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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Bonsoir Bruno Retailleau. Bonsoir à vous. Merci beaucoup d'être avec nous dans le club Objectif Gare ce soir. Bruno Retailleau, on va le rappeler, vous êtes sénateur de la Vendée, président du groupe Les Républicains au Sénat, et vous êtes candidat à la présidence du parti à la fin de l'année. Avec nous ce soir Coralie Mollaret, notre journaliste politique. Bonsoir Coralie. Bonsoir Abdel. Bonsoir M. Retailleau. Bonsoir. Coralie, tout va bien ? Tout va bien. Alors on y va pour l'interview. C'est parti, je vous laisse Coralie poser la première question à M. Retaille.
Oui, alors ? En 2021, votre parti n'avait pas vraiment voulu de vous pour la primaire avant la présidentielle. Est-ce qu'aujourd'hui, vous estimez que c'est votre moment, vous voulez prendre votre revanche
n'est pas une question de revanche. C'est une question beaucoup plus grave que ça. On a perdu successivement trois présidentielles et à chaque fois, l'échec a été plus lourd. Et je pense que là, c'est vraiment l'élection de la dernière chance. Moi, ce que je veux, c'est rebâtir un nouveau parti. Les Français ne nous croient plus parce qu'ils ne savent plus qui nous sommes. Est-ce que nous-mêmes, nous savons quelles sont nos vraies convictions ? Donc je veux vraiment rebâtir un parti. pour une nouvelle droite, une vraie droite, une droite qui ne s'excuse pas d'être de droite, qui ne recule pas, sans excès, sans outrance, mais aussi sans concession.
Et en quoi vous êtes le meilleur candidat pour incarner votre mouvement ? Parce qu'en politique, les idées, ça compte, mais l'incarnation aussi ?
Bien sûr, ça compte. Moi, ce que je peux donner et offrir à nos militants, c'est eux qui vont voter, on est d'accord. C'est deux choses. C'est d'abord le fait que je n'ai jamais trahi mes convictions, j'ai toujours été... très ferme d'ailleurs. À l'époque, du reste, j'avais milité avec Charles Pasqua, avec Philippe Seguin pour Maastricht, contre Maastricht, etc. Je n'avais pas voté le traité d'Isbonne. Donc des convictions qui sont très fermes, mais en même temps une capacité à rassembler. C'est ce que je fais bien sûr au Sénat. Vous savez, 145 sénateurs, ce n'est pas tous les mêmes. Et tout ça tient ensemble. Je pense que dans la vie politique, il faut être capable de rassembler. Quand on fait moins de 5%, à la présidentielle, on n'a pas le droit de cliver trop, parce qu'à ce moment-là, c'est l'explosion. C'est
quoi la clé ? Comment on rassemble un Éric Ciotti avec un Aurélien Pradié ?
Je crois qu'on rassemble en donnant des objectifs clairs et entraînant les gens derrière soi. Quand on a une sorte de clarification, quand il y a un enthousiasme, il faut être capable d'emporter. Par exemple, un groupe au Sénat. Moi, j'étais président de région. J'avais une majorité qui était une majorité un peu diverse. Et pourtant, mes délibérations étaient votées. Donc je crois que c'est la puissance de conviction. Il faut convaincre. C'est ça la politique. Essayer de convaincre. Pas seulement les mêmes que soi, parce qu'on n'a pas besoin de convaincre ceux qui pensent exactement comme vous. Il faut aussi s'élargir. Et donc ce que je veux, moi, c'est à la fois clarifier la ligne, être clair sur nos convictions, mais aussi rassembler. Et puis peut-être que j'ai un dernier atout, c'est que j'aime le débat d'idées. J'ai écrit il y a 18 mois un livre sur l'écologie. pour dénoncer les écolo-gauchistes. Est-ce que les
communes allaient éteindre leur éclairage public ? Exactement.
Le titre du livre, c'était « Aurons-nous encore de la lumière en hiver ? ». C'était prémonitoire. Et c'était bien avant la guerre d'Ukraine. Mais au
-delà des idées, on va en parler, on va quand même s'arrêter un peu sur vous. Ça fait longtemps que vous roulez votre bosse en politique. Qu'est-ce que vous allez apporter ? Vous trouvez que ça se voit
vraiment ? Il y a fait longtemps.
Qu'est-ce que vous allez apporter de nouveau à ce parti ? Qu'est-ce que vous voulez changer concrètement ? Parce qu'on les a vus quand même, les personnages politiques. succéder en disant « il n'y a qu'à Faucon ». Mais concrètement, qu'est-ce que vous allez apporter à votre parti ? Je
veux tout changer. Moi, je pense que si on se contente de ripolliner la façade, on est mort. Tout changer, ça veut dire quoi ? Ça veut dire d'abord faire un parti de militant. Je veux faire moi un parti populaire, patriote, qui puisse rassembler et fédérer les électeurs de droit. Ça veut dire quoi un parti de militant ? Ça veut dire par exemple qu'on ne considère plus le militant comme un distributeur de tracts, comme un colleur d'affiches ou comme un remplisseur de salles. D'accord, mais on fait quoi ? Concrètement, on leur donne des référendums internes. un bulletin de vote, la possibilité est de décider, de trancher sur, par exemple, les grandes décisions, les grandes orientations, sur les investitures. Parce que notre parti, je vais vous dire, il devient trop parisien. Ici, c'est la province. Moi, j'habite la Vendée. Mais c'est quand même une révolution culturelle à droite. Parce qu'on se souvient toujours
de Jacques Chirac. Un chef, c'est fait pour chef et... Il y a toujours eu quelqu'un qui décide. Est-ce que finalement, ce référendum interne, ce n'est pas le synonyme ? Qu'il n'y a pas de leader aujourd'hui dans votre parti
? Non, mais on n'est pas... il y a 30 ans avec Jacques Chirac. Ce temps est révolu. Je crois qu'on habite une société. Il y a une carence de leader aujourd'hui ? Ce n'est pas qu'il y a une carence de leader. C'est surtout qu'il y a une soif des gens de participer à la vie publique. Vous savez, un militant, il donne de son temps, il donne de l'argent. Il cotise, parfois il fait des dons. Vous ne pouvez pas comme ça le négliger. Ça veut dire que vous dites aux militants, vous allez peser sur l'avenir du parti, sur les décisions, sur les investitures. Et c'est comme ça qu'on deviendra un grand parti. Et c'est comme ça qu'on deviendra un parti populaire. Parce que si les gens sont simplement à la merci de Paris, des chapeaux à plumes qui décident, à un moment ou à un autre, ça ne marche plus. Vous
voulez faire le rassemblement des sensibilités de droite. Vos premières propositions, on a quand même le sentiment qu'on est à droite toutes. avec le rétablissement des peines blanchées, l'expulsion des délinquants étrangers, la suspension des allocations familiales pour les parents que vous considérez comme négligents. Est-ce qu'aujourd'hui, ce rassemblement que vous imaginez des sensibilités de droite, est-ce qu'il ne pourrait pas intégrer également Marine Le Pen et Eric Zemmour
Moi je pense, voyez, l'exemple de 2007 avec Nicolas Sarkozy, quand la droite s'assume, alors le rassemblement. nationale recule ça c'est la grande leçon moi je ne veux pas que demain on se réveille en Suède, si j'ose dire. Quel est le problème de la Suède ? Ou en
Italie.
Oui, alors le problème de la Suède, oui, bien sûr, et l'Italie. Ce sont des pays qui n'ont pas maigrisé leur immigration. Et aujourd'hui, le phénomène migratoire est en train de nous échapper. Ça n'est plus les Français, notamment le Parlement ou l'exécutif français qui décide qui doit venir chez nous, c'est les passeurs. Ce sont les mafias qui font de la traite d'êtres humains. Je pense qu'il faut se réapproprier. ce pouvoir-là. Parce que qu'est-ce qui en souffre ? Ce sont les immigrés qui sont très bien intégrés et assimilés. C'est eux qui en souffrent.
Et qui représentent la majorité de l'immigration.
Et ceux qui en souffrent, c'est les classes populaires. Parce que les classes populaires françaises, ils n'ont pas d'argent pour mettre leurs enfants, comme ce pape Ndiaye, dans des écoles qui coûtent cher. Les classes populaires, ils n'ont pas d'argent pour se payer des appartements ou des maisons dans les beaux quartiers, protégés de la sécurité, protégés de tous ces phénomènes. Moi, je ne suis pas monomaniaque. Je ne pense pas qu'un projet français doit s'arrêter à la sécurité ou à l'immigration. Oui, parce qu'en quoi les mesures
que vous proposez peuvent justement aider ces classes moyennes ? Pointez du doigt les filières d'immigration. Je
pense que dans tous les pays, il y a une demande de ces classes moyennes et surtout des classes populaires de réguler l'immigration. Tout simplement parce qu'on a aussi en France, il faut le dire, un système social très généreux et que vous ne pouvez pas maintenir un système social très généreux en ouvrant toute grande des frontières. À un moment donné, ça va exploser. Donc ça, il y a une demande de protection. Mais je veux dire que dans mon projet, je veux aussi lutter contre ce qui est en train de miner la France. C'est l'appauvrissement. Je cite souvent un exemple qui n'est pas connu des Français. Peut-être que vous ne le connaissez pas. En 20 ans, il y a 20 ans, un Allemand, un Français, le même niveau de vie. 20 ans plus tard, la différence de niveau de vie, c'est 5 000 euros, plus de 5 000 euros favorables à l'Allemand. Parce que nous, on a fait les 35 heures et eux, ils ont choisi le travail. Aujourd'hui, les victimes... c'est ceux qui sont au SMIC ou un peu plus du SMIC. Ça ne paye pas assez, il y a trop de charges, trop de charges sociales. Moi, je veux que le travail paye, et je veux que le travail paye plus que les allocations, évidemment que les aides. Et je veux qu'à chaque fois qu'on distribue une aide, il y ait un devoir, une contrepartie. Est-ce que par
rapport, vous évoquiez tout à l'heure la Suède, l'Italie, on en a déjà un mot, et en même temps, on vient de se dire, est-ce que la révolution de la droite française ne passe pas par cet élargissement ? avec l'extrême droite, comme en Suède et comme en Italie. Est-ce qu'aujourd'hui, la droite peut gagner la présidentielle, avoir une majorité à l'Assemblée nationale, si elle n'élargit pas à droite ? Et vous venez en plus d'un parti de Philippe de Villiers, qui est aujourd'hui avec Éric Zemmour. Oui, lui, mais pas... Pas vous, bien sûr. Ça veut dire qu'il y avait des incontrances sur les
convictions. Ce que je veux dire, c'est que vous avez en Europe, je l'ai étudié, Deux réponses. Toutes les droites européennes ont subi une crise. Il y a eu deux réponses. Il y a eu les alliances, comme en Autriche, comme en Suède, comme aujourd'hui en Italie. Et puis, il y a eu une autre réponse qui consiste à revenir, à changer le logiciel idéologique. Et moi, c'est cette voie-là. Je veux moi. construire un parti qui sera un parti populaire, patriote, parce que j'aime la France. Et vous voulez rester autonome ? Je veux rester autonome et surtout, mais fédérer tous les électeurs. Qu'on se comprenne bien. D'abord, Mme Le Pen ne veut pas d'alliance. plus avec nous qu'avec Éric Zemmour. Qu'est-ce que vous avez de différente d'elle aujourd'hui ? Beaucoup de choses. Je ne suis pas un démagogue. Vous savez, Mme Le Pen, elle a changé d'avis sur à peu près tout. sur la peine de mort, sur l'euro, sur l'Europe. Aujourd'hui, elle ne veut pas toucher, elle voudrait même revenir à 60 ans, pour la retraite, ce qui ruinerait les retraités français. et la France. C'est-à-dire qu'elle change en fonction du vent. Oui, mais il y a quand même des électeurs
républicains qui ont convergé vers elle. Et aujourd'hui, il y a quand même un candidat à la présidence du parti, Jordan Bardella, qui séduit une partie de vos électeurs. Vous avez un positionnement autonome à l'Assemblée nationale, sauf qu'il n'est pas visible, par exemple, sur la loi pouvoir d'achat, les députés de droite. ont inséminé quelques mesures. On a notamment vu les 30 centimes de restourne à la pompe. Sauf que ça, personne ne le sait parce que votre positionnement politique, il est assez flou et qu'il y a des membres de votre parti comme Eric Wehrs qui disent carrément, entrons dans le gouvernement, faisons une alliance avec Emmanuel Macron pour préparer la suite. On n'est pas macronistes.
On n'est pas macronistes. Emmanuel Macron, vous voyez, est un président qui aura surendetté la France, est un président qui aura laissé filer l'immigration, laissé filer l'insécurité. On n'est pas... Un président de droite quand on nomme M. Papandiaï, ministre de l'Éducation nationale, qui est un de ceux qui veut propager l'idéologie wokiste en France. En revanche, on est une opposition, mais une opposition en intérêt général. On n'est pas non plus la NUPES. Pas question de bloquer le pays. Ce que je vais vous dire pour répondre sur les votes qu'on a fait au Sénat ou à l'Assemblée, ce n'est pas nous qui avons voté textes de M. Macron. C'est la majorité de M. Macron qui a voté les textes. Regardez le texte sanitaire. Il a été totalement réécrit par le Sénat. On voulait nous imposer à nouveau le pass sanitaire. Il n'y en a plus besoin aux frontières, etc. On l'a rejeté. Oui, mais vous avez validé la loi pouvoir d'achat. On va valider le pouvoir d'achat parce que, un, on a fait la défiscalisation des heures supplémentaires, on veut que le travail paye, l'exonération des charges sociales, on veut qu'il y ait des économies et on a exigé… Mais ça, le grand public ne le sait pas
parce que votre positionnement
politique est assez flou. Non, mais ce que je veux dire par là, c'est qu'il y aura des moments où on s'opposera, par exemple sur le budget, mais quand on a des propositions qui vont dans notre sens. Ce serait totalement politicien de dire, parce que c'est M. Macron qui le propose, on va s'opposer. On n'est pas comme ça. Nous, on ne se situe pas par rapport à M. Macron, mais par rapport à l'intérêt général des Français, de la
France. Revenons du coup à cette présidence des Républicains qui aura lieu en fin d'année. Le choix, effectivement, à travers trois candidats à ce stade. Qu'est-ce que vous avez de différent d'Aurelien Pradié et d'Éric Ciotti ? Et pourquoi il faut voter pour vous ?
On a une aile gauche avec Aurélien Pradié, il a voulu Revenu Universel par exemple, et on a l'aile droite avec Eric Ciotti. Ce que j'ai de différence, ce que je vous disais tout à l'heure, c'est que je suis ferme sur la marchandise, sur les convictions, mais j'ai cette capacité à rassembler, c'est cette capacité à préserver l'unité. Encore, je le redis quand même, on a fait moins de 5% à l'élection présidentielle. Vous vous rendez compte, si là encore, on veut encore cliver, alors tout... Tout explosera. Par rapport à
Éric
Ciotti,
sur l'élection
interne, vous avez quand même un déficit de notoriété par rapport à lui. Comment le combler ? Sans doute, en faisant le Tour de France. C'est ce que je fais. Je suis avec vous aujourd'hui. Hier, j'étais dans une manade. Demain, je serai à Nantes, en Sarthe. Après, demain, en Deux-Sèvres, ensuite en Essonne, en Val-d'Oise. Donc, je fais le Tour de France.
Vous avez dit qu'Éric Ciotti a pris, mais il a un positionnement très à droite comme vous. Qu'est-ce qui vous distingue ?
Je pense que ma droite à moi est une droite beaucoup plus de 360 degrés. J'envisage, je considère que le régalien c'est important, mais je considère que la droite ne peut pas se réduire seulement au régalien. Il ne s'occupe que de ça ? Il est connu pour ça, mais il y a la question, moi je vis par exemple dans un département qui est champion de France des PME. Donc je vois bien le problème des chefs d'entreprise, des petits chefs d'entreprise, pas des grands groupes. Il y a plein de choses à libérer. Je pense, et moi je suis aussi attaché à ce qu'il y ait un certain nombre de droits. On va parler de la retraite. Très bien. Donc le président de la République va sans doute repousser l'âge de départ à la retraite. Ça va procurer des marges de manœuvre. Ces marges de manœuvre, moi je veux qu'elles bénéficient aux tout petites retraites. Il y a des retraites de moins de 900 euros. Je pense qu'il faut les amener à 1200 euros. Un autre exemple. Je veux, moi, qu'on crée un nouveau droit. Un droit à la pension de réversion. Vous avez deux parents, ils vieillissent, ils ont un enfant handicapé. Je veux qu'il y ait une pension de réversion. Quand le papa, le maman meurt, eh bien, haut à l'enfant handicapé. Donc, vous voyez, j'essaie d'avoir une vision globale des choses. Je crois que les Français... Sur la
réforme
de
la retraite, vous y êtes plutôt favorable
à la proposition d'Emmanuel Macron. On a toujours, tous les ans, dans le projet de loi de finances sur la sécurité sociale. On vote un amendement au Sénat parce qu'on sait que depuis 10 ans, ce sont les retraités qui ont eu le plus de paires de pouvoir d'achat avec la CSG que leur a imposé M. Macron pour une partie d'entre eux. Là, il leur propose 1 100
euros minimum pour la rémunération.
C'est une bonne nouvelle ? Bien sûr. Je pense que 1 200 euros, ça aurait été bien. Peu importe. C'est compliqué quand même d'avoir un positionnement politique
quand on est tiraillé
entre les deux. Emmanuel Macron, c'est son dernier mandat. Il ne sera plus candidat. Il ne peut plus puisque la Constitution... Et ce sera qui
le candidat de la droite en 2027 ?
On verra. Dans Wauquiez ? Écoutez, ça peut l'être. Pourquoi pas vous ? Il a des qualités... Si j'avais voulu l'être, j'aurais pu me présenter aux dernières primaires. C'était un peu compliqué, on ne voulait
pas trop de vous quand même aux dernières primaires.
Non, je vais vous dire, je n'y suis pas allé à l'époque, tout simplement parce que je considérais que c'était des toutes petites primaires, réservées uniquement, et surtout très tardives, au mois de décembre. Ça a été une super opportunité pour Éric Zemmour, ça lui a permis de s'envoler alors que nous, on était dans un processus. Ce truc-là était plombé d'avance.
Quand même, après la primaire, on se souvient que Valérie Pécresse était à touche-touche dans les sondages avec Emmanuel Macron et qu'elle était même donnée gagnante.
Oui, mais la leçon de la primaire.
En bon vendéen que vous êtes. Peut-être une dernière petite question quand même. On sait que vous êtes ami avec François Fillon. On sait qu'il a été condamné pour emploi fictif. Est-ce que ça ne peut pas être un boulet dans votre campagne ? Il n
'a pas été complètement. D'abord, il en appelle. On appelle, oui. Donc, attention, il y a une présomption d'innocent. Non, pas du tout. Moi, je ne renie rien. Moi, je suis fidèle en amitié. Je pense qu'il avait le meilleur projet, notamment économique, pour la France. Je pense que s'il avait été président de la République, il aurait été un bien meilleur président de la République qu'Emmanuel Macron. C'était une opportunité. Je ne veux pas me prononcer, c'est à la justice de se prononcer sur les questions que vous avez soulevées. Ça reste un ami. Moi, je vais vous dire, je suis fidèle. Je trouve que dans la vie politique, il n'y a pas assez de fidélité. Les gens tournent kazakh dès qu'il y a un petit problème. Non, non, moi, je pense que les qualités de la vie humaine devraient être aussi. les qualités de la vie politique tout court. C'est tout. C'est peut-être une faiblesse, mais c'est moi, je ne me changerai pas. Merci
beaucoup Bruno Retailleau d'avoir été avec nous ce soir dans le club Objectif Gare. Alors magie de la télévision, Coralie, le temps de se changer. On va se retrouver tout de suite dans le nouveau décor du club des sociétaires avec notre invité d'hier, Vincent Bouget, le secrétaire départemental du Parti communiste français et nos sociétaires Claire Starozinski, Annie Chapelier et Jean-Baptiste Jouve. On va parler de la place des femmes dans les partis politiques. A tout de suite. Bienvenue dans le nouveau club à la mode du Gare. Bonsoir mais à un bougien. Bonsoir, Abdel
Samari.
Merci d'être avec nous à nouveau ce soir dans l'émission. On a changé de décor. Oui, d'un jour
à l'autre, ça change. On n'est pas très
loin quand même. L'objectif est de déstabiliser un peu les invités, vous l'avez compris. On est complètement déstabilisés. Est-ce que vous êtes bien sur ce sofa ? Alors, c'est vraiment très, très
confortable.
Merci. Très bien. Parfait. Face à vous, trois sociétaires sont avec nous. D'abord, Claire Starosinski qui fait son retour dans l'émission. Bonsoir, Claire.
Bonsoir, Abdel. Tout va bien, Claire ? Quand on est là, c'est que ça va.
On a passé un bel été.
Bel été.
La feria est terminée. Il n'y a plus de raison de s'énerver.
moi je suis tout le temps énervée. C'est
ça effectivement.
On
va le voir ce soir à mon avis une nouvelle fois. Jean-Baptiste Joux fait son retour également dans l'émission. Bonsoir Jean-Baptiste. Bonsoir Abdel, bonsoir tout le monde, ravi d'être là. On va rappeler Jean-Baptiste que vous êtes chez les Jeunes Républicains, c'est bien ça ? Oui, je suis responsable des Jeunes Républicains du Gard. Et désormais salarié dans le privé, puisque vous ne travaillez plus avec Laurent Burgoy, le sénateur. Oui. Pas plus à dire, pas plus de commentaires. Très bien, parfait, on n'en dira pas plus. Et c'est avec un immense plaisir qu'on accueille une nouvelle sociétaire dans l'émission, c'est Annie Chapelier, l'ancienne députée du Gard. Bonsoir Annie Chapelier. Bonsoir Abdel. Et infirmière de profession, on va le rappeler, travaille au CHU de Nîmes et qui va très bientôt partir pour une formation pour devenir, on l'espère pour vous, directrice d'établissement.
Je l'espère encore plus que vous et j'espère que ce décor très détendu ne nous... n'empêchera pas d'avoir des questions aiguisées, pleines d'acuité et retrouvera le sérieux que nous donnait l'ancien décor.
– Écoutez, en tout cas, c'est l'objectif. On va parler ce soir de la place des femmes dans les partis politiques. Je vais donner la parole à Coralie dans quelques instants. Mais bien évidemment, vous allez pouvoir aussi ou interpeller Vincent Bouget, notre amitié, ou alors exprimer un coup de cœur ou un coup de gueule dans la deuxième partie. Allez Coralie, c'est à vous. Bonsoir Coralie. – Bonsoir Adèle, bonsoir Sacha. Coralie, tout va bien ? Ah oui, c'est vrai que Sacha Virga est là également. Bonsoir Sacha, il va m'en vouloir. Bonsoir M. Samari, bonsoir. Coralie, notre journaliste politique à Objectif Gare. Coralie, c'est vous qui nous plantez le décor du débat de ce soir sur la place des femmes dans les partis politiques.
Et oui Abdel, ces dernières années ont été marquées par de nombreuses polémiques impliquant des dirigeants politiques dans des affaires de violences faites aux femmes.
D'abord le député de la première circonscription du Nord, France Insoumise Adrien Quatnens, qui a reconnu avoir giflé sa compagne. Puis le député écolo de Paris, Julien Bayou, accusé de violence morale sur son ex-compagne.
Ces affaires de violence sexiste et sexuelle mettent en lumière Abdel les cellules de suivi utilisées par ces partis. Sont-elles suffisamment performantes ? Est-ce que le parti d'ailleurs est capable lui-même de mener ses enquêtes sans être biaisé par des considérations ? Politique, le débat est ouvert.
Merci Coralie. On va démarrer, je propose, avec Annie Chapelier sur la question de la place des femmes dans les partis politiques. Je vous le rappelais en introduction, vous êtes une ancienne députée de la majorité présidentielle, même si vous avez quitté La République En Marche. Vous êtes restée effectivement à l'Assemblée nationale dans un parti et dans un groupe de la majorité. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire ? sur la place des femmes, y compris à l'Assemblée nationale, est-ce que vous avez eu le sentiment, par moments, que parce que vous étiez une femme, il y avait une forme de sexisme, il y avait des réflexions, quelquefois, qui pouvaient poser des problèmes ?
sont des questions qui sont, quelque part, assez hypocrites. Ce qui se passe à l'Assemblée, ce qui se passe dans le monde politique, n'est finalement que le reflet de ce qui se passe dans notre société. La place des femmes, elle est quelque chose qu'il faut en permanence remettre en question et rétablir. Et les remarques qu'il y a sur la séparation d'Adrien Caténès, par exemple, ne sont finalement qu'une illustration de ces histoires qui se terminent mal lors des séparations et où la violence intervient alors qu'elle ne devrait jamais avoir lieu. Ça, c'est quelque chose qui arrive. présent dans le quotidien de chaque femme. Et il n'existe pas une jeune femme, une jeune fille, qui à un moment ou un autre de sa vie ne sera pas confrontée à cela. Et c'est quelque chose qui, tant que les hommes, qui sont l'autre moitié de la France... Nous ne pourrons jamais avancer ni dans les partis politiques ni dans la société.
Est-ce que les choses ont évolué quand même ? Parce que la société aujourd'hui, on le voit bien, Coralie le disait tout à l'heure avec Julien Bayou, secrétaire nationale chez Europe Écologie Les Verts, qui est contrainte de démissionner alors qu'il n'y a pas de plainte contre lui. Est-ce que la société ne l'accepte plus aujourd'hui moralement ?
ce sont des personnes exposées comme le sont Julien Bayou ou Adrien Catenens, on attend d'eux d'avoir des attitudes qui vont dans le sens de ce que l'on souhaiterait. Finalement, on leur demande d'être la caution de ce que nous ne faisons pas au quotidien. Et c'est quelque chose que je trouve très dangereux, très délétère, dans le sens où on se focalise sur certains individus et finalement on laisse faire tout le reste. Que eux se démettent de leur fonction, ça me paraît normal, parce qu'ils doivent aller au bout, effectivement, de cela, parce qu'on en a connaissance. Et les partis politiques ont mis en place des cellules, certains, et il faut qu'elles servent à quelque chose, ces cellules, et pas uniquement qu'elles soient là pour, encore une fois, apporter une caution.
Mais ça
doit être réellement quelque chose qui doit être beaucoup plus large, et se focaliser sur eux, c'est oublier les autres.
-Baptiste. Vous, chez les jeunes républicains, déjà, est-ce qu'il y a une proportion de femmes qui est représentative de la société française ? Oui, il y a des femmes.
Heureusement, c'est une très bonne chose. Si la question, c'est de savoir si les choses ont changé pour les femmes en politique, moi, la principale chose que je regarde, c'est leur capacité à accéder au poste important. Et c'est vrai que ces derniers mois, je me félicite par exemple qu'on ait un premier ministre qui soit une femme, présidente de l'Assemblée nationale en la personne de madame privée. Ça, c'est important. Après, pour le reste, si la question est de savoir Si c'est au parti politique de juger les hommes politiques, de leurs faits, de leurs accusations, parce qu'en l'espèce, M. Baouliou et M. Katana, ce sont deux problématiques différentes. Si la question, c'est au parti politique de juger, non. C'est à la justice de juger. Et je rappelle que pour moi, l'essentiel, c'est que les personnes qui sont témoins d'actes, d'agressions sexuelles, qui ont eu des témoignages, elles doivent se retourner vers la justice. En l'espèce, je peux m'empêcher, je le dis avec beaucoup de gravité, d'être vraiment choqué, pour ne pas dire scandalisé, par les propos qu'a tenus Mme Rousseau concernant son secrétaire national. Je ne peux pas m'empêcher d'ailleurs d'y voir un coup politique. C'est tout simplement pour elle. Elle a utilisé la vie privée de M. Bayou. pour le dire assez crûment, l'éliminer politiquement.
Vincent Bouget, avant de donner la parole à Claire Starozinski, Vincent Bouget, au Parti communiste français aujourd'hui, est-ce que vous avez des cellules, comme disait Jean-Baptiste, même s'il n'y est pas forcément favorable, considérant que c'est la justice de faire ce travail-là ? En premier, bien sûr. Est-ce qu'au sein du Parti communiste français aujourd'hui, il y a des cellules de veille et qui peuvent accueillir des femmes qui peuvent avoir subi des violences ? violences verbales et des violences physiques.
Oui, il y a une cellule qui a été créée et mise en place à la fin de l'année 2017, début 2018. avec des formations qui ont circulé à l'intérieur du parti. C'est une cellule qui vise à être saisie, à écouter, à faire parler celles qui sont victimes de violences ou de machisme au quotidien et qui vise à les accompagner. Ça a été créé avec une association indépendante. qui du coup saisit et accompagne les victimes vers des solutions judiciaires quand c'est nécessaire, quand elles le souhaitent, mais qui aussi essayent de régler en interne. Alors que ça soit, je ne dirais pas que ça soit parfait, la situation des femmes dans le parti communiste, elle est... Elle est à l'image de ce que ça peut être dans la société aussi. Personne n'est épargné par des attitudes... Mais l'ascension des femmes
au Parti communiste français, typiquement, depuis l'époque de Marie-Georges Buffet, on n'a pas de personnalités féminines qui se sont distinguées
jusque-là. Alors on a une histoire féministe quand même, parce qu'on a eu des ministres ou même des premières députées, par exemple les premières députées du Gard sont des députés communistes, femmes. Donc il y a une histoire de promotion... des personnalités féminines dans le Parti communiste. Il y a eu une secrétaire nationale qui a été, je pense, la première à l'époque à l'être, Marie-Georges Buffet. Mais ça ne veut pas dire qu'au quotidien, moi je me rends compte au quotidien, que la place des femmes dans la vie politique, elle est difficile et qu'il y a des choses à faire. C'est
lié à quoi ? C'est un contexte familial qui
empêche ? Mais Annie Chapelier le disait, c'est dans toute la société comme ça. C'est-à-dire que ce qu'on appelle le patriarcat ou les dominations, c'est encore très présent dans toute la société. Et oui, toutes les femmes vont être, à un moment donné de leur vie, victimes d'agressions. Et c'est insupportable. Donc il y a effectivement des gens qui apparaissent, qui sont symboliques de ça. Et il faut traiter ces cas-là. Mais il y a tout le reste, il y a beaucoup de choses à faire. Et toutes les collectivités, tous les partis politiques, toutes les associations doivent... On doit en faire une cause.
Claire Starosinski, alors vous avez une personnalité aussi, vous n'avez pas peur d'aller au combat, on le voit, au travers de votre présidence de l'alliance anti-corrida, vous êtes retrouvé souvent dans des situations avec des hommes confrontés à du débat, encore récemment avec le club de la presse. Comment vous le vivez ça ? Est-ce que vous avez le sentiment que parce que vous êtes une femme, on considère peut-être chez les hommes que vous êtes un peu moins crédible ?
n'ai jamais eu ce sentiment. de toute ma vie. Je voudrais revenir sur ce qui a été dit par Annie Chapelier qui estime que ce sont les arbres qui cachent la forêt, les élus des partis politiques. Moi, je dis que ces gens-là doivent être des exemples dans la mesure où ils sont élus et ils représentent les gens, ils représentent le peuple. Donc, quand tu es élu, tu as un devoir. D'exemplarité. Et je terminerai par une anecdote. Pamela Anderson avait demandé à être reçue à l'Assemblée nationale. Et quand elle est arrivée, c'est un spectacle de désolation qui a été offert. Et je ne pense pas qu'il y avait un parti politique plutôt qu'un autre. Ils se sont mis à glousser. très certainement en référence à la dinde, ça a été quelque chose de terrible. Ils étaient tous ensemble, ils se sentaient forts parce que la violence est une question de pouvoir. Ils se sentaient très forts et je suis persuadée que s'il y en avait un seul qui s'était trouvé dans une pièce avec Pamela Anderson, il aurait rampé. Il aurait rampé pour avoir ses faveurs. Donc le rapport est effectivement très inégal. Coralie,
vous vouliez dire un mot, je vais donner la parole à Annie Chapelier.
Vous pouvez intervenir justement parce que c'est plutôt une question. Quand Claire dit que la violence c'est une affaire de pouvoir, est-ce que justement dans les partis où il y a beaucoup de personnes de pouvoir, il n'y aurait pas plus de violence ? On a tous en tête des exemples et des faits divers. Mais il y a un peu des violences, des viols parfois, parce que des hommes, après hommes ou femmes, n'acceptent pas qu'on
leur dise non. pense que ce que Claire vient de dire sur Pamela Anderson, 'est vraiment révélateur. Vous disiez que vous n'avez jamais douté de votre crédibilité, mais là, la crédibilité de Pamela Anderson, elle était où ? du fait qu'elle était une femme et qu'elle représentait un symbole sexuel, elle n'avait plus aucune crédibilité pour le sujet qu'elle portait. Après, est-ce qu'on n'aurait pas fait la même chose pour un homme ? Non, je ne suis pas d'accord. On n'aurait certainement pas fait la même chose. On aurait été
acteur dans une série américaine, etc., qui serait venue à l'Assemblée nationale. Est-ce qu'on n'aurait pas réagi de la même façon ?
Vous avez évoqué ce sujet en nous l'amenant, en nous sociétaires, sur la protection des femmes dans les partis politiques. Ce choix des mots « protection des femmes » montre bien que dans votre inconscient, quelque part, désolé de faire de la psychanalyse de bas étage ou d'ascenseur ou de supermarché, vous placez les femmes dans une position où elles ont besoin d'être protégées, donc qu'elles sont inférieures et fragiles. Alors que nous sommes dans un monde… Nous sommes dans un monde qui devrait permettre à chacun d'avoir les mêmes droits et que ces droits soient respectés pour chacun d'entre nous. Nul n'a besoin d'être protégé. Nous avons simplement besoin d'avoir un monde qui est protecteur pour tous et pas pour une catégorie. Et dans les partis politiques, effectivement, on peut toujours s'amuser à déballer et dire que même ici, dans le département du Gard, ce n'est pas un jeu de dire que telle et telle personne a des attitudes qui sont totalement répréhensibles et qui parfois même mériteraient d'avoir un dépôt de plainte. Mais si l'on commence cela... C'est bien la question des femmes qui subissent des violences. C'est que finalement, on va passer sa vie au commissariat. Parce que tout est également question d'échelle et cela n'est jamais très bien défini. Mais après, est-ce que dans le
monde politique aujourd'hui, les femmes comme les hommes ne doivent pas accepter qu'il y ait une part de violence ? puisqu'il y a du débat. Alors, de toute façon, je ne parle pas de violence physique. Il y a la violence politique. Je parle de violence dans les échanges, dans les débats. Est-ce que ce n'est pas nécessaire ? C'est presque la question que j'ai envie de poser ce soir. Il ne s'agit pas de cela. Il s'agit de
ce que Claire disait, d'exemplarité dans le quotidien, dans la vie personnelle. Un homme ne frappe pas sa femme ni sa voisine. Bien évidemment. Et aucune personne ne doit profiter de la force physique qu'elle a. pour asservir une autre personne, pour la diminuer ou pour la frapper. De toute façon, la violence physique est proscrite et la violence psychologique est plus difficile à définir. Un petit dernier mot de Jean
-Baptiste pour clôturer le débat ? Non, j'insisterai bien sur le point essentiel qui est que le droit français a un arsenal juridique qui permet de répondre le plus sévèrement et le plus rapidement possible. au sujet des violences à l'intérieur des partis politiques.
M. Pouget n'a pas l'air d'accord avec vous. Je
rappelle peut-être en dernier point, et après je laisserai bien sûr la parole à M. Pouget, en France, on a l'obligation de dénoncer ces faits lorsqu'on en est au courant. Ne pas le faire et punir ça d'une amende importante et d'une peine exemplaire.
Je suis d'accord avec l'idée que le droit permet de condamner, mais je crois que c'est plus profond. Sur la question de l'égalité femmes-hommes, c'est une question sociale. C'est une question qui dépasse les partis
politiques à ce moment-là.
Bien sûr, qui dépasse les partis politiques. C'est une question sociale de domination aujourd'hui. Il y a une domination masculine qui existe, qui peut diminuer à certains endroits. Le mouvement MeToo a permis de faire soulever le couvercle de la marmite et de porter des choses. Mais ça ne suffit pas. C'est-à-dire que dans les actes concrets de la vie quotidienne, est-ce qu'on est des exemples plus que d'autres ? Très bien qu'on soit exemplaire, mais il faut que n'importe qui, chez soi, ne domine pas sa femme, la fasse vivre dans un climat d'insécurité. Il n'y a pas forcément de violence physique, mais quand on vit dans un climat d'insécurité... on est dominé. Et ça, ça existe encore beaucoup. Mais on en a parlé hier avec les clubs sportifs féminins. Il y a encore beaucoup, beaucoup de travail à faire.
Merci. Merci à tous, en tout cas, d'avoir participé à ce débat. Alors, place tout de suite à la seconde séquence de cette émission. On va démarrer avec Claire Starozansky. Alors, Claire, ce soir, est-ce que vous faites le choix d'un coup de cœur, d'un coup de gueule, ou vous voulez interpeller directement notre invitée ? Monsieur Bouget, j
'ai un cadeau pour vous. Je vais commencer par le cadeau. Les corridas ne peuvent pas bénéficier du taux réduit de la TVA qui est réservé au spectacle vivant. Reposons sur la prestation d'artistes, divers, musiciens, comédiens, interprètes, chorégraphes. Et les torréos ne sont pas considérés comme des artistes dès lors que leurs prestations ne concourent pas à des représentations d'une œuvre de l'esprit. C'est un courrier du ministre du Budget. Et de toute façon, le ministre... Alors, 2007, 2017 et aussi plus tard. Ça ne varie jamais, je demande chaque année. Votre
question à Vincent
Bouget. Non, non, non. La ministre de la Culture a elle aussi... Non, non, non, parce que là, je n'ai parlé qu'une fois tout à l'heure, mais je n'ai rien dit pour pouvoir me rattraper. Parce que j'ai plusieurs choses à me dire. La ministre de la Culture, moi, j'en ai assez d'entendre. La Corrida, c'est une culture. Non, ce n'est pas de la culture. Alors, dans votre tribune, il y a pas mal de contre-vérités, mais je ne vais pas pouvoir toutes les dire, parce que sinon, je vais me faire gronder.
Non, on va juste vous couper.
La culture taurine dans ses différentes expressions, corrida, course camarguez, lâchet de taureau est attaqué. Mais qui a parlé de course camarguez et lâchet de taureau à attaquer ? Personne. Défendre la corrida, c'est aussi défendre un combat écologique. Mais non ! Il y a 1500 têtes de bétail, braves comme vous l'appelez en France. Il n'y en a pas, il y en a 15 000 de Camargue. Donc vous inquiétez pas, l'écologie ça va continuer. La corrida ne consiste pas à supplicer un animal sans défense. Alors pourquoi il meurt dans 99% des cas s'il n'est pas sans défense ? Sans défense c'est pas que physique, c'est tout un système qui est mis en place. Et ensuite, il est agressif si on a le malheur d'entrer dans son territoire. Venez chez moi, vous allez voir mon chien si vous rentrez dans son territoire. Il est faux d'affirmer que ce spectacle provoquerait des troubles chez les enfants qui assistent. Je vous présenterai des gens qui ont assisté à Décorida et qui pleurent encore.
On laisse Vincent Mouger répondre. Vous avez pris 4-5 exemples de sa tribune. Vincent Mouger,
je vous en prie. Merci de m'avoir lu d'abord. On n'est évidemment pas d'accord. J'assume ce que j'ai écrit. Je crois vraiment qu'on a intérêt à voir ce débat. Il est nourri d'arguments et moi j'apprécie. Ce que j'apprécie moins, c'est quand dans les débats... On est systématiquement envoyé à des tortionnaires sanguinaires, etc. Ce que nous ne sommes pas. Moi, j'ai vu des corridas depuis ma plus tendre enfance. Ce que
je ne dis jamais.
Ce ne sont pas mes propos. On est d'accord. Ce ne sont pas
les propos de l'alliance anticorridale. Je
trouve que c'est extrêmement insultant. Je le dis ici. Après, moi, je suis... Comment dire ? Je pense qu'on est... libre d'être d'aimer, de ne pas aimer, d'être contre ou d'être pour. Et moi, je défends l'idée que le rapport au taureau qui est donné là fait que le taureau a une place qui est sublimée et qui est sans doute l'animal dans notre société aujourd'hui le plus respecté et le plus glorifié. Et évidemment, c'est un combat inégal, heureusement. On n'est pas là pour faire tuer des hommes dans les arènes. Évidemment, la finalité de la vie, c'est la mort, mais c'est un débat qu'on peut avoir aussi avec les êtres humains. Et je pense que la question de la corrida touche à notre rapport aux animaux. Je ne considère pas qu'un taureau de corrida est un animal domestique, par exemple. C'est le code
pénal le qualifie d'animal domestique.
Voilà, mais je pense que c'est une erreur. Et je ne pense pas que... Parce que les taureaux de Corrida se tuent entre eux de temps en temps dans les champs. Oui, entre eux. Et ils attaquent effectivement quand il y a un être humain qui arrive. Et puis c'est un autre débat par rapport à la mort. Et ce que je n'aime pas, c'est l'hypocrisie par rapport à la mort. C'est-à-dire qu'une mort cachée dans un abattoir, il y a beaucoup de progrès à faire sur les abattoirs, y compris sur les transports d'animaux. soit plus respectable qu'une mort glorifiée ou spectaculaire. Je comprends qu'on ne puisse pas aimer ça, qu'on trouve ça violent. Je m'interroge sur l'idée. Et puis, au final, je pense que sans Corrida, il n'y a plus de taureau-brave. Et moi, je veux... Allez, Jean-Baptiste.
Jean-Baptiste, votre coup de cœur, votre coup de gueule. Il n'y a pas besoin d'élection à la NIT. Merci Claire, on est très en retard. Jean-Baptiste. C
'est plutôt un coup de gueule, même si c'est une question tout à fait, je pense, intéressante pour le débat politique. C'est une question de politique nationale qui a de la répercussion au niveau local. Je ne comprends pas très bien, M. Voget, comment le Parti communiste que vous incarnez ne se soit pas encore désolidarisé de l'ANUS, ne soit pas totalement émancipé de Jean-Luc Mélenchon et de ses acolytes. Je ne comprends pas très bien pour plusieurs exemples, je vais vous en citer quelques-uns. Il y a des différences qui me semblent fondamentales et je me réjouis d'entendre les déclarations récentes de M. Roussel, que ce soit sur le travail, que ce soit sur le nucléaire, que ce soit sur le rapport que les dirigeants politiques doivent avoir avec la police en France. Je ne comprends pas comment cette désolidarisation n'est pas encore actée niveau national.
savez, il y a toujours eu des débats à gauche. Il y a toujours eu des rassemblements, quelles que soient les formes, depuis le Front populaire, en passant par la Libération, en passant par le Front de Gauche plus récemment, en passant par aujourd'hui cette expérience qui est une expérience jeune. Il y a toujours eu des débats, il y a des apports qui sont l'identité de chacune des composantes. Ça paraît très
profond quand même ces dernières semaines, les divergences. Non,
c'est des différences d'approche et on se retrouve sur des combats, des luttes. Concrets, on se retrouve toujours tous ensemble. Après, la question, c'est qu'aujourd'hui, on est à un tournant de la civilisation. Mais vous les condamnez, les déclarations de Jean-Luc
Mélenchon, quand même.
Je ne sais pas desquelles vous parlez. Celle sur la police, où il les a traité de paxieux, par exemple. Police-tu ? Écoutez, il y a aussi des problèmes avec les violences policières. On ne le dit pas, mais on ne peut pas généraliser et jeter
l'opprobre sur la police en général, comme il l
'a fait. Mais l'idée de dire que la violence, aujourd'hui, est une institution qui peut même maltraiter ses policiers... parce qu'il y a des façons d'organiser l'ordre public qui ne correspondent pas aujourd'hui au respect de la démocratie, moi je peux le tenir aussi. Mais c'est pas la question, il a généralisé. Et laissez-moi juste utiliser mes propres mots. Après, aujourd'hui, on a un carrefour. Est-ce qu'on continue dans ce modèle ? qui est en train d'épuiser la nature, de la détruire complètement, y compris le climat, et de détruire la dignité humaine, ou est-ce qu'on invente, et là tout est à inventer, un nouveau modèle qui permet de dépasser les dominations et les anéliations. Et je crois que si on arrive à faire ce projet de société avec nos différences, parce qu'on est toujours tous différents, y compris dans les partis politiques... Il y a beaucoup de différences dans un parti politique. On n'est pas toujours tous d'accord. Alors, à ce moment-là, on peut travailler... Allez, Annie Chapelier,
c'est à vous. À présent, votre coup de cœur, votre coup de gueule ou l'interpellation de notre invité.
Ce sera un mi-chemin entre l'interpellation et le coup de cœur. Allez-y, je vous en prie. Et moi, je vous propose, Vincent, de faire un peu de politique fiction. Je crois que vous avez des enfants, me semble-t-il. Donc je vous demande de vous projeter dans une quinzaine d'années et de répondre à vos enfants qui seront de jeunes adultes et qui se trouveront dans un monde avec des étés à 50 degrés, un département où il n'y aura plus d'eau, des problèmes d'approvisionnement en énergie, en alimentation, tout simplement des choses dont on a besoin pour vivre, des choses essentielles. Et qui vous diront, papa, lorsque tu étais à des postes qui n'étaient peut-être pas ceux où on a le plus de pouvoir, mais en tout cas où tu pouvais quand même agir, tant au département que dans une grande agglomération comme Nîmes, ou à la tête d'un parti dans un département, qu'est-ce que tu as concrètement fait ? Et est-ce que tu l'as fait en temps et en heure ? Pourquoi tu as laissé passer tout ce temps ? Pourquoi tu n'as pas été plus actif ? Pourquoi tu n'as pas été plus incisif ? Pourquoi est-ce que tu n'as pas essayé de bousculer les choses ? Pourquoi tu t'es installé dans ce ronron ? que veut tout parti, qui est de toujours attendre le résultat d'une élection, et ensuite de prendre le temps de cette discussion, de cette soi-disant concertation qui n'en est jamais une, etc. Qu'est-ce que vous répondriez à vos enfants ?
J'espère que je n'aurai pas à leur répondre ça. J'ai une conception d'engagement politique, j'espère ne pas m'endormir dans le confort, qui est un confort relatif. Déjà, je continue à travailler, j'exerce mon métier, qui est pour moi aussi un engagement. Mon engagement, le mandat électif, est une forme de l'engagement. Mais après, j'ai été engagé avant d'avoir un mandat. J'espère, comme beaucoup d'exemples qu'on peut avoir au Parti communiste, je pense à Alain Clary notamment, Bernard Deschamps qui a été député, etc., qui continue à militer. J'espère pouvoir faire ça. Et puis à un moment donné, on est élu ou on n'est pas élu, sans se renier, mais en proposant des choses. Il y a des limites à l'exercice du pouvoir, vous le savez, on le sait, je ne crois pas moi que les élus seuls peuvent faire changer les choses. J'ai conscience qu'à côté de mon mandat électif, c'est pour ça que je reste dans un parti politique, je continue à l'animer, il faut faire bouillir les idées, il faut faire des actions, il faut du rassemblement, parce que si la société ne bouge pas en même temps que les élus... alors les changements n'arrivent pas. L'exemple, je faisais ce matin en cours le Front populaire. Si le Front populaire met en place les premières mesures très vite, les premières grandes mesures sociales, c'est parce qu'il y a un mouvement de grève immense en mai 1936 qui leur permet de prendre la main sur le patronat qui n'en voulait pas. Donc ça, je ne l'oublie pas. Et que je sois élu ou pas élu, ben... L'idée, c'est de ne pas laisser le monde tel qu'il est.
Merci. Merci Vincent Bouget. Merci à tous pour vos interpellations, puisque c'était plutôt de l'interpellation ce soir dans l'émission. Allez, passe tout de suite au dernier mot de Sacha Virga. Alors Sacha, c'est pour vous, le dernier mot ce soir. Je vous en prie, qu'est-ce que... Alors, soyez rapide Sacha, parce qu'on a largement débordé. J'ai appris
à tenir un micro correctement. Je pense que ces quelques jours de répit m'ont fait du bien. Non, Madame Chapelier, je ne suis pas sûr que ce soit un coup de cœur que vous avez fait à Monsieur Bouget tout à l'heure. Je ne sais pas, peut-être que je me trompe dans mes propos. Vous vous trompez Sacha, mais souvent vous vous trompez. Je me trompe souvent, effectivement. Par contre, là où je ne me trompe pas, Monsieur Samarin, vous aurez pu en parler. On a parlé tout à l'heure des violences qui ont été faites aux femmes. Je ne sais pas si vous vous souvenez, nous avons sorti un magazine à ce propos sur les violences conjugales, justement avec le violentomètre. Je crois avoir vu Adam Chapelier avec un exemplaire tout à l'heure de ce violentomètre. Je crois que c'était plutôt
Vincent Bouget. C'était Monsieur Bouget, pardon. Je vais vous
le remettre,
Sacha.
Non
mais il est déjà dans le magazine, pas besoin d'aller voir le magazine. Je suis bien que vous l'ayez dans votre poche.
Juste un dernier mot, peut-être. Rapidement. Le conseil départemental lance le concours pour les associations qui s'occupent des violences faites aux femmes. C'est Isabelle Fardoujouf qui s'en occupe. J'invite les associations qui s'occupent de ces questions-là à participer à ce concours, à aller sur la page du Gare.fr, parce que c'est un des moyens, ça ne suffira pas, mais c'est un des moyens pour encourager les actions. Il y aura donc un accompagnement logistique financier pour ceux qui seront primés, trois associations primées.
C'est dit. Merci
beaucoup, Vincent Bouget, d'avoir été avec nous ce soir et puis hier soir également. À très bientôt.
Pas demain soir du coup.
Non, pas demain soir. Il y a un changement de décor, on va le dire dans quelques instants. On va remercier nos sociétaires d'avoir été avec nous ce soir. On remercie Coralie et on remercie Sacha. On va remercier bien évidemment Romain Cura pour la réalisation de l'émission. Changement de décor, je le disais à quelques instants. Demain, c'est Corentin Corgé que vous retrouverez. Il va présenter son club sport. C'est le numéro 1 avec le consultant. Patrick Chan, le journaliste sport de la rédaction d'Objectif Gare, dressera le programme du Week-end Sport dans le département. Lundi, je vous retrouve ici même sur ce plateau du club avec Franck Proust, le président de Nîmes Métropole. Et puis trois nouveaux sociétaires seront également avec nous. Il est l'heure de refermer ce club. Bonne soirée à tous.
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