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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
D'abord, bonjour, merci de me recevoir. Je voudrais remercier le président de l'Union des maires pour la démarche spectaculaire qu'il a fait au moment des parrainages avec une marque d'ouverture d'esprit qui fait honneur à l'association. J'espère que les leçons en seront tirées pour l'avenir. Aucun d'entre nous n'a jamais réclamé un tel privilège. Il a été attribué aux élus dans les circonstances historiques dont vous vous souvenez sans doute. Et puis, pour finir, je suis parfaitement capable de comprendre toutes les difficultés que soulève la méthode du parrainage, qui est souvent assimilée à du soutien. Et compte tenu de la difficulté que nous avons déjà à rassembler des équipes communales, à faire en sorte qu'on puisse bénéficier d'une autorité qui repose sur une certaine relaxation des rapports politiques entre deux élections municipales, je comprends que ce soit difficile. Cependant, c'est comme ça. cacher une certaine amertume à avoir dû perdre tant de temps à collecter des parrainages plutôt qu'à faire campagne. Et pour l'avenir, vous savez, j'ai déposé une proposition de loi qui est qu'on puisse faire un parrainage républicain et citoyen. Voilà. Comme ça, la question serait réglée. Alors, après ces remerciements, j'en viens à l'objet de notre rencontre. Je m'avance marchant sur des œufs. avec le sentiment d'être peut-être perçu comme un personnage iconoclaste. 18 années de présence dans un conseil municipal et dans un conseil départemental, deux fois président de groupe, m'ont habitué ou en tout cas initié aux subtilités qui sont les nôtres à ces échelons de la démocratie française. Mais je suis de tradition jacobine et je le reste. Malheureusement, le jacobinisme est souvent confondu avec le bonapartisme avec lequel il n'a rien à voir. Imaginez-vous que la constitution de 1793 prévoyait qu'une loi ne s'appliquerait pas si le tiers des départements n'en voulait pas. Imaginez qu'on propose une chose comme ça aujourd'hui. On n'appellerait pas ça du jacobinisme, on l'appellerait autrement. Je ne sais pas comment, ça serait une idée assez étrange, peut-être faut-il la proposer. Mais ce qui me frappe avant toute chose, c'est que je ne participe pas du tout de la mentalité qui oppose les échelons de gestion, les compare, imagine leur complémentarité, etc. Tout ce vocabulaire fait fi de l'esprit initial révolutionnaire de 1789. Le sujet est comment s'exprime le souverain. et il le fait à travers une série d'instruments qui ne sont ni complémentaires ni opposés. C'est la même chose, c'est un seul et même processus qui doit lier le niveau communal, l'État et le département. À ce sujet, la France a tellement évolué que peut-être nous n'en sommes même plus conscients que de changements. D'ailleurs, l'État unitaire existe-t-il encore ? Quand je le demande, on est souvent surpris, mais enfin quoi ? Un État unitaire qui comporte un gouvernement territorial de la Polynésie française, un congrès du territoire en Calédonie française. Une seule assemblée régionale en Guyane et en Martinique, deux à la Guadeloupe, une structure différente en Corse qui sans doute devra encore évoluer. Par conséquent, c'est une fiction que l'état unitaire, tel que nous l'imaginons. Peut-être aurait-il mieux en prendre définitivement acte et se demander comment, dans cette situation, on pourrait construire une adéquation des structures à l'esprit qui, dorénavant, préside. La République française est une République fédératrice aujourd'hui. Je n'ai pas dit fédérale, ni fédérative. Fédératrice, c'est-à-dire que son objet est de rapprocher les conditions sociales et de développement économique des différents territoires et populations qui le composent. Alors admettons que c'est l'effort fédérateur qui nous anime et dont nous sommes tous partie prenante. A partir de là, les approbations et désapprobations à l'égard des nouveautés se distribuent différemment. En attendant, dans mon esprit, et autant être direct, la commune est la réalité démocratique fondamentale de la nation française. Non seulement en tant que république, née en 1789, mais sur le long cycle de l'histoire. C'est la grande différence. Quelle est la grande différence culturelle qui coupe l'Europe en deux ? Il y a avant les lignes de l'empire romain et après. La cité d'un côté, la horde de l'autre. La horde n'inclut pas ou l'attribut de notions péjoratives dans mon esprit. Mais ce sont deux logiques complètement différentes qui vont donner à un endroit le droit du sol, à l'autre le droit du sang, etc. La commune, donc, en France, n'était pas partout. Et la France partageait entre le territoire latin d'occupation romaine et le territoire celte. C'est donc les rois qui se sont appuyés sur la naissance des villes pour construire leur autorité fédérale à l'époque. Et c'est ainsi que la ville est devenue, et la cité est devenue, le cœur battant de la réalité de l'identité nationale des Français, la structure de base. On ne peut pas passer à côté d'un process millénaire. Les libertés dans notre pays, le droit de vote, le vote lui-même, les majorités, les minorités, tout cela est né dans la commune. Et par conséquent, le processus néolibéral qui lui vise à éteindre les mécanismes de régulation citoyenne s'en prend d'abord à la commune. Parce que c'est la source numéro 1 de la réalité démocratique. Voilà ma vision des choses. Je sais bien que tout le monde ne la partage pas, mais en tout cas, je voudrais vous montrer qu'elle est construite autour d'une vision historique. Et ensuite, elle est construite autour d'un projet. Dans mon esprit, le vieil antagonisme population-territoire qui a donné lieu à la chambre des communes, la chambre des lords, le Sénat en France qui peine, j'ai été sénateur assez longtemps pour m'en souvenir, a rappelé que sa légitimité est celle des collectivités locales. Eh bien, elles se dissolvent à notre époque dans la double question, d'une part, de l'émergence d'une démocratie citoyenne complète, et d'autre part, de la planification écologique qui permet de mettre la gestion des territoires au service d'une certaine vision de l'harmonie des êtres humains avec la nature. C'est dans cet état d'esprit que j'imagine la commune comme le goutte à goutte de la planification, le lieu d'où remonte. Les préoccupations, l'identification des problèmes, leur soumission à des libérations collectives et où s'opère le goutte à goutte de la redistribution des 200 milliards d'investissements écologiques qu'envisage mon plan sur la durée d'un quinquennat. Ce n'est peut-être autrement alors que font les départements. Les départements ont un autre niveau d'organisation. Eux aussi sont le résultat d'une décision révolutionnaire. qui correspondait à peu près à la surface du diocèse, mais qui ne voulait pas les mettre sous l'autorité des cléricaux, et donc a essayé d'inventer une autre structure, parfois en brutalisant certaines frontières qui avaient d'anciennes racines culturelles. Mais c'est comme ça que ça s'est fait, et surtout ça a défini un étalon de mesure de la proximité du rapport au pouvoir. Il fallait que ce soit à une journée de cheval, ce qui semblait être une distance suffisante à l'époque de proximité. Aujourd'hui nous dirions à 30 minutes. de tous citoyens, citoyennes dans le pays. Et ce pourrait être la surface, l'idée que c'est dans ces conditions qu'on accède au département et le département est l'organisateur des grands services publics de leur répartition sur le territoire. Arrive le niveau régional, dont la légitimité est plus qu'incertaine. Elle est même tellement confuse. que les premières découpes étant intervenues en 1955, si mes souvenirs sont bons, avant d'être fixées aux alentours des années 72, eh bien, à intervalles réguliers, on a pourvu les régions d'attribution. Pourquoi celle-ci plutôt que celle-là ? Peut-être parce qu'elles restaient. Quelles étaient au juste la légitimité de ces répartitions ? On n'en sait rien. Et je ne les trouve pas performantes. La dernière organisation des régions a été une catastrophe parce que du peu qu'on s'était habitué à celle qui existait, qui était une sorte de mariage, finalement, avec le temps, sur deux générations, plutôt réussie entre les cartes culturelles d'ancien régime, les circulations plus modernes, bref. Moi qui suis un adoptif de la Franche-Comté, je ne vais pas vous dire que la Franche-Comté n'a pas de réalité, ni que la Bourgogne n'en est pas une aux yeux des francs-comptois. ni que PACA n'ait pas de sens, mais enfin le reste, souvent, non. Et je ne ferai même pas l'effort d'y croire. Je pense qu'il s'agit de déterminer clairement un cap. Pour ma part, je ne suis pas d'accord avec le schéma ambivalent. L'espérance sournoise de démembrer la France en en faisant une addition de Lander, comme si le Lander était le modèle de la bonne organisation du territoire, ce que je ne crois pas un seul instant. Cela correspond à la vieille histoire allemande, et ces Lander ont des tailles tellement différentes que leur signification démocratique n'est pas la même. J'achève donc en vous disant que dans mon esprit, les régions doivent avoir pour base une réalité écologique et géographique. c'est-à-dire les bassins versants. Et alors vous voyez une manière d'emboîter les différents échelons, car si les régions, 24 bassins versants dans notre pays, 22 régions avant, en même temps elles s'articulent avec des départements dont les trois quarts portent le nom d'une rivière parce qu'ils sont organisés autour d'une rivière. Voilà ma vision de l'organisation du territoire et mon hostilité à tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, visent au démembrement d'unité de la nation.
Merci, merci Jean-Luc Mélenchon. Donc c'est le temps des questions. Trois questions, une par échelon, les échelons que vous venez de nous décrire. Je donne la parole pour commencer à Marie-Pierre Missou, qui est maire de Cherveux, présidente des maires des Deux-Sèvres.
suis là. Bonjour, monsieur Mélenchon. Ma question concerne l'accès aux soins pour tous. Je dis bien pour tous. La crise sanitaire a mis à jour l'appauvrissement de notre système de santé qui ne permet plus un accès aux soins satisfaisant en France. L'accès aux soins des Français est aujourd'hui gravement compromis par l'extension des déserts médicaux qu'il touche aussi bien les territoires ruraux que les territoires urbains
et
qui concerne tout autant la médecine générale que toute autre spécialité. L'hôpital public et les soignants sont à bout de souffle. Dégradation des conditions de travail, manque de personnel soignant, surcharge de tâches administratives, gestion difficile des urgences. Monsieur Mélenchon, quelles réformes globales concernant la médecine de ville, la gouvernance hospitalière, la pertinence des ARS, la formation, la répartition des professionnels de santé proposez-vous à court et moyen terme pour améliorer l'accès aux soins de nos concitoyens ? Je vous remercie.
Madame le Maire. Les ARS sont un organisme bureaucratique inefficace et dont la vocation a été d'introduire à l'hôpital les normes qui sont celles de la gestion des entreprises considérées comme un modèle. Alors la gestion des entreprises correspond à des normes d'organisation qui ont à voir avec la production et l'échange, ça n'a rien à voir avec la santé publique. Le premier objectif que je me donnerais est la démarchandisation du secteur de la santé. Ce qui veut dire que pour commencer, on cesserait la distribution pernoélique de l'argent public, et notamment celui de la sécurité sociale, qui n'a aucune prise sur le prix des médicaments, aucune prise sur leur implantation en France, tout ça, ça suffit. Donc il nous faut un pôle public du médicament, je le dis pour commencer, faire la première réserve intellectuelle avec le système actuel. Évidemment, à l'hôpital, terminer la T2A. c'est-à-dire la rémunération à l'acte, qui défigure l'exercice de la profession médicale, la bureaucratise, l'administrative à mort et surtout la concentre sur une méthode qui consiste à regarder le patient, la personne qui a besoin de soins, comme plus que jamais une chose davantage qu'une personne humaine. L'autre, c'est évidemment la durée moyenne de séjour, autre invention barbare qui résulte d'un regard statisticien. sur la durée des maladies et qui aboutit à un partage absurde entre l'hôpital public et la clinique privée des malades qui sont acceptables dans des durées supportables par les uns et par les autres. Tout ça est un tissu de sottise. Le meilleur système de santé du monde a été en quelques années réduit à la situation que vous connaissez, 17 000 fermetures de lits, 5 000 en pleine crise. Et d'ailleurs certains étant à ce point hallucinés. par les tâches qu'ils avaient à accomplir dans la période précédente, en pleine crise, on continuait à dire, ah ben oui, nous allons fermer des lits ici et là, avant de se faire un peu réprimander, mais il n'empêche que 5700 lits ont été fermés en pleine crise. Alors, nous avons à faire face à partir de là. Premièrement, une tâche de réorganisation de l'hôpital public. réorganisation de sa norme interne réorganisation de sa diffusion sur le territoire car la réduction de la présence hospitalière et de ce qui va avec a abouti plus la désertification à une situation absolument folle où les urgences deviennent le lieu où atterrisse tout le monde pour telle ou telle raison et on reproche aux gens d'y être Mais enfin, on n'est pas forcément soi-même capable d'évaluer ce dont on souffre. Et quand on souffre, on a toujours l'idée que c'est plus intense que ce que ça apparaît aux autres. Donc, je n'accepte pas la critique qui est faite et la méthode. que je juge extrêmement dangereuse, qui consiste à dire que si vous venez aux urgences et que vous n'êtes pas hospitalisés, vous devrez payer 18 euros. J'ai toujours pensé, dès que ça a été décidé, que c'était une bêtise immense d'avoir décidé ça, parce que ça forme une forme de filtre d'accès aux soins. Je termine en vous disant comment faire face au désert médical. Parce que là, c'est une grosse question. Il nous faut, dit-on, 10 ans pour préparer un médecin. Nous sommes en état de pénurie. D'abord, commençons par regarder qui a eu l'idée de cette brillante pénurie. C'était dans les années 70, le numerus clausus. A l'époque, on craignait qu'il y ait trop de praticiens, si bien que la médecine libérale deviendrait une activité moins prestigieuse qu'elle n'était avant, ou rapportant moins. Et on a inventé le numerus clausus, jusqu'au système actuel d'explosion, parce que nous avons été tétanisés et bloqués, avec... des mécanismes très pervers de préparation à l'entrée en première année de médecine par des cours privés, qui est une machine à sélection sociale absolument insupportable à mes yeux, ayant eu à connaître de près plusieurs jeunes gens, essayant d'entreprendre des études de médecine et ne pouvant le faire parce que la famille ne pouvait assumer les coûts ou bien parce que le mécanisme était trop grossièrement une machine à filtrer socialement. alors première chose à dire les mentalités ont évolué donc ne vous repérez pas nous nous repérons pas pardon sur ceux que nous avons connu notre bon docteur à nous de telle ou telle génération qu'on pouvait mobiliser la nuit le jour qui venait quand il fallait c'est fini tout ça les jeunes gens d'abord la profession s'est féminisée donc elle s'est rationalisée Les gens sont en demande de relations professionnelles normales. Et dans les relations professionnelles normales, il y a du temps pour les vacances, il y a du temps pour s'occuper de la famille, etc. Donc, nous avons une plus grande disponibilité à la salarisation. des médecins et donc c'est un atout pour la période qui vient si nous sommes capables de proposer à des jeunes gens de faire des études de médecine et de leur verser des bourses dès le départ comme on le faisait par exemple quand on recrutait dans les écoles normales départementales et bien nous trouverions le public qui viendrait en force pour devenir médecins et nous pourrions commencer à partir de la deuxième ou la troisième année vous savez aussi bien que moi que c'est déjà le cas à les introduire dans le processus Et la divergence ne ferait qu'à la sixième année, quand on arrive dans l'internat. Voilà comment, alors clairement, nous allons avoir une période intermédiaire extrêmement dure à gérer. Alors, ce n'était pas une bonne idée de commencer à montrer du doigt tous les étrangers dans ce pays, parce que si vous enlevez les médecins... et un certain nombre de spécialistes parce qu'ils ne sont pas français ou qu'ils ont des origines qui ne sont pas dans nos terroirs, il y aura encore moins de monde. Donc je propose qu'on commence à redevenir polis avec les gens qui sont chez nous et qu'on leur dise merci quand ils rendent des services au lieu de les maltraiter ou de les regarder de travers. Mais disons-nous que nous allons au-devant d'une période difficile, intermédiaire. Mais encore, on en sortira que c'est où on sait où on va. Si on ne sait pas et qu'on continue à ouvrir les mains en disant, ben laissons faire le marché, le résultat est acquis d'avance, ça ne marchera pas. Il faut donc être volontariste, ouvrir des maisons ou des centres de santé qui permettent à plusieurs médecins de participer au travail en étant salariés. Voilà, bon, ce n'est pas la peine d'inventer midi à 14 heures. Les solutions, on les connaît, elles existent déjà dans un certain nombre d'endroits. Il faut les généraliser. Ça s'appelle la généralisation des bonnes pratiques. Ça ne sera pas mon invention de la journée. Elle ne m'appartient pas.
va prendre à présent une nouvelle question d'élu, M. Mélenchon, celle de Christian Poiret, qui est président du département du Nord.
M. Mélenchon. Je suis à votre gauche. Mais oui, je vois. Voilà. Ça va faire du jaloux. Non, non, non. Simplement, M. Mélenchon, vous nous parlez souvent de 6e République. Quelle est la différence entre la 6e République et la 5e République au niveau des départements ? C'est intéressant à avoir votre opinion sur ça. Et il y a un deuxième point qui m'interpelle, c'est en 87, vous nous disiez, la loi NOTE, MAPAM, c'est terminé, je n'en veux plus. On ne l'a pas entendu dans cette campagne encore. Peut-être qu'on va l'entendre, mais pour l'instant, on ne l'a pas encore entendu. Et le dernier point, vous l'avez effleuré, mais vous n'êtes pas allé jusqu'au bout de la démarche, à mon avis, pour qu'on comprenne bien. Quand vous parlez de recomposition dans votre programme, il y a les départements, la région. Ça veut dire que vous faites le conseiller territorial ? d'un prédécesseur président de la République, je ne citerai pas son nom. Voilà, je pense que c'est intéressant d'avoir ces éclaircissements. Merci à vous.
Alors, je vais d'abord ouvrir mon issue de secours. Comme vous l'avez dit, je suis partisan d'une sixième République. Alors, il fallait bien l'appeler, on aurait dit Nouvelle République, ça marquait moins les esprits. Six, à côté de cinq, voilà. L'idée, c'est une nouvelle République. Mais là aussi, il y a divergence sur comment on passe à autre chose. Vous avez des gens qui proposent des modifications dont ils vous disent, la mine pateline, que ce sont des modifications et des réformes. Non, c'est un changement de fond en comble. Mais ils veulent le faire eux-mêmes, à quelques ans, et puis peut-être le soumettre à un référendum. Ce n'est pas ma vision de la chose. Je pense que le peuple français, et là, permettez-moi de reprendre une certaine gravité, le peuple français doit se refonder. Nous autres français, nous ne sommes décrits ni par une religion, ni par une couleur de peau, ni même par notre langue, puisque 29 pays... ont le français en langue officielle. Nous sommes entièrement décrits par la relation politique que nous avons les uns avec les autres, qui tient en une maxime qui nous est commune, que personne ne discute, et qui nous fut proposée par le grand Maximilien Robespierre, liberté, égalité, fraternité. Le peuple français tient dans ce pacte. Et il faut donc qu'à intervalles réguliers, lorsqu'il se perd, lorsqu'il ne sait plus où il en est, comme ce fut le cas au moment de la décolonisation, quand il s'agissait de voir 13 départements français se transformer en une nation indépendante, eh bien il se refonde à travers une constitution. Parce que nous sommes la nation politique d'Europe. Je fais comme ça pour dire que les Italiens sont peut-être en compétition avec nous. Et que nous sommes le pays des cités et de la citoyenneté et du droit du sol. Le pays a tellement évolué depuis 1958. De tous les points de vue, d'une population rurale à une population urbaine, d'une situation de la relation sociale de la moitié de la population, c'est-à-dire les femmes, au reste de la société, tellement modifiée par plusieurs vagues d'immigration qui ont provoqué une créolisation qui fait peur à certains, mais qui est déjà acquise, qui est déjà faite. Nous sommes passés en 1950 d'un Français ayant... Pardon, chaque Français avait un ancêtre sur dix qui était en étrangers, aujourd'hui c'est un sur quatre. Donc c'est fait. Et nous sommes dans ce moment tohu-bohu, ça ne va pas, ça ne tourne pas bien, on ne sait plus où on en est. Voilà, alors c'est le moment de se refonder. Voilà à quoi sert la Constitution. La Constituante, elle sert à décrire les droits qu'on se reconnaît les uns aux autres librement. Voilà l'idée que je me fais de la Constituante, donc je ne vais pas dire ce qu'elle doit faire. Et notamment comment elle va organiser les pouvoirs publics. Donc la seule chose que je pourrais vous dire, c'est comment placer dans une telle circonstance, quelles recommandations je ferai à mes amis et éventuellement à ceux qui voudraient m'écouter. Il ne peut pas être question qu'on continue avec la loi NOTRe et quelques autres horreurs à mes yeux. Parce que, d'abord, il va falloir réfléchir au statut de certains territoires. Alors c'est un Jacobin, je vous l'ai dit au début, qui vous parle. Mais, voyez-vous, j'ai observé ce qui se passait en Corse. J'ai fait partie des gens, devant vous je le fais en toute transparence, qui dans le passé a eu des propos assez sévères sur la Corse. Mais après, moi je suis un démocrate. La République ne vaut que si on l'aime, et si on est prêt à y participer, comme elle est. On va forcer les gens, c'est impossible. Je l'ai observé dans ma vie, ce que ça veut dire vouloir forcer les gens. L'Algérie, vouloir forcer les gens. La Calédonie, avec la troupe qui est cantonnée. Moi, président, jamais je fais ça. Jamais. Jamais. On n'a jamais fait nation avec ce type de méthode. Alors la Corse a voté à trois reprises pour des élus autonomistes. Et massivement. Trois sur quatre de leurs députés. Je m'incline. Je m'incline. Et je pense que l'application de l'article 74 de la Constitution, qui rapprocherait la Corse de la situation de la Polynésie française, et ne la rendrait donc pas moins française que la Polynésie, est la solution qui est adaptée, et d'ailleurs c'est leur demande. Peut-être que ça n'est pas le plus urgent dans le moment, il y a une série de questions à régler, mais c'est la demande des élus corses et de l'Assemblée du territoire. C'est pour vous dire que nous avons quelques questions pendantes comme celle-là. Ce n'est pas les seules. Je sais que le président de la région Martinique, le président de la région Guyane, le président de la collectivité de Corse discute entre eux pour faire une proposition commune. On verra ce qu'il nous propose, mais attendez-vous à ce que cette question revienne. Dès lors, ça peut nous faire porter un œil différent sur d'autres entités. Alors, le département, j'ai dit tout à l'heure, pourquoi pour moi il est fondateur. La République, c'est la commune plus le département. La région, je n'ai pas l'intention de décrier le travail des élus régionaux, ce n'est pas mon sujet, ni même, je ne sais quoi, de les montrer du doigt, ce n'est pas le sujet. Mais il faut que ça corresponde à une réalité. Et nous ne pouvons pas accepter que les tracés d'ancien régime ou les tracés folkloriques de gens dans un bureau qui décident par où passe le stylo vaillent désignation. Je lui propose une légitimité. Monsieur
Mélenchon, simplement, il va y avoir une dernière question d'élu et il vous reste 4 minutes. Voilà. Peut-être conclure sur ce que vous me dites. Pour une fois, pardon de vous avoir interrompu aussi brutalement. Un tout dernier mot pour répondre à cette question, sinon je passe à la dernière.
Oui, mais là, vous m'avez interrompu. Oui, je sais bien.
Il
nous reste 4 minutes. Je peux maintenant vous avouer mes doutes, parce que je ne sais pas. Comment on fait élire au XXIe siècle des conseillers départementaux ? J'ai été conseiller général d'une demi-ville. Franchement, il y avait un problème là aussi de légitimité. Les gens ne comprenaient même pas de quoi j'étais élu. Mais quand on va dans la zone rurale, si tout le monde sait, je sais pas moi, dans le Jura, il doit y avoir des élus jurassiens, si tu es du canton de Beaufort, tu sais où c'est. Le canton de Massy-Ouest, tout le monde s'en foutait. D'abord, ils ne savaient même pas qu'il y avait un Ouest. Alors, ça commençait mal. Donc voilà, je pense que là, je ne sais pas répondre à cette question et j'écouterai les propositions qui seront faites. Une
dernière question, vous pouvez vous lever. Donc, élu et de ce côté-là, M. Mélenchon, Jérôme Moroge, conseiller régional Grand Est.
Oui, monsieur Mélenchon, bonjour. Une simple question sur l'Union européenne. Votre prédécesseur en a parlé. On a parfois l'impression que... Eh bien, l'Union européenne est assez éloignée des préoccupations des habitants et des Français en particulier. Est-ce qu'il n'y aurait-il pas une solution peut-être davantage associée ? Alors, je suis désolé, je représente les régions. Les régions... Non, ne soyez pas désolé. Je m'en voudrais de vous avoir donné l'impression que j'ai été précis. J'ai compris que cet après-midi, on n'était pas forcément les plus à mettre sur le devant de la scène. Enfin, c'est comme ça. Et donc, est-ce qu'on ne pourrait pas davantage associer les régions, voire même les intégrer ? encore plus sur des décisions comme les fonds européens, les FEDER, FEADER, et pourquoi pas même donner la responsabilité aux seules collectivités locales de gérer ces fonds. Vous savez, on a eu la réponse récente de la Commission européenne qui s'engage financièrement maintenant sur aider les régions sur les politiques en lien avec la sécurité, notamment sur le déploiement de la vidéoprotection. Alors, ce qui m'amène à une deuxième question, c'est êtes-vous favorable à ce que les régions... continuent à investir comme elles le font puisque c'est devenu une vraie priorité. Je pense notamment à la région Verne-Rhône-Alpes qui a mis 300 millions d'euros sur des politiques de sécurité. Et enfin, en tant qu'élu lyonnais, j'aimerais bien avoir votre avis sur ces élus écologistes, alors à la mairie de Lyon et à la métropole de Lyon qui se désengagent totalement de ces politiques de sécurité. Merci beaucoup. Le tout en 3 minutes.
Attendez, rappelez-moi le début. excusez-moi, mais à coup d'un grand oral par jour, aujourd'hui, deux, on finit par faire de le fil. Voilà, les fonds européens, merci. Alors, le paradoxe de la situation de ma réponse, figurez-vous que le président de la commission des régions au Parlement européen, 395 milliards gérés par l'Union européenne, est un insoumis. Ça va, vous en êtes remis. Bien. Alors, il s'occupe de ça, il le fait bien, il le fait sérieusement. Il s'agit de monsieur Younous Omarji, qui est élu de l'île de la Réunion, enfin qui vient de l'île de la Réunion, qui est élu sur la liste nationale. Alors, pour vous dire donc qu'il n'y a pas, comment dire, une espèce de blocage tétanisant à ce sujet. Alors, je ne peux pas vous dire que je serai d'accord pour transférer la gestion des fonds européens aux régions. Peut-être que je fais preuve d'une méfiance excessive, mais cette idée ne me convient pas. D'abord, les fonds européens n'existent pas. Il y a des fonds français gérés par l'Europe. Nous cotisons tous les ans et nous sommes contributeurs nets de 9 milliards. Par conséquent, l'argent que vous voyez arriver dans les régions, c'est l'argent de la France. Alors c'est une usine à gaz assez complexe que d'imaginer que l'argent de la France part dans la Caisse de l'Europe qui fixe des normes qui ensuite s'appliquent en France. Je préférerais qu'on applique les normes françaises. Et je crois que ça serait plus démocratique d'appliquer des normes décidées par les députés et les sénateurs français que de le faire par un Parlement européen qui aussi bien n'a pas de pouvoir sur toute une série de questions. Quand on vient à la sécurité, j'ai bien compris la sécurité, je me demande pourquoi on fait un truc pareil à partir de l'Europe. Par définition, la sécurité est une responsabilité nationale et de l'État régalien. Alors comme je ne suis pas follement ami des polices de toutes sortes locales et que je crois à la police nationale, la police républicaine, je suis encore plus encombré à vous répondre que ce serait une bonne idée d'en confier la gestion à je ne sais qui en Europe avant de les voir arriver je ne sais comment localement. Je préfère répondre franchement que de vous dire des choses où je vous caresserai dans le sens qui vous conviendrait, mais ce n'est pas ma pente, ce n'est pas ce que je crois utile. Votre conclusion, une dernière minute, s'il vous plaît. non ? Excusez-moi. Pour
conclure, il vous restait 30 secondes. Une conclusion ? Oui.
Je ne vous envie pas. Je connais la difficulté de la tâche et je n'ai pas l'impression que ça se soit calmé depuis. C'est-à-dire que bon, comme on vous connaît, on sait où vous trouvez, et donc vous avez un rude moment, vous vivez un rude moment. Nous sommes dans un moment d'ébullition, les élus locaux sont des éléments de stabilisation de la vie du pays, je le sais, et quelles que soient les étiquettes politiques, et d'ailleurs vous avez du mal avec vos étiquettes politiques, la preuve vu le mal que vous avez à parrainer. Ça montre que dans la population, il faut faire un peu profil bas si on veut arriver à tenir tout le monde ensemble. Et c'est bien notre objectif que tout le monde tienne ensemble. Vive la France et surtout vive la République.
Merci. Merci Jean-Luc Mélenchon.
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