Chargement...
Chargement...
La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
La parole est à madame la présidente Roche pour le groupe Horizon.
Merci madame la présidente. Ma question s'adresse à monsieur le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Un peu de silence s'il vous plaît. Nos professeurs sont là pour nous aider à apprendre, pour nous faire grandir, pas pour risquer leur vie. S'attaquer aux écoles c'est pas normal, c'est inadmissible, c'est nul. Nous vivons dans un pays en paix. On ne peut pas tolérer ça, encore moins de la part d'un ancien élève du lycée. Ces mots simples ne sont pas les miens. Ils sont ceux de jeunes lycéens en filière professionnelle qui ont organisé hier, dans ma circonscription, avec l'aide de leurs professeurs d'histoire géographie et de science, une cérémonie de recueillement à la mémoire de Dominique Bernard et de Samuel Paty. Les autorités présentes ont entendu leurs mots. Ils ont entendu leur dilemme aussi, leur silence, comme des fêlures face à l'innommable, face à la barbarie, face à la marche d'un monde aux repères si difficiles à comprendre. Ils ont rendu hommage, comme nous venons de le faire, à Dominique Bernard, à Samuel Paty, avec la conscience qu'à travers leur assassinat, c'est la communauté nationale qui est visée, c'est toute la République qui est attaquée. Avec ce qu'elle porte, l'émancipation par les savoirs, l'affranchissement des dogmes, la liberté de conscience, le droit d'apprendre, la formation de l'esprit critique. Mais ce que j'aurais tenu de plus fort dans cette séquence, c'est un cri. Fut-il sourd ? Fut-il défus ? Laissez-nous apprendre, laissez-nous grandir. Nous aurons perdu si nous ne pouvons plus faire germer ces graines de savoir. L'hydroterroriste qui a encore frappé Bruxelles hier soir voudrait nous enfermer dans l'ignorance, les enfermer dans l'ignorance et nous empêcher aussi de penser, de vibrer, de partager, de fréquenter des écoles, des salles de spectacle, des stades, d'être nous et de savoir le transmettre à nos enfants, d'être légitime à le faire et de ne jamais s'auto-censurer. Aussi, Monsieur le Ministre, la question est à la fois simple et immense. Comment aider tous les jeunes de France et comment appuyer leurs enseignants à mettre des mots sur ces drames pour savoir les surmonter encore plus fort ? Comment accompagner et soutenir toute la communauté éducative pour que notre école continue à être le creuset de notre République ? Je vous remercie.
Merci beaucoup. La parole est à monsieur Gabriel Attal, ministre de l'Education nationale et de la jeunesse.
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Madame la Présidente Isabelle Roche, vous avez rappelé à travers vos mots et ceux d'élèves de votre circonscription ce qui est la mission absolue de l'école, former des républicains et des citoyens éclairés. Ce qui implique qu'y compris dans des drames tels que celui que nous avons vécu, l'école soit au rendez-vous pour accueillir les élèves et pour mettre des mots sur ce qu'il s'est passé, pour échanger avec eux. J'ai ressenti, quand j'ai réuni les organisations représentatives des enseignants vendredi soir, le besoin de la communauté enseignante et plus globalement des personnels de l'école de bénéficier d'un temps dédié pour pouvoir préparer ce retour des élèves. Pour pouvoir porter le deuil aussi parce qu'il pèse le plus lourd sur nos enseignants qui ont perdu l'un des leurs. Et pour pouvoir préparer le retour des élèves et préparer ensemble les meilleurs mots pour les accueillir et répondre à leurs questions qui sont nombreuses. Ce temps leur avait manqué il y a trois ans après l'assassinat de Samuel Paty. J'ai tenu à ce qu'ils puissent en disposer après l'assassinat de Dominique Bernard. Je me suis rendu hier dans plusieurs établissements scolaires et j'ai pu mesurer que ce temps avait été utile, qu'il leur avait permis aux enseignants de mettre ensemble les mots sur ce qu'il s'est passé pour accueillir leurs élèves. Je me suis rendu avec la première ministre au collège du Bois d'Aulnes pour le temps d'hommage et de recueillement qui s'est tenu partout en France. Nous avons échangé avec les enseignants là aussi. Vous posez la question très concrète de ce qui est mis en place pour les soutenir, notamment psychologiquement, dans cette épreuve. A la demande des enseignants, j'ai réactivé les dispositifs d'écoute et d'accompagnement qui avaient été mis en place au moment de l'assassinat de Samuel Paty, notamment une cellule nationale avec des psychologues 24h sur 24, 7 jours sur 7, mais également des cellules d'écoute académiques au plus près des enseignants pour les accompagner. Mais c'est tout au long de l'année et c'est fondamentalement que nous devons accompagner les enseignants dans leur mission. qui est de former des républicains et des citoyens éclairés. Et malheureusement, il y a beaucoup d'endroits aujourd'hui où il peine à le faire, parce que les pressions sont fortes, parce que les coups de boutoir sont forts. Et vous pouvez compter sur ma détermination pour être au rendez-vous de cette responsabilité absolue.
Merci Monsieur le Ministre.
Transcription automatique — vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.