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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte. On est vendredi et comme chaque vendredi, c'est à vous que nous donnons la parole car votre voix compte. Émission en public donc consacrée aux manifestations de demain, organisée à l'appel des syndicats mais aussi des lycéens, des étudiants et de plusieurs collectifs de Gilets jaunes. Alors allons-nous relivre les émeutes et les pillages du week-end dernier ou est-ce que chacun va pouvoir faire entendre ses revendications dans le calme ? On en parle ce soir avec des lycéens et des gilets jaunes. On verra comment ils appréhendent cette journée de demain et ce qu'ils attendent du gouvernement désormais. On entendra aussi la voix des commerçants, voir comment ils se préparent à faire face à ces manifestations. Et puis la voix des forces de l'ordre. en première ligne face à ceux qui ne viennent pas pour manifester, mais qui viennent casser ou piller. Enfin, on essaiera de donner la parole à ces Français qui n'ont pas pris part aux événements du week-end dernier, mais qui ont des questions à poser aux députés qui sont avec nous ce soir. Ils sont trois et je vous les présente en commençant par Aïda Adizadeh. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes député socialiste du Val d'Oise. Michael Taverne, bonsoir. Député Rassemblement national du Nord et ancien policier également. Pierre Cazeneuve, bonsoir. Vous êtes député ensemble pour la République des Hauts-de-Seine. Je le dis à tous les trois comme à notre public, l'objectif de ce soir, c'est que tout le monde se parle et débatte de façon apaisée en se respectant, en s'écoutant. Voilà qui est dit. Voilà pour le sommaire. C'est parti pour une heure. images du week-end dernier sont encore dans tous les esprits alors que de nouvelles manifestations sont donc prévues demain car les revendications des lycéens ou des Gilets jaunes sont toujours là. Alors comment garantir l'ordre public sans empêcher les Français de manifester ? C'est tout l'enjeu du dispositif qui a été mis en place par le gouvernement. Un dispositif que nous détaille Hélène Bonduelle.
Voici ce que les autorités veulent à tout prix éviter. De Lyon à Marseille, de Limoges à Paris, des bâtiments publics incendiés, des commerces dévastés, pillés. J'ai mis
toutes mes économies, j'y ai mis ma vie dans cette formelle, tout ça pour ça, parce qu'ils sont incapables de nous protéger.
3000 commerces saccagés le week-end dernier et des commerçants traumatisés. Le gouvernement veut éviter un nouveau fiasco et un dispositif sécuritaire sous-dimensionné. Samedi, 70 000 policiers et gendarmes seront mobilisés contre 60 000 le 17 octobre. Ils seront appuyés par des unités d'élite comme le RAID ou le GIGN.
sera intraitable avec les casseurs, avec les pilleurs et avec tous ceux qui iront commettre des exactions, y compris pour les mouvances politiques de l'ultra-gauche et de l'extrême-gauche radicale.
Le président de la République est en première ligne. Un conseil de sécurité hier, un conseil de défense ce matin. Emmanuel Macron serre la vis.
règles sont simples, c'est qu'il n'y ait pas de manifestation dans les jours à venir. Les gens qui veulent continuer à manifester, quand ce sont des organisations syndicales, les préfets proposeront des tracés alternatifs. Quand ce ne sont pas des organisations syndicales, partout où on le peut, on interdira.
Résultat, des manifestations interdites dans la plupart des grandes villes de France. A Paris, seul le cortège des syndicats est autorisé depuis la place de la Bastille jusqu'à celle de la Nation. Les yeux sont à présent rivés sur Orléans, où le Rassemblement national doit tenir son congrès pendant deux jours. 20 000 à 30 000 opposants venant de toute la France sont attendus. Les commerçants se préparent.
On est en train d'aller à l'armurier pour avoir des bombes pour se défendre.
Ce week-end, près de 3 000 CRS et gendarmes seront mobilisés. Un dispositif exceptionnel et une ville sous haute surveillance.
va commencer avec vous, Axel Ronde, si vous le voulez bien. Je vous présente, vous êtes porte-parole du syndicat de police CFTC. On vient de le voir dans ce reportage, il va y avoir presque 20% d'effectifs des forces de l'ordre mobilisées en plus par rapport au week-end dernier. La BRI, le GIGN et même Sentinelle, c'est-à-dire des militaires mobilisés pour protéger des bâtiments. Quel regard est-ce que vous portez, vous, en tant que policier, sur ce dispositif qui a été fortement remanié
On est en train de montrer les muscles en détaillant tous les effectifs de brigades spécialisées qui vont être opérationnels dans les rues, soit de la capitale mais sur le territoire national. Mais c'est bien beau de montrer les muscles, mais encore faut-il en faire quelque chose. Quand vous avez des individus qui n'étaient que là pour piller... casser dans un objectif quasi insurrectionnel, vous ne pouvez pas traiter ça qu'avec du gaz lacrymogène.
Plus d'hommes, ça ne suffit pas, vous manquez de quoi exactement ?
On manque d'armes intermédiaires beaucoup plus puissantes pour gérer... du rétablissement de l'ordre. On n'est pas dans du maintien de l'ordre classique. Le rétablissement de l'ordre, il faut des choses, des munitions beaucoup plus performantes.
Par exemple, concrètement ?
Écoutez, il y a des armes avec des cartouches en caoutchouc qui sont beaucoup plus efficaces parce que vous avez une plus grande portée. mais elle n'existe pas dans la police nationale, sauf les unités spécialisées, comme le RAID, ont la capacité de déployer cet armement.
On a entendu Emmanuel Macron dire cette recommandation générale, qu'il n'y ait pas de manifestations dans les jours qui viennent. Il y a beaucoup de villes où les manifestations ont été interdites. Est-ce qu'il ne risque pas d'y avoir des cortèges sauvages ? qui seront peut-être encore plus compliquées à gérer en termes de maintien de l'ordre ?
'est la grande question. Est-ce qu'il va y avoir des individus radicalisés qui vont passer outre les interdictions et qui vont se rassembler dans certains endroits ? dans certains points de la capitale, et qui vont commettre des exactions. Les grandes nouveautés, c'est qu'ils filment tout en direct sur les réseaux sociaux pour appeler finalement le plus grand nombre à venir après commettre des pillages et du vandalisme, comme on a pu voir malheureusement ce week-end.
'est-ce que vous ont dit vos collègues qui étaient sur le terrain le week-end dernier ? Qu'avez-vous retenu de leurs témoignages, des remontées de terrain ?
Une très grande désorganisation, une très grande violence qu'ils ont subie.
Desorganisation des forces de l'ordre
? Oui, complètement. Une désorganisation totale des forces de l'ordre, avec des instructions qui n'étaient pas comprises, en tous les cas, au niveau de la base. Donc, ces instructions n'étaient donc pas claires. Si elles étaient claires, elles auraient été exécutées, les manœuvres auraient été faites... normalement, mais au-delà de ça, quand vous êtes attaqué à coups de mortier d'artifice, de cocktail Molotov, de pavé, et qu'en face, vous n'avez que du gaz lacrymogène pour répondre, gaz lacrymogène dont les capacités ont été diminuées au fil des années, au fil aussi de drames qu'il y a pu y avoir, avec des accidents, comme il y a quelques années, sur le barrage de Siervennes, avec le décès accidentel de Rémy. sur une grenade dite offensive qui a été retirée par monsieur Cazeneuve à l'époque, ministre de l'Intérieur, pour, si vous voulez, en tous les cas, pour que cette grenade ne soit plus opérationnelle. Ça, ça nous met en difficulté quand on doit ramener l'ordre, clairement, puisque nous n'avions pas les capacités, ce week-end, de ramener clairement l'ordre avec les moyens intermédiaires de défense que nous avions.
Vous avez ce soir face à vous trois députés. Qu'avez-vous envie de leur dire
Déjà, quels moyens vous allez donner à la police nationale pour nous protéger aussi, que ce soit en termes d'équipement, aussi écouter peut-être la parole des policiers de terrain pour des retours opérationnels de ce qui s'est passé, des défaillances qu'il y a pu y avoir. Quels aussi outils... juridiques nous donner quand vous avez une situation extrême, comme on a pu connaître, ce n'est pas du maintien de l'ordre classique avec des revendications classiques qui peuvent dégénérer ici ou là. Quand vous parlez d'outils juridiques,
c'est quoi ? Il faut décréter l'état d'urgence pour vous ?
tous les cas, qu'ils nous protègent au mieux et qu'on ne soit pas les boucs émissaires en disant, en retenant qu'une violence dite policière comme certains essayent. souvent et trop souvent de le dire, et qui aussi nous désarme moralement, bien évidemment.
Pierre Cazeneuve, vous êtes un peu le représentant de la majorité, en tout cas des gouvernements qui se sont succédés depuis 2017. Qu'est-ce que vous répondez à ce porte-parole de la CFTC Police ? Déjà,
j'aimerais avoir un mot, une pensée pour le quasi millier de policiers et gendarmes qui ont été blessés dans le cadre de leur mission le week-end dernier. Ils ont vécu un week-end extrêmement compliqué dans la gestion, dans le maintien de l'ordre. Ils ont été... très violemment attaqués. Ils étaient en première ligne de ces manifestations et de ces mouvements de violence urbaine qu'on a pu voir. C'est avant tout un message de soutien, réaffirmer notre soutien, celui de mon groupe politique et celui du gouvernement puisqu'il l'a exprimé à tous vos collègues. Sur
les moyens de faire face aux violences auxquelles ont été confrontées les forces de l'ordre.
Vous le savez, on a voté une loi de programmation du ministère de l'Intérieur, l'OPMI, extrêmement importante, en 2023. On a renforcé considérablement les moyens de la police ces dernières années. On a recruté 10 mai gendarmes et policiers supplémentaires. On a ouvert quasi 500 casernes de gendarmerie partout sur le territoire. Donc je pense que depuis 10 ans, malgré, et on le sait, pendant très longtemps, le ministère de l'Intérieur, les forces de police et les forces de gendarmerie ont été très pénalisées. sous-dotés, on a tenté d'inverser depuis 10 ans cette tendance-là. On a mis beaucoup de moyens et on a assumé faire de la police et faire du ministère de l'Intérieur une priorité. On a recruté beaucoup de policiers et gendarmes, on a fait en sorte qu'ils puissent passer plus de temps sur le terrain en recrutant aussi du personnel administratif. On l'a beaucoup dit, on a remis du bleu sur le terrain. On voit aujourd'hui, quand on a vu ce qui s'est passé ce week-end partout sur le territoire français, que ce n'est pas des moyens pour rien et qu'il y avait ce besoin-là de renfort de notre police. qui était évident. Donc voilà, je pense que le dispositif a été considérablement renforcé pour ce week-end. Nous, notre espoir, évidemment, c'est que ça se passe le mieux possible, le mieux possible pour les manifestants, parce que c'est un droit, et les cortèges qui sont organisés, déclarés, les personnes qui sont dans ces cortèges doivent pouvoir défiler en toute sécurité et porter leurs revendications, et ensuite, évidemment, pour nos forces de l'ordre, ne pas être attaquées, ne pas pouvoir faire leur métier dans de bonnes conditions.
Aïda Adizadeh, sur la question... des armes intermédiaires, comme on les appelle. Je crois qu'au Parti socialiste, vous vous plaidez pour l'arrêt de l'usage des LBD face aux lycéens, les lanceurs de balles de défense. Là, vous avez face à vous un policier qui vous dit que ça ne suffit pas à nous protéger, nous. Qu'est-ce que vous lui répondez
j'aimerais aussi l'interroger sur l'usage de ces balles en caoutchouc, ces fameux LBD, face à des manifestants qui manifestent librement. qui exercent un droit constitutionnel, et il y a à l'heure actuelle 20 enquêtes de l'IGPN qui sont ouvertes pour un usage contraire à l'usage initial, contraire à l'objectif cherché, et des blessures qui sont extrêmement graves. Moi, je suis de Saint-Oual-Aumône, c'est la ville où j'ai grandi, la ville où j'habite encore, et c'est dans cette ville où il y a eu ce lycéen de 14 ans. sur lequel un de vos collègues a tiré quasiment à bout portant une balle en caoutchouc qui lui a fracturé la mâchoire. Et ça, ce n'est pas possible. En fait, il faut, à un moment donné, je veux bien entendre que vous vous sentiez en danger, et je le regrette, ce danger-là vient aussi d'une absence de réponse politique aux revendications de ceux qui ont manifesté en premier lieu. Vous n'auriez pas dû être dans la rue. parce que le gouvernement aurait dû d'emblée prendre les revendications de ces jeunes au sérieux. Il n'y a pas eu une visite du ministre de l'Education nationale dans le lycée de Créteil, d'où la révolte est partie en France métropolitaine. Je ne parle même pas de la France d'outre-mer. Il n'y a pas eu une visite du ministre Le Cornu pour écouter avec sérieux, avec empathie, ce qui s'exprimait. on ne répond pas à la violence par de la violence et c'est exactement la situation dans laquelle on est. Nous sommes en pleine escalade et je suis désolé, monsieur le policier, revendiquer davantage de moyens alors qu'on a autant de blessés innocents parmi les manifestants, ce n'est pas sérieux, je vous le dis tout net.
Alors, on va... Peut-être écouter un témoignage de lycéen. Vous pourrez aussi réagir à cette question du maintien de l'ordre parce qu'elle est aussi posée dans la bouche des lycéens. Vous allez avoir la parole, vous n'en faites pas. Je me tourne vers Simon. Bonsoir, Simon. Je crois que vous êtes lycéen à Paris, vous avez 16 ans. Votre lycée a été bloqué pendant trois semaines. Vous êtes en vacances depuis un peu moins d'une semaine. Vous avez manifesté le week-end dernier. Est-ce que vous comptez y retourner demain déjà ?
Oui, je compte y retourner, même si c'est censé être une manifestation syndicale. Il y aura forcément, c'est indéniable, des manifestations sauvages et les lycéens y participeront, car nous considérons que c'est un droit que nous avons de nous faire entendre et que tant que nous n'avons pas eu des garanties que nos revendications seront écoutées et qu'il y aura des réponses satisfaisantes, nous allons continuer à manifester, dans la légalité ou non. Dans la légalité
ou non ? Il y a un cortège autorisé à Paris. Vous allez vous mettre dans ce
cortège ? Dans la base, bloquer un lycée, c'est illégal. Il y a un stade où... pas une insurrection, mais c'est un esprit de révolte dans lequel s'inscrit la mouvance lycéenne. Et les gens m'ont marre d'écouter ce que le gouvernement leur dit en permanence. Vous
-même, ça vous fait peur aujourd'hui d'aller dans une manifestation ? Vous avez peur pour vous ou pas
Pas spécialement peur pour moi. Demain, peut-être que j'irai en tant que street medic dans une manifestation, c'est-à-dire y aller pour aider les gens qui peuvent être dans une... qui peuvent être en difficulté, les aider s'ils ont besoin de soins, s'ils ont besoin, très généralement, de sérums physiologiques, de masques pour protéger des gaz lacrymogènes, par exemple, ou qu'ils ont besoin d'être escortés à un endroit. J'irais dans ce cadre-là parce que j'ai l'habitude de manifestation et je n'ai pas spécialement peur de ce qui peut m'arriver. Après, j'ai peur pour mes camarades. Vous
avez reçu des gaz lacrymogènes le week-end dernier ? Oui,
je pense qu'après... tout le monde qui a manifesté, tout le monde a reçu des gaz acrymogènes. Dimanche, par exemple, il y a eu des manifestations, le 17 octobre, samedi, le lendemain, j'habite à République, donc autour, sur le boulevard Voltaire, par exemple, il y avait des barricades qui se formaient, je suis allé voir, j'ai manifesté avec ces gens, et à un moment, je vois quelqu'un qui se fait interpeller, qui se mette au sol par, je crois, la BAC, petit pas de bêtises, et j'y vais pour filmer, parce que je suis au courant qu'en fait, il faut, pour beaucoup de personnes, avoir une preuve vidéo s'il y a des violences qui sont commises à leur rencontre, je filme et... directement. Un des policiers qui interpellait la personne qui était à terre commence à me viser avec, je pense, du coup, un lanceur de LBD. Enfin, un LBD, du coup. Et j'ai fui. Globalement, j'ai pas forcément le choix. Je vais pas prendre le risque de me faire tirer dessus. J'aurais bien aimé, mais j'ai juste eu le temps de filmer. J'ai pas pu voir ni son Rio, ni sa... Son Rio, c'est
son numéro d'identification. C'est ça. Donc ce soir, vous avez face à vous des députés. Dans le public, il y a un représentant aussi de la police. Qu'est-ce que vous voulez vous adresser et quelles questions vous avez à poser ?
Tout d'abord, je vais m'adresser au représentant de la police. Personnellement, je suis au courant que les policiers ne sont pas dans une situation facile. Quand il y a des violences, ce n'est pas par plaisir qu'elles sont commises. Nous n'avons pas envie qu'il y ait un affrontement entre lycéens et policiers. Nous, au mieux, ce qu'on aimerait, c'est avoir un affrontement, un regroupement de toutes les parties de la population envers les injustices qui sont commises à notre rencontre. Les policiers aussi sont victimes d'injustices. Et je pense qu'eux non plus ne sont pas écoutés. C'est un décor de métier où il y a le plus de suicides en France, alors qu'ils sont quand même capital au fonctionnement de l'État dans notre République actuelle. Excusez-moi pas.
Peut-être sur la situation que vous avez vécue dimanche
? On aimerait dire aux policiers que nous, en tant que lycéens, et comme beaucoup d'autres parties de la population, nous voulons une réforme du système policier, c'est-à-dire que la doctrine qui est en ce moment, c'est agir vite quand il y a des insurrections ou des manifestations. Et nous avons peur, les gens ont peur des policiers. Je connais très peu de personnes qui, quand ils voient un policier, se sentent en confiance, à part quand ils sont en situation où ils ont besoin d'un policier. Quand ils en voient, ils ont peut-être peur d'être fouillés, interpellés pour aucune raison apparente. Et je ne dis pas ça à l'encontre des policiers, je dis ça à l'encontre du système policier qui conditionne quelqu'un qui s'engage dans la police à peut-être développer des comportements déviants.
Peut-être rapidement, Axel Ronde, parce que là, c'est un peu vers vous que la question... Il y a beaucoup de choses qui
ont été dites. Déjà, il ne faut pas tout mélanger. Déjà, les fonctionnaires de police, quand ils interviennent, ils ont vu que ça se passe très bien, surtout quand c'est des revendications légitimes pour nous aussi, parce que les policiers ont des enfants scolarisés et ils voient très bien qu'il y a une dégradation des conditions d'enseignement dans notre pays. Il faudrait être... sourds pour ne pas le voir, et aveugles aussi, à un moment donné, nous, quand on a agi, malheureusement, tout de suite, sur les blocus, on est venu faire des recensements, si vous voulez, des blocus, pour savoir faire une remontée d'informations au niveau du préfet. Tout de suite, il y a eu des groupuscules qui nous ont attaqués. et qu'il y a eu une réponse tout de suite policière sur des violences urbaines. On n'a pas traité ça comme du maintien de l'ordre parce que, si vous voulez, on a été tout de suite attaqués. C'est les fonctionnaires de commissariat qui ont géré cela et pas des unités type CRS. Mais
peut-être sur ce que dit aussi ce lycéen, son témoignage, déjà. Il a voulu filmer une interpellation. C'est pas illégal. qu'il soit ciblé par un LBD, c'est normal ?
Je ne connais pas ce qui s'est passé réellement, mais il faut savoir qu'on est au coeur de l'action, dans une zone extrêmement tendue, comme il y a pu y avoir ce week-end. Il y a eu beaucoup... Vous savez, quand vous tirez du gaz lacrymogène, nous aussi, on est impactés par cela. Ce n'est pas que les manifestants qui reçoivent du gaz lacrymogène. Les policiers aussi reçoivent du gaz lacrymogène. Nous avions des menaces absolument... partout. Quand on voit certains reporters qui, eux aussi, participent activement à nous frapper, il y a des images... Des reporters qui vous frappent ? Oui, bien sûr, des personnes qui filment et qui ont fait un croche-pat, par exemple, à des collègues des compagnies d'intervention parisiennes. Donc, oui, le danger, ils peuvent venir absolument de partout et on doit être sur le qui... Vous savez, mes collègues... très, très, très peur de la situation parce que leurs armes ne fonctionnaient pas. Ils ne fonctionnaient pas parce que, si vous voulez, d'ailleurs, on a bien montré que ça ne fonctionnait pas, sinon il n'y aurait pas eu le chaos et toutes ces scènes de pillage.
Michael Taverne, votre regard sur le ressenti exprimé par ce lycéen, il dit que quand je vois un policier, j'ai peur. L'image qu'il a de la police, le rapport qu'il a à la police, vous trouvez ça normal
Tout d'abord, beaucoup de choses ont été dites, et moi, je tiens à rappeler, d'ailleurs, c'est le seul point commun qu'on aura, c'est qu'effectivement, vous avez des revendications qui sont parfaitement légitimes, ça ne date pas d'hier, et vous n'avez jamais été écouté. Et pour le coup, il faut une réponse politique. Et là-dessus, effectivement, le gouvernement a tardé à vous écouter et à apporter une réponse. Ça, c'est incontestable. Maintenant, concernant les émeutes, parce que moi j'appelle ça des émeutes, des violences urbaines, etc. Je fais bien la part des choses entre les lycéens. qui ont des revendications, qui veulent manifester en respectant la loi, parce que manifester est un droit constitutionnel, à partir du moment où vous décidez de faire une manifestation sauvage, c'est un introupement sur la voie publique susceptible de troubler l'ordre public. C'est une infraction pénale. Dès qu'on commence à faire cela, on ne respecte pas la loi. Je finis juste. Donc si, en fait, on ne respecte pas la loi... on ne peut pas commencer à critiquer les policiers qui, eux, doivent faire respecter la loi. C'est juste une parenthèse, je vous réponds. Ensuite, il faut bien se mettre à la place des policiers et des gendarmes. Vous savez, moi, j'ai 22 ans de police, les trois quarts de ma carrière, c'était en compagnie républicaine de sécurité. Donc je formais les policiers au maintien de l'ordre, aux armes, etc., et je suis allé dans beaucoup de pays pour former les policiers au maintien de l'ordre. Vous savez, dans cette situation-là de chaos, c'est pas facile. Pourquoi ? Parce que vous avez des individus qui n'ont aucune revendication, absolument aucune, qui essaient d'étouffer le mouvement. d'étouffer vos revendications et qui n'ont un seul objectif, c'est de casser, piller, incendier, agresser les forces de l'ordre. Et si on peut en même temps tabasser des personnels de l'éducation nationale, on a eu 150 personnels de l'éducation nationale agressés, blessés. Et en fait, ces groupuscules, ces casseurs s'immiscent au sein des forces de l'ordre. au sein des manifestants, pourquoi ? Pour désorienter l'action des policiers et des gendarmes et pour avoir une image. C'est-à-dire que quand vous avez des casseurs qui sont au sein des manifestants parfaitement pacifiques et qui commencent à agresser les forces de l'ordre, quand ils sont au milieu des manifestants, les forces de l'ordre doivent pouvoir faire quelque chose. Parce que, imaginez, et moi, je vous propose d'aller faire ne serait-ce qu'une semaine... avec les CRS ou les gendarmes en maintien de l'ordre. Je peux vous assurer qu'on en parle, etc., quand vous êtes sur le terrain, que vous commencez à 6h du matin et que vous êtes agressé à partir de 10h, que vous prenez des projectiles toute la journée et vous rentrez chez vous à 2h du matin, je peux vous assurer que le lendemain, on voit les choses différemment. Et ça, c'est une stratégie des casseurs et des groupuscules violents, justement, pour désorienter les forces de l'ordre et avoir l'image qui va faire le buzz. D'un mot, Simon.
Dans le micro. Oui, je suis d'accord sur cette vision que, en fait, justement, être policier, c'est dur. Et nous, ce qu'on aimerait, c'est qu'il y ait une réforme de la doctrine déjà policière, mais surtout de comment le système policier fonctionne pour rendre le métier plus facile à vivre pour les gens qui veulent... faire partie de la police, et qu'il y ait moins d'affrontements. Rapidement, sur la question des casseurs, personne ne pille pour piller, il y a forcément une explication, et ça vient du fait qu'on apprend aux gens qu'il y a une valeur matérielle aux choses, et que quand les gens sont perdus et qu'ils voient qu'il y a une insurrection autour d'eux, et qu'ils voient qu'il y a quelque chose à faire, s'ils voient l'opportunité d'acquérir des biens matériels, ils vont le faire s'ils n'ont pas l'éducation nécessaire pour avoir un schéma politique. Pour moi, c'est une faute qu'on... Nous considérons que c'est la faute de l'Etat qui n'a pas su gérer l'éducation de ces personnes pour qu'elles aient une vision politique à la chose. On
sort peut-être du débat sur le maintien de l'ordre, mais... Peut-être que je vais me tourner vers votre maman, Hélène. Vous êtes donc venue avec votre fils.
Bonjour. Lui disait qu'il n'avait pas peur quand il allait en manifestation. J'ai peur pour lui. Alors, moi, j'ai absolument rien contre les policiers, je suis fonctionnaire aussi, moi, je suis infirmière, donc les trois quarts du temps, dans les manifestations, je vais quand même leur parler aussi, parce qu'on fait partie du même groupe. Moi, j'ai quand même remarqué, parce que j'ai toujours été manifestée, et depuis, en fait, pas forcément ce gouvernement-là, mais en tout cas, depuis les manifestations qui ont eu lieu pendant la loi M. Khomri. Moi aussi, je ressens une agressivité dans les manifestations, pas directement de la part des forces de l'ordre, mais en fait, j'en ressens une sur le fait qu'on n'arrive pas à les manifester. En fait, il y a des rues qui sont bloquées, après, vous vous retrouvez dans des rues qui sont nassées. Finalement, vous prenez des gaz acrymo. Je ne suis pas quelqu'un qui fait peur. Je ne manifeste pas en noir. Je ne crie pas des choses injurieuses sur les policiers. Et en aucun cas, je n'essaierai même d'aller en taper un. Soyons bien clairs. Je reste à ma place. Mais j'ai souvent été molestée. Je peux comparer ça à des manifestations qui avaient eu lieu avant, quand on allait manifester. En 1995, il y a eu des grosses manifs. Quand on est allé manifester en demi, il y avait des grosses manifs. J'y allais avec tous mes enfants. J'ai quatre enfants. On partait avec les poussettes manifester. Là, il n'y a plus personne qui veut manifester avec sa poussette. C'est chaud patate à chaque fois. Vous vous retrouvez là. Par exemple, nous, on habite sur la place. On n'arrivait pas à rentrer sur la place. Il aurait fallu rentrer sur la place avant midi, et après, quand vous étiez sur la place, vous étiez coincé sur la place. Alors, ça pétait déjà, personne n'avait envie d'y aller, mais on ne pouvait pas circuler. C'est-à-dire qu'en fait, il y a quand même une volonté d'empêcher les manifestants de se regrouper. qui ne date pas de cette manifestation qui a eu lieu la semaine dernière. Et là, sur le fait qu'il y ait une manifestation que syndicale qui soit autorisée, on reste dans la même mouvance. Alors, je trouve qu'en fait, on peut aussi avoir une espèce de colère de la population parce que ne pas pouvoir aller manifester, c'est pénible. En fait, on ne peut pas revendiquer des idées si on n'est pas nombreux. Si on veut tous être sur la photo des manifestants et dire qu'on était beaucoup à avoir envie d'aller manifester contre la vie chère, contre... Et là, en fait, on voit que ce qui reste de cette semaine... c'est les policiers qui ont été malmenés et, en fait, des commerçants qui ont été... Alors que c'était pas le but. La manifestation de la semaine dernière, c'était pas une manifestation ni policière ni pour, en fait, casser des commerçants. C'était une manifestation de revendication contre la vie chère et en parallèle avec les lycéens.
Sur le droit de manifester, il y a un vrai sujet. On a entendu Emmanuel Macron... Alors, c'est pas une consigne, c'est une recommandation, mais qu'il n'y ait pas de manifestation autant que possible. On entend votre témoignage. Pour vous, le point de bascule, c'est la loi El Khomri, vous disiez. Donc, 2016, sous le quinquennat de François Hollande. J'aimerais vous entendre, Pierre Cazeneuve, sur la protection de ce droit de manifester aujourd'hui, quand vous entendez ce témoignage et quand vous voyez ce qu'a dit le chef de l'Etat hier.
Vous décrivez une réalité très juste. Je ne serais pas le fixer aussi précisément que vous, mais on voit qu'aujourd'hui, c'est devenu difficile d'avoir des manifestations qui se déroulent... calmement, on va dire un peu plus traditionnel comme on a pu avoir pendant des années en France avec des cortèges du 1er mai ou autre, des cortèges syndicats parfois beaucoup plus importants que ce qu'on a pu avoir en termes de nombre qu'hier et qui se passait sans heure. Alors je pense que vous pointez du doigt le maintien de l'ordre. Malheureusement, je crois que c'est avant tout aussi dans la physionomie des personnes qui peuvent se retrouver dans ces manifs-là qu'on a un sujet. C'est l'émergence de ce qu'on a appelé les Black Blocks qui ont apparu. dans ces années-là, 2015-2016, et qui ont aujourd'hui été rejoints par une autre population. plus difficile encore, qui sont des casseurs-pilleurs. Vous parlez des manifestations de ce samedi. Est-ce qu'il faut faire évoluer
le schéma de maintien de l'ordre ? Vous êtes en train de dire que les forces de l'ordre sont confrontées à des situations nouvelles. Est-ce que le schéma du maintien de l'ordre d'aujourd'hui est adapté pour faire face à ça et pour garantir le droit de manifester ? Oui,
parce qu'il doit évoluer face à des menaces et des physionomies de personnes qui ont beaucoup évolué. Je comprends parfois votre désarroi et de se dire qu'on n'est plus capable de manifester dans le calme et à chaque fois, ça finit mal et à chaque fois, on se... ou avec des lacrimaux ou avec, à la fin de la journée, des images qui ne montrent que le bordel, les vides cassées et les pires. Et je pense que c'est très frustrant, notamment pour... Il y a plein de jeunes et de lycéens ici qui ont porté des revendications depuis trois semaines. Il y a une grande manifestation pour vous le samedi. On ne parle... en rien de vos revendications. Mais je suis pas sûr que le problème soit celui de la doctrine du maintien de l'ordre. De plus en plus, dans les manifs, vous avez des groupuscules d'ultra-gauche qui s'infiltrent. On avait commencé à appréhender leur manière d'agir. Là, ce qui a été très nouveau, on vous parle de samedi. Là, avant même le début... du départ du cortège officiel, vous aviez, place de la République, des affrontements, avec des publics ultra-violents qui allaient directement à la confrontation avec les forces de l'ordre. Ca vous fait réagir, je vous vois.
Franchement, on habite rue du Temple, on l'a vu sur la place. Alors certes, il y avait déjà des gens tôt, mais j'ai pas du tout cette impression-là. Du tout, du tout. Pour le coup, c'est ce que toutes les images ont montré, les retours d'Aïda Dizadé aussi, je vous vois au chef de la tête. Je vous rappelle d'ailleurs qu'il y avait un orchestre.
Je ne suis pas allé
voir, qui était relativement pacifique
et
qui a pris cher.
Oui, mais ils ont pris cher parce que... C'est
pas des manifestants qui leur ont...
le coup, ça a été les témoignages des policiers et... C'était dans la... dans la narration de la journée, le ministre de l'Intérieur et le Premier ministre l'ont fait devant la représentation nationale, dès midi 30, vous aviez des groupuscules extrêmement violents qui sont rentrés aux abords de la place de la République avec un affrontement direct envers les forces de l'ordre avant même le départ du cortège. Et donc, effectivement, l'orchestre... Je vous vois
faire
nom de la tête.
Ces groupuscules violents, ils n'étaient pas au violon, ils n'étaient pas dans l'orchestre. Pourtant, on a des images. de gaz lacrymogènes qui tombent au milieu de cet orchestre. Nous, on a eu un échange avec Emmanuel Grégoire, maire de Paris, dimanche au soir, tous les députés socialistes. Également participé à cette réunion, le maire de Marseille. Ce qu'ils nous ont dit était extrêmement troublant. Le maire de Marseille, lui, a accès à des vidéos, puisqu'il était au centre de sécurité urbaine. Il y a des
choses...
Il y a des choses qu'il ne comprend pas. et qu'ils ne s'expliquent pas encore à l'heure actuelle. Il va y avoir une commission d'enquête. Et nous, on en attend beaucoup, parce que vraiment, il y a des... des faits, on ne veut pas tomber dans une forme de complotisme, il y a des faits sur lesquels on demande des explications. Pourquoi les gaz lacrymogènes sont tombés sur des manifestants qui n'étaient pas armés et pourquoi des casseurs-pieurs ont pu pendant des heures, sous les yeux de CRS, piller, intégralement vider, par exemple la FNAC de Marseille, elle a été désaussée. De 23h à 3h du matin, ils sont rentrés et sortis, ils l'ont désossé. Ils ont même jusqu'à été volé le moteur de l'ascenseur. Où étaient les CRS, où était la police ? Il va y avoir cette commission d'enquête, nous, on en attend beaucoup parce que là, il y a une incompréhension qui est générale et il faut que les ministres l'entendent, il faut aussi que les policiers l'entendent. Moi, j'ai le sentiment... On s'est servi de vous comme de la chair à canon. On réclame une commission d
'enquête. Il faut que toute la
lumière soit faire sur les ordres qui vous ont été donnés parce qu'il y a une incompréhension de vous et de la population. Ce n'est pas
normal qu'il y ait eu autant de blessés chez nous. Plus de 1500 sur toute la séquence qu'il y a pu y avoir ces dernières semaines. C'est quelque chose d'inédit. Donc il y a forcément un dysfonctionnement. Il y a un autre dysfonctionnement, c'est que les ordres du ministre de l'Intérieur semblaient ne pas être exécutés par la hiérarchie, la haute... localement, puisque le ministre a bien dit que sa main ne tremblait pas, et au final, on s'est rendu compte que finalement, ces ordres n'étaient pas appliqués sur la voie publique. Donc oui, il faut bien évidemment tirer au clair ce qui s'est passé. En tous les cas, les policiers ne sont pas les boucs émissaires de tout ce qui se passe, et nous aussi, on a été victime de pas mal de faits qui ne sont complètement inadmissibles. Le ministre de l'Intérieur
a présenté sa démission, donc il se sentira... d'une situation qui l'avait échappée, le président de la République l'a refusée. On est dans une situation où il y a des responsables qui sont tenus pour irresponsables et à la fin, ce sont vous qui êtes sur le terrain qui trinquez.
Alors, si vous pouvez passer le micro à votre voisine de gauche, Sandra. Bonsoir et merci d'être venue sur ce plateau. Vous êtes maire au foyer, vous avez rejoint les Gilets jaunes dès le début du mouvement, donc en novembre 2018. Est-ce que vous comptez manifester demain déjà ? Oui,
alors tout à fait. Alors... Juste, ça fait... Je ne sais pas depuis combien de temps l'émission est commencée, mais nous n'avons parlé que du maintien de l'ordre. Je trouve ça un petit peu gravissime dans une période où... On
ne parle pas de vos revendications.
Oui, voilà. Moi, je ne suis pas là. Chacun s'est exprimé sur le maintien de l'ordre. Je pense que tout a été dit. On a le même sentiment, effectivement, qu'on n'a pas la possibilité de manifester... Dans notre pays, depuis longtemps, les violences sont de plus en plus délibérées. Moi, je suis très inquiète d'entendre le fonctionnaire de police à côté de moi qui, après des mutilations sur des lycéens, redemande encore plus à mutiler.
Il ne demande pas à mutuer les... C'est pas comme ça qu'il formule les choses.
Il demande des armements beaucoup plus durs. Je prends son mot. Beaucoup plus dur que ce qui n'a déjà été fait. Je crois qu'un rétablissement de l Non, du coup, c'est plus du maintien de l'ordre. La police est là pour maintenir l'ordre avec une police républicaine. Nous, les Gilets jaunes, nous avons énormément... vécu déjà tout ça. Ce que vivent les lycéens actuellement, nous l'avons vécu et très mal vécu. La répression policière, la répression physique également, pour nous faire rentrer chez nous. Donc là, c'est ça, c'est faire rentrer chez eux les lycéens. Ça fait un mois que les lycéens revendiquent quelque chose. Ils ont quelque chose à dire. La jeunesse a quelque chose à dire. On ne les entend pas. Voilà. Quelle réponse...
Le pouvoir ne les écoute pas, ne leur répond pas.
Le pouvoir ne leur répond pas. Mais
vous-même, en tant que gilet jaune, demain, vous allez manifester en soutien aux lycéens... Et sur
les plateaux télé, chacun ne parle que du maintien de l'ordre. On fait se succéder... On voit bien monsieur, donc, du coup, policier, à presque parler tout le temps. Et c'est comme ça sur tous les plateaux télé. Donc oui, moi je suis gilet jaune de la première heure, comme on dit. J'étais sur un rond-point samedi dernier, le rond-point de la Croix-Blanche, qui avait 800 personnes tout au début du mouvement des gilets jaunes en novembre 2018. Donc on est reparti, nous. On avait déjà cette volonté, parce que là, en fait, les gens n'y arrivent plus. Et moi, je veux vraiment qu'on parle de ces revendications-là.
Donc vos revendications d'aujourd'hui ? Nos
revendications sont toujours les mêmes, elles n'ont pas changé. Il y a eu un grand débat qui n'a servi strictement à rien du tout. Nos doléances ont été complètement enterrées. Il y a eu une convention climat qui a été complètement enterrée. Il y a eu la réforme des retraites. Une majorité des personnes étaient... Contre cette réforme des retraites, le gouvernement s'est entêté avec des 49-3. Maintenant, tout passe par 49-3. J'ai entendu le président dire qu'il ne faut pas que ça passe par la rue. Mais ça passe par où alors si ça ne passe pas par la rue ? Parce qu'à l'Assemblée nationale, il n'y a plus de débat. C'est-à-dire que ça passe par 49-3. 49-3, 49-3. Où est le débat démocratique ? Donc moi, je veux bien qu'on dise qu'il ne faut pas que ça passe par la rue. Et là... Le président annonce... La manif que nous avions, nous, avec la coordination des Gilets jaunes, et nous ne sommes pas les seuls, en fait, parce que nous sommes avec des tonnes de collectifs, nous sommes avec la Gen Z, nous sommes avec les indignés, les gens en colère, les retraités, les pompiers faisaient partie de notre corps de manifestation. Nous avions des enseignants, nous avions également des infirmiers, infirmières, des soignants. On avait toute cette population avec nous. On fait partie d'une coordination bien plus large que celle-là. Nous appelons d'ailleurs à la convergence des luttes et de toutes les luttes. Vous avez fait une demande de manifestation. Notre manifestation était interdite le 17 samedi dernier. Du coup, notre manifestation a été interdite avec toute cette convergence des luttes. La manifestation qui a été autorisée était celle de l'intersyndicale. L'intersyndicale, pourtant, c'est celle-ci. sur laquelle il y a eu un maintien de l'ordre catastrophique, avec effectivement des gens qui ont été gazés alors qu'ils n'étaient là que pacifiquement, c'était bien cette manif intersyndicale. Donc quand le président dit, nous n'accepterons que des manifs intersyndicales, ou là... Il y aura de l'ordre, mais c'était une manif intersyndicale, le 17. Ce n'était pas notre manif à nous. Vous avez aussi
fait une demande de manifestation pour demain, qui a été refusée dans Paris. Notre
manifestation a été interdite demain, et c'est encore celle de l'intersyndicale qui est ajoutée. Donc, moi, ce que je demande...
Ma
question est la suivante. C'est, à un moment donné, quand est-ce que le pouvoir va rester sourd aux revendications ? qui sont les mêmes depuis... -"Arrêter d'être sourd", vous vouliez dire. Vous
avez dit qu'il va rester sourd. Quand est-ce qu'il va arrêter
d'être sourd ? Qu'il va écouter, parce que la violence qui s'exprime dans la rue, parce qu'il n'y a pas d'autre moyen que celle-ci de l'exprimer, quand est-ce qu'il va... entendre ? Quand est-ce qu'il va redescendre ? Parce que la veille encore, il était au concert de Céline Dion. Il faut peut-être qu'on
écoute la réponse.
Je finis juste... Quand est-ce qu'il va entendre les revendications qui sont les mêmes, c'est-à-dire nous voulons... La vie chère, nous n'en avons marre. Le pouvoir d'achat, les gens n'arrivent plus à mettre de l'essence dans leur voiture. Les gens n'arrivent plus à vivre de leur travail. Nous avons besoin de réponses sur le prix de l'essence, sur le prix de l'énergie, sur les gens qui ne sont pas logés, sur la colère des lycéens qui n'arrivent plus à étudier dans des bonnes conditions, ou les enseignants, ou les pompiers, on a vu les feux. Nous voulons des réponses, nous ne voulons pas... un maintien de l'ordre, une répression supplémentaire qui va encore plus casser les gens. Voilà.
Pierre Cazeneuve, je suis désolé, mais bon, vous n'êtes pas Emmanuel Macron, mais vous êtes d'Ensemble pour la République, le parti qui a succédé à En Marche. Qu'est-ce que vous répondez à Sandra, qui, voilà, on la sent en colère et elle essaie de ne pas être entendue, tout simplement ?
Si je suis là, c'est pour l'écouter. Évidemment, je respecte vos combats, vos revendications. Il y a plusieurs sujets. Il y a eu 200 questions. Je vais essayer d'être le plus concis pour essayer d'y répondre. sur pourquoi votre manifestation a été interdite et pourquoi on privilégie les cortèges intersyndicaux, c'est parce que ce sont des interlocuteurs réguliers, désignés, professionnels, ils organisent des manifestations depuis la nuit des temps et ils ont aussi eux-mêmes des services d'ordre, ça fait partie de leur expertise et donc quand on voit, vous avez vu le reportage il y a quelques minutes, l'ampleur des dégâts qu'il y a eu à Paris, la grande crainte, je sais qu'il y a des commerçants aussi dans le public. L'immense crainte à la fois des gens, des commerçants, par rapport à ce qui va se passer en termes de maintien de l'ordre et de violence samedi, c'est pour ça qu'on privilégie les interlocuteurs qui ont l'expérience et l'expertise de ces manifestations-là. Donc il y aura bien une manifestation. Évidemment, vous avez tout le loisir de vous y greffer, mais vous comprenez bien que dans ce niveau de stress et de tension qu'il y a, dans ce niveau de difficulté qu'il y a aujourd'hui à tenir le maintien de l'ordre, on a besoin d'avoir des cortèges avec lesquels on est capable d'avoir un échange. C'était un
cortège syndical, le 17 d'année. Oui,
bien sûr, mais malgré le fait qu'il soit avec un cortège syndical, on a eu tous les débordements et toutes les difficultés qu'on a eues. Sur
la non-réponse à des revendications qui sont présentes depuis des années maintenant. Les Gilets jaunes, c'était 2018. Oui, mais je veux...
Vous avez des revendications sur le pouvoir d'achat, vous avez des revendications sur le coût de l'énergie, vous avez des revendications sur les retraites, vous avez beaucoup, beaucoup de demandes. Et je pense que mes collègues vous répondront plein de choses formidables qui vont baisser la TVA ou qui vont bloquer les prix du carburant ou d'autres sujets. Moi, je vais vous dire la vérité, on a un très grand problème aujourd'hui de finances publiques. Donc on a beaucoup, beaucoup, beaucoup aidé. On a dit qu'on ne s'interpellait pas.
Vous vous interpellez, vous nous avez parlé. ils vont vous proposer ceci, cela, bref, ils vont vont durer.
Excusez-moi. Terminé, Pierre Cazeneuve, allez-y. On a un très grand problème de finances publiques aujourd'hui et que les mesures que vous demandez, ça coûte beaucoup d'argent et que la réalité, c'est qu'on n'est pas capable de les financer. On n'est pas capable de les financer pour plusieurs choses. Un, effectivement, oui, c'est notre bilan. Moi, j'assume parfaitement notre bilan. Vous avez vidé les caisses. Vous avez vidé les caisses. Vous n'allez pas vous lancer dans un débat entre vous. La question est de répondre à notre public. La finance
a mis la France sur le tapis. Vous nous
direz juste après quelles dépenses je n'aurais pas faite ? Je n'aurais pas supprimé
l'ISF.
C'est moins de recettes.
Vous avez vidé les caisses ? Vous avez baissé les recettes publiques qui permettent de financer les services publics, la police, l'école, l'hôpital. tous ces services publics-là ne sont moins financés. Et après, on dit que c'est la crise, c'est la dette, et bien il faut encore vider les services publics de leur contenu. C'est ça, votre bilan.
On a baissé... Vous m'avez interpellé, donc je vous réponds. Et après, Mickaël Tavern, parce qu'on n'a pas entendu vos mots. Quand on supprime la taxe d'habitation...
Aïda
Adizadeh, s'il vous plaît. On a dit qu'on ne s'interpellait pas. On a eu un certain nombre de baisses d'impôts. Quand on baisse l'ISF, c'est aussi pour que les entreprises, les entrepreneurs restent dans notre pays. La suppression de l'ISF a eu un coût neutre sur les finances publiques. Elle a eu un coup neutre sur les finances publiques. C'est un rapport de la Cour des comptes piloté par un socialiste qui le dit. Il faut faire très attention à ce qu'on dit. Il faut éviter... Vous avez beaucoup de revendications. Ce qu'on a essayé de faire, notamment sur le coût du carburant, on a beaucoup protégé en 2022 quand il y a eu la guerre en Ukraine. On a baissé la TICFE, on a essayé d'un maximum, ça nous a coûté beaucoup d'argent. Aujourd'hui, on a essayé de cibler sur ceux qui travaillent. On a mis en place un chèque pour les gros rouleurs, mais aujourd'hui, on n'est pas capable de faire plus. Le temps passe, il faut qu'on avance. J'étais interpellé sur de nombreux sujets. Les mesures de baisser les taxes ou de bloquer les prix, ça bénéficiera à tout le monde. Nous, on pense qu'il faut avoir des mesures ciblées. je préfère qu'on aide les gens qui n'ont pas beaucoup de moyens, qui sont dépendants de leur bagnole pour aller bosser, que votre voiture à vous pour partir en week-end, si vous avez la chance de partir en week-end pour les vacances de la Toussaint. Je veux qu'on cible ces dispositifs, et c'est ça qu'on a mis en place. Et ensuite, toutes les mesures sur les blocages des prix, on sait très bien que ça mènerait à des pénuries. C'est votre réponse, on
n'a rien à vous apporter, on n'a pas d'argent. Et vous croyez que ça va calmer la foule dans les rues
Mais j'ai pas dit que ça allait calmer les jambes. On a l'impression
qu'il y a de l'argent dans les caisses. Il y a de l'argent quand Mme Macron... Je suis désolée, je parle en tant que gilet jaune. Quand Mme Macron refait... toute la vaisselle, la porcelaine de l'Elysée, quand M.
Macron reçoit
en grande pompe le roi d'Angleterre, à un moment donné, on a l'impression qu'il y a de l'argent, que des gens vivent dans l'opulence. C'est ce qui nous apparaît, nous, quand on est de l'extérieur. Ce qu'on veut maintenant, c'est qu'on n'a pas d'argent et que les caisses sont vides parce que l'argent, il y en a, vous l'avez dit, pour la police. Vous avez mis des supports, vous avez mis de l'argent, il y a eu de l'argent qui a été dépensé. On
a aussi mis 40 milliards dans l'hôpital. Il y
a de l'argent dans les écoles privées.
Je ne sais
pas
qui vous l'avez donné. Je pense que cette dame, ce qu'elle vous pose comme question et auquel vous devez répondre, on vous a donné notre argent. Je pense que ça, vous l'oubliez. Ca n'est pas de l'argent que vous avez fabriqué tout ça. L'argent que vous avez, c'est l'argent que les gens payent par leurs impôts, qu'ils vous ont confié, et si vous avez fait des mauvais choix... C'est
pas le procès de Pierre Cazeneuve ce soir.
On en a plus. Vous l'avez mal géré. Au bout d'un moment, il faut répondre.
On a augmenté de 40 milliards d'euros le budget. Vous pouvez dire non, c'est pas vrai. C'est très important de se dire les choses. Le budget de l'hôpital est augmenté de 45 % depuis 2017. Vous vous demandez où est passé l'argent ? Une partie est passée là-dedans. Une partie est passée dans nos policiers, avec une loi sur la programmation du ministère intérieur et le recrutement du mille policiers.
Vous voyez bien que c'est très difficile.
Vous travaillez peut-être en libéral ou à l'hôpital. Vous voyez bien que c'est très difficile, mais quand on augmente de beaucoup les moyens, on n'arrive pas forcément... Même quand on augmente de 40 milliards face aux difficultés qu'on a aujourd'hui, tout ne se résout pas d'un coup de baguette magique. Quand on renforce les moyens des policiers, tout ne se répare pas d'un coup de baguette magique. On a compris vos deux points de vue irréconciliables. Il n'y a pas des points de vue très réconciliables du tout. J'entends et j'essaye juste... de mettre en place des ordres de grandeur. Malheureusement, la diplomatie... La
diplomatie,
ça coûte un
peu... La
diplomatie,
ça coûte un petit peu d'argent, mais je veux juste entendre Mickaël Taverne. Je suis désolé de vous interrompre tous, mais là, on a besoin d'équilibrer un peu les temps de parole, que tout le monde puisse parler dans le public et parmi nos députés.
Sandra, s'il vous plaît. Est-ce que c'est de l'argent, ça, Parcoursup ?
Non, ça coûte pas d
'argent, mais vous pensez que... Est-ce que les
lycéens réclament Parcoursup ? Une fois qu'on
a supprimé Parcoursup, on fait quoi, madame ? On met quoi ? Comment on fait pour sélectionner un million de viciens ? Il n'y avait
pas Parcoursup avant, ça fonctionnait très bien. C
'était APB, c'était catastrophique, on n'avait aucune transparence et à la fin, c'était tiré au sort. Il faut être très vigilant aussi. On va
s'arrêter là. Michael Taverne, votre réponse à vous aux revendications des Gilets jaunes.
Tout d'abord, il faut savoir d'où vient ce mouvement des Gilets jaunes. C'était l'augmentation des taxes sur les carburants. Donc, en fait, nous, au Rassemblement national, nous considérons que l'énergie, c'est un produit de première nécessité. Ce sont des choix politiques. Et aujourd'hui, quand on consulte les Français, quelles sont vos priorités ? Eh bien, c'est le pouvoir d'achat. En 2022, Marine Le Pen avait fait du pouvoir d'achat son axe de campagne, c'est-à-dire baisser les taxes sur le carburant, augmenter les salaires. Nous, nous avons proposé d'augmenter les salaires de 10% jusqu'à trois fois le SMIC. Et sur cette augmentation, il n'y avait pas d'augmentation des charges pour les entreprises. Ensuite, nous avons proposé un panier de 100 produits de première nécessité à 0% de TVA. Mais aujourd'hui, au bout de 10 ans de macronisme, excusez-moi, je ne vais pas polémiquer, nous avons un chaos généralisé, nous avons une dette abyssale, nous avons un déficit aujourd'hui qui se creuse. nous avons une crise sociale, nous avons une crise insécuritaire, nous avons une crise sociale, institutionnelle, et ça, c'est le résultat de 10 ans d'Emmanuel Macron, parce que ce sont des choix politiques. Est-ce que le mouvement des lycéens a été écouté, entendu ? Non. Vous savez, moi, je suis élu dans le Nord, je suis le seul de province ici. Et dans ma circonscription, une circonscription très rurale, les gens viennent me voir, et comme quand j'étais en police nationale, la misère sociale, la détresse, on demande de l'aide. Et vous savez, moi, ce que je dis aux gens, c'est que le député, c'est une relation pour ceux qui n'en ont pas. Donc, nous, on essaye, en fait, d'apporter des mesures pour améliorer le cadre de vie des gens, et surtout, qu'ils puissent vivre de leur travail. Mais, en fait, on pourrait en parler pendant des heures, mais... Il nous reste 14 minutes, et j'aimerais qu'on entende à la fois les commerçants et les revendications des lycéens, parce qu'on en a pas parlé. Je suis quand même très en retard, mais n'oubliez pas qu'aujourd'hui, on... on ne peut pas laisser l'insécurité se généraliser dans le pays. On ne peut pas parler d'insurrection, de révolution, parce que regardez ce qui se passe aujourd'hui, ce sont par exemple des commerçants... qui, pour beaucoup, ont travaillé toute leur vie. Ils sont avec nous en liaison vidéo.
Ils attendent de pouvoir justement témoigner et vous poser, vous interpeller. Nous sommes en liaison vidéo avec Eric, qui est commerçant à Bordeaux. Bonsoir et merci d'avoir patienté depuis le début de cette émission. Vous avez une bijouterie, je crois, en centre-ville de Bordeaux. Il se trouve que la manifestation a été autorisée. Alors déjà, comment est-ce que vous vous préparez, vous, avec votre commerce, à faire face à d'éventuels pillages ? Et quelles questions avez-vous envie de poser aux députés présents ce soir
bonsoir à tous. Aujourd'hui, le sentiment de traumatisme qu'on a vécu samedi dernier est encore bien présent. On est en train de voir des rues qui se barricadent. La rue dans laquelle j'ai mon commerce, aujourd'hui, ce n'est plus des vitrines, ce sont des linéaires de bois. Certains commerçants vont ouvrir avec la peur, malgré tout, de se faire attaquer. On est pris entre les taux de dire on ouvre ou on n'ouvre pas. On ouvre, on nous attaque. On n'ouvre pas, on nous attaquera quand même. Donc voilà, la question aujourd'hui, j'ai écouté un petit peu avant, c'est OK pour les revendications, pas de souci, mais quand est-ce qu'on va arrêter de manifester et d'attiser la violence ? Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas manifester en silence ? Et le silence étant un symbole fort, puisqu'on constate quand même que depuis des années, les manifestations qui sont à chaque fois... appellent à des débordements et qui sont pire en pire, d'année en année, avec une escalade de violence inouïe qu'on n'a jamais vue. Et nous qui travaillons, comme d'autres d'ailleurs, et qui ne demandons rien à personne, pourquoi on vient nous attaquer ? Donc ma question est de dire, quand est-ce qu'un jour on répondra aux révendications ? Quand est-ce qu'un jour les manifestations pourront avoir lieu en France de manière apaisée ? Et quand est-ce qu'un jour on se sentira en sécurité dans notre pays, nous commerçants, nous citoyens ?
Très bien. On vous pose la question à vous, Aïda Adizadeh et Michael Tavernes. Vous vouliez réagir aussi, je crois.
C'est Pierre, c'est ça ?
Eric.
Eric, pardon, excusez-moi. Eric, ce que vous venez de dire, pour moi, il fait écho à ce que vient de dire aussi Sandra. En fait, on part du principe que... Manifester, c'est presque comme la pluie qui tombe ou le soleil qui se lève chaque matin. On devrait descendre dans la rue pour manifester. Mais personne ne se pose la question de pourquoi on en arrive à devoir manifester dans notre pays pour pouvoir être entendus. Pourquoi on en arrive à cet état de fait ? Nous avons des courroies de transmission dans une démocratie qu'on appelle représentative. Nous sommes censés être cette première courroie de transmission. Nous sommes ici par la volonté du peuple. Nous siégeons dans l'Assemblée nationale, qui est la maison du peuple. Nous sommes là pour remonter, avant qu'elle n'explose dans la rue, les revendications. Et qu'est-ce qui s'est passé, Eric ? Quand nous avons alerté, moi, depuis que je suis députée, je siège dans la commission qui se charge de l'éducation. Je l'ai dit à chaque fois que j'ai pris la parole. Il nous manque des enseignants. On n'arrive pas à recruter des enseignants. C'est des millions d'heures perdues. Il y a une angoisse chez les étudiants et chez les lycéens liés à Parcoursup. On l'a dit, on l'a redit, et le pouvoir balaie. tous ces discours-là, d'un revers de main, en tenant le discours qu'a tenu mon collègue ici présent, comme on voulait faire autrement. Voilà. Fermez le banc, passez à autre chose. Pour certains de nos responsables, la démocratie, c'est cause toujours. Et j'ai entendu récemment un ministre dire, la démocratie, c'est pouvoir débattre calmement. C'est pas ça, la démocratie. La démocratie, c'est se soucier de ceux qui souffrent. Et là, aujourd'hui, Eric, vous souffrez. ... Parce qu'on ne s'est pas soucié auparavant de ceux qui souffrent et qui ont dû descendre dans la rue pour manifester. Et je voudrais... Je termine juste une chose. Il se passe quelque chose dans notre pays, c'est que ceux qui obtiennent de l'argent sont ceux qui crient très fort ou qui cassent des choses. Je pense aux Gilets jaunes. On vous a débloqué 10 milliards d'euros. Je pense aux agriculteurs. Je pense aussi à l'hôpital. Vous n'avez pas crié. Les 40 milliards évoqués par mon collègue, c'est à cause du Covid. C'est le Covid qui, tout d'un coup, fait qu'on s'est intéressé à l'hôpital et qu'on s'est rendu compte qu'on avait fait un métro. Et vous avez raison. On ne sait pas où sont passées ces 40
milliards. Je disais, en fait, ça ne s'est pas répercuté à ce que vous avez donné à l'hôpital sur le salaire. Moi, j
'attire l'attention de tout le monde. Il n'y a pas de fatalité dans notre pays à avoir des manifestations pour obtenir des choses qui sont normales. Avoir un lycée qui fonctionne, c'est normal. Avoir du papier dans nos lycées, ça devrait être normal.
Il
demande à pouvoir travailler en toute sécurité. Bien sûr, mais vous savez, ce que je voudrais lui répondre, c'est qu'il a également une revendication, c'est-à-dire pouvoir travailler, vivre de son travail et surtout pouvoir travailler en sécurité, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Vous savez, madame... on parle de la commission d'enquête sur le maintien droit. Vous avez vu, comme je le disais en introduction, c'est-à-dire que vous avez des revendications parfaitement légitimes, mais les groupuscules d'ultra-gauche et les casseurs ont quasiment gagné, puisqu'on ne parle que de ça, et on ne parle quasiment plus de vos revendications, pourtant qui sont parfaitement légitimes. En 2023, il y avait une commission d'enquête sur les groupuscules violentes pendant les manifestations, à laquelle j'ai participé. Je vous assure, je ne voyais aucun de mes autres collègues d'autres partis participer à cette commission d'enquête alors que c'était pendant la réforme des retraites avec des incidents comme on peut le voir aujourd'hui. Ce qu'il faut absolument, c'est qu'il puisse y avoir une réponse ferme de l'État quand il y a des manifestations parce que les organisations syndicales, je termine là-dessus, vous savez ce qu'elles nous ont répondu pendant cette commission d'enquête ? Elles nous ont répondu sauf la CGT. mais toutes les autres, on a pu aller d'un point A à un point B pour manifester pacifiquement grâce aux forces de l'ordre. Et malheureusement, nos cortèges sont systématiquement étouffés à cause d'individus qui n'ont aucune revendication et qui sont là pour déstabiliser la manifestation, créer du chaos, et malheureusement, l'Etat ne fait rien contre ces gens-là. Et nous avons malheureusement les conséquences avec les pillages notamment des commerçants.
Alors, Abdelkader, ça va être à vous. Vous êtes lycéen à Créteil. Alors, on serait peut-être pas là à débat de tout cela ce soir sans vous parce que c'est un peu vous qui avez déclenché tout ça dans votre lycée. Vous êtes à l'origine du blocus de votre lycée qui était lié à une grève des enseignants chez vous pour un manque de moyens. Vous avez obtenu gain de cause pour votre lycée, mais vous poursuivez le combat pour les autres lycéens aujourd'hui. Qu'est-ce que vous inspire tout ce que vous avez entendu depuis le début et quelle est la question que vous avez envie de poser au député face à vous ?
J'ai envie de rebondir sur ce que le policier nous a dit. Il nous propose plus de matériel, des balles en caoutchouc. Donc ici, les tirs de LBD n'ont pas suffi. On a pu constater qu'il y a eu des bras arrachés, des yeux crevés, une mâchoire fracturée. Il nous propose des balles en caoutchouc qui peuvent justement continuer à accélérer ces blessures-là. Et pour rebondir sur cela, la BRAVEM a été déployée sur nous lycéens. La BRAVEM, ce sont ces policiers à moto ? Oui. Auparavant, la BRAVEM s'appelait les Voltigeurs, les Voltigeurs qui ont tué un manifestant. Alors, c'est pas le même...
Ils ont pas le même rôle, la BRAVEM. Les BRAVEM ont été déployés dans le 94, mais les CSI, c'est les compagnies de sécurité à moto. Mais pour revenir à ce que j'ai dit, qu'on comprenne bien, je ne... Je parle de maintien de l'ordre, il ne faut pas bien évidemment de cartouches en caoutchouc, je parle de rétablissement de l'ordre quand vous avez des émeutes et des pillages comme on a connu ce week-end, qu'on le comprenne bien. Bien évidemment, il y a une graduation de la force qui doit être employée, mais qu'on puisse avoir cet outil ultime si on en a besoin pour éviter, vous savez, parce que la petite musique qui est en train de se dire, c'est que les gens veulent s'armer. Les gens veulent se défendre eux-mêmes. C'est un échec. C'est un échec de la République, de la police nationale, de la société. Je rappelle que la police nationale a été créée pour mettre un terme à ces polices privées, municipales et autres. Abdelkader, reprenez.
Merci de m'avoir coupé la parole. Pour me dire sur cela, il y a trois formes de violence. Premièrement, la violence des forces de l'ordre. La réponse des manifestants. Et en troisième position, il y a la violence de nos lycées. Nos lycées qui sont dans des états désastreux, du manque de moyens, du manque de personnel, du manque de matériel. Moi, personnellement, dans mon lycée, il manquait un DDFBT, un professeur de français.
gros, c'est
le personnel qui se charge de signer les conventions de stage aux élèves qui sont en filière professionnelle. un RBDE, c'est les responsables du bureau, un proviseur adjoint, une infirmière, une mittente d'assistante sociale. Il manquait vraiment un nombre conséquent de personnel. Vous les avez obtenus grâce à votre mobilisation, je crois. Oui, oui. Mais là, si on se mobilise, c'est pas que pour nous lycéens, c'est pour nous lycéens de la France entière et c'est pour nous citoyens français. Bref, les questions que j'ai à vous poser, pour commencer avec vous... Vous faites partie du gouvernement actuel ? De la majorité présidentielle, on va dire, même s'il n'y a pas vraiment de majorité aujourd'hui. Est-ce que vous pouvez regarder un lycéen ou un citoyen français droit dans les yeux en lui disant que j'ai fait tout ce que je pouvais pour répondre à nos revendications ? Vous, monsieur le député du Rassemblement national, j'ai pu entendre plusieurs députés dire que les manifestants sont des voyous. Pour moi, un vrai voyou, ce n'est pas un manifestant, mais c'est justement les membres de votre parti qui détendent des millions de fonds publics. Pour moi, un vrai voyou, ce n'est pas un manifestant. J'ai pas fini. Des millions de fonds publics... M. O'Doul qui a été condamné à 8 mois de prison avec sursis... Il
va falloir arrêter la question parce qu'il reste 3 minutes avant la fin de l'émission.
On voit que les députés du LFI sont présents devant nos mobilisations et pas d'autres députés. Vous avez une minute chacun et il faut vous y tenir. Pour moi, c'est un peu le rôle des politiques de venir écouter les citoyens français. Aujourd'hui, on leur reproche de venir devant nos mobilisations et on leur dit qu'ils nous instrumentalisent. C'est totalement faux. On a commencé sans aucun parti politique. Il reste deux minutes.
Pierre Cazeneuve en 30 secondes. J'ai pas compris la question. Est-ce que vous avez tout fait pour répondre aux besoins des lycéens depuis que vous êtes au pouvoir
? Non, mais c'est pour ça qu'on a amorcé un certain nombre de dialogues. Vos collègues lycéens étaient reçus à l'Elysée encore aujourd'hui. Je pense pas qu'il y ait de réponse magique. Très sélectif. Oui, on essaie de prendre les représentants des syndicats lycéens. Il y a un rendez
-vous à Matignon pour les lycéens lundi.
Peut-être qu'il y aura des réponses lundi. Michael Tavernes, sur le fait d'assimiler... Je suis
désolé, mais il
faut...
le fait d'assimiler des manifestants lycéens à des lycées. On a parlé des lycées que les deux dernières minutes
de l'émission, alors que c'est la principale revendication. C'était le prof de l'émission. On s'est retrouvés à parler de 50 minutes. du maintien de l'ordre, ce qui est très intéressant, mais ce qu'on a dit depuis le début... On a parlé de l'état global du pays. Il n'y
a pas que les lycéens qui aujourd'hui ont des revendications et qui manifestent.
Ca vient des lycéens, mais merci à vous.
On n'a jamais dit que les manifestants étaient des voyous. J'ai commencé cette émission en disant que manifester est un droit constitutionnel, vous avez des revendications légitimes. Donc c'est absolument ce que j'ai dit. Et vous n'avez pas eu de réponse, alors que vos remédications ne datent pas d'hier. Ca fait déjà des années qu'il y a des remédications. Et nous, nous avons proposé des choses. Mais vous savez, moi, dans ma circonscription, j'ai des lycées aussi, dans la zone rurale. On n'a pas agressé d'enseignants. on n'a pas brûlé des lycées, on n'a pas saccagé, on s'en est pas pris aux forces de l'ordre. Pourquoi ? Parce qu'effectivement, quand on brûle des lycées et qu'on s'en prend au prof, oui, il y a des voyous, mais des voyous qui ne vous rendent pas service. Ils discrédient votre mouvement. Et donc ça, par contre, il faut y mettre un
terme. Sur la présence ou pas des députés socialistes dans les cortèges.
Il vous reste vraiment
30 secondes.
Moi, je suis allée dès que j'ai pu devant les lycées pour écouter les lycéens qui étaient en blocus. Parce que, comme je vous l'ai dit, à Saint-Holmonde, c'est là où le jeune a eu la mâchoire fracturée par ce tir de LBD. C'est
un tir de cougar qui est non réglementaire. C'est
plus précis, mais c'est tout aussi dévastateur.
Sinon, c'est beaucoup plus dévastateur parce que c'est pas prévu pour, justement.
Oui. J'étais à la manifestation de samedi dernier, mais je n'ai pas pu manifester, puisque quand je suis sortie de Gare de l'Est, il y avait un reflux de manifestants et que c'était déjà le cas organisé. Et vous avez raison, vous n'êtes pas manipulé, vous êtes conscient et vous agissez en responsabilité aussi quand vous bloquez les lycées pour obtenir malheureusement ce qui devrait être normal et vous ne devriez pas le faire. Des bonnes conditions pour travailler avant d'avoir bloqué
vos lycées. Merci à tous les trois d'être venus sur ce plateau, même si on était un peu pris par le temps, on aurait voulu débattre plus longtemps. Merci à vous, du public, d'être venu pour interpeller nos députés. Et merci à vous, chers téléspectateurs. Bon week-end sur SCP.
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