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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Oui, il peut se passer des incidents de campagne dans un grand meeting.
Ils vous diront tous que pas du tout, on ne s'occupe pas des sondages, mais ils mentent tous.
On est obligé de se raconter un peu des histoires parce que sinon, on ne repartirait pas.
Moi, j'étais un candidat un peu particulier par rapport aux médias puisque j'ai été journaliste à la télé pendant de longues années.
l'élection présidentielle, Lacroix a rencontré des ex-candidates et candidats. Ils reviennent sur leur campagne et sur leur investissement personnel. Comment vit-on cette expérience ? Ils racontent.
sûr que lorsqu'à Bercy, vous avez 18 000 personnes, ce qui était le meeting, le point d'orgue de la campagne de 2007. Oui, c'est un souvenir.
sûr que c'est un moment d'une grande humanité, Mithin. Parce que vous avez des gens, j'ai employé une expression, qui communient avec vous, qui attendent de vous des paroles précises, qui répondent à leurs exigences, à leurs aspirations.
J'ai pu expérimenter ce que l'on doit donner aux autres devant 15 personnes. Et chez les écolos, pendant cette période, on était plus habitués à parler à 15 ou 30 personnes qu'à 900 personnes. Mais il n'y a pas de différence de nature, c'est qu'une différence de degré. Et donc, moi, je me suis toujours appliqué à parler avec la même détermination, à essayer de transmettre mes valeurs, les convictions qui sont les miennes, qui sont les nôtres des écologistes, avec la même force pour 30 personnes que pour 1000 personnes.
êtes souvent interrompu par les applaudissements. Déjà, dès votre entrée, vous êtes dans un mouvement de foule. Vous sortez, c'est pareil, vous êtes dans le mouvement de foule. Il y a des gens qui veulent vous approcher, vous faire signer. Pendant ces périodes de meeting et tout, vous avez l'impression d'être... de porter quelque chose, de porter les souhaits d'une multitude.
Moi, ce que je faisais, c'est que quand je voyais une personne, un homme ou une femme... dont je pensais qu'il était en train de douter. Je me disais, c'est celui-là à qui je dois m'adresser, et c'est celui-là ou celle-là qui, à la fin, doit m'applaudir et doit être d'accord avec moi.
Aujourd'hui, les meetings sont diffusés sur les réseaux sociaux ou sur les chaînes d'information. Ce n'était pas vrai dans les années 90 et même 2000. Mais à partir sans doute de la campagne de 2012, tout a été mis sur les chaînes d'information. Ce qui fait qu'une ambiance de meeting, quand elle n'est découverte que par la presse écrite ou par la presse radio, même s'il y avait des débordements, même s'il y avait une forme de facilité verbale, ça n'avait pas la même conséquence aujourd'hui. Et dans un meeting, si le candidat, et j'ai été dans cette situation, perd un peu le contrôle de sa parole, va trop loin dans les attaques qu'il peut livrer, se laissant emporter par les acclamations et va jusqu'à radicaliser son propos, il le paiera nécessairement. Donc je faisais très attention à bien sûr être... porté par la foule, porté par l'ambiance, mais pas être déporté, ce qui m'aurait un moment disqualifié. Oui, il peut se passer des incidents de campagne dans un grand meeting. Personne ne s'en souvient, peu l'avaient d'ailleurs observé, que lors de ce grand meeting du Bourget, il y a eu un incident. Une personne, je ne sais pas laquelle, laquelle et pourquoi, avait lancé une chaussure qui a glissé devant moi. Imaginons que cette chaussure m'ait touchée. C'était immédiatement un événement de campagne. Il y en avait eu un autre précédemment où j'avais reçu de la farine, quel que soit le propos que j'ai tenu ce jour-là. Tout avait été effacé par l'événement lui-même. Un événement de campagne peut tout bouleverser. Il faut donc être très attentif à tout ce qui peut se produire et faire attention à tout ce qui, à un moment, arrive.
En ces temps de campagne électorale, pas un jour ne passe sans que paraisse un nouveau sondage politique. Les candidats ont les yeux rivés dessus et pourtant, régulièrement, les sondeurs se trompent.
Quand on est candidat, évidemment, on ne peut pas être insensible au sondage. Mais il faut s'en méfier.
faut y attacher une certaine importance. Ça mesure la sensation de l'opinion publique à un moment déni du temps. C'est plutôt ça. Ensuite, quand on est dans l'urne, on sait que ce n'est pas la même chose.
Alors, ils vous diront tous que pas du tout, on ne s'occupe pas des sondages, mais ils mentent tous. C'est évidemment, tous les jours,
un électrochoc. Pas trop d'importance, mais il ne faut pas être hypocrites, on les regarde, c'est évident qu'on les lit et que s'ils sont mauvais, on se dit, de toute façon, il n'y a pas le choix, on continue, sondage ou pas sondage, mais dire qu'on ne les regarde pas, non, moi je les regardais, je les regarde maintenant aussi. Bon, ils se sont beaucoup trompés, des fois. Mais je ne sais pas, peut-être que j'ai tort de les regarder. Enfin, je les regarde.
on est candidat, est-ce qu'on redoute que le sondage puisse peser sur l'élection ? Oui et non. On sait que les électeurs ne sont pas insensibles au sondage. Donc, quand ils voient qu'un candidat stagne dans les sondages... Peut-être que ça les détourne un peu, mais je ne suis pas sûr que les sondages fassent l'opinion.
Je crois que c'est en 2002 où on me donnait, on disait que j'étais peut-être le troisième homme. J'étais une femme et certains médias me promettaient 10% des voix, etc. Moi, j'étais... très sereine par rapport à ça. Je me disais, si c'est ça, on va faire un meilleur score que la fois d'avant, mais je n'y croyais pas trop. Par contre, mes camarades, dans les meetings, criaient, et 6, et 7, et 8, et 9, et 10 %, vous voyez, sous forme de slogan un petit peu. C'est vrai que ça crée surtout une ambiance qui vous porte. Mais ça ne vous empêche pas de penser que la réalité ne sera pas ça.
vous voyez des sondages qui se suivent, qui montrent que vous ne décollez pas. Voilà, que vous restez bien un petit candidat, comme ils disent. Vous les avez en tête. Vous ne pouvez pas faire comme si... Je veux dire, ce n'est pas simplement la marge d'erreur d'un point. Quand vous êtes à 3 ou à 2 ou à 1 dans les sondages, vous ne pouvez pas être à 10 ou à 12. Alors on se raconte des histoires à ce moment-là. C'est-à-dire qu'on se dit, bon d'accord, là ils nous mettent à 2 ou... mais ça va démarrer, on est obligé de se raconter un peu des histoires parce que sinon on ne repartirait pas.
Évidemment que j'étais attentif au sondage avec mon équipe. Mais ce n'étaient pas les sondages qui déterminaient les thèmes de ma campagne et la manière de faire campagne. Et on voit bien qu'aujourd'hui, il y a beaucoup d'interrogations sur les sondages.
'ai un souvenir qui me donne les larmes aux yeux chaque fois que j'y pense. La grande ascension de 2007, quand on a été tout près du deuxième tour, tout près d'arriver au niveau de Ségolène Royal, par exemple, et que c'était un événement inattendu et assez bouleversant dans la vie politique française. Je me souviens très bien du jour où un sondage m'a mis à égalité avec Ségolène Royal, ou quasiment à égalité. J'étais assis à la terrasse d'un café, on prenait un café avec le petit groupe de ceux qui m'entouraient, et j'ai reçu un SMS d'une de mes filles, qui était jeune femme médecin avec des petits enfants. Et elle m'a mis « Papa, s'il te plaît, pas trop vite ». Et à cet instant précis, vous recevez sur vous la charge que vous avez transférée sur ceux qui vous entourent, sur ceux que vous aimez, sur ceux que vous voulez préserver. Et tout d'un coup, vous vous rendez compte que le tsunami qui déferle, il ne déferle pas que sur vous.
'ai toujours été à des sondages assez faibles, autour de 2-5%. J'ai été, je crois, jusqu'à 5%. Mais entre le samedi, la force des médias, le samedi veille de l'élection, où le monde a titré en disant que M. Le Pen pouvait devenir candidat du deuxième tour. J'ai senti, nous avons senti dans mon équipe, nous avons eu des témoignages selon lesquels nous perdions. un certain nombre d'électeurs, au nom de la désunion. Il vaut mieux voter Util, voter Chirac, plutôt que voter Boutin, parce que c'est une voix qui, a priori, est perdue.
trouve que moi, j'étais un candidat un peu particulier par rapport aux médias, puisque j'ai été journaliste à la télé pendant de longues années. Donc je sais comment ça fonctionne. Mais ce n'est pas parce que je sais comment ça fonctionne que je vais sombrer dans cette inversion. absolument terrible aujourd'hui, qui est dévastatrice, selon laquelle c'est les médias qui fixent l'agenda.
Personne dans la presse n'y croyait. Et personne ne voulait me donner la parole en tant que candidate à la présidentielle, parce que dans l'esprit des médias et des politiques, je n'étais pas candidate, j'étais candidate à rien du tout. Tout se tourne vers ceux qui
peuvent être les présidents futurs. Et à l'époque, si je prends l'élection... auquel j'ai participé, personne ne voyait ni Arlette Laguiller ni moi comme futur président. Donc les médias se concentrent sur ceux qui vont peut-être être demain à la tête du pays.
Ce qui est frappant, c'est le regard des journalistes, par exemple. Vous vous souvenez, il y a une photo extraordinaire que vous retrouverez, je suis sûr, c'est Nicolas Sarkozy entouré d'un cercle de journalistes à ses pieds et qui le regarde énamouré. Il monte, il va gagner. Et il n'y a rien de plus fascinant pour un journaliste que d'être emporté ou partie prenante de cette... de ce surgissement-là. Puis il y a eu ce fameux épisode de la gifle que je n'ai pas voulu, pas mis en scène, que je n'avais pas imaginé. Mais j'ai trouvé la main d'un gamin en train de me piquer mon portefeuille dans ma poche. Et j'ai eu un geste de père de famille qui est parti très vite. J'étais pas content parce que la télé l'a filmée, l'a publiée sur... toutes les antennes de tous les pays du monde. Mais ce qui n'était pas bien, c'est qu'ils ont bruité la claque. Parce que ma claque, à moi, n'a pas fait de bruit, je vous assure. C'était plus... On m'origénait. C'était une taloche pas du tout méchante et pas du tout violente. Et ça, ça a fait monter... Mais très vite après, c'est redescendu, parce qu'il y a d'autres événements qui viennent, et en 2002, il y en a eu pas mal.
J'ai considéré, et j'en fais ici l'annonce, que pour au-dessus de 1 million d'euros par mois, le taux d'imposition devrait être de 75%. Il y a parfois la nécessité de surprendre, parce qu'une campagne, c'est long. Je l'avais commencé au mois de janvier, mais en fait, elle avait été engagée beaucoup plus tôt avec la primaire. Donc à un moment, il y a une forme d'épuisement. Tout a été dit, les propositions ont été présentées, les meetings finissent par se ressembler les uns les autres. Donc il y a toujours un moment où il faut relancer la campagne. Il faut retrouver un thème et le saisir par l'actualité. C'est l'actualité qui va créer... un événement tel que la campagne prend une autre consistance. Et si une proposition doit être faite, elle doit, pour surprendre, être travaillée et ensuite émise sans que les proches même en soient informés. C'était le cas d'ailleurs pour la taxe à 75%. Je l'avais faite parce que je sentais bien qu'il y avait eu des révélations sur des rémunérations tout à fait mirobolantes, des fortunes tout à fait significatives. Et donc il fallait trouver une réplique. Et celle-là était utile, je crois, dans la campagne.
c'est vrai que quelquefois, dans le feu du débat, on peut prononcer des phrases que l'on regrette après.
Oui, on a sûrement une carapace qui
est la force de ces idées. Je ne me suis jamais sentie inférieure parce que j'étais femme, ni supérieure d'ailleurs.
Dans une élection présidentielle, il y a toujours l'affirmation d'un projet et le rejet du prédécesseur.
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