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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Une grande émotion dans la classe politique, grande émotion chez les habitants aussi bien sûr de la région. On écoute tout de suite le ministre de l'Intérieur qui s'est rendu sur place tout à l'heure.
Je veux ici dire que les premiers responsables de cette ignoble situation sont les passeurs, c'est-à-dire des criminels. qui, pour quelques milliers d'euros, organisent des traites d'êtres humains, d'Irak, d'Afghanistan, d'Afrique, d'Asie, et qui ensuite utilisent ces personnes, les font venir en Belgique, aux Pays-Bas, en France surtout, pour traverser la Manche et pour aller en Grande-Bretagne.
donc ce soir, il y a une mobilisation du gouvernement, une grande émotion, Jean Castex et Emmanuel Macron. Et en même temps, il y a une question, quoi. Qu'est-ce qu'on peut faire de plus ? Comment est-ce qu'on peut régler cette question ? Alors tout de suite, situation européenne, que tout le monde s'en occupe, sommet européen, est-ce que c'est la solution ? Roland Quairol, qu'est-ce que...
Écoutez, évidemment la première réaction après l'émotion réelle, je crois que tout le monde l'a ressenti, ça a été de dire c'est les passeurs qui sont des criminels. Ils ont tous utilisé le même mot, le Darmanin à Boris Johnson, c'est les criminels et c'est les coupables. C'est incontestable que les criminels sont... Que les passeurs sont des criminels et qu'il faut agir, on en arrête pas mal quand même. On a encore arrêté, semble-t-il, quatre aujourd'hui. Mais ça ne suffit jamais, ils sont toujours là, puisqu'il y a la demande, il y a toujours l'offre en la matière. Et donc moi, ce que je me demande, c'est si ce n'est pas un peu facile. De sans arrêt dire, c'est la faute aux passeurs. Alors, je veux dire des choses pas populaires, tant pis dans un moment où tout le monde approuve, les opinions publiques approuvent les barbelés partout et la suppression des aides médicales aux immigrés, etc. Moi, je crois qu'on ne s'en tirera pas sans une véritable politique européenne de régulation de la migration. C'est pour ça que s'il y a une réunion européenne demain, ça me paraît plus important que des réunions simplement de police pour se débarrasser. du fardeau auprès des Anglais, ce que peut-être par ailleurs il faut faire un peu. Je crois qu'on n'a pas vocation à faire.
On n'a pas vocation
à être la police des frontières. En
échange de millions d'euros, on garde entre guillemets. Vous entendez encore aujourd
'hui M. Dumont, qui est un député, je crois, LR par là-bas, qui disait qu'il fallait aussi avoir des bus qui emmènent, qu'ils le veuillent ou pas, ces migrants dans d'autres régions du territoire français, beaucoup plus loin, pour qu'ils puissent être soignés, qu'ils puissent manger. Tout ça me paraît. raisonnable. Mais je crois franchement qu'on n'y arrivera pas si tous les pays européens, et en tout cas le maximum de pays européens, n'acceptent pas de prendre leur part de réfugiés. Je crois qu'il faut de temps en temps laisser aussi un peu parler le côté un peu de commisération à l'égard de ces personnes qui meurent ou qui vivent dans des conditions déplorables. Je crois qu'il nous faut organiser une aide collective pour le réfugié pour l'asile.
Vincent Lameau est en direct avec nous puisque la situation évidemment est évolutive. Il y a encore des recherches en ce moment même pour savoir s'il y a d'autres victimes. Le ministre de l'Intérieur l'a annoncé. Quelle est la situation ?
exactement en route les recherches sont en train de continuer en ce moment même toute la journée trois bateaux des dizaines de secouristes et bien tout le monde est encore à l'oeuvre en ce moment même pour retrouver et bien d'autres corps ici dans cet hôpital deux survivants sont en ce moment pris en charge de personnes dans un état extrêmement critique une hypothermie sévère elles n'ont pas pu parler en ce moment il faut dire qu'à cette époque de l'année l'eau est très froide dans la manche difficile même impossible de survivre au delà de 15 minutes voilà pourquoi les autres sont très pessimistes sur d'autres survivants mais elles s'attendent plutôt à découvrir et bien malheureusement des corps les jours à venir des corps sur les côtes anglaises ou ici en france un bateau de 50 places les migrants auraient pu être plus nombreux sur ce bateau un bilan qui pourrait être encore plus grave c'est d'ailleurs à l'heure actuelle le plus important le plus grave sur ces côtes ici en france sur la côte d'opale
Merci, merci Vincent Lamont en direct. Donc peut-être la réaction à ce que disait Roland Quairol tout de suite. Le
transport loin des côtes me paraît une urgence absolue parce que je ne vois pas comment humainement on peut empêcher ces personnes de tenter leur chance néanmoins. Et à moyen terme, la seule solution que je vois pour tarir le flux, c'est de considérer que toute personne arrivée illégalement sur le territoire français, c'est-à-dire qu'il n'a pas déposé sa demande à l'extérieur, extérieur et systématiquement refoulé. On ne fait plus d'instruction, on sait très bien que les délais d'instruction sont interminables et extensibles à merci en France. Ah bon, c'est impossible ?
Sinon on supprime le droit d'asile, mais ça c'est une autre affaire. Non, on supprime pas le
droit d'asile. Alors la réponse de Renaud Pilar et Nathalie. Non, mais vous êtes bien gentil avec votre... C'est impossible, mais excusez-moi. Non, non, c'est pas une question gentillesse, c'est une question de fait. C'est un peu catégorique.
Non, non, c'est pas de
fait, c'est pas parce que vous avez dit c'est impossible. Alors, Renaud Pilar.
Pourquoi il y a une émotion, c'est que c'est la plus grave catastrophe en la Manche. Il n'y a jamais eu autant de morts, ça rappelle ce qui se passe en Méditerranée. Deuxièmement, une réunion européenne demain, effectivement, Emmanuel Macron la demande parce qu'il comptait essayer de régler ce problème à partir du mois de janv présidence européenne française qui permet peut-être d'accélérer les choses avec un tel drame. va entrer dans la campagne présidentielle, Marine Le Pen et Xavier Bertrand vont s'y mettre, Réunion européenne, pour essayer de, pardonnez-moi l'expression, dispatcher, répartir les migrants avec des quotas. Mais ça ne fonctionnera pas. Je peux vous dire que ça ne fonctionnera pas parce que les pays européens ne veulent pas reprendre des migrants. Les quotas, ça ne fonctionne pas. La solution, elle est uniquement du côté du Royaume-Uni. La Réunion européenne ne sert à rien si ce n'est faire pression sur le Royaume-Uni. Il faut savoir que tous les migrants veulent quasiment aller au Royaume-Uni. Ils ne veulent pas rester en Europe, ils ne veulent pas rester en France. Ils voient les douves en face, ils ont fait 4000 kilomètres, vous ne les arrêterez jamais. Ils veulent aller au Royaume-Uni. Pourquoi ? Parce que le travail clandestin n'est pas contrôlé, parce qu'ils parlent anglais, la langue est très importante, ils ne veulent pas rester en Europe. Au Royaume-Uni ?
Oui, il y a aussi des migrants qui viennent de pays francophones.
Voilà, oui, mais en très grande majorité, ils ne veulent pas rester en France. Et donc, la solution, elle est au Royaume-Uni. Il faut faire pression sur Boris Johnson pour que ça se négocie. Alors,
à moi avec vous, Nathalie Chuc, parce que ça percute, ça percute. Le sujet qui a occupé les deux derniers mois de campagne, sous l'influence notamment d'Éric Zemmour, sur l'immigration. Et là, tout d'un coup, on a le choc, parce qu'on a dit, et on entend, et on sait qu'il y a une sensibilité des Français très forte sur cette question, qui veulent... contrôler les flux migratoires, notamment les nouveaux flux migratoires. Là, face à ce drame, est-ce que ça peut changer l'opinion publique ? Est-ce que ça peut changer l'attitude des politiques ? Ou d'abord, l'opinion publique est d'abord sur une régulation très forte des flux migratoires
Honnêtement, je ne crois pas qu'Emmanuel Macron, aujourd'hui, puisse se permettre de passer l'émotion, d'aller sur une politique à la Angela Merkel, lorsqu'il y avait eu cet accueil de migrants. L'humanité conduirait à dire, voilà, il faut élargir l'accueil aujourd'hui, peut-être faire davantage de place aux gens qui essaient de venir chez nous. Le contexte de la campagne électorale qu'on est en train de connaître l'interdit à Emmanuel Macron. Les premiers mots du chef de l'État consistent à dire « je veux une réunion européenne d'urgence et il faut renforcer les contrôles aux frontières extérieures ». C'est le dispositif Frontex. On ne va pas vraiment dans le sens du laxisme. Par ailleurs, Marine Le Pen a eu des déclarations ce soir, justement vous le releviez à juste titre, disant qu'il fallait tarir le flux d'aide sociale qui fait qu'aujourd'hui on a des migrants qui viennent sur notre territoire. Vous l'avez très bien dit, le sujet c'est pas ça. Ils veulent passer la Manche pour aller en Angleterre. Donc effectivement le problème est là. Comment on fait pression sur Boris Johnson aujourd'hui ? On est en direct avec Damien Carême,
qui est député européen Europe Écologie-Les Verts et ancien maire de Grande-Synthe, qui est une des villes qui est juste tout près de Calais, bien sûr, et dans laquelle vous aviez organisé l'accueil de migrants pendant des années. Face à ce drame, quand vous entendez qu'on va essayer de réunir un sommet européen ou une réunion européenne là-dessus, est-ce que vous êtes optimiste ? Vous pensez qu'on peut y arriver ? Et du coup, comment est-ce qu'on fait pression sur Boris Johnson ?
pense qu'on peut faire pression en se mettant à plusieurs. Effectivement, moi, je le demande et je l'ai demandé au moment de la négociation du Brexit que le problème de ces migratoires soit inclus dans la négociation parce que la Grande-Bretagne sortant de l'Europe, il n'y aura plus, par exemple, le rapprochement familial, les mineurs isolés qui pourraient être renvoyés vers l'Angleterre. Mais la présidente de la Commission et Michel Barnier, que se chargeait du Brexit, me disait que ce n'était pas dans la négociation et que ça se ferait par accord bilatéraux. Emmanuel Macron était déjà président de la France. Emmanuel Macron participait aux réunions du Conseil et donc discutait avec la Commission. Moi, je suis un peu désolé et après que l'émotion, effectivement, nous ait tous gagné. J'entends les propos de Gérald Darmanin qui accuse les passeurs. Certes, les passeurs ont un rôle, mais qu'est-ce que... Quel autre choix ont ces personnes pour quitter leur pays que de passer par les passeurs, comme les Juifs durant la Seconde Guerre sont passés par les passeurs pour aller se réfugier dans d'autres pays, comme les Espagnols qui fuyaient Franco sont passés par les passeurs pour fuir leur pays, que les Italiens qui fuyaient Mussolini sont passés par des réseaux de passeurs aussi. Partout où on met des frontières, où on met des barbelés, où il n'y a pas de voie légale de migration, on utilise des réseaux de passeurs. Voilà, c'est ça qu'il faut mettre en place, c'est des voies légales de migration. Et c'est peser effectivement tout le poids de l'Europe sur la Grande-Bretagne pour organiser d'abord des voies de migration avec le poids de l'Europe et des sanctions qui pourraient arriver derrière si le Royaume-Uni refuse. Et puis il y a un autre sujet à régler, c'est les conditions de vie de ces personnes. Certes, elles veulent se rendre en Angleterre, mais pourquoi elles veulent à tout près se rendre en Angleterre ? Ça a été dit tout à l'heure. Oui, il n'y a pas de carte d'identité en Grande-Bretagne, donc c'est plus facile de faire du travail clandestin. Oui, il y a la langue. Oui, il y a aussi le rapprochement familial, qui sont des bonnes raisons de pouvoir se rendre en Angleterre. Mais il y a aussi en Europe, aujourd'hui, la directive Dublin, vous savez, c'est ce dispositif européen qui fait que, en France, on a un migrant qui arrive et qui est interpellé et qui voudrait faire sa demande d'asile, mais on s'aperçoit que... qu'il a fait une demande d'asile en arrivant par la Grèce, l'Italie ou l'Espagne, il est renvoyé en Grèce, il est renvoyé en Italie, il est renvoyé en Espagne. Et ça, c'est une vraie difficulté. Tout le monde au Parlement européen a une très large majorité qui dit qu'il faut arrêter ce règlement-là parce que du coup, ces personnes... Elles veulent fuir la France parce que si jamais elles sont rattrapées, on risque de les renvoyer vers l'Italie, la Grèce ou l'Espagne. Et c'est une catastrophe pour ces personnes. Et puis, à force de faire de la chasse comme on fait la maltraitance d'État, dont parle un rapport parlementaire rendu la semaine dernière par Sébastien Nadeau, la maltraitance gouvernementale, ça ne donne pas à ces personnes envie de rester dans notre pays et de le quitter le plus vite possible pour arrêter les expulsions trois fois par semaine, la confiscation des effets personnels, la non-distance... Voilà tout ce qu'il faut mettre en œuvre. Merci beaucoup. Merci de cet
éclairage, Damien Karem, l'ancien maire de Grande-Synthe et qui est député européen aujourd'hui. L'Europe est à la fois la solution possible et aussi le problème aujourd'hui. Il
faut se rappeler quand même que l'un des arguments de campagne de Boris Johnson, c'était que la Grande-Bretagne reprenne la maîtrise de sa politique migratoire. Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse valoir comme argument pour lui faire abandonner ça ? Quel intérêt aurait-il à le faire ? Ce n'est pas là-dessus la pression,
c'est sur le travail clandestin, Judith. Il n'y a aucun contrôle du travail clandestin au Royaume-Uni. Vous savez très bien. Les restaurants de Londres et du Grand Londres sont remplis de migrants. Il faut, un, le renforcement du travail clandestin au Royaume-Uni. Vous savez très bien que c'est ça. Vous avez raison pour
le futur. Qu'est-ce qu'on fait des personnes qui sont là ?
Alors les personnes qui sont là... Les personnes qui sont là, je pense que là... Parce que votre idée, c'est de négocier avec Boris Johnson,
qu'il les reprenne. Il ne les prendra pas.
Non, le député européen, le député... Non, mais ce n'est pas les prendre, encore une fois. C'est que les conditions... Mais c'est organisé. Exactement. Les conditions au Royaume-Uni économiques font que le taux de chômage à 5%... Ils disent à leurs cousins, à leur famille, à leurs amis, venez au Royaume-Uni. Deuxièmement, les passeurs, la plupart, sont du côté du Royaume-Uni. Le gouvernement britannique ne lutte pas assez contre les passeurs, qui gagnent des centaines de millions d'euros, parce que les passeurs sont la plupart du temps du côté britannique, alors que la France essaie de faire ce qu'elle peut pour les passeurs. Dernière chose, ce qu'il faut faire, et là où le député européen a raison sur les trois quarts, mais pas sur le dernier quart, Pourquoi les migrants vont dans des forêts ou ailleurs ? Il y a un centre de rétention qui a été créé, Didier Lechy, 300 places. Il n'y a que 20% des places. Parce qu'ils savent très bien que s'ils vont dans ces centres de rétention, ils vont être renvoyés à Dublin. Alors qu'ils préfèrent se cacher ailleurs pour pouvoir prendre les bateaux et aller qu'au Royaume-Uni. C'est un problème du Royaume-Uni. Mais quand on voit, comme sur la pêche, on n'arrive pas à négocier avec ce sacré Boris Johnson, eh bien, on est dans un problème qui, pour l'instant, est inextricable. C'est la solution, pourtant ! Non ! Les quotas, ils ne veulent pas, les Européens ? Roland, ils ne veulent pas. Quel pays vaut des quotas ? Soyons pas naïfs. Il
est possible d'imaginer, à partir du fait qu'on enlève tout de même tous ces gens de la zone de Calais, parce que ça, c'est ingérable, il n'y a aucune négociation. J
'ai dit, les autobus, ils doivent rentrer dans les bus.
On ne leur dit pas tu veux rentrer dans le bus ou pas. Ils doivent rentrer dans les bus et on les met à l'abri à 100, 200, 300 kilomètres. Et là on examine leur droit de vie. Et on se charge de les nourrir, de les soigner et de regarder leurs dossiers. Parce que c'est quand même des gens qui viennent tous de pays dans lesquels ils sont en grave danger. L'accord de l'Afrique, l'Afghanistan. On peut les reciter mais ce n'est pas là que tout le monde les connaît. Donc c'est vraiment un problème humanitaire gravissime. Et si on ne le prend pas comme ça, il n'y a pas de solution. Ils ne veulent pas rester. Alors, on va en parler. On va en reparler à 21h, on va en reparler tout à l'heure. Ils ne veulent pas rester en France. On ne peut pas s'amuser à appeler laxiste une politique de ce genre, chère Nathalie, parce qu'il n'y en a pas d'autre. Ils ne veulent pas rester en France. Autre sujet ce soir. Mais vous aurez des gens qui auront l'asile après.
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