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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Un grand bonjour à Adrien Jeanne. Bonjour Adrien, votre invité en ce lundi matin.
Alors ce n'est pas Machiavel, c'est un autre amateur de politique. Il est ministre de la Transformation et de la Fonction Publique, fidèle de la première heure d'Emmanuel Macron. Bonjour Stanislas Guérini. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. On va parler de la politique française dans un instant, mais d'abord un mot tout de même de ce qui s'est passé en Russie ce week-end. La tentative de putsch avortée, donc on l'a vu, d'Evgeny Prigogine. Vladimir Poutine reste au pouvoir, au moins pour le moment. Que faut-il souhaiter pour l'avenir du monde, la chute ou le maintien de Vladimir Poutine ? Je crois qu
'il faut surtout souhaiter la victoire de l'Ukraine. Ce sont des moments, on l'a vu, de grande déstabilisation, de grande incertitude. On voit encore ce qui se passe avec la centrale nucléaire de Zaporizhia. Dans ces moments-là, il faut être très cohérent, très calme et clair sur ses objectifs. Depuis le début, la France souhaite aider l'Ukraine à remporter cette victoire face à l'agression russe. C'est ça qui
compte aujourd'hui. Il y a quand même eu un certain embarras des Occidentaux, y compris la France, qui est resté plutôt discrète ce week-end face aux événements en Russie. Je crois que
c'est normal de rester calme dans des moments... où tout peut basculer dans tous les sens. Moi, ce qui me frappe depuis le début de ce conflit, c'est que Poutine a eu tort sur tout. Il s'est trompé sur tout depuis cette agression. Il croyait renverser l'Ukraine en quelques heures. On voit bien que les Ukrainiens, héroïquement, font mieux que résister et sont maintenant à la contre-offensive. Il croyait déstabiliser l'Europe. On voit bien que l'Europe s'est ressaisie, d'une certaine façon, face à Poutine et à la Russie. Il croyait mettre fin à l'OTAN, c'est tout le contraire, et de la revitaliser. Il pensait renforcer son pouvoir intérieur, il est plus affaibli que jamais. Peut-être que la conclusion, on verra, il sera temps de l'étirer, c'est que les pouvoirs autoritaires sont extrêmement faibles, là où les démocraties sont extrêmement fortes dans ce conflit. C'est peut-être une des conclusions provisoires.
On va revenir à ce qui se passe en France avec à partir d'aujourd'hui un déplacement très important du président de la République. Trois jours à Marseille, c'est très conséquent. Dans les colonnes de nos confrères de la Provence, le chef de l'État fait déjà une annonce. Le paiement des amendes forfaitaires pour consommation de drogue pourra bientôt être immédiat par carte bancaire ou en liquide. Ça crée déjà l'inquiétude ou l'étonnement de certains syndicats de police qui disent que ce n'est pas le cœur de notre métier. On n'est pas là nous pour récupérer l'argent des amendes. Est-ce que pour ces nouvelles missions, il y aura une rémunération supplémentaire ? de ces agents de police ? Ça ne fait pas
partie des annonces du président de la République. Il y a, vous le savez, un investissement extrêmement fort sur les forces de police et de gendarmerie. C'est dans la loi de programmation du ministère de l'Intérieur. Donc il y a des moyens qui sont complètement inédits et qui valent aussi sur la rémunération des policiers et des gendarmes. Mais pas pour ces missions-là. Parce que la logique du gouvernement, c'est souvent dire nouvelle mission, plus de rémunération. Cette mission, elle existe depuis un temps déjà. Elle porte ses fruits. Moi, j'en discute régulièrement avec, dans ma circonscription, les commissaires du 17e, du 18e arrondissement, m'intéresser justement à
ce qui
fonctionne. Et en l'occurrence, le fait de pouvoir mettre des contraventions, de pouvoir punir très directement, de ne pas ouvrir une chaîne pénale qui, on le sait, avait parfois du mal à se refermer, c'est quelque chose qui fonctionne. Les policiers sont preneurs de ces dispositifs sur le terrain, qui permettent d'agir plus directement. Donc je crois que c'est une bonne chose si on peut les rendre plus effectifs. Au fond, c'est ça l'objectif. C'est que toutes les annonces, toutes les mesures, toutes les transformations qu'on prenne, c'est qu'elles s'incarnent sur le terrain. C'est ça le sens du déplacement du président de la République. C'est de tenir les mesures, de tenir les engagements, pouce par pouce, de voir à quel point notre pays peut avancer. Mais pour ça, il faut être très exigeant sur le terrain et toujours partir de la réalité des choses. Qu'est-ce qui marche ? Qu'est-ce qui ne marche pas ? Le président de la République a fait le constat que parfois ces amendes, elles mettaient beaucoup de temps. à être recouvrée, ou parfois elle ne l'était pas. Et donc, on doit pouvoir améliorer l'effectivité des politiques publiques. Je crois que c'est ça qui doit être notre
obsession, parce que c'est ça qu'attendent nos concitoyens. Ce qui marche et ce qui ne marche pas, Stanislas Guirini, si on reste un instant sur l'exemple de la drogue, il y a un collectif d'associations, avec entre autres Médecins du Monde, avec la Fédération Addiction, qui lance aujourd'hui une pétition qui va être mise en ligne sur la plateforme de l'Assemblée nationale, et qui demande justement la suppression des sanctions pénales pour l'usage de drogue, en disant que c'est une politique répressive qui ne marche pas. Pour vous, la réponse, c'est non.
Vous voyez qu'on a pris cette décision justement de pouvoir contraventionnaliser les amendes, de pouvoir agir beaucoup plus directement sur le terrain. Je pense que c'est dans un sens qui n'est pas complètement divergent. avec ce que dit ce collectif. Je vais être très clair, je n'ai pas vu aujourd'hui leur pétition. Mais ce qu'il faut, c'est que la décision soit plus proche de la mise en application. Je crois que c'est ça qui doit tous nous obséder et c'est le sens de ce qu'on fait depuis maintenant quelques années en ayant pris ces décisions de contraventionnaliser le trafic contre les vendeurs de drogue. En tout cas, il y a une grande clarté de la part de ce gouvernement, une lutte résolue, une lutte implacable contre la drogue. C'est le cas à Marseille. Il y a un engagement très fort du ministre de l'Intérieur pour lutter contre tous les points de drogue, contre tous les trafics, parce que ce sont eux qui gangrènent les cités, ce sont eux qui pourrissent la vie de nos concitoyens, qui pourrissent aussi une partie de la jeunesse, et donc on doit... lutter résolument et sans ambiguïté contre la drogue. Le
ministre de l'Intérieur que vous citez, il sera à Marseille avec le chef de l'État, mais il n'est pas tout seul, il y a huit ministres au total, y compris ceux de l'éducation, de la santé, dont on dit souvent qu'ils sont parmi les futurs sortants en cadre maniement. Est-ce qu'il faut y voir un signe, un signe pour les conforter dans l'équipe gouvernementale ? Il faut surtout y voir
un signe d'action. Le pays avance et celui qui le fait avancer en premier lieu, c'est le président de la République. Il va à Marseille aujourd'hui pour une logique, celle des résultats. des promesses tenues et du concret. Et il va s'en rendre compte sur le terrain avec tous ses ministres. Vous l'avez dit, il y a tous les sujets à Marseille. Le logement, l'éducation, la sécurité, les transports. Et donc cette obsession-là de voir pouce par pouce notre pays avancer, c'est celle du président de la République. Et je peux vous le dire, celle de tous les ministres du gouvernement. Donc j'entends des grandes questions qui sont parfois un peu plus, peut-être à Paris qu'à Marseille d'ailleurs. sur les questions de Romain-Lyran, les questions politiques. Mais qui sont aussi du gouvernement et de la majorité,
Stanislas Gajani. La question, elle agite aussi l'équipe gouvernementale et la majorité de savoir si oui ou non il y aura remaniement. Est-ce que ce n'est pas une épée de démoclès inutile ? Est-ce qu'il ne faudrait pas clarifier une bonne fois pour toutes ? Non, il n'y aura pas de remaniement. Oui, il y en a un, on le fait.
Mais nous, on avance, le président de la République, avec la première ministre d'ailleurs, avec fixer le cap. On a eu pendant des mois un conflit social qui nous a opposés assez lourdement sur la question des retraites. Il faut que notre pays puisse avancer. Depuis quelques mois, on voit bien, avec ces 100 jours et plus encore, que c'est d'abord un temps de reprise du dialogue social très intense. On aura à traduire à l'Assemblée nationale des accords qui sont issus du dialogue social. Je le fais évidemment avec les syndicats de la fonction publique sur des sujets très importants, ceux du pouvoir d'achat, ceux de la protection des agents. Donc notre pays avance. C'est ça qui doit rassembler le gouvernement. Et je crois vraiment... Je le dis au nom de mes collègues aussi, que c'est ça qui occupe, et ce qui est dans nos têtes aujourd'hui, c'est de produire des résultats et de pouvoir avancer.
Le chef de l'État, il a un mot sur la première ministre dans son interview à la Provence. Il indique que dans les 15 premiers jours de juillet, il y aura à présenter la nouvelle stratégie de finances publiques, les avancées sur l'immigration, la planification écologique. Il dit, Elisabeth Borne le fera, elle a ma confiance puisqu'elle est à la tête du gouvernement. Est-ce qu'on doit y lire le fait qu'elle est confortée, qu'elle reste à Matignon ? Oui, je crois
qu'il ne faut pas aller chercher midi à 14h. La première ministre, elle a le soutien, la confiance du président de la République, elle a le soutien de tous les ministres qui sont engagés derrière elle. Moi c'est le cas depuis le premier jour, je suis très fier de travailler derrière elle. Parce qu'elle a traversé des temps politiques qui n'étaient pas simples à l'Assemblée nationale, dans la situation que vous connaissez. Elle avance avec beaucoup de courage pour notre pays. Et je crois vraiment pouvoir dire qu'elle rassemble tout le gouvernement pour produire des résultats. C'est ça cette obsession-là, celle du président de la République, celle de la première ministre, celle de tous les membres du gouvernement. Nous avons l'obsession du résultat en partage, il n'y a que ça qui nous intéresse. Mais vous comprenez comme nous qu'elle va rester, c'est ce que veut
dire cette déclaration de chef de l'État. Si vous me posez la question, est-ce que je le souhaite ? Ma réponse, c'est oui. Est-ce que vous comprenez comme ça
la phrase du chef de l'État ? Vous savez, je crois vraiment, je vais me répéter, mais qu'il ne faut pas chercher midi à 14h. Non, mais c'est important de
bien comprendre ce que dit le président de la République. C'est plus normal
que le président de la République donne mandat à sa première ministre de donner de la visibilité, de rendre des comptes aussi. C'est ce que nous faisons chacun. D'une certaine façon, c'est ce que le président de la République fait à Marseille. C'était une promesse qu'il avait faite aux élus, aux citoyens, aux habitants de Marseille, de revenir dans le premier semestre pour faire le point sur ce grand plan. Marseille en grand, Marseille en très grand. son désengagement tenu. Il avait promis d'apporter 5 milliards d'euros pour relever cette ville, pour relever nos services publics. C'est ce qu'il fait. L'argent est au rendez-vous. Et puis il va se rendre compte sur le terrain de ce qui marche, de ce qui ne marche pas. Et continue à avancer.
Et vous avez souligné l'obsession des résultats. Il y a quand même une donne politique depuis un an. La majorité relative et non pas absolue à l'Assemblée nationale.
Ils ont été rendus compte.
Voilà. Et la tentative... ou la volonté, même chez certains, de se dire qu'on peut encore élargir cette majorité, y compris en travaillant en accord avec les Républicains. Votre parti Renaissance, autour de Stéphane Séjourné, il y a quelques jours, a organisé une réunion aussi pour parler de cette configuration politique particulière. Est-ce qu'il faut encore chercher l'accord avec les Républicains, ou est-ce que c'est oublié ? Non,
mais moi je crois qu'on... On se trompe quand on essaie de bâtir des accords partisans. Je crois que ce n'est pas ces lignes-là qui bougeront. D'ailleurs, je note que les Républicains le disent avec clarté, ils ne cherchent pas de coalition, ils ne cherchent pas d'alliance. On a raison quand on cherche à bâtir des majorités. autour de textes, c'est ce qu'on fait depuis un an. Et ça ne marche pas si mal que ça. Oui, la situation à l'Assemblée nationale, je ne veux pas faire de langue de bois, elle est beaucoup plus compliquée quand on a une majorité relative. Elle oblige à du compromis, à des consensus, à chercher texte par texte, à bâtir des majorités. Ça ne marche pas si mal que ça. Depuis le début du quinquennat, c'est une soixantaine de textes, propositions de loi, projets de loi confondus, qui ont été adoptés. Parfois avec le 49-3, sur les budgets et sur les retraites, sur des moments... particulier, mais ils nous permettent d'avancer. Moi, je crois que c'est ça qu'il faut qu'on cherche à faire pour la suite, à élargir pour l'intérêt général, pas élargir pour élargir les rangs de la majorité ou chercher à bâtir des alliances partisanes différentes de ce qu'on fait aujourd'hui, parce que la configuration n'est pas là et les uns et les autres ne le souhaitent pas. En revanche, est-ce que vous trouvez des bonnes volontés pour pouvoir voter des textes sur des sujets d'intérêt général, d'intérêt premier pour nos consulniers ? Je crois que la réponse, c'est oui. Et donc, c'est ce qu'il faut qu'on continue à chercher à faire. Moi, j'étais à l'Assemblée la semaine dernière. Il y a trois textes qui ont été adoptés. Un, sur les secrétaires de mairie. Parfois, ça paraît anecdotique, comme ça, quand on est à Paris, c'est très important. Il y en a 23 000 sur tout le territoire. Elles font tenir nos mairies. Je ne peux pas vous dire l'impact. On l'a adopté. C'est tout à fait vrai. Et on l'a adopté à l'unanimité au Sénat. Un, sur l'égalité salariale dans la fonction publique. Pour faire progresser nos dispositifs de nomination en poste d'encadrement. Instaurer un index d'égalité salariale dans la fonction publique. Unanimité, moins les voix du Rassemblement national, à l'Assemblée nationale. Et puis un troisième texte, pour supprimer le jour de carences qui pesaient sur les femmes qui subissent des fausses couches. Ce sont trois sujets d'intérêt premier, à chaque fois adoptés à l'unanimité ou à l'unanimité républicaine. Vous voyez, on fait avancer. Et ça a été fait avec les voix de la gauche, de la nupesse y compris. Moi, je crois que c'est possible de continuer à avancer comme ça. Ça veut dire qu'il faut mettre vraiment l'intérêt général au cœur, répondre... aux grandes questions que les Français nous ont posées dans les élections présidentielles et législatives, le travail, la protection de nos concitoyens, les services publics, la planification écologique, évidemment. Et si on s'en tient très proche de ce noyau dur de l'intérêt général,
alors on pourra avancer. Vous venez de dire que ça ne marche pas si mal, on peut continuer à avancer. Ça veut dire qu'il n'y a rien à changer, qu'on peut continuer comme ça sur toute la mandature. Vous disiez qu'il n'y a pas d'accord à trouver avec LR, on peut faire texte par texte, ce qui est fait depuis un an. peut être reproduit à l'identique sur la 4e année qui vient. Évidemment qu'on peut toujours faire mieux. Mais qu'est-ce que vous pouvez faire mieux
? Il y a des moments... Vous
venez de dire que ça marche.
Non mais je dis qu'on peut faire adopter des textes et que c'est ce qui doit continuer à nous guider dans la suite de ce quinquennat. On peut toujours mieux concerter en avant, mieux prendre en compte justement ce que portent les oppositions. qui font le choix de soutenir un certain nombre de textes sur des sujets très importants, mais elles ont leurs conditions texte par texte, elles ont leurs lignes rouges parfois, bien concertons, bâtissons du consensus, bâtissons les solutions, ça on peut toujours mieux le faire. Et je pense que c'est ce qui doit nous guider pour la suite, mais oui, je pense qu'on peut continuer dans une logique de projet au fond, dans une logique d'intérêt général, ce sont ce que les Français nous ont demandé de faire, ce sont eux qui ont fait le choix. de donner au président de la République une majorité relative. Au fond, ils ont introduit la proportionnelle à l'Assemblée nationale. Ça change la donne, ça change le fonctionnement. Donc on doit tous s'y habituer. Depuis un an, c'est ce que nous faisons. On peut encore le faire mieux, je crois. Mais ma conviction, c'est que ça ne passera pas par des logiques d'appareil, des logiques partisanes, ne serait-ce que parce que les uns et les autres l
'expriment. Ça a donné aussi, cette nouvelle configuration politique, une présidence de la commission des finances à un insoumis, Éric Coquerel. On voit bien qu'il y a des veilléités dans la majorité de dire que ce serait bien de trouver un moyen qui ne soit pas renouvelé, puisqu'il y a une reconduction généralement tacite par année. Est-ce que vous considérez qu'il est à sa place, le président de la commission des finances ? Oui,
je crois que ce n'est vraiment pas un membre du gouvernement. de dire ce qui à l'Assemblée nationale doit être fait pour présider une commission aussi importante que soit-elle sur la commission des finances. Je pense que nous devons respecter cette séparation du pouvoir, je le demande de façon symétrique, et donc c'est important de s'en tenir à cette ligne. Mais tout à l'heure je disais que dans des situations de grande confusion, sur un tout autre sujet, il faut garder son calme et de la cohérence. Je pense que dans ce moment... démocratique de notre pays, c'est important de respecter les règles, les règles constitutionnelles, tout simplement nos règles collectives. Je vois qu'elles sont parfois remises en cause, je vois qu'elles sont parfois dévoyées, ça a été le cas, j'ai vraiment ce sentiment-là.
Oui, sur le
retour d'un amendement qui était clairement anticonstitutionnel. Je pense qu'effectivement, dans ces moments, on doit avoir l'attention de respecter les règles. Je pense que c'est ça l'attention. qui exprime le groupe majoritaire, qui exprime la présidente de l'Assemblée nationale, et je les soutiens en ce sens.
Il y a aussi des réflexions sur la manière dont on peut revisifier notre démocratie. La présidente de l'Assemblée que vous venez de citer, elle-même en a fait une hier, elle évoque la création d'une journée annuelle dédiée à la consultation des Français. Elle dit par exemple qu'on pourrait faire ça le premier dimanche d'octobre, afin d'impulser un nouveau souffle démocratique. Vous en dites quoi, cette idée d'avoir une sorte de référendum récurrent tous les ans ?
Moi je dis pourquoi pas, c'est une idée intéressante. Et surtout, je suis extrêmement favorable à ce qu'on puisse travailler dans un esprit transpartisan, mettre des idées sur la table, mettre des propositions sur la table. Et je pense que la présidente de l'Assemblée, elle est pleinement dans son rôle, quand elle le fait, pour qu'on puisse ensuite collectivement faire émerger ce qui pourront être un bouger de ligne, peut-être important, sur des questions constitutionnelles. C'est ça la méthode qu'a voulu le président de la République. Au fond, c'est un sujet très particulier. Dans l'élection présidentielle, c'est un des seuls sujets. sur lequel le président avait donné des avis personnels, mais il avait surtout pris un engagement de méthode, de faire en sorte qu'on puisse construire une commission transpartisane, créer du consensus, parce que si on doit ensuite avoir des bougées constitutionnelles, il faudra le faire évidemment en travaillant avec les deux chambres, c'est ce que, soyons très clairs, on n'avait pas réussi à faire dans le premier quinquennat pour réformer la constitution, et donc je pense que c'est la bonne méthode. Donc respectons les propositions des uns et des autres, invitons les différentes forces politiques. À le faire, je vois que certaines sont réticentes à participer à ces exercices. Sincèrement, je trouve ça dommage, parce qu'on est dans un temps où on peut, là, justement, bâtir du consensus, bâtir du compromis, pour ensuite, ce n'est pas le plus urgent, mais l'adopter collectivement. C'est l'engagement du président de la République. Moi, je pense que c'est très intéressant le fait que notre président de l'Assemblée fasse ce type de proposition.
des hypothèses de modification de la Constitution. Il y a aussi la limitation qui a été introduite sur le mandat présidentiel à deux mandats consécutifs maximum. L'ancien président de l'Assemblée, Richard Ferrand, a été... Très commenté, très critiqué, même pour avoir évoqué l'idée de mettre fin à tout ce qui bride. Je le cite, la libre expression de la souveraineté populaire. Certains y voyaient un appel à une troisième candidature d'Emmanuel Macron à la fin de ce mandat-là.
Il a lui-même clarifié les choses.
Il a clarifié très clairement. Une autre ancienne ministre, Roselyne Bachelot, vous avez été vu hier aussi, dit tout le monde est d'accord pour une troisième candidature d'Emmanuel Macron, à la fois ceux qui veulent le réélire et ceux qui veulent le battre. Est-ce que vous, vous souhaiteriez un troisième mandat d'Emmanuel Macron ? Arrêtons de mettre des faux sujets de cette
manière-là dans l'atmosphère. Je pense que personne n'imagine changer la constitution dans ce quinquennat pour que le président de la République puisse se représenter une troisième fois. Personne n'imagine cela. Je pense que l'intention... Pourquoi ne peut-on pas l'imaginer ? Mais l'intention du président de la République, c'est de pouvoir justement, à l'issue de deux mandats où il a été réélu, pouvoir apporter des modifications à notre constitution, à notre règle du jeu démocratique pour... renforcer notre démocratie, bâtir du consensus. Je pense qu'on le fait toujours de façon extrêmement sereine, extrêmement saine quand on le fait et qu'on n'est pas concerné soi-même. Moi, j'avais eu par le passé, j'étais chef du parti présidentiel à ce moment-là, des réserves pour modifier les règles du jeu dans l'année qui précédait les élections législatives, en l'occurrence. Ça avait été un débat au sein de la majorité. Moi, je crois qu'on gagne toujours à avancer dans la clarté, et on avance bien dans la clarté quand on ne fait pas les choses pour soi-même, mais qu'on les fait pour le pays. Pour l'avenir, est-ce que c'est
une bonne règle, ces deux mandats consécutifs maximum pour le président de la République ? Moi, je pense
vraiment sincèrement, je veux dire, et n'introduire aucune ambiguïté sur cette question-là. À chaque fois qu'on met ces questions-là en jeu, on peut être soupçonné de le faire pour soi-même. Donc, ce n'est pas le moment pour ça. Ça n'est pas l'intention. Personne n'a cette intention-là. Donc là aussi, nous ne nous créons pas des débats annexes. Il y a suffisamment de sujets, de vrais sujets. On parlait d'éducation, de sécurité, de logement.
Je pense que ce
sont les
vrais
débats aujourd'hui.
Il y a un sujet aujourd'hui de l'Assemblée qui saisit à partir d'aujourd'hui du projet de loi sur le partage de la valeur au sein des entreprises. C'est la transposition d'un accord entre partenaires sociaux dont vous parliez tout à l'heure. Peut-être un manque dans ce texte qui n'est pas lié directement à l'accord. C'était une promesse du président de la République. Le 22 mars sur TF1 et France 2, le chef de l'État a évoqué l'idée de pouvoir viser les entreprises qui consacrent des revenus exceptionnels au rachat d'actions. Et au contraire, que cet argent puisse aussi servir à mieux rémunérer les salariés, à faire profiter les travailleurs. C'était la formule qu'il avait employée. Cette promesse, elle est écartée, elle est oubliée ? Non.
Moi, je suis extrêmement favorable à cette promesse-là, à cet engagement du président de la République. C'est très important, les entreprises font aujourd'hui des profits très importants. On a taxé des surprofits dans la période d'inflation sur l'énergie et donc c'est une promesse qui est importante pour mieux partager la valeur. Mais vous voyez, je vous disais il y a quelques instants que ce temps-là, c'était le temps de la reprise du dialogue social. C'est le temps où on doit respecter le dialogue social et ce qui sort du dialogue social. En l'occurrence, un accord sur le partage de la valeur. entre les salariés et les entreprises, qui est très important, avec des avancées très importantes de la part du patronat et des syndicats. Et donc respecter ce dialogue social, c'est transcrire, c'est ça l'engagement que nous avions pris, transcrire in extenso, à l'identique, sans modifier, l'accord sur lequel se sont mis d'accord les entreprises et les syndicats. Et donc on aura l'occasion d'avancer. sur ces questions-là. Il faudra peut-être trouver le bon véhicule législatif. Mais moi, je crois que c'était extrêmement important de ne pas dévoyer le fruit du dialogue social. C'est une question de confiance, d'une certaine façon, avec nos partenaires. Je le disais, on ne va pas faire semblant, pas faire de langue de bois. Il y a eu un conflit social qui était très important sur la question des retraites. Et donc, respectant ce dialogue social, ça a de la valeur. Moi, je m'y attache, en tout cas, tous les jours, en tant que ministre de la fonction publique.
Vous ouvriez tout à l'heure la porte à l'idée de dire ça avance, ça fonctionne, mais... Il y a des choses qu'on peut faire mieux. Vous vous rappelez que vous êtes en charge de la fonction publique. Il y a quelques jours, vous avez été critiqué pour cette annonce qui est a priori une bonne nouvelle de hausse du point d'indice plus 1,5% au 1er juillet. D'une part, par ceux qui disent que les organisations syndicales, ce n'est pas assez. Et puis d'autre part, par en partie des collectivités locales qu'on a entendues sur nos plateaux qui disent qu'on est mis devant le fait accompli pour les fonctionnaires territoriaux. Est-ce que vous, si c'était à refaire, vous referiez tout à l'identique sur cette question de la hausse du point d'indice ?
D'abord, j'ai entendu des agents publics. qui voyaient avec satisfaction qu'on répondait à une situation d'inflation. Pardon, je veux bien qu'on ait tous les débats possibles, mais il s'avère que malgré nos efforts, on a l'inflation la plus faible en Europe, il y a une inflation qui reste importante, elle est en train de décélérer, elle reste très importante sur les produits alimentaires. Le maire dit ce matin qu'elle ne reviendra pas à ce niveau d'avant crise. Ma responsabilité à moi. c'est de protéger les agents publics. C'est d'investir pour que nos agents publics, les fonctionnaires, ceux qui font avancer notre pays, puissent avoir des réponses à cette question de l'inflation. Donc cette décision, je l'assume parfaitement. Elle est très importante. On a pris la décision, avec la première ministre, avec le président de la République, de consacrer la même enveloppe que l'année dernière, qui était déjà une année de hausse très importante de la rémunération. pour pouvoir justement apporter des réponses. Avec un parti pris que j'assume là tout autant, qui est de concentrer nos efforts sur les plus bas salaires dans la fonction publique. Parce que ce sont eux qui ont pris plein fouet l'inflation. Et donc c'est 6 milliards d'euros en année pleine qu'on investit pour le pouvoir d'achat de nos agents publics. On va les concentrer principalement sur les bas salaires. Ça veut dire que quelqu'un qui est au tout début des salaires, au tout début des grilles de la fonction publique, il verra son pouvoir d'achat. augmenter de 7% entre janvier 2023 et janvier 2024. Ce sont des hausses très importantes. Après, est-ce qu'on peut toujours faire mieux, je le disais à l'instant, notamment avec les collectivités territoriales ? Mais là aussi, la réponse est oui. Moi, j'ai fait la proposition aux collectivités de se revoir dans les semaines qui viennent, avant la coupure de l'été, pour pouvoir discuter avec elles de la façon dont on peut bâtir une politique salariale, au fond... des formes de négociations annuelles obligatoires, comme le font les grandes entreprises, pour pouvoir mieux anticiper les choses, avoir tous les acteurs autour de la table, les employeurs territoriaux, hospitaliers, des ministères, les syndicats, et prendre nos décisions. en transparence et en responsabilité. Je pense que c'est comme ça qu'on peut avancer. Je note que les syndicats veulent aussi qu'on puisse négocier sur la construction d'une politique salariale. Moi, j'y suis prêt. Et vous voyez, c'est le sens à la fois de l'humilité et de la volonté d'avancer efficacement pour notre pays et pour nos fonctionnaires. La preuve, on peut
continuer et faire un petit peu mieux au passage. Merci beaucoup, Stéphane Gherini, d'avoir été sur LCI ce matin.
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