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Macron, Mélenchon, Le Pen : quel avenir pour les trois blocs ? - #AMFIS2022
3 octobre 2022
Cette conférence a lieu parce que la séquence qu'on a vécue à l'issue des élections présidentielles et législatives est assez particulière. Je présente les participants. Je vais commencer par moi. Je suis Nadia Jabo-Mongoli, députée en Seine-Saint-Denis depuis 2022 de la France Insoumise. Jérôme Legarve, député de la 12e circonscription de Seine-Saint-Denis. D'ailleurs, je précise, nous avons 12 députés sur 12 en Seine-Saint-Denis. Il est professeur et syndicaliste dans l'éducation nationale et également membre du parti ouvrier indépendant. C'est mon voisin de circonscription. Et Statis Kouvelakis, chercheur en philosophie et militant de la gauche radicale que vous connaissez. Il a enseigné pendant 18 ans au King's College à Londres. Il est membre de la revue Contre-temps. Il est un contributeur régulier. Il est un militant engagé. Et notamment, vous avez pu suivre ses contributions au moment de la crise de la dette grecque. Donc à cet égard, il aura un éclairage particulier. appliqué ici Et puis, à l'occasion des discussions autour de la formation de la NUPES, tu as écrit un article dans Contre-temps, justement, intitulé « La possibilité d'une brèche » qui porte une réflexion sur les enjeux qui se posent aujourd'hui et qu'on va aborder ensemble. Donc, moi, je vais d'abord poser les problématiques de cette conférence de manière générale. Ensuite, Jérôme va faire un point de la situation politique, du coup, qui est débouché de la séquence. Et puis, Statis va s'attarder. sur des points très particuliers, sur la manière dont on se projette pour la suite. Donc en termes de panorama général... Ce ne sera pas un éclairage théorique, mais plutôt pragmatique sur comment on définit ces trois blocs. Écoutez, on l'a vu à l'issue de l'élection présidentielle, c'est une structuration inédite parce que les élections présidentielles, en temps normal, ça doit trancher un certain nombre de sujets, de débats qui animent le pays. Et ça n'a pas atteint son objectif au regard des scores et la situation à la suite au moment des élections législatives. Nous avons un président qui a été élu. sans qu'il annonce son programme. D'ailleurs, la campagne de Macron a été une non-campagne. Il a profité notamment de la guerre en Ukraine pour ne pas nous éclairer sur ce qu'il comptait faire. On avait vu aussi à l'issue même de l'élection présidentielle que sur la réforme des retraites, c'était le grand flou. Et c'est maintenant que le coup de bâton, il souhaite le porter. Nous avons un président qui, à peine élu, quand on faisait les sondages, le souhait des Français, c'était qu'il ne remporte pas les élections législatives. Donc ça, c'est aussi un autre point. inédit. Et d'ailleurs, ces élections législatives, il les a perdues en réalité, puisqu'au soir du premier tour, eh bien, il était minoritaire. Donc cette structuration, c'est la conséquence de l'effondrement du bipartisme français, ce qui n'est pas du tout le bipartisme à la britannique, mais quand même un bipartisme structuré autour du PS et de LR. Et d'ailleurs, moi, c'est un peu malheureux de le dire, mais Marine Le Pen, en son temps, avait eu une formule qui résumait un petit peu la situation de ces deux parties, avec la formule UMPS, puisque des deux côtés, en fait, il y avait une prétention de défense des classes populaires et les classes moyennes, des partis attrapent tout, mais en réalité en épousant les principes et les actes du néolibéralisme. Donc ces trois blocs, vous les connaissez, donc je vais rappeler quand même quelques chiffres qui sont assez parlants. Le bloc libéral-bourgeois avec LR et LREM qui a totalisé à l'issue du premier tour de la présidentielle 32,63% des suffrages. Le bloc d'extrême droite avec lequel on emblogue Le Pen, Zemmour, Dupont-Aignan avec 32,28%. Et puis le bloc populaire avec l'Union populaire et les autres forces de gauche qui fait 31,92. Donc en fait trois blocs assez lisibles intuitivement à travers les chiffres mais qu'il faut quand même définir parce qu'entre les uns et les autres il y a quand même quelques va-et-vient. D'abord le bloc libéral-bourgeois qui est l'alliance entre les classes supérieures et moyennes qui autrefois votaient pour le PS ou la droite, les républicains. C'est ce qu'on appelle, certains appellent le bloc élitaire. On y retrouve une sur-représentation des diplômés. et des cadres vivant dans les grandes métropoles, ils partagent en gros un soutien sans faille à la construction européenne et on peut résumer que ça a été un peu le camp du oui au référendum de 2005. Donc si certains votaient encore à droite par fidélité et par rapport à certains... à certains principes habituels de la droite, le rapport à l'impôt, le rapport au service public, le rapport à l'entreprise. L'élection de 2022 a montré qu'avec un aller à moins de 5%, Macron a absorbé énormément de ses électeurs. Il y a ensuite évidemment le bloc d'extrême droite que vous connaissez avec Zemmour, Le Pen, qui vient aussi grignoter fortement le bloc de droite. Et par exemple, Marine Le Pen est en tête dans les classes moyennes rurales. C'est un élément important à signaler. Et puis enfin, il y a le bloc, notre bloc, le bloc populaire. Il fédère les quartiers populaires. Les scores, par exemple, en Seine-Saint-Denis, le montrent très clairement. Les classes moyennes des grandes villes, les néo-ruraux également. En fait, c'est un élément de la sociologie électorale qui a pu en étonner certains. Et le petit salariat du privé et du public. Nous sommes donc ce camp-là. Et je vais vous donner encore quelques chiffres. Ce sera les derniers. Pour vous expliquer un peu comment se situe le précaria dans le vote de Lyon populaire. Donc on a 33% parmi les salariés en CDD, donc en fait la précarité du statut dans le travail. 31% parmi ceux qui gagnent le moins de 900 euros par mois par rapport au seuil de pauvreté. Et 30% parmi les chômeurs. Et également, je n'oublie pas les intérimaires qui représentent 27% de notre électorat. D'autres chiffres qui concernent là plutôt les répartitions. spatiale. Nous sommes premier ou deuxième l'Union populaire dans toutes les métropoles. Paris, Lyon, Marseille, Nantes, Rennes, Lille, Toulouse, Montpellier, Grenoble et Strasbourg. Également, en termes de rapport de diplômés, nous sommes 26% de notre électorat parmi les diplômés. C'est un bond de 6 points par rapport à 2017. Il y a là une évolution très importante pour nous et qui peut être donne les premiers signes d'un électorat. crypto-interclassistes, on va dire. Et puis, dans la jeunesse, 32% de notre électorat a moins de 35 ans. Et par rapport au patrimoine immobilier, 30% sont les locataires. Donc, les propriétaires ne sont pas chez nous. Alors, excusez-moi, j'ai un petit problème de feuille, d'ordre. Donc du coup, excusez-moi. On parle de trois blocs dans cette conférence, mais il y a en réalité un quatrième bloc et c'est celui certainement qui nous intéresse le plus et qui va nous intéresser dans les mois, dans les semaines même à venir. Jérôme en parlera quand il fera son point sur la situation politique. Donc c'est le bloc des abstentionnistes, c'est le plus conséquent. C'est donc notre stratégie à l'égard de ce quatrième bloc abstentionniste qui va déterminer l'avenir des trois blocs dont il est question aujourd'hui et singulièrement l'avenir d'une autre. D'ailleurs, je vous invite à voir si vous le pouvez la conférence qui a eu lieu ce matin. avec Raphaël Knouche et Tristan Haute, qui est l'auteur d'un livre qui s'appelle L'extinction du vote, sur une analyse assez fine de ce qu'est ce bloc abstentionniste. Donc nous, dans nos stratégies de révolution par les urnes, nos capacités à mobiliser ce bloc est évidemment déterminante, elle consiste à l'amener vers le vote. Il s'agit absolument de gens qui s'y votent, votent pour nous. Pendant la campagne présidentielle, on a martelé et martelé que plus les gens, les abstentionnistes allaient voter, plus notre score serait haut. C'est d'ailleurs ce qui a un peu ce qui a motivé nos campagnes, nos campagnes législatives. À chaque fois, on a une stratégie d'entonnoir, à savoir aller faire des porte à porte massifs dans les zones où l'abstention était la plus élevée pour terminer vers les zones où le vote était peut être le plus certain. C'est évidemment une tâche immense et je pense que le statististe de ce point de vue là aura beaucoup d'éclairage à nous donner. Mais par ailleurs, il faut quand même se prémunir des préjugés concernant les abstentionnistes et Jean-Luc Mélenchon. On l'a fait vraiment de manière très forte pendant la campagne. Il ne s'agit pas de dire que ce ne sont pas des personnes engagées, ce ne sont pas des personnes concernées. Certains vont en manif, certains sont dans des collectifs de lutte. La question des Gilets jaunes a montré par ailleurs que parmi ceux-ci, il y avait beaucoup d'absorptionnistes, mais qu'ils s'étaient mobilisés. Donc c'est vraiment un enjeu pour nous. Maintenant, pour ouvrir un peu le sujet, comment se posent les perspectives et les dynamiques pour les trois blocs à la suite des législatives ? On peut dire qu'il est là face à une crise morale et politique parce que pour plusieurs raisons. D'abord, Macron, c'est son dernier quinquennat. Il ne va pas se représenter et donc commence déjà la course pour sa succession. C'est intéressant de voir. Ça va être intéressant de voir ce que vont dire d'ailleurs les ministres qui seront présents aux Amphis. Il a une absence de majorité au Parlement régulièrement dans nos prises de parole dans l'hémicycle. On rappelle tout le temps qu'il est minoritaire. Il n'a pas de majorité. d'ailleurs de se soumettre aux votes de confiance et ce n'est pas pour rien du côté du bloc d'extrême droite qui sont dans une logique de respectabilité et il ya là un jeu de va et vient avec avec le bloc libéral incarné par macron on le voit à l'assemblée il ya un certain nombre de majorités sur sur des votes qui sont qui sont réalisés grâce au concours de la droite et de l'extrême droite il ya aussi une tentative de respecter l'extrême droite et de nous diaboliser. Et cette diabolisation, elle va aller en s'accroissant puisque l'objectif, c'est finalement de décliner l'objectif présidentiel qui consiste à avoir un duel à chaque fois entre ce bloc et le bloc d'extrême droite contre nous. D'ailleurs, je rappelle, en fait, je pense qu'ici, beaucoup de gens l'ont constaté, que lors des élections législatives, l'alliance a été... L'objectif a été quand même assez visible, puisqu'à aucun moment il n'était question d'appeler à un barrage républicain, quand au lendemain du premier tour, nous étions finalement celles et ceux qui partageons des valeurs avec Macron. Donc voilà ce qu'on peut dire de ce point de vue-là. Quant à nous, l'analyse de la répartition de notre électorat doit nous inciter. à avoir une stratégie qui va aller chercher, d'abord, comme j'ai dit tout à l'heure, les abstentionnistes, mais ainsi à aller mobiliser les uns et les autres dans des zones où la politique a quelque peu disparu. On est beaucoup sollicité, nous, en tant qu'élus, sur la manière de nous mobiliser dans des zones où le FN, alors qu'il n'est même pas là physiquement en termes de militantisme, fait des scores. Donc en fait, il y a à chercher les lieux de mobilisation et d'énonciation de notre récit. Le Boc populaire est fondé sur une alliance entre les classes. On a vu dans le vote, dans le score qu'on a fait, qu'il y avait un chemin pour obtenir un vote interclassiste. Alors nous, évidemment, on martèle nos thèmes, on martèle notre programme, on martèle que lorsqu'on parle de la hausse du SMIC, c'est un point d'entrée pour élargir le propos et d'aller sur la hausse générale des salaires. En fait, on parle à ceux qui gagnent 1300 euros comme à ceux qui en gagnent 2000. C'est soutenir à chaque fois que c'est possible les luttes là où elles existent. Alors évidemment, Ça va être davantage possible à 75 députés qu'à 17 dans des zones qui sont désertées à la fois par les politiques, à la fois par les services publics. Et donc, nous entrons dans une période où il y aura... Il n'y a pas d'élection. C'est le moment dans lequel nous devons avoir une réflexion. Et c'est le moment qu'on a choisi aussi à la rentrée pour faire plusieurs démonstrations de force, à savoir se compter, soutenir le mouvement syndical qui annonce déjà un certain nombre de journées de mobilisation. Et puis aussi, quand on parle de mettre en place la marche contre la vie chère, c'est aussi cette manière qu'on a, qu'on veut pour mobiliser ce bloc populaire. il ya un danger dans lequel on est nous en tout cas je parle de notre expérience par rapport à l'assemblée nationale c'est que il ya un calendrier institutionnel qui impose un certain nombre de thèmes et tout notre enjeu à nous c'est d'imposer nos thèmes d'imposer nos thèmes sur la vie chère de ne pas céder sur un certain nombre de nos projets et des aspirations populaires donc voilà moi j'en ai fini sur mon panorama général jérôme je te laisse la parole pour faire un petit point de situation politique
Merci Nadège. Donc tu m'as présenté tout à l'heure Jérôme Legavre, tu l'as dit je suis militant du POI, membre de la section française de la 4e internationale, trotskiste quoi pour aller vite, et député au sein du groupe LFI, député parmi les 12 députés LFI, enfin NUP pardon, de Seine-Saint-Denis. Alors moi je n'avais pas l'intention de, comment dire, de développer... les éléments que tu as donnés et que le camarade complétera également tout à l'heure, j'avais l'intention de repartir d'un certain nombre d'aspects de la situation politique parce que je pense, je pense que là on m'entend mieux, parce que je pense que pour répondre à la question qui est posée dans le cadre de cet atelier, de cette conférence, il nous faut partir également des grandes lignes de force de la situation politique du moment. Pour rentrer dans cet aspect de la question, je partirai d'une déclaration que le ministre du Budget, Gabriel Attal, a faite récemment. C'était juste à la fin de la session extraordinaire, donc venait d'être adopté par le Parlement le projet de loi pouvoir d'achat, qu'on devrait nommer en réalité projet de loi contre le pouvoir d'achat, et le projet de loi de finances rectificative. Et Attal est interrogé par la presse qui lui demande « Mais enfin, monsieur le ministre, que pensez-vous de la situation ? » Parce que si on a bien compris, quand même, les débats sont très tendus à l'Assemblée nationale, c'est très conflictuel. Et cette situation a l'air quand même très compliquée pour vous, la majorité. relative du gouvernement. Et Attal répond à sa manière, parce que c'est le genre du personnage, il répond à sa manière très provocatrice, grossière et cynique, mais en même temps il y a un fond de vrai dans ce qu'il dit. Il dit les extrêmes aboient, mais les réformes passent. Alors on lui laisse ses considérations sur les extrêmes. En revanche, sur le fait que les réformes passent, à cette étape, c'est un fait, on est bien obligé de le reconnaître, les réformes passent. Tout indique que sur un certain nombre de réformes qui sont à l'ordre du jour aujourd'hui, qui sont annoncées d'ores et déjà par Macron, par son gouvernement, je pense en premier lieu bien évidemment à la loi sur l'assurance chômage qui est à l'ordre du jour de la session parlementaire qui reprend au mois d'octobre, tout indique qu'ils trouveront un accord avec LR, peut-être aussi et probablement avec le RN, pour faire passer leurs réformes destructrices. Ça, c'est un premier aspect de la situation. Et en même temps, et il ne faut surtout pas le minimiser, je pense qu'il faut quand même souligner le fait qu'il y a une crise énorme. L'édifice est singulièrement fragile et instable. Il est singulièrement fragile et instable parce que nous sommes dans une situation inédite sous la Ve République. Je pense qu'il ne faut jamais oublier. que 6 semaines seulement après que Macron a été élu, a été élu président de la République, dans les conditions qu'on connaît et sur lesquelles tu es revenu, 6 semaines seulement après avoir été élu, il perd les élections législatives. Il perd les élections législatives et il perd la majorité absolue au Parlement. Je rappelle quand même que La République en marche a perdu pas moins de 100 députés. par rapport à la mandature et au quinquennat précédent, ce qui est quand même une gifle monumentale. Et je pense qu'il faut revenir sur les racines et le moteur de cette crise et donc revenir sur ce qui s'est passé dans les dernières élections, à l'élection présidentielle et aux élections législatives. Ces élections ont été marquées et tout particulièrement les élections législatives ont été marquées, c'est un fait qui n'a échappé à personne mais qu'il faut rappeler, a été marqué par un raz-de-marée abstentionniste. La circonscription dans laquelle j'ai été élu, député, donc la 12e circonscription de Seine-Saint-Denis, Clichy-Sous-Bois, Montfermeil, Livry-Gargan, dans cette circonscription, au deuxième tour, le taux de l'abstention. dépasse les 60%. A Clichy-sous-Bois, dans les quartiers populaires de Clichy-sous-Bois, qui avaient massivement voté pour Mélenchon au premier tour de la présidentielle, à Clichy-sous-Bois, l'abstention dépasse les 70% aux législatives. Donc un raz-de-marée abstentionniste qui a un contenu politique très profond, c'est-à-dire un rejet. un rejet de tout le système. Et je reviendrai régulièrement sur cet aspect-là parce que je pense que ça imprègne toute la situation politique dans laquelle nous sommes. Et puis dans ces élections, et en particulier à l'élection présidentielle, il y a eu bien évidemment les 8 millions... les quasi 8 millions qui se sont portés sur Mélenchon et sur son programme de rupture, parce qu'il a su incarner et qu'il a su capter l'aspiration à la rupture qui est très forte et qui, n'en doutons pas, va être de plus en plus forte dans ce pays et dans de larges couches de la population. Mais sous une certaine forme également, le vote le peine. Le vote pour les candidats du Rassemblement national aux élections législatives a rassemblé un paquet d'électeurs qui se sont portés sur les candidats du Rassemblement national et sur Le Pen au premier tour, puis au deuxième tour de l'élection présidentielle. pour exprimer quelque chose qui, à mon avis, n'a pas grand chose à voir avec le fascisme. Moi, je partage par exemple l'expression. Je pense que parmi les électeurs de Le Pen, il y a un grand nombre parmi eux qui sont ces fâchés pas fachos dont Mélenchon parle à juste titre. Et donc, les élections que nous venons de connaître, l'élection présidentielle. Puis les élections législatives ont été marquées par un rejet, un refus, un rejet énorme qui est la marque, je pense, de toute la situation. Et ce qui s'est exprimé dans ces élections est la matérialisation sur le terrain électoral. d'un mouvement de fonds en réalité. Ça s'inscrit, tu en as parlé, ça s'inscrit dans la continuité de ce qui s'est exprimé avec les Gilets jaunes, mais de ce qui s'est exprimé également dans la puissante grève contre la réforme des retraites, qui rappelons le tout de même, et ce n'est pas un élément secondaire, bien au contraire, d'autant plus que cette bataille à nouveau va se reposer et à nouveau va être devant nous, cette puissante grève contre la réforme des retraites. à infliger, à contraindre Macron sur ce qui était la réforme phare de son quinquennat, a reculé. Je pense que le rejet, le refus, la colère sont vraiment les éléments qui marquent le plus la situation politique de ce pays. Et par ailleurs, et j'y reviendrai tout à l'heure, ce n'est pas propre. à ce pays, même si ça prend en France des formes particulières. Et il y a une particularité sur laquelle je voudrais insister maintenant, propre à la situation française. C'est que dans ce contexte, marqué par ce rejet, par ce refus considérable, il y a l'acquis que représente l'existence de la NUP. dans la continuité de ce qui s'est exprimé au premier tour de l'élection présidentielle, c'est-à-dire dans la continuité des 8 millions, et parce qu'il y a eu les 8 millions pour le vote Mélenchon, pour son programme de rupture au premier tour de la présidentielle. Il n'y aurait pas eu la NUP s'il n'y avait pas eu. Au premier tour de la présidentielle, la puissance du vote Mélenchon et de ce que ce vote a exprimé. Et on en parlait tout à l'heure avant de commencer cette conférence. Les députés. de la NUP qui ont été élus, les 151 députés de la NUP qui ont été élus aux dernières élections législatives, l'ont été parce qu'ils se sont inscrits dans la continuité du vote Mélenchon. Dans tous les porte-à-porte que nous avons fait pour mener la campagne pour ces législatives, ce qui nous ouvrait les portes, c'était le slogan « Élysée Mélenchon, Premier ministre ». Et je pense fondamentalement que parce qu'il y a eu ces 8 millions, il y a eu la constitution de l'ANUP qui n'est pas une alliance électorale de circonstances. Des alliances électorales de circonstances pour des places, pour des sièges, pour des listes, on en a connu. L'ANUP n'est pas cela. L'ANUP... Dans la continuité du vote Mélenchon dont j'ai parlé et relié à la débâcle à la présidentielle d'Hidalgo, de Roussel, de Jadot, à déboucher sur quoi ? À déboucher sur un accord programmatique, à déboucher sur un programme composé des 650 mesures du programme de l'ANUP qui est un programme de rupture, un programme de rupture avec le système. Et j'en veux pour preuve un élément dont tu as parlé. Quand nous disons... Augmentation du SMIC à 1 500 euros. Quand nous disons revalorisation des retraites indexées sur l'inflation. Quand nous disons blocage des prix. Taxation des super profits des grands trusts, des grands monopoles privés. Quand nous disons cela, c'est un acte de rupture avec le système. Et le système l'a très bien compris parce que qu'est-ce qui s'est passé ? Vous en avez tous été témoins. Nous, on était, j'allais dire, aux premières loges. Mais pendant toute la période, pendant tout le temps qu'a duré l'examen de la loi, du projet de loi sur le pouvoir d'achat et du projet de loi de finances rectificatives, à chaque fois que nous avons porté, nous avons martelé ces exigences dans l'hémicycle. Nous avons eu contre nous un bloc. Pas deux, pas trois. Nous avons eu en face de nous un bloc. Et ce bloc, c'était celui... Allant des macronistes au Rassemblement national pour dire l'augmentation du SMIC à 1 500 euros, jamais. Le blocage des prix, jamais. Ils s'y sont opposés parce qu'ils sont le système, parce qu'ils sont des composantes du système et qu'ils savent que ces mesures sont des mesures de rupture avec le système et qu'ils ne veulent pas cette rupture. Alors que nous, en revanche, nous combattons et nous allons continuer, ce sera ma conclusion, à combattre avec acharnement pour cette rupture. En face de nous, on a le pouvoir, le régime de Macron. Et je pense qu'il faut revenir sur la nature de ce régime. Macron, dans le pays, dans la société, n'a pas de base politique solide. Il n'a d'ailleurs même pas de base politique dans le pays. En revanche, il a une base sociale. Sa base sociale, c'est le lien direct. qu'il a avec les sommets du capital financier. Macron, c'est BlackRock. Macron, c'est McKinsey. Macron, c'est Uber. Et ce lien direct avec les sommets du capital financier, avec leur programme et avec leur politique, il l'assume en témoigne en particulier toutes ces déclarations, toutes plus provocatrices les unes que les autres. Et les deux derniers jours, les déclarations qu'il a faites ces deux derniers jours, viennent une fois de plus de le confirmer. Et le programme... La politique des sommets du capital financier, aujourd'hui, il faut être net là-dessus. Ils exigent que tout soit liquidé, que toutes les conquêtes arrachées par la classe ouvrière, des conquêtes vieilles de plusieurs décennies. Que toutes ces conquêtes soient purement et simplement détruites. Parce que ce système est à l'agonie. Ce système est marqué par le fait que des montagnes et des montagnes de capitaux ne trouvent pas aujourd'hui à se rentabiliser. Alors il leur faut engager une offensive destructrice. Il leur faut détruire les retraites. Il leur faut détruire la sécurité sociale. Il leur faut détruire l'assurance chômage. Il leur faut détruire les services publics. Et peu importe si les services d'urgence ferment. Et peu importe, par exemple en Seine-Saint-Denis aujourd'hui... Toutes les maternités en Seine-Saint-Denis cet été sont fermées. Peu importe si les malades ne sont pas soignés, peu importe si l'école est disloquée et si elle est bradée par pans entiers au privé, peu importe si les forêts brûlent et qu'il n'y a pas suffisamment de canadaires et que les pompiers sont en sous-effectif et sous-équipés et qu'ils ne parviennent pas à lutter contre les incendies qui dévastent les forêts. Encore une fois, c'est leur programme. Ce système prospère sur la base. Je reprends ici une formule de Mélenchon. que je trouve très juste. Ce système prospère sur la base des destructions en masse qu'il provoque et qu'il engendre. Et on pourrait inclure là-dedans d'ailleurs la course, l'escalade militaire, l'escalade à la guerre. Bien évidemment, ce qui se passe en Ukraine, parce qu'on sait les profits colossaux que les multinationales engrangent sur cette base. Et la visite récente de Nancy Pelosi et des représentants du Congrès américain à Taïwan s'inscrivent d'ailleurs dans cette surenchère et cette escalade qui profite au grand trust de l'industrie d'armement. Ce système est fondé là-dessus et Macron en est le fondé de pouvoir. Et je crois qu'il faut être net sur une chose, c'est qu'au stade où nous en sommes rendus... L'existence même des conquêtes démocratiques les plus fondamentales est incompatible avec la politique qu'ils entendent mener. Rappelons-nous tout de même qu'à la faveur de l'épidémie de Covid, ce gouvernement, il n'est pas le seul, mais le gouvernement de Macron, le gouvernement français est allé particulièrement loin, a instauré un état d'urgence qui a duré deux ans. Ce gouvernement a instauré des mesures d'exception. Il a multiplié les mesures liberticides. Il n'a pas eu besoin pour cela, d'ailleurs, du Rassemblement national. Il l'a fait de son propre chef. Il n'a cessé et il va continuer à le faire parce que c'est pour lui une nécessité. C'est sa pente naturelle. Il va exacerber les pires traits antidémocratiques, autoritaires. Des institutions de la Vème République, de ces institutions bonapartistes qui, rappelons-le, il faut toujours le rappeler, sont issues d'un coup d'État. Et rappelons quand même que c'est ce gouvernement qui a fait passer la loi séparatisme, qui désigne les musulmans comme étant des cibles, comme étant des boucs émissaires. Et ce gouvernement, n'en doutons pas, son ministre de l'Intérieur Darmanin va continuer à appuyer systématiquement sur ce bouton parce que cette pente... qui est la pente naturelle du pouvoir de Macron et de son régime, l'amène naturellement à faire et à multiplier les appels du pied en direction de la pire réaction et donc en direction de ce qu'on appelle communément l'extrême droite qui, elle, de son côté, n'aspire qu'à une chose, se notabiliser, devenir un parti de notable au sein de ce système et avoir le plus de ronds de serviettes possibles au banquet. Je pense que c'est un certain nombre d'aspects qui caractérisent la situation dans laquelle nous sommes. Mais maintenant, bien évidemment, on ne peut pas s'arrêter là. Maintenant, la question qui nous est posée, c'est que fait-on dans cette situation ? Je pense franchement que ça ne va surprendre personne. Si je dis que des millions qui aujourd'hui sont pris à la gorge par le blocage des salaires, parce qu'ils les ont revalorisés de quelques pourcents, mais tout est bouffé de toute façon par l'inflation. Inflation dont on nous annonce déjà qu'elle va être de 9% au mois de septembre. Les prix de l'énergie vont flamber. On vient d'apprendre, j'ai appris hier, que les prix de l'énergie vont connaître une augmentation absolument colossale. Et le gouvernement, d'ailleurs, ne sait pas comment faire face à cette situation parce que ce qui s'annonce va être particulièrement saignant, si je puis dire, et particulièrement terrible. Les prix des loyers vont flamber. Tous les prix vont flamber. Des millions qui déjà sont pris à la gorge vont voir leur situation matérielle se dégrader brutalement. Les millions de précaires, les millions de jeunes que Macron aujourd'hui même voue à la précarité, à la surexploitation, à l'ubérisation, en détruisant l'école, en détruisant les diplômes, le bac, etc. vont de plus en plus voir leur situation se dégrader. Et donc cette situation ne peut, et la volonté affichée de Macron, qu'il en soit capable après c'est une autre question, mais la volonté affichée de Macron de poursuivre cette politique destructrice ne peut que conduire à un choc avec la société. Seulement, le pouvoir n'a pas la capacité, d'une certaine manière, étant donné la crise qui est la sienne et qui le déchire, d'affronter ce choc. Mais c'est vers cela que nous nous dirigeons. Et je crois qu'il faut en être certain. Quelles seront les options de Macron ? Il peut en avoir plusieurs. Il peut décider de dissoudre l'Assemblée au moment qu'il jugera pour lui le plus favorable. Peut-être que ça passera aussi par un autre bout. On a parlé des gilets jaunes, on a parlé de la puissante grève contre la réforme des retraites. Non seulement ce n'est pas effacé, mais je suis convaincu que tout cela continue à cheminer et s'approfondit dans la population. D'ailleurs, il ne peut pas en être autrement. Et dans cette situation, j'ai dit tout à l'heure, nous avons réussi à constituer la NUP. Et le fait d'avoir pu constituer la NUP, d'avoir ce bloc, ce puissant bloc populaire, appuyé sur les 8 millions qu'ont voté pour Mélenchon et pour son orientation de rupture au premier tour de la présidentielle. C'est un point d'appui extrêmement important. Mélenchon a utilisé, il y a quelque temps, Une formule que j'ai trouvée excellente, c'était il était interviewé par Libération et voici ce qu'il déclare. Là, j'ai besoin de mes notes. Il dit désormais, il en coûtera très cher de descendre du train. Cela vaut pour tout le monde, y compris pour nous, les insoumis. Alors vous comprenez bien qu'il ne s'agit pas là d'une menace. Il s'agit ici d'un constat. Et je pense que ce constat est d'une très grande importance parce que fondamentalement. Dans quelle situation sommes-nous ? Les directions traditionnelles du mouvement ouvrier, socialiste, communiste, se sont littéralement effondrées, pour prix d'ailleurs de la politique qu'ils ont menée au compte du système pendant pas mal de temps. Cet effondrement et dans le même temps les 8 millions pour le vote Mélenchon, c'est le résultat d'une aspiration profonde à la rupture, mais c'est le résultat d'un long cheminement. Et je pense que tous ces processus... qui conduisent à la rupture, cette aspiration à la rupture ne peut que s'approfondir. Et je vais vous dire, ce n'est pas propre à la situation française. Rappelons-nous quand même qu'en 2019, il y a eu à l'échelle internationale de puissants mouvements, de puissants mouvements populaires, on pourrait dire de puissants mouvements révolutionnaires à l'échelle internationale. Il y a eu le soulèvement en Algérie, au Liban, au Chili. Des soulèvements qui étaient marqués par la volonté de dégager le système, de dégager toutes les forces liées au système et liées à son maintien. Je pense que c'est vers cela que nous allons. Quelle forme cela prendra ? Quelle voie cela empruntera-t-il ? Nous n'en savons rien. Ce que nous savons, c'est qu'il nous faut nous y préparer. Et nous y préparer, nous y sommes nous déterminés. Nous allons donc continuer à l'Assemblée, à mener la bataille de... que nous avons mené contre ce pouvoir, contre sa politique, pendant toute la période, pendant les quelques semaines qui viennent de s'écouler. Et nous allons, dans nos circonscriptions, pas simplement les députés, mais également les candidats qui se sont présentés aux législatives, tenir les assemblées citoyennes ou les assemblées populaires de circonscriptions, pour rassembler largement la population. faire l'état des lieux des besoins, des revendications urgentes, discuter, définir ensemble les initiatives à prendre pour faire aboutir les besoins urgents. Oui, nous sommes du côté de la colère, de cette colère qui ne peut que s'approfondir, de cette colère qui est saine, qui est légitime et qui est créatrice, qui est fondamentalement positive. C'est ça notre tâche, c'est ce à quoi nous allons nous atteler et la première... Chose que nous allons faire en rentrant dans nos circonscriptions, en conformité avec cette orientation politique, c'est de nous atteler à la préparation de la grande marche nationale à Paris contre la vie chère, que nous voulons bien évidemment la plus large possible pour être des centaines de milliers à Paris et ce qui sera un point d'appui. pour mobiliser largement et fédérer ce puissant mouvement populaire qui est une perspective enthousiasmante par rapport à la situation qui est ouverte devant nous.
beaucoup.
Je vais commencer par... Pas exactement comme je l'avais prévu, mais pour rebondir sur ce que vient de dire le camarade. Il a évoqué les soulèvements populaires que plusieurs pays dans le monde ont connus ces dernières années. Il en a mentionné d'ailleurs très précisément quelques-uns. Pensons par exemple aux soulèvements dans les pays d'Afrique du Nord, ce qu'on a appelé les printemps arabes. Ce qu'on a vu, c'est que... Ces soulèvements qui se sont faits sous le mot d'ordre de dégager effectivement le système, d'abattre les pouvoirs en place, ont pu dans certains cas abattre effectivement le pouvoir en place, en Tunisie et en Égypte notamment. Mais plus ou moins rapidement, rapidement en Égypte, plus tardivement en Tunisie, on a vu la contre-révolution, la réaction l'emporter. Et à mon avis, c'est ça le défi auquel sont confrontées les forces populaires à l'échelle internationale et en France en particulier, qui est celui de conjuguer, d'articuler la légitime, la saine colère populaire qui peut même aller jusqu'au soulèvement. avec une alternative politique. Et quand cette alternative politique vient à manquer, la nature ayant horreur du vide, c'est la réaction qui l'emporte. Alors il y a des signes positifs. Je pense notamment à la situation dans certains pays d'Amérique latine. Le soulèvement populaire au Chili a permis, ce qui paraissait impensable il y a quelques années, l'élection d'un président qui ne vient pas. du centre gauche traditionnel, mais d'un espace politique plus à gauche, justement, que le centre gauche qui a d'ailleurs gouverné et géré les affaires du Chili sans imposer la moindre rupture avec le pinochetisme. C'est la très importante victoire de Gabriel Boric. Tout n'est pas résolu, loin de là. Un référendum aura lieu sur une nouvelle constitution, mais une avancée a été possible. Et une avancée n'est possible que s'il y a cette rencontre entre la mobilisation, l'énergie populaire et l'alternative politique qui présuppose de son côté tout un travail, évidemment, qui est long, qui est dans la durée, qui n'est pas simplement un travail électoral, qui n'est pas simplement une opération commando qui se mène sur les élections, qui est un travail de construction. On le voit, on la vit. On l'a vu et on le vit, justement. Et c'est dans cette perspective, justement, qu'il faut s'inscrire pour que la période dans laquelle nous vivons connaisse une issue qui soit une issue vers l'émancipation et non pas une issue vers la réaction. Alors, à ce but, il faut effectivement réfléchir à ce qui est le thème de cette conférence, qui est la constitution des blocs sociaux. Remarque sur chacun des trois blocs et m'apesantir en particulier sur le nôtre, le bloc populaire et tout particulièrement le bloc de la gauche de rupture, pour en souligner les limites et les faiblesses et donc suggérer peut-être quelques pistes qui permettront de les surmonter. Je voudrais faire deux remarques liminaires. La première, c'est que l'un des intérêts de parler en termes de blocs, c'est de voir comment s'articulent, si vous voulez, les forces sociales et leurs expressions politiques. Donc, Nadej l'a déjà dit, il faut parler en termes d'alliance de classe, ou si vous voulez, il faut parler à l'intérieur de chaque bloc d'un certain degré d'interclassisme. Tous les blocs sont interclassistes, mais ils ne le sont pas de façon égale. Certaines classes ou fractions de classes sont surreprésentées et d'autres sont inversement sous-représentées. Et il faut distinguer plusieurs niveaux d'analyse. On a l'habitude de s'apesantir sur la composition des électorats. Et c'est tout à fait juste, évidemment. Si vous voulez, c'est ça le challenge principal d'ailleurs. d'une force politique, arriver à articuler des intérêts sociaux au service de laquelle elle se met, avec une alliance sociale qui est plus large que celle de ses intérêts sociaux, ceci étant particulièrement valable pour les partis qui servent les intérêts dominants, c'est-à-dire les intérêts par définition d'une minorité. Donc, prenons le cas du macronisme. Comme Jérôme l'a dit de façon très pertinente, ce qu'on voit avec Macron, c'est que la formule de Marx selon laquelle l'État et le comité de gestion des affaires de la bourgeoisie se réalisent à l'état pur. C'est une formule qu'on a souvent considérée comme très schématique, qui ne prend pas en compte l'autonomie relative de l'État, etc. Là, on a justement un fondé du pouvoir du capital qui le proclame. Mais, c'est le mais qui doit retenir notre attention. L'électorat de Macron est plus diversifié que ça. Certes, à l'intérieur de cet électorat, la France qui gagne, la France qui va bien est surreprésentée. Mais ça va au-delà. Les enquêtes de sociologie électorale nous montrent que par exemple, parmi ceux qui votent bien sûr, 25% du salarié intermédiaire vote pour Macron. Même dans les catégories les plus populaires, ces scores sont certes beaucoup plus limités que dans les catégories supérieures, dans la catégorie cadre et profession intellectuelle supérieure. Ils ne sont pas pour autant négligeables entre 17 et 18 % dans les catégories ouvriers employés. Ce n'est pas beaucoup, mais par exemple, c'est très supérieur à ce que la droite traditionnelle, dans sa phase de déclin, était capable de réaliser dans ces catégories. Donc, c'est ça qui doit nous poser, si vous voulez, question. C'est l'incapacité des blocs de... à convaincre des fractions de classe, y compris dans les classes populaires ou dans des fractions des classes moyennes, à les entraîner à une politique qui, à l'évidence, sert les intérêts des possédants. C'est ça donc le problème auquel on est confronté. Encore plus redoutable, évidemment, je vais y revenir, dans le cas de l'extrême droite, dont l'ancrage très fort qui se confirme de scrutin en scrutin dans le cœur des classes populaires, les catégories ouvriers employés, constitue pour nous, je pense, le principal défi de la période à venir. La deuxième chose qu'il faut examiner à l'intérieur de ces blocs, ce n'est pas simplement les électorats, c'est la composition des partis, des forces politiques. Et là, le décalage dans ce qu'on appelle le bloc bourgeois est tout à fait évident. L'électorat a un degré certain d'interclassisme, mais le macronisme en tant qu'appareil politique, à l'évidence, est quasiment monocolore. Il ne regroupe que... des élus des cadres des gens des classes clairement supérieure étroitement lié d'ailleurs avec le capital à un niveau qu'on n'avait jamais vu dans les parties de la droite traditionnelle donc il ya moins d'intermédiation si vous voulez du politique par rapport aux intérêts des classes dominantes et ça évidemment ça pose une limite à ce que le bloc macronien peut faire. Et en dernière analyse, si vous voulez, ça explique aussi son caractère minoritaire, qui découle évidemment du type de politique qu'il sert. Mais le décalage entre l'appareil politique et les électorats ne concerne pas simplement les partis bourgeois. Je vais être un peu provocateur. Nadej a rappelé brièvement certains aspects. Il y a eu d'autres ateliers qui portaient sur la sociologie électorale, y compris de la France insoumise et de la NUP, donc de notre bloc. Je ne pense pas que la sociologie des gens qui assistent à ces amphis corresponde à ça. Et les données qu'on a par exemple sur le bloc des élus de la France insoumise, ne prenez surtout pas ça mal camarades, mais montrent que certaines catégories sont surreprésentées. On n'a pas de statistiques sur les militants par exemple de la France insoumise parce que c'est une réalité qui est difficile à palper, mais on peut penser que... Certaines catégories qui correspondent d'ailleurs à des zones de force dans l'électorat sont clairement surreprésentées parmi nous qui assistons ici à ce très important et passionnant événement, mais aussi dans le cœur en quelque sorte militant et notamment celui des élus qui nous représentent. Ce sont les catégories. intellectuelles, les professions intellectuelles supérieures, et y compris, ça se décline, certaines catégories de la fonction publique, les catégories de la jeunesse, certes, mais plutôt de la jeunesse étudiante, etc. Donc il faut bien voir aussi les décalages qui existent à ce niveau-là de notre côté, et ça ne va pas sans poser quelques problèmes sur lesquels je vais également revenir dans un instant. Très rapidement sur le bloc macronien et l'extrême droite à l'issue de cette séquence électorale. Sur le macronisme, soir du premier tour de la présidentielle, le macronisme semble consolidé. Son pourcentage est en hausse par rapport à 2017, il gagne trois points, trois points quelques je crois. Il est qualifié bien sûr pour le second tour et au second tour il affronte l'extrême droite. On peut penser que... Les objectifs sont remplis. En réalité, quand on regarde de près, on voit que le macronisme est déjà en train de s'effriter. C'est un peu une victoire à la pire. Premièrement, il s'effrite au niveau de son socle électoral. Pourquoi ? Ce qui faisait la spécificité du macronisme de 2017, en même temps, c'est-à-dire le fait qu'il a réussi à capter, ne l'oublions pas, en 2017, il capte la moitié de l'électorat Hollande. La moitié de l'électorat Hollande, de 2012, va vers Macron, plus que vers le total à Mont-Mélenchon. Une partie de cet électorat part, ça s'exprime, et va vers la gauche, ça s'exprime par le fait que dans toutes les catégories du salariat, Macron s'effrite, y compris dans sa catégorie phare, cadre et profession intellectuelle supérieure. C'est même là où il recule le plus. Par contre, il fait plus que compenser ses pertes en siphonnant l'électorat de la droite classique. Quelle catégorie ? Essentiellement, les catégories retraités et les indépendants. Ça donne, si vous voulez, un profil de sociologie d'électorat beaucoup plus âgé. beaucoup plus banal, en quelque sorte, qui ressemble davantage à celui d'une formation de droite sur sa phase déclinante. Peu dynamique, relativement peu ancrée dans des parties tout à fait cruciales pour remporter un scrutin électoral. Je ne développe pas plus, on pourra y revenir. Deuxième raison de son effritement. En réalité, la tripartition du champ politique... qu'on a déjà évoqué, trois blocs à peu près égaux, est en elle-même déjà un échec pour Macron. Car tout le calcul politique du macronisme repose sur une structuration très précise du champ politique. Macron, sachant qu'il est minoritaire, ne peut espérer que remporter l'élection reine, c'est-à-dire la présidentielle, que s'il a l'extrême droite en face. Tout repose là-dessus. Or, la tripartition... du champ politique, fragilise cette hypothèse. Elle ne l'annule pas. Mélenchon était prêt de se qualifier au second tour, mais il n'y est pas arrivé. Il faudra d'ailleurs voir très précisément les raisons. Mais, déjà... Le fait qu'en face de lui, Macron a une force qui se consolide et qui est sur une courbe ascendante, une force de gauche de rupture, ce qu'il considérait comme étant une hypothèque qui était levée, car l'hypothèse du macronisme est qu'il lui faut des forces subalternes sur sa droite et sur sa gauche, lui c'est le camp de la raison, c 'est une sorte d'axe central de la vie politique. Il a besoin de forces subalternes sur sa droite et sur sa gauche où il peut puiser. pour remporter un second tour face à l'extrême droite. C'est ça, tout le calcul repose sur ça. Or là, il a en face de lui une gauche qui certes n'est pas parvenue à se qualifier, mais qui reprend des couleurs, à l'intérieur de laquelle c'est le pôle radical, le pôle de rupture qui se renforce, et ça, ça met en échec en profondeur dans la durée, peut-être pas dans l'immédiat, mais dans la durée, la stratégie macronienne et fragilise l'édifice. D'où le fait que l'échec des législatives était déjà inscrit en réalité. Dans le premier tour des présidentielles, compte regarder de près les résultats. Quelques mots sur l'extrême droite maintenant. L'extrême droite est certainement sur une phase ascendante. Les chiffres qui ont été mentionnés par Nadege, les totales extrêmes droites, montrent un progrès incontestable par rapport à 2017, au total Marine Le Pen, Dupont-Aignan. Il faut voir aussi la recomposition qui s'est faite, de facto, à l'intérieur de ce bloc. Marine Le Pen a réussi, face à Zemmour, toute proportion gardée à faire ce que son père avait réussi face à Maigret. Mais Maigret, souvenez-vous pour ceux qui sont assez âgés pour l'avoir vécu, avait entraîné avec lui une bonne partie des cadres et des élus du Front National. Mais il avait totalement échoué sur le plan électoral car les couches populaires qui votaient Front National étaient massivement restées fidèles à Le Pen. C'est exactement la même chose qui s'est produit avec Zemmour. Zemmour a attiré des voix, il a fait je crois près de 20% à Neuilly, près de 20% dans le 16e, des scores très faibles dans les zones d'implantation populaire, en particulier du nord et de l'est de la France du Front National. Il a fait des bons scores dans le sud, celui des retraités aisés et des couches petites, moyennes et grandes bourgeoises qui votent pour l'extrême droite ou pour une droite tellement radicalisée qu'elle ne se distingue plus de l'extrême droite dans ces régions-là. Donc Marine Le Pen, qui n'est pas bête d'un point de vue politique, a compris où se jouait, dans quelle catégorie sociale se jouait la bataille à l'intérieur de son propre camp. Premier résultat. Mais elle bénéficie aussi du fait que là, elle dispose d'une réserve de voix, même si elle n'est pas très grande. Elle est cruciale et on l'a vu pendant les législatives. Le succès du RN aux législatives, en réalité, s'inscrit dans la montée du total des voix d'extrême droite du premier tour de la présidentielle. L'échec de Zemmour montre que c'est... qu'il n'arrive pas à mordre significativement sur un électorat. Pour moi, c'est plus ce que j'appellerais un électorat fionniste hystérisé que proprement un électorat loupéniste. Alors, quels sont les problèmes, quels sont les obstacles auxquels est confronté dans sa stratégie de conquête du pouvoir ? Pas l'extrême droite en général, mais le Rassemblement national en particulier. C'est le fait qu'il n'arrive pas à percer dans des catégories cruciales de la population, sans lesquelles il ne peut pas susciter de dynamique véritablement majoritaire et élargir. L'assise qui est celle de l'extrême droite à l'heure actuelle. Catégorie supérieure du salariat, catégorie diplômée, catégorie où la droite traditionnelle et éventuellement le macronisme sont encore bien ancrés. D'où la stratégie de notabilisation qui vise justement à le rendre respectable en tant que force susceptible de gouverner. Et en cela, il peut compter sur la pleine complicité du macronisme. Il ne faut pas le dire simplement sur un mode polémique dans le genre la politique de Macron sert objectivement l'extrême droite. C'est tout à fait exact. Au-delà du contenu de cette politique qui sert le système, le néolibéralisme, tout ce que vous voulez. Il y a une réalité, c'est que Macron et Le Pen veulent la même structuration du conflit politique. Ce qu'ils veulent, c'est des face à face et un conflit politique structuré par leur face à face. L'un et l'autre ont intérêt à ça et vont tout faire pour maintenir justement ce face à face. C'est le fil rouge qui va les guider au cours de la période qui s'ouvre. Il me reste peu de temps pour aborder ce que je voulais dire concernant notre propre camp. Mais, en bref, les zones de force de la gauche et au sein de celles-ci, de son pôle désormais largement dominant de la gauche de rupture, sont connues. Elles ont été évoquées notamment par Nadege dans son ouverture. Ce qu'il faut nous interroger, c'est sur les faiblesses. Et les faiblesses sont les suivantes. On peut les résumer à mon avis sous cette formulation. Les classes populaires en France, le cœur des classes populaires est profondément fragmenté selon de multiples lignes de fracture. Il y a l'élément de la racisation qui entre en ligne de compte. Il y a l'élément de la fragmentation du salariat selon la restructuration de l'appareil productif qui s'exprime notamment dans l'espace, dans le territoire, dans une très profonde polarisation qui existe à l'intérieur des territoires. les politiques néolibérales de précarisation, mais aussi de favoriser l'accès à la propriété, mais aussi d'utiliser le capital en termes de diplôme pour fragmenter le salariat. Donc toutes ces stratégies de fragmentation du salariat qui sont mises en œuvre par le mouvement même des rapports capitalistes, qui sont amplifiées bien sûr par les politiques que mènent les autorités, les pouvoirs publics et les forces politiques dominantes. Et tout ça est à l'œuvre depuis très longtemps. Combiné au travail politique, idéologique, culturel que mène l'extrême droite depuis de longues décennies, tout cela aboutit au fait qu'une fraction extrêmement importante des classes populaires est désormais solidement ancrée dans un vote d'extrême droite. Une autre fraction vote à gauche, et à l'intérieur de ce vote à gauche, c'est très largement le vote de rupture pour la France insoumise qui l'emporte. Donc on peut parler, comme l'ont fait d'ailleurs des camarades sociologues qui sont intervenus sur le sujet ce matin, d'une polarisation tendancielle du vote des classes populaires. entre d'un côté une gauche dominée par une gauche de rupture et de l'autre côté l'extrême droite, une force pseudo-antisystémique. Mais les deux blocs ne sont pas de force égale. Le bloc d'extrême droite dans les catégories populaires fait plus de 40%. Le bloc de la gauche, tout confondu, un tiers, c'est-à-dire à peu près la moyenne nationale. La grande majorité est un vote Mélenchon, un vote France insoumise. Là-dessus, un peu supérieur à la moyenne nationale de ce vote, mais pas tant que ça. Si vous regardez la dynamique un peu spatiale de ce vote, vous verrez que des choses très intéressantes apparaissent. Par rapport à 2017, Mélenchon progresse dans toutes les grandes villes. En réalité, dans toutes les villes de plus de 30 000 habitants, Mélenchon est en tête. Dans toutes les villes de moins de 20 000 habitants, Mélenchon est en troisième position. Il est troisième parmi le trio en tête. Plus une ville est grande, au-dessus des 30 000, plus la progression est forte. Dans les métropoles, c'est plus 8%. Dans les villes, entre 30 et 50 000 habitants, c'est entre 1 et 2%. A l'inverse, il stagne dans les villes de 10 000 habitants, il recule dans les villes de moins de 10 000 habitants par rapport à 2017. Or, du fait de la restructuration de l'appareil productif, du tissu industriel, etc. en France, une bonne partie des catégories populaires, ouvrières, employées, vivent précisément dans les petites communes. Donc quand on parle du spatial, il ne faut pas que ce soit un cache-sexe pour diminuer le contenu. Il faut sortir des stéréotypes selon lesquels le périurbain, soi-disant, voterait massivement en bloc pour l'extrême droite, alors que les grandes métropoles voteraient massivement pour la gauche, etc. Tout ça est en grande partie biaisé et faux. Ce qui est vrai, néanmoins, c'est qu'on le voit, il y a une grande difficulté pour la gauche et la gauche de rupture en particulier à avoir accès à cet électorat. Et là, à mon avis, et je vais conclure là-dessus, il y a plusieurs aspects à ça. Moi, ce sur quoi je voudrais mettre l'accent au cours de ce débat, c'est sur la question de l'outil politique. L'outil politique sur lequel s'est massivement appuyée la France insoumise, Paul... épine dorsale de la gauche de rupture, c'est une stratégie basée sur le numérique, une stratégie basée sur le charisme de son candidat leader, une stratégie qui est basée sur la qualité et le sérieux de son programme, sur l'efficacité de sa présence dans les médias et dans les réseaux sociaux. Et ça, ça a permis de remporter des acquis et de pénétrer et de gagner des segments tout à fait essentiels de l'électorat. Mais il y a des limites à ça. précisément dans les couches pour lesquelles, par exemple, les réseaux sociaux n'ont pas cette importance-là, en tout cas pas d'un point de vue politique. Des couches pour lesquelles la télévision et les médias traditionnels, qui nous sont massivement hostiles, on le sait, jouent un rôle important. Des couches pour lesquelles la sociabilité immédiate au niveau local joue un rôle extrêmement important, notamment dans ces petites... et moyenne ville dans lesquelles les notables locaux, la petite bourgeoisie traditionnelle, continuent de jouer un rôle extrêmement important dans la vie locale, influencent, imprègnent. Pour faire face à tout ça, on le voit bien, le numérique, et si vous voulez, tout le fonctionnement qui va avec, ce qu'on a regroupé autour du mot de gazeux, ne suffit pas. Il faut aller au-delà. Rien ne peut remplacer une présence militante sur le terrain. Alors vous allez me dire mais on a cette présence militante. Bien sûr, on l'a lors des séquences électorales et encore pas partout et pas dans toutes les séquences électorales. Je rappelle ici que l'électorat de la France insoumise est de tous les électorats qui existent le plus volatile. Celui. La France insoumise est la formation politique qui a connu la plus importante amplitude entre les scrutins d'une force de gauche depuis, en tout cas, que j'arrive à me souvenir d'élection. Et je ne suis pas tout jeune. Donc, il y a une intermittence, il y a une fragilité qui peut avoir des aspects positifs. Ça peut rendre possible une souplesse, une diversité des investissements, mais ça ne permet pas de construire des liens plus durables et de mobiliser. des segments de la population qui sont précisément les plus cruciaux pour nous ils ne sont pas les plus cruciaux pour nous simplement pour une question d'arithmétique électorale simplement parce qu'on veut être majoritaire aux élections bien sûr qu'on veut être majoritaire aux élections mais parce que le contenu de notre projet politique c'est l'émancipation populaire et l'émancipation populaire ne peut pas se faire sans précisément le peuple sans le coeur des catégories populaires sans le coeur des catégories les plus exploitées les plus dominées qui sont celles qui sont les plus en colère, qui sont aussi celles qui sont les plus exclues du jeu politique, qui sont aussi celles dont une part importante se trompe de cible et adversaire et déverse sa colère contre les musulmans, contre les migrants, contre les étrangers, ou présumait-elle, au lieu de la diriger contre les patrons, contre les capitalistes et contre les banquiers. Donc je crois que c'est un travail de construction, un travail de pratique, un travail d'organisation qui certes ne se limite pas simplement au niveau partidaire et politique, il concerne aussi la gauche syndicale, il concerne aussi la gauche associative, c'est l'affaiblissement de l'organisation populaire, c'est l'affaiblissement du mouvement ouvrier, du mouvement syndical qui a ouvert un boulevard à l'influence de l'extrême droite. C'est donc tout un travail de reconstruction qui est à mener et dans lequel il est urgent. Il est urgent de se doter de ressources et de moyens nouveaux pour faire face aux défis à la fois terribles et magnifiques qui sont les nôtres au cours de la période qui s'ouvre. Merci.
Merci Statis, merci Jérôme. Alors normalement il y a un micro qui va circuler pour celles et ceux qui veulent réagir ou interroger.
Bonjour, est-ce que vous m'entendez ? Pour parler un peu du futur des trois blocs, j'ai une question un peu sur, est-ce que vous trois, qu'est-ce que vous pensez d'une recomposition de la droite, d'une droite plus unie, qui va d'une droite très libérale à une droite nationaliste extrême, une droite qui est super fragmentée depuis que Sarkozy a disparu du paysage politique ? Est-ce que c'est quelque chose que vous envisagez ? Est-ce que ça pourrait être l'adversaire principal de notre camp, en fait, dans les prochaines années
ce qu'on va faire, c'est qu'on va prendre peut-être deux, trois questions. Et alors, ceux qui veulent parler, enfin, je suis désolée, mais des fois, laissez la main un peu pour qu'on puisse vous voir. Et si on pouvait alterner un homme, une femme dans les prises de parole, ce serait bien aussi. Ah non, mais il y a plein de jeunes, plein de vieux.
Bonjour, merci pour le travail que vous faites tous les trois. On entend parler de bruit de bottes ces temps-ci, notamment après la dernière intervention de Macron. Alors, très intéressant, votre présentation de notre présence FI dans les populations. Et notamment, oui, vous n'avez pas insisté dans notre... Peut-être parce qu'elle est minoritaire, mais enfin, elle existe quand même dans les mouvements sociaux qui ont été existants, tels les Gilets jaunes, les antipasses. Je dis bien antipasses et pas antivax, bien sûr. Bon, je pense qu'on a été présents, mais on n'a pas été assez présents. Parce que, autant à l'Assemblée nationale, les choses étaient très claires, pas sanitaires, pas autoritaires, autant localement parlant, les choses n'étaient pas aussi évidentes pour les militants de base, dans les mesures où ils avaient l'impression de ne pas se démarquer de l'extrême droite quand ils intégraient ces mouvements sociaux, contrairement à moi. Alors, dans la période actuelle, est-ce qu'il ne serait pas intéressant et qu'elle va être à la rentrée, la position de la NUPES et de l'AFI, parallèlement à ce que je viens de dire, par rapport à la guerre en Ukraine, par rapport aux envois d'armes à l'Ukraine, parce que moi, j'ai beaucoup regardé de vidéos sur cet été, notamment qui sont faites par une partie de l'extrême droite, sur cette question-là. et qui sont malheureusement assez pertinentes quand elles se positionnent, comme nous d'ailleurs, pour la sortie de l'OTAN, par exemple. Donc voilà, quelle sera la position de la NUPES et évidemment de la LFI en premier par rapport à ces questions-là et dans le débat qui nous mène actuellement.
vais essayer d'être rapide. Merci déjà pour votre... Pour ce débat, en fait, c'était très intéressant. Je voulais savoir, vous disiez en fait, la gauche a gagné en Amérique du Sud. Et malheureusement, souvent, c'est la réaction qui vient après. Comment faire ? Vous parliez tout à l'heure, vous disiez, il y a un moment où le macronisme va s'effondrer, quand le néolibéralisme aura tout ravagé, il va y avoir un choc. Comment faire justement que la réaction ne revienne pas au pouvoir en France et que le bloc populaire prenne le pouvoir ? Justement, puisque historiquement, on voit bien que la réaction en Amérique du Sud, quand les forces populaires prennent le pouvoir, c'est la réaction derrière, le monsieur le disait bien. Et puis pour vous, monsieur, je voulais, en tant qu'intellectuel, je vous ai lu dans le contre-temps, et merci de cet article au-delà du propos que vous avez tenu. Je voulais savoir, ça fait 20 ans, 20 ans que le discours d'étrême droite s'est normalisé. Si aujourd'hui, ils en récoltent les marrons du feu aujourd'hui, vous savez, même dans les bourgades rurales, ils n'ont pas besoin de se présenter l'extrême droite. Vous mettez un chien avec l'étiquette Marie-Le Pen, il est élu. C'est ça la réalité aujourd'hui. On fait un travail, et puis avec la France Insoumise, on fait un travail énorme. On essaie d'en aller dans ces bourgades, on essaie d'en aller dans le mur rural. Mais c'est difficile quand vous avez CNews toute la journée en face et que vous avez des chiens d'extrême droite qui ont bien sur rue. C'est ça la différence. C'est qu'il faut gagner ce combat, l'hégémonie culturelle. Et moi, j'aimerais que, en tant qu'intellectuel, comment gagner... Et en parlant de Gramsci, sans paraphraser Gramsci, comment gagner le combat culturel ? Ça fait 20 ans que le discours d'extrême droite s'est installé. Il s'est normalisé depuis Sarkozy jusqu'à aujourd'hui. Et nous, on arrive à toucher les jeunes. On voit que quand on travaille sur les réseaux sociaux, vous le disiez, on progresse si on est l'un des... Peut-être Mélenchon est celui qui a fait le meilleur score parmi les jeunes, mais parmi les vieux, les retraités. Et la société française est une société qui devient de plus en plus... Où les catégories seniors sont de plus en plus nombreux. Donc si on ne travaille pas sur ces catégories... Vous avez raison de ce point de vue-là. Si on ne travaille pas sur ces catégories-là, le vote d'extrême droite et le vote libéral, et peut-être même les deux votes réunis, parce qu'on va peut-être vers un bipartisme américaine avec les libéraux qui rejoignent le camp de la réaction, puisqu'ils ont la même politique autoritaire. Comment gagner l'hégémonie culturelle ?
va reprendre une autre question, parce qu'en fait, comme il reste 20 minutes, on va essayer de prendre plusieurs questions et de ramasser un peu chacun à la fin.
Bonjour, je voudrais vous poser une question sur le fait que ces trois pôles dont vous venez de parler vont avoir un énorme financement public du fait de tout ce qui va leur venir. Par exemple, la République en marche pendant cinq ans a reçu 24 millions d'euros par an. Et on ne sait pas trop ce qu'elle en a fait. Mais enfin, est-ce que nous, le pôle de gauche, on est censé faire ruisseler cet argent vers le terrain ? Donc nous, on a évidemment la possibilité de créer des maisons des insoumis, par exemple, je ne sais pas, j'imagine. Est-ce que cet argent doit ruisseler pour que nous puissions faire de l'éducation de militants ou même aider justement à cette acculturation dont on vient de parler
va prendre une dernière et après, je te laisserai la parole.
Je voudrais revenir sur l'utilisation du qualificatif le camp de la colère. Ça me paraît un petit peu dangereux. C'est vrai que le camp de la colère peut regrouper, on peut le qualifier comme ça, notre camp. Mais c'est
-toi parce que, en fait, c'est mieux. C
aussi celui du RN. La différence entre le... bloc de gauche, le nôtre, et puis celui du RN, c'est que nous, nous avons un programme social cohérent et construit. Le bloc de la colère qui a par exemple donné le mouvement des Gilets jaunes n'avait aucun programme. Il n'avait qu'une réaction de révolte et c'est pour ça qu'il a largement échoué. Mais ça me paraît dangereux d'utiliser le seul vocable colère pour englober finalement tous ceux qui sont contre l'état des choses actuelles. La deuxième chose, ce matin j'ai pris un coup au cœur parce que je suis allé discuter avec des syndicalistes responsables qui ont stand sur rue en ce moment aux amphis et vraiment je ne sais pas si j'ai mal compris ou pas. Mais j'ai senti, oui, ils étaient là volontiers, parce qu'ils avaient reçu une invitation d'ailleurs. Mais enfin, on m'a envoyé dans les dents le fait qu'on marchait sur les plates-bandes, sur leurs plates-bandes. Et on m'a donné l'exemple des futurs, alors excusez-moi, je n'ai pas le terme en tête, de la marche prochaine, enfin les deux manifestations de septembre.
Et on
m'a dit, non mais il y en a marre, ça c'est à nous à le faire. Et là c'est une catastrophe à mon avis. Alors j'ai quand même une question, c
Non,
non, mais si j'ai rien dit d'intéressant, ça va ? Oui, d'accord. Il faut ramasser parce qu
'il y a d'autres personnes qui veulent intervenir.
Oui, j'ai dit que j'avais une question, je la pose. Est-ce qu'il y a des tractations, oui, je suppose, entre la NUPES et puis le mouvement syndical pour que ces choses-là s'arrêtent ?
Alors, on va faire une première série de réponses et puis après, on va reprendre des questions et des interventions. Mais s'il vous plaît, en fait, comme il ne reste pas beaucoup de temps, il faudrait ramasser les propos. Status ou Jérôme, vous voulez commencer?
Je ne vais pas répondre à tout pour des questions de temps. La recomposition de la droite, à mon avis. Je ne pense pas qu'il y ait un espace politique pour la droite distinct de celui du macronisme d'un côté et de l'extrême droite de l'autre. La recomposition de la droite va se ventiler quelque part entre ces deux pôles et on voit que ce qui reste de la droite traditionnelle est irrésistiblement attiré par le macronisme. On va le voir, je pense, au cours de cette session parlementaire. Et d'un autre côté, évidemment, une partie de la droite, à un niveau sans doute plus bas, va vers l'extrême droite. Alors la question des mouvements sociaux est une question tout à fait cruciale. La question du mode de fonctionnement et de structuration de la France insoumise est largement liée à cette question. Le piège, à mon avis, à éviter ici est double. D'un côté, il faut éviter évidemment... un rapport instrumental par rapport aux mouvements sociaux. Ça, ça me paraît évident. On n'est pas là pour, en quelque sorte, simplement essayer de grappiller des voix, dire, écoutez, votez pour nous, on est votre expression naturelle, etc. Ça ne convainc pas. Il faut montrer que le propre d'une force politique est d'assumer, évidemment, les mobilisations sociales, les aider, porter les revendications, mais aussi proposer surtout une forme de synthèse, si vous voulez, politique. de ces revendications ce que chacune des mobilisations séparément ne peut pas faire c'est la vision d'ensemble en quelque sorte qui donne ce qu'on appelle en règle générale un débouché politique ou une traduction politique justement d'ensemble c'est la vision d'ensemble justement qui est la force et là je crois que la france insoumise avec le son programme l'avenir en commun est très très bien placé mais à condition de ne pas considérer que c'est quelque chose d'évident et de déjà donné c'est le produit d'un travail à faire pour faire ce travail il faut être présent justement dans ces mouvements Respecter leur autonomie tout en étant présent. Ce n'est pas toujours simple, parce qu'il faut aussi faire entendre une voix... Il faut aussi faire entendre sa voix, montrer qu'on a quelque chose précisément à apporter à ces mouvements. Pour le faire et pour que ce soit visible et lisible et efficace, il faut une structuration qui soit adéquate. Ça, les parties issues du mouvement ouvrier naguère savaient le faire. Plus ou moins bien, parfois avec une bonne dose d'instrumentalisme, parfois en considérant que le syndicalisme était une courroie de transmission. C'est vrai, il y avait beaucoup de problèmes, beaucoup de pathologies. Il ne faut pas reproduire ça, mais il ne faut pas reproduire. reproduire la coupure entre le social et le politique. Il ne faut pas dire, nous, on fait du travail parlementaire. Ce n'est surtout pas une critique pour le travail que font les camarades au sein du Parlement. Ils sont indispensables, absolument indispensables. Mais le travail au Parlement doit s'articuler avec la mobilisation populaire en dehors du Parlement. Et le propre, justement, d'une force politique qui oeuvre pour l'émancipation, pour la rupture avec le système, c'est d'être capable d'articuler les deux. Et là, il faut penser quelles sont les formes... qui le font. Ce qui me permet de rebondir sur la question des ressources. Et oui, tout ça demande des ressources, demande un mode de structuration. Il faut quelque part se rencontrer, il faut avoir quelques moyens financiers, y compris au niveau des groupes d'action, au niveau des villes, au niveau des groupes locaux. Sinon, justement, on aboutit à ce qu'on veut éviter. Moi, j'ai écouté plusieurs fois le discours qui me dit, vous voyez, on ne veut pas reproduire les partis traditionnels avec leur baronnie locale, mais on va aboutir à des... baronnie locale, parce que de toute façon, on aura de plus en plus d'élus. S'il n'y a pas un tissu militant qui s'articule avec le travail des élus, qui irrigue le travail des élus, qui fait le lien entre le travail des élus et la mobilisation populaire et les luttes sociales, c'est là où on va aboutir justement à du clientélisme et à des baronnies locales. Voilà. Apparemment, alors dernière chose, comment faire face à CNews ? Justement, en étant présent sur le terrain, il n'y a pas d'autre moyen. Il n'y a pas d'autre moyen. On ne peut pas combattre CNews, en particulier auprès de certaines catégories, dans certains territoires, etc. Et ce n'est pas simplement un problème de vieux et de retraités. Je suis désolé, ça c'est du stéréotype. J'ai passé beaucoup de temps. dans la Bourgogne profonde ces derniers temps, je peux vous assurer que là, la jeunesse, la jeunesse populaire qui est là, soit elle ne vote pas dans sa majorité, soit elle vote pour le Rassemblement National et pour une petite partie, simplement pour nous, pour une toute petite partie. Dès qu'on sort de la jeunesse étudiante, nos scores baissent de façon absolument dramatique. Donc ce n'est pas du tout un problème de vieux, ce n'est pas du tout un problème de retraités, ce n'est pas du tout un problème de marginaux sociaux, c'est un problème de... classe et construire, reconstruire, dépasser la fragmentation actuelle de la classe, de la classe travailleuse, de la classe populaire, demande de l'organisation. L'organisation, la bourgeoisie n'en a pas besoin. La bourgeoisie et les macroniens ont tout un système qui les sert. Ils ont les médias, ils ont l'appareil d'Etat, ils ont les élites, les opprimés, les dominés, ils n'ont qu'une seule arme pour se défendre et pour espérer l'emporter un jour. C'est leur organisation.
Bon. Merci, Satis, qui a dit énormément de choses, donc on va être très rapide. Non, moi, je voulais juste répondre aux camarades qui a demandé si la NUPES échangeait avec les organisations syndicales au sujet des mobilisations de rentrée. Évidemment, oui, c'est ce qui nous a été indiqué là, ici, en séminaire. Donc, évidemment, ça reprend un peu ce que disait Satis, qu'on n'a pas à instrumentaliser, objectiver, en fait, les organisations syndicales. Et puis, je voulais aussi... revenir sur ce que la camarade a évoqué concernant le rassemblement national et notamment la question de la guerre en ukraine pour vous dire que encore une fois sur le sujet tout à l'heure on a parlé avec statis et jérôme des stratégies de notabilisation du rn et même sur les questions comme celle ci il le fin ça continue en fait c'est là dedans si puisque récemment à l'assemblée nationale il a été question de l'élargissement ou non de l'otan et donc quand on est contre pour la sortie de l'otan a pris où on est pour contre son énergissement, le REN s'est abstenu. Tout comme une intervention très radicale. Et pour autant, à la fin, c'est l'abstention. Donc la stratégie même de notabilisation, elle se fait même sur ces sujets là et sur les questions, y compris de réintégration des personnels soignants non vaccinés. Moi, je ne les ai pas trouvés très offensifs non plus. Donc voilà, pas du tout même. On peut le dire, Jérôme. Et puis sur la question. Enfin, de la structuration du mouvement, évidemment, les questions, elles s'opposent à chacune des rencontres entre militants. La question des financements, elle se pose aussi, mais d'une certaine manière. Alors là, il y a un certain nombre de camarades qui ont posé des éléments de propositions concernant le futur de la France insoumise. Mais je pense que nous-mêmes, en tant que militants, il faut savoir est ce qu'on veut revenir dans un cadre parti. C'est pas possible, compte tenu même de ce que tu as expliqué tout à l'heure, quand tu parles de fragment. du salariat il ya aussi une fragmentation du militantisme et de la présence dans les mobilisations donc de quelle manière nous aussi on se projette là dedans est ce qu'on est capable de se dire qu'il faut j'ai pas cotisé peut-être parce qu'en fait le faire redescendre l'argent qui est gagné de des campagnes c'est pas c'est pas suffisant il va falloir voir aussi comment s'organise dans les groupes est ce que les responsables de ga sont élus pour combien de temps parce que finalement on fonctionne beaucoup sur le fait accompli et sur ceux qui agissent sont entre guillemets les responsables donc c'est tout ça qu'il faut revoir et c'est pas seulement à mon avis une question financière parce que c'est quand même ça a été pour l'instant assez confortable d'avoir aussi énormément de choses qui ont été faites de manière assez efficace mais je pense que nous mêmes dans nos formes de militantisme nos formes de recrutement même il va falloir qu'on réfléchisse je passe la parole à jérôme
alors rapidement aussi, et moi non plus, je ne prétends pas répondre à tout, loin s'en faut. Je repartirai de ce qu'a dit le camarade à l'instant. L'arme des opprimés et des dominés, c'est leur organisation et c'est vraiment le maître mot. Et de ce point de vue, ça me ramène à ce que j'ai indiqué tout à l'heure. Ça ramène à l'importance des assemblées populaires de circonscription qu'on va tenir partout dès la rentrée. Je pense que c'est vraiment ça qui est à l'ordre du jour et qui est à l'ordre du jour partout. La situation l'impose. Et de ce point de vue, je voudrais apporter quelques éléments de nuances par rapport à ce qu'a dit un camarade qui est intervenu tout à l'heure. Il évoque dans sa question ou dans l'une de ses questions, il évoque la question des gilets jaunes. Il dit les gilets jaunes, c'était une explosion de colère. Oui, c'était une explosion de colère. Mais les Gilets jaunes n'avaient... C'est du moins ce que j'ai compris de ton intervention, mais peut-être ai-je mal compris ce que tu as dit. J'ai compris que tu disais que les Gilets jaunes, au bout du compte, n'avaient pas de programme. J'ai une nuance plus que sérieuse avec cette appréciation. Les Gilets jaunes étaient... fondamentalement pour que le peuple s'empare lui-même de ses propres affaires. On a vu... sur les ronds-points, se constituaient des assemblées où toutes les décisions étaient soumises à la discussion, où toutes les décisions étaient prises par l'Assemblée elle-même. Et on a vu ces assemblées établir, au contraire, un programme de mesures politiques, de mesures démocratiques en particulier, visant le pouvoir, visant à remplacer... ce pouvoir antidémocratique et autoritaire par un pouvoir réellement au service du peuple. On a vu ces assemblées établir tout un catalogue de mesures d'urgence pour répondre aux besoins urgents de la population. Donc, j'ai vraiment une nuance sérieuse. Et pourquoi est-ce que je repars de cette histoire des Gilets jaunes ? C'est parce que je pense que ce qui s'est passé... avec les Gilets jaunes, qui a irrigué ensuite en profondeur les développements de la lutte de classe dans ce pays et qui s'est prolongé. Je l'ai dit tout à l'heure, je le pense en tout cas sur le terrain électoral avec les formes que ça a pris dans les deux derniers scrutins. Je pense que ce qui s'est passé avec les Gilets jaunes n'est pas derrière nous. Je pense que ça continue à cheminer. Je pense que ça continue à s'approfondir et que cela va ressurgir. Et ça m'amène du coup. à la question qu'a posée le camarade sur... Parce qu'effectivement, je pense que nous allons au choc. Quelle sera la forme de ce choc ? Nul ne le sait. Ce sera peut-être sur le terrain d'une crise politique amenant par exemple Macron à décider une dissolution. Ce sera peut-être aussi sur le terrain... d'un surgissement brutal que personne ne verra venir parce que les Gilets jaunes, personne ne les a vu venir. Ce sera peut être une combinaison de tous ces facteurs. Nous n'en savons rien. Ce qui est sûr, c'est que ça ne peut pas tenir et que ça va craquer. Et de ce point de vue, moi, je pense que, encore une fois, la marque de toute la situation, c'est que la situation qui est faite à la population de ce pays. à des couches de plus en plus larges de la population, à la jeunesse de ce pays, fait que de plus en plus vont chercher à prendre en main leurs propres affaires. C'était ça le contenu des Gilets jaunes. On le voit à l'œuvre, y compris à l'échelle internationale. Donc, vers quoi on va, je ne sais pas. Mais ce que je sais, c'est qu'il faut aider le peuple. Il faut aider la classe ouvrière, on le dit comme on veut, mais il faut aider les opprimés, les dominés à se doter parce qu'ils vont chercher à se doter des formes d'organisation pour contrôler leur propre mouvement. Ça, c'est une certitude. Et c'est ce mouvement qu'il faut appuyer. Et c'est tout l'objet, justement, de ces assemblées. populaires de circonscription, qui sont en même temps un instrument formidable de mobilisation pour préparer la grande marche qui aura lieu au mois d'octobre et que je souhaite, moi, la plus large possible parce qu'il est clair. Et là, je reprends la formule qu'avait employé un militant dans une réunion de la NUP à laquelle j'avais participé dans un département rural, d'ailleurs. Et ce militant disait. Maintenant, il y en a assez des digues. Il y en a assez des murs entre les organisations politiques et les organisations syndicales. Ces digues doivent tomber. Nous avons fondamentalement les mêmes objectifs, les mêmes exigences. Retrouvons-nous ensemble. Et c'est aussi dans ces assemblées populaires de circonscription qu'on va œuvrer. à cette recomposition politique qui est nécessaire pour faire face à toutes les échéances qui sont devant nous, que ce soit sur le terrain électoral, sur le terrain de la mobilisation, sur le terrain de la lutte de classe. Voilà.
va reprendre des questions. Est-ce que vous pouvez lever la main ? Il y a deux personnes là et trois personnes là. Oui, le camarade a levé la main depuis très longtemps.
Bonjour. Alors ma question va plutôt peut-être s'adresser à Statis. Il faut poser les limites de notre bloc. En tout cas, ça doit poser la question de les extensions possibles, en tout cas déjà sur le domaine électoral. Je pense que contrairement à ce qui a pu être dit des fois dans la FI, dans notre organisation, les fâchés mais pas fâchaux, ça n'existe pas. Ça fait 20 ans qu'il n'y a pas de transfert. Il y a 2-3% par-ci par-là qui se transfèrent de l'extrême gauche. entre guillemets à l'extrême droite, que tous les critères d'indication montrent que l'électorat FN à 90%, ils pensent que l'immigration c'est un problème qu'il faut lutter contre, etc. Et que la polarisation entre les classes populaires de droite et de gauche, elle est aussi sociale, parce que les classes populaires de droite adhèrent à des modèles méritocratiques, néolibéraux, ils croient à l'assistanat, ils croient à un certain nombre de questions, qui fait que la polarisation est difficile, elle est posée. Donc du coup, ça voudrait dire que les zones d'expansion, c'est 1. l'abstention. 10% de l'électorat Mélenchon en 2022, c'est de l'abstention, 750 000 personnes, c'est absolument énorme. Et de l'autre côté, les options proches, ce qui a été le cas depuis 2012, on a siphonné le ventre mou de la social-démocratie et on l'a ramené vers une option plus radicale. Essentiellement, les nouveaux électeurs de Mélenchon depuis 2012 sont des anciens socialistes, des anciens écolos, etc. Et ma question, c'est plus, quelle est ton intuition sur la contradiction potentielle qu'il y a entre, un, rassembler des absensionnistes qui, tu disais, étaient des fois plus énervés, plus en colère, avec un rapport distant à la politique, et de l'autre côté, des anciens, on va dire, socialistes, des anciens électorats qui sont au contraire plutôt des CSP+, qualifiés et qui ont un rapport à la conflictualité politique beaucoup moins grand, que ce soit sur la question de l'Europe, que ce soit sur la question de la conflictualité, enfin voilà, dans le travail, dans les grandes entreprises, on le voit même dans l'accord de la NUPES, on le voit avec certains de nos partenaires. les questions de nationalisation, de droits de veto, etc. Ça commence à être des complications. Donc comment cette nouvelle contradiction sur l'expansion de notre base électorale entre une base extrêmement populaire et de l'autre, des CSP+, qui ont été une alliance, notamment législative, qui rattrape l'extension des milieux populaires dans nos quartiers, les gens comme moi, genre je fais un doctorat, je suis précaire, mais je suis hyper diplômé. Comment on fait pour cette contradiction ? C'est quoi ton intuition là-dessus ? Parce que je trouve qu'elle est hyper compliquée comme question.
Oui, je viens de la troisième circonscription de Charente. Je crois qu'elle était à gauche depuis une trentaine d'années. Et là, elle est passée chez Caroline. Elle est passée chez Caroline Colombier. Donc c'est la députée RN. Je dis ma circonscription est passée chez Caroline Colombier, qui a été nommée, je crois, à la commission de la défense nationale. Enfin, une catastrophe. Moi, je parle uniquement des sous qui pourraient revenir à la circonscription pour aider des personnes. Moi, je n'arrive pas à leur parler aux gens autour de moi qui votent Le Pen en nombre absolument incroyable, les jeunes, les plus anciens et tout. Moi, je n'y arrive pas. Je ne sais pas faire. Je ne sais pas faire. Par contre, on arrive de temps en temps à avoir des personnes dans notre groupe qui, on voit qu'eux sauraient faire, sauf qu'ils ont... pas un radis, et surtout pas un radis à mettre dans la voiture, ne serait-ce que pour aller à des assemblées populaires, etc. C'est un vrai problème. Notre circonscription, elle fait peut-être 70 km de bout en bout. Ce que je veux dire, une assemblée de circonscriptions, ça n'a pas de sens chez nous. Alors, il faut se passer du numérique, parce qu'en effet, le numérique, c'est pas pour tout le monde. Donc, il faut refaire des choses physiques. Comment on fait ? Sans sous.
Je crois que le choc qui se prépare, il faut que nous on le prépare en alliant le social et le politique. Dans cette rentrée-là, on voit bien qu'il y a une demande de mobilisation sociale par les syndicats, ils l'ont exprimé même ici, et il y a le projet politique de... de faire en sorte que ça débouche sur une manifestation qui est l'ampleur, qui met en cause le pouvoir politique. Dans ce choc-là, d'ailleurs, je vous signale qu'il y a deux blocs qui vont s'entendre. Le Front National RN et la Macronie, ça va s'entendre. Il faut faire en sorte que cette complémentarité laisse chacun des forces sociales et politiques, syndicales, avec leur... périmètre, leur façon, etc. Il ne faut jamais brusquer les choses dans cette affaire-là. À chaque fois que la politique a voulu brusquer les choses au niveau syndical et tout, ça a été une catastrophe. Or, là, je pense qu'il y a la possibilité. On a bien vu, j'ai entendu Benoît Est, c'est mon syndicat d'ailleurs. En gros, il va y avoir une série de... de mobilisation sociale syndicale fin septembre. Et puis il y avait un rebond d'une marche nationale avec une distance certaine pour que pas... satisfaire tout le monde et ça sera mi-octobre donc le calendrier est à peu près prêt donc c'est à nous après de relayer ça partout et là moi j'ai un détail sur la façon dont les choses vont s'opérer au niveau de l'AFI pourquoi est-ce que ça doit être par circonscription Les questions sociales, la préparation des manifestations, etc., elles ne vont pas se faire forcément partout au niveau de chaque circonscription. Sur Paris, par exemple, ça n'a pas de sens. On ne va pas faire circonscription par circonscription, mais l'exemple parisien n'est pas le seul dans toutes les grandes villes. Je pense qu'il serait sage qu'il y ait une certaine latitude, et je finis là-dessus, qu'il y ait une certaine latitude laissée à la base. sur la façon dont chacun peut, en fonction des localités et des réalités locales.
Je suis assez d'accord sur la question de la latitude. Peut-être en deux secondes, je pense qu'il y a des circonscriptions. Nous, à Saint-Etienne, par exemple, il y a deux circos. Je pense que ça n'a pas de sens. On le fait déjà, on fait une assemblée pour les deux circos. Et par contre, il y a des circonscriptions qui sont très grandes, des circonscriptions rurales. Et ça peut résoudre le problème du déplacement. Il faut qu'il y ait des assemblées, plusieurs. Je pense que c'est important, cette latitude. Mais ce n'est pas ce que je voulais dire. Et ce n'est pas très optimiste. Je ne sais pas si je crois encore à l'action politique. je suis là, mais il y a un chiffre qui n'est pas commenté et ça m'inquiète, c'est que j'ai guetté moi la participation. Au premier tour des présidentielles, ça a baissé. Au deuxième tour des présidentielles, ça a baissé. Par rapport à 2017, on compare ce qui est comparable. Au premier tour des législatives, la participation a baissé. Et au deuxième tour des législatives, elle a pris trois points. Plus de trois points. Et le résultat, ce n'est pas un raz-de-marée pour l'ANUPS. Le résultat, c'est 90 députés RN. Alors, je veux dire, bien sûr qu'il faut continuer l'action politique. Je suis là, je veux dire, même si je... Mais il faut vraiment, de manière urgente, articuler les choses, mais concrètement. Et les articuler sans faire à la place d'eux. Je vais juste prendre un exemple pour ne pas être trop long. J'ai croisé un copain qui est syndicaliste sur Marseille. Et en fait, lui, il surveille pas mal les choses. C'est un trotskiste, une bonne formation trotskiste comme toi. Et il s'est rendu compte qu'à Marseille, l'action française faisait des actions humanitaires en distribuant de la nourriture, des trucs comme ça, et en distribuant des idées pourries en même temps. Donc je pense que nous, il ne faut pas qu'on fasse la même chose. Il faut qu'on fédère les associations qui le font déjà en les aidant. Il ne faut pas qu'on le fasse à la place. On ne va pas faire du clientélisme. Mais il faut qu'on ait la conscience de cette chose-là. Et je crois que si on veut gagner en politique sur le champ politique, même avec un petit P, il faut qu'on prenne du champ, du recul par rapport à ce champ-là pour élargir nos espaces d'action et faire peut-être comme le Parti communiste à la grande époque, mais sans la centralité des choses, d'où mon accord sur la latitude, pour faire très très court.
va prendre une dernière question.
Merci. Donc moi, je suis d'accord sur la question des moyens. C'est vrai que dans les GA, on est quand même assez pauvres et c'est quand même difficile de demander à chaque fois aux militants de contribuer. Et souvent, ils n'ont pas les moyens. Je voulais revenir aussi, et je crois qu'il ne faut pas minimiser l'influence de ces news et des médias. En plus, ils ont enlevé la redevance télé. On ne sait pas ce qui nous attend. Et moi, je voulais demander, est-ce qu'il y avait une proposition de loi, justement, sur ces grands milliardaires qui détiennent des médias ? Comme il y avait eu une loi où ils ne pouvaient pas détenir plus d'un magazine et une chaîne de télé, parce que je crois qu'on minimise vraiment l'influence de ces médias. Nous, on le voit quand on fait du porte-à-porte, quand on fait les marchés, les gens nous répètent exactement ce que disent ces médias-là. Alors, ils nous disent, nous, on ne regarde pas la télé. Mais finalement, leurs arguments, c'est ce qu'ils ont entendu à la télé. Et donc, je pense que c'est vraiment beaucoup plus important. Je crois qu'on le met un peu de côté, mais c'est vraiment une question hyper importante. Et j'espère qu'il y aura une proposition de loi de la France insoumise là dessus pour réduire le nombre de médias par personne. Et surtout, là, qu'ils enlèvent la redevance télé. Qu'est ce qui nous attend? Puisqu'on voit déjà que ce soit France Inter ou France Info. sur du BFM TV aujourd'hui. Donc c'est très important.
Bien. Alors, pas fâché, pas fâcho. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ta remarque. Et personnellement, je crois que ce serait une erreur de faire une croix sur l'électorat. en particulier l'électorat populaire RN en bloc. Notamment, l'élargissement de cet électorat au cours de ces dernières années signifie qu'il est plus différencié et qu'il est plus différencié dans ses motivations. Toutes les enquêtes, mais aussi la campagne qu'a menée Marine Le Pen, paradoxalement, le type des campagnes qu'elle a menées, mais aussi les enquêtes ont montré que pour la première fois... Pour la première fois depuis que le FNRN a des résultats significatifs, en tête des préoccupations de son électorat ne se trouvent pas l'immigration et la sécurité, mais les questions dites sociales. A leur sauce, certes, mais c'est la première fois. Plus important encore, quand on pose des questions sur les questions dites sociétales, notamment les questions par exemple de l'avortement. C'est quelque chose qui m'étonne énormément d'ailleurs. C'est que dans la gauche radicale, on considère comme évident que le RN est une formation sexiste. Et on met en avant les propos lourdinques, ouvertement sexistes, etc. de certains élus FN. Mais Marine Le Pen n'est pas du tout perçue comme ça parmi l'électorat populaire. Du tout. Et d'ailleurs, elle a très intelligemment géré le changement de position du RN sur les questions, par exemple, de l'avortement. Et c'est soigneusement abstenu de participer à la manif pour tous. Et elle est pour des femmes, notamment plusieurs enquêtes l'ont montré dans les catégories employées, etc. Elle a permis un redressement de l'extrême droite dans l'électorat féminin populaire tout à fait spectaculaire. Donc, cet électorat... est traversée par des contradictions. Il faut travailler sur ces contradictions. C'est toujours ce qui a été fait dans la tradition du mouvement ouvrier, même dans les pires moments. Dans les pires moments des dictatures fascistes dans les années 30, la ligne de toutes les organisations et tendances du mouvement ouvrier, c'était être présent dans les syndicats, même dans les syndicats fascistes. Parler aux ouvriers, parler aux travailleurs, parler à ceux qui sont justement sensibles, travailler justement les contradictions et surtout... Et surtout, s'abstenir si on pense que c'est par des leçons de morale et de valeurs, entre guillemets, et de libéralisme culturel qu'on va gagner dans ces couches-là. Alors là, on se trompe complètement, les amis. On se trompe complètement. Le RN doit être attaqué. Et je ne le dis pas du tout, du tout, dans le sens où il faut baisser en quoi que ce soit notre combat contre l'islamophobie, notre dénonciation du racisme et des violences policières. Ce n'est pas du tout ce que je suis en train de dire. Mais ce que je dis, c'est que s'attaquer à l'extrême droite, c'est avant tout s'attaquer. révéler son programme antisocial, montrer que justement les couches populaires, ouvrières, les travailleurs n'ont rien à gagner et beaucoup à perdre justement par la mise en œuvre du Front National. Et je suis étonné qu'au cours de cette campagne, il a fallu attendre les tout derniers jours pour que dans les médias de gauche, le programme économique et social du Front National, du Rassemblement National soit enfin décortiqué. Alors qu'on aurait dû commencer par ça au lieu justement de se limiter. et au reste, sans du tout évidemment mettre de côté le reste. Donc, travailler sur les contradictions, y compris sur ces contradictions-là. Deuxième point, très brièvement. Dans un article qu'on va publier dans Contretemps, je fais un peu la publicité pour ma petite boutique, d'Etienne Pénissa, Etienne développe un argument, à mon avis, très juste. Il dit, l'un des avantages énormes d'avoir une vraie présence et un ancrage local de terrain. dans les quartiers, dans les localités, et pourquoi pas dans les entreprises, c'est que justement, quand il y a ce rapport de proximité entre des couches plus larges, avec des dégrès divers d'engagement, et, disons, le noyau actif d'un mouvement politique, on peut dépasser, premièrement, une polarisation excessive sur une personne. Et on sait que souvent, on nous a dit, ah oui, vos idées sont très intéressantes, mais moi, par exemple, Mélenchon, je ne peux pas le piffer. Mais surtout... Ce qu'on peut faire, c'est qu'on peut dépasser justement la logique qui consiste à dire si on dit une phrase sur ceci, ça va contenter un certain public, mais ça va rendre mécontent un autre. Cette logique de segmentation électorale qui est la logique dominante précisément du discours médiatique. Les médias, ils font ça. Ils parlent d'une sorte de public indifférencié pour mettre en concurrence les divers segments et retourner, évidemment, quand il s'agit d'un discours qu'ils n'aiment pas, retourner les uns contre les autres. on a un rapport et un rapport de confiance qui demande du temps qui demande du boulot pour s'établir entre des militants entre des élus entre des gens qui sont présents sur le terrain et les populations locales on peut dépasser ça justement je crois que c'est un argument tout à fait essentiel qui permet de gérer ce que un grand dirigeant révolutionnaire que moi j'estime beaucoup disait les contradictions au sein du peuple les contradictions au sein du peuple ça se travaille camarades voilà dernière chose Je ne crois plus à l'action politique. Oui, imaginez où on en serait, camarades, si on n'avait pas fait ça. Imaginez où on en serait, si, imaginons, vraiment, où on en serait, sans la dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon et tout le travail, évidemment, qu'il y a eu derrière, sans la NUP, sans l'initiative de la NUP. Imaginez les... Imaginez les législatives si le scénario catastrophique de 2017 s'était répété en 2022. Tous les problèmes ne sont pas réglés, mais ça désigne l'urgence, la gravité de la situation où on est. Un tout dernier mot sur l'Ukraine. Personnellement, je suis un peu déçu qu'on ait... Il me semble baisser le ton au cours de la campagne, en partie parce qu'il a fallu faire des concessions à des partenaires de la NUP qui ne sont pas du tout sur nos positions, sur les positions de la LFI, je veux dire, sur la question de l'OTAN et sur la question de la livraison d'armes. On a mis un peu le bémol là-dessus. Pour moi, il faut travailler sans du tout, évidemment, en étant très clair sur notre condamnation de la guerre de Poutine et de ses objectifs, mais il faut assumer notre responsabilité pour construire ce que je veux. Jean-Luc Mélenchon a appelé le camp de la paix. Et le camp de la paix, ça signifie sortie de l'OTAN, refus de la livraison d'Arne, condamnation de l'invasion de Poutine, travail pour une solution diplomatique, refus de s'aligner sur les États-Unis, refus du bellicisme, refus d'un bellicisme qui s'infiltre jusqu'à y compris dans les rangs de la gauche et malheureusement parfois même de la gauche radicale.
Merci à toutes et tous, merci Statis pour ces mots conclusifs et puis à bientôt sur d'autres conférences et ateliers.
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