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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Voilà, face à la hausse des prix du carburant, Jean Castex a annoncé le relèvement de 10% du barème de l'indemnité kilométrique, mesure qui selon Bercy coûterait 100 millions d'euros à l'Etat, une hausse de 10% qui sera officialisée par un arrêté dès cette semaine. On écoute Jean Castex.
'ai donc demandé au ministre de l'économie et des finances de modifier dès cette semaine l'arrêté définissant le barème kilométrique. Il sera rehaussé de 10% afin de mieux tenir compte de la hausse réelle des prix supportés par ces ménages. L'effet sera rapide et direct dès leur déclaration d'impôt sur les revenus 2021 ou les bénéfices de l'année dernière.
Voilà, ça c'est Jean Castex. Et puis il y a Bruno Le Maire qui s'est exprimé aussi. Il le dit, à chaque fois qu'il y a des hausses, de toute façon, nous on réagit, on fait tout pour protéger le pouvoir d'achat des Français. On écoute le ministre de l'Économie.
moitié de cette augmentation des prix, c'est l'augmentation des prix de l'énergie, le gaz, l'électricité, l'essence. Nous avons répondu sur chacun de ces postes de dépense. Sur l'essence, nous l'avons fait avec l'indemnité inflation et avec le relèvement du barème kilométrique que vient d'annoncer le Premier ministre. Sur le gaz, nous avons gelé les prix du gaz et sur les tarifs de l'électricité qui auraient dû augmenter de 35% au 1er février pour les ménages comme pour les entreprises. Nous avons décidé de bloquer cette hausse à 4% avec une participation de l'Etat et le soutien d'EDF. Aucun autre Etat européen n'a fait autant pour protéger le pouvoir d'achat des ménages et des entreprises.
Alors ça, c'est fabuleux. Je vous entends tous les trois là-dessus. Est-ce que c'est ça la politique ? Est-ce que la politique s'est devenue ça ? Que nous dit en ce moment très fier de lui ? Le ministre de l'économie, il dit, mais regardez, la vie c'est compliqué, parfois ça augmente, ça baisse, etc. Et nous, l'État, l'État protecteur, la grande nurserie française, quand on observe que quelque part ça, ça baisse, ouh là là, si jamais ça monte, quelque part, hop, on arrive, on injecte de l'argent, des contribuables, l'argent de vos impôts, et tout de suite on corrige le tir. Voilà, notre fonction, un peu défensive, c'est d'attendre que les choses se passent, et quand elles se passent, eh bien, on donne de l'argent aux Français pour compenser la baisse par là, d'un tarif, la baisse par là. Je trouve ça assez fascinant. Et il dit, on est les seuls à faire ça, c'est-à-dire à prendre le pognon aux contribuables français et à le redistribuer généreusement à ceux qui pourraient subir de plein fouet l'augmentation de tel ou tel prix.
Alors, ce n'est pas faux sur le principe. Il y a eu l'explication historique, c'est qu'on est les pays de Colbert. C'est-à-dire qu'en France, dès qu'on a un problème, on n'essaie pas de se dire comment on peut faire pour le résoudre individuellement ou collectivement. Non, on se tourne vers l'État. Quand même une raison objective à ce type d'attitude, et Dieu sait que sur le principe, elles ne me réjouissent pas, c'est que les dépenses dont on parle là, elles sont très largement le fait d'un niveau de taxe extrêmement élevé. C'est-à-dire que l'État se goinfre. sur les carburants, par exemple. Le coût de l'électricité, il est surpayé par une taxe complètement folle pour faire tourner un jour sur quatre des éoliennes qui ne servent à rien. Donc on est dans un système qui est déjà étatisé. Donc le fait que, quand ça aille mal, l'État... en quelque sorte redonne un petit peu de ce qu'il prend. Moi, ça ne me choque pas. Évidemment, ce serait mieux si c'était gagé sur des économies. Parce que tout ça, ce sont des manques à gagner, ce sont des impôts qui rentrent en moins. Mais sur le principe que l'État bouge un peu, compte tenu de son poids. Dans l'économie, je vous rappelle que nous sommes le pays, ça doit être probablement un peu plus élevé en Corée du Nord, mais le pays civilisé dans lequel le niveau de prélèvement obligatoire est le plus élevé. Et que donc, voilà, que l'État renonce un tout petit peu à de l'argent, moi, ça ne me choque pas.
Bon, derrière, est-ce qu'on est quand même, on le rappelle, à moins de trois mois de la présidentielle ? Pour vous, c'est une mesure purement électoraliste. Ou pas. Il l'aurait fait, vous pensez, s'il n'y avait pas eu cette élection dans deux, trois mois ?
Oula, ce qui se passe dans la tête d'Emmanuel Macron, je ne sais pas et je crois que je ne veux pas savoir. Mais en tout cas, ce qui est certain et à peu près un petit bout sur lequel on pourrait être d'accord, c'est que ça n'est pas une politique sociale. Là, c'est un morcellement et c'est pour ça qu'on s'interroge sur l'aspect clientéliste de la chose. Si on voulait vraiment préserver le pouvoir d'achat des Françaises et des Français, il y a des choses beaucoup plus globales, beaucoup plus simples à comprendre et qu'on pourrait faire. Il suffirait de relever le semi qu'en conséquence, d'indexer tout simplement les aides sociales sur l'inflation, d'indexer voire même les salaires si on était vraiment sur une révolution économique en la matière. Et ne serait-ce que sur l'aspect de justice redistributive que finalement vous évoquiez, Eric. Si on veut véritablement protéger les plus précaires, d'abord faire en sorte que les aides sociales puissent suivre cette hausse de l'inflation, sans quoi ça équivaut à une perte de pouvoir d'achat effective. Ça, c'est très simple, c'est très général, c'est très facile à comprendre. Par contre, c'est une mesure de gauche. Je ne crois pas qu'Emmanuel Macron le fera.
Mais est-ce que vous saluez quand même tout ce qui a été mis en place ? Le blocage des prix du gaz, le chèque énergie, le chèque contre l'inflation, la limitation à 4% de la hausse du prix de l'électricité, c'est quand même...
Mais tout le monde en a, il y a eu le passe culture pour les étudiants, il y a eu le chèque psy pour les étudiants qui étaient un petit peu dans le... C'est formidable quoi finalement, quand on décèle quelque part, un petit décalage, une augmentation de tarifs, une population qui est un tout petit peu ségrégée, qui souffre en ce moment,
paf ! Attention ! Et non, qu'on voit par exemple le niveau de mal-être chez les étudiantes et les étudiants, le besoin criant de postes de psychologues dans les universités, le fait de donner ces chèques qui n'équivalent même pas à trois consultations par étudiant et étudiante qui en auraient besoin. C'est vraiment un pansement sur une jambe de bois. Donc c'est le refus de faire des politiques structurelles pour essayer de faire un petit peu de saupoudrage. C'est de l'affichage plus que de la politique. Et d'ailleurs, c'est bien ça qui bloque aujourd'hui le débat politique. C'est qu'on pourrait être d'accord ou pas d'accord sur les mesures prises. Mais là, ça embête tout le monde parce que ça n'est pas clair et ça ne sera pas efficace. Lydia Guérousse.
Non mais il y a une situation qui est exceptionnelle. Donc c'est des mesures exceptionnelles pour faire face à une augmentation des tarifs, que ce soit le gaz, l'électricité. qui n'est pas due aux décisions du gouvernement, mais une... une conjoncture internationale. Donc ils font face à ça. On est à quelques semaines de la présidentielle. Bien sûr qu'il ne peut pas laisser monter des revendications liées à la question du pouvoir d'achat sans réagir. Il doit donner aussi des gages à une partie des Français qui sont en train de perdre du pouvoir d'achat. On ne peut pas se permettre d'avoir une crise type gilet jaune alors que la présidentielle arrive. Et puis c'est des mesures qui, me semble, auraient pu être prises par d'autres... d'autres personnes, d'autres partis politiques.
D'autres l'ont fait d'ailleurs. Poussons la logique à l'extrême. Il y a plein dans la vie quotidienne, une personne qui se rend par exemple faire ses courses dans un hypermarché à la fin de la semaine, on constatera que beaucoup de biens de consommation dans l'alimentation augmentent de façon récurrente. On a vu le prix des pâtes, du beurre, des fruits qui ont pris
9%.
Si on veut rentrer dans ce jeu-là, on peut aussi faire une prime cassoulet. Si le cassoulet augmente, on peut aussi faire une prime cassoulet pour tous les Français qui mangent du cassoulet. d'ingénierie, d'ingénierie, pour observer partout où ça bouge, pour venir derrière avec une prime clientéliste qui dit, regardez, à tous les gens qui prennent de l'essence maintenant, auront une petite augmentation, ça peut aller très vite, pourquoi pas les coiffeurs, pourquoi pas une prime sur les vêtements, vous voyez ce que je veux dire ? Vous êtes pour une hausse générale
des salaires.
Ça me paraît très plus cohérent. Au moins, ça serait
plus lisible. Mais non, parce que dans ce cas-là, qu'est-ce que vous faites ? Vous augmentez les salaires, donc les patrons augmentent les prix, et vous repartez dans une spirale inflationniste. Moi, je pense qu'il ne faut pas tout mélanger, cher Éric Brunet. Encore une fois, les carburants, c'est d'abord des taxes. Sur un litre d'essence sans plomb, vous avez 57% de taxes. Donc, que l'État en pique un peu moins, honnêtement, ça ne m'empêche pas de dormir. En revanche, là où c'est de la démagogie, c'est par exemple, on fait des chèques étudiants. en détresse, moi je pense que si les étudiants sont en détresse, c'est parce qu'ils sont beaucoup trop nombreux dans des filières sans avenir qui font d'eux des futurs chômeurs. Et ça, je comprends que ça puisse les déprimer. C'était post-confinement.
C'était post-confinement. Oui, mais c'est pas la même chose.
Quand on prend conscience d'un état obèse qui doit bouger, ça c'est bien. Mais en revanche, effectivement, cette espèce d'arrosage automatique, c'est-à-dire que dès qu'il y a un truc qui augmente, on distribue de l'argent. Ça, non seulement c'est nuisible sur le plan des principes, en plus je pense que c'est inefficace. Politiquement. Parce que vous n'en donnerez jamais assez. Quand les gens sont déresponsabilisés, regardez, le RSA, c'est jamais assez. Faut que ce soit pour les jeunes, faut que ce soit plus. Faut arrêter de devoir chercher du travail pour le toucher. Et les dividendes, c'est jamais assez ? Oui, mais c'est absolument la même chose. La question, c'est pas de donner plus,
c'est de partager mieux.
Mais non, mais ça, c'est autre chose. Là, vous sortez du capitalisme, je veux bien. Mais c'est pas le débat du moment. Le débat du moment, c'est de dire... Comment est-ce qu'on fait face aux augmentations de prix ? En plus, il y a une dernière chose, c'est que l'énergie... Et comment on fait face
aux augmentations des inégalités, à l'augmentation de la précarité, à l'augmentation des crises ? Il n'y a pas d'augmentation des inégalités. La réponse, ça ne peut pas être une augmentation des impôts systématiquement. 0,1
% les plus riches, qui effectivement s'enrichissent plus que les autres parce que la bourse explose, notamment grâce à la fiscalité favorable de M. Macron, mais pour 99% des Français, ça ne change rien. Les inégalités n'ont pas explosé depuis que Macron est au pouvoir.
Mais il y a une hausse des inégalités, il y a une hausse des précarités, il y a des crises qui frappent très durement. Et vous parliez de la population étudiante et ça en fait partie. Et donc la question, ce n'est pas simplement de dire... On donne de l'argent gratuit à tout le monde. En effet, la question, c'est celle d'un modèle et de quelle serait la priorité de ce modèle. Là, vu ce qu'on affronte ces derniers temps, oui, il y a besoin de renforcer les services publics, qu'il s'agisse des EHPAD, des hôpitaux
ou même des universités. Et comment réagit Emmanuel Macron ? Vous le savez, il est en déplacement. Il était en Creuse hier, il est dans la Haute-Marne. Aujourd'hui, lui, il le dit. Vous dites en Creuse,
vous.
J'ai dit quoi ? Dans la Creuse ? Non,
non, non, parce que j'ai un copain qui habite en Creuse et il dit en Creuse. Il dit en Creuse.
Vous
dites quoi, vous ? Il y a débat, là. Moi, je dis en Aveyron, parce que je suis avéronnais, mais
il y a débat. Moi, je dis dans le Gers.
En campagne électorale.
En campagne électorale, bravo, one point.
Exactement, c'est tout le débat. En tout cas, il le dit. Voilà, oui, je fais des chèques, mais je ne vais pas en faire tous les jours. On l'écoute.
Premier ministre a annoncé il y a quelques semaines des mesures d'accompagnement. Il faut que ces mesures, si on veut que ça puisse toucher nos compatriotes, elles soient effectives. C'est ce que le gouvernement est en train de faire. Ces derniers jours ont permis d'ailleurs à beaucoup de nos compatriotes de toucher les primes et les mécanismes qui ont été proposés. Le gouvernement continue de travailler sur ces sujets avec les producteurs et distributeurs, en fonction de l'évolution justement de ces coûts, pour chercher des mesures pratiques. Mais quand vous regardez les choses, il y a très peu de mesures qui ont un impact substantiel sur quelque chose qui ne dépend pas de nous. Accompagner nos compatriotes de la manière la plus efficace, c'est sans doute faire ce qu'on a fait. Et la question va se poser pour le gouvernement de savoir s'il faut faire davantage.
Je ne serai pas d'échec tous les jours, mais en tout cas il en a fait un encore aujourd'hui. Raphaël Rémi-Leleu, vous le dites, clairement il est en campagne là. Bien sûr il est en campagne et... Vous partagez l'agacement, ceux qui disent, il est
en campagne aux frais des contribuables. Mais en fait qu'il soit en campagne... et qu'il reste président de la République, c'est normal et ça n'est pas la première fois qu'on connaît cela. Ce qui est problématique, c'est le fait qu'il joue sur le « en même temps », sur le « flou », sur l'impossibilité de débattre réellement avec lui et quelque part, presque heureusement qu'il n'a pas décalé la présidence française de l'Union européenne parce que ça a été enfin un moment de débat, un petit peu, avec le candidat président Macron. Par contre, ce qui est pour moi beaucoup plus inquiétant, c'est que... Si Emmanuel Macron continue ainsi, j'ai l'impression qu'on va être un peu privé de cette campagne, puisque pour le moment, les bruits seraient qu'il refuserait de débattre, y compris dans le cadre du premier tour. Et là, ce serait un vrai problème démocratique.
Il n'aurait pas forcément tort ? Non, il n'aurait pas forcément tort. D'ailleurs, ça ne s'est jamais fait. En 2012, vous aviez François Bayrou, qui avait envoyé Marielle de Sarnez débattre au premier tour. Nicolas Sarkozy, qui était le président sortant, avait envoyé Nathalie Kosusko-Morizet. ni aucun président n'ont débattu au premier tour face à l'ensemble des candidats. Vous imaginez un plateau avec les 14 qu'on a actuellement et peut-être plus de candidats. Il va être la cible de tous. Moi, je ne vois pas le président de la République aller débattre à côté de Poutou, Asselineau. Vous imaginez Jacques Chirac avec Jacques Cheminade ou Nicolas Sarkozy en train de débattre avec Poutou à l'époque. Vous avez quand même deux options. Après, ça risque d'être très compliqué. la pression médiatique. Et moi, j'imagine aussi qu'avec la personnalité qu'il a et cette capacité à créer la surprise, il peut aussi décider à la dernière minute d'aller et de se mettre dans l'arène et de faire face à l'ensemble des candidats qui vont en faire la cible principale. Une dernière réaction, Guillaume ? Oui,
je suis un peu gêné parce que moi, je suis la presse écrite et ici, c'est la télé. Mais si j'ai bien compris la télé, on n'est pas obligé d'organiser des débats avec tous les candidats, en tout cas jusqu'à 15 jours. en premier tour. Donc on pourrait imaginer un débat dans lequel il n'y aurait que les premières gâchettes. Et à ce moment-là, si Emmanuel Macron n'y va pas et qu'il y a au hasard Marine Le Pen, Éric Zemmour et Valérie Pécresse... Ça sera difficile
d'échapper à ça.
Oui, là pour le coup, ça sera plus compliqué pour lui parce qu'il donnerait l'impression de refuser la confrontation. D'accord.
Bon, on va tourner la page. Merci les amis, restez avec nous. C très bien, mais regardez, il est 22h47. À 22h47,
on passe au chapitre numéro
2. Nous accueillons d'ailleurs François Puponi. Je regardais François Puponi, bonsoir, vous êtes député modem du Val d'Oise. Je regardais finalement à chaque présidentielle, il y a une loi qui devient une obsession. C'était les 75%. taxé de François Hollande, 75% sur les hauts revenus. Vous vous souvenez de 2012 ? Ah, qu'en a-t-on dit sur les 75% ? Et puis c'était la suppression de la taxe d'habitation par Macron en 2017. Et là, il semblerait bien... Que ce soit l'obsession de l'héritage, de la succession. Il faut finalement rendre la succession plus facile et moins taxer les successions. C'est un truc qui est commun à pas mal de candidats. Il
y a une ambiguïté du côté d'Emmanuel Macron, et on va en parler avec vous dans un instant. Face à cette ambiguïté du chef de l'État, il y a Valérie Pécresse qui elle veut une espèce de choc des transmissions, c'est ce qu'elle dit. Elle veut supprimer les droits de succession pour 95% des Français. On écoute la candidate Les Républicains.
veux, j'assume, d'avoir 95% des Français qui puissent transmettre à leurs enfants ou leurs petits-enfants des biens en franchise d'impôts. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'on est le pays le plus taxé au monde. Nos droits de succession, c'est deux fois la moyenne de l'OCDE. Et donc j'assume que cette transmission, on est aussi l'un des seuls pays qui a encore un impôt sur la fortune. Donc j'assume qu'on puisse transmettre son patrimoine. C'est le fruit d'une vie de travail qui a été taxée, hypertaxée, retaxée. On doit pouvoir la transmettre.
Voilà, alors ça c'est la proposition de Valérie Pécresse. Et on va voir maintenant ce que dit Emmanuel Macron. Alors il a changé d'avis un peu Emmanuel Macron en 2016. Il dit la chose suivante. Si on a une préférence pour le risque face à la rente, ce qui est mon cas, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF. Il faut augmenter la taxation sur l'héritage. Et voilà ce qu'il dit en janvier dans cette longue interview aux Parisiens. Je ne fais pas partie de ceux qui pensent qu'il faut augmenter les droits de succession à tout va. Au contraire, il faut plutôt accompagner les gens pour les aider à transmettre les patrimoines modestes. On sent qu'il ne sait pas trop où se placer parce que c'est un sujet inflammable, clairement.
'est inflammable. Les droits de succession, c'est 15 milliards d'euros de recettes annuelles. 2,5 milliards pour les donations et 12,5 milliards pour les successions. Donc ce n'est pas neutre pour le budget de l'État. Ce que dit Valérie Pégrès, c'est que je suis pour ne pas taxer les successions entre ascendants et descendants. Mais c'est-à-dire que les autres le seraient taxés. Le président Macron, il dit, moi, je ne suis pas pour taxer. Au début, il était pour dire, on peut taxer, parce que c'est un vrai sujet, pour le coup, de gauche. En tant que la gauche dit, les successions, il faut les taxer. Parce qu'il n'y a aucune raison que des gens héritent. Ils n'ont rien fait, sauf d'être les enfants de quelqu'un de très fortuné. Ils héritent, et donc c'est le summum de l'injustice. Donc taxons-les.
Mélenchon a prévenu qu'il taxerait l'héritage à 100%. Au-delà de 12 millions d'euros. Il récupère tout.
Il prend tout. Mais ça, pour le coup, c'est une vraie demande de gauche historique. Le président Macron dit maintenant, écoutez, les petites successions, on peut regarder. Parce que c'est vrai que lorsque des gens héritent de leurs parents, des petites successions... Elles sont déjà très peu taxées. Quand on est en ligne directe sur les montants, il y a des abattements et donc on est très peu taxé. Donc on dit, là, il faut y aller. Par contre, sur les grosses successions, le président Ragon dit, moi, il faut continuer à les taxer. Parce qu'il n'y a aucune raison d'exonérer de droits des gens qui hériteraient de fortunes considérables uniquement parce que ce sont les fils ou les fils de telle ou telle personne. En
France, 87% des héritages légués, 87% sont inférieurs à 100 000
euros. Et donc très peu taxés parce qu'il y a des abattements dès lors qu'on est en ligne directe. On est quand
même les plus gros taxeurs, à part les japonais, on est les plus gros taxeurs dans la succession. En Allemagne, les abattements pour les enfants... vont jusqu'à 400 000 euros. 400 000 euros, vous n'êtes pas taxés, vous transmettez à vos enfants. En Grèce, enfants, conjoints, petits-enfants, parents ne sont pas taxés avant 150 000 euros d'héritage. Et au-delà, c'est 10%. C'est-à-dire que les Grecs, c'est pourtant un pays pas très riche, ils ne taxent pratiquement pas. En Italie, Cet abattement est de 1 million d'euros pour conjoints et enfants. Et au-delà, c'est 4%. Alors que nous, on est sur des 40, ça peut aller jusqu'à 45%. Au Portugal, les enfants sont tout simplement exonérés d'impôts. Vous pouvez donner 2 millions d'euros à vos enfants si vous êtes riche, si vous avez des fortunes. Je voulais juste vous parler des milliardaires. Vous connaissez les milliardaires américains ? Bill Gates, 78 milliards d'euros. Lui, il a dit, je ne céderai pas ça à mes enfants, ça ira à ma fondation. Il a juste donné 7 millions à chacun de ses enfants. 7 millions, on ne peut pas s'acheter une maison à Los Angeles avec 7 millions de dollars. Bill Gates. Warren Buffett, 104 milliards de dollars. Il a dit, il n'y aura pas grand-chose pour mes enfants, quelques dizaines de millions, mais c'est tout petit au regard de ces milliards. Bloomberg, l'ancien maire de New York, lui, il a dit carrément, je ne vais rien laisser. à mes deux filles. Il a 59 milliards de dollars, il ne va rien laisser à ses deux filles. C'est fou ces milliardaires américains. Alors j'en ai un autre aussi, c'est Jackie Chan, vous savez, l'acteur asiatique. Si mon fils en est capable, il peut gagner de l'argent tout seul. Lui, il a une fortune de 350 millions de dollars. Il a dit, s'il en est incapable, ça signifie qu'il aurait gaspillé tout l'argent que je lui aurais donné. Donc le fils de Jackie Chan n'aura rien. Ce qui est intéressant,
c'est que tous ces milliardaires américains ne sont pas de dangereux gauchistes. Et en fait, François Puponi avait raison en disant que la taxation, c'est une idée de gauche sur les héritages, mais c'est aussi une idée libérale. Il y a cette idée qu'il faut s'enrichir par ses propres talents, mais qu'à chaque génération, il faut remettre les compteurs à zéro. Sauf que comme en France, on taxe énormément les gens qui gagnent de l'argent, ceux-ci vous répondent, quand même, si je pouvais en transmettre un peu à mes enfants, ce ne serait pas plus mal. Parce que la logique... idéologique, elle s'oppose au ressort profond des gens, qui est qu'en fait, au-delà d'un certain niveau de vie, si vous continuez à travailler, à être actif, c'est pour léguer à vos enfants. Et d'ailleurs, on le voit bien, il y a un certain nombre de gros entrepreneurs qui sont partis à l'étranger, en Belgique, en Suisse. Honnêtement, Emmanuel Macron a baissé la fiscalité sur ces gens-là. Il a démantelé l'ISF, il a mis une flat tax sur les impôts, sur le capital. Et pourtant... Ils sont peu revenus. Pardon, pourtant, peu d'entre eux sont revenus en France. Pourquoi ? Parce qu'on n'a pas touché à un impôt sur les successions. Ça a été une grande déception à Bercy, où ils espéraient qu'avec ces mesures-là, les gens allaient revenir. Et en fait, non, parce que l'idée que la succession soit lourdement taxée, c'est quelque chose qui gêne profondément les gens qui ont de l'argent. Juste pour vous dire un truc,
c'est dingue. Hidalgo promet de réduire la fiscalité des successions. Ce n'est pas que la droite. Anne Hidalgo, Yannick Jadot, lui, veut prévenir l'extrême concentration des patrimoines chez les plus riches. Bon, Zemmour veut exonérer les transmissions d'entreprises familiales. Marine Le Pen veut défiscaliser plus régulièrement les dons et exonérer les droits de succession, les biens immobiliers. Jean-Luc Mélenchon, on le sait, il veut taxer au-delà de 12 millions d'euros. Quant à Valérie Pécresse, elle l'a dit, elle veut faciliter les donations entre vivants en permettant de donner 100 000 euros. tous les 6 ans contre tous les 15 ans actuellement.
Renaud Pilat, vous vouliez réagir sur ce sujet. Bonsoir Renaud. C'est une ligne rouge, non, cette taxation de l'héritage, y compris pour les foyers modestes
? Non mais je vais vous dire, c'est assez extraordinaire parce que cette question des droits de succession s'invite dans la campagne présidentielle parce qu'en réalité les candidats n'arrivent pas à baisser l'impôt sur le revenu, parce que les candidats n'arrivent pas à baisser la dépense publique depuis 30 ans. Et si on baissait la dépense publique, on pourrait baisser l'impôt sur le revenu. Et on aurait moins abaissé les droits de succession. C'est un trompe-l'œil cette baisse de tous les candidats. Premièrement. Deuxièmement, Valérie Pécresse a la raison de proposer ça. C'est une proposition pour son électorat. Mais elle est en trompe-l'œil. C'est incroyable le slogan. 95% des Français seront exonérés. Mais c'est déjà le cas quasiment pour tout le monde. Puisque jusqu'à 100 000 euros, on ne paye pas de droits. Sa proposition ne va toucher que 20% des Français au-delà de 200 000 euros. Mais un seul chiffre. La moitié des Français n'hérite que de 60 000 euros. Donc ils sont en dessous des seuils. Proposition en trempe-l'œil, dernière chose, un chiffre qui m'a frappé, 60% du patrimoine des Français est composé par les héritages. Ça veut dire que le travail ne paye pas assez, qu'on ne crée pas assez de richesses et qu'on est trop imposé. Alors baissez les successions, je suis d'accord avec Guillaume qui est un libéral. Baisser les droits de succession, c'est antilibéral, il vaut mieux créer des richesses et baisser l'impôt sur leur vie.
Je suis désolé François Puponi, la France possède le taux le plus élevé d'Europe et pratiquement de l'OCDE de taxation sur les successions. Le taux
est élevé sauf pour les petites successions et pour les successions en ligne directe. Enfants, parents. Par contre, pour les autres successions, quand vous héritez du tonton d'Amérique, vous allez payer. Vous allez payer jusqu'à 60%. Donc on a des taux très élevés sur un certain nombre de successions. Mais effectivement, comme ça a été dit, sur les petites successions ou salons directes, on est très peu imposés. On est moins imposés qu'ailleurs. Et effectivement, c'est une logique de dire créer de la richesse. Et Emmanuel Macron l'a dit d'ailleurs. Et c'est pour ça qu'il a fait l'IFI, le fameux impôt sur l'immobilier. C'est que la pierre, c'est de la rente. Et lui, il veut une économie qui produit la richesse. Quand
vos parents ont une maison en Charente-Maritime qui coûte 750 000 euros, ils ne peuvent pas vous la léguer. C'est très compliqué.
Il y a des endroits comme ça où il y a une explosion de la valeur foncière du bien. Puisque les successions sont évaluées sur la valeur du bien. J'ai pas dit une maison
à
3 millions d'euros, j'ai dit une maison à 750 000 euros. Mais c'est pour ça qu'il y a aussi une manière, et il y a de plus en plus de gens qui se battent, c'est que ce qu'on ne peut plus transmettre en France, et c'est ce qui pose beaucoup de problèmes, ce sont les résidences secondaires qui prennent beaucoup de valeur. Et là, effectivement, les enfants sont parfois... Arrêtons
de parler des riches. Quand une famille, un couple, s'achète une résidence secondaire à 50 ans, on la refait, on y va le week-end, on fait des travaux, etc. On a 60 ans, elle est optimale, et puis on meurt à 80. On en a joui que 20 ans, on veut la transmettre à ses enfants. Et quand la maison coûte 7 ou 800 000 euros... Si les enfants n'ont pas les
liquidités, ils sont parfois obligés de vendre la maison pour payer les droits de succession.
Raphaël, on a entendu toutes les propositions à gauche. Vous vous situez où, vous ?
Pour
le moment, on a discuté de l'aspect libéral de la chose. Mais justement, je voulais revenir sur cette idée, cette réalité, que parler de la succession des droits d'héritage, c'est d'abord aussi une question de fiscalité. Donc on ne peut pas parler de ces montants-là sans parler de l'assiette. Et en effet, pour préciser encore le chiffre qui a été donné, en réalité, on a 50% des Françaises et des Français qui ne sont pas taxés sur l'héritage qu'elles ou ils reçoivent. Et parmi ceux-là, il y en a encore une moitié. qui ne reçoivent rien du tout. Et c'est là que la gauche et l'écologie arrivent. Ce n'est pas uniquement une question de transmission d'un patrimoine et de rapport entre transmission et le travail. C'est aussi une question de réduction des inégalités. Le chiffre a été donné. On a 60% du patrimoine aujourd'hui qui vient de l'héritage. Dans les années 70, c'était 35%. L'héritage aujourd'hui, c'est un facteur majeur de reproduction des inégalités. C'est pour ça qu'aller taxer les plus forts héritages, c'est aussi une manière de rééquilibrer. Parce qu'on parle de la taxation de l'héritage comme si ensuite, l'argent disparaissait. Vous parlez
comme les milliardaires américains ? Non, parce que ça ne vient pas
du tout.
Non, parce qu'elle aura déjà tout pris avant.
Si je pouvais parler comme une milliardaire américaine, ça rangerait mon banquier et ma proprio. Mais en fait, la différence, c'est que je ne dis pas juste qu'on ne va pas donner l'argent. Oui, il y a une taxation de l'argent, mais il est utilisé à quelque chose. Il est utilisé aux services publics, il est utilisé à la réduction, la résorption des inégalités. Et c'est ça qui fait une politique de solidarité. Et j'ajoute que dans la position de Yannick Jadot, il y a aussi la possibilité pour ses plus forts héritages de les taxer, mais aussi selon un bonus-malus, selon l'impact écologique du patrimoine en question.
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