Chargement...
Chargement...
La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
répondre aux besoins de reconnaissance, éviter de nouvelles confrontations, allons au-delà des totems pour les uns, des tabous pour les autres. Au fond, ayons l'audace de bâtir une autonomie à la Corse, dans la République.
y a un an et demi, en mars 2022, la violente agression d'Ivan Colonna en prison qui a conduit à son décès et la contestation sociale qui s'est levée partout en Corse a permis de remettre sur la table la question du statut de l'île. Gérald Darmanin avait répondu à la contestation sociale largement emmenée par la jeunesse corse en promettant d'ouvrir les débats sur l'autonomie de la Corse. Un an et demi plus tard, les choses bougent enfin. Peut-être. Le premier coup a été envoyé par l'Assemblée de Corse qui a voté un texte de la majorité autonomiste indépendantiste sur l'autonomie de Lille. Le texte a été approuvé à 46 voix contre 16. Il a pourtant fallu attendre deux mois pour avoir une réaction du gouvernement. Gérald Darmanin est venu sur Lille en effet le 13 septembre et a tenu un discours plutôt favorable à l'autonomie. C'est ensuite Emmanuel Macron qui est venu la semaine dernière, les 27 et 28 septembre. Il a même tenu un discours à l'Assemblée de Corse à Ajaccio. Dans l'hémicycle, on est partagé chez Corinne Fronte et chez Corsica Libera, chez les indépendantistes, on parle de déni de démocratie. Du côté des autonomistes de Féimo à Corsica et de Gilles Simeoni, on est quand même mitigé, mais on se réjouit que la question de la langue corse ou encore de l'inscription de la Corse dans la Constitution ait été posée par le président de la République. Pour en parler, je me suis rendu à l'Assemblée nationale pour rencontrer Jean-Félix Acquaviva. député Eliott de Corse et membre du parti autonomiste Fémo Agorziga. la visite d'Emmanuel Macron qui s'est tenue la semaine dernière suscitait beaucoup d'espoir pour les Corses, pour le peuple corse. Pourtant... Beaucoup fustigent qu'il n'y a pas eu un mot sur la question sociale, pas un mot sur la co-officialité de la langue corse. Les principaux mouvements indépendantistes que sont Gorsica Libera et Corim Fronte ont d'ailleurs boudé la venue du président. Quelle est la position de vous-même et de votre mouvement Fais-moi Gorsica sur le discours d'Emmanuel Macron qu'il a tenu jeudi matin dernier à l'Assemblée de Corse
Je crois qu'il faut resituer la visite du président de la République dans le cadre de ce qui s'est passé depuis six ans. Rappelons-nous du discours de 2018, qui était un discours guerrier lors des 20 ans de la commémoration de l'assassinat du préfet Rignac, puis son arrivée à Cotsane en 2019, qui était tout aussi guerrier, jusqu'à une gestion erratique chaotique du dossier corse qui a conduit jusqu'à l'assassinat d'Ivan Cologne à Arles. Ce sont les faits objectifs de ce qui s'est passé depuis quelques années. Depuis mars 2022, il y a eu l'ouverture, même dans ce processus dramatique de discussion. certainement parce qu'ils ont compris ou commencé à comprendre que le volcan qui s'était manifesté en manifestation de jeunes et de moins jeunes dans la rue venait de loin, notamment à la fois du refus d'injustice lié à cet assassinat, mais aussi de la contestation du fait qu'il y avait quand même un déni démocratique vécu comme tel par les Corses suite aux différentes élections qui ont conduit des nationalistes aux responsabilités, et de manière réitérée, puisqu'il y a eu trois vecteurs territoriales passant de 35% à 70% des suffrages. Et trois députés sur quatre, un sénateur sur deux, un député européen. Autrement dit, d'un point de vue démocratique, on ne peut pas aller beaucoup plus loin dans une société organisée. Donc c'était tout ça qui est remonté à la surface. Et la nécessité de créer deux dialogues pour trouver une solution s'est imposée. Alors, ce discours, il est fait devant l'Assemblée de Corse. Le gouvernement
a quand même fait piétiner ce débat. Il a promis ça hier un an et demi. Il y a eu des
moments. Il y a eu des internoiements quand même. Internoiements parce qu'il y a eu le problème des prisonniers qui n'étaient pas soldés, le rapprochement. et surtout l'aménagement de peine reconnu pour un inférent des pierres-alessandres. Donc ensuite, c'est arrivé. le procédus a pu reprendre. Et puis, in fine, il y a eu ce discours du président de la République qui se fait devant l'Assemblée de Corse. Donc il y a enfin... une reconnaissance de ce qu'est cette institution, c'est-à-dire le cœur battant, il a dit lui-même, mais nous le disons d'abord, de la démocratie corse, donc une reconnaissance de la réalité des urnes, qui s'est manifestée à plusieurs reprises, dans la forme c'était important symboliquement, et puis dans le fond. Bien sûr, c'est un président de la République, nous sommes des mouvements autonomistes et nationalistes. Il dit des mots, pour l'instant des mots, certes, qui vont plus loin que n'importe quel président de la République jusqu'à ce jour. Est-ce que cela suffira pour faire un compromis politique historique ? Il est encore trop tôt pour le dire. Néanmoins, nous y avions entendu le fait qu'il était d'accord pour l'autonomie de la Corse. Nous y avons entendu le fait qu'il était d'accord pour un pouvoir normatif, donc c'est-à-dire capacité législative et réglementaire sous contrôle du Conseil d'État et du Conseil constitutionnel, et non pas du Parlement, donc un vrai transfert de pouvoir normatif, l'adaptation des lois bien sûr aussi, une reconnaissance de la langue et de la communauté historique, linguistique, culturelle que sont les Corses, même si évidemment il ne va pas sur les termes « co-officialité, peuple corse ». et statut de résident, tout en disant qu'il n'y a pas de ligne rouge. C'est ce qu'il a dit dans son discours. Ça veut dire tout simplement que dans la forme et dans le fond, il y a un mouvement de ligne, y a une part de marge de manœuvre pour créer ce compromis politique historique. Clairement, nous n'y sommes pas encore. Mais d'où nous venons ? par rapport aux années dramatiques, les quelques années récentes, mais les 60 ans de combats politiques. D'où vient cette République française, qui est aussi très hyper centralisée, qui a beaucoup de dogmes concernant la question corse et la question de la relation aux territoires et aux identités territoriales et aux histoires politiques de ces territoires, de ces pays ? Il y a un début de convergence éventuelle. Je crois simplement qu'il y avait deux solutions à l'Europe en Corse. Soit il y avait un discours 13 ans de ça, un remake du discours de 2018, ou très tiède, et la crête à laquelle on arrivait aurait fait basculer la situation politique vers un conflit, ou une relance d'un conflit, ou quelque chose qui n'allait pas être accepté. par le corps social, soit il y avait un discours qui ouvrait des portes suffisantes pour que l'on puisse s'y engouffrer à des fins de poursuivre la discussion, la négociation, pour aboutir le compromis politique historique. C'est comme ça qu'on le vit, sans être naïf, en étant vigilant, avec détermination, mais néanmoins en étant objectif quant à la trajectoire qui nous a conduit jusqu'ici. avec évidemment aussi un gouvernement et chefs de l'État qui ont certainement aussi intérêt à régler ce problème historique à des fins politiques, symboliques, historiques, à la fois pour la République et pour eux-mêmes. C'est pour ça qu'on n'a pas peur
que ce ne soit qu'un discours, parce que finalement, dans la nouvelle langue du gouvernement, donner un pouvoir normatif à Lille, finalement, tant qu'il ne dit pas le mot autonomie législative, est-ce que ça veut vraiment dire quelque chose ?
Alors, il dit autonomie pour la Corse, il dit article dans la Constitution, et il dit pouvoir normatif. Bon, le pouvoir normatif en juridique, c'est que c'est législatif et réglementaire, surtout qui parle de contrôle conseil d'État, conseil constitutionnel. Donc ça, c'est très clair. Pour l'instant, au niveau discours, c'est très clair. Je vous accorde que cela ne suffit pas à donner un contenu. On a l'impression qu'il dit oui, mais sans dire vraiment à quoi il dit oui. C'est un peu le sentiment qui reste. Ça veut dire qu'il y a eu quelque chose qui d'ailleurs a été vécu pour les plus réfractaires et conservateurs à ces questions, comme une défaite. Donc chacun aussi a pu voir un certain nombre de choses. Donc est dans un mouvement de ligne et on rentre dans une deuxième phase du processus. La deuxième phase du processus, ça veut dire qu'on n'est pas arrivé. Qu'on soit très clair, si on se réfère à des dossiers épineux historiques comme l'Irlande du Nord, même si, comparaison de vos raisons, d'où est parti le processus nord-irlandais avant d'arriver aux accords du Grand-Grodyssin en 1998, qui est un accord qui d'ailleurs n'est pas une reconnaissance d'une autonomie d'Irlande du Nord, puisque c'est bi-confessionnel, avec un gouvernement bi-confessionnel, où chacun a dû faire des pas,
les
uns vers les autres. Il y a eu un long processus avant d'en arriver là, ainsi que lorsqu'on parle de la Nouvelle-Calédonie, puisqu'on voit les différents accords entre Nouméa 88, les accords de Matignon ensuite, et puis on voit qu'en finis après les trois référendums, il y a encore un non-solde et un certain nombre de questions, même si on les avançait avec une autonomie législative claire à la Nouvelle-Calédonie, à la Kanakie depuis 30 ans, on voit bien que les choses sont dans un processus politique qui a eu des hauts et des bas aussi. Aujourd'hui, nous ne sommes pas... Néanmoins, nous constatons qu'il est mieux que ce discours ait été tenu de cette façon-là devant l'Assemblée de Corse pour qu'il y ait la poursuite d'un dialogue et d'une négociation, pour arriver à une convergence suffisamment opérante et arriver enfin à un compromis politique historique qui soit viable du point de vue de la reconnaissance de ce que sont les Corses. Bien sûr qu'il existait un peuple corse. Jamais on n'en entendra dire qu'il n'existait pas un peuple corse. Il existait depuis des temps immémoriaux que le droit constitutionnel ou juridique français ait du mal à le traduire. Il y a des gens qui
pensent que le peuple corse, c'est le peuple français, à ceci dit.
Il y a des gens pour le contredire. On pourra toujours dire que dans le texte fondamental français, il n'y a qu'un peuple, mais la réalité humaine, culturelle et historique s'impose. Donc, que Emmanuel Macron, président de la République, parle d'inscrire une communauté... je cite historique, je crois, culturelle et linguistique spécifique dans le texte fondamental, est déjà une avancée par rapport à ce qu'on sait du caractère hyper centralisé de la République française sur ces questions de peuple. Je ne sais pas si on arrivera, mais en tout cas c'est une avancée. Bien sûr, une avancée qui demain en amènera d'autres pour nous, dans le cadre d'une autonomie à conforter dans le temps. Mais néanmoins, nous prenons ça déjà comme des étapes qu'il faut consolider. Maintenant... La deuxième phase du processus vis-à-vis du contenu à y mettre et d'un accord politique réel à transcrire sur le texte fondamental, sur ce qu'on mettrait dans l'article, et sur le contenu de l'architecture de la loi organique de ce statut d'autonomie est essentiel, comme convaincre les forces politiques françaises que le
moment est venu. On ne nous parle pas d'une autonomie fiscale, qui est la seule autonomie qui permet d'avoir l'autonomie de la politique. Au contraire, on nous parle d'un renforcement du PTIC. Donc, implicitement, c'est du centralisme, c'est un transfert du pouvoir d'individualisation de crédit à l'État via son préfet, et c'est le contraire de tout ce qu'on demande et de tout ce qu'on reproche.
On parle d'autonomie, mais on ne parle pas du pouvoir législatif. Or, l'autonomie, c'est le pouvoir législatif. On nous parle d'un pouvoir qui pourrait, après avoir regardé les points de blocage, adapter les lois et peut-être pouvoir décider de certaines normes.
Emmanuel Macron a quand même demandé à ce qu'un compromis soit trouvé d'ici les six prochains mois. Alors, toujours à votre gauche, chez les indépendantistes de Corsica, Libera, de Corif Conté, on va jusqu'à dire que c'est un déni de démocratie, parce que pour eux, il y a déjà cette délibération du 5 juillet, qui a vu le texte d'ailleurs porté par la majorité de l'Hémicycle Corse, faire voter justement ce texte sur l'autonomie, qui avait remporté d'ailleurs une large majorité, à 46 voix contre 16. Comment vous réagissez à ces réserves, ces critiques, et quelle est la position de Fémo à Corsica sur la question
? Nous sommes évidemment très solidaires de la délibération, puisque nous sommes... co-rédacteur de cette délibération qui a permis de recueillir 75% des élus de l'Assemblée de Corse, Corinne Front, la majorité territoriale fait moins à Bourse, il y a un élu de droite, puisque Corse égale, c'est absolu. D'ailleurs, il n'y a pas le même positionnement entre Corsigalibre et Corifront sur la question et du processus, et de la négociation, et du contenu de la proposition, et sur la façon de discuter avec l'État, puisque Corifront était dans l'hémicycle, tant que Corsigalibre n'était pas là.
Oui, ils ont boycotté le Josépha Diakomet. Ça, c'était juste
pour dire que les choses sont un peu différentes en termes d'appréciation du côté du monde indépendantiste. Néanmoins... Nous avons toujours dit aussi que cette délibération, qui a des contenus très précis auxquels nous sommes très attachés, est un point aussi de départ qu'il n'y avait pas pour nous. Si on nous objectait des lignes rouges, pour nous, il n'y en avait pas de lignes rouges. Mais nous savions ce qui était de l'ordre de l'essentiel et des points d'équilibre à trouver. Lorsqu'on nous appelle à créer les conditions d'une convergence plus large, par principe, nous n'y sommes pas opposés, puisque nous savons qu'il faut emporter l'ensemble du corps social de la Corse pour avoir une vraie solution politique. Néanmoins, nous y mettons une ligne légitime liée au respect de la démocratie. Rechercher la convergence la plus large ne veut pas dire l'unanimisme. puisque l'unanimisme donnerait une capacité de nuisance trop forte à quelques individus, tout aussi respectables qu'ils puissent, qui ne veulent pas bouger. C
'est d'ailleurs la crainte qui s'exprime, c'est que par compromis, on entend s'entendre, compromis avec notamment la droite corse, et donc une autonomie qui va vers le moins-disant.
Encore une fois, nous connaissons, puisque nous sommes un petit pays, ce que sont de l'ordre des débats dans la classe politique corse. liées à la dynamique de ce qui est en train de se passer. Donc effectivement, ce que nous disons, nous l'avons dit à l'État, nous le redirons. Dialoguer contre une convergence qui a du sens et des points d'équilibre qui respectent l'essentiel, et l'essentiel c'est respecter la minorité, mais c'est aussi respecter la majorité issue des urnes, c'est une chose. Donner un pouvoir de nuisance à un ou deux ou trois élus, minoritaire, au nom de l'unanimisme, au point de faire capoter le processus, c'est non, puisque ça serait un danger pour le processus, pour la Corse et pour l'État lui-même. Donc ça n'aurait pas de sens. Donc on est dans cette logique-là, qui appelle aussi à la logique de bon sens, puisque quand on appelle à la logique de bon sens, nous appelons au respect des urnes, nous respecter la minorité ou les minorités, nous appelons aussi... aux minoritaires d'être démocrate et de respecter la majorité. Sinon, ça veut dire qu'ils veulent donner le message que la démocratie ne sert à rien. et donner un message qui serait dévastateur vis-à-vis de la jeunesse corse en particulier. La démocratie a quand même eu du mal à s'exprimer, parce
que depuis 2015, la majorité autonomiste, indépendantiste est au pouvoir sur l'île. Et pourtant, il a fallu attendre 2022 pour que Darmanin consente à dire « Ok, on va discuter, seulement discuter
». Effectivement, ça a été le produit d'un rapport de force démocratique, puisque même s'il y a eu des violences dans les rues, Le poids de ce qui s'est passé au lendemain de mars 2022 est plus de l'ordre du nombre des personnes qui étaient dans les manifestations. Parce que s'il y avait des violences avec 400 personnes, ce n'était pas de même registre que les dizaines de milliers de personnes qui ont défilé de tous âges. Et donc l'indignation était très largement partagée dans les couches de la société corse et dans l'ensemble des partis politiques nationalistes d'ailleurs. Et au-delà, donc ça veut dire que c'est cette réaction-là, populaire et démocratique, qui a été essentielle au lendemain de l'assassinat d'Ivan Cologne, et les rapports de force démocratiques n'ont pas failli depuis, puisque je fais partie d'un groupe parlementaire qui n'a pas hésité à porter une motion de censure sur les retraites, alors qu'on disait qu'au nom de la discussion sur la Corse, il fallait ne pas porter la motion de censure, c'est ce qu'on disait en nous approchant. On disait, mais il n'y a ni contrat politique sur la Corse en ce moment, et de toute façon, notre vision de la société corse ne peut pas faire l'économie de notre vision du projet de retraite qui n'est pas le vôtre. Bon, donc ça veut dire qu'aujourd'hui, le rapport de force nous avons utilisé, y compris au Parlement, clairement, y compris en tant que député nationaliste de Corse. Donc, cheminer pour trouver un point d'équilibre qui a du sens, oui, être otage. De quelques-uns, non. D'autant plus que le discours qui vise à dire que le Sénat est monocolore, il suivrait que quelques-uns encore, ce n'est pas le reste, nous paraît un discours surfait. Non pas qu'il n'y a pas de déblocage idéologique au Sénat, ils y sont. Vous
ne pensez pas quand même que la réforme constitutionnelle, en passant par le chemin de la réforme constitutionnelle, il y a... Ça ne va pas être compliqué quand même de faire voter ça ? Il n'y a pas le risque qu'il y ait quand même beaucoup de députés et sénateurs qui vont être contre l'autonomie, contre ce qu'on appelle le détricotage de la République française. Un concept un peu stupide, mais employé par ceux qui s'opposent à l'autonomie de la Corse.
C'est un vrai débat. C'est un vrai débat qui sera de toute façon difficile à l'échelle de la société française et des forces politiques françaises et de la représentation des élus. Mais nous ne sommes prêts à le mener puisque depuis que nous sommes élus à Paris en tant que députés, Alors si au départ on nous prenait pour des ovnis, lorsqu'on était là en 2017, depuis du chemin a été fait. Si nous avons réussi à faire un groupe avec d'autres députés qui ne sont pas forcément tous insulaires, mais qui dans le contrat politique respectent l'autonomie de la Corse, c'est qu'on a pu faire tomber des murs et des barrières sur ce qu'on entendait par l'autonomie de la Corse d'un autre côté de la vision. Si des groupes parlementaires constitués sont venus, y compris de leur programme politique, sur le fait qu'il fallait trouver une solution politique. à la question corse, alors qu'ils étaient plutôt une portée centralisée ou jacobine dans leur vision des choses de la France, c'est qu'il y a eu des évolutions par le débat qu'on a eu de notre présence ici. Et je peux vous garantir que ça transpire dans beaucoup de groupes, cette évolution de dire que maintenant il faut trouver une solution. Nous ne sommes plus, il y a 20 ans, où lors du processus Matignon avorté sous Lionel Jospin, et d'ailleurs la Corse a quelque part joué un rôle pour faire perdre Lionel Jospin, puisque Jean-Pierre Chevènement s'est présenté, ou a quitté le gouvernement de l'époque en se présentant en présidentielle, y compris à cause du dossier Corse, lui le voyant comme Jacobin, les controverses dans la presse, dans le monde, dans Libération ailleurs, sur Jacobin-Gérondin, ou pro-autonomie, ou pro-sociation politique, ou pro-rigueur vis-à-vis de la Corse. étaient beaucoup plus vifs qu'aujourd'hui. Ils y sont encore aujourd'hui. Il y avait la
gauche Jospin et la gauche Evènement qui s'affrontaient. Exactement. Alors aujourd
'hui, ils sont vifs aussi. Mais de mon point de vue, de ce que je vois évoluer au Parlement, à l'Assemblée nationale du moins, les choses ont largement évolué. Par exemple, au
niveau de la NUPS, donc de la gauche nationale, est-ce que vous pensez qu'il pourrait y avoir un consensus sur la question de l'autonomie
Moi, je constate, pour avoir eu des discussions avec des groupes politiques, d'abord les écologistes, parce que nous avons un partenariat qui existe depuis 30 ans. des écologistes, puisque Max Siméon, il y a un des pères fondateurs du Nationalisme Corse, a été député européen en 1989 avec Wechter. Donc il y a eu déjà, du point de vue de l'écologie politique, de la présence du droit des peuples et de l'autonomie de la Corse. Je constate aussi qu'en discutant avec Jean-Luc Mélenchon, il y a eu un accord, puisqu'il a parlé à plusieurs reprises, en Guyane et ailleurs, du respect de l'autonomie de la Corse, et d'ailleurs dans le programme de l'EFI, mais aussi de la NUPES. On
est revenu aussi, parce que son discours n'a
pas toujours été celui-ci. Exactement. On parle de l'article 74 pour la Corse. Donc il y a eu des avancées. Dans d'autres courants socialistes, mais même je veux parler du Modem ou ailleurs, nous avons eu des points de convergence sur ces questions-là avec différentes élus. Donc je crois que le chemin est possible. Mais le chemin n'est possible que s'il y a un chemin entre une majorité suffisamment large en Corse, non une humanité, et chef de l'État, le gouvernement. C'est-à-dire un accord politique précis qui s'adresse aux autres forces politiques et dans lequel il s'agit de dire que rétablir un équilibre entre la République et la Corse et rétablir la Corse dans ses droits d'autonomie politique issus des urnes et tourner une page de 60 ans de conflit politique pour entrer dans une autre nécessite aujourd'hui une convergence suffisamment forte et un effort de que chacun sorte de sa zone de confort pour que la paix... la justice et la démocratie basées sur ce projet politique puissent émerger en Corse demain. Et ça va se poser en responsabilité à toutes les forces politiques françaises aussi. Cette autonomie
doit être le moyen pour construire ensemble l'avenir sans désengagement de l'État. Ce ne sera pas une autonomie contre l'État, ni une autonomie sans l'État, mais une autonomie pour la Corse et dans la République.
voudrais aussi vous faire réagir sur ce propos, un autre propos encore, d'Emmanuel Macron jeudi matin où il a parlé d'autonomie, oui, mais qui ne serait ni contre l'État ni sans l'État. Alors qu'il suffit de voir l'exemple Sardes, par exemple, pour savoir qu'une autonomie, ça se fait rarement sans l'État. Donc, qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire et comment vous interprétez cette phrase
En même temps que vous posez la question, vous y répondez. Je crois que, moi je l'interprète comme ça du moins, ce n'est que mon interprétation, elle vaut ce qu'elle vaut. Je crois qu'Emmanuel Macron, vous lui rassurez, pas nous. Parce que ceux qui
savont
ce qu'est une autonomie politique au sein d'un État, puisque l'autonomie, il suffit de regarder la dictionnaire, c'est la capacité d'un territoire à s'auto-gouverner, à édicter des règles de portée déjective et réglementaire au sein d'un même État pour un territoire. Donc, vous l'avez dit, c'est sans l'État ni contre l'État. Ça veut dire sans l'État, c'est pas sans l'État, c'est quand même des dotations d'État. En Polynésie française, si je prends cet exemple-là. même si c'est le giron de l'article 74, il y a une autonomie fiscale, mais il y a aussi une dotation globale d'autonomie pour faire l'équilibre en dotation d'État. Sinon, ça serait une dépendance et la Polynésie lèverait des fonds sur les marchés pour assurer son financement. Dans d'autres endroits, dans l'Europe, c'est identique. Donc, sans l'État, c'est-à-dire qu'il y aura... C'est pour ça que j'ai parlé de l'exemple Sardes, parce que Sarding,
par exemple, est une autonomie qui fonctionne comme ça.
Et contre l'État, ça renvoie même à la définition de l'autonomie. Une autonomie, c'est forcément au sein de la République. Sinon, ça serait l'indépendance. Et dire aujourd'hui qu'il n'y a pas d'autonomie en droit constitutionnel français est faux, puisque la Nouvelle-Calédonie a un statut d'autonomie législative, nonobstant la question de référendum, je parle, son statut qu'il a fait voyager depuis 30 ans, est un statut d'autonomie législative au sein de la République, de porter législative contre le Conseil constitutionnel. La Polynésie sous le régime de l'article 74 a une autonomie, mais c'est vrai que ces lois de pays sont de portée quasi législative et réglementaire sous le contrôle du Conseil d'État, mais néanmoins c'était un degré d'autonomisation dans le droit français. Donc l'autonomie, même si ça a été difficile pour la République de les admettre, pour ces territoires, l'Océan République existe aujourd'hui en droit français. Donc je crois qu'il a voulu simplement, de mon point de vue, rassurer ceux qui... à l'extérieur peut-être qui écoutaient ce discours, ou même au sein de l'hémicycle de l'Assemblée de Corse, pensaient qu'il allait y avoir un État qui allait disparaître de la scène du développement de la Corse, ou que ça allait être évidemment la prime à un rapport de force systématique contre l'État. Pas forcément vis-à-vis de nous, je crois.
Il a dit sans l'État, mais il a aussi dit ni contre l'État. Est-ce que ça, par exemple, ça ne pourrait pas viser justement des vérités indépendantistes qui pourraient venir, qui l'anticipent ? Une fois l'autonomie acquise.
Je crois que c'est un message qui vise à dire que si on doit acheminer, acheminer c'est en termes avec l'État et en partenariat. C'est un discours de l'État qui dit ne vous imaginez pas qu'on acceptera que vous le fassiez contre nous en même temps. Aujourd'hui, on met autour de la table des intérêts opposés au départ. Ils ont toujours dit, et c'est vrai, ce n'est pas nous qui demandons l'autonomie, c'est vous. C'est le discours de Gérald Darmanin, oui, c'est vrai. C'est la Corse qui demande l'autonomie, oui, effectivement. Donc, vous vous y confortez, vous y convenez fait d'une évolution de ces quelques années et d'une réalité qui s'impose. Donc on est en discussion, des fois on a des points divergents. Vous ne voulez pas admettre qu'on le fasse contre vous, on n'est pas là pour faire contre vous, c'est un peu ça le discours. On pose les bases. Pour moi, à ce stade, ce n'est pas quelque chose qui soit préjudiciable ou qui altérerait la suite du processus. Je pense que les dangers, les choses trappent ou les défis viennent d'ailleurs.
Pour finir un petit peu cet entretien, la question de l'autonomie de la Corse pose une question beaucoup plus large, beaucoup plus philosophique, qui est celle de l'autonomie des régions en général, et donc peut-être effectivement de... mettre fin, on peut oser le mot, à la république jacobine centralisée où Paris déciderait de tout pour tout le monde à chaque instant. Il y a quand même justement cette gauche jacobine souverainiste qui vient parler, je ne parle pas des patriotes d'extrême droite, je les mets vraiment de côté parce qu'ils vont sans doute être contre, mais il y a un souverainisme de gauche qui s'oppose à cette autonomisation de la Corse et de l'autonomie en général qui parle d'ouvrir la boîte de Pandore. Est-ce que vous leur répondez à cela
crois que c'est une crainte, une peur. quelquefois irrationnelle et bien française, liée à la constitution de la République française. La République française n'est plus une et indivisible depuis 1946. Elle est indivisible, mais le mot une a été enlevé de la Constitution depuis ces réformes-là constitutionnelles de l'époque, et pourtant on dit toujours en sémantique la République est une et indivisible. Vous voyez bien que la culture perdure de l'uniformité de la République. Or l'uniformité, l'égalitarisme de la loi, c'est bien ce qui pose problème vis-à-vis d'un cas comme la Corse. et qui peut poser problème dans d'autres territoires. L'égalité en droit, ce n'est pas l'égalitarisme de la loi. Or, l'égalitarisme de la loi peut créer des inégalités en droit sur le terrain. Chez nous, c'était le cas. Quand on ne prend pas en compte une singularité d'îles montagnes géographiques avec des surpouliers au transport sur un certain nombre de domaines, que ce soit la question du carburant, où il y a une organisation de distribution oligopole ou monopole avec des surcoûts de 10 à 15 centimes plus hauts que sur le continent qui mériteraient des règles de régulation propres et non pas un accord avec Total, par exemple, qui tue les petits, qui donne au gros une monopole en sortie, etc. Je ne vais pas entrer dans les détails. En gros, une règle générale qui, en fait, sur le terrain, va l'opposer de ce qu'il faudrait faire. Ou par exemple, sur la spéculation foncière immobilière, on ne permet pas une taxation des transactions immobilières parce que c'est ce qui se passe en Corse avec aujourd'hui des prix qui vont deux fois plus vite que sur le continent. Alors la spéculation existe en Bretagne, elle existe au Pays Basque, sauf que chez nous elle a une dimension hors normes. Si on n'a pas des outils fiscaux propres et dictés par l'Assemblée de Corse, des droits de préemption renforcés, un statut de résident, on ne régulera pas le phénomène. Donc l'égalitarisme de la loi peut aller à l'encontre des règles. Ce qu'on constate pour la Corse dans une situation très singulière, et effectivement, je ne vais pas pouvoir dire à la place des autres qu'il faudrait une autonomie à la Corse ailleurs. Ce que je sais, c'est que l'autonomie à la Corse justifie pour changer la vie des Corses aujourd'hui, et on peut le démontrer. Dans la situation d'île de Méditerranée, montagne, et avec son histoire et son besoin de reconnaissance légitime de sa langue et son identité. Mais c'est vrai que la question de dire, est-ce qu'il est normal qu'en tout temps, en tout lieu, dans tout endroit, la règle peut être la même ? Est-ce que le sujet de l'égalité en droit ne mériterait pas que l'on se dise que le principe de subsidiarité, l'adaptation des règles ? peut-être pas de la même façon que la Corse, économique,
sociale et
fiscale, pour justement arriver à l'égalité en droit, entreprise, justice sociale et autres, mériterait que la méthode soit différente et qu'on sorte de ce centralisme technocratique. Ça, c'est une vraie question qui, à travers le prisme Corse, se posera aux autres territoires. Mais ça ne veut pas dire détricoter ou appeler à la contagion pour détricoter la République. Je crois que c'est simplement un débat qui est propre à cette République. et à son évolution éventuelle. C'est lui donner un
nouveau souffle, finalement.
Rappelez-vous quand même que lorsqu'il y a eu une manifestation des Gilets jaunes, on disait que c'était une révolte des corps intermédiaires de la France d'en bas. des territoires, des corps intermédiaires qui n'étaient pas écoutés par ceux qui avaient décidé de la fiscalité. C'était les gens des rurales qui se révoltaient.
Finalement, ça posait un peu cette question-là, du centralisme parisien.
Y compris la question du Covid avec la question de la crise sanitaire, lorsqu'il fallait réagir pour les masques, rappelez-vous, on disait que les collectivités agissaient plus vite que l'État. Il y a eu un tas de sujets ces quelques années précédentes qui ont démontré qu'il y avait une volonté. y compris pour ceux qui seraient pour l'autonomie de la Corse aujourd'hui d'ailleurs. C'est-à-dire qu'il fallait aller vers plus de décentralisation pour une agilité décisionnelle au service des populations. Donc moi je le constate à ce stade. Je constate évidemment que comparaison ne vaut raison. Il ne s'agit pas de dire, puisqu'on dit un statut d'autonomie relatif pour la Corse, il faut transcrire partout la même chose. Mais évidemment que derrière ce sujet-là, et je dirais ce... Cette aiguille dans le pied que la Corse, dans le sujet de la République centralisée, pose des débats par ailleurs qui se poseront certainement différemment. Je crois qu'il faut simplement les rendre sereins et rationalisés. Pour l'instant, évidemment, il serait bon, pour des raisons historiques, politiques, symboliques, pour la paix dans cette île et pour donner une avenir en Méditerranée à cette île, qu'enfin on reconnaisse ce qu'est la Corse. Un peuple, une communauté, de culture, de destin, qui a sa part à être reconnue pour réussir une autonomie politique comme l'est la Sardaigne à 11 km, comme le sont les Baleares, comme sur la Sicile. Ça pose aussi le contexte d'une méditerranéité du discours. Nous sommes pour une structuration de la Méditerranée politique. Il y a la question des migrants, il y a la question des pollutions plastiques, il y a la question du changement climatique, qui demande une structuration de la Méditerranée.
Une réponse locale, des gens qui connaissent un petit peu ce qui se passe sur place. Exactement,
locale, autonome, en partenariat, et que même l'Europe et l'État français aient un discours un peu plus méditerranéen sur ces questions, ce qui n'est pas le cas. Aussi
sur la question du tourisme de masque.
Exactement, la surfréquentation touristique, ça c'est une question qu'on a en commun, on partage, y compris avec nos territoires partenaires à côté, qui ont l'autonomie politique. Donc tout ça a du sens. pour l'avenir, pas que de la Corse, de la Méditerranée, et des populations qui entourent ce marénostrum que nous avons en partage. Donc, c'est-à-dire que notre vision, elle s'inscrit même dans un projet plus large de la Méditerranée et de l'Europe, mais qui ne me paraît pas incompatible à ce que pourrait véhiculer la République française si elle se réveillait.
C'est parfait pour un mot de la fin, ça. Merci beaucoup. Je vous en prie. à vous d'avoir suivi cet entretien. C'est parce que Le Média est indépendant et uniquement financé par ses citoyens que nous pouvons faire parler librement des idées politiques différentes. Si vous voulez que Le Média reste un espace d'expression pour ceux qui voient et pensent le monde autrement que les toutologues de plateau télé, il ne tient qu'à vous de soutenir la campagne de financement participatif sur Kiss Kiss Bank Bank. Le Média n'appartient à aucun actionnaire ni à aucun parti politique. Le média ne peut compter que sur vous. Merci encore de nous avoir suivis et à très vite.
Transcription automatique — vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.