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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Question subsidiaire, est-ce que votre livre n'est pas un livre de repentis
c'est un livre d'amateurs d'histoire. J'ai toujours adoré l'histoire. Et ce que j'ai voulu faire, c'est montrer la continuité qu'il y avait dans ce pays entre l'ancienne monarchie et la monarchie absolue. Et comme vous l'avez dit, la monarchie républicaine. Et ceux qui ont servi et qui ont eu la chance. comme moi, de servir l'État pendant plusieurs décennies, et je reconnais que c'est une chance, se voient bien toutes les continuités qu'il peut y avoir sur la centralisation des pouvoirs. Et cela est encore plus vrai depuis les débuts de la Ve République et encore plus depuis l'instauration du quinquennat. C'est mon sentiment. Et en particulier, Emmanuel Macron. Je veux dire que cela… s'accentue. Et aujourd'hui, il me semble qu'effectivement, beaucoup de décisions, celles qui sont géostratégiques, et c'est tout à fait normal compte tenu des situations de tension et de la présidence française de l'Union européenne, mais aussi ce qui concerne davantage le détail. Mais là aussi, il n'y a rien de très nouveau. Sous l'Ancien Régime, les monarques, tel Louis XIV, Henri IV ou d'autres. se concentrer sur les enjeux majeurs, mais également sur des petites décisions, et notamment les décisions personnelles, telles que les nominations.
Alors, on reviendra sur ces questions-là, ces permanences, malgré l'apparence des mutations. Ces permanences, elles apparaissent dans votre projet Didier Lebrêtre. Vous aussi, d'une certaine manière, vous appartenez à cette élite monarchico-républicaine. Est-ce que vous entendez ça, ce que dit Jean-Pierre Jouillet, de cette continuité ? de cette révolution qui finalement n'a pas été tant une rupture que cela. Est-ce que vous le notez dans votre vie personnelle, dans votre pratique personnelle du pouvoir ?
Ce qui est clair, c'est qu'il y a une continuité dans les doléances. En deux qui reviennent constamment sur le pouvoir d'achat. notamment l'encadrement des loyers. C'est quelque chose, les gens disent, on n'y arrive plus. Et Dieu sait que la question du logement, elle est centrale aujourd'hui, à tous les niveaux, pour pouvoir envoyer ses enfants dans les métropoles la plus proche. Si on ne peut pas les loger, ils ne peuvent pas faire d'études. Et vous avez aussi des doléances qu'on retrouve, 1789 aujourd'hui. la nature du pouvoir, les doléances qui s'adressent au bon roi en disant « trop d'impôts, mon cire, pensez aux tiers états qui portent sur ses épaules le clergé et la noblesse à lui tout seul ». Donc il faut répartir l'effort plus équitablement. Et aujourd'hui, les doléances nous disent la même chose. On ne peut pas être les seuls à porter cette charge qui est insupportable. D'autant plus insupportable que quand le monarque apparaît à la fois... comme étant celui qui concentre tous les pouvoirs, mais impuissant en termes de capacité à livrer les services qui sont attendus, vous déclenchez à la fois une réaction contre le régime et la personne qui incarne le régime, et vous accentuez aussi quelque chose qui est très présent dans le pays, c'est de plus en plus un consentement à l'impôt qui est très très fragilisé et qui est remis en question. Donc c'est sans parler même du discrédit global du fonctionnement de nos institutions, puisqu'après tout, à quoi sert une démocratie si elle n'est pas en capacité de porter les rêves, les projets des citoyens qui ne voient pas d'avancée majeure, qui ont le sentiment d'être
un
peu laissés là où ils
sont. Il y a un petit côté renouveau sous le soleil. Ygritte Levavasseur, les références à la Révolution française étaient très présentes au moment des Gilets jaunes. Est-ce que vous aviez conscience de cette espèce d'effacement ? du temps, finalement, le monarque, c'était Emmanuel Macron à l'époque, ça a pu être d'autres monarques à l'époque. Il y avait ce sentiment-là très fort chez vous ?
Il y avait ce sentiment et c'est d'autant plus drôle qu'en quelques minutes seulement, on pourrait juste retracer ce qu'il y avait écrit sur mon gilet jaune. J'avais écrit « Aide-soignante, payer 1250 euros » pendant que le roi et ses nobles se moquent des gueux et donc j'avais signé « Gauloise réfractaire ». Et oui, effectivement, c'est tout à fait le ressenti que j'ai toujours. eu et que j'ai encore aujourd'hui. C'est-à-dire qu'on a un roi qui, de toute façon, est très bien entouré et qui a la grande puissance sous lui et qui exige, en tout cas, de ces petits gueux et de ces gaulois réfractaires qu'ils obéissent et qu'ils se taisent surtout et qu'ils cessent d'avoir un avis. Et c'est encore aujourd'hui mon ressenti. Et peut-être... encore plus aujourd'hui, après ces dernières prises de parole, juste humiliantes et désobligeantes, j'ai encore plus envie de me dire et croire en sa non-victoire en mois d'avril. Et je vous ai lu, en fait, et j'ai... J'ai la voix tremblotante parce que j'ai tellement été émue de relire certaines doléances. Parce qu'évidemment, en tant que figure du mouvement des Gilets jaunes, j'ai eu des centaines de milliers de messages. Et tous, quasiment, parce que j'ai eu peu de messages très négatifs. Quand j'en ai eu, je n'ai pas forcément apporté beaucoup d'intérêt. Mais en tout cas, j'ai senti tellement de souffrance dans les uns et dans les autres. que je me disais, comment je vais pouvoir faire pour supporter ça ? Comment est-ce que moi je peux répondre ? Je ne suis qu'une simple aide-soignante qui dit juste ce qu'elle pense, ce qu'elle ressent, ce qu'elle vit au quotidien, la prise en charge de ses patients qui des fois viennent beaucoup trop tard parce que ça a un coût et parce qu'ils avaient d'autres choses à faire que de se soigner. Comment répondre à mes collègues qui ont aussi des attentes ? Et même si on n'est pas d'accord, en fait, politiquement parlant, on est d'accord sur le fait qu'on est face à une véritable souffrance. Et moi, je ne savais pas quoi faire. D'ailleurs, je ne sais toujours pas quoi faire. J'ai tenté de m'engager et encore une fois, je me suis heurtée à quelque chose qui ne me correspondait pas. Et aujourd'hui, hier et aujourd'hui, en vous lisant... Je me dis, ouais, on n'était pas que des gueux, on n'était pas que des pauvres gens minables qui mendiaient. On est juste des personnes, des citoyens. Parce que moi, je me considère, même en tant que personne qui refuse le vaccin, comme une personne. purement responsable, qui a des idées et qui a des envies et qui participe à la vie active de ma société. Je me sens purement responsable et je ne vois pas pourquoi est-ce qu'on m'insulte et qu'on me diminue à quelque chose. Et quand on lit ces quelques doléances que vous restituez dans votre livre... Moi, je me suis dit, mais à quel moment est-ce qu'on ne les lit pas ? À quel moment est-ce qu'on n'en prend pas conscience ? Et à quel moment est-ce qu'on n'évolue pas avec cette richesse, en fait ? Parce que c'est une richesse que des millions de personnes en souffrance, en souffrance physique, je parle, ont écrit.
J'ignorais que vous aviez pris une position contre le vaccin. Pour voir ce débat en entier, rendez-vous sur France.tv. Et pour voir d'autres vidéos de l'émission, il suffit de s'abonner à la chaîne et d'activer les notifications. Merci à vous.
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