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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
De l'autre, vous dites qu'il faut que Paris déborde jeudi. Est-ce que... Non, ce n'est pas jeudi. En général. D'abord, l'apaisement, il doit venir de signes envoyés par le président. Demain midi. Oui, mais manifestement, ils ne seront pas au rendez-vous. Quand on dit que déjà tout ce qu'il n'y aura pas, ils ne sont pas au rendez-vous. Donc moi... On peut toujours espérer. Oui, l'espérance... Je préfère ne pas avoir de déception. Donc bon, et puis généralement, je ne suis pas déçu par Emmanuel Macron de ce côté-là. Mais qu'importe, franchement, qu'importe. Moi, je veux dire, on a une intersyndicale. Ça veut dire que pendant des mois, la majorité, le président de la République, le gouvernement, ont eu des interlocuteurs responsables. avec qui il y avait un dialogue qui pouvait se passer. Et cette intérieure syndicale a été méprisée. Elle a été négligée. On n'a pas écouté ce qu'elle avait à dire au pays. Et donc on se retrouve là avec un franchissement de cap. Alors quand je dis que j'appelle à ce que Paris déborde, ce n'est pas pour jeudi. Ça veut dire que ça doit s'organiser. La question c'est qu'est-ce qu'on n'a pas essayé ? Qu'est-ce qu'on n'a pas essayé ? Mais de manière, vous savez, moi, chez moi, dans mon coin, il va y avoir un blocage de la zone industrielle qui va se dérouler jeudi matin, il va être organisé, on va faire ça avec les syndicats, de la même manière à ce qu'avec la préfecture, ça se passe du mieux possible pour que, si jamais il y a des opérations escargot sur la rocade, si jamais il y a des choses comme ça de cette nature qui s'opèrent, ça se fasse de manière encadrée et organisée. Voilà le truc, mais il est certain aujourd'hui qu'il y a la nécessité de... Le problème, c'est quels sont les canaux qu'on n'a pas utilisés 'est-ce qu'on offre comme option aujourd'hui ? Comment les citoyens peuvent se faire entendre ? Donc, à la
fois... Mais vous dites, vous, il faut mettre de la joie dans les manifestations. Oui,
bah oui.
C'est pas de la joie qu'on voit dans les rues de Paris depuis quelques jours. Non, mais je veux dire,
nous, on va essayer de faire un karaoké sur le rond-point de l'oncle Sam à la zone industrielle d'Amiens jeudi matin. Maintenant, je vous assure que quand on propose ça, il y a une colère qui est ressentie par les gens et qui va peut-être pas... Il va falloir qu'on choisisse bien nos chansons de lutte, quoi. Ça va pas pouvoir affaire. C'est-à-dire qu'on vous dit, t'es bien gentil avec ton
karaoké, mais... Pardon ? On vous dit, t'es bien gentil avec ton karaoké, mais c'est pas ça. C'est bien possible.
Je veux dire, aujourd'hui, l'inqui y compris les plus motivés dans mon coin, c'est de se dire, franchement, on ne va pas réussir à tenir tout le monde. Parce qu'il y a une colère qui existe là. Donc il faut trouver des canaux pour que cette colère-là, elle s'exprime. Moi, je souhaite toujours qu'elle s'exprime dans un cadre démocratique organisé. C'est-à-dire, la démocratie, c'est quoi ? C'est l'organisation du conflit. Ce n'est pas la négation du conflit, c'est son organisation. Or, aujourd'hui, il n'y a pas de canal qui permette que ce conflit-là, qui est un conflit très profond, on en sorte autrement qu'en attendant les mots magiques du président. On est dans cette impasse. Bastia, François, sur ce climat.
Et... Hier, j'étais à la Sorbonne et je voyais les braves M, les policiers, brigades de répression anti-violence motorisée, derrière avec un bâton. Vous les voyez hier ? Ils ont tourné, rodé un peu autour de la Sorbonne. Ça m'a rappelé un souvenir absolument terrible, il y a un bout de temps, c'était en décembre 1986, quand Malik Koussäkine a été tué par des... Par des voltigeurs. Voilà, par des voltigeurs. C'était tout près, c'était rue M. Leprince. Et ce matin en cours, j'ai dit à mes étudiants, les mots me faites gaffe quand même. Faites gaffe parce que j'ai peur, et j'ai peur pour eux. J'ai peur pour eux et je vois qu'ils sont très en colère. Non mais, ce que disait François Ruffin tout à l'heure sur le 49.3. Il disait que c'est un abus de pouvoir. Pour un constitutionniste, je ne dirais pas que c'est un abus de pouvoir. Mais en réalité, c'est vécu comme tel. Je l'ai vu. J'ai vu mes étudiants qui sont pourtant formés à ça, qui savent ce que ça veut dire, qui ont reçu le 49-3 comme une gifle. Et ça s'additionne à d'autres gifles. Et le sentiment, quand même, chez tout le monde... Surtout qu'ils ont
passé leur temps à dire qu'ils n'allaient pas l'utiliser. Mais ça s'inscrit dans une histoire assez
longue de mépris, quand même. Il y a quand même tout... Je veux dire que cette colère, elle n'a pas besoin d'être attisée par je ne sais pas quel député. Et elle n'a pas besoin. On ne va pas discuter avec quelqu'un qui est déjà épuisé à 55 ans du rapport entre le temps de vie, le temps de travail, quand on est boueur, etc. Pour ces gens-là, ils n'en ont rien à tirer. Ils n'ont pas besoin de LFI ou du RN ou de qui vous voulez pour être en colère. Ils n'en ont pas besoin. Et ça, je le vois. Et ça, je vais vous dire que ça commence maintenant. Ce qu'on a vu avant, je pense, c'était rien parce qu'on pouvait toujours attendre le débat, éventuellement, on pouvait se dire. Mais là... Maintenant, il n'y a plus d'autres solutions. Et donc, les gens, ils sont en colère. Et ça, c'est inquiétant. Si vous dites à vos étudiants, attention... Je leur dis attention parce que c'est une sorte de rapport... Je fais un peu le père de famille, je les vois comme si c'était mes propres enfants. Donc je me dis, faites gaffe, quand vous voyez que ça chauffe, vous planquez-vous, c'est ça que je leur dis.
si vous leur dites ça, c'est aussi sûrement parce que ces derniers jours, il y a un certain nombre de vidéos qui ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux et qui mettent en cause le comportement des forces de l'autre face aux manifestations spontanées qui se sont organisées depuis jeudi et le 49.3. On va voir quelques images qui ont beaucoup tourné, comme celle-ci par exemple. soir vers Châtelet, dans le centre de Paris, donc une charge de CRS qui termine en coup de matraque sur des manifestants qui, a priori, ne semblent pas poser le moindre danger aux policiers. Une autre image qui a été beaucoup commentée, c'est celle-ci. On voit un manifestant se prendre un coup de poing en pleine face. Il reste au sol complètement KO. Il a ensuite été secouru. Ces images, elles ont été dénoncées par un certain nombre de journalistes qui étaient présentes dans les manifestations, de manifestants. Aujourd'hui, on a entendu le président de la Ligue des droits de l'homme ainsi qu'un haut responsable de l'ONU mettre en cause le comportement des forces de police en France. Gérald Darmanin a réagi ce matin. Il a publié un communiqué en intimant aux forces de l'ordre, en leur rappelant, je le cite, l'indispensable proportionnalité de l'usage de la force. Et puis dans la foulée, on a vu sur BFM TV, Laurent Nunez, le préfet de police de Paris, qui a défendu l'action de la police tout en annonçant l'ouverture d'une enquête justement sur la deuxième image qu'on a vue. la vidéo du coup de poing. Comment est-ce que vous les voyez, ces images, Bruno Quetel ? Est-ce que vous aussi vous craignez ? C'est quand même assez fort ce que nous disait Bastien François. J'ai pensé à Malik Ousekine. Est-ce que ça pourrait finir comme ça ? Est-ce que vous craignez qu'il puisse y avoir un mort ? Je ne sais pas de boule
de cristal, mais bien sûr que lorsqu'il y a des rassemblements de ce type, le drame est possible. Après, bien sûr. Bien sûr que le drame est toujours possible quand vous avez un attroupement et de la violence qui vient des deux côtés. On n'a pas que des enfants de cœur qui viennent manifester. Et moi, je ne crois pas trop au caractère spontané de tout ça. Je vous le dis très franchement. Il y a un minimum de structuration. Les réseaux sociaux et un certain nombre de canaux font que un certain nombre de personnes s'organisent, on le sait. Qu'est-ce que vous voulez dire, juste pour concrètement ? Les Black Blocs, ils n'arrivent pas chacun de manière individuelle. Ce n'est pas les millions de personnes qui sont dans la rue, les Black Blocs. Ce n'est pas mes étudiants. Ce n'est pas tous les manifestants qui sont frappés. Mais là, on voit que ce n'est pas des black blocs dans les images qu'on va voir. Écoutez-moi, si vous voulez bien. Un drame est toujours possible, malheureusement, et bien évidemment, on ne peut pas souhaiter que ça se produise. Des comportements violents, il y en a toujours eu, malheureusement, au sein des forces de l'ordre, et elles ont toujours été sanctionnées au moyen d'enquêtes administratives, de sanctions diverses et variées, et tout ça. C'est insupportable à la vue et quant au principe qu'on se fait de l'action publique et de l'ordre public, qui justement doit être... la stabilité et la neutralité de l'expression de la violence. maintenant moi ce que je voudrais exprimer aussi c'est bien sûr on peut être compte bien sûr on est dans son rôle de parlementaire d'opposition bien sûr on ramène les gens à un discours la retraite à 60 ans 40 ans d'annuité mais le monde aussi comme comment on place notre pays au sein du monde où est ce qu'on est capable nous pays france de réformer les équilibres économiques du monde je ne sais pas j'en suis pas persuadé et le sens du Conseil national de la résistance en 1945. Des grands principes arrêtés alors. Est-ce que le pays d'aujourd'hui est le même ? La retraite par répartition, qui est remise en cause paradoxalement par la gauche, qui veut qu'on ait taxé le capital pour équilibrer les comptes. Est-ce que c'est le sens que l'on veut donner aussi à tout cela ? Je veux dire, et c'est pour ça que je... Pourquoi vous précisez ça ? Parce que... On nous a expliqué qu'on pouvait équilibrer les comptes en taxant les plus riches. Donc on sort du cadre de la retraite par répartition, qui, je vous le rappelle, le système des retraites est abondé par les cotisations du moment. Donc la remise en question du système de répartition, c'est la gauche, malheureusement, qu'il propose aujourd'hui dans notre pays. Mais pourquoi ne pas prendre le temps, justement, de rappeler un certain nombre de choses et de projeter des perspectives à l'aune de ce qu'est notre pays au XXIe siècle dans une économie mondialisée dont on ne peut pas se passer ? Pardonnez
-moi, mais je voulais... Quand même, qu'on reste sur ces images, et je ne vous ai pas entendu Nelly Garnier, Laureline Dupont et François Ruffin sur ce qui s'est passé dans la rue, est-ce que ce qui se passe là, François Ruffin, c'est votre pire cauchemar ? Dans le sens où, et vous le dites parfois, la question du parti de l'ordre, qui est souvent le parti au pouvoir, qui pourrait tirer profit de ce qui se passe aujourd'hui. Est-ce que vous, c'est votre pire cauchemar ? Question très simple.
Mon pire cauchemar, je veux dire, de toute façon, quand un Français... tape sur un autre français, qu'il y en ait un qui soit policier et l'autre qui soit étudiant, c'est jamais la preuve d'une réussite quand même, c'est la marque d'un échec. Et c'est pas ce que je souhaite, c'est pas ce qu'on souhaite pour notre pays. Maintenant, il y a là, je le dis, quasiment une stratégie du chaos. qui est mise en place, de se dire, ben voilà, ça va partir en sucette, dans tous les sens, il va y avoir des dérapages, des débordements, ça va devenir de l'action individuelle, et derrière, on va taper fort, on se retrouve, moi, là, c'est le retour au maintien de l'ordre façon Gilets jaunes, avec quand même, à l'arrivée, des estropiés, des éborgnés. Et l'ONU qui se penche sur le cas de la France, Amnesty International, si c'est l'image qu'on veut renvoyer au-delà du monde. Les
deux, on sait comment ça marche tout ça.
Non, mais donc, là, aujourd'hui, qu'est-ce qui... Moi, je souhaite qu'il y ait des... Notre force, c'est la force du nombre. On a en face une force de coercition, une force de coercition sur les manifestants, une force de coercition sur les salariés quand on vient opérer des réquisitions. Une force de coercition sur l'Assemblée quand on passe par 49-3. Eh bien, la force qu'on a face à ça, pour moi, c'est la force du nombre. C'est-à-dire, on y arrivera quand... Il y aura encore plus de monde qui viendra dans les rues de Paris. Et moi, en disant ça, quand je dis qu'il faut que Paris déborde, c'est qu'il faut que Paris déborde de monde. Pourquoi ? Parce que là, vous voyez, on regarde les rues de Paris. Ce qu'on ne voit pas, c'est le mouvement très profond de la société. Je veux dire, on a commencé par les résultats électoraux, mais de manière corrélée. On a vu des manifestations chez moi à Perronne, à Albert, à Frivillet-Escarbotin, à Doulan, à Abile. Des coins où ça manifestait rarement ou pas depuis des décennies. Là, hier, la mairie d'Aville a été envahie. C'est un fait. qui ne s'est pas produit dans les annales de la ville depuis, je ne sais pas, peut-être la Révolution française, il faudrait regarder. Mais si jamais cette cohérence-là très profonde du pays n'est pas écoutée, si on ne voit que ce qui se passe place de la Concorde, il y a un moment où la France est sous préfecture, elle doit arriver aussi à Paris pour bien montrer ça. Parce que là, je ne voudrais pas qu'il y ait un effet d'écran avec ce qui se passe seulement place de la Concorde ou à la Sorbonne et qu'on ne voit pas ce que pense très profondément et ce qui va être beaucoup plus un poison. dans la durée, le poison du ressentiment
qui
s'installe dans le cœur des gens dans la durée, dans la matérologie à Frivile-Escarbotin, où ce matin j'étais dans un incinérateur à ici les Moulineaux, je rentre dans la chaufferie puisqu'on me fait visiter l'usine qui est en grève et à l'arrêt, je vois des travailleurs du bâtiment qui sont penchés comme ça dans des combinaisons blanches avec des masques sur le nez et les gars m'approchent eux et je dis alors la retraite vous en pensez quoi ? Pfff, laissez tomber. Franchement, nous, 64 ans, mais c'est même pas la peine. Déjà, 62 ans, mon père, je l'ai vu mourir, il a eu 6 mois de retraite. Avec de la rage ! Voilà ce qui se passe profondément dans le pays. Ces gens-là, qui étaient dans l'incinérateur, ils ne seront pas dans la manifestation vraisemblablement. Et ils n'étaient pas à place de la Concorde non plus. Non, et pourtant, en profondeur, ce qui se passe dans leur cœur, c'est l'installation du ressentiment. Et moi, le devoir qu'on a quand on est progressiste comme moi, c'est le devoir de transformer ce ressentiment en une espérance. Si le ressentiment reste de la colère statique, latente et ainsi de suite... Il ne peut pas basculer chez nous. Nous, on a le devoir de le transformer. Pour
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