurs sur la décentralisation. On
verra tout ça dans quelques instants. d'abord en garde l'actualité dans nos régions. On parle beaucoup de l'Union européenne ces derniers temps, pointées du doigt, notamment dans la crise des agriculteurs. On va en parler dans quelques instants. Mais l'Union européenne, ce sont aussi des apports souvent méconnus et du concret, Audrey. Et pour nous le montrer,
vous êtes rendue à Nice. Oui, dans les Alpes-Maritimes. Et j'ai voulu vous montrer dans notre quotidien, dans la vie de tous les jours, où se situe l'Union européenne. C'est donc à Nice et ça commence sur la promenade des Anglais. On vous suit. Un paysage de carte postale est peut-être l'un des endroits les plus connus de Nice. Nous sommes ici sur la célèbre promenade des Anglais, totalement réaménagée ces dernières années. Après l'attentat meurtrier du 14 juillet 2016, des poteaux et des câbles anti-intrusion ont été installés. Ils doivent permettre d'arrêter un véhicule lancé à vive allure. Juste à côté, la piste cyclable a pour but de faciliter les mobilités douces. Deux projets, financés en très grande partie. par l'Union européenne.
Cette piste cyclable a été créée, subventionnée dans le cadre du plan de relance après la crise sanitaire. Et cette piste a été financée, a eu un coût d'un peu plus de 300 000 euros et a été financée à hauteur de 70% par des fonds européens.
exemple concret de l'action de l'Union européenne dans notre quotidien. Pourtant, quand on demande au Niçois... Personne n'en a aucune idée.
Il faut dire
qu'il faut avoir l'œil pour trouver ces petits panneaux qui l'attestent. Des panneaux présents aussi dans cette crèche municipale. De 50 à 80 places, fraîchement sorties de terre. L'Union européenne a financé la moitié des travaux avec un but, aider l'employabilité des habitants.
est dans le quartier prioritaire de la ville qui s'appelle Nissan tout simplement. Et donc cette infrastructure sert à ce que les mamans et les papans qui puissent bénéficier d'une place de crèche puissent aller retourner au travail après avoir eu un enfant.
France, ce sont les régions qui redistribuent l'argent de l'Europe à travers des appels à projets. qui doivent permettre de développer les territoires. Le problème, c'est qu'ils sont souvent méconnus et les dossiers très compliqués à monter.
On va noter vos projets. On veut des projets particulièrement innovants. Ce jour-là,
la région sud a donc organisé une formation pour aider les acteurs du territoire, les associations, les métropoles, les villes, à monter des projets qui pourraient correspondre à un appel d'offres sur le numérique.
Qu'on soit une collectivité ou un acteur économique, on n'a pas forcément le temps et on n'a pas forcément de l'information aussi pour pouvoir cibler au mieux son besoin et cibler au mieux l'appel à projets. Et certains projets n'auraient pas lieu si on n'avait pas eu l'Europe à nos côtés. Et c'est important de le rappeler.
Et les sommes pour financer ces projets sont loin d'être négligeables. Pour la mandature 2021-2027, la région Sud a obtenu 10 milliards d'euros de crédit européen.
Et voilà, pour votre reportage, Audrey, du côté de Nice, on le voit, l'Union européenne, c'est aussi du concret. –
Oui, et ce qui est intéressant, c'est qu'en fait, les dossiers sont assez compliqués à monter et que les petites communes, elles ont peut-être plus de mal à monter ces dossiers, à demander ces crédits et en bénéficier. C'est la raison pour laquelle certaines régions font des formations. Et c'est quand même très, très important pour que ce ne soient pas uniquement les grandes villes qui bénéficient de ces fonds.
On compte sur vous. Pour nous montrer d'autres exemples, on suivra bien sûr tout ça jusqu'au 9 juin, date des élections européennes. Et c'est justement vers l'Europe, vers Bruxelles, que seront tournées tous les regards des agriculteurs aujourd'hui. Leur colère qui s'est invité, qui s'invite aujourd'hui au menu du Conseil européen. Hier, c'est Marc Fénaud, le ministre de l'Agriculture, qui était à Bruxelles. On va l'écouter.
ne peut pas avoir une PAC, je le dis très simplement, très tranquillement, très pacifiquement, mais qui soit à ce point complexe et qui soit à ce point incompréhensible. Tant pour parfois nos administrations que pour nos agriculteurs. Donc on a besoin de s'engager résolument dans la voie de la simplification. Vous avez des agriculteurs aujourd'hui qui touchent des aides et qui ne savent pas flécher le pourquoi ils touchent des aides. Donc on a besoin d'interroger cette question.
Voilà, Marc Fénault, qui parle de la question de la PAC, qui est évidemment assez connue, peut-être en tout cas l'une des choses les plus connues de la part de l'Union européenne en matière d'agriculture, qui pose la question du fléchage des ailes. Mais plus largement aujourd'hui, Pascal, c'est vers l'Europe, vers Bruxelles, que vont se tourner les regards des agriculteurs, parce que dans la crise des agriculteurs qu'on est en train de voir, il y a quand même beaucoup de choses qui se jouent du côté de Bruxelles. –
Oui, alors c'est un peu le paradoxe, parce que c'est à la fois Bruxelles qui les finance, justement à travers la PAC, Et c'est en même temps Bruxelles, au sens large, qui suscite cette colère. Notamment, il y a quand même un sujet qui est très important, qui va discuter a priori aujourd'hui. C'est la question du libre-échange, et notamment à travers les accords du Mercosur. Est-ce qu'ils vont être signés, pas signés ? Ça c'est un gros point d'interrogation. Et c'est vrai que c'est en train de monter dans le débat aujourd'hui, à travers cette question agricole, la question du protectionnisme agricole. Donc il y a aussi, on le sait, une... Il y a une autre question qui va être posée plus tardivement, mais sur la question de l'Ukraine aussi, sur les importations de produits agricoles qui sont à priori plus avantageux et qui créent une concurrence déloyale. Donc ça c'est la question du libre-échange, il y a la question effectivement des normes qui sont souvent ramenées sur le devant, et surtout des aides, comment sont-elles fléchées, qui peut en bénéficier, etc. Il faut savoir quand même aussi que ça va être aussi l'un des premiers textes qui va être renégocié à l'issue des élections européennes. Donc il y a aussi un enjeu justement de ce type-là. Après, il y a une question auprès politique, c'est peut-être qu'il y a un enjeu, on voit bien aussi autour de l'Europe, des élections européennes. Moi je pense qu'il faut faire attention de se dire que l'Europe a… et la cible de tous les maux, il y a un jeu à jouer sur cette question-là avec laquelle il faut faire attention.
– Un mot Benjamin sur cette Union européenne qui aujourd'hui plus que jamais va être au cœur du mouvement de ces agriculteurs.
– Oui bien sûr parce que Gabriel Attal a parlé l'autre jour d'exception agricole française en parallèle avec l'exception culturelle mais en réalité le parallèle est très compliqué à faire étant donné qu'il y a guerre de politique plus européanisée voire plus internationalisée via les traités de libre-échange que l'agriculture et donc ce faisant… les réponses à ce stade-là ne peuvent être qu'européennes. Et en effet, il y a tout un tas de défis. L'adhésion de l'Ukraine déstabiliserait totalement la PAC, déstabiliserait également le marché intérieur. Donc la question c'est… Qu'est-ce que l'on fait prévaloir ? Parce qu'évidemment, on peut se dire déstabilisation, mais de l'autre côté, il y a également un message politique à envoyer dans l'évolution de l'adhésion, même s'il y a très très loin de la coupe aux lèvres. De l'autre côté, le Mercosur, c'est un problème pour l'agriculture, mais c'est plutôt bon pour l'industrie allemande. Et donc, ce faisant, vous avez un jeu d'intérêt qui s'oppose en la matière. Le Green Deal qui est attaqué, parce qu'en réalité, c'est ça qui, en matière de surtransposition, ce qui n'existe pas vraiment en fait sur le fond, pose problème. Le Green Deal, outre le fait que… Il s'agit de remplir des objectifs écologiques. C'est un peu le ciment de la coalition au Parlement européen autour d'Ursula von der Leyen. Ça n'existait pas lors des élections de 2019. Ça arrive après l'investiture d'Ursula von der Leyen et ça permet de cimenter sa coalition. C'est l'élément essentiel de son bilan. Aller renvoyer une présidente de la Commission européenne qui veut rempiler en disant que tout ce qu'elle a fait, c'est problématique, ce n'est pas forcément évident. Donc vous comprenez qu'aujourd'hui à Bruxelles, Eh bien, revenir sur cette crise n'est pas facile. Qui plus est, la Commission l'a dit et elle a raison. Le processus législatif européen, si on veut changer des choses, ça prend du temps parce qu'il vous faut le Parlement, mais il vous faut également une majorité qualifiée au Conseil. Donc on peut prendre des mesures d'urgence sur les jachères, etc. Mais si on doit changer de paradigme, ce qui est peut-être possible parce qu'il y a pas mal de pays qui sont en train de bouger aujourd'hui, eu égard aux crises agricoles qui ne sont pas que françaises, eh bien ça prendra de toute façon plusieurs mois, voire plusieurs années. budget de la PAC qui… prévu dans un budget pluriannuel, vous comprenez qu'il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Le problème du gouvernement, c'est qu'il doit mettre de l'eau sur l'incendie tout de suite.
– Pascal, je vous redonne la parole, mais peut-être un mot, Audrey, pour bien comprendre ce qui se joue aujourd'hui à Bruxelles pour nos agriculteurs. Il y a notamment trois points qui vont être discutés aujourd'hui. –
Alors en fait, il ne se passe pas grand-chose au niveau agricole. Ce qu'il faut savoir, c'est que ce Conseil européen, à l'origine, il était fait pour parler de l'Ukraine, et notamment d'un nouveau paquet d'aides financières pour l'Ukraine. On s'en souvient, ça a été bloqué par Viktor Orban. Aujourd'hui, normalement, on est censé parler d'Ukraine. Sauf que ce n'est pas comme ça que ça va se passer. La crise agricole s'invite dans les débats. Et d'ailleurs, Viktor Orban, qui avait bloqué le paquet d'aides financières en décembre dernier, il en a profité hier. Il a zappé une réunion avec les autres leaders européens pour aller voir les agriculteurs et pour dire, vous voyez, regardez ce que l'Union européenne fait de mal pour vous, les agriculteurs. Donc il en a profité, alors que sur le papier, on est censé parler d'Ukraine. Il y a quand même eu des choses qui ont été annoncées en amont de ce sommet européen par la présidente de la Commission, et notamment… des mesures qui avaient été mises en place à cause de la guerre en Ukraine. On avait notamment une dérogation sur les 4% de jachères imposés. Ça, ça devait être levé, ça va être poursuivi. Il y a aussi des annonces sur le poulet ukrainien. En fait, comme les choses sont bloquées en mer Noire, il y a de nouveaux couloirs qui avaient été créés et qui passaient par l'Union européenne avec une levée des droits de douane. Mais là, les producteurs, les éleveurs crient à la concurrence déloyale. Donc il devrait y avoir une clause du... d'urgence sur les importations de poulet ukrainien. Et puis sur la question du Mercosur qui est en négociation actuellement, la France s'y oppose. Alors sur le papier, on pourrait contourner la France puisque c'est un vote à la majorité qualifiée. Mais on écoute quand même la France qui est quand même une grande puissance agricole et puis une grande puissance européenne. Donc là pour l'instant, la Commission a dit que les conditions n'étaient pas réunies pour poursuivre cet accord. Il est donc stoppé, pas arrêté, on va dire stoppé temporairement.
Merci beaucoup pour ces précisions, Audrey, Pascal. – Oui, je veux juste revenir sur le Green Deal, c'est que je pense qu'il y a aussi un enjeu à mon avis qui pourrait être bien sûr intéressant, c'est que le Green Deal, la façon dont il a été conçu, bien sûr c'est un panel de mesures en faveur de l'écologie, mais il a oublié la dimension sociale, et je pense que c'est ça qui peut être aussi, et peut être en réflexion au moment des élections européennes, c'est mettre en avant une Europe plus sociale, qui prenne en compte effectivement ces inégalités et dont les agriculteurs ont promis. Les chefs, par exemple, ne sont pas concernés par des mesures plus sociales.
Oui, alors il y a ce qui se passe du côté de Bruxelles, puis il y a ce qui se passe sur le terrain actuellement, Benjamin, les blocages qui se poursuivent sur le territoire. On a vu hier soir des interpellations du côté de Rungis. Ce matin, les autorités qui demandent au convoi Agin, Rungis, de faire demi-tour et regagner le Sud. Est-ce qu'il y a urgence pour le gouvernement à éteindre l'incendie ? On a l'impression que le gouvernement promet tous les jours de nouvelles mesures à venir. mais qu'on ne les voit pas vraiment venir.
– Oui, le problème c'est qu'éteindre un incendie quand vous n'avez plus d'eau dans le camion de pompier, c'est un peu embêtant. Or, si vous voulez, il y a un peu le triptyque de l'enfer ici, c'est-à-dire que vous avez un mouvement très populaire, 90% selon différentes enquêtes, 80% des Français qui soutiennent également le mode d'action, donc les blocages. Donc quand vous arrivez avec ça, vous pouvez toujours essayer d'inverser l'opinion. La réalité c'est que s'il y a des blocages, il est plus probable que les Français disent « Non mais c'est de la faute du gouvernement, les revendications sont légitimes, si jamais ils cédent aux revendications, eh bien je… » pourrait manger mon biftec et Rungis ne serait pas bloqué. Donc c'est compliqué pour le gouvernement. En même temps, il faut maintenir l'ordre public parce que sinon vous ouvrez la porte à toutes les fenêtres, comme dirait l'autre. De l'autre côté, deuxième élément du triptyque de l'enfer, vous avez un partenaire de négociation qui n'est pas un partenaire aujourd'hui tout à fait fiable, tout bêtement, parce que les syndicats sont en concurrence, il y a les élections bientôt dans les chambres agricoles, et par ailleurs, vous avez une FNSEA qui est dépassée par sa base. Et donc on est loin, on a beaucoup parlé de gilégionisation, etc. On en est très très loin, la profession est organisée et on n'est pas tout à fait dans l'horizontalité des Gilets jaunes. Néanmoins, on a des syndicats qui n'ont pas la même marge de manœuvre pour entrer en négociation et co-gérer la politique agricole comme ils ont pu le faire pendant des décennies. Donc à partir de là, vous vous retrouvez face à un interlocuteur qui évidemment monte d'un cran et ne tient pas forcément ses troupes. De l'autre côté, on revient sur la question européenne, la réalité c'est que les marges de manœuvre que vous avez, ce que vous pouvez donner, ça reste relativement limité parce qu'évidemment, il y a quelques petites choses qui peuvent être... faites au niveau national, mais le fond du dossier, le malaise agricole général, il est beaucoup plus profond et il vient notamment d'une réorientation des politiques européennes. Et là, vous n'avez pas les leviers, vous n'avez pas les manettes et si vous les activez à Bruxelles, il faudra convaincre vos partenaires et ça prendra du temps. Donc ce faisant, éteindre l'incendie aujourd'hui, ce n'est pas forcément tout à fait évident. On a quelques mesures qui sont données, mais l'idée c'est qu'une fois que l'incendie se sera bien diffusé, peut-être s'éteindra-t-il de lui-même.
Oui. Et ce qui joue gros, Gabriel Attal, dans les
prochaines heures, Pascal. – C'est sûr que c'est sa première crise, et donc avoir pris ses fonctions, il doit faire face, d'autant que c'est quand même un milieu qu'il ne connaît pas excessivement bien. En plus de cela, on voit bien que l'opposition, et notamment le Rassemblement national, exploite totalement cette séquence, se met véritablement du côté des agriculteurs, se positionne complètement, après avoir un moment d'hésitation, en tout cas là c'est très clair, se positionne complètement… anti-écolo. Donc voilà, il a aussi cet élément-là à jouer pour Gabriel Attal.
– Justement, on va parler. Gabriel Attal, il était hier après-midi devant les sénateurs pour sa déclaration de politique générale. Il aura réservé ses annonces sur les territoires. Et Audrey, il a évoqué des sujets qui plaisent beaucoup
aux sénateurs. Et en même temps, c'est un peu une figure imposée. Quand on fait un discours devant la Chambre haute, on ne peut pas faire de discours justement sans parler de décentralisation. Le Premier ministre qui a surtout fixé un calendrier sur plusieurs points demandés de longue date par le Sénat. Le premier, c'est la clarification des compétences entre les différents échelons administratifs. Écoutez.
compétences des uns et des autres sont dans un véritable casse-tête. Elles s'enchevêtrent. C'est inefficace dans notre action publique. C'est dangereux démocratiquement car beaucoup de nos concitoyens ne savent plus vers qui se tourner, ne savent plus qui est responsable de quoi et sont souvent perdus, déçus et sans réponse. C'est le cocktail parfait pour nourrir la défiance et la colère. Autant dire le cocktail parfait pour faire le lit des populistes. La règle doit être simple. Pour une compétence, il faut un responsable et un financement dédié.
pour cela, Gabriel Attal a rappelé qu'une mission sur les compétences des collectivités était actuellement menée par le député Renaissance XLR Eric Wehrt, qui a d'ailleurs auditionné des sénateurs à ce sujet. Il rendra son rapport début mai et ensuite… Le Premier ministre veut un texte de loi sur la base des conclusions. Texte de loi avant la fin de l'année. Alors justement, le principal intéressé, Eric Beurt, était sur ce plateau. Vous avez bien travaillé il y a quelques minutes. Je vous propose de l'écouter. C'était sur les moyens donnés aux collectivités, justement, pour cette décentralisation.
On peut réfléchir autrement à l'évolution des finances locales. – Et comment alors ? – On peut réfléchir, il y a des partages d'impôts nationaux aujourd'hui. La TVA est un impôt qui est largement partagé aux collectivités. La TVA, l'État en perçoit grosso modo moins de 50% aujourd'hui. Est-ce qu'on l'a fait de manière consciente et cohérente ? Non.
Une première piste sur le financement qui devrait plaire aux élus locaux. Pour en revenir au discours du Premier ministre, il veut aussi que les préfets aient autorité sur les opérateurs de leur département. Là encore, c'est une demande de la Chambre des territoires. Il y a eu d'ailleurs des applaudissements dans l'hémicycle en réponse à cette annonce. Et enfin, Gabriel Attal veut créer un statut de l'élu local, alourdir les peines prévues en cas de violence contre ces élus. Là encore, celles et ceux qui regardent régulièrement Public Sénat en ont déjà entendu parler, puisque le Sénat a voté une... Une proposition de loi en ce sens, pas plus tard qu'à l'automne dernier. Mais les choses pourraient s'accélérer puisque le Premier ministre a fixé une échéance sur ce point. avant la fin du trimestre, Auriane.
– Oui, et un mot… C'est bon ? – Le financement, le financement, on en a parlé. – Mais dis-donc, il manque un petit truc. – C'est bon, on en a parlé. – Un mot, Benjamin, parce que Audrey, elle a rappelé… – Je vous fais des petits mots. – Gabriel Attal a promis une loi de décentralisation d'ici la fin de l'année. Eric Woerth, il nous disait, ce ne sera pas des ajustements comme la notre ADS, ce sera une vraie loi de décentralisation. Ça fait depuis 2017 que les élus locaux l'attendent. Est-ce qu'on peut noter un changement de ton de la part du groupe ? gouvernement et on peut attendre de vrais actes.
– On a toujours une annonce d'une nouvelle loi de décentralisation, c'est toujours l'acte 3 d'ailleurs, depuis l'acte 2 Raffarin, on a chaque fois une forme de redite, chacun veut porter son acte 3 et en règle générale, au bout de quelques années après, on dit à chaque fois que ce n'était pas tout à fait l'acte 3, ça va être le prochain. Et par ailleurs, les lois qui sont les grandes révolutions, souvent n'emportent pas de grandes révolutions parce que là, il y a des annonces de simplification, de clarification, pas vraiment de décentralisation, quelles politiques on décentralise, etc. Alors Eric Wörth a ouvert quelques éléments. sur un pouvoir normatif des collectivités, ça peut être relativement intéressant de desserrer les taux réglementaires, sinon la simplification. En effet, c'est bien intellectuellement, je suis tout à fait pour, il faudrait des compétences claires parce que ça permet d'évaluer un bilan et un projet pour les collectivités, c'est important. On a essayé avec la loi NOTRe, on voit bien que c'est très très compliqué pour deux raisons, d'abord parce que ce que vous prenez à l'un, vous le donnez à l'autre, et donc je vous laisse imaginer le jeu de gladiateurs que ça va être quand on va réunir les collectivités. Territoires unis c'est joli sur le papier, mais quand vous leur demandez de faire des propositions en termes de découpage des compétences, Je ne suis pas d'accord parce que ce que vous prenez au département, vous le donnez à la région et vice-versa. – Ce qui
regroupe les trois associations d'élus, maire,
commune, département. – Exactement. Et ensuite, on a vu que ça ne fonctionnait pas non plus, tout bêtement, parce qu'il y a une porosité dans vos compétences. C'est-à-dire que, ok, vous donnez l'emploi, mais vous le donnez à qui ? Parce qu'en réalité, développement économique, mais en même temps, action sociale. Donc département, région, etc. Tout ça est poreux. Et donc le fait qu'on ait des compétences claires, c'est loin, loin d'être évident, vu le nombre d'échelons. On ne simplifiera pas le nombre d'échelons, parce qu'ils sont tous prévus dans la Constitution. Donc à partir de là, Les finances, c'est bien beau de dire je donne une partie d'impôt national, mais ce que veulent les élus, c'est d'avoir un levier sur leur impôt et donc de pouvoir notamment modifier le taux. Or aujourd'hui les impôts locaux, on les a quasiment tous sacrifiés, taxes d'habitation, TP, etc. Tout ça a disparu. Et donc vous pouvez donner une part de TVA, mais qui c'est qui fixe le taux de la TVA ? Et bien c'est l'État. Donc au fond, vous transférez les finances. Oui, ça vient de la fiscalité, mais la belle affaire, la réalité, c'est que vous ne pouvez pas toucher à vos ressources. Et si vous ne pouvez pas toucher à vos ressources, dotation ou taxe. c'est kiff-kiff.
Les mots sont là, mais dans le concret, ça va être compliqué à mettre en œuvre peut-être, Pascal ?
Oui, et puis en plus, l'autre question est de savoir, est-ce que l'État ne veut pas faire des économies quand même ? Ça ne s'est pas tellement été abordé, mais il y a quand même aussi, on sait bien que l'État cherche toujours de l'argent. Je pense qu'Éric Wörth fait quand même partie de, parmi les propositions, ce n'est pas lui qui sera à la manœuvre, mais dans tout cas parmi ses propositions, c'est quand même quelqu'un qui du monde de la finance, en tout cas des comptes publics. Donc on peut imaginer qu'il est aussi là pour faire un peu des économies, donc ça c'est quand même aussi une interrogation. – Après, je suis d'accord avec Benjamin, sur le papier, moi je trouve ça plutôt intéressant, et on voit bien aussi qu'il y a une dimension très politique, on le sait, beaucoup de Français se sentent, entre guillemets, abandonnés, en tout cas par les services publics, on parle de la question des déserts médicaux, des questions de la proximité des services publics, donc on voit bien que ces propositions vont essayer de… de répondre à ce manque, à ce besoin. Donc là encore une fois, comme par hasard, il va sortir ses conclusions au mois de mai, juste avant les élections européennes. Donc je pense qu'il y a aussi une dimension politique qui n'est pas à négliger.
– Oui, début mai effectivement, ce sera un mois avant les européennes. Est-ce que c'est aussi un moyen, Benjamin, de contrer le RN qui fait aussi son lit sur cette absence des services publics et cette France qui se sont délaissée ?
– Vous savez, moi j'ai deux domaines de spécialité. c'est d'iter en recherche, c'est le Parlement et les collectivités territoriales. J'aimerais vraiment que ça intéresse au point que tout d'un coup, un rapport sur la décentralisation, je sais qu'aux sénateurs, je parlerai à leur cœur, mais elle changerait totalement la phase d'une élection. La réalité, c'est que quand vous commencez à parler aux Français des collectivités, des niveaux de compétences, etc., vous leur parlez serbo-croate, et encore, je suis très très gentil. Donc, je ne suis pas sûr que là, on crée un souffle, si vous voulez. Le mois de mai, c'est très très loin, le monde politique sera très différent. Il faut voir qu'aujourd'hui, regardez la loi immigration. Elle, triple de volume. Il n'y a aucune loi qui n'est autant modifiée dans un Parlement qu'une loi sur les collectivités territoriales, tout bêtement parce que les élus, non obstant leur parti, ajoutent des trucs, etc. Aujourd'hui, quand vous discutez un petit peu avec les associations de collectivités, en IN, évidemment, il faut une nouvelle loi de décentralisation. Enfin, on vous dit, oulala, on ne sait pas exactement comment sortira le Frankenstein de l'état actuel de l'Assemblée nationale. C'est-à-dire qu'actuellement, vous lancez quelque chose dans le processus parlementaire en la matière, est-ce que ça produirait ? en termes normatifs Les conséquences sur les collectivités avec des députés qui, qui plus est, ne sont pas les plus ancrés qu'on ait connus sous la Ve République, risquent d'être extrêmement bizarres, problématiques et pas forcément assumables par le gouvernement. Donc il faut, je crois, être extrêmement prudent. Mais c'est très loin. La fin de l'année, c'est un autre monde.
– Oui, mais est-ce que justement l'enjeu, c'est que… Alors effectivement, la question de qui fait quoi et quel niveau, quel échelon a la compétence de ça ou ça, ça ne passionne effectivement peut-être pas les Français. Mais est-ce que l'enjeu de ce rapport et pour le gouvernement, c'est que ça se traduise… concrètement pour les Français, qu'ils aient des services publics à proximité de chez eux, et que du coup, ils mettent fin peut-être à ce sentiment de délaissement. On a vu pendant les Gilets jaunes, on le voit aussi peut-être là un peu avec ce mouvement des agriculteurs. – Il y a
un enjeu évidemment, mais cet enjeu il est complexe, si vous voulez, pour deux raisons. D'abord parce qu'aujourd'hui, encore une fois, le processus normatif n'est pas tout à fait cadré pour faire ça. Ensuite, ça implique de l'argent, il n'y en a pas. Il faut être tout à fait clair. Une politique publique, ça implique de l'argent. Or, on ne va pas en transférer plus aux collectivités parce qu'il n'y en a plus. De l'autre côté, il faut un pouvoir normatif. Et ça, ça n'implique pas de grandes révolutions. Ça implique que les ministères retiennent leurs plumes quand ils écrivent les projets de loi et les décrets d'application. On n'est pas capable de le leur obliger. Donc, il faudrait peut-être une réforme constitutionnelle dans la matière. Il n'y a pas la majorité pour la voter. Ensuite, il y a la question des compétences, de la lisibilité des compétences. Mais je l'ai dit tout à l'heure, c'est souvent un peu une vue de l'esprit et on n'y arrive pas. Donc, là encore, prudence.
– Est-ce que l'enjeu aussi quand les Français vont voir leur maire pour leur parler de tel ou tel problème, le maire ne répond pas, je ne peux pas le faire parce que je suis bloqué par tel ou tel nom ou parce que je suis bloqué par l'État. C'est aussi ça l'enjeu de cette loi ? Oui,
en tout cas, on sent bien que ça poursuit. La tonalité qui avait été donnée par le président de la République lors de sa conférence de presse, c'est côté bon sens près de chez vous. On voit bien, il a été très précis dans les annonces, dans les propositions. Gabriel Attal, dans son discours de politique générale, ça a été aussi critiqué. d'ailleurs par ses détracteurs, mais il y avait un peu cette impression de boîte à outils, il y a plein de petites mesures, c'est le bon sens près de chez vous. Donc je pense que ça répond à cet même besoin, en tout cas envie du gouvernement, de donner le sentiment que les pouvoirs publics sont efficaces dans le quotidien des Français, vraiment au plus près du quotidien des Français. Mais je reste tout à fait d'accord avec Benjamin, c'est peut-être très bien sur le papier, et je serai plutôt bien évidemment l'oua. mais il reste à voir la faisabilité. Et c'est là aussi le danger, justement. Les Français aujourd'hui, dans le discrédit vis-à-vis des politiques, c'est des paroles, des paroles, des paroles. Mais qu'est-ce qui se passe véritablement dans les actes ? Et ça, c'est toute la difficulté aujourd'hui pour le gouvernement, qui lui-même aussi a joué ce jeu-là. Donc je
demande à voir. Et comment faire aussi peut-être pour que les actes impriment ? Parce que dans sa conférence de presse, Emmanuel Macron, par exemple, il a parlé des maisons France Service. Il a dit qu'il y en avait plus de 2000 qui avaient... été mise en place pour que chaque Français ait les services publics à proximité, c'est-à-dire pas plus de 20 minutes de chez eux. Mais est-ce que les Français le voient et est-ce que les actes qui sont faits par le gouvernement, ils sont forcément perçus par les Français ? Est-ce que ce n'est pas là aussi la difficulté du
gouvernement
?
– J'ai envie de dire, c'est ça aussi le propre de la politique, c'est le savoir-faire et le faire savoir. Donc il faut sans cesse marteler, marteler, j'ai réindiqué. On parlait de les Maisons France Service, je vous parlais de mon cas personnel, j'ai été effectivement amenée, on m'a dit, pour telle ou telle action, vous devriez aller voir la Maison France Service. Donc je vais y aller bientôt. Donc je vous dirai l'efficacité de ces Maisons France Service. Je ne savais pas qu'il y avait effectivement qu'il en existait à Paris. Voilà, oui, vous avez raison, ça met du temps, je pense que ça met du temps, il faut effectivement, quand une fois,
le faire savoir. – Il va y avoir un double enjeu dans cette loi, Benjamin, à la fois évidemment le côté technique, le côté pratique de répondre aux élus, mais aussi un but politique et un but de communication à l'égard des Français.
– Bien sûr, il y a un but de communication, mais là encore une fois, c'est-à-dire que prenez la loi 3DS, ça devait être à la fois une révolution et une simplification, personne n'a compris cette loi, et donc aujourd'hui quand vous avez… – Mais pas les élus pour le coup ! qui fait 40 propositions, tout le monde dit, ouh là là, mais c'est horrible, comment peut-on faire ça ? Bah oui, mais vous l'avez voté. Et donc, la réalité, c'est qu'il y a, je dirais, une forme là-dessus de boîte de Pandore, quand vous ouvrez, tout d'un coup, vous construisez des textes qui sont des usines à gaz et qui ne sont pas du tout vendables à l'opinion. Et ce qui a été dit est très important. Quand vous prenez les études en sciences politiques sur, justement, le faire savoir, en réalité, il faut de la stabilité. C'est-à-dire que si jamais, prenez par exemple Pôle emploi. Pôle emploi, France Travail et avant la NPE. Pour vous et moi qui suivons à peu près le dossier, on comprend la filiation. Mais pour le français, je dirais qu'il n'est pas passionné de politique. Mais qu'est-ce qu'on a fait de la NPE ? Et France Travail, qu'est-ce que c'est ? C'est-à-dire que… Pour tenter de montrer qu'on change le réel, on change les sigles, on change les institutions, on change les lieux également. Vous avez des études sur les tribunaux américains qui montrent notamment que les tribunaux avec les colonnes coraintiennes s'est identifié. En revanche, les grands immeubles en banlieue parisienne, ça, ça n'est pas. Et donc vous avez besoin de permanence pour montrer qu'il y a une politique et il y a une continuité, mais pour montrer que vous changez, il faut toujours tout renouveler. Et donc à force de vouloir tout renouveler, on donne le sentiment qu'il y a peu d'autorité publique et pas d'autorité publique égale pas d'action publique.
– Allez, on suivra. Tout ça, évidemment, on va reparler du mouvement des agriculteurs, c'est à la lune de vos quotidiens régionaux.
Le mouvement des agriculteurs se poursuit et fait toujours la une de nos quotidiens. Oui, avec cette image forte qu'on a pu voir hier et qu'on retrouve en une de la Voix du Nord, des blindés face aux tracteurs pour les empêcher de bloquer le marché de Rungis en Ile-de-France, le plus gros marché du monde. Les agriculteurs qui maintiennent la pression aux portes de Paris et sur les autoroutes en province, en Meurthe-et-Moselle, l'A31 et l'A33 sont toujours coupées ce jeudi. La situation devient... De plus en plus compliqué sur les routes secondaires. Alors, Nord-Éclair s'interroge. Qui gagnera le bras de fer entre les agriculteurs et le gouvernement ? C'est la question. Mais en page intérieure, on peut lire un témoignage de cultivateur qui dit… On attend bien plus que les mesurettes du gouvernement. Dans ce contexte, c'est dans ce contexte que le Courrier de l'Ouest est allé recueillir, et c'est super intéressant, le sentiment des étudiants en agriculture. Une profession qu'ils ont embrassée avec vocation, soit pour être salariés, soit pour reprendre l'exploitation de leurs parents. Ils disent soutenir le mouvement, espèrent que cela restera pacifique. Et eux aussi s'inquiètent des normes européennes qu'ils estiment impactantes pour l'élevage et de la concurrence déloyale, selon eux, des accords de libre-échange. Mais pas question de renoncer à leur projet. La crise ne freine en rien leur motivation. Et l'actualité aujourd'hui, c'est aussi la grève dans l'éducation nationale. Oui, vous l'avez peut-être remarqué, de nombreux enseignants et responsables d'établissements sont en grève à l'appel des principaux syndicats. Paris-Normandie nous en explique les raisons. Elles sont nombreuses, manque de moyens face au changement, réforme des lycées professionnels, revalorisation salariale. Ce sera donc un jeudi noir dans l'éducation, annonce le Télégramme. Les enseignants qui seront aussi dans la rue cet après-midi. Une manifestation est prévue. Aujourd'hui, on fête, si on peut parler de fête, les 70 ans de l'appel de l'abbé Pierre. C'était le 1er février 1954 et son appel résonne encore. D'après l'Union et Charente Libre, il avait alerté à l'époque sur la situation des Saint-Logie. Le logement qui reste un sujet encore aujourd'hui dans notre pays. La Provence en parle ce matin, parle d'ailleurs d'une bombe sociale. Et on termine, on va chez vous pour terminer par une note positive. Oui, la tech fait son festival à Grenoble, c'est en une du Dauphiné libéré. 10 000 participants sont attendus aujourd'hui et demain pour découvrir le meilleur de l'innovation et de la technologie. Et il y a un projet qui a retenu l'attention du Dauphiné libéré. C'est celui de la start-up Spartan Space, j'espère qu'on va le voir. Un habitat lunaire gonflable, un refuge déplaçable autonome qui permettra de soutenir les missions d'exploration lunaire oriane. Oui, ça ne rigole pas. Merci,
merci beaucoup Audrey. On parlait de cette grève des profs. Et le scolaire, c'est à la une de la vie, Pascal, public, privé, les nouveaux fonds de la guerre scolaire.
Oui, c'est faire un peu l'état des lieux et surtout chasser un peu les idées reçues concernant l'enseignement privé. Voilà, c'est un dossier qu'on a fait grâce à Mehdi et à Castera. C
'est d'ailleurs cette semaine dans la vie. Merci Pascal Tournier, merci Benjamin Bray d'avoir été avec nous. Merci Audrey. Merci à tous de nous avoir suivis. On se retrouve demain et à 18h. Vous avez rendez-vous avec Thomas Huy pour Sens Public. Très bonne journée.
Transcription automatique — vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.