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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
elle a parlé d'Angela Merkel et de Margaret Thatcher, quelque chose qui est sur le plan de l'histoire politique très discutable, elle a dit qu'on vous protégera. La question des femmes qui seraient des protectrices, c'est une vieille histoire. Parce que sous démocratie, on a les lois d'égalité et les lois de protection. On interdira le travail de nuit pour les femmes et les enfants. Et on va discuter dans les années 2000 pour savoir si on fait de l'égalité ou de la protection. Et donc quand elle cite ces deux noms-là... C'est pour parler de protection. Ce que je trouve extrêmement choquant, si je puis m'exprimer.
Il y a une attente de protection quand même. Je ne m'attarderai pas sur ce terme. Si,
je m'y attarde précisément, puisque à ce moment-là, elle explique que les femmes sont des... et que moi je reprends l'histoire toujours sur deux siècles, c'est un peu mon défaut principal. C'est pas un défaut. Et oui, non mais je dis ça, bon. C'est-à-dire qu'il y a eu deux types de lois pour les femmes, les lois qui allaient promouvoir l'égalité et les lois qui allaient promouvoir la protection. Je l'ai moi-même vécue quand je me suis retrouvée au Parlement européen, où il y avait encore de la protection, et on a basculé au début des années 2000 à abandonner toutes les lois de protection pour ne passer qu'aux lois d'égalité. Donc c'est pour ça que ça me paraît très important. ramène les choses à la protection parce que c'est... ramener justement. La
protection
c'est intéressant en fait il y a une ambiguïté aussi parce que parfois aussi des hommes font appel à ce terme. Souvent ils disent par exemple l'Europe doit être protectrice. Mais je comprends très bien ce que vous voulez dire. C'est peut-être une façon de rassurer l'électorat. Sur le sexisme alors là moi je m'interroge. C'est-à-dire que les commentaires qui ont été faits après ce discours, je ne sais pas si c'est... seulement du sexisme ou de la... J'aime bien le terme de disqualification, il sonne mieux,
ou je milite pour vous.
Ou si c'est ce qui arriverait à tout candidat qui n'est pas très bon à l'oral, qui ne pose pas bien sa voix, qui n'est pas vraiment lui-même. On sent qu'elle a essayé de rassembler tout le monde et qu'au fond, peut-être que si elle se laissait aller à ses préférences, le discours serait peut-être plus froid, plus technique, mais ce serait plus sincère. Ça c'est une impression. Mais je pense que les femmes ont du mal à savoir ce qu'est leur manière d'incarner le pouvoir. Ce qui est intéressant c'est que les discours ratés, rappelons-nous qu'il y en a plein. Emmanuel Macron en 2017 qui s'était mis à hurler dans je ne sais plus quel discours. C'était ridicule, tout le monde se moquait de lui. Et donc je pense aussi que l'égalité parfois entre hommes et femmes, ça peut être d'accepter la critique, même de mauvaise foi. Et parfois il y a une ambiguïté. Je pense qu'il faut se méfier aussi du fait de ramener systématiquement les critiques qu'on a. à l'adresse aux femmes, à du sexisme. Ce n'est pas forcément ce qu'on est en train de faire. Mais voilà, il faut garder, à mon avis, une ligne de droite sur ce sujet.
– Laetitia, je serai plutôt sur votre ligne. C'est vrai que j'aime bien votre terme de disqualification, mais je vais utiliser un autre terme. – Je gagne. – J'ai dit je gagne. – Elle a gagné la bataille culturelle. – Non, parce que ça fait
plusieurs
années que je me balade. – Il y a un autre terme que j'aime bien, c'est le terme de délégitimation. On est dans un univers politique où on cherche systématiquement à délégitimer les adversaires. Mais vous voyez que ces femmes, elles ne sont pas
légitimes.
François Hollande, en 2012, il n'a pas vraiment gagné. Il a manqué deux semaines à Nicolas Sarkozy pour pouvoir l'emporter. C'est un discours très profond qui a secoué le peuple de droite. 2017, Emmanuel Macron... En fait, c'était facile de battre Marine Le Pen. Anne Hidalgo à Paris, en 2020, elle a gagné extrêmement nettement. Non, c'est l'abstention, c'est le Covid. Maintenant, moi, je suis frappé de voir le décalage entre le discours médiatique qui a imposé un meeting raté et ce que les Français ont restitué sur ce meeting. Il fait beaucoup d'enquêtes, notamment des enquêtes qualitatives, où on laisse parler les Français spontanément. Aucune référence machiste, alors peut-être qu'il y a du non-dit, mais on est dans des logiques d'enquête en ligne où on n'est pas face à un enquêteur, une enquêterie, si on va se censurer. Sur la sociologie du vote Pécresse, quasiment aucun changement avant et après. Bonne position dans le peuple de droite, mais une incapacité, qui ne date pas de Valérie Pécresse, qui date de 10 ans, qui date de Sarkozy en 2012 ou Fillon en 2017, d'élargir à la France du travail. La phrase de Malraux, le RPF, c'est le métro aux heures de pointe. Une incapacité à avoir le vote jeune, qui est vraiment un problème maintenant fondamental pour la droite. Le dernier homme de droite qui a capitalisé chez les jeunes, c'est Jacques Chirac, en 1995, ça remonte à loin. Maintenant, la question qui se pose, ce meeting était un meeting raté peut-être dans le sens où il n'a pas créé l'effet d'impulsion. Porte de Versailles 2007 pour Nicolas Sarkozy, Bourget pour Hollande. Mais il y a d'autres questions qui expliquent ces vraies difficultés. C'est-à-dire le positionnement de la droite aujourd'hui, prise en étau entre En Marche et une double candidature d'extrême droite. Un récit qui n'a pas été évident. Je pense que la question du sexisme, du machiste, qui est peut-être... n'a pas été majeur dans la construction de la relation entre les Français et Valérie Pécresse. Il tarde à venir parce qu'il n'y a pas encore de Marc Pécresse bien identifié.
On dit que la présidentielle, c'est la rencontre d'un homme. et d'un peuple, c'est peut-être une formule un peu idiote, ça peut être une femme et d'un peuple, mais en tout cas, la question de l'incarnation, elle se marque quelque part, notamment Camille. Oui, je voudrais
revenir sur un reproche en particulier, parmi d'autres, qui a été fait à Valérie Pécresse après ce meeting, c'est celui de sa voix. On a beaucoup lu et entendu qu'elle avait une voix qui était mal placée, qui était artificielle, et c'est pas une question si innocente que ça, puisque la même Valérie Pécresse, quelques semaines plus tôt, se confiait à Chloé Morin, qui est politologue et qui vient de sortir un livre sur la classe politique, et elle lui disait, je la cite, c'est très très compliqué la voix. pour nous les femmes, nombreuses sont les femmes qui ont des voix aiguës, épouvantables pour faire de la politique, cela ne donne pas la même autorité. Et à la raison Valérie Pécresse, il y a plusieurs études qui ont montré que les voix graves sont considérées comme ayant plus d'attractivité, inspirant plus la confiance et l'autorité, ça peut même influencer le choix des électeurs. Et il y a des femmes politiques comme Margaret Thatcher ou Hillary Clinton qui ont travaillé leur voix pour avoir une voix plus grave et pour faire preuve face à leurs électeurs de plus d'autorité. Et d'ailleurs, pour les amateurs de séries télé... si vous avez vu Baron Noir, mais c'est peut-être pas si innocent que la présidente de la République soit incarnée par Anna Mouglalis, qui est une femme, une actrice, qui a la voix particulièrement grave. Alors, si je reviens à Valérie Pécresse, et je me tourne vers vous, Léa Chamboncel, est-ce que vous, vous pensez qu'il y a du sexisme dans cette critique sur sa voix ? Est-ce qu'on aurait pu critiquer la voix d'un homme qui aurait raté un mythique de la même manière ? Je pense que c'était destiné
à moi la question. Allez-y. Je pense que c'est... Alors, il y a peut-être du sexisme dans le fait de critiquer sa voix, mais je pense qu'il faut retourner encore un peu plus en arrière et comprendre... Enfin, ne pas juste... analyser ces critiques qui lui ont été faites, savoir est-ce que c'était justifié, pas justifié, etc. C'est une vraie question qu'il faut se poser, effectivement. Mais je pense qu'il est important aussi de replacer les choses dans leur contexte. C'est-à-dire que Valérie Pécresse, aujourd'hui, est en train d'évoluer dans un parti très masculin, dans un parti très viriliste, où on attend un chef viril, avec des codes virils, on l'a vu avec Nicolas Sarkozy. Et on attend d'elle qu'elle adopte ces codes, en fait. On lui demande d'être exactement comme lui. On lui demande d'incarner ce que la droite a envie de voir aujourd'hui et on ne lui donne pas la possibilité d'être elle-même. Et je pense que le sexisme, il est là, en fait. Il se place là. C'est-à-dire qu'elle ne peut pas incarner ce qu'elle a envie d'incarner, que ce soit sur le fond de son programme. Je pense qu'il y a beaucoup de choses avec lesquelles elle n'est pas forcément à l'aise. Ce discours, il manquait de ferveur. Il manquait de sincérité. Elle n'était pas convaincue, ça se voyait. Alors peut-être qu'elle n'avait pas une voix exceptionnelle, alors ça c'est une chose, mais je ne pense pas que ça l'ait empêché d'accéder à des fonctions politiques remarquables, qui est effectivement à la tête de la région Île-de-France, comme Nelly le rappelait plus tôt. Elle a été ministre, enfin c'est une femme qui n'a plus à faire ses preuves en matière de pouvoir, c'est une femme qui a tenu des meetings politiques, et on ne peut pas dire qu'elle s'est complètement plantée sur ce coup-là, c'est pas possible. Moi je pense que là où il y a une vraie difficulté pour elle aujourd'hui, c'est d'évoluer dans un monde excessivement viriliste, dans un monde politique qui est totalement genré. qui répond à des codes qui sont virilistes, qui sont vraiment très verticaux. Et je pense qu'elle n'est pas à l'aise avec ça, qu'elle ne les embrasse pas. Et à mon avis, c'est là où le bas blesse le plus.
Pour vous
répondre, c'est vraiment intéressant ce que vous dites. Je vais prendre des exemples internationaux. En fait, deux femmes politiques ont été face au même problème et elles s'en sont bien sorties. C'est pour ça que moi, je serai plus optimiste que vous. Donc, Margaret Thatcher et Angela Merkel à nouveau. En fait, Margaret Thatcher, elle a eu exactement ce problème en bien pire. C'était dans les années 1960, quand elle a intégré le Parti conservateur. Elle a souffert pendant des années. Elle a continué. Elle a pris sa place. Alors certes, elle a accepté certains décodes. Moi, je pense qu'elle y croyait complètement. Donc, à mon avis, elle ne s'est pas forcée. Mais elle a apporté sa petite touche quand même. Elle avait son petit sac à main. Enfin, c'était sa touche personnelle. Ça aurait pu être autre chose. Elle faisait des blagues pendant les conventions du Parti conservateur où elle faisait semblant de faire la poussière. C'est ridicule. Mais ils riaient tous. Ils étaient tous vraiment admiratifs de ce qu'elle était, de sa singularité. Donc ça, c'est un premier exemple. Angela Merkel, quand elle a été élue... Gérard Schröder se moquait d'elle. Lui, il est un peu macho. On voit une émission, elle est au bord des larmes. Plusieurs années plus tard, c'est la femme la plus puissante d'Europe. Avec son style, avec ses vestes, qu'elle change tous les jours, avec le même pantalon noir. Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, je pense qu'on peut être optimiste, c'est possible. Je ne disais pas que c'était fini. On est d'accord. On peut
considérer ça comme étant une erreur de parcours pour certaines et certains. C'est ce que certaines et certains disent d'ailleurs. Mais c'est à mon avis parfaitement anecdotique et ça ne va pas plonger sur la campagne. Mais pour les autres femmes, elles peuvent faire pareil.
J'ai envie d'entendre Geneviève Fraisse qui, à mon avis, a un peu envie de dépasser. C'est la simple question de la voix et de l'incarnation. Nelly Gardier.
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