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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
il y a avant toute chose le collègue Lucien-Alexander qui vient de me faire une proposition. Je n'ai pas eu le temps de l'examiner dans son intégralité, mais en la parcourant comme ça en diagonale, je me suis dit que ça ne serait pas inintéressant que je lui laisse la parole pour pouvoir introduire cette séquence. Lucien, il a l'art et la main. ... manière de nous faire de belles surprises par moment, donc j'espère que s'en sera une aujourd'hui et qu'on ne sera pas déçu de sa prise de parole limineant. Donc si vous en êtes d'accord, il n'y a pas de projet d'ordre du jour, c'est sans filet, donc on va lui donner la possibilité de s'exprimer, Lucien si tu veux bien.
Merci, Président. Tu as entendu, on te fait confiance. Merci, Président. Monsieur Mélenchon, bonjour. Bienvenue, côté nous. Tu as
entendu, on te fait confiance. Mes amis, c
'est juste un texte de Mario de Andrade, un poète romancier, essayiste et musicologue brésilien à un moment donné de sa vie, a écrit le texte que je vais vous... Mon âme a un chapeau. J'ai compté mes années et j'ai découvert que j'ai moins de temps à vivre à partir de maintenant que ce que j'ai vécu jusqu'à présent. Je me sens comme ce petit garçon qui a gagné un paquet de friandises. La première, il l'a mangé avec plaisir. Mais quand il s'aperçut qu'il lui en restait peu, il commença réellement à les savourer profondément. Je n'ai plus de temps pour des réunions sans fin où nous discutions des lois, des règles, des procédures et des règlements en sachant que cela n'aboutira à rien. Je n'ai plus de temps pour supporter des gens stupides qui, malgré leur âge chronologique, n'ont pas grandi. Je n'ai plus de temps pour faire face à la médiocrité. Je ne veux plus être dans des réunions où défilent des égaux agrandis. Je ne tolère plus les manipulateurs et les opportunistes. Je suis mal à l'aise avec les jaloux qui cherchent à nuire aux plus capables d'usurper leur place, leur talent et leur réalisation. Je déteste, si je suis témoin, des défauts qui engendrent la lutte pour un travail de haute position. Ne discute pas du contenu, seulement les titres. Mon temps est court pour discuter les titres. Je veux l'essentiel. Mon âme est dans l'urgence. Sans beaucoup de friandises dans le paquet, je veux vivre à côté de gens humains, très humains, qui savent rire de leurs erreurs, qui ne se gonflent pas de leur triomphe. qui ne se sentent pas élus avant l'heure, qui ne fuient pas leurs responsabilités, qui défendent la dignité humaine et qui veulent marcher à côté de la vérité et l'honnêteté. L'essentiel est ce que tu fais pour que la vie envaille la peine. m'entourer de gens qui peuvent toucher le cœur des personnes, des gens à qui les coups durs de la vie leur ont appris à grandir avec des touches douces dans leur âme. Oui, je suis pressé de vivre avec l'intensité que la maturité peut m'apporter. Je suis sûr qu'elles seront plus esquises que celles que j'ai mangées jusqu'à présent. Mon objectif est d'être enfin satisfait et en paix avec mes proches et ma conscience. Nous avons deux vies, et la seconde commence quand vous réalisez que vous n'en avez qu'une. J'espère. Chers amis, camarades, collègues, Que la vote sera la même. Parce que, de toute façon, vous y arriverez. Paul Mario de Andrade. Merci.
c'est bien, apparemment, personne n'est déçu, puisque tout le monde t'a applaudi. Ça me rassure. Oui, monsieur Jean-Luc Mélenchon, député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, cher Jean-Luc, au nom de notre amitié, au nom de notre territoire, la Guyane, j'ai vraiment le plaisir de te souhaiter la bienvenue au sein de notre cité administrative territoriale qui s'inscrit dans ce temps de partage que tu as voulu consacrer à la Guyane. C'est vrai qu'on a beaucoup échangé depuis quelques temps, toi et moi. J'ai également avec Yunus Omarji, député européen de la France insoumise, qui est pour nous un partenaire privilégié dans le cadre des relations que nous entretenons avec l'Union européenne. dont on connaît l'implication, l'investissement sur le territoire de la Guyane. Nous sommes très heureux avec les collègues de la majorité, ici présents, même si je sais qu'il y a quelques absents qui n'ont pas pu se déplacer, de te recevoir, de partager ce petit moment avec toi, et puis voir comment, en tant que parlementaire, tu pourrais, dans la mesure de tes possibilités, porter une contribution active à la défense de certains dossiers. qui concerne notre territoire, la Guyane. Je voudrais citer Nelson Mandela qui disait que cela semblait impossible jusqu'à ce qu'on le fasse. Ce qui semble des fois impossible, c'est de mettre la Guyane sur une rampe de lancement. et puis faire en sorte, comme nous en avons rêvé, qu'elle devienne un carrefour mondial d'excellence. Puisque tel était le slogan de la campagne que nous avons conduite très récemment au sein d'une équipe. qui comptait parmi les candidats, parmi les colistiers, des individualités venant de quelques partis politiques différents. Le mouvement Pays Guyane que j'ai lancé en 2018. Il y avait la Guyane Insoumise, France Insoumise aussi avec nous. Il y avait des personnes représentant le mouvement Génération. Quelques jeunes d'une association jeunesse en réussite. Il y avait quelques individualités aussi qui n'étaient inscrites dans aucun parti politique. Et nous avons réussi à engendrer une dream team qui a pu emporter une élection qui, a priori, n'était pas du tout acquise au groupe que je conduisais. Je dis bien a priori, puisque le résultat nous a permis de comprendre qu'à l'impossible nul... ...détenu et que l'impossible est des fois réalisable à condition que l'on s'en donne les moyens. Et je voudrais encore une fois remercier les collègues ici présents qui y ont cru, parce que j'ai compris au départ que tout le monde n'y croyait pas forcément, mais ils y ont cru parce qu'ils ont accepté de signer, de relever ce challenge à mes côtés pour un résultat que nul ne serait nier. L'ambition de ici la Guyane au rond de carrefour mondial d'excellence, je crois qu'on l'a déjà entamé, on a déjà entamé le chemin qui devrait nous y conduire, puisque nous avons pour coutume de dire que la Guyane est déjà un carrefour mondial. Carrefour mondial, quand on voit le nombre de... personnes qui y vivent, de par leurs origines, le nombre de nationalités, le nombre de langues qui sont parlées. On peut considérer que, contrairement à ce qui est dit habituellement, que la Guyane n'est pas au fin fond du monde, mais la Guyane qui se situe bien positionnée sur l'Équateur et entre les deux grands territoires que sont l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud, n'est pas un territoire qui serait en orbite géostationnaire autour de la Terre, quand bien même c'est un territoire à partir duquel on a l'habitude de lancer des fusées. Il se trouve que nous avons déjà aussi l'excellence, et ça je le dis à qui veut l'entendre, parce que sur ce territoire... siège un certain nombre d'organismes de recherche qui font des travaux extrêmement poussés dans certaines directions. Je pense notamment aux travaux qui se font sur les maladies tropicales, les maladies équatoriales et pour lesquelles on est bien positionné sur l'échiquier mondial. Ce qu'il nous reste à faire, c'est trouver d'autres voies d'excellence, mais les autres voies d'excellence... On les a souvent énumérées. Je parlais tout à l'heure de l'aventure spatiale, qui est effectivement une voie d'excellence. Peut-être que les Guyanais ne se sont pas suffisamment appropriés, mais c'est une partie de l'aventure spatiale qui se déroule à partir du territoire de la Guyane. Et puis, je pourrais également citer l'excellence en termes de ressources humaines, un territoire qui, comme la Guyane, est capable de produire des gens comme René Marant. premier noir pris Goncourt en 1921, comme Gaston Monnerville, dont on connaît le parcours, Félix Séboué, je pourrais citer Léon-Ganton Damas, et plus récemment Madame Taubira, dont on connaît le parcours également au niveau national et international. On peut considérer qu'à ce niveau-là, la Guyane était en capacité de produire également de l'excellence. Et puis la Guyane continuera à produire de l'excellence, même si ce n'est pas elle qui se trouve. à l'initiative, mais le décollage de la fusée au mois de décembre qui va transporter le télescope James Webb pour le compte des Américains pour une valeur de 12 milliards d'euros est quand même un élément fort qui prouve qu'on peut produire de l'excellence ou à défaut de produire l'excellence, on peut être une terre de passage de l'excellence. Je crois que ce qu'il nous faudrait aujourd'hui, c'est arriver à faire en sorte que ce carrefour mondial rejoigne la dynamique d'excellence, mais de manière extrêmement définitive. La Guyane, c'est aussi l'excellence de la richesse culturelle que nous avons par rapport à notre jeunesse dans le milieu de la culture, dans le milieu du sport. Des jeunes qui excellent au niveau national, qui excellent au niveau international. On l'a vu récemment aux Jeux olympiques avec une fille comme Joseph, issu du territoire guanais, qui a pu s'entraîner et se préparer dans des conditions, je veux dire, qui sont dérisoires et qui, par leur talent naturel, ont réussi à briller et à faire briller le drapeau français au niveau international. Donc on n'a aucun doute sur notre capacité localement à pouvoir cheminer vers cet objectif que nous nous sommes fixés. Seulement, tu l'as compris et tu m'as souvent entendu le dire sur les bancs de l'Assemblée nationale, la Guyane a accumulé de très nombreux retards que nous essayons de compenser dans la mesure de nos possibilités. Et ces retards relèvent... du système éducatif à titre d'exemple. Ces retards, on les retrouve également dans notre capacité à produire du logement, dans notre capacité à désencaveler le territoire. On parle de désenclavement numérique, on parle aussi de désenclavement terrestre, on parle de désenclavement aérien. C'est le retard que nous avons aussi accumulé dans la mise en place de la transition écologique. C'est un sujet qui est fortement d'actualité. C'est un retard également qu'on a accumulé depuis de très nombreuses décennies sur notre capacité à améliorer véritablement l'offre de soins, même si très récemment, nous avons pris la décision, le gouvernement a pris la décision d'aller vers la création de ce CHU qui était réclamé à corps et à cri depuis au moins trois décennies en Guyane. On a pu mettre en place il n'y a pas très longtemps le comité de pilotage dont la mission sera de réfléchir à comment on va cheminer pour aller. vers ce résultat final, mais il y a eu beaucoup de retard accumulé. Et puis, Jean-Luc, il y a un sujet que j'ai souvent évoqué à l'Assemblée nationale, c'est cette question qui est liée au cadre statutaire, parce que souvent, on se rend compte que les lois... qui sont votés à l'Assemblée nationale, que les règlements, les décrets qui sont indictés ne prennent pas suffisamment en considération certaines de nos réalités et que finalement les lois trouvent des difficultés à s'appliquer, elles trouvent des difficultés à être véritablement efficientes, compte tenu des freins naturels qui s'y opposent dans leur application, mais qui ne sont pas des freins engendrés. par la population qui sont des freins naturels, qui sont liés à l'économie, qui sont liés au climat, qui sont liés, j'ai envie de dire, à notre mode d'habiter, qui sont liés à la configuration géographique, etc., etc., qui sont autant de vérités fondamentales, qui sont nos réalités, mais qui sont des réalités en même temps qui ne sont pas suffisamment prises en considération par Paris lorsque les lois sont votées. Et c'est la raison pour laquelle tu vas entendre souvent parler. de cette volonté manifestée par les uns et par les autres de faire évoluer le cadre statutaire de la Guyane qui sans être l'alpha et l'oméga peut effectivement être une voie, une piste qui pourrait nous permettre d'aller beaucoup plus rapidement vers les solutions espérées par la population. Donc je ne veux pas être très long mais c'est juste pour te dire que... J'espère que ce déplacement, qui est ton énième déplacement en Guyane, je ne sais pas, est-ce que tu as compté 4 ou 5 ? Non ? Pas tout ça ? Tu étais venu en 2018 pour supporter la candidature de David Ryman sur la deuxième circonscription. Je sais que tu étais venu en Guyane quand j'étais moi-même chez l'établissement. Ce qu'on avait reçu au lycée Belcure-Garé, c'est le jour où l'inspecteur d'académie avait dit au chef d'établissement, quand le ministre va rentrer, tout le monde va devoir se mettre debout. Et certains s'en étaient émus en disant qu'il n'y a pas des enfants à la maternelle. Ça nous avait bien amusé. Mais dans tous les cas, je sais que tu as aujourd'hui une connaissance relativement aiguë et précise de ce qu'est le territoire de la Guyane avec ses problématiques. Et sache que la Guyane compte sur ton implication à ses côtés, même si on sait que le temps qui nous reste... courir avant les prochaines élections est un temps raccourci mais il n'est jamais trop tard pour bien faire et c'est la raison pour laquelle je te dis à quel point l'équipe qui m'accompagne et moi même souhaitant que tu ouvres bien grand les yeux pour pouvoir t'imprégner de ce que sont ces réalités pour que tu puisses en retour nous accompagner puisque la Guyane a perdu un député puisque je n'y suis plus que ma suppléante a fait le choix de ne pas siéger donc ça veut dire qu'il y a un siège qui reste vacant j'ai demandé à mes amis du groupe GDR de de voir comment ils pourraient être nos interlocuteurs. Mais vous n'avez pas entendu ce qu'a dit Jean-Luc, mais ma place à l'Assemblée nationale était juste devant la place qu'occupe Jean-Luc Mélenchon. Et donc, ça veut dire qu'on peut facilement imaginer qu'il n'aura aucune difficulté à porter la parole de la Guyane en mon absence et jusqu'au mois de juin 2022. Voilà ce que je voulais te dire en propos liminaire. On te souhaitait encore une fois la bienvenue à nos côtés et puis bonne chance dans tout ce que tu vas entreprendre à partir de maintenant. Merci.
Applaudissements Applaudissements Applaudissements Applaudissements Applaudissements d'inviter à cette rencontre les élus de l'Assemblée, et dans cette circonstance de me donner la possibilité assez extraordinaire, je suis conscient de ça, de m'adresser à vous tous. Je sais que vous êtes les élus de la nouvelle majorité, je sais que le président Gabriel Serville a invité l'ensemble des élus. Et c'est pourquoi, en vous saluant, mesdames, messieurs, je salue aussi ceux de l'opposition qui ne sont pas là et qui ont décliné l'invitation. C'est pour vous dire que je n'entre pas en contact avec vous dans quelques projets frontales qui auraient pour objectif de m'opposer à ceci ou à cela. Mais peut-être de vous présenter quelques vues. qui pourrait être d'intérêt commun. Je commence par dire que je suis sensible au fait
qu'on m'accueille... ...arriver à ce point magique de mon
existence, où l'on comprend qu'on accueille une
vie. Et dès lors... La première des friandises qu'il est possible de consommer dans cette situation, c'est de s'émerveiller chaque jour, du matin qui se lève et du soir qui se couche. D'être la ferveur
de l'enfant que j'étais autrefois, devant le pas de tir de courroux, à
voir cette fusée s'avancer sur les rails vers son pas de tir en surplombant la forêt immense et profonde que j'apercevais depuis le toit ce contraste extraordinaire entre le monde tel qu'il nous a été donné avant que nous y soyons et la puissance incroyable de l'esprit humain qui frontière après frontière a franchi toujours toutes les limites. Et comme nous avons d'abord vaincu celle du temps, vous autres qui êtes gens de tradition autant que de modernité, vous le savez, combien de temps la culture et le savoir ont dépendu des seules versions orales. Comme nous avons vaincu cette frontière terrible du temps, avec l'invention de l'imprimerie qui a permis d'accumuler les savoirs et de les transmettre sans limite. Ici sur la terre de Guyane, avec le troisième port spatial du monde, l'être humain, sans qu'il soit question ici ni de son genre, ni de la couleur de sa peau, ni de sa religion, a manifesté cette puissance singulière qu'il a. de naître la créature d'aucun biotope en particulier. L'être humain a franchi l'ultime limite, celle de l'atmosphère terrestre, pour entrer dans le vide immense qui sépare les planètes, les étoiles et les galaxies. Oui, je m'émerveillais sans retenue de pouvoir observer cela de mes propres yeux. tandis que le vent me faisait la faveur d'une caresse qui a duré aussi longtemps que nous avons regardé passer cette fusée de son lieu de stockage jusque vers son pas de tir et demain j'espère bien assister à son décollage qui me permettra une fois de plus je ne sais quelle émotion on m'a dit vous verrez chacun a son ressenti et moi je me rappelle d'avoir vu Le premier spationaute français décoller depuis la base de Baïkonour et découvrir pour la première fois que l'air était une matière et que sous la poussée de la fusée, il se frippe. Idée qui ne m'avait jamais effleuré jusque là. Que ce début poétique n'aille pas vous laisser penser que je m'éloigne des réalités dans lesquelles nous sommes. Je crois, comme le président Gabriel Serville,
la force...
rêve. Et c'est en imaginant le plus immense qu'on réalise souvent ce qui semblait impossible dans le plus modeste. L'idée que la Guyane se hisse à un niveau d'excellence mondial n'est pas seulement un slogan habile, mais peut-être une manière de regarder la vie. Alors, puisque c'est le sujet, je commence par une première remarque à propos du spatial. La France, notre patrie commune, méconnaît sa puissance et trop souvent regarde avec beaucoup de désinvolture ce qui est peut-être le plus important, sa capacité à avoir ce port spatial ici. Comment alors que nous sommes ? Je l'ai dit il y a un instant, le troisième port spatial du monde. Comment alors que nous sommes individuels à l'espace ? Comment peut-on à ce point ne pas s'y intéresser ? Comment se fait-il qu'on puisse changer complètement d'orientation politique, comme cela a été fait par le président Macron ? À propos... de la militarisation de l'espace lorsqu'il a décidé de créer un état-major de l'espace, réduisant à néant les accords que nous avons signés en 1967 qui excluaient absolument la militarisation de l'espace. Comment peut-on, en même temps que l'on fait ça, perdre de vue que c'est depuis l'espace que dorénavant se règle un très grand nombre des activités sur Terre ? Par milliers d'applications, chaque jour, à chaque instant, l'espace est présent dans les téléphones, dans les objets, dans les informations dont nous bénéficions. Comment la France peut-elle méconnaître l'importance qu'a son port spatial, son industrie spatiale, qui lui permet de tout faire, parce qu'elle sait tout faire ? Les fusées, le transport, les vols habités. l'exploration entre les planètes comme nous l'avons montré avec la sombre aux états, les observations de toutes sortes. Pourquoi n'est-elle pas immédiatement ici à la disposition de ceux qui se trouvent sur cette terre pour faire en sorte qu'on montre comment on peut décliner de l'espace de la prospérité pour tout le monde. Et je rejoins Gabriel Serville que j'ai toujours entendu tenir sur cette question une parole novatrice et audacieuse et non pas gémissante. Le problème des retombées de l'espace sur la Guyane le plus souvent sont très mal posées. La question n'est pas, mais c'est déjà le cas, qu'on profite bien sûr de l'installation qui est là. Mais comment peut-on le déduire, et l'enseignant qu'il est, sans doute parmi vous, vous le savez comme moi, comment peut-on déduire de tout cela de nouvelles activités, de nouveaux savoirs, c'est-à-dire s'assimiler complètement à la nouveauté qu'est l'espace. Nous avons besoin en Guyane qu'à l'IUT, qui existe déjà, correspondent des licences professionnelles, des bacs professionnels. des métiers de l'espace, et pas seulement des métiers qui entourent l'espace, qui sont très importants. Je me rappelle ma colère de ministre de l'enseignement professionnel en arrivant ici, lorsqu'on m'expliquait qu'on ne réparait pas la clim dans les collèges le long du Maroni, parce qu'on ne savait pas le faire. Mais je vous rassure, il n'y a pas qu'ici qu'on ne sait pas le faire. Tous ces métiers, bien sûr, qui sont des métiers de pointe, qui sont souvent méprisés. par une certaine aristocratie intellectuelle, ou pas intellectuelle d'ailleurs, en tout cas pas assez pour comprendre que tout métier est une science pratique, dorénavant au 21ème siècle. Bien sûr ces métiers, mais tous les autres. Je suis certain que dans un pays où l'on est capable d'imaginer un thème B, dont la création reste pour moi un mystère. Je l'ai dit tout à l'heure à Gabriel Serville. Où sont les formes que l'on observe sur un thème B ? Où sont-elles dans la nature, dans les paysages ? Nulle part. Il a donc bien fallu une imagination radicale et une capacité à percevoir dans la réalité quelque chose d'extraordinaire pour qu'un thème B ait été fait. Celui qui est dans le hall de cette collectivité se trouve que son auteur... il y a de cela une petite décennie, m'a fait la faveur de m'en vendre un exemplaire qui fait deux mètres de haut et dont je ne savais que faire lorsqu'il est arrivé chez moi et que j'ai fini par mettre sur mon mur. Mais c'est toujours le même événement de fascination pour moi. L'art bien sûr a toujours été le langage particulier d'une réalité particulière qui ne s'exprime que dans les formes de l'art. Mais je me rapporte à l'esprit guyanais capable de produire ce tembé. Et alors, le même esprit ne serait pas capable de concevoir les nouvelles applications qui se déduisent du traitement des données qui viennent de l'espace. Bien sûr que oui. L'imagination est là, la jeunesse est là. Il n'est de richesse que d'être humain. le reste est illusion. C'est pourquoi j'étais tellement d'accord avec toi, comme tu as dit, la première chose que je n'accepterai jamais, c'est 15 000 enfants qui ne soient pas scolarisés. Si le destin permet que j'ai de nouvelles responsabilités dans notre pays, je prends l'engagement devant vous que ce sera la première tâche à laquelle je m'appliquerai à votre propos. Et peut-être que c'est en Guyane d'abord qu'il faut créer l'une de ces écoles professionnelles de l'enseignement que je crois nécessaires à tout le pays. Je me souviens de la période où il s'agissait de trouver des instituteurs et des institutrices, à l'époque il y avait 8000 enfants qui n'étaient pas scolarisés en Guyane. J'ai dit non. On ne les recrutera pas à Bac plus 5, il n'y a pas de Bac plus 5. Et s'il n'y a pas de Bac plus 4, on les recrutera à Bac plus 3. Parce que la priorité, c'est d'éduquer, c'est de former. Et nous avons besoin que les enfants qui seront demain maîtresses et maîtres d'école, jouissent du respect qu'il n'est possible que lorsqu'on s'identifie à eux. Et pour cela, nous avons besoin d'écoles d'enseignement professionnel, pédagogique, pour former des professeurs, femmes et hommes, que l'on recrute au bac et peut-être même avant. De manière à ce que, disposant d'un revenu, ils aient tout le temps qu'il leur faut pour étudier correctement et devenir les bons maîtres d'école, maîtresses d'école dont nous avons besoin. Ce sujet pourrait paraître secondaire dans bien des endroits. Voyez-vous, vous autres Guyanais, vous vous imaginez peut-être des choses qui ne sont plus hélas. La vérité, c'est que vous savez qu'une partie de vos enfants sont déscolarisés. Mais que l'Hexagone, lui, ne sait pas qu'une partie de ses enfants sont déscolarisés. Vous savez que vous avez la crise de l'eau, alors qu'il y a de l'eau partout. Mais l'Hexagone ne sait pas qu'il est en train de vivre aussi la crise de l'exploitation de l'eau et la perturbation du cycle de l'eau. De ce point de vue, Dans la prise de conscience des problèmes, la Guyane ouvre le chemin. Elle ne clôt pas le cortège. C'est pourquoi il y a plus à apprendre de ce que vous avez aperçu et des solutions que vous avez trouvées que l'inverse. Je vous le dis bien franchement. J'ai évoqué l'espace, j'ai évoqué la scolarisation. Je dis un mot de la crise sanitaire. A l'occasion du débat qui vient d'avoir lieu à l'Assemblée nationale pour renouveler le pass sanitaire, les dépuzés insoumis, une fois de plus, ont expliqué pourquoi ils sont violents. Le pass sanitaire n'est pas une protection. Car il a à l'évidence pour objectif de pousser tout le monde à se vacciner. Mais quand bien même serez-vous vacciné, comme c'est mon cas. J'en ai pris la décision pour abaisser le niveau du risque que je prenais comme homme de mon âge. Je sais très bien que je peux être contaminé. Mais surtout, ce que je sais, c'est que je peux continuer à contaminer les autres. Parce que le vaccin ne me protège pas de ça. Dès lors, il y a une illusion avec le pass sanitaire que je juge dangereuse. C'est de croire que parce qu'on a le pass sanitaire, on peut se passer des gestes barrières. Que parce qu'on a le pass sanitaire, on peut se comporter avec désinvolture devant le risque. Le risque existe et il est lié à des facteurs de comorbidité. C'est-à-dire que dès lors que l'on souffre ou bien de l'épidémie d'obésité, ou bien de l'épidémie d'hypertension, ou bien de l'épidémie de diabète, on est davantage susceptible d'être atteint d'une manière mortelle par le Covid. Dès lors, la réflexion à avoir doit porter sur l'ensemble des facteurs de comorbidité et la manière de prévenir ceux qui en souffrent des dispositions particulières qu'ils doivent prendre pour se protéger. Voilà ce qu'on appelle un traitement rationnel du risque. Le risque zéro n'a jamais existé, ni aujourd'hui, ni demain, ni jamais. Nous gérons en adultes conscients comment nous pouvons diminuer le risque pour nous-mêmes et pour nos enfants. Alors, je suis opposé au pass sanitaire. D'aucuns voudraient que ce soit une opposition de principe au vaccin. Peut-être y a-t-il parmi vous. des personnes qui y sont opposées. Ma foi, je n'ai qu'une chose à dire, l'Organisation Mondiale de la Santé nous dit que la vaccination obligatoire n'est pas une bonne idée et qu'il faut convaincre plutôt que contraindre. Je me garderai bien de vous dire comment vous devez vous comporter, je n'en aurai pas l'audace. Je peux vous dire quel choix j'ai fait personnellement et pourquoi. Je continue à croire que quand on dit aux autorités publiques qu'il vaut mieux convaincre que contraindre, la première chose à faire, ça n'est pas commencer par essayer de contraindre. C'est plutôt d'essayer de convaincre et de se demander quand on n'a pas convaincu si la faute est à ceux qui ne sont pas convaincus ou à ceux qui n'ont pas été convaincants. Est-ce en reste en moi d'enseignant ? Est-ce la promiscuité avec mon camarade Gabriel Serville qui fait que nous pensons, lui et moi, que dans ce genre de situation, la responsabilité incombe plutôt à celui qui n'a pas su convaincre et qu'il lui faudrait donc renouveler ses arguments ? Je ne sais pas si j'aurais convaincu à cet instant qui que ce soit parmi vous de se faire vacciner comme je le suis moi-même, mais je pense que comme responsable politique, public, je ne peux pas avoir d'autre attitude que celle-ci. Et je vous demande de comprendre que j'ai fait partie des rares personnes qui, depuis le début, plaident pour le libre accès aux vaccins. À la demande de mes propres camarades dans le monde entier, qui me disaient, vous n'allez quand même pas continuer à rester dans un club de riches sans vous occuper de ce qui peut arriver aux autres. parce que, ballot que vous êtes, si vous vous vaccinez entre vous et que vous ne vaccinez personne d'autre, non seulement vous créez des problèmes à tous ceux que vous vaccinez de force, mais vous ne réglez aucun problème, parce que les autres ne l'étant pas, le monde étant ce qu'il est, la circulation n'est pas interrompue. Voilà, j'en ai assez dit sur le sujet, je crois. Je passe à un troisième sujet, celui des institutions, puisque tu as abordé la question. J'appartiens à une tradition philosophique qui a ses racines dans la philosophie des Lumières qui s'est couronnée politiquement dans la révolution de 1789 et le jacobinisme politique. Une interprétation rapide du jacobinisme fait que souvent on le confond avec le bonapartisme et qu'on a imaginé que le jacobinisme, qui a avant tout l'apologie de la citoyenneté, serait une sorte de régime rigide, nécessairement vertical, où l'on décide depuis un endroit en imposant à tous les autres. Non, ça c'est le bonapartisme. Je vais vous dire que si on appliquait aujourd'hui, sur tout le territoire de l'Hexagone, la constitution de 1793, mes amis, vous seriez bien pâles. au moment de devoir l'exécuter, parce qu'elle prévoit que si un tiers des départements français ne veut pas d'une loi, elle ne s'applique pas. C'est la constitution jacobine de 1793. Si bien que je vous propose qu'on évacue l'idée qu'il y ait quelque part quelques secrets organisationnels qui resteraient à découvrir pour enfin garantir le bonheur et la paix commune. non hélas une fois de plus il faudra chercher et trouver avec dans les limites de nos pauvres cerveaux la solution je peux vous donner mon point de vue tel qu'il est aujourd'hui après l'évolution que j'ai pu connaître dès que je suis entré dans ma deuxième vie celle où je savais que j'en avais plus qu'une et que j'avais intérêt à bien réfléchir à ce que j'allais dire il se trouve que les députés de la corse qui 3 sur 4 sont autonomistes, se sont comportés comme des amis, parlant avec les uns et avec les autres, au lieu de la froide confrontation à laquelle on aurait pu s'attendre. Ils m'ont montré et permis de comprendre ce que je savais sans vouloir me l'avouer, que la France n'est plus un état unitaire. Parce que la Nouvelle-Calédonie française a un gouvernement territorial, au titre de l'article 74. Parce que le gouvernement de la Calédonie française est lié au congrès du territoire, qui est une forme d'organisation particulière. Parce que Wallis et Futuna a un autre statut. Parce que la Martinique n'a qu'une assemblée, tandis que la Guadeloupe en a deux. Que la Guyane a une collectivité territoriale. Et que nous sommes tous français. Dès lors, nous vivons dans une république qui a pris une forme nouvelle. Est-ce que cette forme nouvelle va nous échapper comme l'espace nous échappe ? Nous sommes devant, nous avons les moyens, mais nous ne le voyons pas et nous n'avons pas envie d'en parler. Eh bien si, moi j'ai envie d'en parler. Et je sais parfaitement que le développement de la population de la Guyane, sa diversité, l'augmentation de son nombre... nous mettent au seuil de nouvelles réalités. Le peuple, ici comme ailleurs, veut contrôler ce qui lui arrive et les décisions qui sont prises. Par conséquent, il faudra faire évoluer les institutions. Je te réponds à ton interrogation en disant, pour ma part, je n'ai aucun inconvénient avec l'article 74, à la condition que les populations en veuillent. Mais, on pourrait imaginer... qu'une nouvelle situation soit imaginée. Je sais que le président Simeoni et le président Lestimi travaillent à faire des propositions. Ce sont deux présidents d'Assemblée territoriale insulaire. L'en déplaise à M. Macron, la Guyane n'est pas une île, l'île de France non plus. Mais il est vrai que, entre le Yapok et le Maroni, on peut dire que ça a une allure insulaire, avec toute cette eau. Mais c'est surtout, juridiquement, que l'appartenance à la France, et donc à l'Union européenne, crée en quelque sorte une sorte d'insularité sur le territoire de l'Amérique du Sud. Ce n'est pas du tout l'idée que je m'en fais. Je crois au contraire, étant l'un des rares hommes politiques qui mentionnent que la plus longue frontière de la France n'est pas le Rhin avec l'Allemagne, mais le IAPOC avec le Brésil, qu'un autre rôle peut s'imaginer. Et j'ai dit, parce que vous savez comme moi qu'il faut trouver des formules pour être entendu, que si j'étais élu président de la République, je me considérerais comme un président de l'Amérique du Sud. Et je peux vous faire l'aveu suivant, je ne plaisantais pas. Je pense que la France, à la porte de cinq continents, ici pas à la porte mais dessus, a un autre rôle à jouer. Et le président, quel qu'il soit, je m'empresse de le dire, de cette collectivité, a un rôle singulier à jouer pour le compte de la patrie commune et dans la spécificité. locale à l'égard du reste du continent. Ceux qui ne comprennent pas ça, ne comprennent rien à la réalité elle-même. Et vous avez bien vu que sur l'OIAPOC, quand les Brésiliens ont appelé au secours, je préfère vous dire que comme Français, je ne me sentais pas très fier de ce qu'on était en train de faire, ou plus exactement, de ne pas faire. J'aurais pu dire la même chose à propos du Maroni. et des populations du Suriname. Gabriel m'a confirmé l'intuition que j'en avais, il était absurde de se comporter comme on l'a fait, en pensant que le virus aurait le bon goût de présenter des papiers à la douane avant de venir, avec des populations qui ont l'habitude normal, et pourquoi pas, d'aller venir circuler, enfin, quoi de plus normal. Voilà pourquoi, chers présidents, chers collègues, je veux vous dire que Si vous vous en prenez l'initiative le moment venu, et si c'est à moi qu'elle s'adresse parce que j'ai d'autres responsabilités, vous ne tomberez pas sur porte close ni face de pierre. Le contraire. Le contraire. Mais je ne veux pas vous cacher la difficulté que cela soulève dans mon esprit. Qu'il y ait des lois pays, soit, mais qu'il est valide. Et comment sont-elles conformes aux droits que nous avons en commun et dont personne n'a dit qu'ils ne voulaient plus ? Car si nous sommes une patrie commune, alors nous avons d'abord des lois communes. Et on ne peut pas le résumer à dire l'armée, les affaires étrangères, la justice. Je te suis là-dessus, Gabriel, c'est un peu fossiliser le dossier que de l'enfermer à ça. Je ne veux pas vous cacher que je suis hostile sur le territoire de l'Hexagone à la loi qui a été proposée par le président Macron et adoptée par le Sénat, qui permet la différenciation législative sur le territoire de la République pour un certain nombre de questions, dont les lois sociales. Militant de longue date du mouvement socialiste et ouvrier, puis fondateur avec d'autres de la France Insoumise, attaché avant tout et si souvent à ce qui nous permet de faire peuple ensemble, c'est-à-dire nos revendications communes, nos aspirations communes et notamment nos aspirations sociales. Je ne peux pas accepter l'idée qu'il y ait autant de codes du travail qu'il y aurait de départements ou de villes ou d'entreprises. Je ne suis pas d'accord avec ça. Les salariés sont toujours les victimes de la différenciation législative quand elle touche aux matières sociales. Et quand un travailleur, par sa lutte ou par le groupe qu'il constitue, obtient un avantage, nous autres Français, nous avons inventé quelque chose de bien spécial, c'est le principe de faveur que M. Macron a aboli et que je rétablirai. On ne peut avoir d'accord d'entreprise que s'il est meilleur que l'accord de branche. et que s'il est meilleur que la loi elle-même, aucune régression n'était permis jusqu'à monsieur Macron en matière sociale. Alors je ne veux pas vous cacher que ça restera mon point d'interrogation. Je ne vous dis pas que j'ai la solution à cet instant, mais je vous dis que dans la franchise de notre relation, au moment où il faudra prendre la décision, cette question ne sera pas évacuée. C'est celle de l'intérêt des travailleurs, de l'unité du droit social. et de la protection des acquis sociaux, qui vous ont coûté si cher à obtenir, comme à tous les travailleurs. J'espère ne pas avoir été trop long, je sais que je compte sur vos rangs, dans vos rangs, plusieurs d'entre vous qui m'ont fait la faveur, d'ores et déjà, de parrainer ma candidature, et je ne vous cache pas que j'espère bien repartir avec d'autres parrainages. Alors on me dit, vous venez pour ça, bah aussi pour ça, ça s'appelle la démocratie, il n'y a aucune honte à le dire, vous n'avez jamais réclamé ce privilège, moi non plus, j'ai proposé que ce soit des citoyens qui puissent l'avoir ce privilège, on me dit que non, alors cela vous fait devoir, vous avez ça sur les genoux, est-ce que la démocratie française serait meilleure si je ne puis être candidat, j'en doute. Est-ce qu'elle sera meilleure si je suis candidat ? C'est possible. Si je suis élu, c'est certain. Mais d'ici là, il y a quelques étapes à franchir, dont la conviction. Une élection n'en déplaise au président de la République actuelle n'est pas une formalité administrative. Lui considère que si, puisque le voici président sortant, et il accepte d'être président de l'Europe, mais c'est pour six mois, et son mandat s'arrêtera deux mois avant. Et ça n'a pas l'air de le déranger. Bon, tout ça pour vous dire que de magnifiques opportunités se présentent. Je n'aurais pas accepté de moi-même de ne pas vous l'avoir dit. Et dans cette difficulté où je me trouve de collecter ces signatures, je crois honnête de vous dire que j'espère augmenter celles qui me viennent de Guyane et qui sont déjà assez nombreuses en toute hypothèse. Elles seront plus nombreuses que la dernière fois, puisque la dernière fois, je n'en avais aucune. Si bien que je viens ici en situation de progrès et d'avancée. Si un seul avait signé, c'était déjà du 100%. Dès lors que vous êtes une dizaine, eh bien vous voyez, vous multipliez. C'est donc un homme heureux que vous voyez devant vous. Et je vous remercie pour votre patiente attention à ce discours dont j'espère qu'il me permettra de m'être bien fait comprendre. dans tout ce que nous partageons, comme dans toutes les interrogations que je soulève. Et vous êtes élus comme moi, vous êtes mes collègues, vous savez combien c'est dur de savoir répondre à tout, et à toutes les circonstances. Quand on m'a demandé quel était mon avis sur la crise, je n'ai aucune espèce d'idée, la crise sanitaire. Sur les virus, je n'ai pas de compétences particulières. On me dit, mais vous devez vous exprimer. Mais je ne suis pas l'ISENCO. Je ne crois pas qu'il y ait une théorie politique qui me permet de vous dire ce que scientifiquement il faut faire. Mais à vous, on pose la même question tous les jours. À toi, pire qu'à tous les autres. Et à la fin, tout ça nous arrive. Mais voilà, nous sommes donc bien au pied tous. au pied du même mur, celui de l'interrogation humaine, que faire d'utile, que faire de juste, comment se rendre digne de la vie que l'on a avec les autres. Et bien c'est par ces mots que je conclurai, tâchons de nous en rendre dignes ensemble, et je suis certain que c'est ce que vous entreprenez, c'est ce que pour ma part j'essaye de couronner.
Merci Jean-Luc. Il y a deux personnes que j'aimais écouter à l'Assemblée nationale, que j'aime toujours écouter. Quoi qu'il y a une qui n'est plus là, c'est Jean-Luc Mélenchon ici présent et c'était Cahuzac, à l'époque où il était encore député, m'avait vraiment impressionné par son langage, par son aisance oratoire. J'ai été déçu le jour où j'ai constaté qu'il nous avait franchement menti et puis je me suis demandé mais depuis quand il nous mentait de la sorte. On ne sait pas à quel moment ça a commencé, mais ça nous a laissé un souvenir vraiment très, très, très améant. En tout cas, Jean-Luc, vraiment merci. Tu as dit que c'est dur de savoir répondre à tout et en toutes circonstances. Je pense que les collègues ici présents auront des questions à te poser certainement. Là, on n'est pas en toutes circonstances, on est dans une circonstance très particulière, dans un cadre presque intimiste. J'espère que les questions vont trouver des réponses naturelles chez toi. Mais je sais que tu as cette capacité à pouvoir appréhender rapidement le sens des questions, aussi bien dans la forme que dans le fond. pour pouvoir leur apporter les réponses qui sont attendues. Donc collègues, les micros sont ouverts si vous voulez la parole. Collègues Zadkiel, on t'écoute.
Merci Président. Monsieur Mélenchon, bonjour. Je suis un simple citoyen de Guyane et vous êtes quelqu'un pour qui j'ai un grand respect. Et ce pour des raisons très simples qui m'ont conduit à voter pour vous aux dernières élections présidentielles en 2017. Votre franc parler, votre façon de parler, permettez-moi et passez-moi l'expression, votre grande gueule et le fait d'assumer vos propos et positions. Ce sont des valeurs importantes pour moi que je reconnais. n'y a pas de souci, bien au contraire. Après avoir regardé votre programme et celui d'un autre candidat, c'est ce qui a d'ailleurs fait pencher la balance chez moi lors des élections. En plus d'avoir été le seul depuis une décennie à proposer dans son programme de passer à la 6e République. Si je ne maîtrisais pas les enjeux de ce changement à l'époque, j'avais bien compris que c'était un pari risqué pour vous de faire ça et j'ai trouvé ça osé et fort. M. Mélenchon, en 2017, je faisais partie de ces hommes cagoulés descendus dans la rue pour dire stop à l'insécurité en Guyane, engendrant un mouvement social sans précédent qui lui-même voulait dire également stop, mais à l'ensemble des retards qu'accuse notre pays depuis trop longtemps, et j'insiste dessus, notre pays est non département. M. Mélenchon, en juin 2021, j'ai fait compagne auprès de M. Gabriel Serville, La population a fait le choix de nous donner les rênes du pays pour opérer des changements nécessaires dans ce pays-là. C'est ce qui fait que le simple citoyen que je suis est également élu de la collectivité majeure de Guyane, ce qui me permet de m'adresser à vous directement aujourd'hui, sinon je n'aurais jamais pu le faire. Vous êtes cette semaine en campagne en Guyane pour les présidentielles de 2022. Très bien. Bienvenue parmi nous et je suis ravi de vous rencontrer. Mais M. Mélenchon, maintenant que je vous ai dit tout ça, j'aimerais savoir certaines choses quant à vos intentions en tant que candidat aux futures élections présidentielles. Le simple citoyen que je suis et élu ne croit plus depuis bien longtemps en le gouvernement français et en la justice française qui est tronquée. Il n'y a aucune séparation des pouvoirs. Cinq ans après les événements de 2017 et les accords de Guyane, si très peu de choses ont été concrétisées, aucune impactant concrètement le quotidien des Guyanais. Le simple citoyen élu que je suis constate que ces dernières années, le gouvernement français a usé et abusé du 49-3 pour faire passer des lois contre sa population. On a vu dernièrement M. Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale république en marche, mettre au vote un amendement déposé par des députés de sa majorité, faire adopter cet amendement alors que les votes à main levée étaient majoritairement contre. J'aimerais savoir qu'est-ce que vous apporterez de plus comme changement face à vos prédécesseurs ? Quand le simple citoyen élu que je suis voit depuis trop longtemps qu'en Guyane, comme partout ailleurs, on nous demande de respecter les lois de la République, les lois de la justice, alors que République et Justice ne respectent pas leurs devoirs et donc nos droits. A quoi cela a servi de se battre en 2017 ? Pour faire paraître au journal officiel les accords de Guyane, pour que ceux-ci ne soient pas respectés par ceux qui nous imposent les règles. Ce qui nous impose les lois. Si vous êtes élu président de la République, est-ce que vous allez continuer à nous envoyer des préfets et des directrices d'ARS qui, sous couvert de leur autorité, usent et abusent de leur pouvoir pour mettre à mal un peu plus notre pays ? Est-ce qu'on va encore se retrouver avec des procureurs de la dite République qui sont de connivence avec les autres représentants de l'État en Guyane ? et qui, par des jugements exemplaires contre des militants, nous montre clairement que la séparation des pouvoirs n'existe pas. Quatre de mes amis sont aujourd'hui en prison pour des feux de palette qui ont généré un peu de suie et rien de plus sur une façade de la préfecture. La préfecture de Guyane, d'ailleurs, est un bâtiment protégé et classé monument historique où l'État a décidé, après les événements de 2017, De transformer la bâtisse alors que c'est interdit par la loi pour y mettre des grilles de protection et servir de bon cœur, encore une plus en Guyane, face à la population qui, pour reprendre vos mots, quand ils se fâchent, ce ne sont pas des énervés assistés qui mordent la main, qui leur donnent à manger. Ils ne le font pas pour rien. Ce sont les mots que vous avez prononcés lors de votre dernier passage en Guyane sur ce que vous avez appelé le port de Cayenne. Vous mettiez en avant les difficultés avec lesquelles travaillent les pêcheurs en Guyane. Des exemples comme ça, M. Mélenchon, chaque personne ici pourrait vous en donner une dizaine et tous différents. Tout pour ne plus jamais croire en la liberté, la légalité et la fraternité quand on est en Guyane. Avec vous, président de la République de France, est-ce qu'on ira à nouveau vers cette sixième République ? Est-ce que certains d'entre nous pourront peut-être se sentir un peu plus français ? Est-ce que ça continuera d'être la débandade en France ? Parce que ce qui se passe chez vous est multiplié par dix, par cent chez nous. Merci pour votre attention, M. Mélenchon.
Collègues, il est douloureux de vous entendre, parce que je connais la part de vérités blessantes de ce que vous exprimez. C'est une souffrance pour moi d'imaginer que ma patrie puisse être le lieu d'une... d'une telle violence inutile, humiliante, lorsque je me trouvais avec les pêcheurs. On m'avait expliqué l'importance des accords. Pourquoi n'ont-ils pas été respectés ? C'était extraordinaire cette affaire. On n'en revenait pas dans l'Hexagonie. Ce qui était extraordinaire, c'est qu'on a eu le sentiment que tout d'un coup surgissait un pays. Je pèse mes mots. C'est toujours les luttes de libération commune, d'émancipation, qui fondent une identité collective. Il y en avait pour eux. Il manque 2 milliards. C'est rien de milliards, je sais que ça peut paraître étrange comme formule. L'ISF qu'ils ont supprimé, c'est 3 milliards par an. La République française s'est appauvrie d'elle-même, de cadeau en cadeau, fait toujours au même de 100 milliards depuis la présidence du président Chirac. Je comprends que quand on a eu la parole donnée du président de la République, des ministres, et qu'ensuite il ne se passe rien, alors on a le droit de dire en effet, mais pour qui vous nous prenez ? Je comprends votre message, je l'entends. Je sais aussi que votre génération, vous êtes plus jeune que moi, est entrée dans une logique qui bien sûr va vous conduire à des discussions qui vont pas être simples, hein, entre vous. Mais je comprends que sur la base de... de tant de reniements, de tant de paroles qui n'a pas été tenues. Une mise à distance se crée. C'est elle qui m'est douloureuse. Parce que moi, j'ai envie qu'on fasse peuple ensemble, mais c'est vous qui avez raison. On ne peut pas faire peuple ensemble sur la base de l'inégalité, sur la base de la violence, sur la base de l'humiliation. Et je sais que vous n'exagérez pas. S'agissant... de nos quatre camarades qui sont en prison. Je dis camarades parce que j'appartiens à cette longue histoire. Je veux d'abord exprimer ma stupeur devant l'incroyable dureté des décisions qui ont été prises contre eux. Et je veux dire que je ne crois pas que ça améliore quoi que ce soit. La Guyane a intérêt à ce qu'on discute d'abord, on punit après. Ce n'est pas quatre palettes qui ont changé la face du territoire, ce n'est pas vrai. Heureusement qu'on n'a pas raisonné comme ça quand d'aucuns ont mis le feu au Parlement de Bretagne, parce qu'ils ont réellement mis le feu. Je ne crois pas que quelqu'un ait jamais été attrapé. Je ne suis pas en train de vous dire que je trouve ça normal qu'on mette le feu à un bâtiment. Mais je ne crois pas qu'à quelque moment que ce soit, qui que ce soit ici ait eu l'intention d'incendier quelques bâtiments que ce soit. Non. Donc je trouve tout ça disproportionné. Et s'agissant de syndicalistes, je crois que la décision n'est encore moins adaptée. parce qu'un syndicaliste par définition c'est quelqu'un qui réfléchit, qui s'engage en mesurant ce qu'il fait, qui est souvent un médiateur dans les conflits, bien sûr il les organise, c'est son boulot, de faire en sorte qu'il y ait la discussion, parce que des fois si on ne monte pas le ton, il n'y a pas de discussion, on est obligé de faire comme ça, les gens ne choisissent pas cette forme-là, elle leur est en quelque sorte imposée par l'indifférence des puissants. Donc je me reconnais. dans leur combat et je nie qu'ils aient eu une intention criminelle. Voilà. Donc j'en suis solidaire et je le redirai tout à l'heure au syndicat. Vous avez raison de dire que la racine de nos problèmes est dans une contradiction que nous connaissons depuis très longtemps dans la lutte politique, dans la lutte révolutionnaire. qui est que nous avons à la fois besoin d'institutions stables pour gérer la société, ça ne peut pas être le régime de l'assemblée générale permanente, ni de la barricade éternelle, mais en même temps, la stabilité des institutions ne doit pas empêcher la participation à tout moment des populations. C'est la raison pour laquelle je veux d'abord vous confirmer qu'en effet, si je suis élu, nous convoquerons une assemblée constituante, dans le but... d'établir une nouvelle règle du jeu, mais que pour protéger la capacité à tout moment de la population d'intervenir, nous établirons, instituerons le référendum révocatoire. C'est-à-dire que, quel qu'élu que ce soit, vous, moi, le président de la République, le conseiller général du coin, nous serons toujours placés sous la possibilité, pour un nombre déterminé de citoyens, de voir nos mandats repris et redonner à d'autres. Je crois à la force du référendum révocatoire. Une série d'États des États-Unis d'Amérique et quelques pays
de l'Amérique du Sud appliquent le référendum
révocatoire qui est dans leur arsenal constitutionnel. Et deuxièmement, je crois à l'importance du référendum d'initiative citoyenne. pour poser des lois, si bien que ma conclusion sur le sujet, c'est que nous ne manquons ni des moyens matériels, j'y insiste, ni des moyens matériels, ni des moyens institutionnels de faire vivre une société dans laquelle le droit des personnes et leur dignité serait respecté à 100%. Nous ne manquons d'aucun des moyens de le faire et personne ne peut vous dire le contraire sans mentir. Je le redis, pour appliquer les accords de Guyane, il manque 2 milliards. Le rétablissement de l'impôt sur la fortune, c'est 3 milliards. C'est bien qu'on peut la première année régler le problème, les sommes seraient là. Vous auriez la difficulté d'arriver à les employer immédiatement parce que vous savez que moi comme élu que ce n'est pas le plus simple. Mais enfin, qu'on ne vienne pas dire ce n'est pas possible, on n'a pas l'argent, ça coûte trop cher. Ce n'est pas trop cher. On trouve d'autres moyens, je ne sais pas, la dette ou autre, on peut aussi le faire. Ce n'est pas vrai qu'on ne peut pas payer, ce n'est pas vrai. Quant à la vie commune que nous avons, ce n'est pas vrai que nous sommes condamnés à la brutalité, à la confusion des pouvoirs et à la monarchie présidentielle avec ses déclinaisons dans tous les compartiments. Moi je suis d'accord avec vous, j'ai pas l'intention de critiquer les hauts fonctionnaires que l'État met en place, c'est pas mon sujet, mais je vois bien quelle mentalité répand partout, pas qu'en Guyane. L'idée que puisqu'il y a un président qui sait tout, qui fait tout, et qui décide de tout dans son conseil de défense, alors par déclinaison, tous les autres en font autant. Et que l'exemple qui est donné, ce n'est pas l'affabilité, la bienveillance, mais la brutalité, le
commandement, l'ordre qui vient
puisque vous avez évoqué la question des picheurs, j'en profite, même si la question n'a pas été posée complètement, pour donner la réponse. Je désapprouve absolument la nonchalance avec laquelle est traitée la question de la pêche clandestine. Et je tiendrai parole le moment venu, me souvenant de M. Caram. Les navires qui procèdent à de la pêche clandestine... dans les eaux territoriales françaises ne seront pas détournées mais capturées. Les personnes qui se trouvent à leur bord et qui participent à une action illégale seront punies. Les navires qui les portent seront détruits. Les pêches qu'ils auront effectuées seront mises à la disposition ou de la collectivité ou des pêcheurs locaux. Nous ne pouvons pas accepter plus longtemps d'être nargué de cette manière. La France est une grande puissance, qui s'y frotte doit s'y piquer. Je l'ai dit au secrétaire général des affaires maritimes quand il est venu à la commission des affaires étrangères. Je lui dis il y a mieux à faire que des ronds dans l'eau face à la pêche clandestine. Je n'accepte pas l'idée qu'on n'y peut rien. On me dit c'est aussi difficile à contrôler une côte qu'une forêt. Fort bien, eh bien il n'y a qu'à s'en donner les moyens. Aujourd'hui, avec des drones d'observation, on fait ce qu'on veut. D'ailleurs, on pourrait les fabriquer en Guyane. D'ailleurs, on pourrait former le personnel pour les faire fonctionner en Guyane. Ça, ce n'est pas la responsabilité du président, ni de vous, mes chers collègues. C'est la responsabilité de l'État. Si avoir un État insens, c'est celui-là. Faire respecter ses frontières. Faire respecter les droits des populations qui sont sur ce territoire. Et ce que je viens de vous dire là, avec la petite dose de brutalité qu'il faut pour être entendu et entendre la réplique, j'ai l'intention de le dire partout où je passerai, si on me pose la question sur la pêche clandestine. Et même si on ne me pose pas la question, j'ai l'intention de le dire.
Merci. Dans la demande de prise de parole, j'avais noté d'abord Roger, ensuite Emmanuel et après Thibault. Il y a quelqu'un d'autre qui voudrait s'exprimer. Monsieur le directeur de cabinet, on est là jusqu'à quelle heure ? Il est quelle heure ? Il nous reste 10 minutes ?
Comment ça
alors il nous reste 10 minutes. Alors j'ai dit Roger, Emmanuel et Thibault.
-Luc, bonjour. C'est moi, je suis là. Merci encore d'être revenu nous visiter. Bon, on avait eu le temps d'en discuter il y a quelques jours à peu près. Mais Jean-Luc, vois-tu, tu as dit quelque chose, puisque ça nous préoccupe tous, mais en premier chef, celui qui est en charge de travailler sur l'évolution statutaire. Et tu as parlé de la question de loi pays. Je ne vais pas te faire de réponse tout de suite, mais une seule chose que je te dis, ta position privilégière que tu as là en ce moment sur cette tribune, jette simplement un coup d'œil sur quels sont les élus guiadais, qui s'y sont, de Thibault à Deyer à Sergent-Dinam. à Bernadette, à Marie Lucienne, à Philippe. Bref, tu as là tout un panel de ce qui constituera demain ce pays en gestation. Et alors c'est dommage que Jocelyne ne soit pas là. Mais la question de loi pays, on pourra difficilement l'esquiver parce que c'est ainsi fait. Notre pays est constitué de gens qui habitaient ce pays, de gens qui sont devenus de force, d'autres qui l'ont adopté. Et toute cette richesse, on ne pourra pas esquiver cette question. dans ce que sera la Guyane de demain. Voilà, c'est tout ce que j'avais à te dire.
Alors, je propose de prendre les deux autres questions. Tu as noté, Jean-Luc, la question de Roger. On prend la question d'Emmanuel et celle de Thibault dans la foulée.
Président. Monsieur Mélenchon, bonsoir. Je suis Emmanuel Prince, vice-président de la collectivité territoriale de Guyane, en charge de la culture, du patrimoine et de la transmission. J'ai pris le soin de vous écouter attentivement. Je vais rejoindre un petit peu mon collègue Zadkiel. Vous faites partie en tout cas de ces grands hommes d'État que j'apprécie pour votre franc-parler. Je ne suis pas la France insoumise. Je ne cacherai pas non plus que lors des dernières présidentielles, vous étiez aussi mon choix de par cette franchise et cette façon de voir aujourd'hui la politique. Je pense que c'est un discours qui nous parle en toute sincérité. Vous savez, M. Mélenchon, la chose en tout cas qui fait la richesse de notre équipe au sein et aux côtés de Gabriel Serville, c'est que nous avons toutes et tous ici même une histoire. une histoire, un parcours, des expériences, notamment dans le militantisme. Et c'est ce qui fait aujourd'hui la richesse de notre équipe. C'est-à-dire que nous sommes toutes et tous pour la plupart issus de syndicats, de mouvements, d'associations et autres, c'est-à-dire des femmes et des hommes qui ont toujours été aux côtés de la population. Donc il n'y aura jamais de surprise, et on le répétera assez souvent, de pouvoir, dès lors que la Guyane éternuera ou alors aura des difficultés, nous allons toujours nous retrouver aux côtés de nos compatriotes. Parce que tout simplement, je prendrai l'exemple, puisque je vous ai aussi connu après les événements de novembre 1996 pour la création du rectorat de la Guyane, aux années 2000, lorsque vous étiez ministre. de l'enseignement, puisque je siégeais au Conseil national de la vie lycéenne. Et si c'est pour revenir en tout cas sur cette période de notre histoire, aujourd'hui, si c'est pour faire un bilan, je vous prendrai un exemple. Il existe encore beaucoup de problèmes dans notre système éducatif avec la création de ce rectorat de la Guyane. Ce sont toujours les mêmes difficultés que nous rencontrons. Ce sont toujours ces enfants qui ne sont pas scolarisés. Ce sont toujours ces filières qui ne sont pas adaptées. adapté à toutes ces richesses que nous avons en Guyane, que ce soit les richesses sol, sous-sol et autres, nous n'avons pas de formation aujourd'hui capable de pouvoir dire que nous allons sortir tous ces jeunes devant les bâtiments, devant les quartiers, les bâtiments et notamment devant les établissements scolaires. Vous avez dit à l'époque que c'était 8 000 enfants, aujourd'hui nous en sommes à 15 000 enfants. Donc vous voyez bien qu'il n'y ait pas pour autant d'amélioration. C'est aussi la même chose lorsqu'on se dit, lorsque les Guyanaises et les Guyanais se disent que la Guyane aujourd'hui, la France aujourd'hui, non, je vais même permettre, Président, de le dire parce que ce sont des sentiments que nous partageons et que la population guyanaise partage lorsqu'elle entend que la France est capable de mettre des milliards un petit peu partout dans le monde et qu'elle ne s'occupe pas de ses enfants. Elle ne s'occupe pas de ses enfants. Nous regardons toutes et tous les médias, milliards par-ci, milliards par-là. Le président de la République, dernièrement, était à Marseille. Il a dit que Marseille était le carrefour de la diversité culturelle. Aujourd'hui, la Guyane aussi. C'est aussi ce fameux carrefour de la diversité culturelle en Amérique du Sud. pour l'Europe, pour la France. Et c'est ces départements d'outre-mer qui sont comme les nôtres, qui font cette richesse de la France aujourd'hui. Une richesse maritime, une richesse spatiale, lorsqu'on voit que la plupart de nos zones ne sont pas couvertes et qu'on voit décoller cette fusée. Et malheureusement... Emmanuel, pose la question.
Oui, c'est juste
pour dire, Président. Est-ce qu'aujourd'hui, encore une fois de plus, on a affaire à des probables candidats qui viennent et qui nous disent que tout ira bien demain et qu'on constate qu'une fois qu'ils sont élus, ils ont tendance à oublier encore ce territoire ? Merci Emmanuel. Et
je laisse la parole pour finir à Thibault.
Monsieur le député Mélenchon, Jean-Luc. C'est toujours un grand plaisir d'écouter le tribun exceptionnel que tu es. En ce temps de marasme, ça fait beaucoup de bien. Alors je vais... Mon intervention et ma question, elle va aller dans la continuité de mes collègues. Tu l'as dit, la France est un pays qui a évolué. Nous avons tout un tas de régimes statutaires qui sont différents. Mais force est de constater que malgré ces évolutions, ici en Guyane, comme partout dans tous les autres Outre-mer, nous allons de conflit social en conflit social. Et il y a toujours une tension permanente qui fait qu'on a peut-être un peu du mal à avancer. Ces conflits, ces tensions, elles trouvent pour la plupart, la grande majorité, source dans la relation qu'entretient la France, et en particulier l'État, avec ses anciennes colonies. On va dire les choses telles qu'elles sont. Aujourd'hui, le grand défi de celui qui arrivera à la tête de ce pays, c'est de réconcilier l'ensemble de ses citoyens sur le territoire hexagonal, mais aussi dans les Outre-mer. Ma question est simple, c'est si demain tu deviens président de la République française, comment vas-tu faire pour réconcilier les ultramarins avec ce que tu as qualifié de notre patrie commune ? Je te remercie.
Merci collègue Jean-Luc, il est 15h27, on avait dit qu'on arrêterait à 15h30. Je suis invité
au style télégraphique, c'est ça président ? Oui, c'est de préférence. Je vais essayer d'être aussi rapide que possible. Oui, merci. Mais en prenant bien sûr
le temps de répondre aux questions posées par les collègues. Je commence par dire
que j'ai dû imaginer. Parce qu'avec mes camarades, nous étions, comme un certain nombre d'entre vous, épuisés par les anciennes formes politiques auxquelles nous avons nous-mêmes participé. Et on a imaginé une autre manière d'entrer dans la lutte politique et d'être en relation avec la société. Le mouvement insoumis n'est pas une fin en soi. Le mouvement insoumis est un instrument. Et évidemment qu'au fond, il correspond à la mentalité insoumise. C'est ailleurs curieux de voir comment un adjectif a pu aussi vite devenir une caractérisation politique. Ici tout le monde sait le rôle que joue Philippe, et je le trouve bien caractéristique de ce qu'est l'insoumission, c'est-à-dire ce mélange de refus de l'ordre établi et d'aspiration à un autre ordre. Nous ne sommes pas des nihilistes. Nous ne sommes pas des nihilistes. Nous combattons un ordre injuste et nous avons en vue un autre ordre. Je l'ai dit tout à l'heure, j'ai essayé de concilier, dans l'idée que je me fais de la sixième république, la stabilité institutionnelle qui est nécessaire, nous racontons pas de l'histoire, et la capacité du peuple à intervenir. Je ne peux pas dire mieux que ce que j'ai déjà dit sur le sujet. Tu vois, Gabriel, que je peux faire rapide, mais j'ai pas fini. Je partage avec vous le sentiment du gâchis à propos d'un territoire comme la Guyane. Alors vous me dites, qu'est-ce qui va se passer si vous êtes élu ? Comment est-ce que je peux être garanti que vous ferez bien tout ce que vous avez dit ? On n'est jamais garanti de rien dans la vie, que voulez-vous ? Et je ne suis pas différent des autres, en ce sens que je peux vouloir beaucoup et ensuite me trouver dans une situation où, à saillie de toutes parts, je pourrai moins. Je ne crois pas que je me laisserai enfermer là-dedans. Pourquoi ? Parce que précisément ce que je viens de vous dire, le référendum révocatoire et le référendum d'initiative citoyen donnent une capacité d'intervention au peuple. Ça a toujours été la grande difficulté. Si entre deux élections, tout ce que vous avez à dire aux gens, c'est attendez la prochaine élection, vous comme moi, on sait qu'au bout d'un moment, tout le monde s'épuise à cela. Et passe le temps, passe les générations et le même ordre que nous n'acceptons pas se perpétue. Voilà pourquoi je crois que la réponse est là. Vous avez une bien belle délégation. La culture, la transmission, les êtres humains sont d'abord des êtres de culture. Et c'est un matérialiste au sens philosophique qui vous le dit. J'ai acquis cette conviction. Je sais très bien que ce que j'ai entendu entre les mots que vous avez prononcés tout à l'heure se produira inéluctablement. Roger l'a rappelé il y a un instant. Si nous n'arrivons pas à trouver un mode de fonctionnement harmonieux entre l'Hexagone et le pays guyanais, on sait d'avance ce qui va se passer. En tant qu'homme, j'aspire à la liberté de tous les autres. En tant que citoyen français, ça me déchire quand je vous vois. Je vois la France. Je n'aime pas quand on dit la France ceci, la France cela. La France, c'est nous. Vous l'acceptez plus ou moins dans l'idée que vous vous faites du futur. Moi, je me projette dans une république universelle, alors imaginez-vous que l'actuelle me paraît un peu petite avec ses 67 millions d'habitants. Vous autres, peut-être qu'il y a parmi vous des gens qui rêvent d'une république plus locale, donc vous la trouvez bien apposante, la république française, mais c'est notre bien commun. Je ne peux pas vous dire que je n'ai pas cet amour d'une patrie commune et à quel point je sais qu'on a besoin de toute la diversité que vous nous incarnons. Et vous savez comme moi ce que je suis en train de dire. Dans un pays où on arrive à avoir des émours qui dominent la scène publique avec un batage incroyable de racisme, de xénophobie comme celui que subit notre pays. Comme vous êtes loin, peut-être qu'il vous fait moins peur, mais sur place. Il y a des profs ici, donc vous savez de quoi je parle. Quand les gamins viennent vous voir et vous disent, oui, mais s'il est élu, est-ce qu'on pourra rester ? Alors là, vous avez le cœur qui saigne. Parce que vous vous dites, on est arrivé à faire peur aux gens comme ça. Bref, on a les moyens, comme on est, de vaincre ça. Roger, les lois pays, moi, j'ai dit ce que j'en pensais, mais je te le dis franchement. Franchement. Oui, on comprend ce qu'est une loi pays, mais il faut que tu admettes l'idée, je me permets de te tutoyer parce que nous connaissons et que nous sommes des militants tous les deux, il faut que tu admettes l'idée qu'il y a une limite à ça, que j'ai évoqué tout à l'heure. Je ne sais pas comment on règle le problème de la différenciation, mais il faut qu'on pose la question. par exemple sur tout le territoire de la république française la limite à la loi c'est le conseil constitutionnel qui peut te dire ah ben non écoutez ça c'est pas conforme à la constitution la constitution contenant les droits de l'homme et du citoyen je le rappelle pour que on se rappelle bien de quoi on parle donc on peut imaginer que des lois pays et d'une manière ou d'une autre a ensuite passé par une autre instance qui est celle de la patrie commune parce que c'est bien ce qu'on fait avec les règlements européens Et j'en suis bien mécontent, mais ils passent tous devant l'Assemblée nationale. Je ne sais pas, j'évoque ça puisque tu as évoqué toi-même la question. Donc je voulais te faire part de mes interrogations. Et comme nous avons en commun un certain nombre d'idéaux sociaux et politiques, je pense que ça te concerne aussi, que tu te poses les mêmes questions que moi. Eh bien allez-y les gars, mesdames, messieurs, si vous avez les solutions, moi je suis preneur. Il faut qu'on arrive à faire ces deux choses. J'espère que tout le monde... s'intéresse à cette question des institutions, ce n'est pas toujours le cas, Gabriel, il ne faut pas croire que tout le monde est passionné par le sujet, mais il faut les régler. Nous ne pouvons pas vivre dans une mosaïque de lois, nous ne pouvons pas vivre dans un pays où il y a un code du travail par entreprise, ou un code de la route par rue. Ce n'est pas possible. Donc nous devons trouver le moyen de définir ce qui relève d'un niveau, ce qui relève de l'autre, ce qui relève de l'un, ce qui relève des autres. Moi, je n'ai aucun obstacle à quelque loi pays que ce soit, puisque par définition, ça ne s'appliquerait pas à moi. Si j'invite la Guyane, je reconnaîtrais les lois. Mais c'est pour vous dire que je n'y ai pas d'intérêt ou d'obsession idéologique sur cette affaire. Mais par contre... Le droit de chaque personne en Guyane m'intéresse, comme défenseur des droits de l'homme et comme défenseur des droits communs des travailleurs. Je crois que j'ai fait le tour de ce qui m'a été demandé. Si, et dès que nous le pourrons, vous avez dit tout à l'heure l'importance du gâchis. que représente le fait qu'on ne met pas les moyens à disposition pour que les jeunes gens s'instruisent. Moi, je suis d'accord avec vous à 1000% sur le sujet. Je crois que c'est seulement ça. C'est comment on fait pour que la jeunesse de Guyane puisse... Et puis je vais aller plus loin. Quel que soit le statut des parents de ces 15 000 gosses qui sont déscolarisés, il n'y a pas de solution raisonnable à part les éduquer. Si nous commençons à les trier... Nous perdons tous notre temps que l'on veuille faire de la Guyane un pays ou pas. Ce n'est plus le sujet. Il faut faire France, pardon, je le prends sur moi, de tout bois. Il faut faire avec tout le monde. Chaque enfant est une richesse pour nous tous. Il faut donc scolariser tout le monde, quelle que soit la situation des parents. Bon, je le dis avec ferveur, mais je sais que beaucoup d'entre vous partagent le même idéal. Mesdames, Messieurs, merci pour votre patiente attention. J'ai été sensible au moment que j'ai passé avec vous, je sais que c'est exceptionnel. Je sais que ce n'est pas banal dans la vie d'un homme politique de pouvoir s'adresser à un groupe d'élus aussi hautement représentatif que vous l'êtes, puisque vous êtes la majorité de cette assemblée. Bien sûr, je regrette que les opposants ne s'y soient pas trouvés, j'aurais eu plaisir à échanger avec eux. Mais c'était un très grand honneur que d'être reçu et d'être écouté par vous. Soyez sûr que j'en mesure toute l'importance et que je suis aujourd'hui et pour le futur un ami de ce territoire et un citoyen guyanais.
Merci Jean-Luc. Juste pour un petit détail, si jamais la question venait à être posée par quelqu'un d'autre en dehors de l'hémicycle sur la question des lois pays, le schéma de construction que la Guyane met en place prévoit qu'elle soit dotée d'une loi organique qui va définir comment les compétences seront ou pas partagées entre le niveau national et le niveau local. mais que tout ça est bien encadré naturellement par le Conseil constitutionnel. Donc les lois pays qui pourraient être proposées sur le territoire de la Guyane vont naturellement passer par les fourches codines du Conseil constitutionnel parce que ce n'est pas les dépendances que réclame la Guyane, c'est simplement un statut nouveau dans le cadre de la République et on ne va pas modifier les attributions du Conseil constitutionnel pour la sorte. Et donc il n'y a pas d'inquiétude particulière à avoir parce qu'à partir de l'instant où les lois pays qui ont été proposées... ne serait pas conforme à la constitution fondamentale, il y a de fortes chances qu'elle ne soit pas adoptée. Bien évidemment, je parle d'une constitution qui aurait été modifiée, qui aurait subi les amendements nécessaires pour que la Guyane puisse rentrer de plein pied dans ce nouveau schéma statutaire.
Merci, Président, de le préciser. Il était important que ce soit toi qui le fasses et pas moi. Parce que je pense que vous auriez reçu le message autrement comme une limite plutôt que comme un encouragement. Mais vous voyez que quand même tout ça est dans nos mains. Parce que si nous faisons la sixième république, la constitution change. 'où l'intérêt pour nous tous de bien savoir ce qu'on a l'intention de faire. Nous sommes radicalement mis au pied du mur de nos responsabilités. Mais Gabriel a raison de rappeler qu'à un moment il y aura un arbitre suprême. Je n'imagine pas de situation où il n'y en ait pas. Ou alors on n'est plus dans le même pays.
Merci beaucoup Jean-Luc pour ces interventions, pour ces réponses. J'imagine qu'il y a d'autres questions qui n'ont pas pu être posées compte tenu du temps qui nous était imparti. Mais tu vas revenir, c'est ça ? D'accord, on se donne rendez-vous pour la prochaine fois. Collègues, merci pour votre présence. On va se rendre là-bas pour la petite conférence de presse. Et puis on se dit à la semaine prochaine. A bientôt.
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