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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
pense aussi qu'il y a des gens qui doivent venir de Moselle. On les entend, les Lorrains. Meurthe et Moselle ? Magnifique. Les Vosges ? En somme, il y a toute la région Grand Est. J'ai oublié des gens ? Ah, j'ai oublié qui ? La Haute-Marne ! On me dit que j'ai oublié la Haute-Marne. Bon, il y a la Haute-Marne aussi, bravo la Haute-Marne. Alors, il y a même des gens qui ne viennent pas de la région Grand Est, qui viendraient de la région Bourgogne-Franche-Comté. Au hasard, territoire de Belfort peut-être ? Ah, voilà. Peut-être du Doubs ? C'est pas mal. On est nombreux ici à Strasbourg ce soir et ça c'est une excellente nouvelle. Alors, on est encore en train de rajouter des chaises. Il va y avoir bientôt le Nord ? Ah, alors là, magnifique. Je vois encore des gens qui s'installent, mais ça ne va pas tarder. On va bientôt lancer les festivités de cette belle soirée. Encore deux minutes. Deux minutes, ça me permet de faire un petit rappel, bien entendu, sur tout ce qui est à votre disposition. Dans le hall de la salle, alors n'y allez pas maintenant, surtout ne bougez pas, mais lorsque vous sortirez de la salle, vous pourrez, sachez-le, vous l'avez sans doute vu en entrant, il y avait évidemment cette table avec un certain nombre de choses pour se restaurer, des sandwichs. Mais il y avait également une table politique. Je refais un petit mot parce que c'est important, c'est pour ça qu'on est là ce soir autour de l'Europe des jours heureux. Il y a notamment sur la table politique le programme, parce que c'est autour d'un programme que se construit cette campagne, la France des jours heureux. Ce programme avec ses 180 propositions, c'est le moment d'en faire l'acquisition pour seulement 2 euros. Achetez le livre de Fabien Roussel, qui est présent en vente. Venez pour soutenir sa campagne. C'est aussi le moment d'aller récupérer les différentes brochures, les différents tracts sur les thématiques que porte la campagne des jours heureux. Et puis, bien sûr, il faut des appels à voter. Il faut remplir les appels à voter. Il faut non seulement les remplir soi-même, mais profitez-en puisque vous êtes là ce soir. Prenez-en, utilisez-les autour de vous, faites signer des appels à voter pour Fabien Roussel. On en aura bien besoin dans le cadre de cette campagne. Il y a un geste important qu'il est possible de faire. Je sais que certains dans cette salle l'ont fait peut-être depuis déjà longtemps, d'autres depuis beaucoup moins longtemps. J'ai cru entendre que certaines et certains avaient rejoint le Parti communiste français il n'y a pas très longtemps. Il y a peut-être une semaine, 10 ou 15 jours. Et qu'elles sont déjà très actives dans la campagne. Et je crois qu'on peut les applaudir, toutes celles et ceux qui ont fait le choix de rejoindre le Parti communiste français. Bravo ! Bravo à elles, bravo à eux. Et je crois que c'est un geste qu'il faut apprendre à imiter. Il faut essayer de donner envie aux autres de faire la même chose. Donc s'il y en a dans cette salle qui peut-être sont venus un peu par curiosité, par sympathie, qui ont apprécié les discours de Fabien Roussel, peut-être qu'ils ont entendu son meeting à Marseille, peut-être qu'ils ont entendu ses passages médias. Ils sont tentés, ils ont envie peut-être de franchir le pas. Eh bien, peut-être que ce soir, c'est le bon moment. Ce soir, c'est peut-être le moment d'adhérer au Parti communiste français. Vous pouvez le faire, c'est le moment. Ce soir, n'hésitez pas, prenez un bulletin d'adhésion à la sortie. Prenez-en aussi des bulletins d'adhésion pour les autres autour de vous, adhérez au Parti communiste français. Il y a aussi, parmi les publications qui sont disponibles, on me dit qu'il faut attendre encore un petit peu, parce qu'il y a toujours du monde qui arrive, alors on ne voudrait pas... C'est bon ? Ah non, c'est bon, d'accord. Parce que, effectivement, parfois, les gestes, vous savez, on se comprend plus ou moins. Mais avec la parole, on se comprend beaucoup mieux. Donc, on me fait signe que c'est bon, que c'est bon qu'on va pouvoir commencer. Alors, pour commencer cette réunion publique, il y a quelqu'un qui va nous expliquer un petit peu le déroulement, qui va nous dire aussi quelques mots d'accueil. Et cette personne, c'est Hulia Turane. Et je voudrais qu'on l'applaudisse bien fort. Bravo Hulia Turane. Hulia Turane, c'est vraiment la locale de l'étape. Hulia Thurane est secrétaire départementale de la Fédération du Barin du Parti communiste français. Elle est également adjointe à l'éducation à la mairie de Strasbourg et elle est conseillère régionale du Grand Est. Alors Hulia, je te cède la parole pour que tu nous présentes brièvement cette réunion publique. Bravo à toi
merci Jean, merci pour ces mots. Merci à chacune et à chacun d'entre vous pour votre présence, votre soutien, pour cette belle initiative aujourd'hui pour inscrire ici à Strasbourg la France des jours heureux, l'Europe des jours heureux. Je suis très heureuse de vous accueillir au nom de la fédération du barin du parti communiste, également au nom des communistes de ma fédération, mais également au nom de l'ensemble des communistes de la région Grand Est, puisque chacune, chacun d'entre vous, notamment les responsables, les secrétaires fédéraux, je salue ici Sandra Blaise qui est notre coordinatrice régionale. Vous pouvez l'applaudir ?
peut l'applaudir.
ont fortement contribué à cette belle réussite. Nous sommes dans une belle salle, j'estime en tout cas pour le patrimoine strasbourgeoise que c'est une très belle salle, une salle qui nous a été mise à disposition pour cet événement, une salle qui a une histoire également particulière, puisqu'elle a accueilli dans ses jours les plus glorieux du Parti communiste des événements forts, comme un meeting avec Jacques Duclos. Plusieurs décennies plus tard, voir cette salle remplie, voir les communistes à nouveau dans le combat, voir les communistes lutter contre ce système capitaliste de domination et d'exploitation, dire stop aux politiques d'austérité, dire on a droit au bonheur, maintenant, tout de suite, c'est un événement important. Et dans le cadre de la tournée de Fabien Roussel, notre secrétaire départemental national et également candidat à la présidentielle, nous avons saisi l'opportunité de sa visite à Strasbourg, puisque comme vous le savez, Aujourd'hui, à 16h, il a fait une émission face à l'écran, émission importante d'un point de vue politique, mais également une rencontre avec les étudiants de sciences politiques à Strasbourg, événement également important. Donc une journée marathon pour notre camarade, mais malgré cette journée marathon, il a accepté d'être avec nous pour dire quelques mots et pour échanger avec vous pour cette initiative. Donc je tiens très chaleureusement et très sincèrement le saluer. Je vous souhaite donc une très belle soirée, un bel échange, une belle discussion et merci encore une fois à chacune et à chacun d'entre vous.
Je vais demander de nous rejoindre sur la scène, je vais demander à quelqu'un que j'ose à peine présenter, parce que je pense que beaucoup d'entre vous ici le connaissent bien, quelqu'un qui a été longtemps député européen pour le Parti communiste, c'est Francis Wurtz. Et je demande qu'on l'applaudisse. On est très heureux de te recevoir, Francis, ce soir. Et comme la réunion de ce soir porte sur l'Europe, évidemment, ta présence était indispensable. On parle de l'Europe des jours heureux et la question simple que je voulais te poser et à laquelle tu pourras répondre, dans notre projet d'Europe des jours heureux, on parle de cette union, des peuples et des nations souverains et associés. Alors, cette expression peut paraître éventuellement un peu étonnante et j'aimerais peut-être que tu nous en dises quelques mots, que tu nous l'expliques.
Merci, bonsoir à chacune et à chacun. Merci beaucoup Jean. Je trouve que ce monsieur loyal a des qualités tout à fait surprenantes. Il faut le faire. Une union des peuples et des nations souverain et associé. On a inventé cette expression au Parti communiste en 2013, mais je pense qu'elle reste totalement d'actualité. Qu'est-ce qu'on entend par là ? D'abord, on veut affirmer le droit de chaque peuple. de choisir son destin, et même de dire que c'est un droit inaliénable, un droit imprescriptible. Or, l'Union Européenne, telle qu'elle fonctionne, d'après les traités, mais aussi d'après la volonté de la quasi-totalité des chefs d'Etat et de gouvernement qui la composent, viole ce droit, qui est la souveraineté populaire. en particulier sur une question majeure, à savoir le modèle économique et social. Le modèle économique et social unique, reconnu par les textes de l'Union européenne, c'est le néolibéralisme, même l'ordolibéralisme à l'allemande, c'est-à-dire la discipline budgétaire d'un côté, et le fait que l'Etat ne doit pas s'occuper de l'économie. Il faut laisser ça aux entreprises et aux marchés. Donc, à partir du moment où un peuple déciderait démocratiquement, majoritairement, d'opter pour un modèle social beaucoup plus social, beaucoup plus avancé, il pourrait toujours changer de président, changer de majorité, mais la politique néolibérale continuerait. Ça, c'est un déni de souveraineté populaire. Et nous ne l'acceptons pas. Alors, on peut dire, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut... qu'il faut sortir de l'Union européenne. Nous ne sommes pas non plus favorables à ça. C'est pour ça qu'on dit que c'est le deuxième aspect souverain et associé. Pourquoi associé à d'autres ? C'est parce que nous sommes à une époque qui est dominée par ce qu'on appelle l'interdépendance. C'est-à-dire qu'on a besoin les uns des autres, et en particulier en Europe, où depuis maintenant des décennies, Les pays, et pas seulement les économies, mais aussi les sociétés, sont en quelque sorte interdépendantes de façon très avancée. Donc comment faire ? Par exemple, il y a eu il y a quelques années un sondage franco-allemand. On a posé aux français et aux allemands la même question. Qu'est-ce que vous pensez de la politique économique européenne ? Il y a eu 61% des allemands interrogés qui ont répondu que c'était une bonne politique. Et puis il y a 61% des français interrogés qui ont dit que c'était une mauvaise politique. Alors comment faire ? Qui est-ce qui doit céder à l'autre ? Nous ne disons personne. Ni céder, ni sortir. Alors quoi faire ? Nous avons avancé l'idée. d'une union à géométrie choisie. C'est-à-dire qu'il doit y avoir dans une même union la possibilité d'opter pour un modèle économique et social libéral, ceux qui le veulent. C'est leur choix. Mais il doit y avoir la possibilité, si on opte pour une politique sociale avancée, de l'exercer également. Alors vous me direz, est-ce que c'est possible dans une même union ? Actuellement, déjà, il y a des pays qui veulent être dans la zone euro et des pays qui ne veulent pas être dans la zone euro et ça ne pose pas de problème. Il y a des pays qui veulent être avec la défense européenne et d'autres pays qui sont contre et ça ne pose pas de problème. Donc nous voulons franchir un pas considérable d'ailleurs pour obtenir que, par exemple, sur toute une série de questions, On coopère à 27 Etats pour la défense du climat, pour lutter contre la domination des GAFAM, les géants du numérique américain, pour les bourses Erasmus d'études pour les étudiants, pour les fonds structurels pour les régions qui en ont besoin, pour la coopération policière et judiciaire, pour la recherche, pour la santé. Mais il doit y avoir, dans certains cas, la possibilité, par exemple sur la question de la politique économique et sociale, de coopérer à 3, 4, 5, en fonction de ce que le rapport des forces permet d'obtenir progressivement. Alors, vous me direz, c'est difficile à imaginer. Pas tant que ça. Je vous donne deux exemples et j'en aurai terminé. Premier exemple, au mois de mars 2020, avec la crise sanitaire, ça devenait impossible d'exiger le respect de la règle des 3% du PIB, du PIB, des richesses créées. au maximum, ou de 60% pour la dette. Ça devenait impossible parce que chaque Etat avait devant lui l'exigence de dépenses considérables. Donc on s'est arrêté, le pacte de stabilité a été suspendu et l'Union européenne n'est pas morte. Jusqu'à la fin de cette année, Le pacte de stabilité est suspendu, les 3% n'existent pas, et ça marche. La question qui se pose dans ce cas, c'est qu'est-ce qu'on va faire le 1er janvier prochain, puisqu'il y a cinq pays, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Autriche, la Suède, le Danemark, qui exigent qu'on revienne le 1er janvier prochain à la discipline budgétaire et aux 3%. Mais il y a plein d'autres pays où il y a des mouvements très forts, jusqu'au niveau des gouvernements, qui disent non, on ne peut pas revenir à cette situation. Les gens ont vu pendant deux ans qu'on pouvait vivre sans, donc vous voyez, ça c'est typiquement un cas où un nouveau rapport des forces peut se créer, si on s'engage. Deuxième exemple, c'est une de nos propositions phares, peut-être qu'on va avoir l'occasion d'en discuter tout à l'heure. Nous disons qu'on veut créer un fonds européen social et écologique qui pourrait avoir accès à l'argent gratuit de la Banque Centrale Européenne, mais qui utiliserait cet argent exclusivement pour des initiatives ou des investissements sociaux ou écologiques. qu'on a bien étudié les traités européens, il n'y a aucune disposition des traités qui empêche cela. Donc ce n'est qu'une question de rapport des forces. Et si on obtenait quelque chose comme ça, parce que la masse des gens ignore que c'est possible, sans une révolution institutionnelle, si on obtenait quelque chose comme ça, ce serait le début. d'une Europe à géométrie choisie, parce que ceux qui voudraient utiliser, donc traînent différemment l'argent pour le social pourraient le faire, et ceux qui ne voudraient pas le faire pourraient ne pas le faire. Je leur souhaiterais du plaisir devant leurs concitoyens et concitoyennes. Donc voilà, nous pensons... que ce qui s'est passé en 2005 avec le traité constitutionnel européen, où il y avait une majorité absolue qui s'était prononcée pour l'Europe sociale contre l'Europe libérale, et où rien n'en est sorti. Et puis en 2015, quand le peuple grec et le gouvernement grec ont exigé la fin de l'hyper-austérité qui les accablait. Le ministre allemand des Finances a dit au ministre grec des Finances, Varoufakis, que les élections ne changent absolument pas les règles de l'Europe. Il faut le faire mentir. C'est ça qui est résumé dans la formule que je viens d'expliciter. Merci à vous.
Alors vous le voyez, si vous en doutiez, à Strasbourg on a des ressources. Et on a à Strasbourg depuis quelques temps d'ailleurs des ressources nouvelles. J'ai dit tout à l'heure qu'Uliathurane était adjointe à la mairie de Strasbourg. Mais avec les élections départementales l'année dernière, une situation... inattendue s'est produite. Et oui, on a une conseillère départementale communiste à Strasbourg. Et vous le savez, la question des parrainages est une question importante dans cette élection présidentielle. Réunir les 500 parrainages, ça donne une force à un candidat. Vous savez que Fabien Roussel, et on en est très heureux, a réussi à réunir ces 500 parrainages. Et parmi les plus de 500 parrains et marraines, il y a Fleur Laronce, conseillère d'Alsace, que je vous demande d'applaudir et qui va nous expliquer. qui va nous expliquer pourquoi elle a fait le choix de marrainer Fabien Roussel. C'est à toi, Fleur.
merci beaucoup. Alors, d'abord, j'ai choisi de marrainer Fabien Roussel. Je suis communiste. dans mes idées, dans mes actes, militantes solidaires, parce qu'il m'est toujours intolérable de voir les personnes les plus vulnérables, les plus fragiles, les exclus, les marginalisés, délaissés par les politiques publiques. Les jours heureux. Alors, ces jours heureux, nous les devons aux résistants d'hier. Et nous leur devons de l'être, aujourd'hui et demain, au nom des générations futures. Ce que met déjà en œuvre Fabien Roussel dans son programme, et c'est la raison pour laquelle j'ai choisi de le mariner. Il avance dans le sens contraire, c'est-à-dire face au capitalisme globalisé, aux politiques d'austérité, à l'augmentation des profits pour les plus riches. Il nous faut agir. C'est la transformation sociale de notre société, la conversion écologique de notre économie, de refaire le code du travail protecteur des salariés, alors qu'aujourd'hui il a été défait pour notamment permettre aux entreprises de faire ce qu'ils veulent avec les accords d'entreprise. Des mesures programmatiques ambitieuses, audacieuses, solidaristes, humanistes. Frantz Fanon disait, nous sommes sur terre, c'est notamment parce qu'il y a une cause, et c'est pour cette cause, celle du peuple, de la justice et de la liberté pour laquelle nous devons nous battre. La lutte pour le peuple oublié des politiques, la lutte pour la dignité meurtrie dans des situations d'urgence sociale, la lutte pour la justice sociale. Hier, c'était une date importante, un 21 février 1944, une date qui doit rester gravée dans notre mémoire, celle de la résistance du groupe Manoukian. Manoukian, cette résistance qui a été condamnée par les nazis et qui engage de notre part de rester unis, de nous battre pour améliorer les conditions de travail. et les conditions de vie de toutes et tous pour combattre la haine et pour défendre la liberté. Et pour citer Aragon, ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent. Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps. Vingt-trois et étrangers et pourtant nos frères. Vingt-trois. amoureux de vivre à en mourir. 23 qui criaient la France en s'abattant. Merci de m'avoir écoutée.
merci beaucoup Fleur, bravo. Finir sur Aragon, c'est toujours magnifique. Alors avant de passer à la deuxième partie de soirée, je fais juste un tout petit rappel technique. Ne passez pas par la travée centrale si vous devez faire des déplacements, je suis désolé, c'est un peu rébarbatif, mais c'est pour les besoins de la caméra, puisque avant de passer à la deuxième partie de soirée, je fais quand même un petit peu ce rappel, on est très très content ici d'avoir cette salle remplie, pleine à craquer, il y a des gens debout, c'est formidable, et puis il y a des gens qui nous écoutent et qui nous regardent et qui nous suivent en direct sur les réseaux sociaux. Bravo ! Magnifique ! Alors, la deuxième partie de cette réunion publique, ça va être une séance de questions-réponses. Et pour cette deuxième partie, je vais demander à trois personnes de me rejoindre sur la scène. Je vais demander à Jean-Marie Drobiz, qui est syndicaliste transfrontalier et qui nous vient de Moselle. On peut l'applaudir, bravo ! Je vais demander à Laurence Winterhalter, adjointe aux affaires sociales, à la mairie de Schiltigheim. Bravo Laurence ! Et je vais demander à Pierre-Olivier Poyard, qui est membre du Conseil national du mouvement de la paix et qui nous vient des Vosges. Bravo ! Et bien sûr, c'est une séance de questions-réponses, et vous doutez bien qui va répondre. Et bien c'est celui que l'on attend tous et toutes ce soir. Et je vous demande de faire un tonnerre d'applaudissements pour le candidat des jours heureux, Fabien Roussel. On sait faire du bruit à Strasbourg. Alors si j'ai demandé à trois personnes de nous rejoindre sur scène pour cette séance de questions réponses avec Fabien Roussel, c'est pour parler de trois thématiques qu'ils et elles connaissent bien. Je disais que Jean-Marie Drobiz était syndicaliste transfrontalier. Et évidemment, lorsqu'on parle de l'Europe des jours heureux, la question transfrontalière, surtout chez nous, dans la région Grand Est, où on a l'Allemagne, la Suisse, le Luxembourg et la Belgique pas loin, c'est une question qui a beaucoup de sens. Alors, je te laisse la parole pour poser une question sur ce thème à Fabien Roussel.
Tout d'abord, permettez-moi de vous dire qu'en face de moi, je vois une sacrée force qui se lève. Et je tenais à vous dire qu'on ressent cet effet-là de la tribune. Je me présente. Si j'ai écrit, c'est parce que je suis intarissable sur le travail transfrontalier. Et je préfère lire ce que j'ai écrit, sinon je vais passer un grand moment et ce n'est peut-être pas le but de la soirée. Donc je me présente Jean-Marie Drobiz, je viens de Thionville en Moselle. J'ai effectué toute ma carrière au Luxembourg frontalier, comme 110 000 Français aujourd'hui. Et qu'on mesure l'ampleur du phénomène, ça je le rajoute, vous m'excuserez je m'éloigne un petit peu, deux communes sur trois de Lorraine ont au moins sur leur sol un frontalier. Et des villes comme Thionville ça monte à 7 000. Je suis syndicaliste luxembourgeois, président d'une section syndicale entre Tchonville et Metz, forte de 4200 adhérents. Je suis membre du comité national du premier syndicat luxembourgeois, 75 000 personnes, et membre de son comité exécutif. Je sais, Fabien, que vous avez été dans le quartier des affaires. Mais ce pays n'est pas qu'un grand centre d'affaires. Il y a aussi des services, des industries. Et très loin d'une certaine image, nous, les frontaliers, nous ne roulons pas tous, loin sans faux, en voiture de fonction, avec des salaires mirobolants. A titre d'info, 70% des emplois en intérim sont, entre guillemets, tenus par des Français. Et nous sommes, tout le long de la frontière du Grand Est, de très nombreux frontaliers à vivre en France et à travailler de l'autre côté d'une frontière. Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse. Nous affrontons tous les jours des situations très complexes. J'allais dire, et ça c'est un peu mon expression favorite, en stéréo entre des législations différentes. Pour les frontaliers au Luxembourg, le dernier exemple en date nous a fait nous mobiliser contre une forme de double imposition du côté français et des rappels de 100 à plusieurs milliers d'euros à devoir être payés par les frontaliers. Petite anecdote, ça je le rajoute, cette modification a été faite dans le cadre d'une loi contre l'évasion fiscale. Je vous invite à ne pas tomber de vos chaises, je vous garantis que c'est vrai. Nous nous sommes battus, nous nous sommes mobilisés, nous avons obtenu un sursis de deux ans dans l'application de cette nouvelle règle. Et là, à mon avis, nous sommes vraiment très loin de l'Europe sociale. Donc je soumets cette proposition pour nous permettre, nous aussi, j'allais dire, les frontaliers, de vivre des jours heureux. Ne pourrait-on pas imaginer d'organiser des assises du travail frontalier pour lister et résoudre au mieux tous les problèmes que nous rencontrons tous les jours du côté français ? Transport, petite chose très dure à dire, le temps moyen de transport, ça je le rajoute, en région parisienne, c'est 2h30. Le temps moyen d'un frontalier français qui va au Luxembourg alors qu'il habite la campagne généralement, c'est 2h15. 2h15 de temps de transport. On est loin de l'Eldorado tant décrié dans une certaine presse. Il y a les routes, les transports, les trains, les bus, les éléments de législation. Par exemple, nous cotisons pour l'assurance-dépendance. Mais nous n'en bénéficions pas du côté français faute d'organismes correspondants. C'est une image. Le premier du mois, les cotisations que nous contribuons à alimenter partent en France. C'est une image. Et elles reviennent parce qu'en France, il n'y a pas d'organisme compétent pour recevoir l'argent. Vous voyez qu'il y a mille sujets sur lesquels on pourra intervenir. Je me fais court parce que je sens que le temps de parole est quasiment épuisé. Que pensez-vous donc, Fabien Roussel, de tous ces traités européens qui nous sont vendus comme indépassables ? Schengen qui fallicilite notre mobilité quotidienne. Moi, quand j'ai commencé à travailler au Luxembourg, je le rajoute aussi, j'avais une carte de frontalier avec photo le tampon. Aujourd'hui, on circule beaucoup plus facilement, mais qui crée aux frontières de l'UE des situations terribles. On a tous des images en tête. Et enfin, quelle est votre opinion sur le travail détaché
Merci Jean-Marie, merci à toutes et à tous pour votre accueil chaleureux, merci pour les mots qui ont précédé. C'est un vrai plaisir pour moi de me retrouver parmi vous dans votre belle capitale régionale et ici à Strasbourg dans cette salle archi bondée. Bravo, ça fait plaisir, ça fait chaud au cœur, comme quoi il y a quelque chose qui se passe quand même. C'est un vrai plaisir pour moi d'être là, de pouvoir répondre à vos questions sous ce format un peu original qu'on n'a pas l'habitude de faire, mais ça change et le changement c'est maintenant. Alors, et nous on va le faire vraiment. La question que tu abordes, et qu'on va y revenir d'ailleurs après, sur cette question de la construction européenne des droits des salariés, des droits des travailleurs, elle est au cœur du projet que l'on souhaite nous porter et défendre. La France des jours heureux, dans une Europe des jours heureux, et il faut se battre pour l'atteindre, la garantir et y parvenir. La question qui est posée est celle des droits des travailleurs transfrontaliers, mais tu poses aussi la question des droits des travailleurs détachés. En fait, il faut tout simplement repartir de cette construction européenne avec des règles. d'économiques qui ont, Francis en a parlé avant, imposé une concurrence entre les travailleurs. Nous sommes mis en concurrence les uns avec les autres au sein de cette Europe. Nous sommes mis en concurrence entre pays limitrophes qui vivent les uns à côté des autres. Et ils se moquent bien de savoir ce que ça peut produire d'un côté comme de l'autre parce que ça produit des dégâts. d'un côté comme de l'autre. Eux ont profité de cette concurrence pour développer leurs richesses, pour augmenter leurs capitaux, pour d'ailleurs s'enrichir et mettre en place de l'évasion fiscale parce que les richesses produites, oui, vont s'attasser dans quelques banques du Luxembourg pour ensuite partir aux îles Caïmans. C'est comme ça qu'ils font. Alors cette concurrence, je l'ai touchée du doigt, je la vis aussi. Je suis député d'une circonscription qui est limitrophe et qui touche la Belgique. Je reçois régulièrement des travailleurs transfrontaliers dans ma circonscription qui me racontent leurs cas. Ils ont travaillé toute leur vie en Belgique, ils arrivent en France pour toucher leur retraite. Et alors là, ça fait 6 mois, 8 mois, 1 an, sans toucher de salaire, sans toucher de retraite. Et il faut démêler les situations, regarder les conventions existantes, etc. La concurrence, quand je dis qu'on l'a subie, c'est aussi quand j'en ai parlé avec les élus des communes transfrontalières d'ici, et qui disent que côté français, je pense à Villerue, comment il s'appelle, Pierrick ? qui a été réélu, bravo à lui, victoire, mais qui m'expliquait que dans sa commune, on ne trouve plus de soudeurs, on ne trouve plus d'électriciens, on ne trouve plus de maçons, parce qu'ils sont tous partis travailler au Luxembourg, parce que les salaires sont plus attractifs là-bas, par rapport à la France, et donc eux aussi se trouvent en difficulté, les entreprises ont du mal à trouver des salariés. Il nous faut nous battre ensemble pour construire une autre Europe où les salariés ne seront plus mis en concurrence les uns avec les autres. Où à chaque fois on ira chercher la meilleure norme sociale, la meilleure garantie pour les salariés, les meilleurs droits pour tirer toute l'Europe vers le haut. Et je ne souhaite pas moi être... Un candidat et un futur président de la République qui va vous dire on va replier les frontières, on va enfermer la France, on va sortir de l'Europe et vivre à part. Ce n'est pas vrai. Ça ne se construira pas comme ça. Nous avons tant de défis à relever. Le défi de la santé, de la lutte contre la pandémie, le défi de la lutte pour le climat. Le défi de construire des services publics qui répondent aux besoins de tous ces défis-là, nous devrons les relever ensemble. Ensemble aussi, peuple européen. Le défi de la paix, quand on voit que la guerre menace aux frontières de l'Europe. Nous devons relever tous ces défis ensemble. Et donc nous devons construire une Europe... du travail, une Europe des salaires, une Europe qui ne sera plus celle de la concurrence libre et non faussée, mais celle de la fraternité, une Europe qui va réindustrialiser, qui va faire revenir nos usines ici, en France, mais aussi en Europe. Tout ce qui est parti en Asie, en Amérique latine, en Afrique. Nous devons pouvoir les faire revenir ici, en Europe et en France. Construisons ensemble cette Europe sociale, cette Europe des salaires, cette Europe du travail, cette Europe des services publics. Battons-nous ensemble pour ça. Et c'est cette Europe-là que je souhaite construire. Je ne veux plus d'un président de la République qui sera soumis au traité européen. Le pacte de stabilité est mort. Construisons un pacte pour l'emploi et pour le climat. C'est ça notre projet.
On a parlé aussi, évidemment, en parlant du Luxembourg, de la finance, on ne peut pas parler de la question européenne sans parler des aspects financiers. Et l'une des caractéristiques, c'est que d'un côté l'argent coule à flot et que d'un autre côté... Et ça, Laurence le connaît bien, parce qu'elle est adjointe aux affaires sociales, et bien c'est la galère. Donc je crois que Laurence va poser une question à Fabien Roussel autour de la question de l'utilisation de l'argent. C'est à toi, Laurence.
Merci beaucoup. Alors je dois dire que je suis très très très émue ce soir. de voir une salle remplie à ras-bord à Strasbourg. Je suis une militante communiste de très longue date et je dois dire que ça m'émeut particulièrement. Merci Fabien de mettre les communistes en lumière. Ça me fait vraiment beaucoup d'effet. Alors je suis adjointe au maire, je suis obligée de lire parce que franchement je ne pourrais pas, donc vous m'excuserez. Je suis adjointe au maire en charge des solidarités et de la santé et je suis frappée par ces inégalités de richesse. Je le vis au quotidien dans ma commune Schiltikeim. Chilic, c'est l'historique cité des brasseries. C'est une ville populaire, à l'histoire ouvrière, qui héberge deux quartiers prioritaires de la ville et son lot de précarité. Le mur de l'argent frappe d'abord les milieux populaires, particulièrement dans un domaine que je connais bien, la santé. Cela se vérifie pour ma commune Schiltikaï. Nous avons hélas un taux standardisé de mortalité supérieur de 13% à la moyenne nationale et 15% à la moyenne nationale. Et je ne vous parle pas du fléau du diabète qui hante nos quartiers politiques de la ville. Alors certes, la ville bouge avec le sport santé et d'autres dispositifs volontaristes. Nous faisons des efforts pour améliorer l'accès à la cantine, pour mieux se nourrir, pour renforcer le CCAS et les services publics. Avec les élus communistes de ma commune, dans le cadre d'une majorité de gauche citoyenne, je pousse à faire plus et mieux, et ainsi faire de la solidarité une priorité. Mais nous nous heurtons aussi au mur de l'argent. alors qu'en même temps, comme dirait l'autre, il manque des milliards à cause de l'évasion fiscale et autres Panama Papers. L'Europe pourrait nous aider alors que nous devons batailler pour récupérer des fonds européens, tellement les dossiers sont complexes à monter pour financer les projets. Notre ville devrait s'endetter, la BCE continuant à en prêter aux banques au lieu des États. Bref, ce mur de l'argent est insupportable, cet argent rare pour la France d'en bas et cet argent qui coule à flot en haut. Donc ma question est simple. Nos habitants vivent de plus en plus dans la galère. Nos collectivités sont exsangues. Et de l'autre côté, il y a de l'évasion fiscale, une BCE qui alimente la finance. Comment utiliser l'argent autrement en Europe ? pour la mettre au service des peuples, des services publics, de la lutte contre la pauvreté et du climat et non au service des intérêts financiers. Merci beaucoup
Laurence pour ta question. Je voudrais à travers ta question et à travers ton engagement saluer l'engagement des élus communistes qui dans les villages, les communes se donnent sans compter depuis des années au service de la population. C'est la richesse de notre parti, c'est la richesse de la France. Tous ces élus locaux, dans la diversité de leur sensibilité d'ailleurs, je les salue parce que je fais une petite digression sur les élus locaux. Tu es engagé dans une ville populaire au service de tous et tu es les plus démunis comme tu viens de le dire. La France, c'est 35 000 communes, 35 000. Il y en a 72 000 en Europe. 35 000 en France, ça vous donne ce que représente notre pays en termes d'originalité. Nous sommes uniques en Europe par ce réseau de communes, issus de la Révolution française, installés à l'époque pour empêcher la monarchie de revenir. Et c'était ces communes qui tissaient tout le territoire, où on redonnait le pouvoir à des conseils municipaux et à des maires, et qui faisaient vivre la démocratie au plus près du terrain, qui devaient empêcher par cette administration républicaine la monarchie de revenir. C'est notre histoire. Nous devons en être fiers. Et ce réseau de 35 000 communes, et c'est important d'avoir cette histoire, ce réseau de 35 000 communes, c'est derrière 500 000 élus locaux. Des hommes, des femmes qui donnent leur temps, sans compter, à disposition. Jour et nuit, parce que quand il y a un accident la nuit, un incendie, et c'est le maire qu'on vient chercher, c'est l'adjoint pour trouver une solution d'urgence, pour aider une famille en difficulté. Ce sont ces élus locaux avec les associations qui ont organisé la solidarité aussi pendant la pandémie, en apportant les colis aux plus aînés, en faisant respecter le confinement sans avoir de rupture dans l'approvisionnement. Bref, 500 000 élus locaux. Vous imaginez la richesse que ça représente ? Vous imaginez si demain, ils devaient disparaître, comme ça arrive dans certains pays, en Belgique, à côté de chez moi, ils les ont divisés par deux en une fois il y a une quinzaine d'années, une vingtaine d'années. Et aujourd'hui, les mairies sont vides. C'est des commerces. Et les gens n'ont plus personne auprès de qui s'adresser. Je voudrais rendre cet hommage vibrant à tous les élus de la République française, quelle que soit leur sensibilité. La République c'est vous, c'est vous les sentinelles, ceux qui font vivre notre démocratie au plus près du terrain. Donc vraiment, je voulais vous le dire. Parce que c'est important pour nous et c'est important d'avoir ces communes et ces élus locaux qui exercent cette responsabilité dans les villages comme dans les grandes villes, dans les métropoles et dans les départements. Je salue Fleur, j'en profite parce que nous sommes très attachés, j'ai eu l'occasion de le dire, à retisser ce lien entre les communes, le département et l'Etat pour justement pouvoir faire vivre la démocratie au plus près du terrain. Revenons-en au mur de l'argent. Tous les jours, on m'explique que mes réformes ne sont pas financiables. Mais ce n'est pas possible, M. Roussel. 500 000 emplois publics, ce n'est pas possible. Ça coûte trop cher. Nationaliser AXA, vous êtes ma boule, comme on dit chez moi. Nationaliser une banque, mais c'est impossible. Ça coûte trop cher. Mais je leur dis, non mais, ça va, oui. Les privatisations, elles, elles ne coûtent pas cher, les privatisations. Depuis qu'on a privatisé les autoroutes, vous n'avez pas vu, le prix des péages augmentait tous les ans. Et ces grandes compagnies que sont Eiffage et Vincile, ils se sont déjà remboursés de leur achat. Et ils gagnent de l'argent maintenant sur notre dos. On veut du bonheur dans notre vie, au travail, à l'école, dans les études, à la retraite. Le bonheur c'est de gauche, le plaisir c'est de gauche. Et nous on le revendique pour tout le monde, parce que le bonheur ça se communique. De quel droit ils vont nous dire qu'il faut encore faire des efforts ? Eh bien moi, je suis pour que les cigares changent de bouche. Oui, nous aussi, on a le droit au plaisir de la vie. Non, il ne faut pas fumer, ce n'est pas bon pour la santé. C'est une image. Alors on va aller chercher l'argent là où il est. On va aller chercher l'argent là où il est. Notamment l'argent de la Banque Centrale Européenne. Bon, le grand spécialiste, il est à côté de moi. Mais ceux qui m'expliquent la dette, on ne peut pas, il y a la dette. On ne peut pas s'endetter, il y a la dette. Mais je leur réponds tout de suite et tout de go, que ce qui coûte cher dans la dette, ce n'est pas la dette, c'est les intérêts de la dette. Ça, ça coûte cher les intérêts de la dette. 40 milliards d'euros tous les ans que la France paye aux banques. Parce qu'aujourd'hui, on emprunte aux banques, on s'endette auprès des banques. La Banque Centrale Européenne fait tourner la planche à billets, imprime des billets, dans la vérité, ils impriment pas des billets, mais ils injectent des liquidités, mais auprès des marchés financiers, à taux négatifs. Et les marchés financiers nous prêtent à nous, avec des taux d'intérêt bas aujourd'hui, mais qui peuvent... grandir demain si vous ne faites pas les efforts qu'il faut. Si vous ne privatisez pas, si vous n'augmentez pas les retraites, l'âge de départ en retraite, c'est ça le sujet. Nous, on veut se libérer des marchés financiers, se libérer des marchés financiers, être financé directement par la Banque Centrale Européenne à taux négatif pour investir dans l'école, la santé, dans la sécurité, dans la justice. C'est ça que l'on veut, des services publics, relever le défi climatique. Et on demande que la Banque Centrale Européenne nous prête directement. Voilà le combat que l'on va mener pour reprendre le pouvoir sur l'argent. Et donc que l'on ne nous dise pas qu'il n'y a pas d'argent. L'argent, il est là. La Banque Centrale Européenne est un des leviers pour aller chercher cet argent. Il y a l'argent de la solidarité que nous allons réclamer auprès des plus riches. Macron, quand il est arrivé au pouvoir, il a demandé 5 euros à tous ceux qui touchaient la PL. Il vous a pris 5 euros. Et aux plus riches, il a supprimé l'impôt de solidarité sur la fortune. Quel cadeau ! Il a fait ça dans le même mois, quasiment. C'est fort quand même. Lui, il prend aux pauvres et il donne aux riches. C'est Robin Desbois inversé. Il a théorisé ça, c'est le ruissellement. Moi, j'ai fait l'inverse, j'ai fait le ruissellement. C'est fini. On prendra aux riches. Et d'ailleurs, j'ai fait une proposition. J'ai fait une proposition pour défendre le droit aux vacances, je fais une petite digression, le droit aux vacances de nos enfants. Trop, on est en période, je ne sais pas si vous êtes encore en période de vacances scolaires ici, je suis perdu dans les académies, c'est fini ? Dommage. C'est les vacances de février, et aux vacances de février, peu d'enfants partent en vacances. Peu de salariés prennent des vacances, souvent. C'est rare. C'est pas normal. Et nous devrions pouvoir faire vivre le droit aux vacances pour tous. Tous les jours, on vous parle de la météo des neiges, des sports d'hiver, et on n'y a pas le droit. 8% de nos enfants partent au sport d'hiver. C'est si peu. Eh bien moi je propose justement de faire en sorte que tous nos enfants, avant d'accéder au collège, aient au moins vu une fois la mer. Et la montagne, avec les colonies et les sorties découvertes à l'école. Et ça, on va le financer, ça coûte 1 milliard d'euros par an, avec une taxe Robin Desbois sur les jets privés et sur la classe à faire. Voilà, et on va le faire vivre le droit aux vacances. Le droit au bonheur, y compris pour nos enfants. Pour nos enfants. Vous savez, en 1945... J'étais pas né, mais c'est les résistants qui m'ont raconté. Ils ont construit le programme des jours heureux et dans ce programme, il y avait le droit aux vacances. C'est comme ça que sont nés les grandes fédérations qui ont permis de faire partir en vacances des millions d'enfants. Parce que pendant 4-5 ans, ils avaient vécu les privations, ils étaient maigres, blancs, ils n'avaient pas vu le soleil. Et le grand projet a été de leur dire, il faut qu'ils profitent du plein air, de la montagne, du soleil, de la mer. Et c'est comme ça que sont nées les colonies de vacances et les grands séjours pour nos enfants. Enfin mince, la France était en ruine, exsangue. à rebâtir. Et nous avons trouvé les ressources pour le faire. Nous avons envoyé nos enfants en colonie de vacances en 46, en 47, avec des grandes fédérations populaires associatives. Mais c'est le même défi que nous devons avoir aujourd'hui. Il y a 10 ans, il y avait 4 millions d'enfants qui partaient en colonie. Ils ne sont plus que 1 million aujourd'hui. C'est un merveilleux lieu de brassage, de fraternité, d'échange, de partage. Je veux le droit. Le droit aux vacances, le droit à la colonie pour tous nos enfants. Voilà ma taxe Robin Desbois. Alors oui, nous les mettrons à contribution. Nous les mettrons à contribution. Et ce sera par des lois pour mettre en place une forme de justice sociale, justice fiscale. Nous rétablirons l'impôt de solidarité sur la fortune, c'est bien la moindre des choses, j'en ai parlé. D'ailleurs l'ISF qui a été mise en place en 1981, après la belle campagne de Georges Marché, qui avait dit au-dessus de 40 000, je prends tout, et c'est Macron qui le supprime. Ironie de l'histoire quand même. Eh bien c'est moi qui le rétablirai. Hommage à Georges Marché. Nous irons nous attaquer au coût du capital. Le coût du capital. Alors ça, c'est abstrait, j'en conviens. Mais dans le cadre d'un débat que j'ai avec Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du MEDEF, un débat cordial, loyal, il faut discuter. On reconstruira la France ensemble. Et donc, je lui dis, quand même, monsieur de Bézieux, C'est pas normal qu'aujourd'hui, les rendements attendus par les investisseurs, les capitaux, les fonds de pension, c'est ça le capital, c'est ceux qui disent qu'ils investissent en France dans telle ou telle usine, les rendements qu'ils exigent n'ont jamais été aussi élevés. Ils demandent des rendements de 10 à 20% quand même, c'est des rendements à deux chiffres, des marges à deux chiffres. Vous avez vu l'histoire du pot de yaourt de chez Danone, c'est 15% de marge sur le pot de yaourt. Et puis attention, c'est du soja dedans, c'est plus le lait crémé d'avant, c'est des yaourts haut de gamme. 15% de marge. Mais c'est pas normal. Et donc je lui dis, Geoffroy Roux de Bézieux, j'ai dit mais vous trouvez pas ça normal quand même que les richesses que nous produisons, avec notre sueur, avec notre tête, avec nos compétences, ensemble, qu'une grande part de cette richesse, elle part dans ses rendements si élevés. Et il me répond, ah mais ça c'est normal monsieur Roussel, pour investir, il faut qu'il y ait un loyer, c'est le loyer de l'argent. Il dit, ben ben Dieu, il est cher votre loyer. Moi, je vais vous le faire baisser votre loyer. Il n'y aura plus des marges à deux chiffres. Et on va donner des pouvoirs aux salariés. Et on va faire en sorte que les salariés dans les entreprises participent au choix de gestion et à la distribution des richesses. C'est ça, reprendre le pouvoir dans les entreprises et reprendre le pouvoir à l'argent. Ça se passera dans les entreprises en nous réappropriant nos moyens de production. Et puis, enfin, enfin, oui, nous nous attaquerons au fléau de la fraude fiscale et de l'optimisation fiscale. Vous connaissez la différence entre l'optimisation fiscale et la fraude fiscale ? La différence, c'est l'épaisseur d'un mur de prison. Eh oui, parce que l'optimisation fiscale, c'est de la fraude, mais c'est légal. Incroyable. Mais c'est vrai. C'est terrible. C'est terrible. Ils le disent. Ah oui, mais c'est permis. Ah ben vas-y, fais-moi les poches, c'est permis. Non mais dis donc, terminé ça. J'ai rencontré une entreprise, Véralia Saint-Gobain, ex-Saint-Gobain, que Macron, ministre de l'économie et des finances, sous le précédent gouvernement, a vendu à un fonds de pension Apollo américain, connu, qui rachète plein d'entreprises, un fonds de pension. a fait des plus-values boursières. Cet argent qu'il a gagné, près d'un milliard d'euros, il l'a transféré au Luxembourg, pas loin de chez vous. Et j'y suis allé au Luxembourg. Et je suis allé au siège du groupe Apollo. Je vous invite à y aller, c'est sur une petite place, c'est tout à fait sympathique, c'est très très beau Luxembourg. Et là, vous rentrez, c'est au deuxième ou au troisième étage, il y a quoi ? 100 mètres carrés quand on sort de l'ascenseur. Mais il y a au moins 300 entreprises. C'est des boîtes aux lettres. Il n'y a pas de salariés. Ils sont 10. 300 entreprises. En fait, c'est des sociétés offshore. Les plus-values boursières réalisées en France, sur notre dos, le dos des travailleurs, ils partent au Luxembourg. C'est légal. C'est l'Europe. Et du Luxembourg, dans ces sociétés offshore, ça part aux îles Caïmans. 500 millions d'euros sont partis là-bas. Et c'est légal. Eh bien non, ça, ça doit être illégal. Je veux reprendre le pouvoir sur nos richesses. La fraude et l'évasion fiscale, c'est terminé. Et la justice aura pour mission de les condamner. Et ceux qui seront pris la main dans le pot de confiture, ils iront en prison. Il n'y en a pas un aujourd'hui. Et je fais confiance à la justice pour ça. Alors oui, Que l'on arrête de nous dire qu'il n'y a pas d'argent. L'argent, il est là. Pour répondre aux besoins de la population. Et je préfère mille fois augmenter les retraites de 200 à 300 euros pour les porter à 1200 euros minimum. Et augmenter les salaires et porter le SMIC à 1900 euros brut. Parce que quand un salarié il gagne 200 à 300 euros, quand un retraité il gagne 200 à 300 euros de plus, lui il ne va pas le planquer au Luxembourg. Il le défense ici, il aide ses petits enfants, il fait tourner le commerce. C'est ça la vie réelle. Et c'est ça les jours heureux.
On ne peut pas parler de cette Europe des jours heureux alors que la question de la crise en Ukraine est une question qui nous préoccupe aujourd'hui très fortement. C'est pour ça que Pierre-Olivier Poyard, du Mouvement de la Paix, a préparé une question pour Fabien Roussel sur ce sujet. Pierre-Olivier, c'est à toi.
Oui, alors moi aussi je suis un peu ému parce qu'au mouvement de la paix on n'a pas l'habitude de parler devant autant de monde. Donc voilà. Alors oui, effectivement la paix c'est une question qui n'est pas évidente aujourd'hui alors que le conflit en Ukraine s'amplifie. Et c'est d'autant plus compliqué que nous sommes en pleine propagande de guerre. Des médias français, propriété ou non des milliardaires dont tu parlais tout à l'heure, nous saoulent à longueur de temps sur la menace militaire chinoise ou russe. Ils nous expliquent que le péril chinois, à la fois péril jaune et péril rouge, menacerait la soi-disante civilisation occidentale. Ils nous expliquent que Poutine, ce serait le nouveau Staline. Quand ils invitent l'extrême droite, elle est vraiment chez elle. N'y a-t-il que les communistes en France qui se soient rendus compte que la guerre froide est finie depuis plus de 30 ans, que l'OTAN est obsolète, que la Russie est dirigée par une droite réactionnaire au service des milliardaires tout comme le reste de l'Europe ? Fabien, ne penses-tu pas que la véritable menace militaire en Europe, c'est l'industrie de l'armement, le militarisme, le nationalisme, ce que nous appelons au mouvement de la paix l'inculture de la guerre ? Je rappelle par exemple que des dizaines de milliards de dollars d'armes ont été fournis à l'Ukraine par les pays membres de l'OTAN. Autrement dit, comment la Russie pourrait-elle nous menacer militairement alors que son budget militaire est 4 fois plus faible que celui des pays de l'Union Européenne, aussi 12 fois plus faible que celui des USA ? Je rappelle par ailleurs que plus de 70 000 soldats états-uniens sont présents en Europe sur 46 bases militaires, dont certaines avec des armes nucléaires. notamment en Allemagne, en Belgique, en Grande-Bretagne, en Espagne, et peut-être que j'en oublie. Plutôt que de dépenser 250 milliards de dollars annuellement dans la guerre et sa préparation, les pays de l'Union européenne, la France, ne devrait-il pas plutôt investir dans la culture de la paix, l'accueil humaniste des migrants, la coopération, une armée de défense nationale et non d'occupation ? comme en Afrique ou ailleurs, et aussi en sortant de l'OTAN. En effet, des dizaines, des centaines de personnes meurent dans la mer Méditerranée et dans la Manche, chaque année. 23 000 personnes depuis 2014. Quand l'extrême droite ne cesse de stigmatiser l'étranger, elle tente de nous faire oublier que c'est la France et l'Union européenne qui sont responsables de ce crime. N'est-il pas temps de défendre, à la place de cette conception militaire de la sécurité, une autre idée, la sécurité humaine, défendue par les Nations Unies, où chacun a droit à la paix et à une vie digne et heureuse
Dans le cadre de cette élection présidentielle et on voit combien la paix est un sujet de préoccupation majeure pour les travailleurs, pour les familles, quand on voit qu'à quelques heures d'ici, il y a une véritable poudrière. La situation est particulièrement préoccupante. Il faut le dire, elle est inquiétante, elle est dangereuse et nous devons tout faire pour désarmer. Les protagonistes, ça se fera pas comme ça sur une injonction mais la paix c'est pas que un mot, c'est pas que un slogan, ça doit être une volonté politique, ça doit être un engagement de tous les jours. Les accords de Minsk qui avaient prévu un calendrier des méthodes pour apaiser les tensions sont morts. Pas seulement avec la reconnaissance par Poutine de ces deux territoires qui exigent leur indépendance. Ils ont été bafoués avant par Kiev déjà. Mais ce n'est pas parce que l'Ukraine ne s'engageait pas à les mettre en œuvre que Poutine, pour autant, est dans son droit. d'envahir aujourd'hui, de reconnaître deux États et de faire venir ces soldats en Ukraine. Ce qui se passe est extrêmement grave. Nous devons en prendre la mesure quand même. Et je n'adresserai aucun mot d'excuse, ni à Poutine, ni d'ailleurs aux Américains. On a d'un côté l'ours de la taïga et de l'autre les faucons américains et qui se cherchent. Et la menace, elle est réelle. Et nous, on est au milieu. Et nous, on est au milieu. On est au milieu et on vit ensemble sur le même continent de Brest à Vladivostok. Les américains, ils sont loin. Et nous, on est là ensemble. Et donc on doit créer les conditions de garantir la sécurité de tous. Ce qu'il faut mettre au cœur du sujet et sur la table, c'est garantir la sécurité de chaque peuple. Parler de la sécurité du peuple ukrainien, du peuple d'Europe, comme du peuple russe. Nous devons vivre en sécurité tous. Et trouver les moyens d'établir un traité de sécurité collective, des méthodes de dialogue entre nous, qui respectent chacun. Poutine, ce n'est pas notre ami. Poutine est un homme de droite libéral, autoritaire. Je le dis. Mais la diplomatie, ce n'est pas que de discuter avec ses amis. C'est de discuter... avec tout le monde et c'est pas nous qui choisissons le dirigeant les dirigeants de Russie ça serait trop facile et donc aujourd'hui c'est lui demain ce sera peut-être un autre ou une autre et donc nous devons créer les voies de la désescalade du dialogue de l'arrêt de l'armement d 'arrêter d'envoyer des soldats, de part et d'autre. Et en Europe, c'est pas simple. Parce qu'au sein de l'Union Européenne, il y a des pays qui poussent pour qu'on aille faire la guerre. Et il y en a d'autres qui disent, non, non, on va mettre en oeuvre des sanctions et on va essayer de dialoguer. Et donc, on doit être, nous, plutôt à pousser à ce dialogue. A ce dialogue pour faire en sorte que l'on trouve une sortie à cette crise. Et là où tu as raison, c'est qu'on ne peut pas d'un côté militer pour la paix, vouloir le dialogue et de l'autre côté continuer à vendre des armes. A qui veut les acheter ? La France doit être le troisième ou le quatrième ? Troisième. C'est un podium dont on n'est pas fier quand même. Vendeur d'armes dans le monde. Troisième vendeur d'armes. Alors on vend des armes et puis après on dit vous battez pas. Stop à la guerre. C'est ridicule. La première chose à faire c'est d'arrêter. D'avoir au moins des discussions au parlement. D'éviter de vendre des armes à des pays qui se battent entre eux comme au Yémen. Il y a 20 ans... En 2000, le commerce des armes, c'était 1000 milliards d'euros. En 2019, c'est 1900 milliards d'euros. Ça a quasi doublé. La planète est une véritable poudrière prête à exploser si on n'y prend pas garde. Et donc, il faut tout faire pour désactiver les mèches, souffler dessus, les éteindre, et puis faire en sorte... de limiter les puissances d'armement de tous les Etats et de s'engager tous ensemble vers une politique de désarmement. D'ailleurs, sur ce sujet, quand je dis que je suis pour investir dans le nucléaire, je parle toujours des centrales qui produisent de l'électricité. Mais je suis pour que nous puissions tous ensemble nous désengager de l'armement nucléaire, qui est terrible et mortel. Tous ensemble, multilatéralement. Prenons la tête la France et je propose ça. d'un beau combat à l'échelle internationale vers les pays des tentatives d'armes nucléaires, pour que tous ensemble nous nous retrouvions autour d'une table et décidions collectivement de ne plus investir dans l'arme nucléaire, de les éteindre, de les mettre de côté, de s'engager à ne plus les utiliser, à désarmer le monde de l'arme nucléaire. C'est un combat que la France doit pouvoir prendre. C'est ce combat-là pour la paix auquel j'aspire. Et nous pensons que pour avoir une voix la plus claire, la plus franche possible et la plus sincère possible parmi les nations, pour pouvoir parler de la paix, nous ne devons plus être alignés derrière les Américains. Retrouvons notre voix et notre indépendance, celle de la France, celle de la paix, celle de la fraternité entre les peuples. C'est ça que nous devons faire et porter aujourd'hui. Et si dans notre projet nous disons qu'il faut sortir de l'OTAN et que l'OTAN n'a plus lieu d'être, et nous le pensons sincèrement, la première chose à faire que nous demandons aujourd'hui, c'est au moins de sortir du commandement intégré de l'OTAN, pour retrouver cette parole claire et pouvoir parler à chacun, y compris au président Poutine, sans s'être soupçonné. d'être affiliés aux Américains. Et donc, c'est cette voie claire de la France que je souhaite pouvoir retrouver pour la mettre au service de la paix. Surveillons ce qui va se passer dans les heures, dans les jours qui viennent. Soyons vigilants et soyons prêts à nous mobiliser pour être tous présents quand il faudra dire non à la guerre.
Alors on se rapproche du terme de notre belle réunion publique. Je crois qu'on peut être fier d'avoir eu ce très bel échange autour de ces thématiques sur l'Europe, dans notre belle ville de Strasbourg, qui est si marquée par les enjeux européens. Et au terme de ce parcours de questions réponses, initiative un petit peu originale pour une réunion publique, je vais demander à Fabien de nous dire le mot de la fin et je vais lui laisser la parole pour qu'il nous fasse son mot de conclusion. Merci à toi.
Merci Jean. Mes chers amis, mes chers camarades, s'il y en a, je rigole. Mais il n'y a pas que. Nous sommes tous ici unis pour faire vivre cet espoir de vivre des jours heureux. Et nous sommes unis rassemblés dans cette salle dans la diversité de nos opinions et que je respecte. Je voudrais le dire, nous sommes à, je ne sais plus combien c'est aujourd'hui, 45, 46 jours du premier tour, et nous sommes à un moment important de l'échéance du 10 avril, et nous sommes en train de bousculer cette élection présidentielle. Faire entendre notre voix et la faire entendre et la faire gagner. Nous sommes en train de bousculer cette élection présidentielle parce que nous avons fait le choix de parler de jours heureux, de bonheur, de réformes heureuses, quand tous les autres nous promettent encore des difficultés et des cures d'austérité. Nous avons réussi à bousculer cette campagne parce que nous y allons avec tout notre cœur. toute notre sincérité. Nous, la politique, on l'a fait avec la tête, on l'a fait avec le cœur, on ne la fait pas avec la bile et avec les tripes. C'est la différence aussi que nous avons. Nous sommes des militants heureux, généreux. Ceux qui allons, dans cette élection présidentielle, la main tendue, les bras ouverts. Nous voulons nous adresser à tout le monde. Nous ne demandons pas la carte politique de tel ou tel. Il y a tellement de gens qui n'ont plus confiance dans la politique, qui n'y croient plus. Et je le ressens de plus en plus dans cette campagne. Enfin, quand j'entends quelqu'un qui m'accoste à Bastia, je revois cette dame qui me reconnaît dans la rue et qui me retient, qui me dit « Monsieur Roussel, c'est vous ? » Je baisse mon masque. Oui, c'est moi. Elle dit, je vais voter pour vous. Bon, j'allais passer mon chemin en la remerciant. Et elle me dit, j'ai voté Macron en 2017 et là, je vais voter pour vous. Là, je m'arrête. Là, je dis, je veux comprendre. C'est important. Parce que si on arrive à prendre 4 points, 5 points au fil de la campagne à Macron, excusez-moi du peu, mais on aura servi la République. Je lui ai dit, mais qu'est pas ça ? Elle me dit, en 2017, je suis une femme de gauche. Et en 2017, j'étais déçu par Hollande. Et il a incarné un espoir, une réforme, la jeunesse, le renouveau. Et j'ai voté pour lui pour ça. Mais aujourd'hui... Mon Dieu, je suis déçu. Je n'ai jamais payé mes factures aussi chères. Ça n'a jamais été aussi dur. Il n'a rien fait de ce qu'il a dit qu'il ferait. Je ne voterai plus jamais pour lui. Et vous, vous arrivez, et vous, vous incarnez de nouveau la gauche, les valeurs. Vous êtes un nouveau visage. Eh bien, je vais voter pour vous. Et mes enfants aussi. Bravo ! Merci ! Je me dis, il se passe quelque chose. J'entends aussi des gens qui ont pu voter à l'extrême droite, Marine Le Pen en l'occurrence, et qui aujourd'hui me disent qu'ils pourraient voter pour moi. Je me dis, j'ai dit une bêtise. Mais non. Mais c'est important ce que je vais vous dire. Parce qu'en fait, il y a dans cet électorat, qui vote à l'extrême droite, un électorat, comment je vais vous dire ça, sincèrement en colère, sincèrement humilié, méprisé, qui n'en peut plus de cette classe politique, comme ils disent. De tous ceux pour qui on vote et qui nous trahissent après. Et qui sont en colère, qui ont la boule au ventre. Et comme je dis moi, ils sont encore rouges dans leur cœur, mais ils sont noirs de colère. Voilà, quand on est noir de colère, paf, on vote brun. Mais quand on discute avec eux, ils sont rouges dans leur cœur. Pas rouge parti communiste français. Rouge de ce drapeau rouge du mouvement ouvrier. Rouge de ces luttes de notre pays et de la fierté de la classe ouvrière. Rouge du chiffon rouge qui rassemble les familles, les salariés, les paysans, les fonctionnaires et qui ont bâti la France et qui sont fiers de se retrouver ensemble. Rouge généreux, rouge solidaire. Eh bien, à tous ceux-là, à toutes celles-là. On doit pouvoir parler, on doit leur dire arrêtez, ne vous trompez plus de colère, le problème c'est pas les étrangers, le problème c'est pas les immigrés, c'est pas à cause d'eux que les usines ferment, c'est pas à cause des prénoms que les banques ne vous prêtent pas, c'est pas à cause des étrangers que vous avez du mal à avoir un rendez-vous à l'hôpital pour passer un scanner. C'est parce qu'ils ont supprimé, ils ont fait des économies dans la santé publique, parce qu'ils nous mettent en concurrence avec d'autres pays, parce que les capitalistes veulent toujours plus de dividendes. C'est eux le problème, c'est pas les étrangers.
tellement important.
C'est tellement important. Vous savez, vous, comme chez moi dans le Nord, vous avez des mines, vous avez eu des mines, des mines de sel, des mines de charbon, de fer et de charbon. Et des mines de sel aussi. J'en ai visité quand j'étais journaliste en Alsace. Potasse. Toi-même, comme dirait l'autre. Et dans les mines, dans les mines, Chez moi dans le Nord, il y avait 29 nationalités, mais chez vous aussi, ils travaillaient ensemble, marocains, algériens, français, polonais, italiens, espagnols. Quelle richesse, quelle force ils avaient, quelle solidarité entre eux, ils avaient. Parce que c'était dur au fond. Parce qu'ils risquaient leur vie au fond. Et ils ne regardaient pas le prénom, la religion, l'origine. Ils se comprenaient quand ils ne parlaient pas la même langue. Et ils étaient unis. Et quand ils sortaient de la mine, ils étaient tout noirs d'abord, à cause du charbon. Ils se lavaient ensemble, le dos, chacun leur tour. Ils allaient au bistrot. C'était les dames qui venaient les chercher parce qu'ils dépensaient la quinzaine. Ils faisaient la fête tous ensemble. Ils partageaient les repas que chacun faisait en fonction de ses origines. Ils étaient heureux. C'était le bonheur. Il n'y avait pas le racisme. Et aujourd'hui, quand je vais dans les usines... Quand je vais dans les hôpitaux, quand je vois dans l'industrie automobile, quand je vois dans des chaînes de production et que je retrouve là aussi encore aujourd'hui des hommes, des femmes d'origines différentes, de couleurs différentes, de prénoms différents, ils sont ensemble, ils sont unis, ils sont solidaires, ils travaillent dur, ils en prennent plein la pipe et ils s'aiment. Et bien c'est cette France-là que l'on doit aimer, que l'on doit appeler à
s'unir. Que l'on doit réveiller dans la fraternité la plus belle.
pas possible qu'on puisse nous opposer en fonction de nos prénoms. C'est une honte. Vous vous rendez compte le recul, le recul qu'ils sont en train de nous imposer dans le débat présidentiel. Et puis, attention, hein. C'est pas que de nous opposer en fonction de notre prénom. C'est des prénoms musulmans. Ah oui, c'est une religion. C'est des prénoms musulmans. Des prénoms musulmans. Non mais t'as déjà vu ça, des prénoms musulmans ? Parce qu'on peut s'appeler Claude et être musulman. Ah oui, on peut s'appeler Moustapha et être chrétien. On en a le droit. Ça n'a rien à voir. Non mais c'est d'une bêtise crasse. C'est surtout dangereux. Alors, je ne sais pas en quelle langue vous le dire, mais résistons, mais surtout construisons, soyons pleins d'espoir. de fraternité, de générosité, de solidarité, de bonheur. Les jours heureux, il ne faut pas seulement y croire, il faut les faire vivre dans notre manière de militer, dans notre manière de parler, nous adresser à tous. On a une belle vague de bonheur à faire grandir en France. Le
bonheur, c'est vous ! Je vous aime et ensemble, on va marquer des points. On va faire respecter nos idées, le monde du travail, les retraités, la jeunesse. Allons-y tous ensemble.
Passer, faisons table rase, fou l'esclave, debout, debout. Le monde va changer de base, nous ne sommes rien, soit l'autour, c'est la lutte finale. ... ... ... ... ...
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