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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Emmanuel Macron semble vouloir enjamber la présidentielle. Alors qu'il est donné largement gagnant dans tous les derniers sondages, il ne participe qu'à distance à cet instant démocratique pour la France. Refusant de débattre avec les candidats avant le premier tour, le président-candidat décline ainsi l'inventaire de son action durant ses cinq années de mandat. Les sujets de préoccupation pour les Français sont relégués à son Premier ministre qui vient d'annoncer la levée de toutes les restrictions liées au Covid et un coup de pouce au 1er avril pour faire face à la hausse du carburant. La campagne du président sortant est aussi orchestrée avec des grosses ficelles. L'équipe de communication met en scène le président candidat sur les réseaux sociaux jusqu'à diffuser des photos d'Emmanuel Macron en tenue décontractée, la mine fatiguée, mal rasée dans le feu de l'action face à la situation internationale incertaine. Et à moins d'un mois du premier tour fixé au 10 avril, Personne ne connaît précisément son programme pour les 5 prochaines années. Est-ce qu'Emmanuel Macron en fait trop ? On en parle ce soir dans Bonsoir le Gard.
on va commencer avec Nicolas Cadenne. Sur cette interrogation ce soir, vous avez probablement vu ces photos sur les réseaux sociaux où on voit Emmanuel Macron mal rasé, fatigué, en pleine négociation, on peut l'imaginer, avec l'Ukraine et la Russie. Bon, est-ce que là, l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron en fait pas un peu trop ?
Ce qui est sûr, c'est qu'on a besoin, ça c'est normal, d'un président qui soit en action et qui soit dans ce cadre-là, dans les négociations face à la Russie, pour faire en sorte qu'on sorte positivement de cette situation assez catastrophique en Ukraine. Pour autant, effectivement, est-ce qu'il était nécessaire d'aller jusqu'à diffuser certaines images qui posent question, moi qui m'ont interrogé, parce que dans le même temps, on a les images du président ukrainien. dans son palais présidentiel qui, sur le coup, est quasi assiégé. En tout cas, on sait que Kiev est de plus en plus entouré par les troupes russes. Donc lui, il est dans une situation réellement extrêmement sensible, compliquée, délicate, puisqu'il est possible qu'il soit même lui-même une cible, lui et sa famille, de certains mercenaires russes, voire de l'armée russe. Il est dans une situation, donc, ce président ukrainien qui fait qu'il est de fait dans des habits... Et donc sur Emmanuel Macron ? Et du coup, face à cela, effectivement, que son équipe de com puisse diffuser des images d'Emmanuel Macron un peu dans le même... style, avec des habits militaires ou avec la barbe mal rasée, ça renvoie à la situation beaucoup plus douloureuse du président Zelensky. C'est là, je pense, que ça peut... Il y a une vraie question.
Nicolas Pellegrini, au-delà de ces images, parce qu'on ne va pas faire 10 minutes sur les images sur les réseaux sociaux, mais est-ce que vous n'avez pas un peu le sentiment que l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron a un peu de tendance à vouloir enjamber cette présidentielle, donc on fait un peu trop.
Alors, au risque de paraphraser peut-être un film un peu connu, je crois pas qu'il y ait de bonne ou de mauvaise communication. Dans le fond, la communication, qu'elle soit bonne ou mauvaise, elle sert un objectif. Il y en a qui font que de la com. Et il y en a qui font de la communication pour servir un discours de fond. Là, si on doit transposer ce que je dis sur les présidentielles, vous avez Emmanuel Macron qui n'a toujours pas de projet présidentiel mais qui ne fait que de la communication. On l'a vu sur TF1 pour la grande émission qui a rassemblé d'ailleurs que 8 candidats sur 12. Il n'a fait que défendre un bilan. Il n'a pas proposé de nouvelles choses à part de faire travailler les gens jusqu'à 65 ans. Et puis de l'autre côté, il y a des candidats qui ont un programme. cohérents, chiffrés, complets, et qui font de la communication pour valoriser ce programme-là. On se demande de qui on parle, mais du coup ça pose problème dans ce qu'on appelle quand même une démocratie, puisque d'un côté vous avez un président candidat qui refuse de débattre avant le second tour, et qui fait uniquement de la communication. Et à ce petit jeu-là, oui, je pense qu'il en fait trop. Parce qu'on ne va pas passer la soirée sur les images, mais de le voir ensuite rider au téléphone, ça rappelle les clichés pris par Kennedy pendant la crise des missiles à Cuba. C'est un petit peu ce surjeu du chef de guerre qui, moi, je pense, pourrait le desservir. Parce que, dans le fond... Pour l'instant,
ce n'est pas le cas. Parce que dans les sondages, il ne fait que progresser. Ça
fait quand même des années bien avant la crise ukrainienne, qui nous sert quand même le discours habituel, j'ai envie de dire, des présidents. en sortant, c'est voter pour moi ou le chaos. Donc en fait, il est en train de surjouer cette situation-là et moi, à mon sens, ce qui me gêne, au-delà de la communication pure et simple, c'est l'instrumentalisation de la souffrance des Ukrainiens dans le cadre d'une campagne électorale. Ça par contre, ça me pose problème.
Fabrice Verdier, quel est votre avis sur la question de ce soir ? Est-ce qu'Emmanuel Macron en fait trop
'est parfois son habitude ou celle de ses équipes, mais moi je trouve que ce qui est... plutôt malsain pour notre démocratie, c'est qu'il n'y ait pas véritablement de débat, et qu'effectivement, je sais sa vision jupitérienne de la politique, mais il faudrait qu'il redescende dans l'arène et qu'il puisse confronter son bilan, parce que forcément il sera attaqué sur son bilan, mais je pense qu'il, puisqu'il se considère légitime, qu'il peut le défendre, et puis après il faudrait effectivement que chacun des candidats puisse présenter son projet, c'est ce qu'attendent les Français. L'actualité douloureuse, terrible de l'Ukraine, on le sait, il faut dire les choses telles qu'elles sont, on le serve parce qu'il incarne le chef, celui qui nous protège. Et quelque part, le peuple français a besoin d'être aussi rassuré. Donc il profite de la situation. Mais moi, je souhaiterais vraiment qu'on puisse avoir effectivement un débat, qu'on puisse afficher les uns les autres nos positions sur les retraites, sur la question essentielle de la santé. C'est quand même assez extraordinaire. On n'est pas sortis de la crise Covid quand même. Mais que personne ne puisse rentrer dans les télés des Français pour parler de sa politique de santé, par exemple. Quelle alternative à la politique de Macron ? Il y a des tas de sujets comme ça. Donc je trouve ça un peu dommage. Et ça l'est d'autant plus que ça peut le rendre effectivement, et c'est la crainte de ses équipes, quelque part un peu illégitime quand il va être élu, certes, peut-être, mais quelque part avec une vraie frustration de ceux qui considéreront qu'ils n'ont pas pu... Présenter réellement l'Europe
politique. Nicolas Cadenne, est-ce que c'est volontaire, là, aujourd'hui ? Parce que, bon, il dit, je ne veux pas débattre avant le premier tour avec les autres candidats. Bon, en même temps, les autres présidents sortants n'ont pas débattu non plus. Mais bon, il nous avait habitué à un ancien monde et à un nouveau monde. Il semblerait que
là,
l'ancien monde l'arrange, peut
-être. Je ne sais pas, mais effectivement, je pense quand même que ça peut le desservir lui-même de ne pas débattre, de refuser tout débat. Surtout qu'effectivement, ce qui est frappant aujourd'hui, c'est que les principales préoccupations des Français ne sont pas du tout traitées. Le pouvoir d'achat, l'environnement, la crise environnementale, on l'oublie complètement, la santé, ça a été dit par Fabrice. C'est quand même les trois principales préoccupations des Français qui aujourd'hui ne sont pas traitées. Elles ne sont pas traitées parce qu'en effet, elles sont camouflées, entre guillemets, par une situation douloureuse, ça a été dit très dur, de la guerre en Ukraine. Mais enfin, il faut quand même les traiter. C'est traité par
les
autres candidats.
Il n'y a qu'Emmanuel Macron qui n'a pas pris position pour l'instant. Les autres candidats ont formulé des propositions sur le pouvoir d'achat. L'actualité
médiatique est quand même très orientée sur les questions internationales qui sont importantes. De fait,
on a une guerre en Europe, sur le continent européen. De fait, le président en France est le chef des armées. Donc, évidemment, l'attention est portée sur lui en tant que chef des armées. Sauf qu'effectivement, du coup, il ne parle pas des autres sujets, des autres préoccupations qui sont portées par les autres candidats, mais finalement qu'on entend peu, puisque tout se concentre sur cette situation de crise en Ukraine. Et comme le dit Fabrice Verdié, est-ce
que vous pensez que, même s'il gagnait, finalement, ça pourrait être assez illégitime ? Parce qu'on n'a pas débattu de l'avenir de la France. Ça dépendra du
temps. participation aussi. Oui, ça joue beaucoup, mais je pense que lui-même n'a pas intérêt à tout à fait occulter ces thématiques parce qu'en effet, il leur est sinon ce procès en illégitimité. Nicolas, Pellegrini.
Tout simplement, pour conclure sur ça... L'actualité internationale n'a jamais empêché un débat démocratique de se tenir. Il n'y a qu'à voir la Seconde Guerre mondiale. On a quand même eu une élection en 1940, en 1944 aux États-Unis, en plein conflit mondial. Donc oui, les questions internationales sont très importantes, puisque ça a permis, une, de clarifier les positions des uns et des autres sur les questions internationales. Je pense à l'OTAN, je pense à la question européenne, je pense à l'ONU, etc. Mais effectivement, ce qui concerne les Français, en tout cas ce qu'ils attendent comme débat de la part de leurs candidats, de ceux qui ont vocation à diriger de ce pays, celles et ceux.
Alors, je dirais quand même, il y a un vrai intérêt quand même dans le débat démocratique global de ce conflit, c'est la place de l'Europe qui revient en force. Et ça, c'est très important. La question de la souveraineté. Exactement, la question de la souveraineté européenne, c'est vraiment une bonne chose qu'on puisse enfin en traiter.
Souveraineté énergétique aussi, souveraineté alimentaire, souveraineté économique aussi. Et l
'autre bonne chose aussi, c'est que là, on parle de sujets d'actualité internationale qui sont très importants, ce qui éclipse de facto des sujets qui revenaient. beaucoup avant la guerre en Ukraine, et qui étaient des sujets plus secondaires en tout cas dans l'intérêt des Français, comme par exemple l'immigration. Oui, tout à fait.
D'ailleurs, on a vu le revirement de veste de certains concernant l'immigration, puisque quand il s'agit de personnes qui fuient des bombes, mais qui sont blancs, ou chrétiens, ou protestants, etc., là, par contre, ça va. Par contre, quand ils sont noirs, arabes, musulmans, là, ça pose problème. Je pensais à certains, et je ne citerais que Robert Ménard, parce qu'il n'y a que lui qui me vient en tête, mais c'est le cas de beaucoup de gens qui, je pense, ont revu peut-être un petit peu leur position sur la radicalité qu'ils ont sur leur discours vis-à-vis de l'immigration.
Est-ce que vous pensez, pour terminer, que cette campagne finalement, qui est quand même un peu, on va dire, anormale, aura un effet sur le taux d'abstention ou pas ? Je pense
qu'en effet, si on ne traite pas de ces préoccupations premières, il y aura un effet sur l'abstention. Et au contraire, vous ne pensez pas que le
fait
qu
'on
est dans une situation internationale incertaine pourrait motiver
les gens à aller voter ?
Au contraire ? Tout dépendra vraiment de la situation au moment précis du vote en Ukraine et peut-être au-delà en Europe. Si ça évolue positivement, ce qu'on souhaite quand même tous, je pense que ce sera négatif sur le taux d'abstention. Si effectivement on est dans une situation catastrophique qu'on ne souhaite pas, après il y a ce que rappelait Fabrice Verdier, il y a effectivement ce souhait des Français d'être protégés et c'est incarné par le chef d'État.
Nicolas Pellegrini,
avant
de donner la parole à Fabrice Verdier pour terminer. Sur
l'abstention tout simplement, je crois que la crise Covid a bien montré que les crises avaient un impact quand même assez dramatique sur l'abstention. dit à l'instant la crise Covid n'est pas terminée. Deux, la crise géopolitique ne fait que commencer, je le crains. Donc non, je pense que ça aura un effet néfaste sur l'abstention, ce que je ne souhaite absolument pas. Ce qui n'est pas
le cas apparemment, parce que les informations qu'on a eues là ces dernières 48 heures, je ne sais pas si Fabrice Verdi a des informations sur la mairie du ZES, mais il semblerait qu'un niveau d'inscription sur la liste électorale sera beaucoup plus important aujourd'hui que ce que c'était il y a 5 ans. Mais là,
sur le coup, il faut saluer les différentes formations politiques qui ont beaucoup fait campagne. qu'on fait ce travail pour relancer les inscriptions. S'inscrire ne veut pas dire aller voter. C'est une première étape importante.
Non, s'inscrire ne veut pas... Il faut se réjouir s'il y a... Effectivement, j'ai eu des retours comme quoi il y a beaucoup d'inscriptions. Plus que sur les élections précédentes. Mais moi, encore une fois, j'aimerais qu'on ait un vrai débat sur les projets de société des uns et des autres. Moi, ma candidate, c'est Anne Hidalgo. Mais j'aimerais qu'elle puisse se confronter avec Jean-Luc Mélenchon, avec le président sortant. Franchement, aborder une présidentielle en escamotant le débat et en mettant en place des mesures catégorielles. Je te mets la retraite à 65 ans. On ne connaît absolument pas les modalités. Je t'augmente les fonctionnaires, les trois quarts des fonctionnaires, c'est les collectivités qui vont assumer cette nécessité d'augmenter leur pouvoir d'achat, mais on ne sait pas dans quelles conditions ça se fera. Je te baisse l'essence ou le gasoil de 15 centimes pendant 2-3 mois, puis après on verra pas les élections. C'est électoraliste quoi. Franchement, on est beaucoup dans des mesures électoralistes. Je sais ce qu'on va me dire. Vos candidats par le passé, vos présidents sortants par le passé ont fait la même chose. Très honnêtement, je ne vais pas jouer les nostalgiques, mais c'était quand même autre chose la France unie de François Mitterrand que cette campagne portée par le président sortant. Même si je lui reconnais beaucoup de choses intéressantes dans ce Milan, je trouve dommage, quand une démocratie est un peu en panne, que le président ne se prête pas davantage au débat démocratique.
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