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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Est-ce que le gouvernement, est-ce que le président est à la hauteur parce que cette plainte qui vient d'être déposée par une jeune femme qui était mineure à l'époque des faits qu'elle dénonce intervient dans un contexte où plusieurs femmes ont dénoncé des faits présumés de viol, d'agression sexuelle, de harcèlement qui vise Nicolas Hulot, l'ancien ministre de l'écologie nommé par le chef de l'État, qui a dit... En même temps, c'est bien que la parole se libère, mais nous ne voulons pas non plus d'une société de l'Inquisition. La justice ne se rend pas dans les médias. Est-ce l'attitude à adopter face à ces
révélations ? Non, et c'est non seulement pas l'attitude, mais c'est surtout, c'est gravissime. Et le problème, c'est que c'est ce à quoi on se confronte avec ce chef de l'État, avec ce président, avec ce gouvernement, depuis le début du mandat. Il arrive, il est élu président de la République, Emmanuel Macron, quelques semaines plus tard, il y a le mouvement MeToo qui se déclenche, en octobre 2017. Lui, il réagit une première fois en disant, on ne veut pas d'une société de la délation. Là, il est monté d'un cran. C'est-à-dire qu'au bout de son mandat, non seulement il n'a pas compris, il n'a pas saisi de quel côté, en fait, et comment le mouvement féministe, les femmes avaient besoin d'avoir une parole à la tête de l'État qui les accompagnait, qui les soutenait, puisqu'elles font elles-mêmes tout le boulot de dévoiler et de lutter contre les violences sexistes qui engrainent la société. Non seulement il n'a pas compris, mais il en rajoute une couche. Et maintenant, il parle d'inquisition. Mais ce qui est gravissime et ce qui nous montre, je crois qu'on a beaucoup d'autres indices. que sous cette mandature, on n'a pas eu, malgré les déclarations, d'engagement réel aux côtés des femmes. Et je dis avec d'autres sans indice, parce qu'il y en a eu une autre hier, il me semble, c'est que Gérald Darmanin en a appris, remettait la Légion d'honneur au président de la Conférence des évêques de France, qui avait estimé il y a peu. que le secret de la confession, après vous savez la sortie, les révélations sur le degré des actes de pédocriminalité dans l'Église, et ce président de la Conférence des évêques de France avait estimé que le secret de la confession était plus fort que les lois de la République. Comment on réagit ? On lui remet la Légion d'honneur.
Il y a une forme de schizophrénie dans ce qui est fait et ce qui est dit par le gouvernement. On dit certaines choses et on fait le contraire. C'est votre sentiment ?
y a une forme de scandale absolu qui est un scandale d'État. Je pèse mes mots quand je dis que c'est gravissime. Parce qu'on a un État qui, de fait, se montre complice. L
'État est complice. Complice de qui ? Des agresseurs ? Bien
entendu. Pourquoi je dis ça ? Ça peut paraître comme ça une formule. Parce que vous allez très loin. Quand on est complice d'une agression... On est responsable devant la justice.
Déjà en France.
Alors, ne le dis pas d'un point de vue judiciaire. Ce que je veux dire, c'est que moi, je ne suis pas justement dans les questions judiciaires. C'est qu'on le sait, le principal ressort, le principal levier des violences qui déferlent dans la société. Encore une fois, que ce soit des violences pédocriminnelles, des violences sexistes. C'est précisément l'état, c'est les états d'esprit, c'est les mentalités, c'est les imaginaires dans cette société, c'est la façon dont on perçoit les rapports. Mais depuis 4 ans, ce que disent les représentants
du gouvernement, Alice Coffin, pardon de vous interrompre, depuis 4 ans, ce que disent les membres du gouvernement, c'est qu'il y a des moyens supplémentaires pour la justice, des moyens, des formations supplémentaires pour la police, il y a des places d'hébergement en plus, de l'argent en plus pour traiter de cette question des violences faites aux femmes, pour protéger les victimes davantage. Vous, vous estimez... Clairement que c'est insuffisant. Mais l'État ne fait pas rien en la matière.
Non, mais je ne mets pas les choses sur le même rapport. Mais quand vous dites
que l'État est complice des agresseurs, c'est très fort.
Non, mais oui, bien sûr. Mais qu'il y ait eu des moyens, je pense par ailleurs, qui sont notoirement insuffisants, c'est une chose. Mais qu'il y ait eu des moyens, une volonté, de l'agitation autour de ça, même parfois plus que dans d'autres gouvernements, très bien. Mais ça n'enlève rien au fait que... Ça n'aggrave pas, mais ça n'enlève rien au fait que les déclarations du président de la République, son choix de maintenir quelqu'un comme Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur, le fait qu'il ait été hébergé dans son gouvernement Nicolas Hulot, ce après les révélations d'Hebdo en 2018, en fait. Un chef d'État sur lequel ni le mouvement féministe, ni les femmes, ni les Françaises ne peuvent compter dans ce pays. Et un chef d'État qui se place de facto du côté des agresseurs parce qu'il contribue à maintenir dans cette société l'idée que... protester contre les violences sexuelles, agir, c'est faire de l'inquisition. Il faut bien mesurer les mots. Il y a une tribune d'ailleurs qui le dit. Eh bien, et vous connaissez cette tribune qui
fait écho à ce que vous dites, la colère de celles qui se disent victimes de Nicolas Hulot et de PPDA, dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, elles s'en prennent à Emmanuel Macron, suite à ses propos sur l'affaire Hulot, et elles disent, victimes de Nicolas Hulot et de PPDA, nous ne sommes pas les bourreaux 14 femmes. à Emmanuel Macron sur l'Inquisition. La question extrêmement délicate qui se pose dans notre société aujourd'hui, Alice Coffin, c'est comment à la fois écouter réellement la parole de ces femmes qui ont souffert et qui ont le courage de parler et de respecter la présomption d'innocence. Est-ce que c'est possible
de faire les deux en même temps ? Absolument. Ça n'a pas à voir. C'est-à-dire que la notion de la présomption d'innocence... qui est évidemment au fondement d'un État démocratique et d'un système judiciaire. Elle n'a en rien remise en cause par ce qui se passe actuellement. La justice n'est pas la seule institution dans la société qui peut délivrer des sanctions. Si vous êtes dans une entreprise et que vous avez une dénonciation et que vous avez des révélations sur des actes commis, notamment d'agression sexuelle, mais ça peut être autre chose. La Direction des Ressources Humaines est tout à fait habilité à prendre des sanctions, à renvoyer la personne et on ne dit pas... Attendez, on va attendre que la justice ait tranché, on ne fait rien pour l'instant, ça ne se passe pas comme ça. En tout cas, ça ne devrait pas se passer comme ça. Il y a d'autres instances dans la société qui ont le droit, qui ont l'autorisation, voire qui ont l'obligation. C'est intéressant le point que vous suivez,
à partir de quand on estime qu'un homme ou une femme, c'est comme principalement des hommes, doivent être sanctionnés quand les accusations ne sont qu'au stade de la parole. Et qu'il n'y a pas d'enquête ? Il y a encore moins de
nation ? Non mais il n'y a pas... Les enquêtes, quand on parle d'enquête, on peut parler d'enquête judiciaire, ça c'est une chose. On peut parler d'enquête journalistique, ça c'est important. Je crois que par exemple, dans les cas où vous citez, un bon indice, c'est que lorsqu'il y a des enquêtes journalistiques... Il me semble qu'il faut les écouter et les prendre en compte. Par exemple, quand on a une enquête journalistique poussée, comme l'a fait Mediapart sur Éric Zemmour, avec la parole de plusieurs femmes qui dénoncent des agressions sexuelles dont elles disent avoir été la cible, on le prend en compte et on les croit, bien entendu, et on croit cette enquête-là journalistique et on va demander des comptes à Éric Zemmour sur le sujet quand on l'interroge. C'est la même chose quand on a des enquêtes sur Luc Besson, ça aurait dû être la même chose quand on a eu une enquête sur Nicolas Hulot, c'est un ensemble en fait, et ça aurait évidemment dû être la même chose aussi pour Patrick Pabre d'Arvor, il a fallu s'y reprendre à plusieurs fois.
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