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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Je reviens quand même un instant sur le discours d'Emmanuel Macron, parce qu'il y a quelque chose qu'on a souvent dit sur ce plateau, c'est que le président de la République avait du mal à déployer un grand récit collectif, une vision optimiste du futur qui lui permette d'emmener les Français derrière lui. Et ces derniers jours, avec ce nouveau projet, on sent cette volonté de proposer un récit. Je reste vraiment sur la forme, pas sur le fond. Et je cite un texte qu'il a publié hier sur Twitter, un long texte dans lequel il écrit « Nous sommes un pays de science et... » d'exploit, un peuple de citoyens légitimement fiers de sa force d'innovation, un pays qui refuse le déclin, qui reconquiert son destin. Dans cet effort de toute la nation, chacun a un rôle à jouer. Général Palomero, est-ce que c'est ce type de discours qu'on doit attendre d'un président de la République ? Est-ce que ça peut marcher ? Pour revenir un peu à ce que disait Mathieu Soukher qui disait « Je ne suis pas sûr que ça fonctionne ».
Les discours et les promesses n'engagent que ceux qui les font. Et nos concitoyens, la question c'est est-ce qu'ils y croient ? Chacun a sa réponse. Ils y croiront si ces discours sont clairs, sont engageants. sont suivis d'un certain nombre de faits. Gouverner, c'est prévoir. Gouverner, c'est choisir. Je pense que les Français sont capables de comprendre ces choix. Mais on vit, c'est vrai, dans un monde complexe. Il y a une interaction entre les phénomènes. Donc, je pense que l'erreur, ce serait de traiter de manière séquentielle, en tuyau d'or, les problèmes que nous rencontrons. C'est-à-dire le climat, les problèmes démographiques. Le numérique, quelque part, les questions de défense et de sécurité, ça fait un tout qu'il faut gérer. Et pour ça, il faut se donner effectivement les moyens de la connaissance. On y reviendra sans doute sur l'intelligence artificielle. L'envie de produire et de reprendre en main notre destin ensemble, c'est là qu'il faut trouver effectivement ses voies. C'est
important cette phrase, reprendre en main notre destin.
Et quelque part l'envie aussi, je suis un peu là pour ça, de se défendre et de se protéger. Et il se trouve que, puisqu'on parle d'avenir, le général de Gaulle, c'est lui qui a inventé les lois de programmation militaire. Parce qu'il a cru... En cet avenir, il a cru un avenir aussi où la France serait une puissance de dissuasion nucléaire. Et il a réussi. a monté en puissance tout un corps de scientifiques, d'ingénieurs. C'était absolument incroyable à l'époque. Aujourd'hui, à mon sens, il faut qu'on retrouve et qu'on profite un peu du contexte. Si vous voulez, les contextes, on les subit, mais il faut en savoir derrière une difficulté, une opportunité. Notre défense, sa loi de programmation, elle va couvrir 2024-2030. Sept ans. En sept ans, le président de la République s'engage, chef des armées s'engage pour dépenser 413 milliards. C'est un enjeu considérable. Pour les emplois, pour les technologies, pour le savoir-faire français, pour son rôle dans le monde et pour notre défense et notre sécurité. La sécurité, ça n'a pas de prix, ça a un coût. Quelque part, on le mesure aujourd'hui avec l'Ukraine. Donc, une fois qu'on a mis ça sur la table, un pays qui s'engage dans cette direction, un pays qui veut être souverain et s'inscrire dans une Europe qui sera plus autonome, a le droit de nourrir ses ambitions et doit les poursuivre. Il y a des choix à faire, bien entendu. Il y a des difficultés. Mais si on ne reconstruit pas la base, c'est-à-dire les sciences, les technologies, les ingénieurs, tout ce qui a fait notre grandeur dans les années passées, si on ne donne pas envie à ces jeunes d'aller conquérir le monde, et si on ne risque pas aussi... En investissant sur ces jeunes, en investissant sur des gens qui ont des idées,
on
n'y arrivera pas. On tournera en rond et on reviendra à la case départ.
Anne Levergent, je vais y réagir.
Oui, j'ai eu un grand professeur, je s'appelais le professeur Yvelin, créateur de l'école de gestion de Paris, qui disait que tout problème s'analysait en quatre niveaux. Et ce que disait le général Paloméros me fait tout à fait dire ça. C'est-à-dire qu'il y a le niveau de la matière. Pour être, pour faire de l'industrie, il faut de l'énergie. pas cher il faut des matières premières il faut des technologies donc ça c'est clair le deuxième niveau ce sont les hommes et les femmes c'est à dire il faut des ingénieurs il faut des gens effectivement qu'ils soient formés de manière adéquate et c'est pas seulement les ingénieurs c'est des ouvriers c'est des techniciens c'est tout un système et ça c'est l'éducation c'est la formation continue la capacité de former les gens au fur et à mesure de la vie troisième niveau les organisations C'est-à-dire qu'effectivement, quand le général de Gaulle, Pierre Messmer, annonce à l'Assemblée nationale, vous avez raison, dans les années 70, on ne peut pas dire qu'il y a eu beaucoup de débats sur le nucléaire. On va lancer un grand programme, très bien, les organisations, elles étaient là, il y avait la DATAR, et effectivement, les choses sont allées vite. Et ensuite, le dernier niveau, c'est le sacré. C'est effectivement dans la tête qu'est-ce que nous avons, qu'est-ce que nous voulons collectivement, individuellement. Comme vous le dites, effectivement, dans la situation de la France aujourd'hui, il y a beaucoup de gens qui ne pensent pas à ça. Moi j'ai un point de vue positif. Qui n'ont pas
le temps de penser à ça. J'ai un point de vue très
positif. Je dirais que sur ces sujets, on a fait, curieusement, on fait un baromètre à la commission innovation du MEDEF qu'on publie tous les ans. La France est le plus pessimiste de toute l'Europe, ça ne vous étonnera pas. Mais sur le progrès, sur l'idée qu'on peut faire des choses ensemble, on a fait un énorme pas en avant depuis 2019. Le Covid, avec toutes les polémiques qu'on a eues sur les vaccins. On a vu qu'effectivement, il y avait quand même des solutions scientifiques. Donc il y a un retour sur le fait qu'effectivement, les scientifiques peuvent apporter quelque chose et que la technologie, l'industrie, ça apporte quelque chose. Donc je pense qu'il y a quand même une attente, alors qu'il faut nourrir intelligemment, en nourrissant tout ça. C'est-à-dire que si tout ça reste du discours... et absolument pas des actes où tout est aligné, où effectivement on est capable de faire avancer les grands sujets qu'on annonce, eh bien on va désespérer encore un peu plus les gens. Et je voudrais rajouter que sur... la réindustrialisation dont on parle, je dirais que la désindustrialisation n'est pas arrêtée. Les prix de l'énergie électrique et gazière cet hiver ont tué un nombre d'entreprises considérable. Donc il faut appeler un chat un chat, on est encore dans une situation d'extrême fragilité. pour maintenir les industries existantes. Oui, François Gérald.
Oui, je suis entièrement d'accord avec ce qui vient d'être dit. Et puis avec le fait qu'il est très utile d'avoir une loi de programmation. Alors on pourrait se demander, est-ce qu'il ne faudrait pas une loi de programmation industrielle de la même façon que la loi de programmation militaire ? Mais ce n'est pas ça,
France 2030, par exemple ? Ce n'est pas de la planification ou de la programmation ?
C'est un petit peu l'ambiguïté, justement, que je voulais souligner. La différence entre innovation, programme d'innovation et programme de réindustrialisation. Il me semble que les deux sont nécessaires, mais les deux sont des choses différentes. France 2030, on est plutôt sur des projets innovants, on est plutôt sur des choses de haute technologie, etc. Mais il y a une autre question qui est, est-ce qu'on veut réindustrialiser au sens du nombre de gens qui travaillent dans l'industrie en France, de la part de l'industrie dans le PIB ? Et c'est vraiment deux questions totalement différentes
qu
'on a tendance à mélanger actuellement. Est-ce que les
deux sont compatibles d'ailleurs ? Est-ce qu'on peut être à la fois le président de la TEC, je disais, le président de la... Tout à fait, au contraire.
Et là, Parti France 2030, c'était un peu le macronisme. C'était un petit peu ce qu'on avait avant chez Emmanuel Macron, qui est renforcé, qui est continué. La réindustrialisation, c'est plus une nouveauté. Et je pense qu'on peut tout à fait faire les deux choses en même temps. Vous disiez non, pardon, juste... Je voulais juste te
dire une chose, c'est que... Ce débat sur la réindustrialisation, il faut le mener quand même avec le surplomb de la contrainte climatique. C'est-à-dire que lorsque le GIEC nous dit qu'il nous reste dix années pour changer, ça implique évidemment de réindustrialiser d'une certaine manière. Et par rapport à ce que vous disiez, Général, sur le fait que l'industrie d'armement permet au fond, d'une certaine manière, d'encourager l'innovation industrielle au-delà de l'armée. C'est différent, à mon sens, de réarmer en réindustrialisant. de rééquilibrer la balance commerciale et de gérer la contrainte climatique. Je ne pense pas que ce soit exactement les mêmes secteurs. Et je pense même que dans certains cas, il faut peut-être renoncer à mettre l'innovation et l'argent dans certains secteurs parce qu'il y a d'autres secteurs qui seront prioritaires. Aujourd'hui, par exemple, les chercheurs, le CNRS, je ne vais pas être trop longue. Non, je vous
regarde tous, mais vous réagissez.
Le CNRS, par exemple, et un certain nombre de jeunes chercheurs qui se sont regroupés dans un collectif, réfléchissent à la contrainte climatique en disant qu'il faut d'abord orienter la recherche vers ça. cela, évidemment, ne pas faire des missions de gaz à effet de serre, etc. Mais le sujet, c'est plutôt comment est-ce qu'on oriente les choses. Et du coup, moi, je trouve quand même que c'est dommage. Je ne suis pas contre une loi de programmation militaire ou une loi de programmation industrielle. Mais moi, la loi de programmation écologique, je l'attends quand même. C'est-à-dire que j'attends la loi qui pose l'obligation de réorienter, de transformer réellement l'industrie. Et pour l'instant, il y a beaucoup d'outils et il y a très peu de contraintes.
La question c'est de savoir si on est capable de créer un narratif qui soit effectivement toujours porté par le progrès, finalement incarné comme on l'avait à l'époque du général de Gaulle. Il me semble qu'il y a un certain nombre d'indicateurs qui sont intéressants et qu'on doit observer. Par exemple, l'acceptation du nucléaire en France. Le nucléaire, c'est vraiment une énergie très prométhéenne, très centraliste, etc. Cette acceptation, elle était, il y a seulement 7 ans, de 38%. Elle est aujourd'hui de 78%.
Sûrement à la faveur aussi du climat. Un, du
climat,
deux, de la guerre.
Je n'y avais pas pensé, peut-être, effectivement. Mais le fait que ce soit une chose qui porte un récit national, puisque c'est quand même une énergie technologique et très nationale, et au-delà de ça, que ce soit l'énergie qui soit décarbonée par excellence, ce discours a mis du temps à être intégré. Les narratifs puissants, ça prend du temps à être transmis, mais une fois que c'est fait... C'est très fort. Ce que les Français, je crois, n'acceptent pas, en tout cas, moi, je vous parle du point de vue de la technologie, c'est d'avoir le sentiment qu'on leur impose des choses d'en haut. J'ai vécu et j'ai fait beaucoup de débats sur le sujet de la 5G et du compteur Linky. Et on me disait, mais écoutez, on ne voit pas vraiment l'intérêt. Ça vient de façon extrêmement poussée. Et si on souhaite par exemple s'approprier des technologies comme l'intelligence artificielle ou des choses comme ça, on ne pourra pas le faire. Le président a fait des annonces cet après-midi. On va voir ce qu'il en ressort, je ne l'ai pas encore lu, mais je pense que c'est essentiel de créer des mouvements, des dynamiques qui sont populaires.
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