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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Le président de la République n'est pas à Paris mais à Bruxelles. Mais ce soir, son entourage fait savoir que la première ministre, Elisabeth Borne, est maintenue à son poste. On a beaucoup glosé ces derniers jours sur un remaniement d'ampleur qui aurait eu pour conséquence de débarquer la première ministre. Elle qui, dans la journée, on l'a appris, un nouveau directeur de cabinet en remplacement d'Aurélien Rousseau. La question maintenant est de savoir si un remaniement pourrait avoir lieu malgré tout. Charge à la première ministre de composer une nouvelle équipe avec des ajustements. Des ministres sont dans le viseur ces derniers temps, pas assez politique. Des erreurs aussi de casting. Une Marlène Schiappa et sa mission, on le sait, qui a tourné court et très critiquée par le Sénat. On apprend aussi ce soir qu'Emmanuel Macron, qui n'a pas donné d'interview, on le sait, pour le 14 juillet, traditionnel, on s'y attendait, il a donné ce cap des 100 jours, s'exprimera d'ici la fin de semaine. Mais à cette heure, ce soir, on ne sait pas encore ni la forme, ni la date de cette expression du chef de l'État.
Et il faut dire, Damien, qu'il part la semaine prochaine, en Nouvelle-Calédonie notamment. doit s'exprimer avant de partir, après ce communiqué.
Oui, un long voyage loin de l'Hexagone, avec un départ qui a été un peu décalé justement dans le temps, nous a annoncé l'entourage du président de la République, un départ dimanche pour le président de la République, ce qui veut dire qu'à son retour de Bruxelles, en milieu d'après-midi demain, il va pouvoir discuter, voir sa première ministre. confirmer, maintenu, conforté, entre guillemets, et évalué avec elle les besoins pour cette relance, en quelque sorte, parce que c'est ça l'objectif. On dit ajustement, remaniement technique, à minima, c'est certain qu'il n'y a pas un geste politique, mais il y a par contre des besoins pointés, on le dit depuis plusieurs mois maintenant, avec certains membres du gouvernement qui sont des points faibles.
Alors Isabelle Lasserre, votre premier commentaire sur cette information TF1-LCI, Elisabeth Borne. Reste à Matignon, ça devait être le sujet de votre carte blanche d'ailleurs.
Oui, comme quoi, j'ai été bien inspirée. Bravo ! Quelle préscience ! Il était temps quand même, parce que ça fait des semaines que tous les ministres et tous les services politiques regardaient si une fumée blanche n'allait pas s'échapper de l'Elysée. Il y avait deux solutions, soit un remaniement d'ampleur, mais certains membres de la majorité disaient quand même depuis plusieurs jours, changez Borgne. Ça ne changera absolument rien, soit un remaniement technique. On va voir si ce sera le cas ou si ce sera encore une sous-version. Le problème, c'est que depuis des semaines, ça posait quand même certains problèmes. Un problème de paralysie politique du pouvoir. C'est vrai, on est quand même dans un pays qui a 3 000 milliards de dettes, avec une éducation qui ne tient plus ses promesses, des émeutes régulièrement, un système social en voie d'effondrement. Et là, on a des ministres qui se demandaient tous les jours, est-ce qu'on va rester ? Est-ce qu'on va partir ? Est-ce que je peux aller là ? On a quand même un ministre qui est un ministre régalien, Sébastien Lecornu, au ministère des Armées, qui l'orniait quand même sur le poste de Premier ministre. On a envie de dire, l'époque est quand même... C'est pas le seul. Non, ce n'est pas le seul, mais lui, c'est un ministre régalien à un moment où on a une guerre en Europe et où les questions de défense sont quand même au centre de l'actualité. Et puis ça faisait aussi quand même relativement mauvais genre à l'étranger. C'est-à-dire qu'on se demandait, vous vous souvenez, à chaque fois que l'Allemagne met des mois et des mois pour former sa coalition, et c'était le cas d'Angela Merkel, l'Allemagne réussissait pendant quelques semaines ou quelques mois à être un petit peu... rébilisé sur la scène internationale. C'est la même chose pour la France. Si l'obsession, c'est un gouvernement ministériel, on se demande un petit peu est-ce que la France tient vraiment le bon gouvernail. Ça fait quand même aussi ricaner tous les autocrates, puisque tout le monde sait que ce qui se joue en Ukraine aussi, c'est un combat entre les dictatures, les autocraties d'un côté, et puis les démocraties européennes de l'autre côté. Il est évident que Vladimir Poutine ou Erdogan, eux, n'ont pas ce problème puisqu'ils ont le temps long pour eux. Mais bon, ouf,
il était temps. Alors, sans spéculation inutile, on va se tourner un petit peu vers l'avenir. Vous le disiez Marie tout à l'heure, Aurélien Rousseau est parti aujourd'hui. Il était le très important directeur de cabinet d'Elisabeth Borne depuis un an. Il est remplacé par un homme qui a un profil extrêmement intéressant parce que c'est un spécialiste du travail.
Oui, haut fonctionnaire, j'en ai Combrexel en effet, spécialiste du droit du travail, qui occupait ce poste au cabinet d'Éric Dupont-Moretti. à ce communiqué publié à la mi-journée, on s'est dit qu'il paraissait assez improbable qu'Elisabeth Borne soit démise de ses fonctions. On spéculait aussi, parce qu'on a aussi appris à la mi-journée, qu'un dîner a lieu demain soir autour du président de la République à l'Elysée avec tous les ministres, secrétaires d'État et leurs conjoints. C'est une tradition, ça n'a rien de nouveau, mais on se disait, cela paraît quand même assez étrange, que le chef de l'État réunisse ses ministres pour, avant cela, leur annoncer qu'un remaniement est dans les tuyaux. Eh bien si, Emmanuel Macron l'aura fait, parce que ce qu'il faut avoir en tête là ce soir, c'est que... Elisabeth Born est confirmée à Matignon, mais très vraisemblablement charge à elle d'opérer des ajustements dans son gouvernement. Ce qui veut dire que la photo de famille va être changée dans les prochains jours. Il va y avoir des ajustements. Mais elle sauve sa place, très clairement. Et puis par ailleurs, politiquement, certains nous disaient... que changer de Premier ministre à l'aune notamment d'un budget à l'Assemblée nationale qui va une nouvelle fois être très compliqué à faire passer avec très probablement une motion de censure qui sera en débat à l'Assemblée et donc un gouvernement potentiellement qui pourrait tomber, ça aurait été, pardonnez-moi l'expression, cramer un Premier ministre. un peu trop vite et peut-être inutilement.
Alors, est-ce que tous les ministres seront demain sur la photo dont parle Marie ? Parce qu'on imagine malgré tout qu'Elisabeth Borne, si elle doit faire des réajustements, va les faire assez vite, non ?
Oui, alors on conseille effectivement à tous les ministres d'être présents, bien à l'heure, à ce rendez-vous à l'Elysée. Mais effectivement, pour certains, peut-être que les prochaines heures vont être très longues. Parce que, effectivement, si le président de la République s'exprime d'ici... Si son départ en Océanie, c'est pour donner cette nouvelle impulsion, ce nouveau cap. préparer la rentrée, comme nous dit-on dans l'entourage du président. Et donc, il y aura forcément des sortants. Peu, sans doute, l'idée n'est pas de colorer politiquement ce mouvement, c'est plutôt d'évaluer les points faibles, là où peut-être que la parole politique n'a pas été suffisamment forte face à des oppositions très brillantes, notamment à l'Assemblée nationale, s'exprimer toutes les... semaines dans le cadre de l'issime 6 ce n'est pas simple et certains ont peut-être moins réussi que d'autres visiblement
Alors, on l'a en tout cas appris il y a quelques minutes, si vous nous rejoignez. Elisabeth Borne est confirmée dans son poste de première ministre, alors qu'Emmanuel Macron est à Bruxelles, où on va retrouver l'un de nos envoyés spéciaux, Léonard Attal. Il est le président de la République dans le bâtiment qui est derrière vous en ce moment, et vous l'avez appris il y a quelques minutes, c'est peut-être pas long. endroit le plus classique pour faire savoir ce genre de décisions, mais c'est comme ça en tout cas.
c'est comme ça l'entourage du président de la République et donc sûrement le président de la République a souhaité communiquer ce soir alors qu'Emmanuel Macron se trouve au Conseil européen pour un sommet avec les pays d'Amérique latine et carabéen. La première information évidemment qu'on retient, c'est le fait que le président de la République confirme à Matignon Elisabeth Borne. Elle reste la première ministre de ce gouvernement et pour l'entourage du président de la République, malgré les émeutes, Emmanuel Macron estime que l'objectif des 100 jours a été tenu et que le calme est... Tout cela après plusieurs journées et nuits d'émeutes il y a quelques semaines. Et le président aura l'occasion en fin de semaine, nous dit l'Elysée, de revenir sur ces quelques semaines tumultueuses et pour faire le bilan de ces 100 jours. Probablement qu'il en dira aussi davantage sur ces ajustements qu'il souhaite et la figure qu'aura le prochain gouvernement, le gouvernement numéro 3 d'Elisabeth Borne. En attendant, Emmanuel Macron va rester ici à Bruxelles jusqu'à... Demain après-midi pour rejoindre l'Elysée et pour ce fameux dîner avec les ministres. Une dernière fois au complet pour ce gouvernement d'Elisabeth Borne, le deuxième de l'Air Borne.
Merci Léonard, merci à Alexis Tessier qui est derrière la caméra. Une image en direct de l'hôtel de Matignon. Pour l'instant, Elisabeth Borne ne s'est pas exprimée. Vous voyez bien sûr les gendarmes qui sont en faction devant. Si elle sort sur le perron, bien entendu, on écoutera la réaction d'Elisabeth Borne, si tant est qu'il y en ait une dans les minutes qui viennent. Non. Pas sûr, non, je ne pense pas qu'elle lui s'exprime ce
soir, mais elle fera savoir vraisemblablement par communiqué que charge à elle, lui est donnée par le chef de l'État, d'opérer ses ajustements. Mais très clairement ce soir, je pense qu'on ne part pas vers un remaniement et un changement d'équipe d'ampleur, mais plus des personnalités qui ont posé question. Dans le viseur, évidemment, on pense à Marlène Schiappa et son fond, Marianne, qui ont tant fait débat à une commission. au Sénat qui a tant décrié la manière dont cela avait été géré. Dans le viseur aussi, mais c'est attempéré, Pape Ndiaye, le ministre de l'Éducation nationale, mais qui récemment, après ses prises de position sur notamment la chaîne de télévision CNews, a été... soutenu par le chef de l'État lui-même. Donc cela aussi pose question. Très clairement, encore une fois, il faut rester extrêmement prudent parce que sur ce même plateau, à la mi-journée, on parlait d'une annonce un peu plus tardive dans la semaine. Ça ne devrait pas être un remaniement d'ampleur. En tout cas, pas pour le moment.
Vous êtes tous remarquablement informés, donc on peut faire confiance à ce que vous nous dites. A priori, plutôt un... Petit remaniement technique.
En fait, l'objectif, il n'est pas visiblement d'aller chercher des voies supplémentaires à l'Assemblée nationale où Elisabeth Borne, le président de la République, dispose d'une majorité relative. très relative et très fragile. On a compris qu'aller chercher des personnalités, notamment dans la famille politique des Républicains, était une tâche trop compliquée à ce stade. Parce que Eric Ciotti, le nouveau patron des Républicains, est engagé dans un couloir qui doit mener sa famille politique vers 2027. Et donc très peu, finalement, de personnalités fortes de ce parti se sont dit prêtes à rejoindre une coalition gouvernementale. La confirmation d'Elisabeth Borne vient fermer ce chapitre. Il n'y aura pas de coalition comme on peut le voir dans d'autres pays, notamment en Allemagne. Donc, eh bien, on va faire du... Cabotage parlementaire, c'est l'expression qui est utilisée. Chaque texte va devoir demander un peu plus parfois de travail pour avoir des majorités. Et c'est ça finalement qu'Elisabeth Borne va tenter d'arrondir en quelque sorte parce que certains ministres s'y prennent mieux que d'autres dans des discussions avec des formations politiques, avec des groupes parlementaires. Certains ministres s'expriment mieux que d'autres pour porter des politiques. gouvernementales. Pas de changement de cap politique, pas de coloration politique à attendre forcément. Il n'y aura pas une prise de guerre chez les Républicains par
exemple
? Sans doute
pas. Alors, qui peut remplacer les futurs partants ? Encore une fois, on ne va pas spéculer autre mesure ou clouer un cercueil ministériel avant que la décision ait été prise. Mais quels sont les candidats sérieux en lice pour remplacer, admettons, Marlène Schiappa par exemple ?
Sur ce que disait Damien et ce que décrivait très justement Damien, c'est qu'on décrit aujourd'hui dans la majorité le fait que faire venir aujourd'hui des ministres les Républicains marqués à droite, donc, ferait... Possiblement gagner des députés, les Républicains, à l'Assemblée, mais en ferait perdre d'autres dans le camp présidentiel. Donc c'est une balance perdante-perdante. Pour remplacer aujourd'hui, poste pour poste, des personnalités, encore une fois, tout ça est à mettre au conditionnel et rien n'est assuré. Des personnalités comme Marlène Schiappa, on se rend compte au fil des heures, au fil des jours et même des semaines, qu'il y a un problème de RH. Très peu de monde aujourd'hui souhaite entrer au gouvernement. Ça ne fait plus rêver comme il y a peut-être plusieurs années, parce que se rendant compte aussi de la recharge, de ce que cela implique. On a appris notamment au détour d'indiscrets de confrères qu'un certain Édouard Philippe avait été vu par le chef de l'État, peut-être pour reprendre le poste de la rue de Grenelle à l'éducation nationale et qu'il avait décliné l'affaire, sans doute pour des ambitions plus personnelles dans les années à venir. Mais là, encore une fois, il est très... compliqué de vous donner des noms certains pour une éventuelle nouvelle équipe gouvernementale et des ajustements qui interviendront dans les prochains jours.
Est-ce que des poids lourds pourraient changer ? Deux postes n'ont pas quitté le gouvernement, mais il y a eu des spéculations autour de cette question. Est-ce qu'un Bruno Le Maire, par exemple, qui est depuis six ans à Bercy, pourrait avoir un autre portefeuille d'importance, on l'imagine, ou ça n'est pas la configuration qui est envisagée, d'après ce que vous savez ?
Alors, c'est vrai qu'à priori, les ministres sont très prudents quand ils s'expriment sur des intentions, notamment ceux qui ont des postes à responsabilité. Vous parlez de Bruno Le Maire, Éric Dupond-Moretti. Par exemple, changer pour quel ? types de responsabilités. Ensuite, il faudrait des super ministères, puisqu'ils sont déjà sur des responsabilités très en vue, donc des super ministères élargis. Et ça pourrait être une option dans le cadre d'une équipe gouvernementale resserrée, avec des profils sans doute plus politiques. Dans ce cas, moins de monde sur la photo pour plus d'efficacité, dans la mesure où il faut délivrer et proposer aux Français une politique qui marche vite. et rapidement. Donc Bruno Le Maire, c'est vrai qu'il dit beaucoup qu'il se plaît à Bercy, c'est un peu le super patron, il a des ministres délégués, et il est très en vue. Le président de la République lui donne aussi une certaine autonomie, et la première ministre semble aussi le laisser tranquille. On verra si un poste encore plus élargi pourrait lui faire quitter Bercy.
Je reviens sur Elisabeth Borne qui reste à Matignon, Isabelle Lasserre. Il y a malgré tout un sens de la continuité. Il y a eu deux premiers ministres sur le premier quinquennat. certains vendaient la peau d'Elisabeth Borne avant qu'elle ne soit tuée, elle va rester, il y a aussi un sens du maintien d'une incarnation importante à la tête du gouvernement.
Oui, la continuité c'est important, mais c'est ce qui a souvent manqué, parce que par exemple dans le précédent gouvernement, vous vous souvenez de ce passage de Jean-Yves Le Drian qui était à la défense aux affaires étrangères, Ensuite, on a vu Clément Beaune était aux affaires européennes, il s'en sortait très très bien, et puis il est passé au transport. Et c'est vrai que, en tout cas sur les grands dossiers régaliens, moi je trouve qu'on est dans une époque où la continuité devrait être plus systématique. Et je pense que changer régulièrement de ministre des Affaires étrangères... de ministres de l'économie, mais en l'occurrence, ce n'est pas tellement le cas, ou de ministres de la Défense ou de ministres de secrétaires d'État aux affaires européennes, ça nuit à l'efficacité diplomatique de la France et ça nie... à sa capacité de se projeter à l'étranger. Donc cette continuité, oui, elle est très importante. Et si, oui, dans un poste comme la Défense, si on change le ministre tous les 3 ans ou tous les 4 ans, vous comprenez, il faut tout recommencer sur des dossiers comme ça. Il y a une somme absolument incroyable de choses à apprendre. Il faut gagner la confiance des armées, il faut connaître ses homologues à l'étranger. Donc effectivement, elle me paraît primordiale dans ces temps très compliqués.
Une donnée qui a parfaitement en tête, je pense, le chef de l'État, ce que vous décrivez maintenant, ce que l'on décrit aussi dans ce gouvernement, mais qui est peut-être aussi le propre de tous les gouvernements précédents aussi, c'est qu'il y a une dizaine de ministres de poids dont nous et Opinion Publique reconnaissons le visage et se rappelons du prénom et la fonction. En revanche, c'est 42... Combien dans
le grand public ? Combien dans le grand public ? C'est sans doute peut-être un peu
moins. En revanche, le gouvernement Elisabeth Borne II, ce sont, si je ne me trompe pas, plus de 42 ministres et secrétaires d'État. La promesse était de faire un gouvernement resserré. Sur ce plan-là, la promesse n'a pas été tenue. Donc est-ce qu'en effet, et certains ministres, ça je le sais de source directe, notamment ministres délégués, ont fait savoir à qui de droit la première ministre et le président de la République, qui a un poste d'un ministère plein, leur plairait aussi. Il y a des gens qui sont tout à fait enclins à continuer l'aventure. D'autres, en revanche aussi, se préparent à des aventures plus individuelles, en pensant parfois aux sénateurs. à venir, en pensant aussi à des aventures présidentielles. Donc tout ça est aussi en train de se recomposer. Mais sur les poids lourds que vous décrivez en effet, je pense que -être quelques changements à la marge, mais très clairement très minces.
quel serait l'avantage pour Elisabeth Borne d'offrir aussi un nouveau portefeuille élargi à des ministres déjà de poids comme Gérald Darmanin, Bruno Le Maire, qui ont de l'ambition politique et qui pourraient encore plus vouloir s'exprimer si on leur confiait de nouvelles responsabilités. Elisabeth Borne est confirmée. On a vu que Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ont plutôt un bon bilan selon les études d'opinion. Moi je suis à la place d'Elizabeth Borne, je les maintiens en poste en leur disant vous faites très bien votre travail depuis que je suis à Matignon, ça fonctionne. Bien, vous continuez. Et puis par contre, on va faire rentrer une personnalité du sang neuf pour aller combler un point peut-être plus fragile. Alors dans
son communiqué, en tout cas, l'Elysée dit que le président va fixer un cap clair, qu'il va s'exprimer d'ici la fin de la semaine. Ça rejoint ce que nous disait Marie Chantret il y a quelques minutes. Thierry Mariani, eurodéputé du Rassemblement national. Nous fait le plaisir d'être en ligne avec nous. Merci. Comment vous réagissez à ce maintien d'Elisabeth Borne à Matignon ? On avait beaucoup spéculé sur les possibilités qu'elles doivent quitter l'hôtel de Matignon.
je pense qu'Emmanuel Macron vit dans son gouvernement la même chose que ce qu'il vit à l'Assemblée nationale. C'est-à-dire, à l'Assemblée nationale, il n'a plus de majorité. Et dans son gouvernement, finalement, il n'a pas de plan de rechange. Certainement, Elisabeth Borne n'est pas la première ministre rêvée pour lui. Soyons honnêtes, elle est sérieuse, mais elle n'a pas un charisme débordant. Et surtout, elle est quand même relativement usée. Sauf que... sauf qu'il n'a pas de plan B. Et donc, je pense que Mme Borne va être sauvée, au moins jusqu'aux européennes, parce qu'il faudra bien quelqu'un pour assumer cette année qui arrive. Et je n'ai pas l'impression que dans la Macronie, à part certaines dont on veut freiner l'ambition, beaucoup de monde se pousse pour être Premier ministre. Donc, elle est sauvée, si je puis dire, par la situation. Mais en tout cas... pas de majorité à l'Assemblée, et finalement un Premier ministre qui reste par défaut, à faute de mieux. Alors,
un choix par défaut, on comprend bien ce que vous nous dites, Thierry Mariani. Est-ce que ça n'est pas important, malgré tout, après les troubles que le pays a connus ces derniers temps, d'avoir une forme de continuité au sommet du pouvoir ?
Écoutez, je pense qu'aujourd'hui, sincèrement, les troubles restent dans les mémoires. On apprend que M. Darmanin va rester visiblement au ministère où il est. Donc si le Premier ministre avait changé, je pense qu'au contraire, c'était le moyen de donner un nouveau souffle. Vous disiez, il y a quelques secondes, Emmanuel Macron va fixer un nouveau cadre. On passe notre temps à avoir des nouveaux caps, des nouveaux plans, des 100 jours, etc. Non, je pense que si on voulait remotiver les Français et leur montrer qu'au contraire, on avait compris le message, il fallait changer la Première ministre.
Marie Chantré vous pose une question.
Thierry Mariani, se murmuraient ces derniers jours que Gérald Darmanin, justement, dont vous évoquiez le nom, était candidat à Matignon. Est-ce que cela aurait été un bon Premier ministre, selon vous ?
pense qu'il y a deux ou trois ministres, d'ailleurs très souvent issus de la droite, qui se verraient bien à Matignon. Parce qu'être à Matignon quatre ans avant les présidentielles et éventuellement en partir un an avant, c'est le meilleur moyen de préparer une candidature aux présidentielles. On est de fait pour que ce soit Gérald Darmanin, que ce soit le maire ou que ce soit d'autres. Certains sont déjà en pré-campagne. Donc, est-ce que ça aurait été un bon Premier ministre ? Très franchement, ça ne m'intéresse pas. C'est quelqu'un qui a de l'expérience gouvernementale, mais je pense qu'il a un grand défaut, c'est qu'il ne fait pas partie du premier cercle. Et puis, par moment, vous savez, dans cette activité, il faut avoir de l'ambition, mais pas trop la montrer. Et Gérald Darmanin est peut-être un peu trop pressé.
Merci Thierry Mariani pour cette première réaction sur l'antenne de LCI. Après maintenant,
les consultations vont s'ouvrir visiblement dans les prochaines heures, peut-être même se sont-elles déjà ouvertes depuis quelques jours. libre à Gérald Darmanin de refuser une proposition qui lui serait faite par Elisabeth Borne, par exemple de rester Place Beauvau. C'est vrai qu'il a, et on l'a dit, plutôt réussi à passer l'épreuve des émeutes, entre guillemets, et donc... Trouver un remplaçant poste de ministre de l'Intérieur, c'est vraiment une tâche très compliquée. Mais c'est aussi un poste éprouvant, physiquement, humainement. Et Gérald Darmanin pourrait, et ce serait aussi un acte politique qui le placerait dans une position assez intéressante dans la perspective de 2027, se mettre en retrait d'une équipe gouvernementale et faire son chemin différemment. de son propre fait, et non pas... Regardez Edouard Philippe qui dit refuser, en tous les cas, de vouloir revenir dans une aventure gouvernementale.
Voilà. Alors, en tout cas, ce jeu de chaise musicale, vous en parliez tout à l'heure, Isabelle Lasserre, il est peut-être dangereux, non ? Dans le moment que connaît le pays, c'est-à-dire avoir des ministres qui changent de portefeuille sans avoir forcément les compétences ou les connaissances nécessaires.
est dangereux à l'international, il faut vraiment quelqu'un qui ait l'habitude de gérer Vladimir Poutine, même si on sait bien que sous ce quinquennat, la politique internationale se décide à 90% à l'Elysée, qu'à la fin c'est Emmanuel Macron qui tranche. Mais quand même, il faut quand même que ce ministère connaisse une certaine stabilité, c'est important aussi sur la défense, et c'est important aussi, très important sur l'économie, bien évidemment. Affaires étrangères, économie, défense.
Après la vision de ce maintien à Matignon, si on se projette dans un temps un peu plus long, mais pas si long que ça d'ailleurs, c'est un peu aussi un cadeau empoisonné. Parce que qu'est-ce qu'on a en tête ? Le calendrier parlementaire, il est lequel ? Il va y avoir à la rentrée la présentation du projet de loi de finances, le fameux budget. Dans quelle mesure ? le gouvernement aura la majorité. Il ne l'aura pas. Il a aujourd'hui une majorité relative. Le gouvernement précédent, 2023, est passé à coup de 49-3 successifs. Ça sera encore le cas à la rentrée prochaine. Et ce qu'on avait dans les retours des conversations avec des entourages de ministres, des conseillers, c'était de dire quoi finalement ? Pourquoi finalement aujourd'hui ne pas conserver Elisabeth Borne ? Parce que... La possibilité qu'une motion de censure au mois d'octobre, novembre prochain, aboutisse et fasse donc tomber le gouvernement est aujourd'hui plus que probable. La dernière fois, la motion de censure n'est pas tombée à neuf voix près. Ça vous semble
plus que probable, même si on n'a plus les sujets aussi... Dans la
tête et l'esprit et la réflexion de beaucoup aujourd'hui au gouvernement, cette possibilité est plus qu'une possibilité, plus qu'une éventualité. À l'Assemblée, à l'issue d'une motion de censure, le gouvernement tombe. Et dans l'esprit d'Emmanuel Macron, qui peut-être va évoluer au fil du temps, mais qui dit motion de censure adoptée, qui dit gouvernement renversé, dit dans la tête d'Emmanuel Macron, je regarde Damien Fleureau qui connaît ça aussi parfaitement, c'est une dissolution annoncée par le chef de l'État. Donc maintenu pour peut-être ne pas... encore une fois, pardonnez-moi l'expression, mais ne pas cramer un autre candidat potentiel à Matignon.
Alors Damien,
et on va aller à l'Elysée dans un instant. Oui, c'est vrai que l'épreuve budgétaire, elle est toujours terrible pour tous les gouvernements, et encore plus quand vous avez une majorité relative, qu'il faut aller chercher chacune des voix. C'est vrai que le texte de retraite est passé, mais le projet de loi sur l'immigration sera un projet de loi qui va être durement, durement discuté au Parlement. au Sénat, puis à l'Assemblée. Donc c'est vrai qu'ensuite il y a l'échéance des Européennes, malgré tout, avec cette campagne qui sera compliquée, et on va regarder les scores des listes de la majorité présidentielle.
Alors, on prend la direction de l'Elysée où on retrouve Alison Tassin. Qu'est-ce qui a fait la différence, la décision chez Emmanuel Macron sur la fin de semaine
Le choix de la stabilité, selon l'entourage du président de la République, ils mettent au crédit d'Elisabeth Borne et de l'équipe gouvernementale en place le calme revenu et un 14 juillet qui s'est bien déroulé, mais aussi l'adoption de la loi de programmation militaire ou encore la loi pour la justice. Bref, on le sait, Elisabeth Borne avait été un petit peu compromise dans ses fonctions après l'épisode houleux des retraites en début d'année, après les récentes violences urbaines, mais finalement Emmanuel Macron. Macron choisit de conforter Elisabeth Borne avec sa première mission, donc un mini remaniement, un ajustement de quelques personnalités à préparer dès maintenant d'ailleurs, et qui sera annoncé dans les prochains jours. Et puis pour Emmanuel Macron, l'idée de se projeter, d'aller au-delà des vacances qui approchent, avec donc une prise de parole d'ici la fin de la semaine, dans un agenda assez contraint, il faut bien le dire, puisque le président est à Bruxelles jusqu'à la mi-journée. jusqu'à demain dans la mi-journée et puis il doit partir en Océanie en fin de semaine mais pour lui l'idée c'est de pouvoir donner un cap pour la rentrée et notamment nous dit-on dans son entourage de parler de rassemblement après les périodes troupes que nous venons de vivre.
Merci Alison, merci à Frédéric Dufour qui est derrière la caméra. J'accueille avec grand plaisir Guillaume Roquet sur ce plateau à qui je donne la parole dans une poignée de secondes mais nous sommes en ligne avec Fabien Di Filippo député Les Républicains. J'ai une question. à vous poser. Est-il envisageable, possible, qu'un membre de votre parti fasse partie de ce gouvernement romanier ? On verra ce qui se passe dans les heures qui viennent.
Bonsoir. Ça, c'est difficile à dire. De mon point de vue, non. Après, vous savez, l'appât du poste, j'ai séduit certains. Mais concernant ce maintien, pour nous, de notre point de vue, il faut être clair. On voit bien qu'Elisabeth Borne, philosophiquement, ne vient pas de la même famille politique que nous et retarde un certain nombre de textes sur des sujets structurels qui sont essentiels pour nous, sur les thèmes du travail, sur les thèmes de l'intégration et de l'immigration, sur les sujets de la dette, sur beaucoup de sujets qui ont un impact aujourd 'hui dans le quotidien. des Français. Elle ne souhaite pas voir ces sujets-là aboutir. Donc pour nous, Républicains, travailler avec elle à un moment donné est très compliqué.
Merci infiniment Fabien Di Filippo, c'est clair, net et précis, et on reviendra vers vous et vers d'autres membres du parti Les Républicains un peu plus tard. Votre réaction en une minute, Guillaume Roquet, parce qu'on va devoir se quitter, mais vous allez rester ici toute la soirée, à cette information, Emmanuel Macron confirme, Elisabeth Borne à Matignon.
Oui, et je pense que c'est un aveu d'impuissance. Emmanuel Macron n'a pas de Premier ministre de rechange. Il n'a pas non plus une majorité alternative s'il droitisait. Trop son gouvernement, avec l'hypothèse d'Armanin qui était souvent exprimée, c'est assez fascinant de voir que le président de la République nous avait promis 100 jours d'apaisement, on a eu 5 jours d'émeute, il y avait quand même un pays qui était saisi, la rumeur courait d'un remaniement possible depuis maintenant quasiment 10 jours, et qu'est-ce qu'on nous annonce ? Rien. Et là on est vraiment dans une des caractéristiques du macronisme, c'est-à-dire qu'Emmanuel Macron n'aime pas. Il peut prendre des politiques fermes quand ce sont les événements qui s'imposent à lui, c'est le Covid ou la guerre en Ukraine. En revanche, quand il faut imaginer un autre dispositif politique en même temps, alors il recule devant l'obstacle.
Merci infiniment.
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