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La transcription complète de la vidéo, ouverte sur le tour de parole qui contient l'extrait : faites-la défiler pour lire tout ce qui précède et tout ce qui suit. Le tour cible est encadré.
Damien Abad. Bonjour. Vous êtes député Les Républicains de l'Ain. Vous êtes également le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale. faites aussi partie du comité d'organisation du Congrès des Républicains qui va désigner le candidat des Républicains début décembre pour l'élection présidentielle, comité qui se réunit ce matin. Alors, la semaine dernière, vous avez déclaré soutenir Xavier Bertrand, c'est jouer gagnant. Un est-vous si certain
parce que je considère aujourd'hui que Xavier Bertrand est le seul qui peut l'emporter au deuxième tour face à Emmanuel Macron. Parce que c'est celui qui peut redonner des couleurs à la droite et qui peut surtout nous qualifier au second tour de l'élection présidentielle. Et ça, c'est le plus important pour nous aujourd'hui. C'est la droite qui gagne, la droite qui peut battre Emmanuel Macron et qui peut incarner une alternance politique.
Soutenir Valérie Pécresse, Michel Barnier, c'est jouer perdant, du coup ?
Non, vous savez, la victoire, elle se jouera de manière collective. L'enjeu, c'est de construire une équipe de France. Et donc, avec Valérie Pécresse, avec Michel Barnier, Éric Ciotti, Philippe Juvin et les autres, il s'agit de construire une équipe de France, mais autour d'un capitaine. Et ce capitaine, il faut que ce soit celui qui soit le mieux placé.
vous êtes président du groupe Les Républicains Assemblée. Ça ne vous oblige pas à une espèce de position de réserve ? On imagine mal Christian Jacob soutenir tel ou tel candidat
pour l'instant. Vous ne pouvez pas demander aux Français,
aux
adhérents, aux militants de s'engager, de choisir, de prendre position. Et vous, parce que vous êtes responsable politique, de vous mettre en retrait de cette prise position. Vous savez, c'était tellement plus facile pour moi de rester en retrait. Mais je considère que l'engagement politique, ce n'est pas le retrait permanent. L'engagement politique, c'est la prise de risque. L'engagement politique, c'est la prise de position. Je l'assume. Mais après, en tant que président de groupe, mon intérêt et mon objectif aussi, c'est de pouvoir fédérer, de pouvoir rassembler et d'être à l'écoute de tous les candidats à Nîmes. Lorsque nous avons mis en place nos journées parlementaires, chacun des candidats est venu s'exprimer devant les députés. Il y a une règle d'équité qui est absolue. Mais vous savez, ce qui est important aujourd'hui, c'est aussi de jouer une partition collective.
Alors admettons que Xavier Bertrand ne soit pas investi, vous resterez président du groupe
? Bien sûr, ça n'a absolument rien à voir. La question, elle n'est pas là. La question, c'est celle de l'engagement politique. Vous savez, tous les députés... qui le souhaitent, vont prendre position. Et c'est normal dans cette campagne. Comment voulez-vous, dans une campagne interne, ne pas avoir de prise de position entre les députés ? Au contraire, un député, c'est un engagement politique. Il ne faut pas demander à tout le monde de prendre position, sauf à nous-mêmes. Et donc chaque député, d'ailleurs aujourd'hui, il y a une majorité de députés qui a pris position pour Xavier Bertrand, d'autres pour Michel Barnier, pour Valérie Pécresse, pour Éric Ciotti ou Philippe Juvin. Et ça se passe très bien parce qu'il n'y a pas de logique de clan, il n'y a pas de guerre entre nous.
Alors à la vue du tweet qui a été posté hier par Les Républicains, on voyait les six candidats. de christian jacob rue de vaugirard il y eut des réactions effarouchées voire agacées de certains adhérents puisque xavier bertrand et valérie préquesse avait rendu leur carte des républicains aujourd'hui ils vont réadhérer à comment au parti mais voilà ça ça coin chez certains adhérents
je comprends cet agacement je comprends chez certains cette amertume elle est normale elle est logique mais aujourd'hui il faut qu'on tourne la page le débat aujourd'hui c'est pas savoir qui c'est qui a eu la carte le plus longtemps Parce qu'à ce débat-là, c'est Éric Chioty qui gagne. Mais la réalité, ce n'est pas celle-là. C'est ce qu'il veut d'ailleurs. Bien sûr, mais il a raison. Mais aujourd'hui, l'enjeu, c'est de savoir quel est le projet pour l'élection présidentielle, qui est le mieux placé pour l'emporter. Est-ce qu'on veut que la droite qui gagne ou est-ce qu'on veut une droite qui perd ? Et le sujet maintenant, il est derrière nous, celui de la carte. Donc il faut aujourd'hui parler directement aux militants et aux Français.
Ici même, hier matin, Georges Fenech, ex-député Les Républicains, disait... On démarre vraiment trop tard. C'est un handicap qui sera irratrapable
je ne crois pas. Vous savez, il y a un calendrier qui a été fixé par le parti, par Christian Jacob. Il faut le respecter. L'enjeu pour nous, c'est que le 4 décembre, on soit en ordre de bataille, tous rassemblés derrière un candidat ou une candidate. C'est ça notre objectif politique. Et si le 4 décembre, on est prêts, on est rassemblés, eh bien, je pense que ça ne sera pas trop tard parce que l'opinion, elle commence à se cristalliser autour de la dinde de Noël, ou plutôt du poulet de Bresse, et puis ensuite, elle se fait au mois de février. Et ça s'est toujours fait comme ça dans les élections présidentielles.
Les idées sont avancées par les uns et les autres. Un premier débat télévisé, quand
priori, début novembre. L'enjeu, c'est d'avoir peut-être quatre débats. C'est important parce que ces débats, ça va permettre de confronter des idées, de mieux connaître aussi les personnalités qui ne sont pas forcément connues de tous les Français en tant que telles. Et puis surtout de mettre la droite sur le devant de la scène.
Alors Valérie Pécresse, c'était hier matin, dont l'opinion est avant-hier sur le site, a déroulé son programme économique. 45 milliards d'euros d'économie, 150 000 postes de fonctionnaires en moins. Surtout, elle entend refiscaliser le financement des retraites. C'est une bonne idée, ce long vous ?
Oui. Elle a totalement raison. Surtout qu'elle propose de supprimer 150 000 postes de fonctionnaires, il faut préciser, dans l'administration administrante, ça veut dire quoi ? Mais dans cette technocratie administrative, aujourd'hui, nous manquons de fonctionnaires de proximité, d'assistantes sociales, nous manquons d'infirmières, de policiers, de juges, mais nous avons trop de paperasse, une bureaucratie qui nous étouffe, qui nous écrase en permanence. Et il faut avoir ce courage politique-là, effectivement, donc je partage cette prise de position qui est une position partagée à
droite. Y compris sur la libéralisation du temps de travail, il faut le faire entreprise par entreprise ou branche par branche. Bien
sûr, il faut arriver à des accords entreprise par entreprise, il faut dépassionner ce débat-là. La France, elle doit évoluer. Les 35 heures ont tué l'hôpital public. Ce sera un
sujet clivant d'ailleurs entre la droite et la
gauche. Mais disons les choses clairement. Les 35 heures ont tué l'hôpital public. Est-ce qu'à droite, on assume nos convictions une fois en responsabilité ou comme toujours, on donne dans une droite cauchisante ? Non, moi je pense qu'on doit assumer nos convictions libérales. Et cette conviction libérale, elle est de libéraliser le temps de travail, de permettre à celui qui veut travailler plus de travailler plus et de permettre tout simplement des gains de pouvoir d'achat pour les salariés, des gains de productivité pour les employés.
Je prends la balle au banc. C'est le sujet du jour, évidemment, avec le prix de l'essence. Vous avez défendu sur Twitter hier une baisse des taxes pour tous. Est-ce que ce n'est pas un peu paradoxal, puisque les Républicains attaquent l'exécutif et Emmanuel Macron de mener une politique du chéquier, de faire une campagne du chéquier, baisser les taxes ? Bruno Le Maire l'a raté hier. Un centime, c'est 500 millions d'euros. Est-ce que ce serait raisonnable ?
Au contraire. Moi, je critique la politique du chéquier. Le gouvernement veut mettre en place un chéquier énergie. Ce chéquier énergie, c'est un sparadrap sur une jambe de bois. Ça ne va rien résoudre, ça va uniquement toucher quelques catégories les plus défavorisées, tant mieux pour elles. Mais les classes moyennes, celles qui paient toujours tout n'ont droit à rien, ça ne changera rien pour elles. Nous, ce qu'on propose, c'est très simple, c'est une baisse des taxes. d'environ 10 centimes. Alors oui, ça coûte 6 milliards d'euros. Mais il faut dire la vérité aux Français. C'est que le gouvernement, il a augmenté les taxes en 2018, de 8 centimes. Il n'est jamais revenu sur cette augmentation de taxes. Le gain pour lui, chaque année, c'est 4 milliards d'euros de recettes fiscales supplémentaires. Ça veut dire que depuis 2018, c'est 16 milliards d'euros de recettes fiscales supplémentaires pour le gouvernement, sans qu'il rende ce pouvoir d'achat aux Français. Nous nous disons, sur les 16 milliards que vous avez captés de recettes fiscales, Rendez-en 6. Ce n'est pas une dépense supplémentaire, c'est une moindre recette.
Et si l'exécutif s'inspirait de ce que Xavier Bertrand, que vous soutenez, a fait dans les Hauts-de-France avec un chèque carburant qui cible des gens qui se servent tous les jours de leur voiture, mais selon des critères de distanciation entre leur domicile et leur travail. Ce serait une bonne idée ou pas ?
Moi, je crois qu'au niveau national, il faut arriver à faire cette baisse des taxes. Et ensuite, il faut permettre aux régions d'avoir ces chèques carburants de manière territorialisée. Moi, je trouve que l'initiative de Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France, elle est excellente et elle devrait être généralisée dans l'ensemble des régions de France. Mais je ne crois pas que ce soit au gouvernement de faire un chèque énergie. C'est aux régions. Et le gouvernement doit proposer un pacte avec les territoires en disant... Au territoire, la mise en place de chèques énergie en fonction des déplacements de chacun. Et au gouvernement, la possibilité de baisser les taxes.
-ce que cette solution finalement n'est pas juste insoluble ? On a d'un côté une problématique de pouvoir d'achat, de l'autre la transition écologique et énergétique. Et maintenir des taxes maintenant à prix élevé du carburant, c'est envoyer un signal prix aussi pour accompagner le changement.
Oui, mais c'est bien la difficulté aujourd'hui de la transition énergétique voulue par ce gouvernement. L'écologie ne peut pas se faire sur le dos du pouvoir d'achat des Français. Nous, ce que nous plaidons à droite, c'est ce qu'on appelle l'écomodernisme. C'est-à-dire une écologie qui protège le pouvoir d'achat des Français, qui leur en rend même par les baisses de consommation d'électricité ou autre en tant que telle. Mais aujourd'hui, on ne peut pas le faire comme cela. Vous savez, il y a beaucoup de Français qui n'ont pas d'autre choix que d'utiliser leur voiture pour se déplacer. Quand vous êtes aide à domicile et que vous habitez dans le fin fond de la France et de la province française, vous devez vous déplacer avec votre véhicule personnel. Et ça, il faut que tout le monde l'accepte. Et donc, c'est ça aujourd'hui qu'il faut changer. C'est qu'il faut avoir cette écologie. qui protège le pouvoir d'achat des Français, et non pas qui va contre le pouvoir d'achat des Français.
Des discussions viennent de démarrer à Bruxelles pour revoir les fameux critères de Maastricht. Les 60% de dette s'est effacé, on n'y est plus. Sur les 3%, -ce que vous partagez la position de la France qui est de dire que sur des dépenses qui soutiennent la transition écologique, tout ça ne devrait pas être pris en compte pour les critères de stabilité ? La réalité aujourd'hui, c
'est que ces critères-là sont dépassés. La dette, aujourd'hui, on est à 110% du PIB. On est dans une dette publique qui est aujourd'hui de 3 000 milliards d'euros. Donc on a explosé. Le déficit, c'est la même chose. Est-ce qu
'on doit sortir des critères ? Je pense en tout cas qu'on doit avoir, je crois,
davantage à une trajectoire vertueuse des finances publiques plutôt qu'à un critère statique. imposé par tous. Je pense que l'enjeu, c'est d'avoir une trajectoire positive de retour de maîtrise de la dépense. Mais il faut dire aussi la vérité aux Français. La France, c'est aujourd'hui la championne de la dépense publique en Europe. Elle a le plus haut niveau de dépense publique, le plus haut niveau d'impôts, des problèmes obligatoires, et le plus grave déficit commercial. Voilà ce que c'est aujourd'hui. On a un triple bonnet d'âne. Et ça, c'est pas à cause des critères de Maastricht, c'est à cause de la politique menée aujourd'hui.
Dernière question. Michel Barnier souhaite instaurer un moratoire sur l'immigration, quitte à contester d'ailleurs la primauté du droit européen. Valérie Précresse pour une immigration choisie. Xavier Bertrand réclame lui que le Parlement fixe la limite de personnes étrangères autorisées à entrer en France. Est-ce que ça ne déstabilise pas un petit peu l'électorat des Républicains, toutes ces idées qui en fait sont autant de sujets préemptés par Éric Zemmour et Marine Le Pen ?
Ce sont des idées qui sont convergentes. La différence avec Éric Zemmour et Mme Le Pen, c'est quoi ? C'est qu'eux, ils ont un slogan. Le slogan, c'est l'immigration zéro. Ça, c'est mentir aux Français. Et c'est ne pas comprendre la réalité économique de notre pays aujourd'hui. Nous, ce que nous disons, c'est maîtriser les flux migratoires. Comment ? Par une politique de quota qui soit votée chaque année, annuellement, au Parlement. Ça, c'est concret. Et la différence entre la droite et l'extrême droite, c'est aussi là-dessus que ça doit se jouer. C'est-à-dire qu'il faut qu'on ait des propositions concrètes sur l'immigration, réalistes, et pas des slogans. uniquement pour attiser et créer une logique de bouc émissaire. Et donc nous, on n'est pas dans le slogan, on est dans la politique concrète qui consiste à faire une immigration choisie en fonction de quotas, moi je pense même qu'ils pourraient être votés aussi au niveau des régions, tout simplement pour maîtriser davantage nos flux migratoires.
Merci Damien Abel.
Merci beaucoup.
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